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Station de sports d'hiver dite Courchevel 1850

Dossier IA73000022 réalisé en 1994

Fiche

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  • Parties constituantes

    • chapelle
    • école primaire
    • maison
    • immeuble

Œuvres contenues

Appellations Courchevel 1850
Parties constituantes non étudiées chapelle, école primaire, maison, immeuble
Dénominations station de sports d'hiver
Aire d'étude et canton Courchevel 1850 - Bozel
Adresse Commune : Saint-Bon-Tarentaise
Cadastre : 1990 AB ; 1991 AC ; 1993 AD

En 1942, est créée une mission d'étude de la région des Bellevilles, des Allues et de Saint-Bon (site des Trois Vallées), afin d'apprécier les possibilités de création d'une station internationale de sports d'hiver. Dans le cadre de l'Université de captivité, Laurent Chappis élabore une thèse d'urbanisme sur l'aménagement de la montagne, à partir du site des Trois Vallées. En octobre 1945, le Conseil général de la Savoie décide de mettre sur pied un programme d'équipement touristique. Le 8 février 1946, le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme confie à L. Chappis une mission pour l'établissement du plan d'aménagement des Trois Vallées. En mars-avril 1946, le 1er plan d'urbanisme pour les Tovets est élaboré. Le projet d'aménagement est approuvé par le conseil municipal de Saint-Bon le 3 mai 1946 ; le 6 mai, L. Chappis est nommé urbaniste du département et Jean Blanc, champion de ski, est chargé de l'équipement technique de la station. La route d'accès est entreprise en juin. En juillet 1946, l'avant-projet de la zone centrale des Tovets est approuvé par le Conseil général. En septembre 1946, Denys Pradelle rejoint L. Chappis et fonde l'Atelier d'Architecture à Courchevel. Les premiers lots sont mis en vente en octobre. Le 30 novembre 1946, le Conseil général décide que la station s'appellera Courchevel 1850. Le premier lotissement (les Tovets-Plantret-Bellecôte) est approuvé le 19 décembre par la Commission des Sports d'hiver de la Savoie. Extension de la station : création des lotissements Centre social et Nogentil I en 1953 ; Les Greniers en 1954 ; Nogentil II, Jardin alpin I, du lotissement de M. Baude, en 1957. De 1959 à 1971, les équipements mécaniques vont s'intensifier. L. Chappis démissionne de son poste d'architecte-urbaniste conseil de la commune en novembre 1959. Le plan d'urbanisme directeur est approuvé par la commune le 15 mars 1961. Nouvelles extensions de la station : Jardin alpin II (1961), lotissement de M. Fath (1962). En 1968, l'office du tourisme réclame la construction d'immeubles de standing. Création du lotissement de Pralong en 1970. A partir de 1971, Courchevel 1850 devient une station de renommée internationale, et la commune entreprend des opérations de restauration et de densification de l'habitat, avec le plan d'occupation des sols adopté en 1983 : augmentation des gabarits, remplacement des toits à un pan par des toits à deux versants.

Période(s) Principale : 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Pradelle Denys, architecte, attribution par source
Auteur : Chappis Laurent,
Laurent Chappis (1915 - 2013)

Architecte et urbaniste français.

Biographie établie par Jean-Pierre Petit (architecte, CAUE 73):

Architecte et urbaniste français né à Aix-les-Bains. D'abord élève de Jean Benoît à l’École régionale d’architecture de Grenoble, il devint en 1936 élève d'Emmanuel Pontremoli et André Leconte à L’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (Matricule 9607). Ses études furent distinguées, entre autres, en 1937 par la Seconde Médaille au Concours Rougevin, son admission au Concours de Rome, et en 1938 par la Médaille de la Société centrale des architectes. Prisonnier de guerre (Croix de guerre 39-45, Médaille des évadés), il fut diplômé en 1944, obtenant en 1945 le Prix du Meilleur Diplôme des Prisonniers ; et par ailleurs diplômé de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Paris avec une thèse portant sur l'aménagement de montagne. Il s'installa à Chambéry, associé avec Roger Berthe dès 1949, puis Pierre Jomain. C'est pendant sa captivité durant la Seconde Guerre mondiale, avec Maurice Michaud qui deviendra un personnage administratif clé pour l'aménagement de la montagne, qu'il a imaginé l'aménagement des Trois Vallées et qu'il deviendra le concepteur de plusieurs stations de sports d'hiver en France et à l'étranger, à commencer par Courchevel en 1946, puis Tignes, Chamrousse, Allos, etc., ou intervenant comme aux Sept-Laux, à Flaine... Son expérience l'amènera aux responsabilités d'architecte urbaniste de la station de Courchevel ; d'architecte conseil du ministère de la Reconstruction à partir de 1955 ; d'architecte conseil des départements de Savoie, Haute-Savoie, Ain et Rhône, mais aussi de l'Épiscopat français, et finalement, expert consultant de l'Organisation mondiale du tourisme, dépendant de l'O.N.U., à partir de 1980. C'est en référence à sa spécialité dans le domaine des stations de sports d'hiver, que dès 1948 Laurent Chappis fut diversement sollicité sur le Revard, pour étudier sa skiabilité, puis la faisabilité d'une station touristique à vocation internationale, puis le plan et les gabarits du lotissement. C'est dans l'esprit de l'Atelier d'architecture de Courchevel, co-fondé avec Denys Pradelle, qu'il fut promoteur d'un style de chalets rationnel dont il créa quelques spécimens au et pour le Revard ; et c'est en tant qu'architecte urbaniste de la station de 1953 à 1962, puis rappelé en tant qu'administrateur de la Société Immobilière du Revard à partir de 1972, qu'il eut son mot à dire sur les nouvelles constructions, mais à cet égard peu entendu.


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architecte urbaniste, attribution par source

Annexes

  • HISTORIQUE DE LA STATION - 1925-1944

    Ce dossier retrace les grandes étapes du développement de la station de Courchevel 1850. Il est établi sous la forme d'une chronologie raisonnée des faits et des décisions prises en matière d'aménagement et d'équipement du territoire de la station de Courchevel 1850. Ce document est établi à partir :

    1 - d'un inventaire de toutes les constructions de la station de Courchevel 1850, effectué sur le terrain entre le printemps 1994 et l'hiver 1996, y compris la visite de plusieurs constructions ;

    2 - de la rencontre avec plusieurs personnes concernées par la réalisation de la station de Courchevel 1850, notamment :

    - Gérard Blachère, ingénieur des ponts et chaussées, responsable du service de l'Équipement de la Montagne (1941 - 1944), initiateur de la "mission 42", concepteur du projet "LesTrois Vallées" ;

    - Vincent Cambau, ingénieur des ponts et chaussées, responsable de l'arrondissement de la Maurienne, puis de la Tarentaise (1949 - 1964), adjoint de Maurice Michaud à la C.I.A.M., puis au S.E.A.T.M. (1964 - 1971) et directeur du S.E.A.T.M. (1971 - 1975) ;

    - Jean Cattelin, pisteur secouriste, responsable de l'équipement et de l'entretien du domaine skiable depuis 1952 (à Courchevel 1850), adjoint d'Emile Allais (de 1954 à 1964), puis directeur de la station de Courchevel 1850 (1964 - 1984) ;

    - Laurent Chappis, architecte urbaniste créant l'Atelier d'Architecture à Courchevel en 1946, concepteur du plan d'urbanisme de Courchevel, architecte en chef de la station et concepteur de plusieurs réalisations à Courchevel de 1946 à 1959 ;

    - Jean Chedal, charpentier à la Perrière (Brides-lesBains), constructeur de chalets et de charpente à Courchevel depuis 1947, chantiers en collaboration avec les architectes de l'Atelier d'Architecture à Courchevel (A.A.C.), puis de l'Atelier d'Architecture en Montagne (A.A.M.) et notamment Denys Pradelle et Guy Rey-Millet ;

    - Paule Michaud, épouse de Maurice Michaud (1905-1973), ingénieur des ponts et chaussées, initiateur de la station de Courchevel 1850 en tant que responsable des services de la Reconstruction, puis des ponts et chaussées du département de la Savoie (entre 1945 et 1964), et directeur de la C.I.A.M., et du S.E.A.T.M. (1964- 1971) ;

    - Denys Pradelle, architecte créant l'Atelier d'Architecture à Courchevel (A.A.C.) en 1946 avec Laurent Chappis, dénommé plus tard l'Atelier d'Architecture en Montagne (A.A.M.), résidant à Courchevel de 1946 à 1958, concepteur de très nombreuses réalisations à Courchevel ;

    - Guy Rey-Millet, architecte à l'Atelier d'Architecture à Courchevel (A.A.C.), dénommé plus tard l'Atelier d'Architecture en Montagne (A.A.M.), résidant à Courchevel de 1957 à 1965, concepteur de très nombreuses réalisations à Courchevel.

    3 - de la consultation d'archives, notamment :

    - les archives de l'Atelier d'Architecture en Montagne (A.A.M.) ;

    - les archives de Laurent Chappis

    - les archives du S.E.A.T.M.

    I - 1925 - 1941

    VALLÉE DE SAINT-BON - REPÉRAGE DU SITE EN VUE DE LA CRÉATION D'UNE STATION DE SPORTS D'HIVER

    1908 : premier hôtel à Saint-Bon

    Hôtel du Lac Bleu, fondé par Agathe Curtet, premier hôtel à Saint-Bon pour le tourisme estival d'après Gilles Leprêtre. L'épopée de Courchevel 1946-1996. La Fontaine de Siloë :1996, p. 63.

    1925 : premier hôtel ouvert l'hiver à Saint-Bon

    M. Curtet, ouvre l'hôtel du Lac Bleu pendant la saison d'hiver (Ibid.).

    1925 : reconnaissance à ski des Trois Vallées par des anglais

    Arnold Lunn, britannique et doyen des skieurs (inventeur du slalom, créateur du Kandahar, etc...) vient explorer la vallée de Saint-Bon à la demande d'anglais (hommes d'affaires et skieurs chevronnés) qui voulaient créer en France une station comme celles qui existaient déjà dans le Tyrol ou les Grisons (Davos...). Il organise une petite expédition qui prospecte méthodiquement les alpes dauphinoises et savoyardes. Concernant les 3 vallées, son verdict fut le suivant : "il existe en Savoie, un site exceptionnel constitué par 3 vallées sensiblement parallèles : Saint-Bon, les Allues, Belleville ; en dépit de leurs caractéristiques différentes, elles se prêtent à l'installation d'importantes stations. Les pentes sont magnifiques, très bien exposées, les dangers d'avalanche minimes, facilement localisées, donc faciles à parer... Un groupe financier fut créé, jetant son dévolu sur la vallée des Allues" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées. 1946-1952 . T. 1, p. 1).

    1928 : projet d'un "champ de ski" à Saint-Bon

    Projet d'aménagement de "champ de ski" par M. Curtet, alors maire de la commune de Saint-Bon et hôtelier (hôtel du Lac Bleu à Saint-Bon ouvert en 1925) entre :

    - le village de Saint-Bon (1100 m d´altitude) et la Choulière (1350 m) ;

    - le Pra (1250 m) et la limite de la forêt (1410 m) ;

    - Courchevel (1490 m) et les Tovets (1750 m).

    Chaque champ de ski serait équipé d'une remontée mécanique (Ibid., p. 2).

    1936 : Maurice Michaud, ingénieur des ponts et chaussées, responsable de l'arrondissement de la Tarentaise

    1936 : recensement des sites de stations de sports d'hiver

    Un comité d'experts placé sous la responsabilité du commissariat au Tourisme lance un repérage des sites de montagne pouvant accueillir une "superstation française". Les trois vallées font partie des sites recensés, d'après La "superstation" française. Ski-sports d'hiver, n° 36, t. III, janvier 1936, 5e année, p. 125.

    1937 : reconnaissances à ski par Emile Allais (les Allues)

    Emile Allais (médaille de bronze dans les épreuves de combiné alpin et de slalom aux Jeux Olympiques de Garmisch Partenkirchen de février 1936) fait une série de reconnaissances dans la vallée des Allues, à la demande d'un groupe financier anglais.

    1938 - décembre : projet d'un plan d'aménagement et d'extension

    La commune de Saint-Bon décide de se faire inscrire sur la liste des communes tenues d'avoir un plan d'aménagement et d'extension au titre de la loi du 14 mars 1919 et du 19 juillet 1924 (AD Savoie. 105S 22).

    1939

    1939, février : projet de station de sports d'hiver à Moriond

    Création du Syndicat Intercommunal en vue du développement de la station de Moriond : "en vue de procéder dès maintenant à l'établissement d'un projet d'étude du territoire de Moriond pour son classement en station de sports d'hiver" (Ibid.).

    1939 - juin : projet d'un plan d'aménagement et d'extension

    La commune de Saint-Bon confie l'étude du plan d'aménagement et d'extension à Marc-André Vial, architecte urbaniste, 25 avenue Duquesne à Paris (puis 11 bis rue d'Orléans à Neuilly-sur-Seine en 1944), également architecte-conseil au secrétariat d'Etat à l'Education Nationale (Ibid.).

    1939 - septembre - mai 1945 : Maurice Michaud absent de la Tarentaise

    Maurice Michaud, ingénieur des ponts et chaussées, responsable de l'arrondissement de la Tarentaise depuis 1936, est mobilisé volontaire, puis fait prisonnier, interné en camp, et libéré en mai 1945, date à laquelle il retrouve ses fonctions comme ingénieur d'arrondissement (Chambéry, Aix, Chautagne).

    1939 - 1942 : projet d'un plan d'aménagement et d'extension

    Etude du plan d'aménagement et d'extension en cours; le contrat entre les deux communes (Saint-Bon et Bozel) et Marc-André VIAL est établi (Ibid.).

    II - 1941-1945

    LES TROIS VALLÉES PROJET D'ÉQUIPEMENT D'UN MASSIF

    1942 : mission d'étude des Trois Vallées - premier projet d'aménagement pour le site des Tovets

    Création d'une mission d'études de la région des Bellevilles, des Allues et de Saint-Bon, secrétariat d'État à l'Éducation Nationale - commissariat général à l'Éducation et aux Sports - direction de l'Équipement Sportif (sous la direction de Gérard Blachère, ingénieur des ponts et chaussées).

    Objectifs de la mission :

    "apprécier les possibilités de création d'une station internationale de sports d'hiver dans la région des Trois Vallées et seulement à défaut de circonstances favorables à une telle réalisation, proposer, le cas échéant, l'équipement touristique et sportif propre à mettre en valeur cette région".

    Composition de la mission :

    - Thomas Collignon, ingénieur des ponts et chaussées, responsable de l'arrondissement de la Tarentaise ;

    - Granger Veyron, architecte DPLG à Bourg-Saint-Maurice ;

    - Georges Popesco, architecte DPLG à Gap ;

    - Edouard Crevel, architecte en chef de la Ville de Paris

    - Gustave Corréard, du service de l'Equipement Sportif de la Montagne (recruté par Gérard Blachère, il était moniteur de ski à la Çlusaz) ;

    - René Martin, ingénieur des travaux publics de l'État, à Moûtiers ;

    Les principaux critères retenus :

    - Condition d'une station idéale : entre 1400 et 1800 m d'altitude suivant qu'on est dans les Alpes du Nord ou du Sud ;

    - Deux types caractéristiques d'équipement sportif avaient été expérimentés :

    en entonnoir (le cas de Sestrière : les descentes convergent au point de départ des remontées mécaniques),

    en cône (le cas de Davos : les descentes partent en rayonnant du sommet d'un cône).

    Descriptif du projet de Saint-Bon :

    Le schéma d'aménagement général envisage trois solutions :

    - une grande station avec un équipement mécanique conçu par une chaîne de téléphériques reliant les 3 Vallées ;

    - une grande station de ski de promenade ;

    - 3 stations distinctes d'importance différente, proposant un aménagement global pour les "trois vallées".

    Projet d'aménagement pour le site des Tovets : à développer en reprenant le rapport 42 :

    - Plan d'urbanisme ;

    - Nombre de lits ;

    - Principes d'architecture.

    Publication d'un rapport, dénommé plus tard "rapport mission 42" : Stations de sports d'hiver - Etudes - Mission de la région Belleville-Allues-Saint-Bon. Document d'étude sur les Trois Vallées établi par le secrétariat d'Etat à l'Education nationale -Commissariat général à l'Education et aux Sports -direction de l'Equipement sportif (Archives S.E.A.T.M.).

    1943 - 1945 : élaboration d'une thèse d'urbanisme sur l'aménagement de la montagne par Laurent Chappis dans le cadre de l'université de captivité

    Dans le cadre de l'Université de captivité, Laurent Chappis prépare une thèse d'urbanisme portant sur l'aménagement de la montagne en s'appuyant sur le site des Trois Vallées. Maurice Michaud, compagnon de captivité de Laurent Chappis, lui apporte son aide.

    "Je reçus par l'intermédiaire de l'Université de Paris des cartes du massif de la Vanoise. Je ne pus m'en faire délivrer que quelques unes, les Allemands soupçonnant que ces documents puissent servir à des évasions. J'étais en effet depuis le début de la captivité, fiché comme "anti allemand" ayant échoué dans plusieurs tentatives d'évasion.

    J'utilisais donc outre les cartes reçues, les documents cartographiques de la bibliothèque du camp. Me basant sur l'évolution que j'avais constatée dans les stations de sports d'hiver d'avant-guerre, parcourues alors que j'étais étudiant à Grenoble, et particulièrement Huez qui, déjà, en 1933 "montait" à l'Alpe d'Huez (premier téléski Pomagalski) ainsi que Sestrières en Italie qui s'édifiait à 2100 m d'altitude, j'envisageais des équipements et des localisations de résidences à plus haute altitude que les villages existants. J'envisageais surtout une chaîne de remontées mécaniques en tracé rectiligne, compte tenu des normes que Maurice Michaud m'avait indiquées tant sur le plan financier que technique. Cette chaîne reliait St Michel de Maurienne à Bozel et pouvait se prolonger de part et d'autre sur Valloire et la vallée d'Aimé la Plagne"

    "Personnellement, avant 1939, j'avais beaucoup pratiqué soit le ski de randonnée, soit le ski de piste avec damage aux pieds, pendant mon service militaire pour l'entraînement de la section d'EcIaireurs Skieurs que je commandais à Samoëns. J'appliquais alors la méthode "Emile Allais" qui s'imposait en France, détrônant celle de l'Arlberg. J'avais fait quelques compétitions de descente pendant mes études à Grenoble, et participé aux championnats de France Militaire de ski à Briançon. Ma thèse d'urbanisme, du fait de mes études d'architecture, fut donc plus orientée sur le ski de piste avec stations résidentielles que sur celui de randonnée pour rester dans le cadre de ma profession. Elle différait donc totalement de la solution préconisée par la mission 42, axée sur le ski de randonnée avec une mise en valeur très ponctuelle et restreinte du ski de piste.

    Du fait du tracé rectiligne de la chaîne de remontées mécaniques que j'envisageais à travers les 3 vallées, le positionnement des 3 vallées comme grandes stations qui pouvaient s'implanter dans chaque vallée était tout naturellement à plus haute altitude que les villages existants : les Tovets (Courchevel 1850), le Plan de Tueda (en amont du Mottaret), le Plan de l'Eau (entre les Menuires et Val Thorens)..." (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées. 1946-1952, t. 1, p. 10-13).

    1944 - septembre : disparition du service de l'équipement de la montagne

    Le service de l´Équipement de la Montagne, placé sous la responsabilité de Gérard BLACHÈRE, disparaît avec la Libération; les projets de reconstruction du territoire sont les principales préoccupations et Gérard Blachère rejoint les équipes chargées de mettre en place la politique de la Reconstruction.

  • HISTORIQUE DE LA STATION - 1945-1948

    III - 1945 - 1948

    CRÉATION DE COURCHEVEL 1850 : ÉQUIPEMENT DU SITE ET CONSTRUCTION DE LA STATION

    1945, juin - 1947, janvier : Maurice Michaud, ingénieur d'arrondissement en Savoie

    De retour de captivité en mai 1945, Maurice Michaud retrouve son poste à Chambéry, comme ingénieur chargé de l'arrondissement de Chambéry, Aix, Chautagne. ; en 1946, il retrouve son poste d'ingénieur des ponts et chaussées, responsable de l'arrondissement de la Tarentaise.

    Nommé ingénieur en chef des ponts et chaussées, il doit quitter le département de la Savoie et rejoindre le ministère de la Défense nationale à Paris en janvier 1947.

    1945, juin : Laurent Chappis s'installe comme architecte à Chambéry

    De retour de captivité en juin 1945, Laurent Chappis s'installe comme architecte à Chambéry.

    1945, été : Maurice Michaud et Laurent Chappis prennent connaissance du projet de la mission 42

    Maurice Michaud remet à Laurent Chappis un exemplaire du rapport de la mission 42 pour "confronter les conclusions de ce rapport à celles de ma thèse d'urbanisme et lui en faire un commentaire" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, t. 1, p. 13).

    1945, 29 octobre : le conseil général de la Savoie délibère sur un programme d'équipement touristique

    Installation du nouveau conseil général de la Savoie, et lors de la première séance (Maître Pierre de La Gontrie, élu président et Pierre Cot, président de la commission des finances), Pierre Cot lance l'idée d'un programme de travaux (routes, etc.) réalisés avec la main d'oeuvre allemande :

    "ce programme (programme de routes touristiques élaboré en 1937), est à reprendre en tenant compte à la fois de la nécessité de mettre en valeur les richesses naturelles de la Savoie et de la possibilité d'utiliser les réserves de main d'oeuvre allemande", "le département devrait se préoccuper de faire une opération qui puisse, le cas échéant et dans une certaine mesure être rentable. ...Au lieu de faire seulement des dépenses générales, telles que constructions de routes, de ponts, etc., il pourrait entreprendre la construction de téléphériques qui seraient exploités en régie; de même le département pourrait acquérir des terrains qui seraient revendus à des conditions favorables... pour pouvoir mettre sur pied ce programme, il serait nécessaire de désigner une petite commission de trois membres...qui aurait les pouvoirs nécessaires pour faire entreprendre par le Service des ponts et chaussées toutes les études utiles et faire un rapport à la prochaine session du conseil général", voeu présenté par Pierre Cot et adopté par le conseil général de la Savoie (extrait de Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850. Document dactylographié, 1992, p. 14).

    1945, 23 novembre : rapport de Maurice Michaud devant le conseil général de la Savoie sur l'aménagement de stations de sports d'hiver

    Maurice Michaud rédige le rapport demandé par Pierre Cot et le présente devant le conseil général de la Savoie. Il présente les projets développés par la direction de l'Équipement Sportif pendant la guerre et le principe d'aménagement des Trois Vallées. Il reprend les idées du rapport de la "mission 1942". "En fait c'est au cours des différentes courses en montagne avec Michaud, que nous évoquâmes le problème des 3 Vallées et qu'il établit les bases de ce rapport" (Ibid., p. 15 et 16).

    1945, 26 novembre : engagement du conseil général de la Savoie pour créer une station départementale à Saint-Bon

    Le conseil général de la Savoie crée une commission spéciale des Sports d'Hiver. Rapport de Monsieur Sibué, conseiller général : "Malgré les difficultés que nous rencontrons dans tous les domaines et notamment dans le domaine financier, et à cause même de ces difficultés, nous devons voir l'avenir et ne pas hésiter à pratiquer une politique hardie de mise en valeur des richesses de notre département. Il est hors de doute que le tourisme est la principale et que les sports d'hiver dont la pratique ne peut aller qu'en se développant, peut apporter à la Savoie des ressources immenses. Si l'on ajoute qu'il permettra à notre jeunesse de trouver dans nos montagnes joie et santé, et que, par l'afflux des étrangers il contribuera au rétablissement de notre balance commerciale, nous n'avons plus à hésiter sur l'intérêt que présente pour nous l'aménagement rapide et rationnel de nos stations de sports d'hiver.

    Jusqu'ici en ce qui concerne ces stations, le Département intervenait pour prendre le plus souvent à son compte des dépenses parfois considérables pour les travaux routiers ou d'électrification. Ces travaux non rentables en eux-mêmes, permettaient à des particuliers ou à des sociétés, de réaliser des profits, soit par l'exploitation, rentable celle là, des hôtels, téléfériques, remonte-pente des stations. La seule plus-value des terrains causée par les travaux financés par le Département a permis souvent l'édification de grosses fortunes, tout en gênant le développement de la station... Le but que nous vous proposons est de faire cesser une telle situation et de couper court à toute spéculation... Pour cela nous vous proposons la mise en valeur complète par le Département, d'une région entière, en exécutant non seulement les travaux de voirie, mais en prenant possession des terrains susceptibles de constituer la zone d'habitation, de construire des remonte-pente ou des téléfériques, d'établir les pistes, en un mot, d'aménager une station de sports d'hiver qui apportera des possibilités de revenus à notre collectivité et augmentera son patrimoine. Cette région est composée essentiellement de trois vallées voisines en Tarentaise : les Allues, Saint-Bon, Les Belleville et de l'arrière pays, jusqu'au massif de la Vanoise... Des projets intéressants ont été étudiés par la direction de l'Équipement Sportif... Ils seront repris et étudiés dans les semaines qui viennent par la commission spéciale..."

    Une prévision de travaux pour 1946 en deux tranches :

    - achat de terrains ;

    - installations sportives.

    Une décision pour 1946 :

    - confier à l'administration des Ponts et Chaussées, l'élaboration du programme.

    (Compte-rendu de la séance du conseil général de la Savoie, d'après Laurent Chappis Ibid., p. 18 et 19).

    1946, 8 février : Laurent Chappis est désigné par le M.R.U. pour établir le plan d'aménagement des Trois Vallées

    Une mission est confiée à Laurent Chappis par le M.R.U. (ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme) pour l'établissement du plan d'aménagement des 3 Vallées, à la demande du conseil général de la Savoie.

    1946, février à mai : reconnaissance de terrain par Laurent Chappis

    Étude sur le terrain et reconnaissance du domaine skiable par Laurent Chappis, qui se déplace seul et en ski. Reconnaissance successive des trois vallées : 12 février-17 février, vallée de Saint-Bon ; 26 février-03 mars, vallée des Allues ; 6 mars - 10 mars, vallée des Bellevilles ; 18 avril -21 avril, vallée des Allues ; 24 avril -27 avril, vallée de Saint-Bon ; 13 mai -15 mai, vallée de Saint-Bon.

    "Après chaque reconnaissance sur le terrain je travaillais plusieurs jours au bureau pour les mises au point graphiques des différents renseignements recueillis au cours de mes confrontations avec le site naturel. Dès le 19 février, je fis sur place, au plateau des Tovets, un tour d'horizon panoramique et un relevé d'ensoleillement, puis je fis différents graphiques donnant une compilation des caractéristiques du site du plateau des Tovets... Ayant parcouru la plupart des itinéraires possibles de descente dans la vallée de St Bon, presque toujours seul, je dressais rapidement une carte des itinéraires skieurs et des premiers tracés de remontés mécaniques. J'abandonnais rapidement l'idée de jonction des vallées de St Bon et des Allues par la Loze, malgré les réticences de plusieurs personnes ne connaissant pas le terrain aussi bien que moi, pour préconiser une jonction par la Vizelle... À la suite, j'établis une carte au 1/20 000 des domaines skiables de l'ensemble des Trois Vallées. La délimitation des domaines skiables tenait compte de différents paramètres" (Laurent CHAPPIS. Les 3 vallées, t. 1, p. 22-25).

    1946, 26 mars : premier plan des remontées mécaniques pour les Tovets établi par Laurent Chappis avec l'aide d'Emile Allais

    Premier projet de remontées mécaniques établi par Laurent Chappis et Emile Allais, comprenant les installations suivantes :

    - un téléchaises : Courchevel-Les Tovets (système Julliard) ;

    - un téléski : Les Tovets-La Loze ;

    - un téléphérique : Les Tovets-Pas du Lac (la Saulire) ;

    - une gare commune au Pas du Lac Premier plan des pistes.

    1946, mars - avril : premier plan d'urbanisme pour les Tovets

    Élaboration du premier schéma-croquis de plan de masse pour les Tovets par Laurent Chappis, sur le terrain (mars 1946), puis mis au net (avril 1946). "Ce premier croquis n'est fonction que du bon sens, de la topographie qui conduit tout naturellement à des solutions inscrites sur le terrain, d'un raisonnement cartésien, et ne s'appuie sur aucun à -priori" (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, document dactylographié, p. 38 - 40).

    "Courant mai, je fis le premier plan d'urbanisme communal de St Bon suivant le zonage en vigueur : zones constructibles, zones non aedificandi, zones soumises à protection de site, servitudes spéciales de volume ou d'architecture, tracé des remontées mécaniques, zones forestières à maintenir et à reboiser... Ces études tenaient compte uniquement du modelé du terrain, de l'orientation, des pourcentages de pente, de la nature du sol, de l'ensoleillement, des dégagements visuels... Dès la première esquisse faite au mois d'avril, le plan d'urbanisme affirmait les dispositions qu'il a conservées 40 ans plus tard. La répartition des fonctions sur le terrain, était conditionnée par la topographie, l'orientation, les limites forestières, les pourcentages de pente, les dégagements panoramiques et surtout le cheminement naturel des skieurs. En 1946, aucun impératif de rentabilité immobilière ne pouvait venir à l'esprit puisque la notion d'immeuble en copropriété n'existait pas. Elle n'apparut que vers 1950. Seules les conditions particulières du site ont orienté la composition urbanistique... À l'époque, il n'y avait pratiquement pas de voitures privées. Les bons .d'essence n'étaient attribués que très exceptionnellement. Les déplacements se faisaient en train et cars. On n'envisageait pas qu'à l'échéance même lointaine, les skieurs ou touristes viennent en voitures particulières, sauf quelques cas exceptionnels... Le plateau des Tovets était considéré comme un replat de passage pour les skieurs qui, normalement, devaient poursuivre la descente jusqu'à Courchevel 1500. Tout fut donc conditionné par le cheminement de deux catégories de skieurs : ceux qui en fin de descente s'arrêtaient dans la station, les zones d'habitat étant ceinturées par des pistes de ski de desserte permettant de déchausser devant l'habitation, ceux qui poursuivaient sur Courchevel 1500, le Pra, St Bon, Bozel. Cette seconde catégorie de skieurs paraissait prioritaire, ne serait-ce que sur le plan politique, pour ne pas sembler faire des Tovets une "station piège" ravalant au rang de satellites, les autres stations alors en vedette" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, t. 1, p. 27-29).

    1946, 13 avril : construction des premières remontées mécaniques

    Décisions prises par le conseil général de la Savoie :

    - aménagement de la vallée de St Bon et priorité donnée au site des Tovets ;

    - construction de deux montes pente : la liaison Courchevel / le plateau des Tovets ; le plateau des Tovets / sommet de la Loze ;

    - confie à l'ingénieur Rebuffel, l'étude du tronçon les Tovets / sommet de la Vizelle ;

    - confie à Emile Allais, l'étude des questions relatives à la pratique du ski dans les Trois Vallées

    (d'après Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, document dactylographié, p. 49-50).

    1946, 3 mai : approbation par le conseil municipal de Saint-Bon du projet d'aménagement des Trois Vallées

    Présentation devant le conseil municipal de Saint-Bon des projets d'aménagement des Trois Vallées par Maître Pierre de La Gontrie, président du conseil général de la Savoie, accompagné de Laurent Chappis, urbaniste. Le conseil municipal décide :

    - d'accepter le projet du département ;

    - de céder au conseil général tous les terrains communaux des Tovets, de Bellecôte, et les terrains en direction de la Loze et de la Vizelle, de Courchevel et de Moriond ;

    - de désigner Laurent Chappis comme architecte urbaniste de la commune ;

    - de charger Laurent Chappis d'établir le plan d'aménagement de la station ;

    - Mise à l'enquête publique du projet d'aménagement de la station de sports d'hiver Courchevel - Moriond - Les Tovets

    (Laurent CHAPPIS. Ibid., p. 55, 64).

    1946, 6 mai : le conseil général s'engage avec Jean Blanc et Laurent Chappis

    Nomination par le conseil général de la Savoie (commission des sports d'hiver) :

    - de Laurent Chappis comme urbaniste du département ;

    - de Jean Blanc, champion de France de ski, natif de Saint-Bon, pour prendre en charge l'équipement technique de la station

    (Laurent CHAPPIS. Ibid., p. 57).

    1946, 13-15 mai : implantation sur le terrain

    Etudes sur le terrain, dans la vallée de Saint Bon, par Laurent Chappis :

    - relevés de terrain par le géomètre grenoblois Martin (cf. les relevés topographiques de Chamrousse, du Recoin à Roche-Béranger, dressé à l'échelle du 1/1000 à la même date par le géomètre Martin) ;

    - tracé de la route d'accès retenu avec le service des ponts et chaussées ;

    - choix des trois tremplins de saut au Praz ;

    - implantation du téléski de là Loze, relevé du profil topographique ;

    - repérage de trois pistes.

    1946, 5 juin : début de la construction de la route d'accès

    Décision du département de la Savoie (commission des sports d'hiver) pour :

    - exécution de la route d'accès entre Courchevel et les Tovets ;

    - construction d'une ligne de 15000 volts.

    Difficultés de chantier : "l'entreprise Margueret me fait savoir ce matin que Messieurs Bardasssier et Maggi ont fixé des barrières au droit de leurs propriétés sur le tronçon de la route Moriond-Plan du Var en vue d'empêcher les travaux. Ainsi que l'avait ordonné Monsieur le président du conseil général, j'ai donné l'ordre à l'entrepreneur, de passer outre et de poursuivre les travaux" lettre de l'ingénieur TPE R. Laurent à Monsieur l'ingénieur Michaud, 7 septembre 1946 (A. privées Laurent Chappis).

    8 octobre 1946 : première montée en jeep aux Tovets.

    1946, 5 juin : "les Tovets" deviennent "Courchevel 1850"

    Ouverture d'une discussion par M. de la Gontrie, pour la recherche d'un nom de remplacement pour la station : les Tovets : "je réalisai une maquette de la station dont je choisis moi-même le nom :"Courchevel 1800", ce qui séduisit M. de la Gontrie que le nom des Tovets exaspérait le trouvant peu publicitaire (Laurent CHAPPIS.Les 3 Vallées, t. 1, p. 31).

    1946, 17 juin : implantation sur le terrain

    Implantation de la route d'accès Moriond - les Tovets (sous la neige).

    Implantation des équipements suivants :

    - garage à voitures ;

    - gare d'autocars ;

    - avenue commerciale ;

    - desserte de la patinoire ;

    - desserte du téléférique ;

    - église

    (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver..., p. 67)

    1946, 22 juin - 22 juillet : approbation de l'avant-projet de la zone centrale des Tovets

    Présentation par Laurent Chappis de l'avant-projet de la zone centrale des Tovets à l'échelle du 1/1000, avec les courbes de niveau tous les mètres, sur fond de plan topographique établi par Martin, géomètre à Grenoble. Approbation par le conseil général. Description du projet :

    "La route prévue dans le projet précédent en tunnel (à la croisée des pistes de ski) est désormais prévue en pont : cette solution est beaucoup plus pratique et surtout plus vivante... Le plan prévoit trois secteurs commerciaux :

    - un linéaire en bordure de la place d'arrivée des autocars, la desserte de la station, n'étant en toute logique, prévisible que par ce moyen de transport (pas de voitures privées, restrictions de circulation, bons d'essence) ;

    - un linéaire commercial en bordure de la piste principale descendant de Courchevel, car il ne fallait surtout pas donner l'impression que l'on voulait arrêter tous les skieurs aux Tovets ;

    - un ensemble de boutiques à deux façades commerciales, une sur jardin public intérieur, l'autre sur route ;

    - une chapelle et une salle des fêtes sont implantées marginalement à ce centre d'animation ;

    - la gare de téléférique, au point de convergence des 3 pistes de ski de la Loze, la Vizelle, Bellecôte, est exactement sur le tracé rectiligne partant de Bozel, passant par Courchevel pour atteindre la Saulire ;

    - une patinoire "olympique" s'inscrit sur le sommet du plateau des Tovets en pied de la butte du Jardin Alpin ;

    - en surcharge rouge, tracé de la route en souterrain permettant de dégager une "grenouillère" au point de convergence des 3 pistes...

    Pour le ski :

    2 téléskis : Courchevel 1500/les Tovets et Les Tovets/La Loze ;

    Téléphérique de la Saulire avec gare intermédiaire aux Verdons, se poursuivant vers l'aval sur Courchevel 1500, le Pra, St Bon et Bozel.

    Les pistes de ski partant de la Loze descendent sur Bozel et Brides les Bains.

    Le tremplin de saut est localisé au Pra.

    Il est envisagé un golf d'altitude sur Pralong.

    La gare d'autogyre ne fut pas mentionnée, compte tenu des incidences du bruit sur les zones résidentielles"

    (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver..., p. 68-69).

    1946, 22 juillet : décision de construire un chalet départemental

    Le conseil général de la Savoie décide d'un projet de construction d'un chalet pour l'hiver d'une capacité de 80 couverts et 50 couchages pour accueillir les premiers skieurs et les premiers clients potentiels (Ibid., p. 68-69).

    1946, 22 juillet : débat sur l'architecture

    Discussion et polémique entre Laurent Chappis et Maître Pierre de la Gontrie à propos de l'architecture du chalet départemental, architecture "imposée" par Pierre de la Gontrie (type "pastiche" de chalet, considéré comme "architecture putain" par Laurent Chappis (Ibid., p. 72).

    "Sur le plan de l'architecture, M. de la Gontrie était le seul à avoir des idées très arrêtées se polarisant sur une architecture folklorique type Megève, Suisse ou autrichienne? C'est ce que personnellement j'appelais une "architecture putain", reproche que mes camarades d'atelier aux Beaux-Arts faisaient sur certains projets. Pour les non initiés, comme je l'expliquais à M. de la Gontrie, ce terme recouvre une architecture de facilité, où tout concourt à uniquement plaire : style de bâtiments ruraux adaptés à certaines régions et importé dans un autre pays qui n'a pas les mêmes bases culturelles, bois décoratifs techniquement inutiles, peintures flattant le regard complaisant, arcs surbaissés couronnant portes et fenêtres, colonnes surajoutées etc., un peu comme une prostituée dont le seul but est le racolage et qui se vêt et se peinturlure de façon provocante... La controverse entre "architecture folklorique" et "architecture d'actualité" commence à s'établir de ce jour entre M de la Gontrie et moi ».

    discussion à propos du cahier des charges architecturales :

    "Après discussion, et bien que la couverture de lozes soit la plus heureuse, comme effet en montagne, considérant d'autre part que c'est le matériau qui revient le plus cher, la commission est d'avis de rejeter toutes les couvertures en tôles, même goudronnées, et de n'accepter que les couvertures en lozes, en ardoises ou en matériaux ayant le même aspect, tel qu'éternit, fibro-ciment etc.. permettant de retenir la neige sur les toits... il est décidé en outre que toutes les constructions, exceptées les aménagements de la gare du téléphérique, auront l'aspect de constructions du pays, ou chalets de montagne suisses" (Ibid.).

    débat Chappis - de la Gontrie

    "Monsieur de la Gontrie avait des idées très arrêtées, alors que les différents ingénieurs des ponts et chaussées préféraient s'abstenir dans ce domaine où ils s'estimaient peu compétents. Les ingénieurs, y compris Michaud, étaient assez enclins à accepter des idées novatrices sur le plan architectural, tandis que M de la Gontrie ne jurait que par l'architecture de "Megève" ou encore une architecture très traditionnelle, folklorique; bien acceptée du grand public... Nous eûmes de longues et passionnées discussions sur ce sujet. Je lui répétais sans cesse que ma formation "Ecole des Beaux-Arts" me prédisposait à ce genre d'architecture et que, avec des "rendus putains" (terme consacré à 1' Ecole des Beaux-Arts) était pour moi chose facile et ne nécessitait que quelques heures de travail... Mais je ne réussis pas à le convaincre que le problème de Courchevel était tout autre. A haute altitude, et à un climat hostile, conditionné par une clientèle qui est peu apte à l'affronter, sur un terrain en versant nord, donc avec un ensoleillement tangentiel, le problème de l'habitat était d'abord un problème fonctionnel devant prendre en compte tous les paramètres et dont l'architecture n'était qu'une résultante. Dans une station qui rompait urbanistiquement avec toutes les traditions, on se devait d'aborder le problème architectural avec une autre vision que celle du passé... M. de la Gontrie était ébranlé par ces arguments, mais il en revenait toujours au problème de la sensibilisation de la clientèle à une forme d'architecture à laquelle elle était habituée" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, t. 1, p. 63).

    1946, 15 août : les travaux de l'hôtel départemental débutent

    Les plans sont achevés par Laurent Chappis. Le chantier démarre par des travaux de terrassement, qui sont effectués à la pelle, à la pioche et la brouette, en l'absence de matériels mécaniques. Les travaux sont conduits par 1'entreprise Marbeau, dont le siège est 12 rue Marbeau, Paris 16e (Ibid., p. 58).

    Achèvement des travaux du sous-sol pour l'automne (novembre 1946).

    1946, septembre : Denys Pradelle rejoint Laurent Chappis

    Denys Pradelle accepte de faire équipe avec Laurent Chappis : "je fais passer une annonce dans le Moniteur des Travaux Publics demandant un collaborateur, architecte DPLG acceptant de vivre sur place à Courchevel ; ayant moi même été confronté aux dures conditions de la montagne, je tenais absolument à ce que ce collaborateur vive au permanent contact des réalités et contraintes de la vie en montagne" (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver..., p. 77).

    "Entre autres contacts, au cours de l'été 1945, un rendez-vous est pris à Chambéry avec Laurent Chappis, architecte urbaniste...séduit par le projet, je propose alors à Laurent Chappis, qui accepte, de monter travailler pour lui sur le terrain... » (Denys PRADELLE. Itinéraire d'un architecte. Document manuscrit, 1985-1986, p. 7).

    Denys Pradelle loue un petit chalet en mitoyen au hameau des Rois (situé à proximité de Courchevel). C'est la première base de l´Atelier d'Architecture à Courchevel, "l'installation de notre atelier à Courchevel 1550, en amont du village des Rois est sommaire : en hiver, la couverture en lauzes du chalet chargée de neige, a des gouttières : elle est en effet, d'une façon insolite pour un comble conçu en plein vent, chauffée par en dessous. Aussi devons-nous, les soirs d'hiver, retourner nos planches à dessin sur nos calques : invitation sans nuance à observer le comportement sous la neige des cascades de chalets du voisinage élaborés par des générations de montagnards. C'était aussi une invitation à réfléchir, durant les longues veillées d'hiver, au programme tout nouveau d'une station en site d'alpage à 1800 m. d'altitude et au programme alors tout neuf d'un habitat pour citadin en altitude" (Denys Pradelle cité par Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver..., p. 77).

    Jean-Marc Legrand, jeune architecte diplômé, rejoint Denys Pradelle à Courchevel, au cours de l'hiver 1946-1947 : "nous formons tous les trois pendant plus de 10 ans une équipe très soudée où l'amitié et l'estime réciproques furent la base des relations. Cette profession d'architecte était ignorée des gens du pays qui nous appelaient M. l'ingénieur, seule fonction qu'ils connaissaient" (Laurent CHAPPIS. Ibid.).

    1946, octobre - novembre : acquisition des terrains - achat de lots

    Les acquisitions des terrains par le département de la Savoie auprès de la Commune de Saint-Bon et des propriétaires privés sont achevées. La vente des lots peut débuter. 100 demandes pour acquérir des terrains ont déjà été reçues, dont une douzaine pour réaliser des hôtels.

    30 novembre 1946, commencement de la vente des lots, organisation de la vente des lots : la vente des lots peut débuter, par ordre de priorité :

    1- ceux qui prennent à leur charge un ensemble architectural ;

    2- aux habitants de la commune ;

    3- aux habitants du département ;

    4- aux autres acquéreurs dans l'ordre de leur demande.

    Mars 1947 : 42 parcelles vendues (Laurent CHAPPIS. Ibid., p. 113).

    1946, octobre : construction de deux remonte-pentes

    Construction de deux remonte-pentes par l'entreprise grenobloise Jean Pomagalski (chef de chantier Pierre Montaz).

    Implantation du téléski de la Loze par Laurent Chappis, qui demande à Pomagalski son aval pour le tracé :

    - téléski Courchevel - les Tovets, mis en service à Noël 1946 ;

    - téléski Les Tovets - La Loze, mis en service en janvier 1947.

    1946, octobre : décision de construire un tronçon de "catérail" - abandon du projet au printemps 1948

    Décision prise par le conseil général de réaliser un essai aux Tovets d'un "nouveau genre de téléphérique (qui a été expérimenté au port de Boulogne) et qui consiste en bennes motrices circulant sur un rail, ce qui permet d'obtenir un débit beaucoup plus important".

    Essai sur 800 mètres, sur l'emplacement même du futur téléphérique "de façon à ce que le matériel des essais puisse être employé sans nouveaux frais par le Département".

    Le projet est financé par le sous-secrétariat d'Etat à la Jeunesse et aux Sports : reprise d'une idée émise dans le premier projet de la mission 42 ; "fin octobre, je vais passer trois jours à Paris et Boulogne, avec Michaud, pour discuter du CATÉRAIL , avec André Rebuffel" (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850. Document dactylographié, 1992, p. 81 et 86).

    Projet de la gare inférieure, élaboré en janvier 1947:

    Plans de la gare mis au point par M. Grimal, architecte lyonnais avec la collaboration de Chappis et celle d'un jeune architecte A. Cholat (Ibid., p. 106).

    Abandon du projet au printemps 1948 : accident lors des essais.

    Mort accidentelle d'André Rebuffel dans un accident de voiture ; abandon du projet CATERAIL.

    On choisit alors de réaliser :

    - un télécabine pour le premier tronçon ;

    - un téléphérique pour le second tronçon

    (Ibid.)

    1946, octobre : publicité pour la station

    Lettre envoyée par le président du conseil général de la Savoie, à plus de cent notaires et agents immobiliers : "Le conseil général de la Savoie a décidé de procéder lui-même à l'équipement des vallées parallèles de St Bon, les Allues, et des Belleville qui seront connues sous le nom des "Trois Vallées... Ces Trois Vallées constitueront un ensemble unique en Europe, tant par leurs sites grandioses que par la qualité exceptionnelle de leur neige et leurs installations sportives. Six téléphériques, de nombreux remonte-pentes, des tremplins de saut, patinoires, pistes de luges et de bob y sont prévus. Pour la saison d'été, des terrains de sport, tennis, piscine, etc. y seront aménagés. ... Une première station, de catégorie internationale, va bientôt s'élever, au-dessus de Courchevel, sur le plateau des Tovets, dans un cadre féerique à une altitude moyenne de 1850 mètres. Le plan d'urbanisme en est terminé et la période de réalisation est ouverte... Cette ville nouvelle présentera cette particularité, unique en Europe, que les principales pistes de ski passeront en plein centre de la cité et permettront ainsi aux skieurs d'accéder à leurs hôtels ou chalets sans déchausser. Les départs des appareils de remontée mécanique auront également lieu au centre de l'agglomération... De nombreux commerçants et particuliers, convaincus de l'avenir considérable et immédiat de cette station en raison des avantages exceptionnels qu'elle présente, ont déjà réservé des parcelles de terrain pour y édifier des magasins , des hôtels des pensions et des chalets particuliers. Les demandes d'acquisition de terrain sont servies dans l'ordre de leur arrivée et aux choix des acquéreurs".

    1946, 30 novembre : la station s'appellera "Courchevel 1850"

    Décision prise par le conseil général de la Savoie que la station prendra le nom de Courchevel 1850 et non celui des Tovets. Le point bas de la station est à 1747 m, et le point haut de la station à 1827 mètres d'altitude; mais le président du conseil général de la Savoie, Pierre de La Gontrie tenait à ce que Courchevel soit plus haut que Val d'Isère (qui critiquait le lancement de la nouvelle station). Le village de Courchevel s'appellera : Courchevel le Bas (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, p. 93).

    1946, 28 novembre : premier projet de l'atelier AAC, "les chalets Fath"

    Première étude importante pour l'Atelier d'Architecture à Courchevel : projet de reconstruction de 1' hôtel de Monsieur Fath, propriétaire du Grand Hôtel des Trois Épis à Colmar, hôtel détruit par fait de guerre. Disposant d'importants dommages de guerre, il décide de transférer ces dommages de guerre à Courchevel, ayant obtenu une reconstruction prioritaire."En fait seuls les dommages de guerre de caractère industriel pouvaient bénéficier d'une priorité. Mais Maurice Michaud avait trouvé l'astuce de faire accepter par le M.R.U. le fait qu'il s'agissait "d'industrie hôtelière" et que cette définition pouvait s'étendre à toutes les constructions, même privées, à condition qu'elles soient édifiées dans une station touristique".

    Les transferts de dommages de guerre, ouvrent droits à acquérir des chalets préfabriqués : chalet construit dans les Vosges, tout en bois mais pouvant être crépis extérieurement, intéressant sur le plan financier ; le chalet le plus recherché par les acquéreurs : le type "Barbara", d'une "esthétique passe-partout donc banale, difficilement critiquable".

    Étude d'un projet composé d'un complexe hôtelier pavillonnaire regroupant une vingtaine de chalets, soit environ 200 lits, sur une parcelle en amont de Bellecôte (Ibid., p. 91-93).

    Projet de plan de masse et projet pour les soubassements des chalets Barbara établis par Denys Pradelle.

    1946, 19 décembre : approbation du premier lotissement : les Tovets - Plantret - Bellecôte (cahier des charges du lotissement)

    Approbation du cahier des charges du lotissement par la commission des Sports d'Hiver du CG de la Savoie (30 novembre 1946) : "l'architecte en chef aura la charge de conseiller les architectes d'opération, notamment pour les volumes qui devront rester très simples et les couleurs ; sont exclus les décrochement, appendices et Windows. Les couvertures seront en lauzes ou ardoises et ne présenteront qu'un ou deux longs pans simples, à l'exclusion de lucarnes, noues etc."

    Définition de trois quartiers :

    les TOVETS : parcelles n° 1 à 14 - 21 à 48 - 131 à 142 (zone commerciale) ;

    PLANTERET : parcelles n° 50 à 64 - 69 à 81 - 83 à 104 (zone commerciale et résidentielle) ;

    BELLECÔTE : parcelles n° 106 - 109 à 130 (zone résidentielle).

    Enquête d'utilité publique.

    Approbation par arrêté préfectoral (cf. Annexe 1)

    Le rôle de l'architecte en chef :

    "Étant responsable de l'urbanisme puis de l'architecture, je fus amené à imposer des "gabarits" de construction fixant l'implantation, l'orientation et le volume constructible de chaque parcelle en fonction d'un plan masse d'ensemble permettant à chaque construction de lui garantir ses vues, son ensoleillement, et son accès facile. Je souhaitais qu'aucun bâtiment ne dépasse 4 niveaux afin de rester toujours à une hauteur inférieure à celle des sapins du cadre naturel. J'établis ainsi 258 gabarits annexés aux actes de vente" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, 1946-1952, t. 1, p. 63.

    1947, janvier - 1948, janvier : Maurice Michaud quitte le département de la Savoie

    Maurice Michaud est nommé ingénieur en chef des ponts et chaussées. Il doit quitter le département de la Savoie (le poste est alors occupé par Monsieur Chary). Maurice Michaud rejoint le ministère de la Défense Nationale à Paris ; il rejoindra la Savoie, un an plus tard en janvier 1948, comme directeur départemental de la Reconstruction. Pendant son année passée à Paris, Maurice Michaud reste tenu informé par Laurent Chappis de l'avancement des projets de Courchevel 1850 (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, document dactylographié, 1992, p. 106 ; Entretiens avec Madame Paule MICHAUD, dans La montagne du XXe siècle. Recueil de témoignages oraux ; constitution d'un fond d'archives audiovisuelles ; entretiens et biographie. Rapport intermédiaire EAG, décembre 1995).

    1947, janvier : presse

    "En 1943, dans un camp de prisonniers en Allemagne, un jeune architecte étudiait un projet proposé par l'École des Beaux-Arts de Paris. Le sujet était une station de sports d'hiver. Ce jeune homme, grand amateur de ski, connaissait à merveille la Savoie et fit une étude tellement intéressante qu'une fois la guerre terminée, le département de la Savoie le chargea de réaliser ce projet....Il s'agit de construire un centre de sports d'hiver à une haute altitude avec le maximum de luxe, de confort et de commodité, où la clientèle française et cosmopolite s'assemblera aussi bien en hiver qu'en été... Une équipe de jeunes architectes et entrepreneurs est chargée de réaliser ce travail intéressant et immense... Vous pourrez choisir entre habiter un confortable hôtel, louer un appartement ou un chalet à moins que vous préfériez faire construire votre propre demeure... La France fait un immense effort en vue d'attirer des étrangers chez elle et devenir à nouveau un grand centre de tourisme, et de ce fait reprendre sa place prépondérante dans le monde. Courchevel, les Allues, Saint-Martin de Belleville nous aideront à remplir cette tâche" (Jacqueline BLANC. In Revue parisienne, cette semaine, n° du 8 au 14 janvier 1947 ; Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, 1946-1952, t. 2, p. 85).

    1947, avril : catérail

    Description technique du prototype en cours de montage : partie mécanique montée par la Société Omnium Lyonnais ; bennes de 30 personnes ; vitesse 10 m/s ; 4250 mètres de ligne ; 7 minutes pour la montée ; une benne toutes les 33 minutes ; circuit AR d'une benne 20 mn, 3 voyages/heure, soit avec 6 bennes livrées, 18 voyages à l'heure, débit horaire de 500 personnes.

    Montage du premier pylône du Catérail (août 1947).

    Interrogations sur la validité du téléphérique (qui serait abandonné dans certaines stations étrangères) : le conseil général de la Savoie demande une étude sur le système le plus adapté : remonte pentes, téléchaises, etc. (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, 1992, p. 115-123).

    1947, juillet - août : exposition - publicité

    "La conclusion qui s'impose après ce voyage d'étude, est courte et péremptoire. Nous avons en Savoie les "Trois Vallées". Rien à l'étranger ne peut soutenir la comparaison. Nous connaissons les erreurs à éviter. Nous savons exactement ce à quoi il faut aboutir. Nous pouvons donc réaliser ce qui répondra le mieux aux exigences actuelles. Un seul point est formel; il faut le réaliser vite. Les nations étrangères qui vivent du tourisme ont un gros handicap : leurs aménagements touristiques et sportifs et leurs équipements hôteliers qui datent. Elles ont aussi de gros atouts; leur réputation et leur publicité. Elles savent très bien mettre en valeur ceci et camoufler cela. Nous n'avons rien à camoufler mais tout à faire connaître dans les Trois Vallées. Il serait ridicule de vouloir nier l'évidence. Les Trois Vallées doivent devenir le plus beau et le plus grand centre touristique d'Europe" (conclusion du rapport CHAPPIS, Voyage d'étude en Allemagne, Suisse, Autriche, dans Laurent CHAPPIS.Les 3 Vallées, 1946-1952, t. 2, p. 85).

    Exposition internationale d'Urbanisme

    "Présentation de l'étude des Trois Vallées à l'Exposition Internationale d'Urbanisme qui se déroule à Paris : fabrication d'une maquette de l'ensemble de la vallée de Saint-Bon qui fut exposée avec le plan de la station de Courchevel 1850 et toute une documentation photographique" (Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, document dactylographié, 1992, p. 121).

    Exposition internationale de l'habitation et de l'urbanisme : "la section française de l'exposition, préparée par le Centre d'Etudes de la direction générale de l'Urbanisme et de l'Habitation sous la présidence de Prothin, se proposait "de montrer ce qui a été fait avec les moyens dont on disposait et ce qui reste à faire"; il s'agissait donc de présenter au public un premier bilan de la Reconstruction, tant en matière de construction et d'équipement de l'habitation, qu'en matière d'urbanisme"... (exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation catalogue de l'exposition section française. éd Techniques et Architecture, juillet-août 1947, cité par Hélène SANYAS dans La politique architecturale et urbaine de la reconstruction. France 1945-1955. Thèse 3e cycle sous la direction d'Anatole Kopp. Université de Paris VII. 1982, p. 131-137).

    1947, été : chantiers

    Hôtel Maraux : montage du premier niveau ;

    Chalet Marbeau : en cours d'achèvement

    (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, 1946-1952, t. 2, p. 83).

    1947, 28 décembre : inauguration de l'hôtel départementa

    Inauguration de l'hôtel départemental le 28 décembre 1947 ; remarques sur l'architecture de Laurent Chappis : "dès les premières études, il a été décidé de conserver le caractère régional aussi bien en façade qu'en intérieur. On a donc été conduit à proscrire les grandes baies qui, en dégageant la vue, enlèvent l'intimité de la salle. Par ailleurs, les grandes baies offrent une surface de refroidissement très grande et coûtent beaucoup plus cher à la construction. A la suite de mes différents voyages d'études en Suisse, Autriche, Italie, j'ai pu constater que la majorité des hôtels préfèrent sacrifier la vue à l'intimité, car les skieurs apprécient beaucoup plus une ambiance intime après toute une journée passée à l'extérieur" (correspondance de Laurent Chappis à Pierre de la Gontrie le 10 octobre 1947).

    Capacité 45 lits. Laurent Chappis dessine le mobilier de l'hôtel fait en hêtre (chaises, tables, etc.) (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, 1946-1952, t.2, p. 80 ; Laurent CHAPPIS. Genèse d'une station de sports d'hiver Courchevel 1850, document dactylographié, 1992, p. 124).

  • HISTORIQUE DE LA STATION - 1948-1983

    1948

    1948, 3 janvier : premières interrogations sur Courchevel

    Le journal La renaissance savoyarde : "Monsieur Coldefy, nouveau préfet de la Savoie, s'interroge pour savoir si le département est fondé à réaliser des opérations d'achat et de vente de terrains, s'il peut effectuer des opérations d'achat et de vente de terrains, s'il peut effectuer des expropriations dans un but spéculatif et s'il peut construire des immeubles à caractère commercial" (Antoine Borrel, ancien sénateur de la Savoie).

    1948, janvier : Maurice Michaud nommé directeur départemental de la Reconstruction

    Maurice Michaud nommé directeur départemental de la Reconstruction à Chambéry (Entretiens avec Madame Paule Michaud dans La montagne du XXe siècle - recueil de témoignages oraux - constitution d'un fond d'archives audiovisuelles - entretiens et biographie, décembre 1995).

    1948, 15 janvier : inauguration de l'hôtel de la Loze et de l'hôtel Maraux.

    1948, 3 mars : première visite du conseil général sur le site de Courchevel 1850

    (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées, 1946-1952, t. 2, p. 92).

    1948, 22 mars : dommages de guerre.

    Rapport du conseiller général Sibué :

    "M. Sibué indique qu'il serait particulièrement intéressant d'aiguiller vers Courchevel 1850 les personnes qui bénéficient de dommages de guerre. Pour cela une liaison pourrait être établie avec les services de la reconstruction. Une longue discussion s'engage à ce sujet et la commission décide de faire tout ce qui sera possible pour attirer les personnes bénéficiant de dommages de guerre" (PV de la commission).

    Commentaires de Laurent Chappis :

    "À la suite des destructions de la guerre 39-45, les sinistrés avaient une créance sur l'Etat. Cette créance découlait des études faites pour une "reconstruction à l'identique sur place". Son montant, évalué par des architectes, et accepté par le sinistré, lui donnait droit, suivant une priorité où jouaient souvent les relations, à la reconstruction sur place de l'immeuble sinistré. Les investissements de caractère industriel étaient prioritaires... M. Michaud dans ses nouvelles fonctions en Savoie obtint que le tourisme soit appelé "industrie touristique". Ceci permit le transfert de dommages de guerre de leur lieu d'origine sur une station touristique en obtenant simultanément la priorité de la créance... M. Regottaz était chargé, à la Reconstruction, du service des dommages de guerre... C'est ainsi que put démarrer l'"opération FATH" de transfert de ses très importants dommages de guerre de l'hôtel de luxe des "3 Epis" à Colmar sur Courchevel 1850. Initialement Mr Fath voulait reconstruire à Courchevel un complexe hôtelier d'environ 200 lits. Très vite il s'orienta vers la construction de chalets préfabriqués que le MRU mettait à la disposition de propriétaires de dommages de guerre... Les chalets préfabriqués dans les Vosges étaient de différentes conceptions, avec des toitures à 1 ou 2 pentes. Celles à deux pentes avaient différents pourcentages de pente pour pouvoir s'adapter aux différentes régions d'implantation. Le détenteur de dommages de guerre pouvait acquérir ces chalets pour un prix de 20 à 30 % moins cher que sur le marché privé. De plus il était immédiatement servi... Mr Fath, devant l'intérêt financier de l'opération et sa rapidité de réalisation changea d'orientation et acquit une trentaine de chalets qui devaient constituer un hôtel pavillonnaire. En fait ils furent rapidement mis en location et devinrent des résidences secondaires... Par la suite il fut possible à tout particulier d'acheter des dommages de guerre, ce qui donna lieu à de véritables trafics. Des cabinets spécialisés proposèrent des dommages de guerre à 50% de leur valeur, puis devant l'afflux à la vente, à 40% voire 35%. De nombreux hauts responsables du Service Central de la Reconstruction à Paris ainsi que différents fonctionnaires départementaux de la Reconstruction et des ponts et chaussées (dont Michaud, Regottaz, Henry, Ricard, etc.) en achetèrent ainsi, les firent transférer à Courchevel 1850, choisirent un des chalets de la reconstruction (ou firent leurs propres plans) et obtinrent ainsi une priorité et un prix avantageux... On constate que c'est grâce à ces dommages de guerre que Courchevel eut un rapide développement à partir de 1949..."

    Les modèles de chalet :

    "Par contre l'esthétique très banale de ces bâtiments préfabriqués contribua à faire de Courchevel une station sans attrait architectural si ce n'est par les réalisations faites hors dommages de guerre par l'A.A.C... La réalisation de chalets préfabriqués couverts en toit à une pente alimenta la polémique sur le type de couverture que M. de la Gontrie continuait à critiquer m'autorisant à n'accepter qu'un seul chalet à 1 pente pour 2 chalets à deux pentes. Je ne respectais que très partiellement ces directives que je jugeais ne pas tenir compte de la réalité des problèmes" (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées. 1946-1952, t. 2, p. 94 et 95).

    1948, été : constructions achevées et/ou en cours - architecture

    Lots :

    LES TOVETS

    n° 1 13 - hôtel Le Roc - restaurant Belleçote - Fèvre propriétaire (en cours de chantier) ;

    n° 45 - Chappis (en cours de chantier) ;

    PLANTRET

    n° 54 - boutique Jean Blanc aux Tovets ;

    n° 56/57/58 boutiques - Bellemain -Roques- Bajulaz (en cours de chantier) ;

    n° 80 bis - hôtel départemental ;

    n° 79 - chalet Maraux ;

    hôtel Marbeau

    (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées. 1946-1952, t. 2, p. 89).

    Réalisation d'un document par l'Atelier d'Architecture de Courchevel (Denys Pradelle) mettant en parallèle les caractéristiques de 3 types de couvertures en montagne :

    - toit à 2 pentes ;

    - toit à une pente ;

    - toit en terrasse ;

    qui fut à l'origine de la toiture à 2 pentes inversées (Laurent CHAPPIS. Les 3 Vallées. 1946-1952, t. 2, p. 95).

    1948, mai : catérail

    - La Commission des Sports d'Hiver et du Tourisme du conseil général de la Savoie décide de la construction d'un télébenne à cabines fermées permettant l'accès à la combe de la Vizelle ;

    - Plans d'un avant-projet de gare aux Tovets : façade + plan ;

    - Etude du tracé du prolongement du Catérail sur Val d'Isère, Chamonix, l'Oisans, Briançon etc ...

    (A. SEATM ; Laurent CHAPPIS. Ibid.).

    1949

    1949, mars - mai : projet Joliot-Curie

    Étude par Denys Pradelle du projet de chalet pour Frédéric Joliot-Curie (1900-1958) et Irène Joliot-Curie (1897-1956), physiciens, prix Nobel de physique en 1935, habitant 76 avenue Lenôtre à Anthony. Première proposition d'un "chalet à pattes" non retenu par les Joliot-Curie.

    1949, mai : architecture

    Difficultés rencontrées par Laurent Chappis pour "obtenir des gens du pays qui construisent à Courchevel 1850 (Mugnier, Auguste Blanc, Bajulaz) des dessins de permis de construire corrects; ces constructeurs font eux-mêmes leurs plans, ne voulant pas payer d'honoraires d'architecte" Pierre de la Gontrie confirme à Laurent Chappis "qu'il doit faire respecter à Courchevel une esthétique satisfaisante quels que soient les constructeurs" (Laurent CHAPPIS. Ibid., p. 103).

    1949, 14 mai : extension des lotissements

    Pierre de La Gontrie demande que soient étudiées des extensions du lotissement sur Bellecôte et sur le Jardin Alpin (Ibid.).

    Pierre de La Gontrie écrit au maire de Saint-Bon pour lui dresser la liste des nouveaux terrains à acquérir, nécessaires pour les extensions de Courchevel 1850 (novembre 1949).

    1949, été : architecture - chantiers

    Chantiers en cours :

    BELLECOTE

    Lot n° 117 - chalets Fath : 5 chalets couverts, 11 en cours de construction ;

    TOVETS

    Lot n° 113 - Fèvre : hôtel le Roc, gros oeuvre en cours ;

    Lot n° 111 - Joliot-Curie : gros oeuvre en cours ;

    Chalet Eugène Blanc: gros oeuvre terminé ;

    PLANTRET

    Lot n° 81 - hôtel Mugnier : gros oeuvre en cours ;

    Lot n° 71 - chalet Elisabeth, chalet du MRU : terminé (transfert de dommages de guerre) (chalet portant le prénom de la fille de Maurice Michaud) ;

    lot n° 86 - chalet Barlet ; gros oeuvre terminé.

    (Ibid.).

    1950

    1950, architecture

    LES TOVETS :

    Lot n° 100 - Église : Premier Projet d'église dessiné par Laurent Chappis.

    BELLECOTE (automne 1950) :

    Lot n° 122 - Chalet Lang : premier projet dessiné par Denys Pradelle de janvier à mars 1950 - choix d'un "chalet à pattes", premier chalet de ce type réalisé à Courchevel.

    Lot n° 74 - Immeuble Le Vanoise : premier projet d'immeuble collectif résidentiel à l'initiative de Monsieur André Gallay ingénieur promoteur, projet conçu et construit par Laurent Chappis et Paul Berthe architectes.

    1950, inspection financière - cour des comptes

    Mission d'inspection de Prothin, directeur de l'urbanisme au MRU.

    1950, lotissements, extension

    Mise en oeuvre des lotissements :

    LES CHENUS ;

    BELLECOTE ;

    (A. CAUE Savoie).

    1950, décembre : remontées mécaniques

    Mise en service du télébenne Burgin-La Saulire (depuis la vallée des Allues), transformé en télécabine en 1959.

    Première liaison téléportée sur la Saulire, coté les Allues

    (entretiens avec Jean Cattelin et Vincent Cambau, dans La montagne du XXe siècle - recueil de témoignages oraux - constitution d'un fond d'archives audiovisuelles - entretiens et biographie. Rapport EAG, décembre 1996.

    1951

    1951, architecture

    Construction du chalet "le Petit Navire" dans le lotissement des Chenuts, chalet personnel de Denys Pradelle, construit pour le compte de la "Savoisienne de Chambéry" (société HLM privée).

    1951, automne : départ de Pierre de La Gontrie du conseil général

    Pierre de La Gontrie est battu aux élections cantonales, et abandonne le conseil général de la Savoie.

    Nombreuses interrogations sur le "décollage" de Courchevel 1850 ; campagne d'opposition conduite par Arsène Trolliet contre de la Gontrie.

    1951, inspection financière - cour des comptes

    Mission d'inspection de Pierre Dalloz, directeur de l'architecture au MRU, et P. Herbe, conseiller de Dalloz.

    1951, Samivel à Courchevel

    "Totalement séduit par le site, les pentes, les installations actuelles. Connaissant toutes les grandes stations hivernales étrangères, j'estime que Courchevel présente un ensemble de possibilités exceptionnelles... Décor très beau, ensoleillement et enneigement favorables, pistes excellentes, installations mécaniques heureusement disposées, prix plutôt inférieurs à ceux d'autres stations..." (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne. 1995, p. 23).

    1951, architecture : projet de diplôme de Georges Dufâyard : un hôtel de luxe sur le Jardin alpin

    Georges Dufayard, jeune étudiant travaillant à 1' Atelier d'Architecture à Courchevel présente son projet de diplôme, un hôtel de luxe sur le Jardin Alpin, projet d'un immeuble tour dominant la station qui sera repris par la suite par des promoteurs et des concepteurs (projet Berthe-Chappis-Jomain en 1959), alimentant une longue polémique sur l'opportunité d'un immeuble tour pendant près de 15 ans (Georges Dufayard réalisera sa carrière comme architecte, à Gap, réalisant de très nombreuses constructions en montagne et notamment des refuges dans l'Oisans, la station de Merlette, de Praloup, etc.).

    1952

    1952, Maurice Michaud devient ingénieur général et prend la direction des services de la Reconstruction et ceux des ponts et chaussées du département de la Savoie

    Publication du chalet Lang (Pradelle architecte) dans la revue l'Architecture d'Aujourd'hui, n° 44, septembre 1952, p. VI.

    1952, mai : visite de Claudius-Petit

    Mission d'inspection d'Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme (à la suite des visites de Prothin en 1950, et Dalloz en l951.

    1952, 15 août : téléphérique de la Saulire

    Mise en service du téléphérique de la Saulire.

    Caractéristiques techniques :

    réalisation : Neyret-Beylier à Grenoble ;

    vitesse entre 4,5 et 6,0 m/sec ;

    freinage breveté "système Goirand" (ingénieur chez Neyret-Beylier) ;

    12 voyages par heure ;

    30 voyageurs par cabines ;

    360 personnes par heure ;

    dénivellation de la piste 750 m

    (le Ski, 1952).

    Chantier de maçonnerie et travaux publics conduits par l'entreprise Cattelin ; chantier placé sous la direction de Jean Cattelin : Jean Cattelin assurera, dès le premier hiver, la conduite de l'appareil (Entretiens avec Jean Cattelin dans La montagne du XXe siècle - recueil de témoignages oraux - constitution d'un fond d'archives audiovisuelles - entretiens et biographie. Rapport EAG, décembre 1996).

    1952, décembre : remontées mécaniques

    Mise en service de deux nouveaux appareils :

    - télébenne du Praz (système Julliard) ;

    - téléphérique de la Saulire (système Neyret-Beylier)

    (d'après Jean CATTELIN, A. SEATM).

    État du parc des remontées mécaniques :

    COURCHEVEL,

    6 remonte-pentes - 1 télébenne - 1 téléphérique ;

    LES ALLUES,

    3 remonte-pentes - 1 télébenne.

    Description des appareils :

    - TÉLÉSKI COURCHEVEL 1550

    Courchevel 1550/Courchevel 1850 : longueur 1270 m/500 s/h/280 m déniv.

    - TÉLÉSKI DE LA LOZE

    Courchevel 1850/Col de la Loze : longueur 1650 m - 750 s/h - 420 m déniv.

    - TÉLÉSKI DU BIOLLEY

    LE BIOLEY / 2200 M : longueur 1050 m - 520 s/h - 250 m déniv.

    - TÉLÉSKI ECOLE COURCHEVEL 1550

    Courchevel 1550/1580 : longueur 308 m - 120 s/h - 80 m déniv.

    - TÉLÉSKI ECOLE COURCHEVEL 1850

    Courchevel 1850/1950 : longueur 1650 m - 750 s/h - 420 m déniv.

    - TÉLÉSKI DE MORIOND

    Moriond 1600/ Ariondaz 1800 : longueur 1100 m - 400 s/h - 200 m déniv.

    - TÉLÉBENNE DU PRAZ

    Le Praz/ Courchevel 1850 : longueur 1760 m - 300 s/h - 500 m déniv.

    - TÉLÉPHÉRIQUE DES VERDONS

    2050/La Saulire 2700 : longueur 1590 m - 360 s/h - 650 m déniv.

    (le Ski, 1952).

    1952 : domaine skiable

    Jean Cattelin est nommé responsable des secours à Courchevel. II passe la plupart de ses nuits au sommet de la Saulire, pour assurer la mise en service chaque matin

    (Entretiens avec Jean Cattelin dans La montagne du XXe siècle... Rapport EAG, décembre 1996).

    1953

    1953, architecture : Claudius-Petit construit un "mazot" acquis sur les conseils de Chappis.

    1953, architecture : église

    Construction du projet d'église dessiné par Denys Pradelle en collaboration avec Jean Prouvé. Extension en 1955.

    1953, décembre : remontées mécaniques

    Mise en service du télébenne (transformé en télécabine en 1961) d'accès à la gare du téléphérique de la Saulire

    (Jean CATTELIN. A. SEATM).

    1953, 14 décembre : extension de la station, création du lotissement "centre social"

    Approbation du lotissement "Centre Social" (situé entre les Tovets et Bellecote) - 70 Lots :

    CENTRE SOCIAL : parcelles n° 30 à 34 - 38 - 39 - 43 - 43 bis - 92 - 94 - 96 à 99- 123 - 250 à 283 - 230 à 249.

    1953, 14 décembre : extension de la station, création du lotissement Nogentil

    Approbation du lotissement "Nogentil I" : 56 "bandes théoriques" de 10 mètres de large, avec un minimum de 2 bandes par lot, parcelles n° 400 à 456.

    Plan défini par Laurent Chappis ; les gabarits :

    - tous les bâtiments seront à usage d'habitations collectives ou hôtelières ;

    - hauteur de chaque bâtiment est limitée par un plan horizontal situé à 5,5 au-dessus du sol naturel ;

    - orientation conforme au gabarit ;

    - toiture sera à une pente de 8 % environ déversant au nord en matériau gris ou blanc ne réfléchissant pas la lumière.

    (Document du 3 juillet 1958, A. SEATM. Plan au 1 : 1000).

    1954

    1954, 11 février : extension de la station : création du lotissement "les Greniers"

    Approbation du lotissement "Les Greniers" - 36 lots ;

    LES GRENIERS : parcelles n° 350 à 366 - 367 à 386 : "La construction de mon grenier suscite de nombreuses demandes de construction similaires. Je mets donc au point un plan de lotissement spécialement conçu pour ce type d'habitat minimum en conservant tous les arbres, avec une quinzaine de parcelles variant de 160 à 225 m²" (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne, 1995, p. 29).

    1954 : extension de la station, première esquisse pour le Jardin alpin

    Laurent Chappis présente son premier projet pour le Jardin alpin (Ibid., p. 32).

    1954, novembre : domaine skiable, arrivée d'Emile Allais

    Emile Allais appelé comme directeur de la station de Courchevel : arrivée ou (retour) d'Emile ALLAIS "le sorcier des neiges" à Courchevel, après 10 ans d'expériences dans les chaînes montagneuses du continent américain ; désignation d'Emile Allais, de retour des U.S.A., par le conseil général pour s'occuper de tout ce qui concerne le ski à Courchevel (Entretiens avec Jean CATTELIN, dans La montagne du XXe siècle.... Rapport EAG, décembre 1996).

    1955

    1955 : architecture

    Publication par l'Atelier d'Architecture à Courchevel : Contribution à une architecture de montagne, document qui expose le sens et le résultat de sept années d'expérimentations et d'observations, chaque hiver, du comportement des constructions réalisées (Études et informations, cahier mensuel du M.R.L., n° 3, mars 1955, 4e année). Publication de trois réalisations de Courchevel 1850 dans Chalets de montagne. Paris : Massin :

    - chalet Joliot-Curie ;

    - chalet Lang ;

    - chalet Le Petit Navire.

    1955 : hôtel départemental mis en vente

    "Le conseil général envisage de vendre l'hôtel départemental qui, ayant rempli son rôle d'accueil des premiers acquéreurs de terrain, n'a plus de raison d'être géré par lui..." (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne. 1995, p. 34).

    1956

    1956, 18 septembre : architecture - permis de construire

    Réclamations de Laurent Chappis, et amertume :

    "À la suite de la saison de construction de cette année à Courchevel 1850, il m'apparaît qu'il ne me sera plus possible d'assurer mon rôle d'architecte-urbaniste de la station, si des moyens efficaces de travail et de surveillance ne sont pas mis à ma disposition pour l'année 1957... Cette année tous les chantiers sur les parcelles suivantes [suit plus de 25 n° de parcelles] ont débuté sans que les permis de construire ait été préalablement délivrés... Je dois constamment lutter, sans résultat, contre cette manière de procéder. Il s'ensuit que de nombreuses erreurs d'implantation, d'orientation, d'alignement, et surtout d'esthétique sont irrattrapables... Par ailleurs en contravention flagrante avec les clauses du cahier des charges, seule la moitié environ des bâtiments construits ont leur aspect définitif (peintures et bardages terminés). La station au bout de 10 ans a toujours l'aspect d'un chantier, et il m'est très pénible d'être constamment mis en cause en tant que responsable de cet état de choses alors que toutes mes réclamations restent vaines... Mon rôle dans les lotissements actuels devient de plus en plus ingrat, consistant surtout en perpétuels accrochages avec les propriétaires en infraction, à régler les litiges entre voisins, à conseiller les constructeurs réalisant sans architecte (37 bâtiments à Courchevel 1850) ou ne présentant que des esquisses pour éviter les frais d'architectes... Je propose donc que mon rôle consiste surtout en études d'urbanisme des deux vallées des Allues et de Belleville et en études architecturales de composition d'ensembles, alignements etc. à Courchevel 1850... Pour toutes les questions d'implantation, de surveillance des réalisations etc. , il me serait adjoint un agent technique assermenté pouvant faire arrêter immédiatement les constructions non autorisées ou non conformes au permis de construire. Sur place en permanence du 1er mai au 31 décembre, il devrait pouvoir faire lui-même les implantations, relevés d'implantations, nivellement, etc. Sa rémunération serait en grande partie assurée par les redevances des propriétaires tenus d'après le cahier des charges de procéder à la délimitation de leur parcelle à leurs frais et à l'implantation du bâtiment à construire... " (A. SEATM. Lettre de Laurent Chappis).

    - Affaire PACHOD : "...Ce chalet privé transformé en bar restaurant a été construit sans permis de construire sur une parcelle privée enclavée au milieu de la piste de ski de Bellecôte. Ce bâtiment recevant du public n'est accessible qu'avec une piste jeepable coupant la piste de ski et n'est raccordé au réseau d'eau et d'égout. Mme Pachod a choisi Me de La Gontrie comme avocat, trop heureux de marquer ainsi de nouveau sa présence... " (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne. 1995, p. 37).

    1957

    1957, janvier : architecture, atelier d'architecture

    Guy Rey-Millet, architecte, rejoint Denys Pradelle et s'installe à Courchevel 1850 pour travailler à l'Atelier d'Architecture à Courchevel.

    1957, janvier : architecture - chalet C.A.F.

    Inauguration du chalet skieurs du C.A.F., architecte Maurice Curny :

    "La gaieté et l'agrément de cette grande salle éclairée par les larges baies, égayées par les tables et les rideaux aux couleurs vives et variées; les lustres et appliques modernes aux bras multiples accentuant par leurs chapeaux de lampes multicolores l'aspect gai et riant de l'ensemble. Le reste de l'installation : 5 chambres à 2 places en couchettes superposées deux par deux, 4 dortoirs respectivement de 8, 10, 12 et 14 places, soit au total 80 places, outre le logement du gérant et diverses dépendances : chauffage au mazout, eau courante chaude et froide dans toutes les chambres et dortoirs, 4 cabines de douches, etc. L'essentiel des fonds qui avaient permis l'édification de ce chalet provenait de la réalisation d'une partie du domaine immobilier du C.A.F. constitué depuis longtemps par la section lyonnaise en Haute-Maurienne et notamment par la vente du chalet-hôtel de Bonneval-sur-Arc... Que ce nouveau chalet skieurs, le plus beau du C.A.F., remplisse le but que lui ont assigné ceux qui furent ses promoteurs : attirer la jeunesse et lui faciliter l'accès et la connaissance de la montagne" (La Montagne et Alpinisme, avril 1957).

    1957, avril : remontées mécaniques

    Mise en service du téléski de Bellecôte.

    1957, 25 septembre : extension de la station, création du lotissement "Nogentil II"

    Approbation du lotissement "Nogentil II" - 17 lots, parcelles n° 459 à 475 b.

    1957, 25 septembre : extension de la station, création du lotissement "Jardin alpin I"

    Approbation du lotissement "Jardin Alpin" - 31 lots : JARDIN ALPIN I : parcelles n° 500 à 531.

    1957, 14 octobre : extension de la station, création du lotissement de Mr Baude (Bellecôte)

    Approbation du lotissement "Mr Baude".

    1957, septembre : architecture atelier d'architecture

    Denys Pradelle, architecte, s'installe à Chambéry avec sa famille, et quitte Courchevel 1850 comme lieu de résidence et de travail.

    1957 : Maurice Grimaud, préfet de la Savoie

    II suivra attentivement les questions de Courchevel (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne. 1995, p. 40).

    1958

    1958, décembre : remontées mécaniques

    LE PRAZ

    - Télébenne du Praz :

    Le Praz 1275 m - Plantray 1775 m ;

    installation Julliard (cf. Mégève, télébenne du Jallet / cf. Morzine, télébenne de Super-Morzine) ; construction 1951 - débit horaire : 180 personnes/heure - 50 bennes bi-place.

    COURCHEVEL 1550

    - Remonte-pente Les Rois 1470 m - place centrale de Courchevel 1850 - le long du Miolay : installation Pomagalski ;

    construction 1946 - longueur 1075 mètres ;

    1958 : remplacement par un télébenne ;

    - Remonte pente mobile - genre "va partout" :

    construction Abod, 2 rue du Mont - Pontarlier - longueur 130 mètres.

    MORIOND

    - Remonte pente du Plan du Marquis :

    longueur 1486 m - départ 1600 m - arrivée 1867 m (dans la vallée du ruisseau du Grand Pralin) et près des chalets d'alpage du Petit Pralin ;

    Propriété Société de Téléski Anselme-Bois - construction Pomagalski 1945.

    - Téléski de Ste Agathe (prolonge le téléski du Plan du Marquis) :

    Propriété Société de Téléski Anselme-Bois et Cie - auparavant: propriété de la "Société des remonte-pentes et téléphériques de la Tarentaise" 20 rue de la République - St Chazard - Loire ;

    départ 1582 m - arrivée 1762 m - longueur 580 m - construction Pomagalski -construction 1953 ;

    sert en parallèle avec les deux autres remonte-pentes de Moriond, desservant le versant est de la croupe d'Arionda.

    COURCHEVEL 1850

    - Téléski de la Loze :

    construction 1946 - construction Pomagalski - construction pour le compte du département de la Savoie ;

    départ : 1776 m - arrivée : 2200 m à proximité du Col de la Loze - longueur 1420 m ;

    1946 : cabrettes en bois (lors de la construction) ;

    1955 : remplacement par des pylônes métalliques ;

    1955 : le téléski est doublé par un deuxième remonte-pente ;

    dénivellation 428 m - débit : 1400 p/h (les 2 téléskis) - le "plus fort des Alpes" -donne accès aux Allues.

    - Remonte pente du Mont-Blanc :

    construction 1956 - construction Pomagalski - départ : 1685 m - arrivée : 2230 m - longueur : 2036 m

    - Remonte-pente du Biolley (versant oriental) :

    longueur : 973 m - départ : 1665 m près des chalets de Biolley - arrivée : 2145 m - montagne de Pralong

    - permet d'atteindre la gare inférieure du téléphérique de la Saulire - piste assez raide à flanc de montagne - construction 1949 - construction Pomagalski ;

    1956 : prolongement du remonte-pente jusqu'à la crête, après un angle - longueur : 1313 m- dénivellation : 317 m

    - Remonte-pente de Bellecôte :

    construction 1956 - construction Régie départementale - longueur 1412 m - dénivellation 173 m - deux angles - tracé parallèle à celui du Biolley.

    - Remonte pente d'exercice :

    construction 1948 - construction Pomagalski - départ : 1798 m ;

    arrivée : 1851 m - longueur piste 220 m - à proximité du départ du téléski de la Loze.

    - Remonte Pente du Bouc Blanc.

    - Télébenne des Verdons.

    départ 1765 m (centre de la station) - arrivée 2084 m (station inférieure du téléphérique de la Saulire) - suit la vallée du ruisseau des Verdons - longueur 2320 m - construction 1952-1953 - constructeur : Sosatel - exploitant : Société de Télébenne Julliard (succession M. Bernard à Chambéry) - 96 bennes bi-places - débit 360 pers/h - vitesse 2,5 m/sec ;

    fin de concession accordée par le département : 25.12.98 - fonctionne toute l'année.

    - Téléphérique de la Saulire :

    construction 1951-1952 - constructeur : Neyret-Beylier Grenoble - départ : 2039 m - arrivée : 2656 m sommet de la Viselle - longueur : 1700 m.

    1958 - projet avril 1959 : architecture Jardin alpin, projet hôtel-studio

    Projet élaboré par l´Atelier Berthe-Chappis-Jomain : projet d'un "immeuble tour", dans la partie aval du Jardin alpin au-dessus du tremplin (salle de spectacles, piscine, commerces, hôtel, garages, copropriété, patinoire, etc.) ; projet élaboré à la demande d'un promoteur installé à Courchevel :M. Hayer (dit Jeansol). "Il doit dominer la station en créant une "image de marque de prestige", que la plupart des responsables politiques et administratifs souhaitent... Le préfet et moi sommes très réticents sur la justification d'un volume aussi imposant qui attirera plus les regards que les montagnes d'encadrement. Mais personne ne veut se prononcer ouvertement sur le bien fondé d'une telle réalisation, car sans document graphique, il est difficile de se faire une opinion. ; Michaud souhaite que je fasse cette étude pour la soumettre au plus haut niveau de décision afin d'éviter une polémique. En fait cette étude remaniée sur plusieurs années, déclenchera un tolet d'avis opposés et marquera pour moi la fin de mes études à Courchevel... Je conçois un socle couvert en voûte servant de piste de ski pour enfants et une tour de 15 étages, partie hôtel, partie copropriété (Laurent CHAPPIS. Evolution des idées dans l'aménagement de la montagne. 1995, p. 42).

    1958, architecture urbanisme, affaire Benoist

    Chappis, dénoncé de façon calomnieuse auprès du préfet, par un hôtelier qui a construit sans permis de construire (Ibid., p. 42 et43).

    1958, architecture, chalet Altitude 1850, école communale

    Construction du chalet "Altitude 1850" dans le lotissement de Nogentil I, chalet de M Morillon, construit par Philippe Quinquet et Guy Rey-Millet, publié dans Maisons françaises, n° 134, février 1960).

    Construction de l'école communale dans le lotissement du Centre Social; projet élaboré par AAM, et Henry Mouette dans le cadre de son diplôme, puis construit dans le cadre d'AAM (1959-1960).

    IV - COURCHEVEL 1850

    DE LA STATION PIONNIÈRE À LA STATION COMMERCIALE - DENSIFICATION DES ÉQUIPEMENTS MÉCANIQUES 1959 - 1971

    1959

    1959, janvier : capacité de Courchevel 1850

    population permanente : 148 personnes ;

    population saisonnière ; 230 personnes ;

    lits touristiques : 3280 ;

    1430 lits disponibles en chalets ;

    750 lits disponibles en studios collectifs ;

    1050 lits disponibles en hôtels.

    1959, 27 juin : architecture, remodélation Tovets - Bellecôte

    Élaboration d'un projet de remodélation des quartiers des Tovets et de Bellelcôte, dans les zones commerciales :

    "Pour palier aux inconvénients des chutes de neige sur la voirie, j'avais envisagé une remodélation des parcelles situées dans le centre commercial de la zone de Bellecôte, en alignement continu... Le dégagement des vues restera sensiblement identique puisque la rive d'égout de toiture en façade sud reste inchangée, seule la rive en façade nord est relevée pour obtenir un toit à deux pentes inversées vers l'intérieur" (courrier de Laurent CHAPPIS au préfet de Savoie - 27.06.59).

    "Cette remodélation consiste essentiellement en une reprise des toitures en deux pentes inversées (toiture identique à celle de l'Hôtel du Rond Point des Pistes) évitant les chutes de neige sur la route au nord et la place au sud.. Cette remodélation vous permettrait d'obtenir un volume utilisable supplémentaire en façade nord, compte tenu que les rives d'égout seraient alignées sur celles existantes en façade sud" (courrier de Laurent CHAPPIS aux propriétaires - 25.05.59).

    Plan de lotissement de 1946, parcelles dans "zone commerciale des Tovets" ; prescriptions sur les toitures du règlement de lotissement :

    "Les constructions couvriront obligatoirement la totalité des lots et seront élevées en ordre continu. Elles comporteront des toitures à deux pans avec faîtières parallèles à la façade, la pente du toit devant être fixée entre 27° et 33° et la couverture obligatoirement en lauzes du pays ou en ardoises. Les combles ne seront pas habitables" (Evolution de la pensée architecturale et constructive).

    1959, 6 juillet : architecture - urbanisme

    Accord de Henry Jacques Le Même, architecte en chef du département de la Savoie, pour établir "un rapport d'expertise relative à l'application du plan d'aménagement de la station de Courchevel 1850", sollicité par Maurice Michaud :

    "J'avais aussitôt donné mon accord de principe à mon confrère Laurent Chappis, auteur du dit plan d'aménagement, et je pense donc qu'il vous a fait part de celui-ci..." (A. SEATM.. Lettre de Henry Jacques Le Même à Maurice Michaud).

    1959, août : architecture, chalet du préfet Grimaud

    Le préfet Grimaud, construit son chalet à Nogentil II, parcelle 467 du lotissement ; projet élaboré par l´atelier Berthe-Chappis-Jomain.

    1959, septembre : Georges Pialat remplace Laurent Chappis

    Nomination de Georges Pialat, inspecteur de l'urbanisme au Ministère de la Construction, par Maurice Michaud, pour "assurer provisoirement le rôle de conseil du département pour la station de Courchevel 1850", en remplacement de Laurent Chappis, démissionnaire.

    - "contrôle des nouveaux Permis de Construire, tant sur les questions d'aspect, de technique, que sur la question de la conformité avec le cahier des charges et des plans qui régissent les récents lotissements de la station" ;

    - "recherche d'une solution raisonnable tendant à régulariser la situation des premières opérations (Bellecôte, Planteret, zone des commerces entre l'arrivée, la Croisette et le bas de Planteret) dont la situation administrative est anormale et laisse la porte ouverte à toutes contestations" (A. privées SEATM. Lettre de Georges Pialat à Maurice Michaud).

    1959, 16 septembre : architecture infraction permis de construire

    Surélévation clandestine d'une construction hôtelière :

    "M. Fournier, hôtelier à Courchevel a pendant la journée du mercredi 16 septembre, élevé sa toiture d'au moins 60 cm. Manoeuvre camouflée, avec 4 crics, et aussitôt l'opération terminée, colmatage avec des planches, ce qui me fait penser que cela ne correspond pas à un permis de construire. Je vous en avise. Le ridicule serait que nous ne nous en apercevions pas..." (Ibid.. Note interne de Maurice MICHAUD à Messieurs PIALAT et REGOTTAZ).

    1959 : architecture, projet de l'agence

    Projet élaboré par 1' A.A.C d'une agence et deux studios (en face de l'église).

    1959 : Pierre de La Gontrie élu maire de Saint-Bon

    Pierre de La Gontrie est élu maire de la commune de Saint-Bon, et le restera jusqu'en 1968.

    Gestion "conflictuelle" pendant dix ans, entre d'un coté la commune et de l'autre le conseil général et les services de l'État (Maurice Michaud) : "quand de La Gontrie a perdu la présidence du conseil général, parce qu'on lui a reproché l'opération de Courchevel, il a été très amer. Quand il est devenu maire de Courchevel, entre le département et la commune de Courchevel, ça a été la guerre. Et tout le développement de Moriond est dû à la réponse de la commune à la toute puissance du département de Courchevel. Parce que là le maire se sentait libre, parce qu'il était sur un terrain qui n'avait pas été concédé..." (Gilles LEPRETRE. Denys Pradelle. L'épopée de Courchevel 1946-1996. La Fontaine de Siloë, 1996, p. 218).

    1959 - novembre : démission de Laurent Chappis

    Laurent Chappis démissionne de ses responsabilités d'architecte et d'urbaniste conseil de la Commune de Saint-Bon.

    1959, hiver - 1960 : domaine skiable - damage mécanique

    Premiers essais de damage mécanique de la neige : SNOW-CAT (Entretiens avec Jean CATTELIN - dans La montagne du XXe siècle... Rapport EAG, décembre 1996).

    1960

    1960 - hiver 1960-1961 : domaine skiable - damage mécanique

    Achat du premier véhicule chenille :

    "Jusqu'à présent, l'entretien et le damage des pistes de ski est effectué à l'aide de rouleaux qui sont tirés par des secouristes. Cet entretien et ce damage ne sont possibles que sur des pentes raides, à proximité des remontées mécaniques, et demandent beaucoup de temps si l'on veut ouvrir une piste large à chaque chute de neige. Dès maintenant, il est très difficile de damer la piste de Bellecôte dont la pente est faible. Par ailleurs, il est absolument impossible de damer la piste des Verdons à la station. Or dans ce cas particulier, la modernisation du télécabine des Verdons va justement permettre d'utiliser cette piste. Il était donc impossible de pouvoir la damer. C'est pourquoi Emile Allais nous a demandé d'envisager l'acquisition d'un véhicule chenille qui puisse monter sur la neige et tirer des rouleaux de damage et divers engins permettant l'entretien des pistes. D'autre part un tel véhicule permettrait d'effectuer beaucoup plus rapidement en hiver les réparations des remontées mécaniques; on se demande, en effet par exemple, combien de jours il faudrait avec les moyens actuels pour remplacer les pylônes d'un téléski qui auraient pu être arrachés au cours d'un incident d'exploitation. Après avoir étudié les matériels existants sur le marché, et assisté à des démonstrations, notre choix s'est porté sur le snow-cat, engin qui a participé à plusieurs expéditions polaires. Nous signalons également que différentes stations importantes (l'Alpe d'Huez, Megève, Chamrousse, Val d'Isère) ont acheté ou ont l'intention d'acheter de tels véhicules pour les mêmes besoins" (A. SEATM. Rapport de Maurice Pialat. Programme d'achèvement de la station de Courchevel 1850. Programme de remontées mécaniques, p. 4 et 5).

    1961

    1961, 15 mars : plan d'urbanisme directeur -approbation par la commune

    -article 11H

    "Secteurs soumis à plan d'urbanisme de détail dit "plan masse :

    - Jardin Alpin ;

    - Bas Plantret ;

    - Plantret inférieur ;

    - Bellecôte ;

    - Nogentil 1 ;

    - Nogentil 2.

    -article 17H

    "les couvertures à faible pente à un pan, ou deux pans en cuvettes sont seules autorisées ; dans aucun cas les couvertures ne devront déverser la neige sur la voie publique ou sur les fonds voisins » (A. SEATM).

    1961, juin : architecture, presbytère

    Construction du presbytère; projet élaboré par i' Atelier d'Architecture à Courchevel (Denys Pradelle architecte) La construction comporte deux niveaux :

    - chambres au rez-de-chaussée ;

    - salle commune à l'étage éclairée par deux très grandes baies ;

    - toiture mono-pente.

    1961 : création de l'altiport

    Sous l'initiative de Michel Ziegler, on construit un altiport au-dessus de la station de Courchevel 1850.

    Michel Ziegler fonde la Compagnie AIR-ALPES (Gilles LEPRETRE. L'épopée de Courchevel 1946-1996. 1996, p. 192).

    1961, 26 août : extension de la station, Jardin alpin 2ème tranche, débat entre dispersion et concentration des constructions

    Projet de plan de composition dressé par l'Équipement de la Savoie : plan esquisse de parti ; 1 ère tranche du Jardin Alpin autorisée en septembre 1957.

    Rapport de Georges Pialat, urbaniste, comparant les deux partis, sur un programme unique (600 lits nouveaux dont un tiers en capacité hôtelière de 3 étoiles et le reste en studios et appartements) :

    a) de nombreuses constructions de faible volume ;

    b) un très petit nombre de constructions de grand volume.

    Parti a) : grand nombre de constructions de faible volume demande, pour réaliser le programme de 600 lits imposé, l'implantation d'au moins 10 volumes comparables à celui des 3 étoiles réalisés dans la 1ère tranche...pour 10 constructions ; la surface au sol serait donc de 75 000 m², en y ajoutant la surface des accès on peut penser que ce sont 12 000 m² de nature qui disparaissent... Si la réalisation de la 2e tranche du lotissement départemental doit se faire sous cette forme nous devrons débaptiser le site qui n'aura plus aucune raison d'être dénommé Jardin Alpin...

    Parti b) : celui qui comprendrait trois blocs importants permettant à eux seuls de réaliser le programme de 600 lits ; s'il a l'inconvénient de créer un nouveau paysage auquel nous ne sommes pas préparés et dont on peut toujours se demander s'il sera valable, a pour avantage de réduire considérablement les surfaces occupées au sol et celles des dégagements nécessaires.. .on peut penser que 3500 à 4000 m2 seulement de verdure seront détruits par les implantations, c'est à dire 4 fois moins que dans la première solution... L'occupation du sol par une telle réalisation doit être de l'ordre de 800 à 1000 m² et avec ses accès ne pas dépasser 1500 m², soit pour les trois blocs représentants 240 x 3 = 720 personnes, une surface totale de 3500 m² de terrain. L'ensemble verdure Jardin Alpin serait ainsi moins massacré. À noter que l'étude es rapports de masse, relativement facile sur maquette, montre que la Tour, prévue à 18 étages sur le gabarit de vente, demande à être surélevée d'au moins 4 niveaux pour affirmer le geste qu'elle entend représenter" (A. S.E.A.T.M.).

    1962

    1962, 17 juillet : extension de la station, création du lotissement de M. Fath

    1963

    1963, 25 mars : plan d'urbanisme directeur -approbation définitive

    Approbation du plan de secteur de Courchevel 1850.

    1963, mai - juillet : plan d'urbanisme directeur -projet de modification

    Demande de modification du P.U.D. (extension du périmètre constructible sur des terrains restés propriété de la Commune de Saint-Bon) par la Commune de Saint-Bon en vu de la réalisation d'un "ensemble immobilier de qualité" par la société SEQUIFRANCE dans le quartier de Nogentil II.

    Opposition de l'Équipement et du Ministère de la Construction (saturation de la station, remontées mécaniques et voiries ...la question du déséquilibre entre la capacité d'hébergement et le domaine skiable" (Courriers, Association de propriétaires riverains s'opposant au projet de la commune demandant la modification du P.U.D).

    Début des interrogations sur le devenir du parc des remontées de mécaniques (A. SEATM).

    1963, juin : architecture : Jardin alpin ; nouveau projet hôtel-studio

    Projet élaboré par l´atelier Berthe-Chappis-Jomain (avril 1959) avec projet de l'entreprise Bègue ; projet d'un "immeuble tour" (vingtaine d'étages), dans la partie aval du Jardin Alpin au-dessus du tremplin (salle de spectacles, piscine, commerces, hôtel, garages, copropriété, etc. ), associé à un immeuble barre (hôtel, réception etc.).

    1964

    1964 : domaine skiable - départ d'Emile Allais

    Emile Allais quitte la station de Courchevel 1850 pour rejoindre la nouvelle station de La Plagne ; Jean Cattelin prend sa succession pour diriger la station de Courchevel (Entretiens avec Jean CATTELIN - dans La montagne du XXe siècle. Rapport EAG , décembre 1996.

    1964, 10 août : Maurice Michaud, directeur de la CIAM

    Arrêté créant la C.I.A.M. : Commission Interministérielle de 1' Aménagement de la Montagne ; Maurice Michaud est nommé directeur.

    1965

    1965, 5 février : architecture, Jardin alpin, nouveau projet hôtel-studio

    Projet élaboré par l´atelier Berthe-Chappis-Jomain : projet d'un "immeuble tour", dans la partie aval du Jardin Alpin au-dessus du tremplin, de dimension réduite, à la suite des refus précédents (salle de spectacles, piscine, commerces, hôtel, garages, copropriété, etc. 67 000 m²).

    1966

    1966 : architecture, transformation du Club House (opération Fath)

    Roger Toussaint achète le "club house" de 1´ « hôtel Fath » et entreprend de le rénover par un travail sur l'architecture reposant sur la dissimulation de l'architecture existante (grandes baies, toitures inversées etc. principes de l'École de Courchevel) par une nouvelle architecture : surélévation avec construction d'une toiture à deux versants, etc.

    1967

    1967, 21 février : urbanisation

    Rapport de la CIAM sur la capacité d'accueil : "La C.I.A.M. s'est penchée sur Courchevel, spécialement sur le danger de surpopulation dans les stations satellites de Moriond, Courchevel 1550, et le Praz..." (A. SEATM).

    1967, 30 avril : urbanisation

    Rapport de la CIAM sur la capacité d'accueil :

    Capacité nominale : "capacité théorique, issue de l'analyse de bâtiments sur plan, ou sur place, en leur attribuant le nombre de lits qu'il est raisonnable d'y trouver, pour un confort moyen, fonction de la classe des dits immeubles... Notion de capacité nominale, ramenée au nombre de m²/hors oeuvre planchers cumulés nécessaires à un lit, qui nous sert aux études globales sur les stations nouvelles".

    Capacité installée : "capacité pratique issue

    - en ce qui concerne les hôtels, des déclarations des syndicats d'hôteliers ;

    - en ce qui concerne les immeubles mis en location, des déclarations des agences de location ;

    - pour les appartements et chalets, par sondage direct (à Courchevel 1850, ce sondage a porté sur plus de 50 % de la capacité de cette nature)".

    Lits existants "nominaux" : 6 400 lits, "installés" : 7 500 lits.

    Lits existants + lits non construits mais accordés administrative ment : "si les périmètres constructibles tels que portés au Plan d'Urbanisme Directeur de Saint-Bon étaient colmatés par une utilisation maximale (après remembrement), en l'absence de plans de détails prévus, mais inexistants, les capacités pourraient passer à "installés" (extrapolation) : 8 700 lits.

    Rappel : 1959 - 3280 lits touristiques (A. SEATM).

    1967, remontées mécaniques

    Le conseil général vote une demande d'emprunt de 6 millions de francs pour la construction de nouvelles remontées mécaniques. La réalisation de ce programme est subordonnée à une limitation de l'urbanisation sur l'ensemble de la commune de Saint-Bon.

    1968

    1968, avril : débat conseil général de Savoie/commune de Saint-Bon -désengagement du conseil général pour l'urbanisme -rénovation des remontées mécaniques

    Rapport de Jean Cattelin sur le domaine skiable, destiné au conseil général, à propos d'un programme de travaux nécessaires pour le domaine skiable, recherche d'un équilibre entre capacité d'accueil et débit des remontées mécaniques.

    Déséquilibre Courchevel 1850 - autres sites

    "Grâce à la qualité de son site et de ses pistes, Courchevel est en tête des stations européennes de sports d'hiver. Hélas le département n'a pu contrôler les constructions d'immeubles en dehors de la station proprement dite (Moriond, Courchevel 1500, Le Praz etc.). Les lits ainsi créés ont pris un caractère de "parasites". Ils pèsent sur l'encombrement des remontées mécaniques et des parkings de 1850... Le département décide d'interdire toute nouvelle construction de remontée mécanique, pour essayer de paralyser l'expansion parasitaire".

    Remontées mécaniques.

    Justificatif pour investissement dans de

    - nouvelles remontées mécaniques : programme précis ;

    - travaux de pistes ;

    - engins de damage, etc.

    Programme de construction pour réaliser :

    - 20 nouvelles remontées mécaniques, alors qu'il n'y en a que 14 en exploitation par le Département, "Il est de mon devoir de vous informer qu'on observe un mécontentement croissant dans la clientèle de Courchevel 1850...et les causes sont à mon sens, au nombre de deux :

    - insuffisance des parkings ;

    - attente exagérée aux remontées mécaniques.

    Les pistes

    "Depuis la venue d'Emile Allais et grâce à ses idées que nous appliquons au mieux, Courchevel doit sa réputation à la qualité d'entretien de ses pistes. Grâce à l'aide et à la compréhension du Conseil Général de la Savoie, chaque année notre effort va croissant et nous offrons toujours plus en qualité et en superficie "les services de pistes de notre station ont acquis une maîtrise et une renommée telles que de nombreux responsables de stations nationales ou étrangères viennent à nous pour se documenter. Sans forfanterie et pour tenir compte de la réflexion de la plupart de nos clients, nous sommes de loin la station la plus efficace en cette matière... " (A. SEATM. Note dactylographiée, p. 8).

    1968, 8 mai : débat conseil général de Savoie/commune de Saint-Bon -désengagement du conseil général pour l'urbanisme -rénovation des remontées mécaniques

    Accord du CIAT montagne.

    Mise au point d'un programme décennal d'équipement :

    Remontées mécaniques.

    le programme de 6 millions de francs pour de nouvelles remontées mécaniques ; construction de :

    - télécabine sur la Vizelle ;

    - transformation du télécabine des Verdons ;

    - quelques téléskis complémentaires.

    Urbanisation.

    - Refondre le P.U.D. et déterminer pour chacune des agglomérations qui constituent la station de Courchevel la capacité en lits touristiques et en lits d'hôtels ;

    - fixer la capacité maximum de Courchevel 1850 à 8000 lits (actuellement : 2600 lits hôteliers, il faudrait ajouter 700 lits nouveaux) (Ibid.. Mise au point d'un programme décennal d'équipement).

    1968 : architecture, immeuble le Pralong

    Construction de l'immeuble "le Pralong" dans le lotissement de Nogentil I, pour le compte du promoteur chambérien Michaud, Guy Rey-Millet AAM, projet annonçant les constructions des Arcs 1600.

    1968, décembre : urbanisme architecture, immeubles de standing

    L'office de tourisme de Courchevel réclame : "il est absolument indispensable que la station puisse offrir à la clientèle riche des chalets de grand standing. Que ce soit la commune ou un particulier qui se charge de cette construction, il est urgent qu'elle soit faite. M. Ziegler propose de prendre contact avec M. Floirat, disposé à investir des capitaux importants dans un tel projet... Une commission est nommée qui étudiera l'emplacement, le nombre de chalets et tout ce qui doit se trouver dans l'entourage immédiat pour en faire une résidence de grand luxe... Il est convenu que Monsieur Toussaint attend les membres libres pour voir les terrains...".

    1969

    1969, 12 janvier : débat conseil général de Savoie/commune de Saint-Bon - désengagement du conseil général pour l'urbanisme

    Point de vue de Joseph Fontanet, président du conseil général de la Savoie (de 1964 à 1976) :

    ".. dans une station qui connaît le succès, la tentation est grande de multiplier les constructions au-delà du raisonnable. Pour prévenir cela, le Conseil Général, créateur de Courchevel, avait constitué en 1945 une vaste réserve foncière en acquérant tous les terrains communaux au-dessus de 3800 mètres. La réussite de Courchevel devait bousculer cet objectif. Jugées à l'origine trop vastes par beaucoup, les zones constructibles prévues dans le domaine départemental étaient rapidement saturées. Dès lors, à une cadence accélérée, des constructions nouvelles commençaient à s'édifier sur les zones de la commune restées en dehors du domaine. Malheureusement ces constructions autorisées par la Municipalité du moment contre l'avis du Conseil Général et des techniciens qualifiés échappaient à la sévère discipline que le département, sacrifiant notamment les profits financiers qu'il lui aurait été facile de réaliser, s'était imposé sur son propre domaine, en y limitant les ventes de terrains. Non seulement il arrive que ces constructions nouvelles soient inesthétiques, non seulement elles ont parfois été réalisées sans marge de recul suffisante, mais surtout elles ont foisonné en dehors de toute règle d'harmonisation avec la capacité des terrains skiables correspondants. Les hébergements déjà construits dans la commune dépassent ainsi le double de l'objectif initial. Le Conseil Général plaça donc la commune devant ses responsabilités en lui faisant savoir qu'aucune remontée mécanique nouvelle ne serait construite tant que ne serait pas adopté un plan d'urbanisme fixant une limite à la capacité d'hébergement total à réaliser dans ces différentes zones... " (Le Monde, 12 Janvier 1969).

    1969, 15 mars : débat conseil général de Savoie/commune de Saint-Bon - désengagement du conseil général pour l'urbanisme

    La commune de Saint-Bon prend en charge la viabilité et les réseaux des lotissements départementaux (délibération du conseil municipal de Saint-Bon).

    1969, 17 mars : débat conseil général de Savoie/commune de Saint-Bon - désengagement du conseil général pour l'urbanisme

    Cession à la commune de Saint-Bon des terrains appartenant au conseil général ; poursuite de l'exploitation du domaine skiable et des remontées mécaniques par le conseil général.

    Délibération du conseil général de la Savoie :

    - il accepte de poursuivre l'exploitation du domaine skiable et de réaliser un programme triennal de construction de remontées mécaniques ;

    - cession, à la commune de Saint-Bon, de l'ensemble des terrains situés dans les périmètres lotis, à l'exception de quelques parcelles demeurant propriétés du département (A. SEATM. Plan annexé).

    Remontées mécaniques

    Mise en service du télécabine de la Vizelle.

    1970

    1970, 5 mars : Maurice Michaud nommé directeur du SEATM

    Arrêté créant le S.E.A.T.M., en remplacement de la C.I.A.M. (Commission interministérielle de l'Aménagment de la Montagne) ; Maurice Michaud est nommé directeur.

    1970, 10 octobre : extension de la station, création du lotissement de Pralong

    Approbation du lotissement "Pralong" - 8 lots.

    1971

    1971, mai : convention commune de Saint-Bon/conseil général de la Savoie (urbanisme et remontées mécaniques)

    Le conseil général transfère à la commune les lotissements de Courchevel 1850 et l'exploitation des réseaux ; le département conserve l'exploitation des remontées mécaniques.

    Établissement d'une convention entre le conseil général de la Savoie et la commune de Saint-Bon : convention de subrogation de la commune de Saint-Bon au département de la Savoie dans toutes les responsabilités de celui-ci à l'égard des propriétaires des parcelles loties.

    remontées mécaniques

    Mise en service du télécabine des Verdons.

    architecture : la Croisette

    Construction d'un ensemble regroupant de multiples services de la station ; le projet fut conçu une fois les trois télécabines construites ; il tente d'unifier l'ensemble.

    Programmation de la Croisette : centre d'animation regroupant l'essentiel des services ainsi que les trois gares des télécabines déjà implantées au lieu-dit la Croisette.

    Bâtiment de béton et de verre formant un véritable trait d'union dans la station : 8000 m2 de planchers clos et couverts, 3000 m2 de terrasses accessibles au public, trois gares de télécabines, regroupant les services publics chargés des remontées mécaniques et des pistes, l'école de ski, la direction technique de la station, la gare routière, l'office de tourisme, les PTT, 3 banques, une piscine, une salle polyvalente.

    Maître d'ouvrage : département de la Savoie ; maître d'oeuvre : Atelier d'Architecture en Montagne ; Jean Toulouse et J.-G. Oth architectes, collaborateurs ; Véra Székély, collaboration artistique (Architecture française, n° 389, février 1975).

    1971, décembre : Maurice Michaud prend sa retraite

    Maurice Michaud quitte la direction du S.E.A.T.M. à l'âge de 66 ans.

    V COURCHEVEL 1850

    STATION INTERNATIONALE - RESTAURATION - DENSIFICATION -1971 - 1996

    1975

    Architecture : Facim, Jardin alpin

    Réalisation du centre culturel de la FACIM.

    Collectif d'architecture : Jean-Jacques Orzoni, assisté de J.-P. Saillant (Orzoni fait parti du groupe d'architectes d'Avoriaz).

    "la FACIM est née de la fréquentation internationale de Courchevel, et du désir d'y créer un centre d'échanges culturels. Il est essentiellement composé d'une grande salle destinée aux congrès et concerts pouvant recevoir 500 personnes, et de 5 salles de 20 à 60 places avec les locaux techniques et administratifs nécessaires. Un bâtiment regroupant bar, restaurant et boutiques lui est adjoint, ainsi qu'un ensemble para-hôtelier de 110 chambres ; situé dans un site exceptionnel en bordure du Jardin Alpin, le centre est traité dans le style d'Avoriaz avec des volumes à la fois imbriqués les uns dans les autres et partiellement décrochés; l'ensemble est construit en béton armé recouvert de planches en bois" (Bernard MARREY. Guide Rhône-Alpes).

    1983

    Plan d'occupation des sols de la commune de Saint-Bon

    Le P.O.S. s'engage dans l'encouragement à la rénovation ou la restauration de Courchevel 1850 :

    "une grande partie de la station s'est faite en pleine période où l'architecture de montagne ne rêvait que de toits à un pan. Il est envisagé de favoriser certaines restaurations susceptibles de créer quelques m2 nouveaux en échange d'un style architectural mieux adapté à l'environnement" (Rapport de présentation du P. O.S. de Saint-Bon Courchevel, p. 5).

    Article UB 15 "des dépassements du C.O.S. fixés à l´article UB14 pourront être admis pour les aménagements d'hôtels existants et pour les bâtiments publics ou pour la reconstruction ou réhabilitation de bâtiments existants dans la limite de la densité existante à la date de publication du P.O.S. Ce dépassement pourra être autorisé dans la limite de 10% de la surface hors oeuvre nette existant à la date de publication du P.O.S." (Ibid., p. 16).

    Commentaire de Michel Ziegler, maire de Saint-Bon Courchevel (propos tenus en 1996) :

    "aux particuliers, nous avons dit : "vous avez un toit à un pan, vous faites faire un toit à double pente, et les mètres carrés que vous aurez en dessous, vous les gagnez". Et aux hôteliers nous avons dit en plus : "il y a une taxe spéciale pour le dépassement du PLD. Cette taxe, vous ne la payerez pas, car c'est la commune qui la fixe, et on la fixe à zéro." On a donc donné une incitation fiscale pour qu'ils modernisent leurs hôtels. Et c'est comme ça qu'on a lancé ce mouvement qui a permis de rénover l'aspect extérieur de Courchevel, qui a plu à la clientèle et nous a valu beaucoup de compliments, et la critique de quelques architectes..." (Gilles LEPRETRE. L'épopée de Courchevel 1946-1996. La Fontaine de Siloë, 1996, p. 232).

    J.-F. LYON-CAEN

  • Rapport de présentation du P.O.S. de Saint-Bon Courchevel, mise à jour le 3 février 1982, p. 64 (AP S.E.A.T.M.).

    Extraits du cahier des charges :

    "Fixer les droits, charges et obligations des acquéreurs de terrain dans le lotissement des terrains appartenant au Département de la Savoie, commune de Saint-Bon, lieux-dits les Tovets, Planteret, Bellecôte et autres, destinées à l'édification d'une station de sports d'hiver et de tourisme d'été, en application du projet d'aménagement des Trois Vallées.

    - article 3 : obligation de construire dans un délai de deux ans maximum "à défaut par l'acquéreur d'avoir terminé comme il est dit la dite construction, dans un délai prescrit, la présente vente sera révolue de plein droit, s'il plait au vendeur, sans aucune mise en demeure et sans aucune formalité administrative ou judiciaire" (p. 1 bis) ;

    - article 6 : rôle de l'architecte en chef :

    "l'acquéreur devra obligatoirement, avant tout commencement d'exécution et demande de permis de construire, soumettre au département ou son délégataire, les plans de ses constructions et aménagements et obtenir son approbation. À cet effet les urbanistes chargés de l'établissement du projet d'aménagement de la station ont reçu du département mission d'exercer pour la réalisation du projet le rôle d'architecte en chef. Ils étudieront à cet effet les ensembles architecturaux constitués par les plans, carrefours, et alignements construits en ordre continu et veilleront à ce que tous les projets de construction d'immeuble s'intègre de façon satisfaisante dans l'architecture générale de la station » ;

    - article 10 : Prescriptions particulières à chaque lot (architecture construction) :

    "Les programmes de construction et d'exploitation ci-dessous énoncés ont été arrêtés en vue de réaliser une station de sports d'hiver de classe internationale et de tourisme d'été, non seulement par l'importance et la qualité de l'équipement sportif fixé par le département de la Savoie dans le projet d'aménagement mais également par la réalisation d'un ensemble architectural adapté au site et au climat... Les couvertures seront réalisées, à l'exclusion de tous autres matériaux, en lauzes ou en ardoises et seront construites de façon à retenir la neige soit par la nature des matériaux employés soit par tous moyens généralement utilisés à cet effet... Les toitures ne présenteront qu'un ou deux longs pans simples, à l'exclusion de toutes lucarnes, noues, pénétrations etc... tous ces éléments ne manqueraient pas, en effet de nuire au but recherché de résidence agglomérée de haute montagne qui doit se traduire sans exception par des volumes simples et robustes offrant le moins possible de prises aux rigueurs du climat » ;

    - article 11 : ZONE COMMERCIALE DES TOVETS

    "la zone commerciale des Tovets est par excellence la zone d'accueil de la station...elle comprend essentiellement la gare routière avec un relai-traineaux, les services généraux de la direction de la station et des constructions commerciales, soit à l'alignement sur rue, soit à la fois à l'alignement sur rue et sur les pistes, soit sous passages couverts pour piétons... Les constructions couvriront obligatoirement la totalité des lots et seront élevées en ordre continu. Elles comporteront des toitures à deux pans avec faîtières parallèles à la façade, la pente du toit devant être fixée entre 27° et 33° et la couverture obligatoirement en lauzes du pays ou en ardoises. Les combles ne seront pas habitables... Les parcelles numérotées au plan devant être construites sur la totalité de la surface ont été en principe découpées suivant un module de 5 m x 10 m qui constitue le lot minimum de cette zone avec installation d'une boutique sur toute la longueur de la façade" ;

    - article 12 : ZONE MIXTE COMMERCIALE ET RESIDENTIELLE DE PLANTERET

    "la zone de Planteret a été créée avec un caractère mixte (commercial et résidentiel) afin de constituer sans opposition nette une transition entre la partie essentiellement commerciale à proximité de la gare du téléphérique et des pistes et la partie résidentielle. La première comprend d'une part des commerces intéressant plus particulièrement le centre de sports et, d'autre part, des commerces d'alimentation en rapport avec la zone de résidence voisine. La seconde comprend à la fois des résidences collectives (hôtels, club-houses, centres de résidence d'association sportive, pensions) et des résidences particulières (chalets)... Pour les constructions à élever en ordre continu, la toiture comprendra deux pans avec une faîtière parallèle à la façade. La pente du toit sera comprise entre 27° et 33 °. les combles ne seront pas habitables... Pour les autres constructions de cette zone, les toitures comprendront un ou deux pans dont la pente sera comprise entre 27° et 45 °; cette pente pourra atteindre le minimum de 17 ° dans le cas d'une couverture à un seul pan" ;

    - article 13 : ZONE RESIDENTIELLE DE BELLECOTE

    "La zone résidentielle de Bellecôte est exclusivement réservée à la résidence; les constructions seront élevées en ordre discontinu soit résidentielles familiales (chalets individuels) soit résidentielles collectives (pensions de famille , clubs houses, hôtels)... La largeur de la façade sera au plus égale à la moitié de la largeur moyenne du lot... Dans toute cette zone, les toitures comprendront un ou deux pans dont la pente sera comprise entre 27° et 45 °; cette pente pourra atteindre le minimum de 17° dans le cas d'une couverture à un seul pan" ;

    - SERVITUDES SPECIALES pour chacun des lots des trois zones

    Précisions d'implantation, de gabarit etc ...

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Savoie. 6J 366. Entrée de la station de Courchevel, commune de Saint-Bon (1961-1962)

Documents figurés
  • 16. Les Tovets. Centre d'habitation. Zones. Plan. [1942]. Légende (AD Savoie. 30J boîte 1)

  • Plan d'aménagement. Projet. Dessin / Laurent Chappis, mars 1946 (AP AAM)

  • Les Tovets. Plan d'aménagement. Projet / Laurent Chappis, mai 1946. Calque, encre. 45,5 x 31,2. 1 : 5000 (AD Savoie. 30J classeur 1)

  • Les Trois Vallées. Savoie. Vallée de Saint-Bon. Station des Tovets. Bellecôte 117. Projet d'ensemble. Laurent Chappis, Denys Pradelle, 28 novembre 1946. Plan de situation ; plan masse ; élévation. Ech. 1 : 1000 (AD Savoie. 30J classeur 1)

  • Schéma d'aménagement de la station des Tovets, dessiné sur le terrain par [Laurent Chappis, avril 1946]. Calque, encre. 43 x 42 cm. 1 : 5000 (AD Savoie. 30J classeur 1)

  • Station départementale de ski. Plan d'ensemble. [Laurent Chappis], 6 novembre 1946. Tirage ozalyd, encre, aq. 87 x 114 cm. 1 : 1000 (AD Savoie. 30J classeur 1)

  • Chalet départemental. Hôtel des Trois Vallées. Dessin par Laurent Chappis, 1946. Aq., fusain (AD Savoie. 30J classeur 1)

  • Les Trois Vallées. Tarentaise. Savoie. Courchevel 1850. Plan d'aménagement. [Laurent Chappis], Chambéry, juin 1948. Ech. 1 : 2000 (AD Savoie. 6J 6)

  • Bellecôte. Projet d'implantation des parcelles. Laurent Chappis, 5 janvier 1953 (AP AAM)

  • Plan d'ensemble de la station. Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanime, 1955. Ech. 1 : 5000

  • Courchevel 1850. Plan d'ensemble. Laurent Chappis urbaniste, Chambéry, 31 mai 1955, rectifié décembre 1956. Tirage ozalyd. A0. Ech. 1 : 5000 (AD Savoie. 6J 6)

  • Courchevel 1800. Centre commercial de Plantrey et Hôtel Marraux. [Laurent Chappis], s.d. Calque, gouache. 21 x 30 cm (AD Savoie. 6J 6)

  • Courchevel 1800. Centre commercial P 1. [Laurent Chappis], s.d. Calque, gouache. 21 x 30 cm (AD Savoie. 6J 6)

  • 31. Les Trois Vallées. Savoie. Vallée de St-Bon. Station de Courchevel. Parcelle n° 154. Propriété de Mr. Baffert. Chalet haute montagne B. Plan, élévation sud-est. Atelier d'Architecture de Courchevel, 8 mai 1951. Calque, encre. 1 : 50 (AD Savoie. 6J 8)

  • 5. Courchevel 1850. Le Jardin alpin. Esquisse de Nogentil. L. Chappis, novembre 1951. Calque, encre. 42 x 67 cm (AD Savoie. 30J 5)

  • Courchevel 1850. Jardin alpin. Parcelle 500. Gabarit / L. Chappis, 2 janvier 1958. Ech. 1 : 1000. Légende

  • Courchevel 1850. Nogentil 2. Parcelle 467. Propriété de Mr Grimaud. Implantation Atelier Berthe, Chappis, Jomain, 28 août 1959. Ech. 1 : 200

  • Courchevel 1850. Nogentil 1. Gabarits. L. Chappis, 3 juillet 1958. Ech. 1 : 1000

  • Courchevel 1850. Plan d'aménagement directeur. Modifié le 10 mars 1961 ; approuvé le 15 mars 1961 par le conseil municipal de Saint-Bon. Légende

  • Département de la Savoie. Courchevel 1850. Jardin alpin 2e tr. Esquisse de parti. Ministère de la Construction, D.D. Savoie, 26 août 1961

  • Vues cavalières pour le Jardin alpin. Sn, nd [vers 1960]

  • Planche descriptive du projet de construction d'une tour au Jardin alpin. Agenec Berthe, Chappis, Jomain, 1963

  • Savoie. Commune de St-Bon. Station de Courchevel 1850. Lotissement de Pralong. Parcelle n° 8. Propriété de Mr Pinturault. L'Annapurna Hôtel. Avant-projet. Elévation. Atelier d'Architecture de Courchevel, Guy Rey-Millet, 20 avril 1973. 134 x 30 (AD Savoie. 6J 1294)

  • Savoie. Commune de St-Bon. Station de Courchevel 1850. Lotissement de Pralong. Parcelle n° 8. Propriété de Mr Pinturault. L'Annapurna Hôtel. Avant-projet. Coupe sur jardin d'hiver. Façade sud. Atelier d'Architecture de Courchevel, Guy Rey-Millet, 20 avril 1973. 178 x 30 cm (AD Savoie. 6J 1294)

  • Savoie. Commune de St-Bon. Station de Courchevel 1850. Lotissement de Pralong. Parcelle n° 8. Propriété de Mr Pinturault. L'Annapurna Hôtel. Avant-projet. Détail des chambres. Plan. Atelier d'Architecture de Courchevel, Guy Rey-Millet, 20 avril 1973. Tirage ozalyd. 63 x 30 cm. 1 : 100 (AD Savoie. 6J 1294)

  • Saint-Bon Courchevel. Plan d'occupation des sols. Approuvé 1983. Ech. 1 : 5000

  • Courchevel 1850 - Station internationale - Projets de restauration et densification urbaine. Plan / AAM, 1992. Légende (AP AAM)

  • Extrait de D. PRADELLE, L. CHAPPIS, LEGRAND. Contribution à une architecture de montagne, 1955. Etudes et documents, n° 3

  • Vivre en montagne. Denys Pradelle, A.U.M. Chambéry, 31 décembre 1964. 27 x 41 cm (AD Savoie. 6J 2372)

Bibliographie
  • ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE LA SAVOIE. CENTRE D'ARCHITECTURE DU XXE SIECLE DE LA SAVOIE. Inventaire des archives de l'Atelier d'Architecture en Montagne à Chambéry (1945-1985) / Franck Delorme. Chambéry : Conseil général de la Savoie, 2001. 297 p. 30 cm

  • PRADELLE Denis. Retour à Courchevel 1850. 26 f. dactylographié. (AD Savoie. 6J 2369)

Périodiques
  • Contribution à une architecture de montagne. Etude faite à Courchevel 1850 par l'Atelier d'Architecture, Laurent Chappis (urbaniste), Jean-Marc Legrand, Denys Pradelle animateur de cette étude, architectes DPLG, avec la participation de Roger Boudet et P. Jomain (architectes DPLG) et Adrien Kiss (E.D.B.A.). Etudes et informations, 4e année, n° 3, mars 1955 (AD Savoie. 6J 2373)

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