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Chapelle de l'Assomption, dite des Messieurs

Peinture monumentale : Les mystères du Rosaire, Couronnement de la Vierge, Assomption

Dossier IM69001711 réalisé en 2013

Fiche

Dénominationspeinture monumentale
Aire d'étude et cantonLyon
AdresseCommune : Lyon 2e
Adresse : passage, Ménestrier, Cadastre : 2014 AC 63 partie sud-est

Réalisé en 1644, soit deux ans avant l'intervention de Nicolas Labbé à la chapelle de la Trinité, le décor de la voûte de la chapelle des Messieurs porte la marque du séjour italien du peintre (1628-1636), lequel a travaillé entre autre avec Charles Mellin à l'abbatiale de Montecassino (détruite en 1944) (MALGOUYRES, 2007, p. 235).

Vues depuis le sol, les peintures de la voûte paraissent ne jamais avoir été restaurées. Pourtant, une récente étude préalable à la restauration du décor (F. Cremer, juillet-août 2017) a mis en évidence l'existence d'au moins deux campagnes de restauration, plus une intervention ponctuelle, qu'aucune source ne permet de documenter.

En 1843, R. Flachéron les décrit comme très dégradées (p. 440). En 1861, René Dardel (auquel succèdera Tony Desjardins) établit un devis pour la restauration des deux principales chapelles du lycée, celle de la Trinité, et celle de l'Assomption. Les coûts de restauration de la première s’avérant supérieurs à l'estimation initiale, et l'Université ayant quitté les lieux, la restauration de la deuxième est reportée, de même que le projet d'installation d'un calorifère (AC Lyon, 477 WP 007). Ce report l'a peut-être préservée de l'interventionnisme très poussé de Denuelle sur les peintures de la chapelle de la Trinité. En 1956, une chaudière est mise en place, dont les effets ont été préjudiciables à la bonne conservation des peintures, aujourd'hui totalement noircies. La présence des cuisines dans les salles situées au nord et une mauvaise ventilation favorisent en outre la condensation, provoquant des altérations dans les zones contigües de la chapelle.

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Dates1644, porte la date
Stade de création
Lieu d'exécutionCommune : Lyon 2e
Adresse : passage Ménestrier
Auteur(s)Auteur : Labbé Nicolas
Nicolas Labbé (1608 - 1647

Né à Besançon et mort à Lyon.


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peintre attribution par source, attribution par travaux historiques

Peinture à la détrempe en grisaille sur fond vert occupant la totalité des surfaces de la voûte, exception faite des oculi d'axe en trompe l’œil, peints à fresque. Décor d'architecture en perspective linéaire dont le point de vue est situé au centre de la première travée de la nef.

Catégoriespeinture murale
Matériauxenduit, détrempe à la colle
fresque
Mesures:
Précision dimensions

dimensions non prises

Iconographiesséraphin
laurier
ornement à forme architecturale
pot à feu
ange
instrument de musique
Couronnement de la Vierge
Assomption
chérubin
angelot

Précision représentations

Les arêtes sont soulignées par des frises de tores de laurier et cordons d'oves (motif sensiblement identique dans la chapelle de la Trinité) avec rosaces en trompe l’œil à la clef. Dans l'axe de la voûte, quatre oculi, deux de forme ovale aux extrémités encadrant deux de forme octogonale ; ces oculi sont encadrés de part et d'autre de panneaux de forme triangulaire avec décor d'angelots portant festons de feuilles de laurier en grisaille. Dans les voûtains, panneaux de forme hexagonale portant décor de rinceaux de feuillages, d'angelots affrontés porteurs de flambeau de part et d'autre d'un pot à feu, et encadrés de trois panneaux de forme triangulaire avec séraphins ou chérubins.

Dans les oculi entourés de frises de grecques (pour ceux de forme ovale) et ouvrant sur un ciel en trompe l’œil, depuis l'entrée : farandole d'angelots portant trois couronnes étoilées (ovale), trois anges musiciens jouant de la viole, de la harpe et du luth (octogonal), Couronnement de la Vierge (octogonal), Assomption de la Vierge (ovale).

Selon J.-M. Marquis (1970, p. 68), le programme iconographique s'articule autour des mystères du Rosaire, où prédomine la symbolique du nombre trois (Trinité, trois anges, trois couronnes d'étoiles). Le Père Ménestrier en serait l'auteur (Ibid., p.69)

Inscriptions & marquesdate, peint, lecture incertaine
Précision inscriptions

Date peinte au-dessus du 2e oculus de la voûte : XDCXIIV.

On constate deux graphies différentes, l'une très régulière pour les chiffres XDCX[L], le L ayant été tronqué (?) ; l'autre irrégulière et légèrement plus grande pour les deux derniers chiffres IV

États conservationsmauvais état
mauvaises conditions de conservation
salissure
oeuvre dissimulée
Précision état de conservation

État de conservation variable selon les zones de la voûte. Le décor d’accompagnement des médaillons, qui constitue la majeure partie de la surface, comprend un original très abrasé avec deux phases principales de repeints et une troisième très ponctuelle. Les médaillons sont mieux conservés.

Des infiltrations (?) en partie haute ont entraîné d'importantes pertes de matière. Présence de fissures, encrassement généralisé des peintures, soulèvements de la couche picturale, manques, efflorescences de sels.

Des essais de nettoyage ont été faits sur certaines parties des peintures.

L'installation d'un dispositif antibruit contribue à l'altération de l’œuvre (manque de visibilité).

Statut de la propriétépropriété de la région
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsinscrit au titre immeuble, 1944/09/22

Annexes

  • Nicolas Labbé, peintre comtois (1608-1647)

    La biographie de Nicolas Labbé est mieux connue depuis l'exposition consacrée à Charles Mellin en 2007 (Caen et Rennes, musées des Beaux-Arts), dont il fut le collaborateur entre 1631 et 1635 ; sa présence est attestée à Rome dès 1628 (Malgouyres, 2007, p.139) ; en 1633, il est admis à l'Accademia di San Luca en même temps que Claude Lorrain, Claude Mellan et Charles Mellin. Il a donc sans doute participé aux chantiers de Mellin à Saint-Louis-des-Français (chapelle de la Vierge, 1630-31) et à l'église abbatiale de Montecassino (décor de la voûte du choeur, 1634-35).

    On le retrouve à Dôle en 1636, puis à Marseille en 1640, où il réalise en compagnie d'Antoine Viry le décor de l'église Saint-Jeaume. En 1637, Labbé a rejoint la Compagnie de Jésus, ce qui explique en partie que l'on fasse appel à lui (ainsi qu'à Viry) pour les décors de la chapelle des Messieurs (1644) et de la Trinité (1644-50). Il y importe en effet la manière italienne et le savoir-faire jésuite en matière de peinture en perspective illusionniste (Cf. notamment la voûte de San Ignazio à Rome). Il meurt sur ce dernier chantier en 1647, en tombant de l'échafaudage.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. 477 WP 007. Lycée Ampère. Travaux. Restauration générale des bâtiments. Chapelle. Réparations et travaux d'art, 1854-1863

    AC Lyon : 477 WP 007
Bibliographie
  • CLAPASSON, André. Description de la ville de Lyon avec des recherches sur les hommes célèbres qu'elle a produits. Lyon : impr. A. Delaroche, 1741. XVI-283 p. ; 17 cm. [Réimpr. Lyon, 1761 ; rééd. annotée et ill. par G. Chomer et M.-F. Perez. Seyssel : Champ Vallon, 1982]

    p.98
  • FLACHERON, Raphaël. Description critique des bâtiments du collège, in Lyon ancien et moderne, L. Boitel. Lyon : 1843, vol. 1, p. 433-442

    p. 440
  • MALGOUYRES, Philippe (dir.). Charles Mellin : un Lorrain entre Rome et Naples. Cat. exp. Nancy, musée des Beaux-Arts, Caen, musée des Beaux-Arts 2007. Paris : Somogy, 2007 ; ill. n. et b. et coul.

    p. 234-237
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Guégan Catherine