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Moulins à farine de Ranfian actuellement sans affectation

Dossier IA73002817 inclus dans Paysage du bassin-versant du Chéran réalisé en 2013

Fiche

Dénominations moulin à farine
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Châtelard (Le)
Hydrographies Chéran ; bassin-versant du Chéran
Adresse Commune : Le Châtelard
Lieu-dit : Ranfian
Adresse :
Cadastre : 2009 E 435 ; 2009 E 436 ; 2009 E 437 ; 2009 E 438

Par lettres patentes du 7 novembre 1429, le duc Amédée VIII accorde au noble Jean Vivard, dit Chevalier, maitre-auditeur de la chambre des Comptes de Savoie le droit d'établir des artifices sur le Chéran, au lieu-dit Ranfian (Courrier des Alpes, 23 septembre 1845). Par la suite, il semblerait que le site appartiennent à la famille de Lescheraines. Le site apparaît sur la mappe sarde de 1728. Après la Révolution, les moulins sont exploités par les familles Perrier et Miguet. Ils apparaissent sur la carte de l’État-major français (années 1860) sous le nom « Moulins de Ranfian ». Le site est toujours visible sur le premier cadastre français de 1879. A cette date, il comporte un moulin et un moulin à chanvre appartenant à Victor Miguet ainsi qu'un moulin et un battoir appartenant à Jean Perrier. Le moulin Perrier apparaît dans le recensement des moulins de 1917 toutefois il ne semble plus en activité. Le document nous précise que Jean Perrier est décédé et que ses héritiers ont vendu en 1913 la force motrice à la Société électrique des Bauges dont le siège est au Châtelard. Le recensement de 1923 nous confirme que le moulin Perrier ne fonctionne plus depuis le décès du père il y a 25 ans. Le moulin n'est plus mentionné sur le recensement de 1924. La dernière occupante du moulin est Céline Picot. Après son décès, dans les années 1990, le moulin devient propriété de la commune du Châtelard.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Dates 1728, daté par source

Le site est situé sur la commune du Châtelard à la limite de la commune de la Motte-en-Bauges. Les artifices sont situés en rive droite du Chéran, en aval des artifices Despine-Miguet (IA73002816). Ils étaient alimentés par une dérivation mentionnée sous le nom "Canal de Ranfian". A l'origine, ce canal se divisait en deux bras pour alimenter les différents artifices. Les moulins étaient équipés de roues en bois horizontales. Par la suite, les deux moulins sont réunis pour former un seul bâtiment. Celui-ci est toujours visible. Il présente un plan rectangulaire sur deux niveaux : un rez-de-chaussée et un étage. Il est construit en pierre. Un escalier en pierre et un escalier en bois extérieurs permettent d'accéder au premier niveau. Le bâtiment est couvert d'un toit à longs pans en tôle ondulée. L'équipement du moulin a en grande partie disparu mais certains éléments sont toujours en place (paire de meule, blutoir, etc.). La roue horizontale n'existe plus mais son emplacement est bien visible. Une fontaine en pierre est présente le long de la façade ouest du bâtiment. Des meules réutilisées sont visibles dans le pavage de la cour. Les deux battoirs qui étaient des édifices sommaires, ne sont plus en place. Des amas de pierre témoignent de leurs emplacements.

Murs pierre
bois
Toit tôle ondulée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : en maçonnerie
Énergies énergie hydraulique
États conservations désaffecté, menacé

Le site se trouve dans le PNR des Bauges. Le pont permettant d'accéder directement au moulin n'est plus praticable mais le site est toujours accessible à pied par un chemin partant du chef-lieu du Châtelard. La particularité du site est d'avoir continué à fonctionner avec une roue horizontale.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
Sites de protection parc naturel régional

Annexes

  • Le patriote savoisien, 26 avril 1895.

    Un petit garçon noyé

    Hier après midi, vers six heures, un enfant de douze ans, François Laperrière, demeurant avec ses parents au Châtelard, s'est noyé accidentellement dans le Ghéran, en tombant d'une passerelle située en face du moulin du quartier de Renfiant. Il a été retiré de l'eau un quart d'heure après par M. Jean Perrier, meunier,mais n'a pu être rappelé à la vie, malgré les soins empressés qui lui ont été prodigués. La gendarmerie, prévenue, s'est immédiatement rendue sur les lieux pour procéder aux constatations d'usage. On juge du désespoir des parents.

  • Le courrier des Alpes, 23 septembre 1845.

    On nous adresse des observations au sujet de l'article sur les Bauges qui nous avait été communiqué dernièrement ; et que nous ayons cru devoir insérer à raison de l'intérêt que pouvaient offrir quelques détails sur cette vallée, mais en laissant, bien entendu à l'auteur toute sa responsabilité quant à leur exactitude. Voici ces observations, dont on nous demande l'insertion dans notre feuille :

    Nous croyons qu'il est de l'intérêt de notre histoire nationale de ne pas laisser passer sous silence les erreurs que renferme l'article imprimé sous le titre de Vallée des Bauges, dans lé numéro 108 du Courrier des Alpes ; nous nous faisons un devoir de les relever dans les lignes suivantes :

    I. Le nom du pays des bauges ne fut jamais Boviliae. Aucun acte public ou particulier ne le cite sous cette dénomination. Le nom de Boggae, cité danss l'acte de fondation du prieure de Bellevaux, de l'an 1090, pour désigner les Bauges, est sans contredît le plus ancien, et il est le vrai. De Boggae, on a dit Boges et Bauges. Plus tard et presque toujours, les documents nous font connaître le pays des Bauges sous le nom de Bovitiae, Bovitiarum, et dans une sentence du 3 juillet 1441, rendue par le conseil suprême de Chambéry contre les communier de Jarsy en faveur des pères de Tamié à l'occasion de la montagne d'Orgival, que les premiers soutenaient leur appartenir, le pays des Bauges est signalé sous le nom de Baugiarum, et le duc de Savoie, au nom duquel la justice se rendait, est déclaré comte de Bauges, comes Baugiaci ; et plus bas, dans la même sentence, il est dit que la montagne d'Orgival est dans le mandement du Châtelard des Bauges, in mandamento Casteltarii Bovitiarum.

    II. Les forêts sont presque anéanties dans les Bauges. Dieu préserve ce pays de grand incendie ! Dans les Hautes-Bauges, il n'en reste point ; car nous n'appelons pas forêts les bosquets d'Orgival, de Gontane, de Bellevaux et de la Compôte, voire même ce qui reste des bois de haute futaie dans la paroisse du Châtelard, Aillon-le-Vieux, la Motte, le Noyer , Charmillon où Saint-François-de-Sale, Lescheraine et Arith sont pauvres sous ce rapport. On ne voit plus dans ce pays des forêts que dans la combe de Lourden et à Margeriaz, paroisse d'Aillon-Ie-Jeune, et à Bellecombe.

    III. Dire avec le préfet Verneilh que les usines considérables et les nombreux martinets des Bauges appartenaient a M. Armenjon du temps où ce personnage honorable et distingué exerçait au milieu de nous une administration bienfaisante et réparatrice, c'est avancer une assertion qui est loin de l'exactitude. La famille Armenjon n'a eu en propriété que les artifices de Villaret-Rouge, et cela pendant trois générations seulement. Les auteurs ou les créateurs de la civilisation industrielle dans les Bauges furent Dieu-le-fils, Jean Rosset, son frère, et Jean Arnaud, qui présentèrent au comte Amédée VIII une supplique tendant à obtenir la permission de construire des martinets. Le 14 juillet 1409, ce prince leur fit expédier des patentes pour la construction de ces martinets sur la rive gauche du nant d'Aillon, dans la Seigneurie de Villaret-Rouge, appartenant aux révérendes dames du Betton. Il leur accorda en même temps le droit d'exploiter les mines de fer qu'ils découvriraient dans les Bauges, et celui de l'usage du bois pour les coulées à prendre dans des forêts à quatre lieues de distance dans ce mandement. De là les nombreuses clouteries qui s'établirent dans les Bauges, notamment dans les communes d'Aillon et du Noyer. Noble Jean Vivard, dit Chevalier ,maitre-auditeur de la chambre des Comptes de Savoie, ne tarda pas à suivre leur exemple, et, par patentes du 7 novembre 1429, le duc Amédée VIII lui accorda le droit d'établir les mêmes artifices sur le Chéran, au lieu appelé Ranfian. Les moulins, battoirs et autres artifices construits sur les deux rives de la même rivière dans la paroisse, de Lescheraine , sont l'ouvrage de Guillaume et de Barthélémy de Chabod, oncle et neveu, seigneurs de Jacob et de Villeneuve, près de Chambéry et co-seigneurs de Lescheraine. Les usines de Lacombe et de Lourden durent leur existence aux pères chartreux de ce lieu solitaire ; Celles de Carlet, paroisse de Jarsy, ont été construites par l'ordre des pères Bénédictins de Bellevaux. Le 23 février 1654, Louis fils de Sébastien Turinaz, venu de Javen en Piémont, passa bail avec le prieur commanditaire, pour construire les artifices, exploiter les forêts et faire les coulées.

    IV. Nous ne pouvons convenir que la famille. Armenjon soit la plus ancienne famille des Bauges. Les Tollombert, divisés en deux branches, les Tollombert proprement dits et les Gathiard étaient dans les Bauges avant 1200. Les Salomon, les David, les Ferroud, les Durand, les Pelarin, divisés en familles des Borrel, Prallet, Andriveris, Jacquemoud, sont antérieurs aux premiers. Les Lévrier, surnommés Rochon, sont de l'époque de ces derniers. Les Duperier figurent dans les actes publics avant 1400. Les Aimonet paraissent depuis 1300, ainsi que les Gonthier, etc. Il n'en est pas ainsi de la famille Armenjon. Nous convenons avec plaisir qu'elle fut riche et hospitalière.

    V. La paroisse seule du Charmillon ou de St-François-de-Sales fait des ustensiles en bois pour le commerce.

    VI. Il y avait plus d'une famille féodale dans les Bauges , savoir :

    1° Les nobles de Trépied, de Tripodibus, chez lesquels logeait saint François de Sales, lorsqu'il visitait les Bauges ; 2° Les de Charvet, dont le dernier rejeton, Charles, mourut dans son châleau de Jarsy ;

    3° Les de la Compôte, dont Guy, qui resta en 1520, mourut dans son château de la Compote ;

    4° Les du Châtelard, qui disparurent vers la fin du 15e siècle ;

    5° Les de Cerise, de la Motte qui subsistent ;

    6° Les d'Atilly , éteints depuis quatre siècles

    7° Les d'Allèves, qui finirent en Jean II, vers 1415 ;

    8° Les d'Arith, de Arico, s'éteignirent au Châlelard ;

    9° La famille de Mollienna fit défaut dans un petit château qu'elle possédait à Montesibod, hameau de Bellecombe ; 10° Les d'Orlier, 3e branche, seigneurs du Cengle, paroisse d'AIlèves, et du château de Bressieux, habitèrent ce dernier manoir jusqu'en 1338, époque où ils vendirent ce château à François Arnbrosii de (Chambéry, dont les descendants firent séjour dans le même château jusqu'à Jean en qui périt cette branche mâle de sa famille en 1438. Sa sœur Antoinette, épouse de Guillaume de Seyssel, seigneur de Bordeau, habita ainsi que ses descendants jusqu'au 6 novembre 1543, le même château. C'est ce que fit encore après eux, sa famille Rovero-Gallier de St-Séverin, jusqu'en 1719, Les Ambrosii, branche cadette des précédents, seigneurs de la Charnée, habitaient on partie le château de ce nom, en partie Ie Châtelard, jusqu'à l'extinction de celle branche, vers l'an 1580. Les Chabod eux-mêmes, branche aînée, aimaient à passer quelques temps de l'année à Lescheraine. Pour la famille de Lescheraine, elle quitta les Bauges vers l'an 1370, époque où s'éteignit la noble famille des Allues, paroisse de St-Pierre-d'AIbigny ; alors François de Lescheraine, second du nom, reçut de Jean de Miolans l'inféodation du château des Allues,qu'elle a toujours habité jusqu'au 6 février 1742, jour où elle s'éteignit en la personne de Pierre-Louis. Le même château fut habité par les substitués Jacques de Coudre de Blancheville, et dame Gasparde de Lescheraine, son épouse ; Pierre-Louis, leur fils, et Antoine-Félix, leur petit-fils, mort sans postérité, en 1831, dans ce château des Allues. Non seulement au Châtelard, mais dans toutes les Bauges, et ailleurs, on conserve un souvenir reconnaissant envers l'ancienne famille de Lescheraine, et celle qui lui fut substituée, mais surtout envers le dernier personnage Antoine-Félix, qui aimait les Bauges et les Baujus, comme ses yeux.

    Gaspard BONNEFOY, pr.,

    Membre de la Commission Royale des Études Historiques, etc.

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, C2592, Cadastre de 1728, Châtelard (le), 196, Vue 3, 1732.

  • FR.AD073, 3P 7086, Premier cadastre français, Châtelard (le), Section E, feuille 5, 1879.

  • FR.AD073 sous-série 81S52, Service hydraulique. Motte-en-Bauges (la), Affaires diverses, 1880-1894.

  • FR.AD073, 3P 7087, Cadastre rénové, Châtelard (le), Section E, feuille 5, 1962.

  • FR.AD073, 284 R 1, Moulins : recensements, Châtelard (Le) 1917.

  • FR.AD073, 284 R 1, Moulins : recensements, Châtelard (Le) 1923.

  • FR.AD073, 284 R 1, Moulins : recensements, Châtelard (Le) 1924.

  • FR.AD073 sous-série J1706, Inventaire des moulins de Savoie. Association des amis des moulins savoyards. Nicole Gotteland, Louis Crabières, commune Châtelard (le), 1999.

Bibliographie
  • Le patriote savoisien, 26 avril 1895.

  • H.Bouvier, Histoire du Châtelard en Bauges, La fontaine de Siloë, Montmélian, 1997.

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