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Présentation du secteur d'étude Lyon

Dossier IA69004589 réalisé en 2000

Œuvres contenues

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Aires d'études Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon

Un dépouillement systématique des permis de démolir et de construire est effectué auprès de la Direction de l'Aménagement urbain (DAU) de la Ville de Lyon. Les dossiers retenus font l'objet d'un repérage avant destruction, transformation ou changement d'usage.

Annexes

  • KLEINCLAUSZ, Arthur. Histoire de Lyon. Extraits

    KLEINCLAUSZ, Arthur. Histoire de Lyon. Lyon : librairie Pierre Masson, 1952. [Réimpr. Marseille, 1978. Marseille : Laffitte Reprints, 1978, 22 cm.]

    Tome 3, p. 61

    « La ville de Lyon, écrit l´économiste libéral Adolphe Blanqui, est une des plus remarquables de l´Europe par son insigne malpropreté. Les rues en sont fort étroites et le climat généralement pluvieux y entretient à perpétuité des flots de boue ... L´intérieur des maisons est bien plus sale encore... Rarement les escaliers sont balayés et, lorsqu´ils l´ont été, les ordures, ordinairement entassées en petits monceaux, encombrent les paliers et les corridors des différents étages et finissent par se rejoindre de nouveau dans toute l´habitation ... La négligence est poussée à un tel point que les immondices les plus révoltantes infectent les abords des plus riches magasins » (note 2 : Arch. hist. et stat. du département du Rhône, 1829, IX, p. 395 : extrait de la relation d´un voyage au Midi de la France, par M. Adolphe Blanqui).

    pp. 119-120

    La ville était alors [en 1834] comprise entre le Rhône à l´Est, le plateau de la Croix-Rousse au Nord, les hauteurs de Loyasse, Fourvière et Saint-Just à l´Ouest, les terrains à demi déserts de Perrache au Sud. Hormis le quartier aristocratique de Bellecour et d´Ainay, ce n´était qu´un lacis de rues étroites et sombres, communiquant entre elles à travers les hautes maisons de pierre par des allées humides et noires, les allées de « traboule ». Sur la rive gauche du Rhône, la Guillotière tenait la route du Dauphiné et du Midi qui suivait la Grande Rue. Sur la rive droite de la Saône, Vaise était le point d´aboutissement des routes de Bordeaux, du Bourbonnais et de Bourgogne. La Croix-Rousse barrait celle de Bourg, mais le turbulent faubourg était maintenant dominé par un ensemble imposant d´ouvrages fortifiés. De l´hôtel de la division à la préfecture et à la mairie, les liaisons étaient difficiles et précaires.

    p. 139

    [Les membres de la bourgeoisie orléaniste] pouvaient invoquer en faveur de leurs opinions les améliorations urbanistes dont Lyon bénéficia sous la monarchie de Juillet : ouverture de rues nouvelles, rue Bourbon (aujourd'hui rue Victor-Hugo), rue Centrale [aujourd'hui rue de Brest], amélioration de l'éclairage, d'heureuses mesures sanitaires, adoption en 1847 d'un projet pour emprunter au Rhône l'eau nécessaire à l'approvisionnement de la ville.

  • ANDRE, Gaspard. L´oeuvre de Gaspard André. Extraits

    ANDRE, Gaspard. L´oeuvre de Gaspard André. Lyon : A. Storck et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1898, Fontaine de la place des Jacobins, pp. 15-44, pl. 18-20.

    Extraits d´une notice écrite par G. André lui-même, et qui contient, sous la forme pittoresque qui lui était propre, l´historique et la critique du monument. André faisait partie, sous le pseudonyme de Joannès Mollasson, de l´Académie du Gourguillon, qui réunit quelques personnalités particulièrement attachées aux choses locales. Joannès Mollasson y constituait la section archéologie. Ce titre, il suppose l´avoir légué à son petit-fils, et, dans les pages qui suivent, il lui fait faire une étude humoristique de tout ce qui a trait à sa fontaine, à l´occasion du centenaire de son inauguration.

    p. 18 : Avant le monument qui nous occupe [actuelle fontaine des jacobins], trois fontaines furent successivement élevées sur son emplacement. Nous trouvons tout d´abord une pompe (...) pourvue d´un balancier dit « à poire », que les gens du quartier lançaient à tour de bras pour obtenir l´eau nécessaire à leurs ménages. Mis en branle du matin au soir, ce balancier, par ses grincements continuels, porta si bien sur les nerfs d´un tranquille habitant du voisinage, le sieur Danton, que celui-ci légua à la ville de Lyon une somme importante pour édifier, aux lieu et place de la pompe exécrée, une fontaine monumentale qui « permettra aux habitants du quartier de s´approvisionner, à toute heure du jour, d´eau jaillissante ».

    La ville accepta le legs, mais n´accomplit pas immédiatement la condition. Elle remplaça tout d´abord la pompe par une fontaine de commerce, qui finissait de se rouiller, il y a quelques trente ans, sur l´une des places de Vaise.

    P. 18-19 : L´idée d´élever une fontaine au préfet Vaïsse pouvait se justifier. Il avait doté la ville de sa première distribution d´eau, et poussé le sentiment exquis de la propreté jusqu´à obliger la Compagnie à filtrer scrupuleusement le liquide destiné à l´arrosage de nos quais et aux chasses de nos égouts. (...) Tony Desjardins, alors architecte de la Ville, eut à réaliser cet ingénieux programme. Son projet y répondait aussi bien que possible, mais il ne fut exécuté qu´après avoir été rogné par une commission d´examen (...) C´était l´idéal du poivre et sel. Vint 1870. (Note : Cette statue fut déposée dans l´entrepôt de la douane. Peut-être l´y découvrirait encore ( ?). Elle était l´ouvrage le moins réussi du sculpteur Bonnet, auquel notre ville doit, entre autres oeuvres remarquables, les quatre cariatides de l´horloge nord du Palais du Commerce). Les marchands de la place crièrent tant et si fort que l´administration consentit à enlever la plate-forme aux quatre fontaines et décida de la transporter sur la place Perrache, où nous la voyons maintenant.

    Pour nous, qui n´avons pu la juger sur son premier emplacement, nous la trouvons dans un rapport très heureux avec l´espace qui lui fut ensuite donné, et nous rendons justice, sans restriction, au talent de l´auteur. Elle a fort bon air, surtout depuis qu´un monument, depuis trop longtemps attendu, en garnit le centre et remplace la macédoine de légumes qui fit, pendant si longtemps, l´admiration de nos jardiniers, l´envie de nos cuisinières et l´ébahissement des étrangers débarquant dans notre ville.

    p. 34 : A cette époque [vers 1880], Lyon, brûlant encore de la houille, avait ses maisons uniformément noires, et le règlement de voirie ordonnait de les gratter ou de les badigeonner tous les dix ans, « pour les blanchir ». Les propriétaires rechignaient bien un peu, parce qu´il y avait dépense, mais obéissaient, parce qu´il y aurait eu contravention. Heureusement que la ville n´avait rien à craindre des contraventions et qu´elle avait pour ses deniers des sentiments de propriétaires. Aussi badigeonnait-elle peu ses édifices et ne les grattait-elle pas. Cela nous les a conservés.

    p. 35 : Ce n´est que dans les dix dernières années du XIXe siècle qu´on se ravisa à Lyon, et qu´en élargissant le cours Lafayette, aujourd´hui notre voie principale, on s´aperçut qu´on pouvait bien, en décrétant une avenue de quarante mètres de largeur, sacrifier de chaque côté, pour l´embellir, vingt-cinq pauvres petits centimètres laissés aux saillies architecturales.

  • HENNEZEL, Henri d’. Les villes d’art célèbres. Lyon. 1927. Extrait

    HENNEZEL, Henri d’. Les villes d’art célèbres. Lyon. Paris, Librairie Renouard, H. Laurens, éditeur, 1927, 2e édition. Extrait, p. 132-134

    Lyon, trop méconnu des étrangers, n’en reste pas moins une ville incomparable pour les paysages que la nature y a prodigués. Ils sont extrêmement variés. Dans les vieux quartiers de Saint-Jean

    et de Saint-Paul, ce sont les anciennes rues tortueuses et malodorantes où se cachent de vrais bijoux d’architecture et sur lesquelles aboutissent d’invraisemblables « montées » grimpant à l’assaut de Fourvière par des escaliers aux marches roides, tout suintants d’humidité et bâtis entre des maisons de cauchemar, qui déversent dans la rigole commune leurs eaux ménagères et leurs immondices. Contrastant avec ces aspects désolés de la ville, la vue qu’on découvre du haut de la Croix-Rousse et de Fourvière, quand le temps n’est pas brumeux, est une échappée de lumière sur l’océan mouvementé des toits, sur le cours du Rhône et de la Saône, sur les lointains estompés de délicieuses teintes bleues et sur l’horizon des Alpes qui limitent l’immense plaine où s’étend la populeuse cité.

    Quand, du pont La Fayette ou du pont Morand, on contemple la ville construite sur les quais du Rhône, il n’est plus question de quartiers vieillots, retirés entre des murailles maussades, ni de

    petites rues toujours imprégnées d’inquiétantes senteurs : le spectacle de Lyon prend une gravité triomphale. Lyon porte dans le monde la disgrâce de ses lourdes ténèbres ; il ne faut pas se lasser de répéter que cette ville ne cède à aucune autre la gloire des beaux panoramas. En amont du Rhône, ce sont les collines de la Croix-Rousse et de Saint-Clair, qui soutiennent l’escalade des maisons à cinq ou six étages, auxquelles succède bientôt la verdure des grands arbres plantés sur les coteaux, jusqu’à l’endroit où le fleuve, accusant sa courbe, disparaît dans un fond de végétation. En aval, le vieux pont de la Guillotière, semblable à un gigantesque pachyderme, trempe dans le Rhône les assises de ses arches noircies par les brumes ; à droite, la coupole de l’Hôtel-Dieu, patinée comme un bronze, s’arrondit au-dessus des platanes taillés en berceau ; et à gauche, dans le lointain, miroitant au soleil, les toitures modernes des Facultés donnent l’illusion que la ville ne finira pas et s’en ira rejoindre là-bas les montagnes très nettes, très franchement découpées sur le ciel, pour peu que le temps soit orageux.

    Du pied de la tour métallique de Fourvière, en regardant du côté de Vaise, on découvre une autre vue qui, de toutes, est peut-être la plus accidentée et la mieux faite pour mettre en valeur les coteaux chargés de maisons, les belles masses de verdure, les ondulations de la Saône et le décor admirable des monts du Lyonnais. Il faut la contempler à l’heure des couchants magnifiques, quand le soleil, avant de disparaître, éclaire d’une dernière splendeur les collines plus proches, glace d’une couche de vermeil les prairies cousues au flanc des monts et allume les clochers des innombrables villages semés à travers les labours et les vergers.

    Des écharpes de brume flottent au ras des vallons ; les fumées de Vaise s’élèvent à droite ; et la Saône contourne sans hâte les promontoires. Rives de pierres solennelles et de rochers abrupts, longues bâtisses dont la rivière reflète la monotone méditation, murailles de forts édifiés aux siècles

    passés et vestiges formidables de bastions désormais inutiles ; poussée folle des maisons se haussant les unes sur les autres pour atteindre le dôme des Chartreux, qui verdoie dans le soir, comme si la mousse des âges couvrait son crâne dépouillé.

    Une ville si riche en beautés naturelles, dont le développement industriel ne fait que s’accroître de jour en jour et qui peut se parer de vingt siècles de gloire historique, au cours desquels les ressources de son intelligence et de son goût n’ont cessé de se manifester dans les lettres, les sciences et les arts, est assurée de tenir longtemps encore une des premières places parmi les grandes cités du monde.

Références documentaires

Bibliographie
  • BARRE, Josette, FEUGA, Paul. Morand et les Brotteaux. Editions lyonnaises d'Art et d'Histoire, collection "Vues de quartier". Lyon, 1998. 128 p. ill. ; 23 cm

  • CLAPASSON, André. Description de la ville de Lyon avec des recherches sur les hommes célèbres qu'elle a produits. Lyon : impr. A. Delaroche, 1741. XVI-283 p. ; 17 cm. [Réimpr. Lyon, 1761 ; rééd. annotée et ill. par G. Chomer et M.-F. Perez. Seyssel : Champ Vallon, 1982]

    rééd. 1982
  • HENNEZEL, Henri d’. Les villes d'art célèbres. Lyon. Paris : Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, 1927, 2e édition

  • KLEINCLAUSZ, Arthur. Histoire de Lyon. Lyon : librairie Pierre Masson, 1952. [Réimpr. Marseille, 1978. Marseille : Laffitte Reprints, 1978, 22 cm.]

    t.3, p. 61
  • SAINT-OLIVE, Paul. Recueil de vues. Livre 1. Vues de Lyon. Lyon : 1830-1869

  • SCHWARTZ, Annie. La Duchère, 40 ans. Lyon : A.U.D.A.C.C.E., 2003. Réédition avec mise à jour de La Duchère, 30 ans, les mémoires d'un grand ensemble 335 p. ; 18 cm

Périodiques
  • BONNET, Jacques. Lyon et son agglomération. Notes et études documentaires, n° 4207-4208-4209, 30 juillet 1975, Paris : La Documentation française, 27 cm, pl.

Documents audio
  • RADIO FRANCE, France Culture, LAURENTIN, Emmanuel La Fabrique de l'histoire Lyon en politique 2/4, émission du mardi 18 septembre 2007, Louis Pradel : Bitume, béton et Vieux Lyon, en ligne http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/archives.php

  • RADIO FRANCE, France Culture, LEBRUN, Jean. Travaux publics Lyon, émission du jeudi 6 septembre 2007, Le Cantique du Rhône, le fleuve et la ville, émission du vendredi 7 septembre 2007, Que reste-t-il du Barrisme à Lyon ?, en ligne http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/travaux/archives.php

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