Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune du Pègue

Dossier IA26000121 réalisé en 1998

Fiche

Aires d'études Grignan
Adresse Commune : Le Pègue

Le passé archéologique du Pègue, extrêmement riche, est l'un des plus importants du canton. Sans discontinuité, il commence au Néolithique avec plusieurs sites repérés dans la vallée du Donjon dont l'un concentré au sud du village actuel. L'occupation de la colline Saint-Marcel, au nord du village et au-dessus de la vallée du Célas, dure de l'Age du bronze jusqu'à la fin du Moyen Age. Un oppidum de l'Age du Fer s'y implante ; c'est un site protohistorique majeur (classé M.H. en 1993). Les fouilles effectuées par André Perraud et Charles Lagrand ont mis au jour plusieurs états de ce site fortifié dont une porte imposante atteste l'importance. Réoccupé à l'époque gallo-romaine (fortin), il perdure au Moyen Age avec la construction d'un castrum à donjon circulaire et d'une église dédiée à Saint-Marcel. Au 12e siècle, le castrum du Pègue édifié un peu plus bas entraîne le déplacement de l'habitat et l'abandon progressif du site ; l'église Saint-Marcel est toujours entretenue, car paroissiale, et l'évêque de Die la trouve en bon état lors de sa visite en 1509. Tombée en ruines un siècle plus tard, elle est remplacée d'abord par l'église Sainte-Anne, dans la plaine, puis par celle du village, Saint-Menne, église d'un prieuré augustin dépendant de l'abbaye de Saou. Dédiée à l'origine à Notre-Dame d'Authon, l'église Sainte-Anne (inscrite M.H. en 1926) est bâtie au 11e siècle sur un site antique important et étendu, village fortifié occupé de la fin du VIe au IIe siècle avant notre ère, auquel a succédé une nécropole du haut Moyen Age. Les vestiges archéologiques trouvés dans ce quartier par les laboureurs ont intéressé les archéologues depuis le 17e siècle ; les fouilles scientifiques n'ont réellement commencé qu'en 1955. D'après Michèle Bois, Sainte-Anne pourrait être l'église paroissiale de Piégu, autre château fort médiéval connu au début du 14e siècle, élevé un contrefort ouest de la Lance, face au Pègue, dont les ruines sont encore portées sur le plan cadastral de 1835 (la Tour du Piégur). Le hameau de Célas est quant à lui cité dès 1385. La terre du Pègue était un fief des évêques de Die, de la mouvance des comtes de Valentinois. Plusieurs coseigneurs vassaux y possédaient des droits, tel Roger de Clérieu au 12e siècle, puis les Mévouillon au 13e siècle qui s'effacent devant les Montauban, encore présents au 14e siècle, et Bertrand Hugolier qui en reconnaît un quart au Dauphin en 1277. Au 14e et 15e siècles on trouve les Montroux, les Bellon, Guillaume d'Eygluy, Louis Trobat, acquéreur d'une partie des biens des Montroux au 15e siècle, les de Vesc du 14e au 16 siècle... Les Montroux vendent leurs biens aux Diez, originaires de Saragosse, Louis Diez possédant aussi le tènement et château de Piégu au début du 16e siècle. Les Diez unifient la seigneurie et en disposent des trois quarts : en 1540 Guy Diez se dit « seigneur du Pègue », mais vend ses droits sur Piégu à Reynier des Alrics en 1561. Auparavant, le mariage d'une des filles de Ferrand Diez avec noble Astorge des Alrics (1494), seigneur de Rousset, avait fait passer la seigneurie du Pègue dans celle de Rousset (érigée en marquisat en 1690) ; la litre funéraire de leur fils Renaud et de sa femme Honorée d'Urre de Cornillan est peinte dans l'église du village. En 1737, Jean-François des Alrics de Cornillan étant décédé sans enfant, sa veuve, née Olympe de Durand de Pontaujard et morte en 1778, fit son héritière la marquise de Blacons, sa nièce. Ce sera la dernière dame du Pègue, dont le fils et l'un des gendres sont les deux premiers représentants de la noblesse présents le 22 juin 1789 à l'Assemblée constituante des Etats généraux. Le cahier de doléances du Pègue insiste sur le fait que le sol est pauvre et que les habitants vivent dans l'indigence ; un quart seulement des terres, au sud, est cultivable et les meilleures terres appartiennent au seigneur ou au prieur. A la fin du 18e siècle, il y avait aussi au Pègue un moulinier en soie ; au 19e siècle, comme dans plusieurs autres communes, un moulinage de soie construit sur la rive droite du Donjon a pris la suite du moulin seigneurial. L'atelier, appartenant à Bonfils, emploie des femmes du village ; sa période de prospérité se situe dans les années 1840-1850 avec 28 ouvriers. Le bâtiment, derrière lequel se trouve l'ancien lavoir communal, existe toujours ; il est réhabilité en logements.

Sites de proctection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Située à l'est du canton, la commune du Pègue, d'une superficie de 11,12 km2, est limitrophe de Montbrison-sur-Lez à l'Ouest, de La Roche-Saint-Secret-Béconne, Montjoux et Teyssières au nord, de Rousset-les-Vignes à l'est et au sud, avec St-Pantaléon-les-Vignes. La partie sud et sud-ouest du territoire est en plaine, tandis que la majeure partie s'étend jusqu'à la crête de la montagne de la Lance au nord-est, et culmine à 1340 m. Cette montagne est creusée de ravins et de combes où plusieurs ruisseaux prennent leur source, pour venir grossir celui de Saint-Martin, qui fait la limite avec Rousset-les-Vignes. Le ruisseau du Donjon prend sa source dans une combe au centre de la commune où se situe le hameau du Célas, puis, rejoint par celui du Poujol, passe au pied du village à l'Ouest. Tandis que le bâti est absent dans la montagne (ZNIEFF de type I et de type II), l'implantation des fermes s'est faite naturellement dans les Combes formant de petits vallons autour de la montagne de Conjau : les Rabassières, Combe Bouze, le Célas, les Barrières. C'est là que se situe l'habitat dispersé, le Clos du Célas regroupant plusieurs anciennes fermes, certaines toujours en activité aujourd'hui. Les sources captées (Fontaine du Jas, Fontaine Saint-Martin, la Combe, Célas, Les Barrières, La côte) sont un des atouts de la commune ; celle d'Esterinches permet d'alimenter en eau la commune voisine de Rousset. Le village est établi sur un éperon peu élevé dominant la plaine au sud, essentiellement plantée de vignes, où quelques maisons individuelles se sont construites. Le bâti s'est surtout étendu au pied de l'agglomération sur la rive droite du Donjon, de part et d'autre de la D 552 (quartiers de la Prade et des Prieurs) rejoignant l'église Sainte-Anne, joyau de l'art roman, entourée du cimetière. En quarante ans, la population a doublé : 198 habitants en 1968, 305 en 1982, 386 en 2008 habitants. Le Pègue, restée commune rurale, compte 12 exploitations agricoles, 6 uniquement viticoles et d'autres spécialisées dans la culture de fruits et l'agriculture biologique. Le Pègue compte plusieurs associations et sociétés diverses, dont la Société Péguoise de Préhistoire, d'Histoire et d'Archéologie, créée en 1983, et un comité des fêtes très actif.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Jourdan Geneviève