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Présentation et synthèse du patrimoine industriel de la ville de Lyon

Dossier IA69001377 réalisé en 2001

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Aires d'études Lyon patrimoine industriel
Adresse Commune : Lyon

Synthèse historique

L'étude du patrimoine industriel de la ville de Lyon concerne les secteurs d'études en cours et tous les arrondissements de la Ville de Lyon. La ville de Lyon se caractérise par une structure industrielle multiple et complexe. La métallurgie et la mécanique s´affirment comme secteurs dominants, ils se situent à l´est de Lyon et à Villeurbanne. La chimie annonce, dès 1932, le nouvel espace industriel, celui de Gerland au sud de Lyon. Les entreprises sont souvent de grande taille et installées en périphérie, loin des zones urbanisées. Le secteur textile est situé dans tous les quartiers de la ville. Celui du meuble et de l´ébénisterie est concentré dans le quartier de la Guillotière. En fait, dès le 19e siècle, une dynamique industrielle apparaît à Lyon, entraînant non seulement le tissage, la teinture, l´impression et l´apprêt, mais aussi la métallurgie et la mécanique pour la construction des métiers à tisser et d´appareils de manipulation des fils et des étoffes, le commerce des drogues et la chimie, pour la préparation des colorants et des produits d´apprêt.

Connaissance des sites

Comme le montre la carte des sites repérés, il en ressort très nettement quatre poches de friches industrielles dans 4 arrondissements de la ville de Lyon : 3e, 7e, 8e et 9e avec une prédominance des secteurs de l’industrie mécanique, chimique, textile, électrique. Dès le premier quart du XIXe siècle, les quartiers des Brotteaux et de la Rize (actuellement les 3e, 6e et 7e arrondissements) constituèrent une des premières zones industrielles de Lyon, où se rassemblent tous les ateliers nauséabonds de récupération de déchets, de préparation de lessives et de colorants qui ne pouvaient prendre place près des bords du Rhône, déjà très habités. Dès 1838, la vitriolerie Roustan est installée aux côtés des fours à chaux. Des fabriques de produits chimiques, stéarineries, soudières, ateliers de plantes tinctoriales, de déchets animaux existent dès 1853 rue Garibaldi, rue des Charpennes, rue Paul Bert, rue du Gazomètre, rue du Béguin, rue Béchevelin etc.

Enchevêtrement des activités

Au voisinage d´une usine à gaz, d´ateliers de teinture, de moulins à vapeur, de fours à chaux et à plâtre, toutes ces usines chimiques constituaient déjà une véritable zone industrielle. Malgré l´enchevêtrement des activités qui semble être l´un des caractères fondamentaux du paysage industriel lyonnais et que met en évidence la carte industrielle du Rhône, quelques dominantes apparaissent : le textile dans la plaine des Charpennes et de la Ferrandière, la métallurgie à Maisons-Neuves, la chimie et la métallurgie à Monplaisir 8e arrondissement, Grange-Rouge et Gerland, la chimie à Saint-Fons, la métallurgie à Vénissieux. La topographie et même l´hydrogéologie exercent leur influence, non sur la répartition générale des usines, mais sur la nature de leurs activités. Entre 1860 et 1914, teinturiers en soie, imprimeurs et chimistes, les uns cherchant l´eau, les autres l´isolement, ont opéré la colonisation industrielle des plaines humides situées le long de la Rize, à Villeurbanne, dans le quartier de la Mouche, à Gerland et à Saint-Fons. Ces mutations industrielles nous paraissent importantes dans l´explication des paysages, où deux phénomènes habituels en géographie urbaine et industrielle coexistent,d´une part la juxtaposition générale des activités, d´autre part l´importance croissance des ateliers et des usines depuis le centre vers la périphérie. Un travail d´inventaire des sites industriels de la ville de Lyon et de certains sites de la région Rhône-Alpes est mené depuis 1999 par l´Inventaire du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Pour la ville, l'étude du patrimoine industriel concerne tous les arrondissements, ainsi que tous les sites existant, en activité ou pas.

L´état des lieux en 2017 est de 750 dossiers ouverts dont 737 dossiers architecture et 13 dossiers mobilier/machine, ouverts sur une base de données et consultables sur internet : (http://patrimoine.rhonealpes.fr).

Morphologie – Emprises - Relations - Contexte

L’échelle et la morphologie des sites sont liés à différents contextes, d’usages, de taille d’entreprises, de produits fabriqués, de type de matériel et machines nécessaires au fonctionnement de l’usine mais également au contexte environnant et il apparaît assez nettement que la relation entre la ville et l’industrie lyonnaise est complexe. Parfois l’usine tisse un lien fort avec la ville, parfois elle se trouve excentrée et exprime son identité propre. L’échelle des sites peut se catégoriser en : grands complexes, moyens ensembles, petits complexes et petits bâtiments individuels. Cela montre aussi que les formes héritées de l’industrie survivent différemment selon les niveaux du tissu urbain et relève enfin que l’industrie ne produit pas une anti-ville mais qu’elle est capable de s’adapter à l’existant.

Les environnements directs des usines lyonnaises sont variés. Cela va du centre-ville exemple de la Croix-Rousse à la zone tertiaire. Il en ressort également des confrontations importantes avec des éléments naturels (cimenteries avec carrière), d’autre fois le site s’intègre parfaitement dans le contexte de l’îlot environnant. De par la morphologie uniquement, on ne distinguerait pas le morceau de ville de l’usine. Enfin, un lien au logement fort est à remarquer Boulevard des Etats -Unis ainsi qu’à Gerland avec les cité-jardin. Les fleuves ont joué et jouent un rôle important dans l’industrie lyonnaise ainsi que la voie ferrée.

Valeur matérielle, culturelle sociale des sites industriels

Anciens entrepôts, usines et halles industrielles, les friches n´ont acquis la bienveillance des équipes gérant le patrimoine, sa connaissance, sa conservation, sa réutilisation qu´à partir des années 1990. Mais rien n’est acquis. Le travail d´inventaire de ces anciens sites industriels mené depuis 1999, permet de répondre aux questions fondamentales que se posent ceux qui gèrent ces territoires en mutation. Où agir ? Que conserver ? Que transformer ? Comment réhabiliter un lieu autrefois dédié au travail en espace de vie urbaine ? C´est par la connaissance, les recherches, les études prospectives, la sauvegarde, les concertations et actions de protection du territoire industriel, de son paysage et de son patrimoine construit que l´on pourra répondre et mieux appréhender son devenir. Ce repérage des sites existant dont la connaissance constitue un atout, notamment en ce qui concerne ses effets sur la création urbaine, vient accompagner les politiques urbaines. Il permet un travail de veille et d´aide à la décision pour la mise en place du PLU (plan Local d´Urbanisme) réalisé en collaboration avec les missions Vaise et Gerland sur la mutation du parcellaire industriel. Le legs de l'industrie est au cœur de nos problèmes de société. Quelle en est sa lisibilité dans l´espace lyonnais ? L'inventaire est un outil qui permet de répondre en partie à cette question. Comme le soulignent ces nombreux exemples de réutilisation de sites industriels, ces derniers sont les traces d´une activité éteinte, et constituent un lien certain vers le XXIe siècle puisqu´ils servent de vecteur à de nouvelles activités et incarnent ainsi des lieux de renaissance économique. La ville de Lyon est en forte mutation urbaine avec les projets du Confluence, de Gerland (technopole), du quartier Part-Dieu, consécration patrimoniale de l´hyper centre de la ville avec le label UNESCO reçu en 1998. Lyon se reconstruit sur elle-même, progresse. Cet héritage industriel se recompose également à travers les fleuves (Rhône et Saône), avec la mise en valeur des bâtiments du port Rambaud, des berges du Rhône puis aujourd´hui des berges de la Saône. Cette dynamique industrielle du bassin lyonnais, historiquement liée au territoire industriel stéphanois, permet la lecture d´une dynamique multiple de tout un territoire.

La ville de Lyon est en forte mutation urbaine : Confluent (1995-2017), Gerland technopole, projet Part-Dieu ( 2017) consécration patrimoniale de l´hypercentre de la ville avec le label UNESCO reçu en 1998. Lyon se reconstruit sur elle-même, progresse. Cet héritage industriel se recompose également à travers les fleuves (Rhône et Saône), avec la mise en valeur des bâtiments du port Rambaud, des berges du Rhône puis aujourd´hui des berges de la Saône. Cette dynamique industrielle du bassin lyonnais, historiquement liée au territoire industriel stéphanois, permet la lecture d´une dynamique multiple de tout un territoire.

(synthèses par arrondissement en annexes (en cours)

Rappel conventions ville de Lyon/Etat/Région

Par convention signée le 8 décembre 1998, l'Etat (Direction régionale des affaires culturelles) et la Ville de Lyon ont décidé de lancer l'inventaire topographique du patrimoine architectural de la ville. L'inventaire topographique et architectural porte sur l'ensemble de la commune de Lyon. Il comprend un recensement exhaustif des édifices, édicules et ensembles bâtis et non bâtis. Chaque fiche d'identité est accompagnée d'une photographie minimum et du plan de localisation du monument, géo référencé sur le cadastre numérisé de la ville. Dans un premier temps, l'étude ne comprend pas l'inventaire du mobilier public. Seuls sont inventoriés les décors portés. L´inventaire se décline en plusieurs volets : l´inventaire topographique par secteurs d´étude ; le repérage du patrimoine industriel qui comprend également l'étude des machines et le patrimoine immatériel ; les opérations d´urgence ; l´étude du patrimoine hospitalier. La commune a été découpée en secteurs d'étude. Il a été arrêté de travailler en parallèle sur deux secteurs : un secteur soumis à de fortes mutations urbanistiques, et un secteur « historique ». Les secteurs sont choisis chaque année par le comité de pilotage sur propositions du comité scientifique et technique de l´Inventaire. Les secteurs en mutations urbanistiques. Le quartier du Confluent (presqu'île Perrache) a été choisi en 2000 ; l´enquête terrain, commencée en septembre 2000, s'est achevée en 2002 ; l´archivage devrait être terminé à la fin 2002. Le quartier de la Guillotière a été choisi en septembre 2001 ; il correspond à une bande de part et d´autre de la Grande Rue de la Guillotière, ancienne voie circulation vers le Dauphiné et l´Italie ; l´étude de ce quartier ancien en pleine mutation pourrait se poursuivre par celle du quartier voisin au nord-nord-est, quartier 19e, à voirie orthogonale, ce qui permettrait d´étudier comment s´est fait le passage entre les systèmes urbains. Les secteurs historiques : les choix se sont faits d´abord par élimination provisoire ; on a choisi de ne pas travailler pour l´instant sur le secteur sauvegardé (Vieux Lyon) déjà renseigné, ni sur la Croix-Rousse, objet d´une ZPPAUP. L´intérêt s´est porté sur le Centre Presqu´île, lieu des grandes mutations urbanistiques du 19e siècle, principalement par des percements nord-sud. Deux idées sous-tendent l´étude de ce secteur : étudier la jonction entre les percements 19e et le tissu ancien subsistant, en particulier dans les transversales et en coeur d´îlot ; étudier le cheminement ancien à travers la ville, depuis le pont du Change sur la Saône, par la rue Mercière, jusqu´au pont de la Guillotière sur le Rhône (et la Grande Rue de la Guillotière ci-dessus). Ce secteur très vaste a été découpé artificiellement en 4 : nord-ouest (rue de Constantine / quai de Saône / rue Grenette / rue Edouard-Herriot) en cours d´étude (décidé en septembre 2000), sud-ouest (jusqu´à la place Bellecour ; décidé septembre 2001), nord-est et sud-est à étudier par la suite. Une troisième convention entre la Région et la Ville de Lyon vient d'être signée jusqu'en 2015.

Annexes

  • 1er arrondissement : synthèse

    Le décret du 24 mars 1852 réunit autoritairement les trois communes périphériques de la Croix-Rousse, la Guillotière, et Vaise à celle de Lyon et crée en même temps les cinq premiers arrondissements de cette nouvelle commune élargie. Le 1er arrondissement se compose de deux parties principales : les pentes de la Croix-Rousse et les parties basses, berges de Saône et du Rhône et partie nord de la ville. Le développement de la Fabrique sur les Pentes va en modifier profondément son urbanisation. Les constructions d'immeubles-ateliers vont se multiplier jusqu'en 1850. (en cours). Bâtiments publics : Condition des soies ; Bains-douches-Lavoir municipal ; école municipale de tissage (actuel lycée Diderot) ; la cité HLM du Clos Jouve etc...

    En dehors des services, la spécificité économique du 1er s’inscrit dans une tradition du travail de la soie et de la bijouterie-joaillerie.Deux quartiers se distinguent : les pentes de la Croix-Rousse, quartier historique dont l’habitat ancien bénéficie d’un dispositif exceptionnel de protectin du patrimoine, les Terreaux, quartier des commerces et des services, où se situent notamment l’hotel de ville, l’Opéra, Le musée des beaux-arts. La présence de l’Hôtel de Ville sur l’arrondissement nexplique une part des services non-marchands (administration) importante : 25,8% (21% pour Lyon), celle de l’industrie étant de 17%.

    Le 1er arrondissement est l’arrondissement le moins peuplé de Lyon, en 1990 on compte 26 570 habitants soit 6% de la population lyonnaise. Il représente en 1990, 6% du total des emplois de Lyon. Le taux d’emploi c’est-à-dire le nombre d’emplois pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans le 1er est de 138,6% (149,3% sur Lyon).

    L’emploi dans l’industrie (hors entreprises artisanales)

    Les trois activités : industries diverses (fabrication de maroquinerie, de chaussures, d’optique d’horlogerie, de bijouterie, d’instrument de musique, d’articles de sport, jeux), industries textiles, imprimerie, assurent 95% des emplois du secteur industriel de l’arrondissement. Le 1er accueille 21% des emplois lyonnais de l’industrie textile et 43% des emplois lyonnais des industries diverses. La moitié des effectifs de l’industrie en textile se situe dans les entreprises de moins de 20 salariés. Les entreprises ne dépassent pas 50 salariés pour cette activité.

    73,4% des établissements industriels sont issus de trois activités :

    industrie textile (112 établissements)

    industrie diverses (107 établissements)

    BTP (101 établissements)

    Il est l’un des arrondissements qui totalise le nombre le plus important d’établissements lyonnais de l’industrie textile (24% des établissements) et des industries diverses (30%).

    Les principales entreprises situées dans le 1er sont les suivantes :

    10 premières entreprises de l’industrie textile

    SA TISSERAY ET CIE (tissage de soierie) 1946

    TISSAGE BAUMANN (tissage de soierie) 1905

    ETS VERNE ET CLET SA (tissage de soierie) 1955

    MOULINAGES HENRI LACROIX (moulinage et texturation de la soie et des textiles artificiels et synthétiques) 1973

    ETS CARRIER FEIGE RENAUD (fabrication d’autres articles confectionnés en textile) 1880

    ETS HENRY MERIEUX (industries textiles nca) 1957 (effectif : 9 salariés)

    BISSON SA (tissage de soierie) 1937

    STE INDUSTRIELLE CREATION APPLICATIONS TEXTILES (tissage de soieries) 1958

    NYLALPHA (tissage de soierie) 1955 (effectif : 3)

    SOIERIES ET TISSUS DE LYON STL (tissage de soierie) 1986 (effectif : 4)

    source : SCRL Diane , août 1996.

    10 entreprises des industries diverses (bijouterie, joaillerie, orfèvrerie)

    ETS COINDRE STREINER (bijouterie, joaillerie, orfèvrerie) 1957

    ETS AMENGUAL FRERES (bijouterie, joaillerie, orfèvrerie) 1966

    SA VIGOUREUX 1959

    SA JOMARD 1976

    GOLLIAT ET DIDIER 1958

    COUTANDIN SARL 1962

    DJC SARL 1986

    SA GAUTHIER 1985

    PERIGNON ET GAVET 1961

    source : SCRL Diane 1996

    Le 1er est l’un des arrondissements qui accueille le nombre le plus faible d’établissements lyonnais de l’industrie métallurgique (2%). Il s’agit également d’une activité industrielle peu représentative dans l’arrondissement (1,6% des établissements industriels de l’arrondissement). La réhabilitation des 25 000m2 des anciennes subsistances militaires est amorcée. Cet espace deviendra un espace de création et d’expression artistique destiné aux comédiens, musiciens, plasticiens, danseurs.

  • 2e arrondissement : synthèse

    Confluent

    L’analyse chronologique des différentes installations industrielles du Confluent permet de suivre l’évolution urbaine du quartier Perrache, 1840-1850 correspondant au début de l’urbanisation contemporaine, et induit aussi les futures orientations du développement de la ville industrielle. Les choix de ces implantations industrielles relèvent de décisions politiques, bien que la loi de 1812 sur les établissements insalubres établisse quelques contraintes ; la Ville de Lyon se trouve en concurrence avec les communes de Vaise et de La Guillotière, limitrophes de son territoire, et qu’elle finira par annexer en 1852 avec la Croix-Rousse. Il faut aller vite, d’où la volonté du maire de Lyon, Jean de Lacroix-Laval, en 1826 et 1827, de favoriser l’installation d’établissements industriels insalubres et lourds sur la presqu’île Perrache, principalement des fabriques de produits chimiques et des fonderies localisées en bordure du Rhône et de la Saône, ainsi qu’un ensemble d’usines de service. L’importance de ces installations va constituer un nouveau bassin d’emploi qui entraînera la création d’un quartier ouvrier au nord et figera la trame urbaine au sud, ces sites industriels ont souvent connus plusieurs occupations successives.. Cette analyse des caractères industriels du confluent permet de suivre une évolution plus globale correspondant à la situation régionale et nationale. Dans un premier temps l’urbanisme officiel ne se soucie guère des localisations industrielles. Mais le quartier Perrache reste trop près du centre urbain de la Presqu'île, d’où l’esquisse d’un mouvement des sites industriels vers la périphérie orientale et au sud.

    En fait, c’est un nouvel environnement qui s’installe. Dès 1834, le premier gazomètre de la région destiné à l’éclairage public de la ville de Lyon est construit à l’ouest, quai Rambaud, côté Saône. En 1836, les abattoirs s’installent sur le quai Perrache, à l’est, côté Rhône, puis en 1841 l’Entrepôt des liquides au nord, face à la gare de Perrache. En 1845 l’arsenal est transféré du quai Tilsitt au nord-ouest du quartier. En 1923, les Entrepôts Frigorifiques Lyonnais, au centre du quartier, accolés à la gare de marchandise, annoncent une future orientation vers l’agro-alimentaire : mûrisserie de bananes et marché de gros des années 1960. Le secteur du transport est le plus dynamique et le plus porteur. Le développement du trafic ferroviaire débute en 1827, avec la construction de la ligne Lyon-Saint-Etienne par la compagnie Seguin[i] pour le transport du charbon qui s’engage dans le même temps à construire une gare d’eau (1832). Le chemin de fer sera pour ce quartier un vecteur d’industrialisation. En effet, d’autres activités sont implantées comme des entrepôts à charbon : premier entrepôt charbonnier de Lyon (Streichenberger-Cabaud-Auclair et Cie)[ii], des compagnies de navigation à vapeur (Cie Générale de Navigation), des constructeurs de bateaux à vapeur (Henri Satre)[iii] localisés au nord-ouest, l’usine chimique (vitriolerie) de Claude Perret (1822) à l’est, côté Rhône ainsi que des ateliers de grosse chaudronnerie (Chevalier, Grenier, Paul Dulac et Cie 1857). L’agro-alimentaire n’est pas en reste : les grands Moulins de Perrache (1831) au sud-ouest, connexes à l’usine à gaz, la brasserie des Chemins de Fer dite brasserie Rinck (1860). Selon Félix Rivet[iv], en 1881, le quartier Perrache comprend 37 usines, occupant 3 840 ouvriers, dont 850 à la manufacture des tabacs cours de Verdun (actuel lycée Récamier), 750 à l’arsenal et 360 à l’usine à gaz.

    A travers cette analyse où l’industrialisation reste en mouvement avec une relative stabilité et continuité, le quartier du confluent peut être considéré comme un passage, un laboratoire urbain pour la ville de Lyon, et pour sa future extension à l’est, sur la rive gauche du Rhône qui verra naître le projet de ville industrielle de Tony Garnier, où la ville n’est pensée « qu’en terme d’utopie, au mieux de prototype »[v].

    [i] Inventeur-constructeur pionnier de la locomotive à chaudière tubulaire fabriquée à Perrache.

    [ii] AC Lyon : 2 S 456, les cartes industrielles de France : le Rhône, 1932.

    [iii] ADR : sous série 5M, Etablissements classés, dossier : 39 (non numéroté) 1817.

    [iv] Rivet, Félix. Op. cit., 1951.

    [v] Histoire de la France urbaine, p.21.

  • 3e arrondissement de Lyon : synthèse patrimoine industriel

    Le 3ème arrondissement de Lyon

    Cet arrondissement se situe au centre de la rive gauche du Rhône sur 680 hectares. À l´origine, le 3ème arrondissement était beaucoup plus important. Il a été créé en 1852 pour se substituer à la commune de la Guillotière, rattachée en mars 1852 à la ville de Lyon. En 1867 la partie septentrionale devient le 6ème arrondissement et en 1912 la partie méridionale devient le 7ème arrondissement.

    C´est aujourd´hui l´arrondissement le plus peuplé de Lyon, sa croissance est la plus rapide. Il est le plus hétérogène et se compose de différents quartiers qui se sont individualisés les uns des autres au cours de l´histoire du développement de la rive gauche du Rhône. Ainsi on distingue aujourd´hui six secteurs (dont l´histoire de certains se rapproche), d´ouest en est : Préfecture, Part Dieu, Saxe Paul Bert, Villette, Sans Souci, Monplaisir et Montchat.

    La géographie de cet arrondissement est le premier des facteurs qui permet de comprendre son développement. Le relief présente trois ensembles de paysages différents. D´abord, se situe à l´est la partie la plus élevée. Elle correspond à des dépôts morainiques très anciens. Cet ensemble domine Montchat par un rebord que longe aujourd´hui le boulevard Pinel.

    Ensuite, plus à l´ouest, Montchat, Maisons Neuves, Sans Souci et Monplaisir se succèdent sur des éléments de plateaux (entre 170 et 180 mètres). Ils sont constitués par des dépôts de sables et de cailloux charriés par l´ancien lit du Rhône. D´ailleurs, dans ce secteur, de nombreuses carrières ont été longtemps exploitées et l´avenue Rockefeller s´appelait encore au début du XXe siècle la montée des Sablons. Cette altitude, même faible, met ces terrains à l´abri des inondations du Rhône, ce qui ne sera pas sans effets sur le développement de ses quartiers au XIXe siècle.

    Enfin, le reste de l´arrondissement, la Part Dieu, La Villette, la Préfecture la Guillotière constitue la zone d´inondation du Rhône jusqu´à ce que celui-ci soit maîtrisé par des digues et barrages en amont. Cet espace est parcouru de ruisseaux aux lits changeants. Il prend l´aspect d´un brotteau irrigué au XVIIIe siècle et XIXe siècle par le ruisseau de Feurs (des Brotteaux à l´actuel place Gabriel Péri) et la Rize dont l´origine est au moulin de Chassin (à Décine). La Rize se divise ensuite en deux, après avoir traversé Vaulx en Velin, au lieu dit du pont des Planches. Le ruisseau des Abymes se dirige vers la Tête d´Or et le ruisseau de la Rize, proprement dit, parcourait Villeurbanne et entrait dans l´actuel 3ème arrondissement pour se séparer en trois fossés qui sillonnaient les immenses prairies de la Buire (à l´ouest du cours Gambetta). Ces grandes prairies ne disparurent qu´à la fin du Second Empire. Cette zone ne sera à l´abri des inondations que tardivement, la berge est mouvante et les trois plus importantes crues de 1812, 1840 et 1856 ont recouvert tout ce secteur de 60 cm à 1,50 mètre d´eau.

    Histoire, développement et urbanisation du 3ème arrondissement.

    De l´époque médiévale, peu d´informations sont arrivées jusqu´à nous, sauf pour la limite sud de l´arrondissement puisque les pieux des dernières arches du pont de la Guillotière, qui rejoignaient la Grande Rue du même nom (sous l´actuel cours Gambetta), ont été retrouvés lors du percement du tunnel du métro D en 1992. De cette tête de pont, de petits chemins serpentaient à travers la campagne et menaient à de petites fermes situées sur les hauteurs, à l´abri du Rhône, à Bron et Villeurbanne.

    D´autre part, l´arrondissement fait alors partie du Mandement de Béchevelin et du Dauphiné. Les conflits de territoire étant nombreux, en 1475, Louis XI envoie un émissaire, Louis Tindo, chargé de fixer le tracé de la frontière. La délimitation de Tindo a permis de connaître l´étendue du territoire soumis à la juridiction des archevêques de Lyon.

    La ferme de la Part Dieu est déjà bien visible sur le plan de scénographique de Lyon de 1550 conservé au A.M.Lyon.

    Il faut ensuite attendre l´époque moderne pour avoir des éléments sur la physionomie du 3ème arrondissement. Au début du XVIIIe siècle, le territoire est représenté par le plan Mornand, syndic de la commune de la Guillotière. Le plan date probablement de 1710, les berges du Rhône ne sont pas fixes et la seule partie urbanisée est au débouché du pont. De nombreux terrains appartiennent encore aux archevêques de Lyon, la Part Dieu est à madame de Servient. Les lyonnais franchissent le Rhône par le pont gratuit pour trouver un peu d´air pur, où les prairies et les ruisseaux permettent de se promener et d´aller à la pêche.

    Trois territoires vont ensuite constituer le troisième arrondissement (le plan Morand peut permettre de les repérer). D´abord la berge du Rhône est courbe et toujours sujette aux inondations, la végétation, dense se compose de saules, de vernes et de peupliers. Aux abords du pont, une vaste place sert de port aux marchandises acheminées par le fleuve. À l´arrière une zone très étendue et inondable est mouvante néanmoins, ce secteur est utilisé pour des activités agricoles spécifiques. Les prairies drainées par des fossés de saules osiers sont pâturées par des bovins. Les parties les plus sèches sont cultivées de céréales. Aulnes et peupliers fournissent bois de chauffage et de charpente. Trois grands domaines se partagent le territoire jusqu´au XIXe siècle : la Corne de Cerf à La Villette-Baraban, la Buire et la Part Dieu. Ces deux derniers comportent un château et une ferme. (le château de la Buire est encore visible rue Rachaix.)

    Dans la partie la plus sèche à Montchat et Monplaisir (domaine de Tournelles), qui couvrent de très vastes espaces, le choix des cultures est plus large : céréales et vignes.

    Le troisième arrondissement apparaît comme plus humanisé que les Brotteaux à la même époque. Ce contraste va s´accentuer au cours du XVIIIe siècle puisque ces espaces sont, pour la majorité d´entre eux en dehors de la propriété des Hospices Civils même s´ils intègrent la Corne de Cerf et la Part Dieu (donation viagère de Catherine Mazenod, Vve Servient en 1725).

    La première moitié du XIXe siècle.

    En, 1852 l´ensemble de l´arrondissement fait partie de la commune de la Guillotière, il n´y a pas de plan d´urbanisation sauf pour les Brotteaux, grâce au plan Morand imposé par les Hospices ce plan ne débordera que sur les parties proche du cours Lafayette (La Corne de cerf et La Part-Dieu).

    Les cultures occupent encore les 4/5ème de son territoire, les fermes se modernisent et développent leurs activités.

    La croissance économique et démographique de Lyon reprend à la fin du Premier Empire surtout dans les communes périphériques. Le 3ème devient alors le lieu d´accueil pour les activités dangereuses et nuisantes. (Blanchisseries, teintureries fabriques d´allumettes). Les constructions sont de simples masures en bois et pisé.

    Le Comte Jean des Tournelles maire de la Guillotière au début de la Restauration, réside dans son château (rue Paul Sisley) et son domaine, ancienne maison de campagne des Jésuites, s´étend de l´ouest de la rue des Tournelles (rue Sisley) jusqu´à la route d´Heyrieux (avenue Lacassagne). En 1827, il décide de lotir sa propriété de 90 hectares, le plan est dessiné par l´architecte Hotelard. Il propose aux acheteurs le village de Monplaisir et la campagne de Sans-Souci. Ces noms sont créés pour la circonstance, dans un souci de promotion. Le lotissement est loin du centre de la ville et conçu pour accueillir des maisons de campagnes. De ce fait, deux servitudes sont incluses dans les actes notariés : pas plus de 2 étages par maison qui doit se située à 20 mètres de la rue pour un jardin. Le lotissement du quartier fut assez rapide mais peu homogène : ce sont de grandes villas avec des espaces arborés. Beaucoup ont disparu lors du percement du cours Albert Thomas.

    Viennent ensuite, assez rapidement, la mise en place d´une promenade (place de Monplaisir), puis l´église Saint Maurice en 1840 (aujourd´hui elles se situent dans le 8éme).

    Pour le secteur de La Villette-Baraban, le développement est rapidement bloqué par les emprises militaires. L´enceinte fortifiée de 1831, dont le fort Montluc est le plus important, se complète dans le quartier par le petit fort de la Part-Dieu et la lunette des Hirondelles. Puis s´installe la caserne de la Part-Dieu, en 1844, sur les 13,6 ha vendus par les H.C.L. Les zones de servitudes militaires gênent beaucoup, et obligent le contournement des voies de circulations. Mais les dépenses des soldats engendrent le développement de café, cabarets et autres lieux de plaisir à la Guillotière.

    La façade de l´arrondissement sur le Rhône joue un rôle essentiel dans la vie économique : c´est le cadre principal de l´activité fluviale dans ce secteur proche du pont de la Guillotière et du port au bois. La Guillotière devient aussi le terrain de jeux des lyonnais et le lieu des grandes vogues et fêtes populaires en raison des nombreux bals.

    C´est aussi l´époque de la mise en place des voies de chemin de fer et la polémique fait rage, la gare centrale sera-t-elle à Lyon ou à la Guillotière. Entre 1835 et 1851 les deux communes engagent des discutions houleuses. Après le projet de gare de marchandise à la Part Dieu et d´une gare de voyageurs au pont de la Guillotière, le 1er décembre 1851, un décret fixe finalement l´emplacement de la gare centrale à Perrache.

    Second empire (1848)

    Quelques changements de noms de rues sont mis en place, mais surtout, c´est l´arrêt du développement économique du secteur qui va générer un chômage généralisé jusqu´en 1860.

    En mars 1852, la Guillotière est rattachée à la ville de Lyon et constitue le 3ème arrondissement qui est déjà le plus peuplé. En 1862, il compte 87 796 habitants sur 318 203 de Lyon. 7918 sont comptés à part, des soldats essentiellement et 8028 considérés comme habitants hors agglomération. Ceci montre le caractère encore très rural de certaines parties du territoire.

    Deux personnages ont alors un rôle clé : le maire de l´arrondissement, Jean-Louis-François Richard, fils d´Antoinette Chambovet qui a épousé la fille d´Henri Vitton ; et Louis-Gabriel Delerue, ingénieur des ponts et chaussées chargé de la rive gauche du Rhône. Il est le bras droit de Gustave Bonnet, ingénieur en chef de la voirie. Ils élaborent les rapports soumis au maire préfet Marius Vaïsse. Tous les rapports de voirie passent par Vaïsse, mais il ne peut pas s´opposer à Richard-Vitton.

    Le développement urbain se poursuit, mais l´agriculture reste encore très présente surtout dans l´est de l´arrondissement (Montchat, Chautagne, Grange Blanche, et Baraban)

    De même, le domaine et le château de Montchat sont attestés dès 1534 et occupent 230 hectares. Il est peu diminué malgré les changements de propriétaires successifs. Il appartient au Basset lors du séjour de la reine de Suède en 1657, puis, aux Révérends Pères de la Compagnie de Notre Dame des Feuillants, de 1683-1689. Le domaine est ensuite racheté par le notaire Sargnes Besson, dont la petite fille est devenue Louise Besson de Montchat épouse de Mathieu Bonnand. C´est leur petite fille l´héritière du domaine mais dépossédée pendant la révolution qui épouse Henri Vitton. Ce couple n´a qu´une fille, Louise qui épouse Jean Louis Richard et meurt en 1883.

    La transmission de l´héritage ne se fait que par les femmes pendant 200 ans, d´où l´abondance de noms féminins lorsqu´on parcourt encore aujourd´hui les rues (rue Camille, rue Louise, rue Julie).

    En 1857, Jean Louis Richard-Vitton décide de lotir un grande partie du domaine anciennement occupée par le château de Montchat il garde 17 hectares autour du château, qui sont incorporés dans le lotissement à la mort de sa femme, en 1883.

    Le 27 octobre 1858 Jean Louis François Richard Vitton écrit à la ville de Lyon pour annoncer qu´il morcelle une partie de son domaine, les petites parcelles créées sont destinées à la classe peu aisée. Il offre une cession gratuite à la ville, du sol des rues et places nécessaires au projet, ainsi qu´un terrain pour la construction d´une église, d´une école et d´une salle d´asile. Ce qui représente 780 000 m2 de terrain, 12 Kms de rues et 4 places (soit 180 000 m2). Les rues portent les noms des personnes de sa famille.

    Dans la même période, le domaine de la Buire, ancien domaine des Rachaix, est vendu en 1848 à divers propriétaires. En 1854, des opérations d´aménagement urbain s´organisent. Le cours des Brosses (Gambetta) est prolongé au-delà de la place du Pont. Une place circulaire, la place Victor-Basch est mise en place, à l´est de l´avenue de Saxe en cours de percement. Une deuxième se situe au clos de l´Abondance. Les rues de Créqui et Vendôme sont prolongées, créant ainsi la trame viaire que nous connaissons aujourd´hui. Le tout fut terminé avant la fin du Second Empire.

    D´autres percements de rues ont lieu, la rue Servient en 1860, pour la parade des troupes du quartier de cavalerie. Mais aussi le boulevard de ceinture.

    L´arrondissement est toujours séparé en deux par les fortifications, la caserne et la voie ferrée. Cette césure se renforce sous le Second Empire.

    Côté Rhône, on raccorde la trame viaire de Morand avec celle de la Guillotière en prolongeant l´avenue de Saxe les rues Monsieur et Madame. Après la grande crue de 1856, c´est la construction du quai de Joinville (actuel quai Victor Augagneur). L´aménagement a duré jusqu´en 1860. Ainsi l´aspect de la rive gauche fut complètement changé et perdit peu à peu son caractère naturel.

    Le développement des activités se poursuit, mais au rythme des terrains qui sont peu à peu ouverts à l´urbanisation. Le secteur du plâtre, situé après le grand port au bois, est dédié aux activités liées à l´alimentation ( fabrication de sirop et de semoules et pâtes alimentaires).

    À Saint-Amour et la Part Dieu s´installe une usine de gaz et gazomètres et les fabriques d´allumettes qui sont très nocives. Teintureries, fonderies et blanchisserie prennent place sur les rives de la Rize, de plus en plus polluée.

    À la Buire, Jules Froissard fonde les ateliers de Jules Froissard, précurseur, dès 1847, il veut construire du matériel ferroviaire. C´est la création des ateliers de la Buire, dirigés par les frères Mangini. Les constructions d´équipements (églises, écoles) vont suivrent le développement urbain des différents secteurs.

    3ème République.

    Le développement est tel qu´en 1912 on divise l´arrondissement : la partie méridionale devient le 7ème.

    Le développement n´est pas homogène et les différents quartiers qui constituent aujourd´hui le 3ème s´individualisent. Le quartier de la préfecture devient un secteur résidentiel.

    Le quartier du Plâtre, près du pont de la Guillotière voit se développer de nombreux petits commerces populaires. La Part Dieu reste à dominante militaire même si l´habitat populaire gagne de plus en plus de terrain. Au-delà de la voie ferrée, grandes usines et ateliers s´installent à Monplaisir, Baraban, Sans Souci et La Villette. Montchat s´agrandit (avec la création du clos Chautagne) mais change peu de physionomie. L´implantation de l´hôpital de Grange Blanche montre le souci grandissant d´équipements.

    L´urbanisation progresse encore, l´avenue de Villeurbanne et le cours Gambetta vont changer la structure urbaine et les données économiques. Jusqu´en 1890, Monplaisir conserve un caractère rural. Cependant, l´urbanisation se poursuit et le chemin de fer de l´est va considérablement modifier ce caractère de l´est de l´arrondissement.

    Le chemin de fer de l´est est proposé dès 1865 par les frères Mangini, plusieurs tracés étaient possibles. Finalement le tracé Lyonnais qui part de la gare de la Part Dieu est retenu. Il traverse en oblique tout le 3ème et puis les communes de banlieue. (Villeurbanne, Décine, Meyzieu). Un tissu d´activités va s´implanter autour. Cette ligne de l´est sera le déclencheur du développement industriel de tout l´est lyonnais dans les années 1880-1890.

    En 1880, on dévie et canalise le cours de la Rize, devenue trop polluée. Les travaux sont rapidement effectués dès 1882 le ruisseau ne subsiste que de la Ferrandière jusqu´aux petites Soeurs des Pauvres, installées à la Villette-Baraban, dans l´ancien couvent des Capucins chassés pendant la Révolution de 1848. Et début XXème La Rize a pratiquement disparue.

    Les quartiers se différencient

    La construction de la préfecture (1883-1890) par l´architecte Louvier va entraîner dans ce secteur le développement d´un habitat bourgeois (immeubles Art Nouveau).

    À la Villette-Paul Bert et Monplaisir, les industries se développent. Le secteur est situé entre la voie ferrée et les cours Lafayette et Albert-Thomas, il va vers l´est jusqu´à Villeurbanne et Montchat. Après la création de l´avenue Félix Faure et du cours Albert-Thomas et le percement de rues par de petits lotissements comme la rue Turbil, on ne réalise aucune opération de voirie importante. La structure générale est assez informe, mélange de vieux chemins sinueux comme la rue Paul Bert et de rues rectilignes comme le chemin de Baraban, formant biais et croisements inattendus. À cela s´ajoute le chemin de fer de l´est qui interrompt le tout.

    Néanmoins ce secteur présente d´excellentes conditions pour les industriels désireux de s´installer. Les terrains sont plats, le sous sol de bonne portance et l´eau en abondance. La desserte ferroviaire est optimum et de nombreux branchements particuliers sont mis en place. Les irrégularités de la trame viaire deviennent même un atout car les parcelles sont de tailles très différentes (de quelques centaines de m² à plusieurs hectares). Tous les besoins, de l´atelier à la grande usine peuvent être satisfaits. Les terrains sont encore peu cher et la main d´œuvre abondante est disponible.

    Le mélange de l´habitat et des activités est la règle : relation travail/habitat est courante. La proximité est un avantage. Les activités industrielles sont très variées, les plus importantes sont les usines Rochet-Schneider puis Berliet, chemin Feuillat ; la robinetterie de cuivre des établissements Seguin ; la chimie avec la société Vuillot-Ancel près de la rue du Dauphiné et le Textile chemin de Baraban. Les fonderies sont dispersées. De petits ateliers sont totalement intégrés à l´habitat. Une grande société de conditionnement de vins, Les Grandes Caves de Lyon se situe alors dans le château avenue Lacassagne.

    Le quartier est populaire et très vivant. Des maisons individuelles avec jardins et petits parcs sont construites. Le voisinage entre usine (polluantes et bruyantes) et habitat finira par générer des conflits.

    Sous la 3ème République, le lotissement de Montchat n´occupe qu´une petite partie d´une espace encore loin de la ville. Les exploitations agricoles sont très présentes autour du lotissement initial. Le développement du secteur se fait au fur et à mesure des besoins de l´urbanisation grandissante. Les exploitations disparaissent alors une à une. Avec les vingt dernières année du XIXe siècle, le lotissement s´agrandit considérablement avec la vente des terrains autour du château. Montchat se développe alors rapidement jusqu´au début du XXe siècle.

    L´individualisation du quartier Grange blanche par rapport à Montchat et Monplaisir intervient au début du XXème siècle. En 1908 Edouard Herriot décide de construire un nouvel hôpital en remplacement de celui de la Charité devenu vétuste. Tony Garnier propose une architecture qui reprend deux grands principes : les pavillons disposés en rangées forment un U, ils sont liés par des couloirs souterrains de grande dimensions. Les bâtiments sont couverts par des toits terrasses, et éclairés de larges ouvertures. Décrochements, et des pignons à redans rythment les façades.

    D´autre part, Les espaces verts sont particulièrement soignés.

    Le site se situe 331 cours Gambetta sur un tènement d´un seul tenant entre les rues Trarieux et Claude Viala (15 hectares 29). La réalisation de l´hôpital est longue et interrompue par la guerre. L´inauguration a lieu le 12 mars 1933.

    La vocation médicale du secteur se confirme avec la construction de la faculté de médecine, de l´école d´infirmière (8ème arrondissement), du centre Léon Bérard et de l´institut international du Cancer.

    Les transformations contemporaines.

    Depuis les années 50, l´arrondissement a encore beaucoup évolué, de manière inégale suivant les quartiers. La mutation de la Part Dieu a été un changement radical. Les activités industrielles remplacées par de l´habitat et du tertiaire, à partir de la fin des années 1970.

    En 1958, la caserne de la Part Dieu est mise en vente. 9 hectares sont alors disponibles au cœur de la ville. Après des pérégrinations compliquées, la caserne de cavalerie est rasée, et un centre d´affaire et commercial se construit. En 1975, ce centre dispose d´une desserte locale (métro) puis d´une desserte nationale et internationale avec la Gare de la Part Dieu et le TGV (la gare a été agrandie en 2001) faisant de La Part Dieu le centre d´affaire de Lyon. Les bureaux se sont installés en nombres non seulement à la Part Dieu mais aussi à la Villette. Ce secteur est alors profondément transformé par de nouveaux percements. La création de l´avenue Georges Pompidou et l´élargissement de la rue de la Villette modifient entièrement l´urbanisme. Les édifices de bureaux ont aussi colonisé place de la Villette.

    L´opération Moncey Nord où le bâti ancien et vétuste a été détruit (y compris la cité Rambaud) et remplacé par des immeubles issus des idées de Le Corbusier construits par l´architecte Zumbrunnen marque la mutation du secteur qui est complétée en 1997, par le nouveau palais de justice. Vient ensuite la réhabilitation du quartier du plâtre et de la place Gabriel Péri.

    Mais ce qui marque le plus le paysage du 3ème arrondissement à partir de 1970-1980, c´est le départ des industries. À la Villette-Baraban, Monplaisir Sans-Souci, les usines ferment ou partent dans des zones industrielles périphériques.

    La nécessité de séparer les fonctions production/habitat dans une ville moderne pour éviter les dangers et les nuisances engendrées par ces activités en est une des causes. Pour certains industriels c´est le moyen de générer de bonnes opérations immobilières en vendant des terrains à un prix élevé (comme terrain à bâtir) pour des tènements souvent de grandes dimensions. Leur départ permet de cesser des activités devenues peu rentables (les fonderies par exemple). Le phénomène est présent partout mais particulièrement sur l´axe Saxe-Albert-Thomas. L´arrivée de la ligne D du métro en 1991 a fortement développé l´attractivité de l´arrondissement : les terrains disponibles ont donc été rapidement occupés par des immeubles de 5 à 6 étages. Le tissu ancien disparaît peu à peu. Ces constructions se font de manière ponctuelle, sans plan d´ensemble et sans toucher à la trame viaire sauf pour la Buire, où les anciens ateliers ont laissé place à une urbanisation dont l´organisation est cohérente autour de l´ancienne place de la Buire, l´actuelle place Bir Hakeim.

    Le 3ème est un arrondissement riche aux multiples facettes. Les différents quartiers qui le composent se sont individualisés les uns des autres, formant aujourd´hui l´arrondissement le plus dynamique de Lyon. Une urbanisation grandissante le modifie : de plus en plus de constructions neuves viennent remplacer le tissu urbain ancien. Cependant, il est encore possible aujourd´hui d´apercevoir, au détour des rues, le caractère originel des différents secteurs. Ainsi à Montchat, l´architecture industrielle côtoie encore un habitat de petite dimension.

    L´activité industrielle a été grandement remplacée par le secteur tertiaire mais le 3ème arrondissement reste le premier employeur lyonnais. Le patrimoine industriel du 3ème présente deux caractères distincts, d´abord les grands sites qui occupaient souvent des emprises importantes ont bien souvent déjà muté en habitat. Ensuite, les petites et moyennes industries qui étaient intégrées aux habitations. Ces espaces sont en pleine mutation. La connaissance de ces parcellaires mutables peut aider à une meilleure gestion urbaine en se posant la question de leur devenir. Le tissu urbain change et évolue en fonction de besoins et des politiques urbaines qui se succèdent, mais on voit encore, à Montchat, par exemple ce que sont les caractéristiques d´une architecture industrielle urbaine.

    Les industries sont en général des usines de taille moyenne dite en cœur d´îlot qui sont intégrées à un habitat de taille moyenne. Les immeubles ne s´élèvent que sur deux ou trois étages. Cette disposition confère encore au secteur un air de village qui disparaît peu à peu, c´est vrai, d´où l´importance de ces repérages et études pour tenter de préserver l´identité du secteur.

    Exemple du quartier Montchat

    La première mention du lieu dit de Montchat, comme nous le nommons aujourd´hui, remonte au XVe siècle. Louis Tindo, émissaire de Louis XI, est envoyé à Lyon en 1479. Sa mission est alors de tracé une frontière entre le Dauphiné et le Mandement de Béchevelin. En effet, un procès est en cours contre le présidial de Lyon et le parlement de Grenoble au sujet de la juridiction de la Guillotière. Le document d´enquête de Louis Tindo cite, pour la première fois, le nom de Monchal, devenu aujourd´hui par déformation Montchat. « Nous transportâmes par le chemin par lequel on va de Lyon à Genas jusques au boys de Monchal.» Il situe alors Monchal, comme un lieu dit de la commune de Chaussagne, village médiéval aux confins du Dauphiné.

    Après cette citation initiale, le premier propriétaire connu du domaine de Montchat est Noble Pierre Prost. Ces héritiers vendirent le domaine en 1533 à Noble Jean Catherin, concierge des prisons royales à Lyon. C´est lui qui fit construire le château Montchat. Monsieur Jacquemont, historien averti de Montchat, décrit le quartier : «Montchat s´étendait depuis les confins de Bron et de Genas, jusqu´aux portes de la Guillotière ; c´était un des fiefs les plus considérable des environs de Lyon. La résidence que se fit construire Noble Jehan Catherin n´était pas un château mais une sorte de maison forte, avec tour, tourelles et colombiers, dans le genre de celle des Tournelles. Un parc, avec de beaux marronniers entourait le château, où l´on parvenait par de larges avenues de tilleuls. L´habitation comprenait plusieurs pièces de maître et il s´y ajoutait de nombreuses dépendances pour loger les gens travaillant sur le domaine, le matériel agricole et les récoltes. Une belle chapelle était située en dehors et à droite des bâtiments. Dans le cours des années, la chapelle fut détériorée et remplacée par un oratoire dans le château même. Le château existe toujours ; son aspect n´aurait sensiblement pas changé, si une restauration critiquable n´avait décapité la tour de sa poivrière pour la remplacer par des créneaux d´apparence féodale» .

    Le domaine de Montchat passe ensuite entre les mains de Gaspard et Jean Laube, seigneurs de Bron qui le vendent à monsieur Basset, échevin de Lyon et membre de l´ancienne maison consulaire de Lyon de 1635 à 1637. C´est son fils, Jean Basset qui vend le domaine le 14 mai 1682 devant le notaire maître Louis Rougeault, aux révérends pères de la congrégation de Notre Dame des Feuillants. La congrégation tente alors d´en faire un domaine vinicole mais c´est un échec. Propriétaire jusqu´en 1689, la congrégation vend le domaine, à maître Jacques Besson, notaire et conseiller du roi, originaire de Rive-de-Gier. Selon l´acte du 3 janvier 1689 passé devant le notaire maître Rougeault, Montchat est acheté pour 9000 livres et 10 louis d´or. Le domaine occupe alors 230 hectares. La limite nord se fait par le chemin de Lyon à Genas, à l´est, par le chemin du Vinatier (actuel boulevard Pinel), au sud par le chemin de Lyon à Saint Laurent (actuel avenue Rockefeller) et à l´ouest, le domaine s´étend jusqu´aux portes de la Guillotière.

    En 1709, le fils de Jacques Besson, Pierre, reçoit le domaine en héritage. Il se marie ensuite avec Jeanne Mayoud. Six enfants naissent de cette union, dont Louise. Louise épouse Mathieu Bonnand, Leur petite fille Antoinette se marie en 1811 avec Henry Vitton, maire de la Guillotière. Leur fille épouse Louis François Richard. Ainsi naît la dynastie des Richard-Vitton qui constitue tout un pan de l´histoire de Montchat.

    En 1852, Napoléon III annexe définitivement la commune de la Guillotière à Lyon, et la rive gauche (Vaulx, Villeurbanne, Saint Fons, Vénissieux) au Rhône, Montchat ne marque plus une frontière avec le Dauphiné. Il faut rappeler qu´en 1789, la commune de la Guillotière avait été rattachée à Lyon mais, en 1793, la Convention pour punir Lyon après le siège de la ville, avait séparé La Guillotière de Lyon pour la rattacher au département de l´Isère.

    Lyon s´agrandit en 1852, mais le domaine de Montchat reste un territoire hors de la ville, à la campagne.

    En 1857, Jean Louis Richard-Vitton décide de lotir un grande partie du domaine anciennement occupée par le château de Montchat : il garde 17 hectares autour du château, qui seront incorporés dans le lotissement à la mort de sa femme, en 1883.

    Le projet n´est pas dessiné à accueillir des maisons de campagne mais des habitations pour des personnes disposant de faibles moyens. Les parcelles sont donc petites (moins de 1000 m²) et dans un souci d´économie les rues sont petites (10 mètres de large en moyenne). La population du 3ème s´accroît et l´inondation de 1856 incite les gens à rechercher des terrains à l´abris, faisant de Montchat un nouvel espace privilégié.

    La trame viaire est classiquement en damier, mais l´orientation n´est aucunement liée aux points cardinaux ni autres trames en cours d´ouvertures (celles de Morand et Tournelles). Les rues, dont l´axe central est le cours Henri (actuel cours du Docteur Long), sont tracées du SO au NE. Ce cours correspond à la grande allée ombragée de tilleuls qui conduit au château depuis le XVIIIe siècle. À l´extrémité nord, le cours Richard-Vitton recoupe le tracé en légère courbe du vieux chemin de la route de Genas.

    L´opération qui est un succès est déjà largement engagée quand en 1858, Richard-Vitton écrit à la ville de Lyon, donc à monsieur Vaïsse (maire de Lyon et préfet) et Delerue (ingénieur des ponts et chaussées chargé de la rive gauche du Rhône), pour offrir de céder le sol des rues du lotissement. L´entretien est à la charge de la ville. En réalité, la ville est mise devant le fait accompli car les rues sont déjà tracées et parfois même empierrées. Seules quelques modifications sont faites sur les tracés bien que Delerue trouve la largeur des rues insuffisante. Dans l´idéal, il aurait voulu 12 mètres. Le cours Henri est légèrement infléchi pour constituer une ligne droite dont le prolongement (qui n´a jamais été réalisé) devait aboutir à la place de Monplaisir (aujourd´hui Ambroise Courtois). Sur ce même cours, il est préconisé dans les actes de vente que les maisons doivent être construites à 10 mètres des limites pour permettre des plantations. Celles-ci s´ajoutant à celles du cours donneraient naissance, selon Delerue, à un « axe vert comparable à ceux des quartiers périphériques de Londres » . Ces prescriptions ont été longtemps suivies et Montchat est encore, en quelques endroits, un quartier de Villas noyées dans la verdure.

    Le développement du quartier est lancé, mais au début de la 3ème république, le lotissement de Montchat n´existe que depuis 12 ans. Il n´occupe qu´une faible partie d´un espace qui apparaît encore comme très loin de la ville. Autour du noyau primitif du lotissement, il existe surtout des espaces agricoles, où céréales, vignes, jardins et vergers se côtoient. Les exploitations sont petites quelques grandes fermes sont néanmoins présentes. Les deux plus importantes sont celles qui sont conservées par les Richard Vitton autour du château et sur les pentes de Chambovet et celle dite de la Grange Blanche d´Aubenas qui occupe 15 hectares en bordure du chemin des Sables. Cette agriculture perdurera longtemps. La famille Bonfy, fermiers des Richard Vitton est encore en activité en 1936, mais l´exploitation sera grignotée par le développement urbain.

    Le développement se fait par à-coups lors de la mise en vente de terrains par les propriétaires, sans plans d´ensemble ce qui explique l´incohérence de la trame des rues et les contrastes de contenu social. En 1883, à la mort de Louise Vitton, on agrandit le lotissement à proximité du château avec les mêmes principes de départ, mais on abandonne le prolongement du cours Henri. Chemin des Pins (actuelle avenue Lacassagne), on implante le nouveau dépôt de tramways qui existe toujours et qui porte encore le nom de dépôt des Pins. De petites zones de villas s´implantent à l´écart de la circulation générale : entre le cours Eugénie, la rue des Peupliers et l´avenue Lacassagne. Sur des pentes là où la vue est étendue, de belles villas à petits parcs, s´installent. À l´ouest, sur une zone plate, on construit des maisons plus modestes dans le secteur de la rue Jeanne d´Arc.

    La seule opération véritablement organisée est celle du clos Chautagne qui entourait le château loti en 1898 sous la condition que les constructions ne pourraient accueillir aucune activité industrielle ou commerciale. Le cours Eugénie est donc voué aux maisons individuelles mais sur des terrains beaucoup plus vastes que ceux de Montchat. La population augmente donc rapidement. En 1856, on comptait à Montchat 73 maisons et 654 habitants pour atteindre en 1896, 855 maisons et 3573 habitants.

    Le développement de ce secteur est lié à l´essor des transports en commun qui facilite les déplacements. En 1881, le tramway à chevaux relie Montchat au centre de Lyon avec la ligne Bellecour Montchat. En 1896, la ligne de tramway à vapeur rejoint les Cordeliers à Montchat. Le tramway électrique fait son apparition en 1902. Puis les bus et la ligne de métro D viendront parfaire la desserte de Montchat.

    D´autre part, la mise en service de la ligne de chemin de fer de l´est va favoriser le développement de l´industrie. Cette ligne qui mène de Lyon à Saint-Genis-d´Aoste traverse la zone nord-ouest de Montchat. La ligne est mise en service en 1881 et rapidement, de nombreuses industries s´installent dans ce secteur. Les raccordements privés se multiplient le long de la voie de l´est. Les industries voient dans cette zone plusieurs avantages pour leur installation et leur développement. Les terrains disponibles sont nombreux et les parcelles sont de tailles très différentes permettant ainsi de satisfaire les besoins des petites comme des grandes industries. La desserte est efficace et la main d´oeuvre est disponible à proximité. La mixité entre industrie et habitat caractérise Montchat et le secteur, on retrouve cette singularité au nord du 3ème arrondissement et jusqu´à Villeurbanne. Les petits et moyens ateliers s´installent partout, ils sont souvent construits sur cour, les plus grands occupent toute la surface des parcelles.

    À Montchat, les industries sont en général, de taille moyenne (usine Rochet Schneider), et totalement intégrées dans le tissu urbain. Les logements ne s´élèvent que sur deux ou trois étages. C´est cet urbanisme restreint avec des hauteurs limitées qui donne son caractère architectural particulier à ce quartier.

    Le long de la voie de l´est, sur l´avenue Lacassagne les sites industriels prennent place sur des tènements qui sont souvent plus importants, sur les parcelles les usines prennent place aux côté de villas qui accueillaient les bureaux, ayant pignon sur l´avenue et conférant prestige et importance aux ateliers de fabrication. Rue du Dauphiné, les ateliers de fabrication étaient en fond de cour derrière un immeuble de trois ou quatre étages ayant pignon sur rue. Rue Girie, on retrouve le même tissu urbain qu´à Montchat où les industries sont complètement indissociables des habitations. Chaque secteur garde encore aujourd´hui une identité qui lui est propre et c´est ce qui fait toujours la particularité du patrimoine industriel urbain du 3ème arrondissement.

    Dans les années 1930, le secteur de Grange-Blanche devient indépendant de Montchat avec l´essor des grandes enceintes médicales qui se mettent an place. En 1928, Rockefeller fit un don pour la construction de la faculté de médecine. L´hôpital Edouard Herriot est inauguré en 1933. Dans le même temps, une clinique mutualiste s´installe rue Trarieux, puis peu après l´hôpital militaire Desgenettes prend sa place Boulevard Pinel, sans oublier l´Hôpital du Vinatier à Bron.

    Montchat reste un secteur principalement résidentiel qui tente de garder son caractère originel malgré l´urbanisation. En 1950, l´abbé Béard en décrit les attraits : « Montchat reste encore cette banlieue aérée qui garde jalousement comme un cachet de petite ville de province. Et aussi au hasard d´une promenade, vous entrez chez quelques artisans - nombreux chez nous- un large éventail de besognes variées, accomplies avec goût, vous y étonnera !» .

    Les petits ateliers et industries sont encore en activités mais, ce qui marque la fin du XXe siècle, à Montchat, comme pour le 3ème arrondissement, c´est le départ des industries qui ferment ou qui vont s´installées en périphérie. En conséquence, les espaces vacants sont nombreux et le tissu urbain se densifie. L´habitat se développe et même si au début des années 1960 Montchat semble encore épargné par l´urbanisation grandissante, la situation évolue et les maisons les plus petites sont remplacées par des immeubles collectifs de six étages en moyenne. Ces mutations urbaines sont surtout visibles cours du Docteur Long. Dans les années 1980, l´urbanisation est telle, que les Montchatois protestent contre les constructions d´immeubles de grandes hauteurs autorisées par le plan d´occupation des sols.

    Aujourd´hui, Montchat garde son caractère résidentiel originel, de nombreuses petites industries ont été remplacées par des activités commerciales ou tertiaires, certains sites sont encore en activité. D´autres sites industriels ont été reconvertis, mais certains sont vides et désaffectés. Ce sont les témoignages industriels de Montchat. Ces sites méritent une attention particulière puisque leur mutation est prévisible à court terme. Les traces du passé industriel sont encore aujourd´hui présentes dans ce secteur, mais il est parfois difficile de les repérer puisqu´elles sont totalement confondues dans le tissu urbain. Ce périmètre industriel qui s´étend au nord-ouest contraste avec la partie sud-est qui est essentiellement résidentielle avec le clos Chautagne. Cette différence créée une césure dans la lecture du tissu urbain. D´autre part, la question de la place des sites industriels et des villas d´industriels de ce secteur est posée.

    Ces questions sont d´actualité puisque tout près de Montchat, au sud-ouest, entre les rues Feuillat, et Dauphiné et entre l´avenue Lacassagne et le cours Albert Thomas, le secteur est entièrement modifié : les constructions contemporaines effacent le tissu ancien. Le 3eme arrondissement reste donc un laboratoire d´une ville qui se reconstruit sur elle-même.

    Source principale : PELLETIER Jean, Connaître son arrondissement, Le 3ème de la Guillotière à la Part-Dieu, de Montchat à Monplaisir, ed. Lyonnaises d´art et d´histoire, C. E., 2000.

    A.M. Lyon, cote 1 S 165a : plan de scénographique de Lyon de 1550

    CHAUVY Gérard, Les quartiers de Lyon au fil des rues. ed Privat, Toulouse, 1993.

    BAZIN George, Montchat, Lyon 3ème, un ancien lieu dit de la rive gauche. 1956. P. 29

    PELLETIER Jean, Connaître son arrondissement, Le 3ème de la Guillotière à la Part-Dieu, de Montchat à Monplaisir, ed. Lyonnaises d´art et d´histoire, C. E., 2000. P. 34

  • 4e arrondissement : patrimoine industriel synthèse: étude urbaine

    Grâce à l’essor de la spéculation et au développement de l’industrie de la soie au début du siècle, c’est une nouvelle ville qui s’élève sur le Plateau de la Croix-Rousse. Les tisseurs et leurs familles se déplacent sur le Plateau où les terrains vierges sont rapidement investis par des propriétaires privés qui y construisent de hauts immeubles destinés au travail alors que la ville de Lyon ne peut offrir d’aussi vastes terres disponibles et surtout prêtes à bâtir immédiatement. La création de ce nouveau type d’architecture va de paire avec une certaine logique d’urbanisation. Ce sont en effet une majorité de propriétaires privés qui ouvrent des rues et mettent en place des lotissements dans lesquels s'élèvent les immeubles-ateliers. L’activité de la soierie a profondément marqué la Croix-Rousse et son paysage architectural, si bien que le travail effectué dans les ateliers se lit encore sur les façades et dans les immeubles où habitat et production n’étaient pas séparés.

    Le Plateau de la Croix-Rousse et notamment le secteur oriental connaît une urbanisation spontanée dès le début du XIXe siècle qui s’exprime par le passage d’une Croix-Rousse agricole à une Croix-Rousse laborieuse. Les terrains les plus à l’est sont les premiers à être percés et bâtis tandis que le secteur occidental conserve son caractère rural des siècles précédents. Le centre du Plateau regroupe quant à lui des terrains agricoles où jardiniers et viticulteurs prospèrent tout au long de l’époque moderne jusqu’au deuxième quart du XIXe siècle. Une description du Plateau donnée en 1826 lors d’une réunion du Conseil Municipal de la Croix-Rousse offre une image précise du territoire en pleine urbanisation, et des changements qui s’y opèrent : « depuis onze ans environ, la commune de la Croix-Rousse autrefois peuplée de cultivateurs et de quelques artisans, distribuée pour des jardins et des maisons de plaisance la plupart occupées durant la belle saison seulement par les habitants aisés d’une grande ville voisine, a vu s’élever au milieu d’elle de vastes bâtiments où accouraient aussitôt une nombreuse population d’ouvriers en soie des fabriques de Lyon, jusqu’à présent les constructions n’ont pas été achevées, qu’on y ait au même instant aperçu des habitants empressés de s’y loger. Le fâcheux état du commerce semble avoir cette année ralenti cet empressement mais n’a point empêché l’accroissement de la population reconnue à plus d’un indice. Plusieurs quartiers distribués par de nouvelles rues se sont formés sur un sol où venaient d’être cultivés des arbres et des fleurs. A ce changement la propriété de quelques uns a perdu en agrément, toutes ont gagné en valeur »1.

    (en crs cf fiche générale 4e : IA69001355)

  • 5e arrondissement : synthèse

    Documentation concernant le patrimoine industriel du 5° arrondissement de Lyon

    source : information entreprises, CCI de Lyon, 5° arrondissement, novembre 1996.

    Le 5° regroupe en 1990, 11% de la population Lyonnaise soit 46 071 habitants. Il n’accueille que 5,3% du total des emplois de Lyon soit 13

    985 emplois. Le taux d’emploi est de 70,7% soit le plus faible de Lyon.

    Le 5° accueille 6,2% des établissements lyonnais soit 2 176, ce qui le place en avant-dernière position (devant le 4°). Le 5° est le moins

    industrialisé, il ne totalise que 5% des établissements industriels lyonnais.

    Par rapport aux autres arrondissements, ce sont surtout les activités :

    industries alimentaires, industries textile, papier-édition-imprimerie-graphisme, électricité-électronique qui sont le moins représentées. 52% des industries implantées dans le 5ème proviennent du secteur du BTP.

    Les 10 premières entreprises en 1996 : source : SCRL Diane, août 1996.

    AGIP FRANCAISE (raffinage de pétrole) 1958

    ETS GIRARD ET FILS (cx de gros de combustibles) 1959

    GENERALE TRAITEUR (préparation industrielle de produits à

    base de viande) 1935

    CEGID INFORMATIQUE (réalisation de logiciels) 1986

    EXPERTS ET FINANCE SA (autres auxiliaires financiers) 1987

    REGIE NETWORKS (activité de radio) 1986

    SA FLOREAL (cx de détail et carburants) 1989

    NOUVELLE CLINIQUE MEDICALE DE CHAMPVERT (activités hospitalières) 1957

    RDS DISTRIBUTION (cx de gros alimentaire spécialisé divers) 1992

    JAMES MARTIN AND CO France (conseil pour les affaires et la gestion) 1986

    source : INSEE - recensement de la population -

    sondage au 1/4

    L’emploi dans l’industrie, 60% des emplois sont dans l’activité BTP, il totalise le nombre le plus faible d’emplois dans

    l’industrie.

    Répartition des établissements par activité en 1995.

    BTP - 113entreprises - (1688 à Lyon aux arrondissements)

    - métallurgie (mécanique générale, industrie automobile) 12 entreprises (349 à Lyon)

    - industrie alimentaire et agricole : 10 entreprises (140 à Lyon)

    - chimie, pharmacie, plasturgie : 8 (189 à Lyon

    - industrie textile : 4 (464 à Lyon)

    - papier, édition, imprimerie,graphisme : 25 (539 à Lyon)

    - industrie du bois et du meuble : 16 (232 à Lyon)

    - électricité, électronique : 8 (270 à Lyon)

    - industrie diverses (fabrication maroquinerie, articles de sport, bijouterie) : 21 (355 à Lyon)

    TOTAL INDUSTRIE dans le 5e : 217 (4226 à Lyon)

    source : INSEE, 31/12/1995.

  • 6e arrondissement : synthèse

    Information entreprises, CCI de Lyon, 6° arrondissement, novembre 1996-1999.

    En 1990 le 6° accueille 11,6% du total des emplois de LYON soit 30 635 emplois. Le taux d’emploi est de 158,8% (149,3% sur Lyon).

    L’emploi dans l’industrie : l’activité BTP est représentée principalement par des entreprises de moins de 50 salariés. Il en est de même pour les industries textiles et l’activité papier, édition, imprimerie, graphisme ; En revanche près de 70% des emplois des activités industries alimentaires et métallurgie sont occupés par une seule entreprise, soit respectivement l’entreprise Panzani et NFM ;

    Cet arrondissement accueille 14,6% des établissements lyonnais soit 5 142, ce qui le place en 3ème position après le 3° et le 2° arrondissement.

    Près de la moitié (51,3%) des établissements industriels est issue du BTP (162 établissements) et de l’industrie textile (111 établissements spécialisés notamment dans la fabrication de vêtements et de tissage de soieries). Le 6° et le 1° sont les arrondissements qui totalisent le nombre le plus important d’établissements lyonnais dans l’industrie textile.(respectivement 24%).

    Les 10 premières entreprises de l’industries de l’industrie textile

    STE BUCOL (tissage de soieries) 1957

    SFATE ET COMBIER (tissage de soieries) 1992.

    SOIERIES GOTHIEL SA (tissage de soieries) 1988

    SOIERIES BORD (tissage de soierie) 1959

    SA LUCIEN MINSAC (tissage de soieries) 1955

    CREALYTEX-CREATION LYONNAISE DE TEXTILE (fabrication d’autres vêt et accessoires) 1978

    COURT METRAGE(fabr. De vêt de dessus femmes fillette) 1984

    PLATROZ SA (fabr. Autres vêtements et accessoires) 1898

    SA NOUVELLE INDUSTRIE DU VËTEMENT-NIV (fabrique de vêtement de dessus femme/fillette) 1978

    ROMAIN SA (tissage de soieries) 1946

    source : SCRL Diane, août 1996

    Le 6° accueille également le nombre le plus élevé d’établissements lyonnais de l’industrie des meubles (22,4%). Il s’agit surtout d’industrie connexe à l’ameublement.

    JAIT (industrie connexes de l’ameublement) 1987

    STE D’ENTREPOSAGE ET DE MARCHANDISE INDUSTRIE (fabrication de sièges) 1984

  • 7e arrondissement : synthèse urbaine Rive Gauche à la Guillotière et à Gerland

    Rive Gauche Brotteaux/ Guillotière

    Les mutations industrielles nous paraissent importantes dans l'explication des paysages de la rive gauche, et plus particulièrement des lenteurs de l'urbanisation du fond des Brotteaux et de la Guillotière. Les Coignet par exemple installent leur fabrique de colle, de noir animal et de phosphore, en 1828 dans le quartier de Baraban, à proximité de tous les petits ateliers artisanaux de fabrication d'allumettes, de la Guillotière et des Brotteaux. La première forme d'une colonisation industrielle et urbaine fut une sorte de projection des Cités des Brotteaux : c'est la cité Napoléon lancée sous le second empire le long du cours Lafayette prolongé au delà de la ligne des fortifications, elle portera le nom de Cité Lafayette. On n'y retrouve dans un premier temps une grande diversité professionnelle liée à ce quartier puis une prédominance des usine textile et de teinturerie apparaît dès 1880 le long de la Rize, de la route de Vaulx du chemin des Charpennes à Cusset puis la ferrendière. A la même période la construction de la voie de chemin de fer de l'est de Lyon sera un vecteur important de ces installations industrielles de la population ouvrière aux Maisons Neuves.

    Gerland : Gerland et Saint-Fons restent les quartiers les plus riches en usines de l'agglomération Lyonnaise. (cf : Michel Laferrère, , Lyon ville industrielle, PUF, 1960, p. 38)

    Le 7° est constitué principalement par les quartiers de la Guillotière et Madeleine, quartiers traditionnels d’artisanat et de commerce, le quartier des facultés et des hôpitaux et Gerland. Ce dernier quartier connaît depuis une quinzaine d’années de profondes transformations, qui l’amènent loin de l’image ancienne du quartier du stade de Lyon et des abattoirs.

    Avec 53 860 habitants, le 7° arrondissement représente 13% de la population lyonnaise. C’est l’un des arrondissements les plus peuplés. Il accueille 16,5% du total des emplois de Lyon soit 43 508 emplois. Le taux d’emploi est de 180,2% (149,3% sur Lyon). Par rapport à la moyenne lyonnaise, la répartition des emplois se caractérise par l’importance de l’industrie et une moindre part des services.

    Entre 1990 et 1994 l’emploi salarié privé n’a pratiquement pas évolué dans ses effectifs. La perte qu’a connue l’industrie et la construction (-16,7%) a été en partie compensée par une augmentation de 9% des effectifs du commerce et des services.

    L’emploi dans l’industrie (hors entreprises artisanales). Le 7° compte avec le 3° arrondissement, le nombre d’emplois industriels le plus élevé des arrondissements.

    Seulement 5% des entreprises y emploient 60% des effectifs. 6 entreprises emploient 88% des effectifs de l’activité chimie, pharmacie, plasturgie. On trouve notamment sur cet arrondissement les laboratoires Aguettant, Pasteur-Mérieux, Rhône-Mérieux.

    Le 7° arrondissement concentre 52% des emplois lyonnais de l’activité métallurgique. 78% des effectifs sont occupés par 9% des entreprises. 3 entreprises de cette activité ont plus de 100 salariés : Gec Alsthom (robinetterie industrielle), CIAPEM (lave-linge et sèche-linge), Audincourt Rhône-Alpes (tuyauterie industrielle). Il est également l’arrondissement où les effectifs employés dans le BTP sont les plus importants. Plus de la moitié sont occupés par des entreprises de moins de 50 salariés. On note la présence sur l’arrondissement de Jean Lefebvre, SCREG, Sogéa Rhône-Alpes.

    Le 7° accueille 14% des établissement lyonnais, soit 4 931, ce qui le place en quatrième position après le 3°, le 2°, et le 6°. Près de la moitié (45,3%) des établissements industriels est issue du bâtiment et des TP (314 établissements).

    Les10 premières entreprises de BTP :

    SOGEA RHONE-ALPES (réalisation réseaux)

    DANTO ROGEAT ENTREPRISE (installation équipement thermique, climatisation)

    ARMANDINTER CHAUFFAGE (installation équipement thermique, climatisation)

    CIERG SA (installation équipement thermique, climatisation)

    SA BABICH WELBOND BATIMENT (installation menuiserie métallique)

    BETON CHANTIER RHONR AUVERGNE (fabrication et livraison de béton prêt-à-l’emploi)

    ROIRET ENTREPRISE SA (travaux d’installation électrique)

    SARL CITRAL (terrassement divers, démolition)

    ENTREPRISE FRANCAISE FONDATION ELF (forage et sondages)

    OMEGA CONCEPT (installation équipement thermique, climatisation)

    Il est l’un des arrondissements après le 3° qui accueille le nombre le plus élevé de grossistes industriels : commerce de gros de matériel électronique, électrique, informatique, matériel de bureau, équipement industriel (25,8%). Les grossistes de l’arr. proviennent surtout de cette activité (57,5%).

    Le parc du confluent ou grand parc de Gerland.

    A la place des friches situées au-dessus des berges du Rhône sera aménagé sur plus de 40 hectares, le grand parc du confluent nommé également grand parc de Gerland, un grand espace de verdure et de loisirs sportifs qui fera pendant au parc de la Tête d’or et se prolongera jusqu’au port Edouart Herriot. Il devrait être relié par une passerelle à la pointe du confluent, déjà une promenade de verdure et une piste cyclable sont réalisées Cet aménagement nécessite la recomposition des espaces et la relocalisation de certaines activités, ainsi que le traitement des voiries.

  • 8e arrondissement : synthèse

    Présentation

    Le territoire du 8e arrondissement est localisé à l'est de la ville et c'est là que c'est développé la ville industrielle aux XIXe et XXe siècle. Les usines Lumière s'y installent dès 1880 pour la fabrication de papier photographique puis de pellicules puis du cinéma. Nombreuses entreprises vont rejoindre les établissements Lumière : l'industrie automobile, l'appareillage électrique, la mécanique, la chimie, l'aviation, la métallurgie, le tabac, les fabriques de produits alimentaire ainsi que des société d’horticultures spécialisées dans la culture et création de roses.

    source : Information des entreprises, CCI de Lyon, 8° arrondissement, novembre 1996.

    Le 8° arrondissement de Lyon fait partie des arrondissements les plus peuplés de Lyon, il arrive en seconde position derrière le 3ème arrondissement avec 64 763 habitants soit 16% de la population lyonnaise. Cet arrondissement se différencie de la moyenne lyonnaise par une représentation relativement importante des ouvriers : 13,6% (Lyon : 9,7%). Il accueille 8,4% du total des emplois de Lyon en 1990 soit 22 147 emplois. Le taux d'emploi, c'est-à-dire le nombre d'emplois pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans le 8° arrondissement est de 83,6%, c'est l'un des taux les plus bas de Lyon.

    L'emploi dans l'industrie (hors entreprises artisanales) représente 90% des effectifs de l'activité électricité, électronique sont occupés par 3 entreprises : Patay Moteur, Jeumont-Schneider transformateurs, Coreci.

    Il emploie les plus importants effectifs lyonnais pour cette activité soit 30%. 70% des effectifs de l'activité chimie, pharmacie, plasturgie sont occupés par les entreprises, Lavirotte Givaudan et Givaudan Roure.

    L'activité métallurgique comprend ici la mécanique générale, la fabrication de machines outils. 74% des emplois sont occupés par l'entreprise Compa, Mil's Pompes à vide et compresseurs et Calor.

    Cet arrondissement accueille 7,1% des établissements lyonnais soit 2 499, ce qui place en 7ème position des arrondissements. 52,6% des établissements industriels proviennent du bâtiment et TP. Le 8° accueille le moins d'établissements lyonnais dans les domaines de l'industrie du bois et des meubles, des industrie diverses et des industries alimentaires et agricoles (respectivement 10 établissements).

    exemple non exhaustif d'industrie (hors entreprises artisanales)

    Lyonnaise industrielle pharmaceutique (fabrication de médicaments) :

    code NAF : 244C

    CA en KF : 1 458 962

    effectif : 1 200

    année de création : 1942

    Calor SA (fabrication appareil électroménager) :

    code NAF : 297 A

    CA en KF : 1 429 256

    effectif : 2052

    année de création : 1973

    Lipha santé (fabrication médicament) :

    code NAF : 244C

    CA en KF : 1 043 471

    effectif : 350

    année de création : 1947

    Jeumont-schneider transformation (fabrication de moteurs, génératrices

    et transformateurs électriques) :

    code NAF : 311 B

    CA en KF : 480 785

    effectif : 700

    année de création : 1987

    En 1990, la COURLY a racheté à la SEITA les locaux de l'ancienne Manufacture des tabacs d'une surface de 28000 m2 afin de les mettre à la disposition de l'Université Lyon 3 Jean Moulin. Les travaux de rénovation débutent en 1992, par la société l'Avenir-Pitance, projet de réhabilitation est conçu par l'architecture Albert Constantin.

  • 9e arrondissement : synthèse

    Le 9e arrondissement est composé de quartier contrasté, principalement des quartiers de Vaise, Saint-Rembert et la Duchère. Sa création ne date que de 1964 et cet arrondissement recherche aujourd’hui une identité mise à mal par les problèmes de circulation et les difficultés économiques : c’est dans le début des années 1980 que Rhodiaceta fermait ses portes et que le quartier de l’industrie se vidait de ses entreprises jusqu'à 2010. Le 9° opère aujourd’hui une profonde transformation axée sur la revalorisation de l’habitat et le développement économique.

    Le contournement nord de Lyon, l’arrivée du métro au cœur de Vaise, les projets de pôles économiques témoignent de l’avenir de ce quartier, désigné comme site stratégique par le schéma directeur de l’agglomération lyonnaise.

    Il compte en 1990, 47 124 habitants soit 11,3% de la population lyonnaise. Le taux d’activité (actifs plus chômeur/pop en âge d’occuper un emploi) du 9° est de 59,6%, le plus élevé des arrondissements de Lyon (Lyon 55,5%, agglomération 57,6%)

    Le 9° est l’arrondissement où la part des emplois industriels est la plus importante. L’emploi dans l’industrie (hors entreprises artisanales) Rhône-Poulenc Agro-Chimie et Rhône-Poulenc jardin concentrent 91% des emplois de l’activité chimie, pharmacie, plasturgie. 70% des emplois de l’activité BTP sont occupés par des entreprises de moins de 50 salariés. Ronis fabricant de serrures a son siège dans le 9° et emploie 40% des effectifs de l’activité métallurgique. 90% de l’activité électricité, électronique sont occupés par l’entreprise SLI, fabricant de lampes électronique. En revanche, 83% des emplois de l’activité Industries textiles sont occupés par des entreprises de moins de 50 salariés. L’activité papier, édition, imprimerie, graphisme ne regroupe que des entreprises de moins de 50 salariés.

    L’entreprise Voisin, fabricant de chocolats a son siège dans l’arrondissement et emploie 67% des effectifs des industries alimentaires et agricoles. Le 9° accueille 7,9% des établissements lyonnais soit 2 776 ce qui le place en sixième position des arrondissements.

    Les vastes friches industrielles qui composent le 9°devraient faire l’objet d’implantations et d’aménagements. Cet arrondissement compte 25,6 hectares de terrains disponibles sur les 153 recensés à Lyon. Dans cette optique le quartier de l’industrie fera l’objet ,d’une OPAH opération programmée d’amélioration de l’habitat) et accueillera une médiathèque sur la place Valmy qui totalisera 2500 m2 de plancher et dont le thème portera sur le spectacle du vivant.

    Répartition des établissements par activité

    L’industrie : Près de la moitié des établissements industriels (50,8¨) sont du secteur du bâtiment et des TP. Les 10 premières entreprises : source SCRL Diane - août 1996

    RHONE-POULENC AGRO-CHIMIE (fabrication de produit agrochimique) 1953

    RHONE POULENC JARDIN (fabrication de produits agrochimiques) 1954

    SCRL (services annexes à la production)1893 ( ?)

    RONIS (fabrication de serrures et de ferrures)1988

    METALLURGIQUE EMILE MAURIN SA (étirage à froid) 1987

    SA VILLEURBANNE DISTRIBUTION CENTRE LECLERC CHAMPVERT (supermarchés) 1976

    STE DES GARAGES MAUBLANC (commerce de véhicules automobiles)1965

    LYON ELECTRICITE SA (commerce de gros de matériel électrique et électronique) 1923

    MAYOR MTDA (moulinage et texturation de la soie et des textiles artificiels ou synthétiques) 1924

    SOLYMATIC SA (services annexes à la production) 1980

Références documentaires

Documents figurés
  • AM Lyon, 2S 456. Les cartes industrielles de France : le Rhône. 1932. Société de documentation industrielle, relevé effectué par Mr. Saint-Denis géomètre à Lyon, 1 : 10000

Bibliographie
  • LEQUIN, Yves. Les ouvriers de la région lyonnaise (1848-1914), les intérêts de classe et république, P.U.L., Tome 2, 1977

  • LEQUIN, Yves. Rhône-Alpes, 500 années Lumière, mémoire industrielle, Plon, 1991

  • LEQUIN, Yves. Les ouvriers de la région lyonnaise (1848-1914), la formation de la classe ouvrière régionale, P.U.L., Tome 1, 1977

  • LAFERRERE, Michel. Lyon ville industrielle, essai d'une géographie urbaine des techniques et des entreprises ,Paris, Presses Universitaires de France, 1959

  • MENAIS, Georges-Paul. Géographie industrielle de Lyon. Tome 1. France, Edition Bibliothèque des Guides Bleus - Librairie Hachette, 1958, 315 p.

  • ANGLERAUD Bernadette, PELLISSIER Catherine. Les dynasties lyonnaises des Morin-Pons aux Mérieux du XIXe siècle à nos jours. Paris : Éditions Perrin, 2003. 830 p. : ill. ; 24.5 cm

  • BEGHAIN P., BENOIT B., CORNELOUP G., THEVENON B., Dictionnaire historique de Lyon, Ed. Stéphane Bachès, 2009

  • Dictionnaire historique des patrons français, ss la dir de Jean-Claude Daumas, Flammarion, 2010, 1613p.

    Région Rhône-Alpes : usuel-DIC DAU
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