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Église du collège de la Trinité, dite Chapelle de la Trinité

Peintures monumentales : ensemble du décor peint de la nef et du chœur de la chapelle de la Trinité

Dossier IM69001721 réalisé en 2013

Fiche

Selon J.-M. Marquis (1970, p. 41), le programme aurait été élaboré par les Pères Théophile Reynaud et Honoré Fabri, titulaire de la chaire de Philosophie religieuse au collège de la Trinité de 1640 à 1646. Cependant, ce dernier avance aussi (1972, p. 88) le nom du Père Richeomme, avec lequel l'un des auteurs du décor, Antoine Viry, était allé à Rome, en soulignant une évidente influence romaine dans la conception du décor, à rapprocher de celui des sacristies de Saint-Jean-de-Latran ou de San Carlo ai Catinari.

Cette inspiration romaine est sans doute le fait de Nicolas Labbé, qui a séjourné en Italie de 1628 à 1635 et travaillé avec Charles Mellin au décor de la chapelle de la Vierge à Saint-Louis-des-Français (Rome, 1630-31) ainsi qu'à l'abbatiale de Montecassino en 1634 (Malgouyres, 2007, p. 354-57)

Dénominationspeinture monumentale
Aire d'étude et cantonLyon Urgences
AdresseCommune : Lyon 2e
Adresse : rue de la
Bourse
Cadastre : 1999 AC 62

Le décor peint de la nef et du chœur est réalisé entre 1646 et 1650 environ par deux pères jésuites, Nicolas Labbé (également auteur du décor de la chapelle des Messieurs) et Antoine Viry (MARQUIS, J.-M., 1970, p. 34).

La suppression d'une partie du décor au 18e siècle et les modifications du chœur au 19e siècle, notamment le percement de deux ouvertures supplémentaires par Tony Desjardins en 1861, ont entraîné la destruction d'une partie des peintures et de ce fait altéré la lisibilité de l'ensemble : le programme iconographique, décrit par Ménestrier, consistait en une procession des vertus se rendant vers l'autel du sacrifice qui occupait le centre de la composition dans la partie haute du chœur.

Restauré une première fois par Ferdinand Delamonce en 1737, le plafond a été entièrement repris par Alexandre Denuelle en 1861 (AC Lyon, 477 WP 007), avec parfois d'importantes modifications des figures allégoriques comme des éléments décoratifs. Une restauration du décor, non documentée, est attestée par la signature des peintres-décorateurs l'ayant réalisée en 1940-41 : Coquet, Catella, Cotton, Koudelia (2e travée du chœur, partie nord, au-dessus de la corniche ; voir ill. IVR82_20146902469NUCA)

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Dates1650, daté par source, daté par travaux historiques
1861
Commune : Lyon 2e
Adresse : rue de la Bourse
Édifice ou site : Lyon : chapelle de la Trinité
Auteur(s)Auteur : Labbé Nicolas
Nicolas Labbé (1608 - 1647

Né à Besançon et mort à Lyon.


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peintre
Auteur : Viry Antoine peintre
Auteur : Denuelle Alexandre peintre, restaurateur attribution par source

Peintures en quadratura dont le point de vue est situé au centre du maître-autel pour le décor d'architecture en trompe l’œil de la nef et du chœur, au centre de la première travée de la nef pour les peintures de la voûte.

Le décor peint occupe les deux premières travées de la nef et le droit de l'entrée du chœur, ainsi que l’ensemble des voûtes.

A la voûte, peintures en grisaille sur fond bleu.

Catégoriespeinture murale
Matériauxenduit, détrempe à la colle
Précision dimensions

dimensions non prises

IconographiesVertu cardinale
Vertu théologale
ornement et accessoire d'architecture
chandelier
rinceau
draperie
frise
IHS
feuillage
corbeille
fruit
vase
grotesque
putto
Précision représentations

Dans la nef, au niveau des deux premières travées (mur nord) ou de la première travée (mur sud) et au-dessus de la corniche, décor d'architecture en trompe l’œil et en perspective illusionniste représentant, dans la première travée : porte surmontée d'une balustre avec draperie, en arrière plan mur avec ouverture grillée ; dans la deuxième travée, porte surmontée d'une corniche à modillons et fenêtre grillée avec encadrement à crossettes flanqué de deux consoles, surmontée d'un cartouche au monogramme IHS encadré par deux putti affrontés.

A l'entrée du chœur, de part et d'autre et au dessus de la corniche, même motif de décor de porte en trompe l’œil.

A la voûte de la nef : dans l'axe longitudinal : grotesques et rinceaux en grisaille sur fond bleu ; sur les doubleaux, décor de frises alternant grecques, faux caissons à rosaces et bandeaux de rosaces et fleurs de lys séparés par un ruban croisé ; sur les fausses arêtes, larges frises alternant motifs de tores laurés et feuillages enrubannés, bordées de part et d'autre de frises plus étroites d'oves et dards ; dans les pénétrations de la voûte, au-dessus des baies : rinceaux de feuilles d'acanthe et chandeliers surmontés de corbeilles de fruits, en grisaille sur fond bleu, oculi en trompe l’œil ouvrant sur un fond de ciel bleu et chérubins en grisaille sur fond de croisillons bleus dans un cadre triangulaire ; en dessous et placées de façon symétrique par groupe de deux, figures allégoriques sur des nuées représentant les vertus cardinales et théologales (voir plan de localisation en illustration), accompagnées de quatre figures de vertus choisies dans la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin : la Pudeur, l'Obéissance, l’Oraison, la Courtoisie.

Inscriptions & marquesinscription concernant une restauration, peint
date, peint
Précision inscriptions

Transcription : RESTAURATION / 1940-1941 / COQUET - CATTELA / COTTON - KOUDELIA / DECORATEURS (2e travée du chœur, partie nord, au-dessus de la corniche)

États conservationsbon état
bonnes conditions de conservation
oeuvre restaurée

Précision état de conservation

L'intervention d'Alexandre Denuelle lors de la restauration de l'édifice en 1861, conduite par Tony Desjardin, est très visible : figures empâtées aux draperies alourdies. Au cours de cette restauration, les figures allégoriques du chœur situées au niveau des actuelles baies latérales ont été détruites par la percée de ces ouvertures.

La BnF conserve deux dessins aquarellés de Denuelle avant restauration représentant les figures allégoriques du chœur et l'Obéissance (Est., Va 69 (9)-fol. Topographie. France. Rhône).

Statut de la propriétépropriété publique, Propriété de la communauté urbaine du Grand Lyon
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé MH, 1939/08/23

Annexes

  • Nicolas Labbé, peintre comtois (1608-1647)

    La biographie de Nicolas Labbé est mieux connue depuis l'exposition consacrée à Charles Mellin en 2007 (Caen et Rennes, musées des Beaux-Arts), dont il fut le collaborateur entre 1631 et 1635 ; sa présence est attestée à Rome dès 1628 (Malgouyres, 2007, p.139) ; en 1633, il est admis à l'Accademia di San Luca en même temps que Claude Lorrain, Claude Mellan et Charles Mellin. Il a donc sans doute participé aux chantiers de Mellin à Saint-Louis-des-Français (chapelle de la Vierge, 1630-31) et à l'église abbatiale de Montecassino (décor de la voûte du choeur, 1634-35).

    On le retrouve à Dôle en 1636, puis à Marseille en 1640, où il réalise en compagnie d'Antoine Viry le décor de l'église Saint-Jeaume. En 1637, Labbé a rejoint la Compagnie de Jésus, ce qui explique en partie que l'on fasse appel à lui (ainsi qu'à Viry) pour les décors de la chapelle des Messieurs (1644) et de la Trinité (1644-50). Il y importe en effet la manière italienne et le savoir-faire jésuite en matière de peinture en perspective illusionniste (Cf. notamment la voûte de San Ignazio à Rome). Il meurt sur ce dernier chantier en 1647, en tombant de l'échafaudage.

  • Restauration de Denuelle (1861)

    Transcription du texte de Léon Charvet in Etienne Martellange. Lyon : 1874, p. 163

    " On a dû entreprendre en 1861, une nouvelle restauration de cette église et surtout des peintures qui tombaient en poussière. Ce travail a été exécuté sous la direction de l'architecte en chef de la Ville, T. Desjardins. Un peintre décorateur habile et expérimenté, Alexandre Denuelle, fut alors chargé de la tâche difficile de relever ce qui restait de ces peintures, afin de pouvoir rétablir l'enduit qui se détachait et ensuite de les restituer ; il l'a remplie de telle façon que ce qui existe est la reproduction fidèle de ce qui s'y trouvait antérieurement. Pour y arriver, il reproduisit par des calques tout ce qui subsistait et en fit faire une reproductions exacte, à un dixième, que l'on confronta avec le monument avant de faire tomber l'enduit. C'est ainsi que ces anciennes décorations ont pu nous être conservées ".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. 477 WP 007. Lycée Ampère. Travaux. Restauration générale des bâtiments. Chapelle. Réparations et travaux d'art, 1854-1863

    AC Lyon : 477 WP 007
  • AC Lyon : 969 WP 55. Lettre du Conseil intérieur du lycée Ampère au maire de Lyon, 21 mars 1945

    AC Lyon
Bibliographie
  • CHARVET, Léon. Etienne Martellange, 1569-1641. Lyon : Glairon-Mondet, 1874. 236 p., ill., 28 cm.

    p. 163
  • MARQUIS, J.-M. Le collège de la Trinité à Lyon : architecture et décoration. Mémoire dactylographié, DES, Université Lyon-II, 1970, 2 vol.

    p. 34 à 41
  • MARQUIS, J.-M. Le collège de la Trinité. In [Exposition. Lyon, Université Lyon-II, novembre 1972]. L'art baroque à Lyon. Lyon, Université Lyon-II, 1972, p.84-88

    p. 88
  • MENESTRIER, Cl.-F. Éloge historique de la Ville de Lyon et sa grandeur consulaire sous les romains & sous nos rois. Lyon : Benoît Coral, 1669

    t. 1, p. 48-51
  • MALGOUYRES, Philippe (dir.). Charles Mellin : un Lorrain entre Rome et Naples. Cat. exp. Nancy, musée des Beaux-Arts, Caen, musée des Beaux-Arts 2007. Paris : Somogy, 2007 ; ill. n. et b. et coul.

    p. 234-237
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