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Mausolée dit chapelle expiatoire ou second monument des Brotteaux ; couvent de capucins, actuellement école Ozanam

Dossier IA69000667 inclus dans Quartier des Brotteaux réalisé en 2000

Fiche

Œuvres contenues

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Appellations chapelle expiatoire, monument des Victimes du Siège de Lyon ou second monument des Brotteaux
Destinations école
Parties constituantes non étudiées chapelle, préau
Dénominations mausolée, couvent
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 6e
Adresse : 145 rue de Créqui , 58-60 rue Vauban , rue Louis-Blanc
Cadastre : 1999 BI 81

Le premier monument expiatoire des Brotteaux est inauguré le 10 prairial an III (29 mai 1795), sur les plans de l'architecte Cochet. Delandine composa l'inscription commençant par ces vers : Lyonnois, venez souvent sur ce triste rivage, A vos amis répéter vos adieux ; Ils vous ont légué leur courage ; Sachez vivre et mourir comme eux. Le second monument des Brotteaux est élevé de 1817 à 1819 à la mémoire des Victimes du Siège de Lyon de 1793 sur un terrain des Hospices civils de Lyon vendu à la Société du monument religieux des Brotteaux en 1816 sous certaines conditions. Il consiste en une chapelle expiatoire destinée à recevoir les ossements des victimes ainsi que le corps du général de Précy (il existe une autre chapelle expiatoire élevée à Paris rue Pasquier et rue d'Anjou de 1816 à 1826 sur le cimetière de la Madeleine où avaient été inhumés, entre autres guillotinés, les corps de Louis XVI et Marie-Antoinette). Au piédestal se trouvaient deux femmes voilées, oeuvres de Chinard. Le mausolée de Lyon est desservi par des capucins pour lesquels un couvent est construit entre 1854 et 1857 (d'abord l'élévation sur l'actuelle rue de Créqui puis celle sur l'actuelle rue Vauban). C'est Mgr Caverot, archevêque de Lyon depuis 1876, qui suscite l'installation d'un nouvel établissement scolaire privé à Lyon. En effet, il veut assurer l'avenir de l'enseignement catholique dans un contexte qui s'annonce difficile : début de la lutte contre les congrégations et projets d'obligation, de gratuité et de laïcité scolaires. Deux externats de lycéens dirigés par des prêtres séculiers (principe mis en place par l'abbé Thenon), l'école Bossuet (1866) et l'école Fénelon (1879), prospèrent à Paris. Mgr Caverot obtient qu'un prêtre, l'abbé Girodon, collaborateur principal du directeur de l'école Bossuet et lui-même fondateur de l'école Fénelon, vienne installer un externat de lycéens à Lyon. L'école Ozanam est ouverte en 1881 et s'installe dans les bâtiments des capucins. L'école est dédiée à Antoine Frédéric Ozanam (1813-1853), professeur de littérature étrangère à la Sorbonne, écrivain, poète, orateur, journaliste et épistolier (et béatifié le 22 août 1997 par le pape Jean-Paul II) ; le nom que se donne l'école illustre bien son projet : il s'agit de mettre en place une école alliant le haut niveau d'enseignement de l'université à la défense de la doctrine catholique. Sa situation géographique n'est donc pas un hasard : il ne faut que quelques minutes à pied pour gagner le lycée Ampère qui est alors le seul lycée de Lyon. La chapelle actuelle est édifiée en 1906-1907 sur les plans de l'architecte Pascalon à l'angle des deux rues (Créqui et Louis-Blanc-Fénelon) dont les tronçons ont été récemment réunis et qui ont entraîné la destruction du second monument des Brotteaux et d'une partie du couvent des Capucins. Les bâtiments restants sont surélevés d'un étage avant 1897 pour compenser la place perdue. Cette campagne de travaux induite par des remaniements de la voirie est conduite par l'abbé Genevet, second directeur de l'école Ozanam. Des classes et le préau sont réaménagés en 1972-1973 grâce à la vente de la partie est de la cour (et où s'élève aujourd'hui une "résidence avec services" pour personnes âgées). Le troisième monument des Brotteaux est achevé en 1900 mais les ossements se trouvant dans le second monument n'y sont transférés qu'en 1906. Le second monument est effectivement démoli entre août et décembre 1906 sous la direction des Hospices civils de Lyon après que la société du monument des Brotteaux a disposé des matériaux qu'elle voulait récupérer (cf dossier Palissy Acrotère).

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates 1881, porte la date
1908
1909
1910
1911
Auteur(s) Auteur : Cochet Claude-Ennemond-Balthazard,
Claude-Ennemond-Balthazard Cochet (1760 - 1835)

Grand Prix de Rome en 1783, architecte de la Ville de Lyon en 1795, professeur à l'Ecole des beaux-Arts de Lyon (1814-1824)

Voir Maynard, Louis, 1932, vol. 2 p. 41


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Pascalon, architecte, attribution par travaux historiques
Personnalité : Ozanam Antoine Frédéric, personnage célèbre
Personnalité : Genevet abbé, commanditaire

Le bâtiment principal de l'école Ozanam s'élève sur un sous-sol et 2 étages carrés, présente une élévation à travées et est couvert d'un toit à longs pans à croupe et croupe polygonale en tuiles plates mécaniques. Le soubassement de la chapelle de l'école Ozanam construite et bénite en 1907 est en pierre de Saint-Martin-Belle-Roche. date portée sur le bâtiment scolaire côté cour : 1881 ; dates portées respectivement par le choeur, la nef, la tribune de la chapelle de l'école : 1908, 1909-1910, 1911 ; inscription située sous l'horloge de l'école Ozanam : veritas liberabit

Murs enduit
Toit tuile plate mécanique
Étages sous-sol, 2 étages carrés, 1 vaisseau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans
croupe
croupe polygonale
États conservations détruit, vestiges, menacé
Techniques vitrail
sculpture

Permis de démolir concernant l'école Ozanam reçu par le SDAP du Rhône au début de l'année 2000. Un permis de démolir complété d'un permis de construire sont déposés à la direction de l'aménagement urbain de la Ville de Lyon en juin 2002. Le service départemental de l'Architecture et du Patrimoine (SDAP) donne un avis défavorable à la démolition. Le maire de Lyon délivre cependant le permis de démolir.

Statut de la propriété propriété d'une association
propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables préau

Annexes

  • Lettre du curé Goulard au maire de Lyon, sd [entre 1814 et 1818] AC Lyon, 744 WP 71

    A Monsieur le Comte de Fargues, Maire de la Ville de Lyon, signé Goulard curé de Notre-Dame St Louis, non daté [entre 1814 et 1818], AC Lyon, 744 WP 71

    J’ai reçu, avec beaucoup de reconnaissance, le prospectus que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser, et personne ne désire plus que moi, de concourir à un projet, qui doit transmettre à la postérité, le grand exemple que les Lyonnais ont donné de leur dévouement au Roi. Mais vous ne voulez, Monsieur, que ce qui rendra la consécration de ce monument plus religieux et plus durable. Je soumets donc à votre sagesse les observations qui peuvent faire sur vous comme sur moi une forte impression.

    Les Broteaux [sic] disposés pour des promenades agréables pour divers jeux d’exercice, théâtres et fêtes baladoires ne paraissent pas convenables à ce monument, ce serait vouloir allier le sacré avec le profane, la pieuse tristesse avec la joie qui n’est pas toujours innocente, les soupirs et les accents de la douleur avec les cris et les rires immodérés des différentes passions qui s’agiteraient autour de ce temple.

    A ces obstacles moraux se joignent des obstacles physiques. Pour mettre cet édifice en sûreté contre un fleuve indomptable, on fera des dépenses qui ne peuvent être exactement calculées, et l’on aura toujours à craindre que ses fondements posés sur le sable ne soient un jour renversés.

    On objectera sans doute que ce monument doit être élevé sur le terrain même arrosé du sang de ces généreuses victimes. Que déjà il est acheté, et consacré par la première pierre posée par son ARM Le Comte d’Artois, et par le signe sacré de notre Rédemption. Ces raisons toutes fortes qu’elles sont, laissent subsister et l’inconvenance et les obstacles, et je réponds que cet achat n’est point perdu, car ce sol doit être fermé pour n’être point profané et si nous indiquons un endroit plus convenable, notre auguste prince consentira volontiers à poser une seconde pierre et l’on devra à ce prince chéri deux monuments qui attesteront deux fois son amour pour les fidèles Lyonnais.

    L’ancienne ville, la Montagne Sainte, le Calvaire, les voûtes sacrées où reposent les ossements des Martyrs de la Foi réclament ceux des Martyrs de la Fidélité au Roi légitime, là est l’emplacement où doit être l’église de St Irénée Evêque et patron de ce diocèse.

    La chapelle actuelle formerait le chœur des Religieuses de St Michel, les prières pour ces illustres défunts y seraient continuelles, les fidèles y seraient puissamment attirés, cette église aurait plusieurs desservants, tout y inspirerait la piété et le recueillement, les parents et amis de ces victimes y éprouveraient une consolation vraiment religieuse, et comme nos Rois placèrent à St Denis des Religieux pour veiller sur leurs tombeaux, les Lyonnais auraient pour gardiennes des cendres des anciens et nouveaux martyrs, des religieuses toutes consacrées aux exercices de la Charité. Ce nouveau monument complèterait et illustrerait un établissement si important érigé en Maison Royale et dont LLRRAA Madame Duchesse d’Angoulême et Mde la Duchesse de Berry sont les hautes protectrices. Ces illustres princesses verraient avec satisfaction ce plan qui donnerait une église aux religieuses, assurerait la prospérité de cette grande fondation. Je crois qu’il y aurait de l’économie dans l’exécution et procurerait un plus grand nombre de souscripteurs en réunissant tous les intérêts.

    MM. les vicaires généraux seraient priés d’ordonner la plus grande pompe religieuse pour le transport des dépouilles mortelles de ces dignes concitoyens, dont la mort a honoré la Patrie et dont la Patrie veut honorer la Mémoire.

  • Discours prononcé le 23 janvier 1898 par M. Genevet, directeur de l'école Ozanam, lors de l'assemblée générale de l'association des anciens élèves. Extrait.

    Discours prononcé le 23 janvier 1898 par M. Genevet, directeur de l'école Ozanam, lors de l'assemblée générale de l'association des anciens élèves. Extrait.

    Cité dans COUPRY, Isabelle. L'école Ozanam à Lyon : un externat catholique pour lycéens, 1881-1950. Presses de l'Imprimerie de l'Hermitage, Tain-l'Hermitage, 1985, p. 93.

    L'école se voit contrainte de rebâtir sa chapelle, démolie à cause du passage de la rue Créqui. Plusieurs ont pensé que l'Association des anciens élèves devait la rebâtir à ses frais, et cela, pour deux raisons principales :

    1 En témoignage de leur foi.

    Pour nous, le témoin et la sanction de notre conscience, c'est Dieu. La chapelle en est le signe. Isolée, donnant sur la rue et sur la cour, elle doit renseigner, à l'extérieur le public, et à l'intérieur les jeunes recrues, sur la foi religieuse des anciens qui ont fondé l'école.

    2 En témoignage de leur gratitude.

    Une protestation s'impose en présence des dires de nos contradicteurs. Ici, les élèves sont chrétiens avant tout ; le lycée n'enlève rien à la foi, mais la fortifie par l'expérience des hommes et des choses ; les élèves ne passent pas du monde chrétien au monde païen ; la meilleure preuve en est que les anciens ont scellé les sentiments de leur gratitude du sacrifice de leur bourse...

    Buvons à l'érection de ce témoignage immortel de notre foi et de notre attachement à l'Ecole. Je la vois déjà, se dressant fière et noble, disposée à crier - car les pierres parlent quand il le faut - à toutes les générations futures, et l'élévation de vos sentiments, et la vigueur généreuse de votre activité.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. DRAC Rhône-Alpes, Conservation régionale des Monuments historiques. Dossier Monument des Brotteaux, Lyon

    CRMH Rhône-Alpes
  • A.D. Rhône. 4 T 32. Monument des Brotteaux, 1814-1839

    AD Rhône : 4 T 32
  • A HCL. Domaine. Monument des Brotteaux, 1814-1906

    A Hospices civils Lyon
  • AC Lyon. 744 WP 071. Lettre de M. Goulard, curé de Notre-Dame Saint-Louis, à M. le Comte de Fargues, maire de la ville de Lyon, sd [entre 1814 et 1818].

    AC Lyon : 744 WP 071
Documents figurés
  • Plan topographique de la ville de Lyon et de ses environs / Eugène Rembielinski, ingénieur géographe et graveur, et L. Dignoscyo, ingénieur géographe, 1847 (AC Lyon : 2 S 574)

    AC Lyon : 2S574
  • Plan topographique de la ville de Lyon et de ses environs / Laurent Dignoscyo et Claude Dignoscyo, dressé en 1861 et publié en 1863 (AC Lyon : 5 Ph 35279)

    AC Lyon : 5Ph35279
  • VOLATIER, Ch. Ecole Ozanam, externat de lycéens, Lyon. Lyon : H. Lardanchet éditeur, s.d. [après 1907], n.p. [14 p.], 16 cm

  • Dossier de photographies, Exposition catholique, 1936 (Collection particulière)

    AP
Bibliographie
  • BARRE, Josette, FEUGA, Paul. Morand et les Brotteaux. Editions lyonnaises d'Art et d'Histoire, collection "Vues de quartier". Lyon, 1998. 128 p. ill. ; 23 cm

    pp. 100-102
  • CLEMENCON, Anne-Sophie. La fabrication de la ville ordinaire. Pour comprendre le processus d'élaboration des formes urbaines, l'exemple du domaine des Hospices civils de Lyon. 3 volumes. Th. doct. : Histoire : histoire de l'art : Lyon 2, 1999

    vol. des plans, C123
  • COUPRY, Isabelle. L'école Ozanam à Lyon : un externat catholique pour lycéens, 1881-1950. Presses de l'Imprimerie de l'Hermitage, Tain-l'Hermitage, 1985

  • KLEINCLAUSZ, Arthur. Histoire de Lyon. Lyon : librairie Pierre Masson, 1952. [Réimpr. Marseille, 1978. Marseille : Laffitte Reprints, 1978, 22 cm.]

    p. 43
  • MACE de LEPINAY, François. Chapelle expiatoire. In Paris. Le guide du patrimoine, Lyon : Hachette, 1994, 587 p., 25 cm

    p. 160
  • MARTIN, Jean-Baptiste. Histoire des églises et chapelles de Lyon. Lyon : H. Lardanchet, 1908-1909. 2 vol., XXVI-372 p.-[5] f. de pl. : ill., 499 p.-[5] f. de pl. : ill. ; 33 cm

    t. 2, p. 366-368
  • VINCENT, Marcel (Père). Frédéric Ozanam, nouveau saint lyonnais. In Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, t. LII, 1998, pour l'année 1997

    p. 145-146
Périodiques
  • Le Monument expiatoire des Brotteaux, une grande page de l'histoire de Lyon. Le siège de Lyon en 1793, canonades et boucheries, l'architecte Cochet et le premier monument expiatoire, l'esprit lyonnais pendant le siège, l'oeuvre de Chinard. La Dépêche de Lyon, 15 octobre [1906 ?] (Arch. mun. Lyon : 3 Cp 132)

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