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Présentation de la commune de Montbrison-sur-Lez

Dossier IA26000123 réalisé en 1998

Fiche

Aires d'études Grignan
Adresse Commune : Montbrison-sur-Lez

Les prospections à Montbrison ont révélé la présence d'une quinzaine de sites préhistoriques, certains perdurant à la Protohistoire, puis à l'époque gallo-romaine, comme aux Danis, à Péagon, aux Plans, aux Picardes, au Prieuré. De nombreux sites datables du Ier au Ve siècle, sont repérés dans la plaine, domaines autour d'une villa, habitat, nécropoles, tuilerie aux Danis, et peut-être un pont sur le Lez en aval du pont actuel. Trois pôles se signalent à Montbrison à l'époque médiévale : dans la plaine (Arron), le prieuré bénédictin Notre-Dame-des-Eglises, de fondation carolingienne sur un lieu de culte antique, un site perché, le castrum de la Viale, et au bord du Lez, l'ensemble de Pontaujard, comprenant un pont sur le Lez et une maison forte. Le pont, tout près duquel s'élevait une chapelle de carrefour du 12e siècle dédiée à Sainte-Magdeleine, était situé au débouché d'une vallée resserrée, point stratégique de passage entre les deux rives du Lez ; il n'en subsiste qu'une pile et une arche, car les Allemands le firent sauter en 1944. Dès le début du Moyen Age, un péage était prélevé pour le passage de la rivière, nécessitant une surveillance. D'après son étymologie (de Ponte Odiardo en 1353), l'abbé Malbois attribue la construction du pont à Eudiarde (morte en 1237), soeur de Giraud Adhémar de Montélimar (branche des Grignan). La maison forte de Pontaujard, qui englobe dans ses murs les vestiges de la chapelle, serait contemporaine du pont dont elle confirme le rôle militaire. La forteresse de la Viale, donjon et bourg entouré d'une enceinte, est citée en 1284 (Castrum de Monte Brissono) ; elle comprenait une église dédiée à Saint-Michel (ecclesia baptismalis Sancti Michaelis Montis Brisonis), du diocèse de Die, que visite l'évêque en 1509. Ce lieu fortifié est délaissé peu après : en 1540, son seigneur, René de Châlon, le déclare inhabitable. Plus tard, le rapport de visite pastorale de 1644 indique que l'église Saint-Blaise (autre vocable après Saint-Michel ?) étant démolie, le service religieux est transféré dans l'église de Notre-Dame du prieuré ; en 1664, celle-ci est devenue paroissiale sous le vocable de Notre-Dame et Saint-Blaise. D'autres lieux habités sont cités aux 15e et 16e siècles : Arron, Fontbonau, Crochamp, Gramenon (1504), le Clot (1540), où une nouvelle église, réclamée depuis le milieu du 18e siècle, sera construite en 1790. Au point de vue féodal, Montbrison était une terre de la baronnie de Montauban ; en 1284, Randonne, baronne de Montauban, la cède à son fils, Ronsolin, comte de Lunel. A partir de là, par le biais des héritages, des ventes ou échanges et des confiscations, le fief ne cesse de passer d'un seigneur à l'autre, non sans revendications. Les deux principaux suzerains, auxquels de nombreux vassaux ou co-seigneurs se soumettent, sont tour à tour le Dauphin et le prince d'Orange. Ainsi, en 1341, Humbert II, dauphin de Viennois, cède à Raymond III, prince d'Orange, la terre de Montbrison, qui revient au Dauphin en 1394 ; annexée deux fois à la couronne de France au 15e siècle, elle est à nouveau unie en 1507, par arrêt du Parlement de Grenoble, à la Principauté d'Orange ; bien que celle-ci, échue aux Nassau en 1544, soit réunie à la France par le traité d'Utrecht en 1713, les héritiers de Guillaume d'Orange-Nassau conservent le titre de prince d'Orange. Sur la carte de Cassini (2e moitié du 18e siècle) le territoire de Montbrison forme une enclave intitulée Principauté d'Orange, dont les Raymond-Modène étaient seigneurs à la Révolution. A cette époque, Montbrison produisait déjà du vin excellent et disposait d'un moulin à blé et à huile ; un second moulin à farine est construit au 19e siècle, période de prospérité optimale pour l'agriculture (680 ha de céréales cultivées en 1868). L'élevage du ver à soie s'industrialise : aux Gailes, hameau le plus important au 18e siècle, André Chaix crée une « fabrique à soie » en 1839, puis une filature en 1844. A cette économie rurale s'ajoutent une tuilerie, implantée en 1839 à Peyrol par Augustin Rochelle, et une poterie. La population double entre 1800 et 1870 (de 225 à 454 habitants). Le centre s'est déplacé dans la plaine, où sont établis le café du Centre et l'auberge de l'Olivière. La commune prend le nom de Montrison-sur-Lez le 10 novembre 1906. Le vignoble et la lavande, dont la distillation s'effectue dans les distilleries de Piajoune, des Plans, et de la Caillonne, supplantent les autres cultures. Pendant la 2de Guerre mondiale, le général Marcel Descour, de Pontaujard, est chef de l'organisation de Résistance de l'Armée pour la région de Lyon ; les Montbrisonnais participent activement à la Résistance et deux d'entre eux sont fusillés à Pontaujard en 1944. Après guerre, la viticulture s'intensifie ; la coopérative des Caves de Montbrison est édifiée en 1948. Montbrison a obtenu le label AOC Côtes du Rhône en 1996. Au recensement INSEE de 1975, la commune comptait 198 habitants et 93 immeubles, en 1999, 312 habitants et 163 immeubles.

Sites de proctection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

La commune de Monbrison-sur-Lez, d'une superficie 1283 ha, est située au nord-est du canton, sur la rive gauche du Lez qui la sépare de Taulignan au sud-ouest ; elle est limitrophe des communes de La-Roche-Saint-Secret au nord, du Pègue et de Rousset-les-Vignes à l'est, et de Valréas au sud. Le territoire est constitué pour un tiers de collines au nord et à l'est (ZNIEFF de type II), contreforts de la montagne de la Lance (Gros Serre, culminant à 744 m), où subsistent à 543 m d'altitude les ruines du village perché de la Viale, et pour deux tiers d'une plaine au sud et à l'ouest, dite "le Plan" (altitude moyenne : 312 m). La végétation des collines est de type méditerranéen ; la nature du sol, creusé de nombreux ravins et ruisseaux, est une particularité géologique, composée de grès mollassique tendre, appelée localement "saffre", et de filons de marnes. Ce terrain a permis un mode d'habitat troglodytique, encore utilisé à certains endroits. La plaine, arrosée par le Lez et traversée par le ruisseau de l'Aigue-Longue, bénéficie d'un sol couvert d'alluvions, excellent pour l'agriculture. Deux routes principales traversent la commune, la Départementale 538 de Montélimar à Nyons, d'axe nord-ouest / sud-est, que vient rejoindre depuis le sud (Valréas) la Départementale 24. C'est au point de rencontre de ces deux axes que se situe le village, comprenant la mairie-école (école primaire publique) en bordure de la D 24, la cave coopérative de Montbrison et le café-restaurant au carrefour, en face d'un garage d'automobiles bordant la D 538 et de maisons éparses. Contrairement aux autres villages du canton, Montbrison présente un habitat très dispersé, même dans les hameaux de Béloure, Peyrol et Crochamp, près du centre, et des Clots, un peu en retrait au nord, où se trouve l'église. Cependant des maisons individuelles, résidences principales ou secondaires, se construisent autour de ces hameaux ; certaines sont destinées au tourisme : gîtes ruraux, chambres d'hôtes. La viticulture, activité prépondérante de la commune, s'est orientée dans la production de vins de qualité. Dans la plaine se distinguent trois grands domaines viticoles, deux aux Treilles, et un à Gramenon, dont la réputation a franchi les limites du pays. Aux abords du Lez, la nature du terrain permet également la culture ancestrale de l'olivier, ainsi que celle, traditionnelle, de la lavande et du lavandin (distillerie de lavande aux Plans). Les dépôts de coopératives agricoles fournissent aussi des produits biologiques (huile d'olive, miel, vin).

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Jourdan Geneviève