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Scierie des Etouvières

Dossier IA74001021 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
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  • Parties constituantes

    • bief
    • barrage
    • remise
    • scierie
    • moulin
Parties constituantes non étudiéesbief, barrage, remise, scierie, moulin
Dénominationsscierie
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Thônes
Hydrographiesruisseau du Malnant le), Fier Supérieur
AdresseCommune : Thônes
Lieu-dit : les Etouvières
Adresse : route de
Montremont
Cadastre : 0A 1 67, 3106, 1666

L´existence du moulin est déjà attestée par le cadastre Sarde de 1738. La fonction première de l´artifice est la meunerie. Située en rive droite du ruisseau du Malnant, la propriété disposait de plusieurs artifices appartenant au meunier, M. Blaise Avet, qui y résidait avec son épouse et ses quatre enfants. Les vallées céréalières de Montremont assurent une activité constante à l´entreprise familiale. Située dans une enclave reculée aux confins des hameaux de Tronchine, une agriculture vivrière permet le maintien de nombreuses activités et la fixation de quelques bourgs le long du ruisseau du Malnant. Dès la fin du XVIII ème, cette vallée pastorale se tourne alors vers l´exploitation du bois. Disposant de rendements peu convaincants au regard de la consommation journalière en céréales, les terres cultivées sont laissées progressivement en jachère. Un glissement s´opère et une partie de la population migre vers les hameaux de Tronchine et le village de Thônes où l´activité manufacturière prospère. Les mutations économiques poussent peu à peu les entrepreneurs à spécialiser leur production et à délaisser les activités traditionnelles. Ainsi, entre 1800 et 1860, une mutation d´importance pousse le territoire à se spécialiser dans l´exploitation du bois. Le moulin de M. Avet ne constitue pas une exception dans le Val de Thônes, puisque nombre d´artifices opèrent une transformation lente. C´est au nom de l´Empire français et de la libre entreprise que les moulins du secteur peuvent moderniser leurs équipements. Au début du XIXème siècle, l´industrie est stimulée par l´effort de guerre et les dispositions prises par le pouvoir centrale favorisant le libre accès à la propriété et mettant fin aux droits féodaux qui régissaient l´impôt et les droits d´eau. Dès 1800, le moulin des Etouvières s´enrichit d´une installation de sciage. Un barrage avec seuil en rondins de bois assurait alors un débit constant au canal de dérivation qui captait sur une longueur de 100 mètres. La chute ainsi créée, actionnait une roue de trois mètres de diamètre qui transmettait l´énergie aux mécanismes du moulin. Avec le rattachement de la Savoie à la France dans les années 1860 et le développement toujours plus intensif du chemin de fer, le Val de Thône bascule avec tout le département dans une nouvelle ère. Les progrès qui s´opèrent dans la finance, l´industrie et la science poussent les autorités à spécialiser les terroirs. Ainsi, l´industrie, les compagnies de chemin de fer et l´urbanisation galopante consomment des quantités importantes de bois et impulsent une dynamique dans la filière. Les vallées du Fier amont et du Nom se tournent vers cette production entrainant dans son sillon de nombreux moulins. Profitant de ce second souffle, les moulins opèrent une transformation radicale, passant des subsistances à une économie plus régionale qui répond aux besoins locaux de l´agriculture et de la construction. Au début du XXème siècle, la scierie des Etouvières s´équipe d´une scie battante et d´une turbine hydroélectrique remplaçant efficacement la roue. La famille Avet reste la propriétaire des lieux pendant plus de deux siècles. En 1980, M. Lucien Avet, son dernier exploitant décède. En 1987, les propriétaires font don de la scierie à la commune de Thônes. En 1988, le conseil municipal décide de maintenir l´activité de la scierie et de transformer le site en Ecomusée du bois et de la forêt. Trois ans de travaux sont nécessaires pour la remise en état de la scierie, de ses installations et l´aménagement de l´Ecomusée. L´espace ainsi dédié, est inauguré le 9 juillet 1993 et s´équipe à nouveau d´une roue à aubes récupérée dans la scierie de M. Atrux Tallau située plus à l´Ouest dans la commune de Thône au lieu de la Perrière.

Remploi
Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Dates1730, daté par source

Au cœur d´un site naturel privilégié, l´écomusée du bois et de la forêt constitue une porte d´entrée ludique et thématique de la vallée de Montremont. Affluent du Fier, il rejoint ce torrent à 1 600 mètres en aval du village de Thônes à une altitude de 605 mètres. Ce cours d´eau sort d´un cirque rocheux que dominent les falaises de la Tournette à 2 357 mètres. Il coule du sud au nord sur un parcours de 7 kilomètres avant d´entrer dans la vallée de Montremont sur une longueur de 810 mètres. Cette vallée resserrée entre les montagnes de Cotagne à l´est, de Roche Murraz et de la Dent du Cruez à l´ouest comporte un important parc forestier. Au village de Montremont, le val bifurque en deux vallées dont l´une est creusée par les eaux du Malnant. La prise d´eau se compose d´une vanne régulatrice connectée directement au ruisseau des Fontaines. Aménagé par la commune de Thônes pour l´alimentation en eau potable, ce ruisseau alimente aussi les artifices de l´écomusée. Le bief d´amenée serpente la rive droite du ruisseau du Malnant sur une longueur de 138 mètres avant d´arriver dans l´aqueduc en bois qui alimente par-dessus la roue de la scierie accrochée à la façade latérale ouest. A l´origine le bief était alimenté par un seuil qui coupait sur sa largeur le ruisseau du Malnant, emporté par plusieurs crues, le barrage a disparu. Constituée d´un vaste hangar allongé situé sur la rive droite du ruisseau du Malnant en bordure de chaussée, le bâtiment de la scierie ouvre sur une vaste halle avec un sous sol et un rez-de-chaussée. Cet édifice est construit au dessus du ruisseau des Etouvières qui se jette dans le Malnant. Implantée sur un terrain en forte pente, la halle se compose d´un sous sol en maçonnerie en grande partie enterré. Construit en bois, le rez-de-chaussée comporte un sol en plancher. L´ossature est formée de poteaux recevant des fermes constituant la charpente. Protégés par des lattes en bois, les deux murs gouttereaux sont solidement fixés aux contreforts qui épousent les dénivelés du terrain. Si le mur pignon nord est complètement fermé, un préau avec ferme apparente précède l´entrée du hall complètement ouverte sur l´extérieur. Le toit à deux pans en tuiles mécaniques protège la charpente sur laquelle on a fixé tout l´équipement utilisé pour la coupe du bois. L´ancienne scie hydraulique est actionnée par une roue à aube métallique. Le massif à deux travées en maçonnerie enduite du mur gouttereaux supporte l´armature en bois et laisse deux ouvertures latérales permettant la circulation des billes de bois. La grande halle comporte tous les mécanismes comme la scie circulaire, le plateau, la scie battante. Côté rivière, le hangar ouvre sur un parc arboré aménagé en sentier d´interprétation où le canal de dérivation tient une place importante dans la scénographie. Prolongée dans son axe nord-sud par un bâtiment, la propriété s´étend sur un domaine ouvert de 4167 m² situé entre le Malnant et la voie communale n°3 de Montremont. Il s´agit des bureaux de l´écomusée, de plan carré, cet édifice repose sur les fondations de l´ancien moulin à blé qui se trouvait en amont de la scierie. En complément du parc, un espace de débardage a été récemment aménagé, équipé d´un treuil pour le transport de troncs d´arbres.

Murspierre
béton
Énergiesénergie hydraulique
Jardinsbois de jardin
États conservationsremanié

Le PLU de la commune de Thônes reste consultable en mairie. Reconvertis en écomusée, la prise d'eau du site est alimentée par le trop plein du réseau d'eau potable du ruisseau du Malnant .

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 6 S 180. Thônes, prise d'eau Crédoz.1893.

Bibliographie
  • Les Amis du Val de Thônes, Métiers d´autrefois dans la vallée de Thônes. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1987. 110 p

  • LANTERNIER Pierre, Annecy et son lac. La Balme de Sillingy : Rossat-Mignod. 2000. 48p

  • Les Amis du Val de Thônes, Chalets, maisons, monuments, villages de la vallée de Thônes : d´hier à aujourd´hui. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1981. 104 p.

  • Les Amis du Val de Thônes, Histoire locale et traditions : si la vallée de Thônes m´était contée. Thônes : Les Amis du Val de Thônes. 1983. 100 p.

  • GERMAIN Michel, Thônes et les Aravis autrefois. Montélian : La Fontaine de Siloé, 2001. 184 p.

  • Les Amis du Val de Thônes, Val de Thônes et Aravis : en cartes postales et photos anciennes.Thônes : Les Amis du Val de Thônes. 1998. 199 p.

  • THEVENET Fernand, La Clusaz : mon village d´autrefois. Thônes : Imp. Jacquet. 1990. 119 p.

  • LEPEUDRY Jean Michel, Haute-Savoie d´hier et d´aujourd´hui à travers les cartes postales. Thônes : Tetras, 2003. 209 p.

  • Les amis du musée, Musée du Pays de Thônes Haute-Savoie. Thônes : les amis du musée, 2005. 144 p.

  • GAY Claude, Récits et coutumes antiques des vallées de Thônes (Haute-Savoie). Grenoble : Centre alpin et rhodanien d´ethnologie, 1975, 55 p.

  • France. Département de la Haute-Savoie, Actes du Congrès des Sociétés Savantes, CHALLAMEL J.B. Les scieries de la vallée de Thônes au XIX-XXème siècle. Thônes: Les Amis du Val de Thônes, Baudry et Cie, 1992. n.p.

  • Les Amis du Val de Thônes, Métiers d´autrefois dans la vallée de Thônes. Thônes : Amis du Val de Thônes. 1987. 110 p

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