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Moulin du Haut-Bourg dit Moulin Sainte-Catherine, transformé en Usine textile Duport et Blanc, puis Société Lyonnaise Gourd-Croizat-Dubost et Cie, puis Usine de construction mécanique Staübli Frères et Cie, actuellement logements

Dossier IA74001057 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiées maison, usine, bief, bureau
Dénominations usine
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Faverges
Hydrographies Ruisseau de la Fontaine le), Lac d'Annecy
Adresse Commune : Faverges
Lieu-dit : Faverges
Adresse : 48 route de Tamié
Cadastre : 0D 3 88, 3089, 2586, 2585, 6187, 6186, 6184, 6185

Dominant la ville de Faverges, l´ancienne usine du Haut-Bourg connaît plusieurs histoires. Simple moulin à blé, cet établissement devient en quelques siècles, l´une des usines les plus importantes de la commune de Faverges.

Situé à l´entrée sud de la ville sur le tracé du canal la Fontaine, cet artifice fait partie d´un chapelet de petits ateliers qui bordent les rives de ce bief. Remontant, selon une légende orale, au XIIIe siècle, la dérivation de la source la Fontaine est créée pour protéger la colline du château dont elle épouse les courbes. A l'origine, ce canal servait à irriguer les terres. La ville de Faverges prospère au Moyen Âge, l´agriculture et le travail du fer constituant deux de ses principales activités économiques. Aussi les habitants prennent soin de se protéger des caprices du torrent du Saint-Ruph, au XVIIIe siècle, en construisant des digues. Alimentant initialement ce cours d´eau, la source la Fontaine en est détournée pour alimenter en énergie hydraulique les usines et pour irriguer la plaine de Faverges.

Le moulin du Haut-Bourg était une dépendance appartenant aux religieuses de Sainte-Catherine d´Annecy. Ces dernières disposent de propriétés foncières importantes. En 1738, les religieuses vendent ce moulin au marquis de Faverges, avec d´autres possessions. L´atelier de meunerie est transformé en papeterie en 1805 puis désaffecté après la fermeture de cette dernière.

L´usine du Haut-Bourg devient la propriété des industriels Gourd-Croizat-Dubost et Cie, qui possèdent le château de Faverges ainsi qu´une usine textile aux portes nord de la ville et plus en aval de cet atelier. Ce rachat permet de relancer l´activité traditionnelle du site. A côté du moulin à blé, une scierie est installée, puis un atelier de dévidage de la soie qui fonctionne avec l´usine de la rue du Coq (située à la porte nord) et les filatures du château de Faverges (IA74001055).

Les industriels lyonnais vendent les trois sites à la Compagnie Stünzi qui se spécialise dans la production de la soie, puis le site passe progressivement dans le domaine des frères Stäubli. Les industriels suisses décident de fonder en 1909 une filiale à Faverges de la maison mère de Horgen. Rudolf Schelling et Hermann Staübli codirigent leur atelier de construction mécanique à Faverges. Employant plus de 30 salariés en 1914, l´effectif est porté à 70 personnes à la veille de la Première Guerre mondiale. Pendant ce conflit, le site connaît une période de chômage de quatre années. Les frères Hermann et Robert Staübli font redémarrer la production du site en 1924. En 1928, l'usine du Haut-Bourg est jugée trop petite, aussi les propriétaires rachètent "l´ancienne usine de confiture" près de la gare de Faverges où ils installent le contrôle final et l´expédition. Le site connaît une activité florissante jusqu´en 1937, mais un incendie finit par ravager une grande partie des ateliers. Les bâtiments sont en partie reconstruits et modernisés mais la production est délocalisée dans la nouvelle usine construite près de la gare de Faverges. Jusqu´en 1944, l´activité du site stagne et fléchit, il faut attendre la fin du conflit armé pour voir une reprise de l´activité.

Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 17e siècle
Dates 1937, daté par source

Contigüe à la route de Tamié, l´ancienne usine Staübli domine l´entrée sud de la ville de Faverges. En effet, située sur un promontoire d´où descend la dérivation de la source la Fontaine, cette usine dispose d´une position privilégiée. Dominant le secteur, les flancs de la montagne du château de Faverges viennent butter contre la route de Tamié, ménageant une plateforme orientée nord-sud, suivant le tracé du canal de dérivation. Le bief à ciel ouvert alimente déjà deux micro-centrales hydroélectriques avant d´arriver à une première vanne de régulation en amont. A cet endroit, le bief entre dans les clos qui bordent la périphérie du centre ville de Faverges. Dominant l´ensemble des jardins, le bief alimentait la distillerie Chevrier avant d´arriver dans la propriété de l´usine Staübli. Dans l´usine, la chute d´eau est importante : d´une hauteur de 4 à 5 mètres, les eaux actionnaient une turbine hydraulique. D´une surface de 3199 m² la propriété comprend au sud un jardin et un parking ouvert sur la route des écoles, au nord, deux bâtiments adossés. Le premier contigu à la route de Tamié et accessible depuis cette voie, le second donnant sur la route de la Garderie. D´une longueur importante de cinquante mètres, cet édifice façonne le front bâti de la route de la Garderie en ouvrant sur façade ordonnancée en 17 travées qui sont autant de baies amenant la lumière dans les ateliers. Cette façade antérieure épouse le tracé de la route grâce à son inclinaison. A contrario, la façade postérieure suit un axe nord-sud, comportant le même nombre de travées, cette façade est accessible aux étages supérieurs grâce a des coursives avec un garde corps métallique conduisant aux appartements aménagés en 2010 dans l´usine. Le sous-sol comporte de larges baies, chacune couronnée d´un arc en plein cintre. Ces ouvertures communiquent avec la cour intérieure entièrement fermée par un mur de clôture suivant l´axe de la route de Tamié. Dans sa partie sud, cette cour est dominée par une terrasse qui correspond à l´arrivée du canal la Fontaine. A cet endroit, le canal à ciel ouvert entre dans un sous-terrain, encadré par les deux bâtiments, la terrasse domine la chute d´eau non visible de l´extérieur. Longeant la route de Tamié, le bâtiment des bureaux comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage et un étage sous comble. De plan carré, le bâtiment dispose de quelques baies sur les deux murs gouttes (ou goutteraux) mais la façade antérieure ordonnancée en six travées est facilement identifiable par les modénatures : les encadrements des fenêtres reste marqués. Pour y accéder, un escalier conduit à la terrasse intérieure alors que le second conduisait à la porte de la travée principale, ce dernier n´existe plus. Du sous-sol au rez-de-chaussée, les deux bâtiments sont destinés à accueillir tous les ateliers de production. Ainsi au sous-sol, cinq vaisseaux s´articulent autour des escaliers. Dans le bâtiment principal se trouvait la salle des machines, le local pour les outils, la salle de montage, le magasin pour les machines et la turbine adossée au local pour accumulateur. Le premier étage était aménagé pour accueillir la salle de montage, la menuiserie, les bureaux et divers magasins, le second étage servait au stockage.

Murs pierre
bois
enduit
moellon
Toit tuile mécanique
Plans plan régulier en H
Étages 4 étages carrés
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à plusieurs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur
Énergies énergie hydraulique
États conservations remanié

Au regard du PLU de Faverges, ce site se trouve en zone Ua, zonage à forte densité urbaine aux franges du centre historique dans l'ancien quartier des Fabriques qui connaît une forte croissance urbaine depuis le début des années 2000.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 10 L 91 Faverges : hospices ; affaires forestières ; voirie ; comptabilité ; industrie ; procès ; cultes. An IX-1815.

  • AD Haute-Savoie : 10 L 45 bis, Industrie : établissement Duport à Annecy et Faverges ; renseignements sur les usines à traiter le fer existant dans l´arrondissement de Faverges ; usine Doucet à Faverges. 1806-1815.

  • AD Haute-Savoie : 6 S 77. Règlement d´eau des usines et prise d´eau sur le ruisseau de la Fontaine à Faverges, plan général des usines. 1865.

  • AD Haute-Savoie : 6 S 77. Règlement d´eau des usines et prise d´eau sur le ruisseau de la Fontaine à Faverges, l´usine dite du Haut6du Bourg de MM. Gourd, Croizat, Dubost et Cie. 1865.

  • AD Haute-Savoie : 6 S 77. Demande de nouvelle réglementation d´eau pour l´usine du Haut-Bourg sur le ruisseau de la Fontaine, des frères Staubi, constructeur de machines textiles. 1912.

Bibliographie
  • ABRY Christian, DEVOS Roger, RAULIN Henri, CUISENIER Jean, Les sources régionales de la Savoie : une approche ethnologique : alimentation, habitat, élevage. Paris : Edition Fayard, 1979, 661 p.

  • BROJEAN Joseph, La Savoie agricole, industrielle et manufacturière. Chambéry: Imprimerie A. Pouchet et Cie, 1863, 172 p.

  • GRILLETI Jean-Louis, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman. Chambery : J.F Puthod Libraire, 1807, 340 p.

  • PAJANI Bernard, Faverges et ses environs : un moment de son histoire, 1906, un aspect de sa vie par les cartes postales. Faverges : Pajani, 1982, 166 p.

  • QUELLET Marie-Jeanne, Les formes du terrain et l´hydrographie dans le couloir de Faverges. Lyon : Mémoire de maîtrise, Université Lyon 3, 1975, 126 f.

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