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Monument aux morts d'Oran

Dossier IA69004102 réalisé en 2006

Fiche

Appellations Monument aux morts d'Oran
Dénominations monument aux morts
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 9e
Adresse : place Bachaga-Boualem
Cadastre : 1999 AO 58 non cadastré

sculpteur Albert Pommier (1880-1943), pensionnaire de la villa Abd-el-Tif, pendant algérois de la Casa Velasquez et de la villa Medicis, en 1914. La ville de Lyon est jumelée à celle d'Oran (Algérie). Le transfert du Monument aux Combattants oranais est dû à l'initiative de la Ville de Lyon. Louis Pradel charge M. Napoléon Bullukian, directeur de la coopérative Le Roc 12 rue Braille à Villeurbanne, de procéder, en accord avec une entreprise d'Oran, à la dépose du monument et à son transfert sur un bateau. A l'issue de nombreuses démarches administratives entreprises dès 1964, le monument quitte le port d'Oran le 15 décembre 1967 sur le cargo Maguelone, pour arriver à Lyon le 26 décembre. Inauguré le 15 juin 1968.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Prinet Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Weckerlin Louis, architecte, attribution par source
Auteur : Pommier Albert, sculpteur, attribution par source

Pour des raisons techniques, ainsi qu'à la demande des Services algériens, seule la partie supérieure du monument fut déplacée, le socle restant sur place à Oran. Le monument actuel repose sur un socle creux en béton armé, recouvert en pierre de Villebois, portant des inscriptions commémoratives sur ses faces avant et arrière. D'une hauteur de 6,50 mètres, l'ensemble pèse plus de 30 tonnes.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Lettre de l'Adjoint délégué au Maire de Lyon à M. Aimé Dupuy, vice-recteur honoraire de l'Académie d'Alger, 3 avenue Jules Ferry 16 Angoulême, 1970

    AC Lyon. 425 WP 14. Lettre de l'Adjoint délégué au Maire de Lyon à M. Aimé Dupuy, vice-recteur honoraire de l'Académie d'Alger, 3 avenue Jules Ferry 16 Angoulême, 13 novembre 1970

    Objet : Monument aux combattants oranais. Sépulture des parents du président Edouard Herriot

    Monsieur,

    En réponse à votre lettre du 6 octobre écoulé qui a retenu toute mon attention, j'ai l'honneur de vous fournir les précisions suivantes quant à votre prochain article pour la Gazette des Beaux Arts.

    Le transfert du Monument aux Combattants oranais est dû à l'initiative de la Ville de Lyon. A l'issue de nombreuses démarches administratives entreprises dès 1964, le monument quitta le port d'Oran le 15 décembre 1967 sur le cargo Maguelone, pour arriver à Lyon le 26 décembre.

    Pour des raisons techniques, ainsi qu'à la demande des Services algériens, seule la partie supérieure du monument fut déplacée, le socle restant sur place à Oran.

    Inauguré le 15 juin 1968, le monument actuel repose sur un socle creux en béton armé, recouvert en pierre de Villebois, portant des inscriptions commémoratives sur ses faces avant et arrière. D'une hauteur de 6,50 mètres, l'ensemble pèse plus de 30 tonnes.

    Ce monument a trouvé sa place sur un terre-plein situé face au centre commercial, à proximité de l'église et du centre sportif, dans le quartier neuf de Balmont-ouest à la Duchère (9e arrondissement) où vivent aujourd'hui de nombreux rapatriés d'Algérie.

    En ce qui concerne les parents du président Edouard Herriot, qui étaient inhumés au cimetière d'Oran, ceux-ci ont été réinhumés au cimetière de la Croix-Rousse ancien, le 24 juin 1967, dans une concession perpétuelle acquise par le Président Herriot en 1914 ; l'initiative et la responsabilité de ce transfert en reviennent au Comité Edouard Herriot.

    Bien que ne pouvant joindre à la présente la photographie que vous sollicitez, j'espère que ces quelques renseignements vous seront utiles.

    Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

    Pour le Maire de Lyon,

    l'Adjoint délégué,

  • DEMARCHI, Luc. Le Monument aux Morts d'Oran [en ligne].

    Le monument aux morts d´Oran, place Bachaga-Boualem, Lyon 9e

    DEMARCHI, Luc. Le Monument aux Morts d'Oran [en ligne]. Lyon : Cercle algérianiste de Lyon [mise à jour du jeudi 9 août 2007]. Accès Internet : <URL : http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/mamo.html>

    Extraits.

    Dès les années 50, une forte pénurie de logements se fait sentir en France. Un peu partout, d´ambitieux programmes immobiliers voient le jour. C´est l´époque où le béton est roi. Des immeubles immenses en forme de barre et de bloc font leur apparition dans les quartiers de banlieue...

    Lyon n´échappe pas à la règle, ainsi Le plateau de La Duchère fait l´objet d´un gigantesque projet immobilier, le chantier est surnommé : « chantier de la barre des mille logements »...

    Alors que les travaux ne sont pas encore terminés, l´année 1962 arrive et avec elle, la fin de l´Algérie française et le rapatriement dramatique de plus d´un million de Français d´Algérie. Contrairement aux idées reçues, le complexe immobilier de La Duchère ne fut donc pas construit à l´intention des Pieds-Noirs. Toutefois, Louis Pradel, Maire de Lyon en 1962, ne reste pas insensible à ces déracinés venus d´Afrique du Nord, à tel point qu´ils se voient attribuer pratiquement la moitié des logements de La Duchère. Ils constituent ainsi l´une des plus grandes concentrations de Pieds-Noirs en France.

    Par ailleurs, Edouard Herriot, précédent Maire de Lyon, avait projeté un jumelage entre les villes de Lyon et d´Oran dès 1956. Il avait en effet des liens sentimentaux avec l´Algérie et plus précisément avec Oran où ses parents étaient enterrés. Ce projet devait aboutir en 1968.

    (...) en 1966, Louis Pradel acquit la conviction qu´un lieu de mémoire évocateur du souvenir de l´Algérie française devait être érigé dans le quartier de La Duchère afin d´honorer cette communauté nouvellement arrivée. Tout naturellement, le choix se porte sur le monument aux morts d´Oran. Plusieurs conseillers municipaux et collaborateurs proches du maire se mobilisent. On citera entre autres : M. Gilbert Prudhomme, M. Emile Azoulay, M. Bonnardel, M. Carraz et notamment M. Napoléon Bullukian qui financera généreusement toute l´opération.

    En décembre 1967, les négociations avec les autorités algériennes aboutissent. La partie supérieure du monument est alors découpée de son socle haut de huit mètres et la sculpture quitte Oran le 11 décembre 1967 pour Marseille.

    L´inauguration a lieu à La Duchère le 13 juillet 1968, en présence de M. Pradel et de nombreux rapatriés. On retiendra les paroles de M. Fenech, président de la Fédération nationale des Rapatriés : « Il rappelle notre terre d´Oranie et le combat de deux générations de ses fils pour que vive la France. Il sera le lieu de recueillement où les rapatriés, qui ont perdu leur tombe, pourront évoquer la mémoire de leurs morts. »

    (...)

    Après son arrivée à Lyon, différentes plaques commémoratives sont venues compléter le monument : Hommage à « l´Armée d´Afrique », au « Rhin et Danube », aux « formations supplétives et assimilées pour leurs sacrifices ». Et puis cette inscription en lettres d´or : « En souvenir de leur terre natale, la Ville de Lyon à ses enfants d´Afrique du Nord qu´elle a accueillis ».

    Des cérémonies se déroulent chaque année, le 8 mai et le 11 novembre, plus récemment, le 25 septembre « Journée nationale d´hommage aux Harkis ».

    (...)

    Luc Demarchi

    Sources :

    M. Emile Azoulay, président de « Rhône-Alpes - Israël échanges »

    M. Gilbert Prudhomme, ex conseiller municipal auprès de M. Louis Pradel Fédération nationale des Rapatriés

    Alain Amato, Monuments en exil

    Annie Schwartz, 30 ans de vie à La Duchère

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. 425 WP 14. Lettre du Maire de Lyon Louis Pradel à Monsieur le Président de l'Assemblée consulaire communale de la ville d'Oran, 14 novembre [1967]

    AC Lyon : 425 WP 14
  • AC Lyon. 3 M Monuments aux morts. Délibération du Conseil municipal, 29 janvier 1968

    AC Lyon : 3 M Monuments aux morts
  • AC Lyon. 425 WP 14. Lettre de M. Prinet à monsieur Pradel, maire de Lyon, 16 février 1968

    AC Lyon : 425 WP 14
  • AC Lyon. 425 WP 14. Lettre de Mme A. Pommier à monsieur Pradel, maire de Lyon, 10 mars 1968

    AC Lyon : 425 WP 14
  • AC Lyon. 425 WP 14. Lettre de l'Adjoint délégué au Maire de Lyon à M. Aimé Dupuy, vice-recteur honoraire de l'Académie d'Alger, 13 novembre 1970

    AC Lyon : 425 WP 14
Documents figurés
  • Ville de Lyon, service de l'Architecture, la Duchère. Schéma général des aménagements. Plan de localisation. [3e quart 20e siècle], (Arch. mun. Lyon. 425 WP 14)

  • Oran (Algérie). Le monument aux morts de la guerre 1914-1918. Photogr. [2e quart 20e siècle], annotée dans les années 1960 (Arch. mun. Lyon. 425 WP 14)

  • Lyon, la Duchère. Emplacement futur du monument aux morts provenant d'Oran (Algérie). Photogr. [3e quart 20e siècle], (Arch. mun. Lyon. 425 WP 14)

Bibliographie
  • BECKER, Annette. Les Monuments aux morts. Mémoire de la Grande Guerre. Paris : Editions Errance, 1988. 158 p. ; 24 cm

    p. 116
  • BENEZIT, E. Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Paris, Librairie Gründ, 10 vol., 1976_

    vol. 8, p. 417
  • DEMARCHI, Luc. Le Monument aux Morts d'Oran [en ligne]. Lyon : Cercle algérianiste de Lyon [mise à jour du jeudi 9 août 2007]. Accès Internet : <URL : http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/mamo.html>

  • SCHWARTZ, Annie. La Duchère, 40 ans. Lyon : A.U.D.A.C.C.E., 2003. Réédition avec mise à jour de La Duchère, 30 ans, les mémoires d'un grand ensemble 335 p. ; 18 cm

    p. 64-65
Périodiques
  • Dernières heures. Le monument aux morts d'Oran .... ?, 14 mai 1964, (Arch. mun. Lyon : 3 M Monuments aux morts, dossier de presse)

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