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Maison forte de Morenol, puis château de Montrouge

Dossier IA42003440 réalisé en 2005

Fiche

Historique complémentaire

La maison forte de Morenol apparaît dans la documentation écrite au 16e siècle seulement. Au début du 16e siècle, elle semble appartenir à Jacques de Puyclamand, conseiller du roi et élu de Forez. Au milieu du 16e siècle, elle est à Pierre de Tremolles (ou Tremeolles), écuyer, puis en 1593 à Philippe de Tremeolles, écuyer, seigneur de Vernoilles et de Morenol : elle est alors entourée de fossés avec pont-levis. Le 25 octobre 1637, Antoine de Tremeolles, fils du précédent, la vend à Jacques Chirat. Celui-ci est issu d´une famille de notaires puis d´officiers documentée à Sury-le-Comtal depuis le début du 15e siècle (généalogie des Chirat établie par Jean Marie de Montrouge dans ses Mémoires domestiques...) ; son père, Antoine Chirat, vient s´établir à Montbrison dans la 2e moitié du 16e siècle : il y achète une maison, vit de ses rentes et établit sa sépulture dans l´église collégiale Notre-Dame, préparant l´accès à la noblesse de la famille. Jacques Chirat (mort en 1662) commence une carrière dans l´administration royale à la fin du 16e siècle, avant d´obtenir la charge d´élu du pays du Forez en 1604. Après avoir acquis par mariage le fief de la Pommière (Grézieux-le-Fromental, voir IA42001388 et IA42001565), pour lequel il prête hommage en 1622, il achète celui de Morenol. Des commentaires portés sur des copies des actes réalisées au 18e et au 19e siècles indiquent que Morenols était sans doute un franc alleu (ce qui expliquerait le silence des archives avant le 16e siècle, la maison forte échappant à l´administration comtale) ; Jacques Chirat paye cependant la taxe de ban et d´arrière-ban en 1639, et demande à prêter hommage en 1646, en déclarant qu´il a acquis Morenol comme fief. C´est sans doute au même moment que le site change de nom pour devenir château de Montrouge (ce changement est mentionné dans un acte de 1627 portant sur la cession de droits seigneuriaux par Gabrielle de barge à Philippe de Trémolles, mais il s´agit peut-être d´un commentaire de celui qui a copié l´acte en 1728). La carte de Cassini (2e moitié 18e siècle) confirme le dédoublement du village de Morenol et du château (ou fief) de Montrouge).

Le corps de logis rectangulaire, en fond de cour, avec des tours aux angles orientaux, correspond peut-être à l´ancienne maison forte, que l´on pourrait dater de la fin du 15e siècle. Le Forez pittoresque... (et après lui Salomon) indique qu´une "façade est bâtie en briques de couleur dessinant des compartiments à la mode du Bourbonnais" ; cependant le texte n'est pas clair sur la localisation de la façade en question (qui serait à la fois "flanquée de deux grosses tours rondes" et "ornée de médaillons d'empereurs romains", ce qui est incompatible avec l'existant) et les cartes postales du début du 20e siècle ou le cliché pris par Félix Thiollier montrent déjà un château totalement enduit, ce qui ne permet pas de vérifier cette affirmation.

Ce logis a été agrandi, sans doute après son acquisition par Jacques Chirat (donc entre 1637 et 1662), en avançant vers l´ouest la façade sur cour. L´escalier en vis contenu dans une tour qui devait être en demi-hors-oeuvre sur la façade occidentale de la maison forte s´est ainsi retrouvé pris à l´intérieur du bâtiment. L´aile en retour au sud-ouest de ce corps de logis, qui présente des encadrements d´ouvertures et une cheminée à piédroit et console oblique datables de la 1ère moitié du 17e siècle est sans doute contemporaine de cet agrandissement, de même que l´aile nord, terminée par une tour ronde ; cette tour était peut-être déjà en place, et reliée au corps de logis par un mur. La construction du portail sud vient compléter cette campagne architecturale. Jacques Chirat a sans doute été à l´instigation d´une campagne de décoration intérieure du château (voir IM42002606), et de l'aménagement d'une chapelle privée dans le château, peut-être dès 1644, dont il ne reste pas de trace (elle occupait peut-être le rez-de-chaussée de l´aile nord). En même temps, il commandite le réaménagement de la chapelle Sainte-Madeleine (actuellement chapelle Saint-Aubrin, qui jouxte le choeur au nord) à la collégiale de Montbrison, qui devient la chapelle familiale.

Dans le 3e quart du 18e siècle, Jean-Marie Chirat de Montrouge (mort en 1774) aurait fait reconstruire "le derrière de sa maison" (Mémoires domestiques...). Les lambris chantournés et les cheminées en pierre à décor Rocaille qui ornent plusieurs pièces (dont le salon au rez-de-chaussée) ont sans doute été mis en place à cette époque.

Les ouvertures ont toutes été remaniées, avec remploi d´encadrements moulurés de la 1ère moitié du 17e siècle : sur la façade occidentale, porte avec traverse remployée en linteau (armoiries rapportées au-dessus : voir décor porté), petites fenêtres du rez-de-chaussée du début du 19e siècle (? Autrefois barreaudées), fenêtres de l´étage agrandies au 18e siècle (?) ; sur la façade orientale, fenêtres de la fin du 15e ou du 16e siècle (croisée supprimée) pour la travée nord, portes-fenêtres au rez-de-chaussée remaniées au 19e siècle, fenêtres de l´étage agrandies au 18e siècle ; sur la façade nord de l´aile sud, portes aménagées dans les anciennes fenêtres (porte orientale percée au 20e siècle), la fenêtre à croisée de l´étage semble la plus authentique (2e quart 17e siècle). Les ouvertures à linteau en plein-cintre du comble ont peut-être été mises en place lors d'une campagne générale de réfection du comble après l'agrandissement par Jacques Chirat. Les fenêtres en demi-lune de l'aile nord (côté nord) ont sans doute été mises en place au milieu ou dans la 2e moitié du 19e siècle.

Sur la première matrice cadastrale (avant 1830), l'édifice est mentionné à la parcelle F 61 bis, "château et cour", avec un "jardin parterre" devant la façade occidentale (parcelle F 62).

Les quatre portails en brique et pierre édifiés à différents accès du parc et du château sont datables de la fin du 19e siècle (une facture du serrurier Palley, de Montbrison, datée de 1891, est conservée au château ; le dessin signé Emile Fayolle, également daté de 1891, représente l'un de ces portails). En 1887, le domaine comptait en tout 91 ha.

Après le décès d´Albert Chirat de Montrouge, mort célibataire en 1914, le château a traversé une période d´abandon (pendant laquelle la cheminée en bois sculpté de la salle à manger a été démontée ; voir IM42002607). Il a été racheté dans le 3e quart du 20e siècle par M. Prodon, industriel à Saint-Chamond, qui l´a très largement restauré et remanié (travaux par l'entreprise de maçons Bressiani, de Saint-Romain-le-Puy ; renseignement oral) ; on lui doit entre autres la réfection des toitures, la remise en place de décors déposés, trouvés dans le grenier (voir IM42002609) et l´aménagement du parc.

Un important fonds d´archives était conservé au château de Montrouge. Il a sans doute été en grande partie classé et recopié par Albert Chirat de Montrouge, qui était membre de la Diana (société archéologique et historique du Forez). Le fonds a été donné aux Archives départementales de la Loire en 2000 par Jean Gonon (cote 145 J, 15 cartons, documents datés entre 1380 et 1911), les copies (et quelques originaux) restant au château ; les originaux conservés aux Archives départementales ont été consultés par sondage, ce sont les copies et les notes d´Albert Chirat de Montrouge qui ont majoritairement servi à réaliser ce dossier.

Description complémentaire

Le château est édifié au nord du hameau de Morenol, entre le Vizézy et le Moingt (son affluent) ; des dérivations du Vizézy alimentaient plusieurs étangs (Le Grand étang de Montrouge existe en 1480 ; quatre étangs sont régulièrement cités au 18e siècle, deux subsistent au 19e) et un moulin (mentionné au 16e siècle) dépendant du domaine, ainsi sans doute que le fossé qui entourait encore l´édifice à la fin du 16e siècle (il n´en reste plus de trace). L´édifice était entouré de bois, à l´ouest, et d´étangs, au nord et à l´est ; au sud se trouvait un clos (signalé sur le plan de 1809), correspondant peut-être à l´emplacement de la vigne mentionnée au 16e siècle. A proximité était édifié un pigeonnier, mentionné au 16e siècle, cadastré en 1809 (parcelle F 135), cité sur un état de la propriété en 1867 et sur un acte notarié en 1887 (Savigneux hier...), mais mentionné comme disparu sur un bail de 1899 (renseignement oral : pigeonnier à toit chauffoir à deux versants, situé devant le château, avant le chemin, détruit dans les années 1960). Dans la 2e moitié du 19e siècle, les abords sont modifiés par le changement du tracé de la route, transportée plus à l´est, ce qui permet la constitution d´un parc clos (mur en moellon de granite) au sud et de part et d´autre des bâtiments. Trois portails identiques (porte piétonne et porte cochère, à piliers en brique et pierre alternées, avec des vantaux à barreaux en fer, interrompus par un bandeau à volutes) commandent les accès au parc : un au sud, au départ du chemin reliant le château au hameau, marqué par l´aménagement d´une esplanade en demi-lune sur laquelle est plantée une croix (voir IA42003439 ; les vantaux du portail sud ont été arrachés) ; un à l'est, le long de la route, dans l'axe des bâtiments de la ferme ; le dernier le long du chemin entre la route et la ferme, sur un muret qui sépare le "jardin parterre" du château des parties agricoles.

L´édifice se compose d´un corps de logis cantonné de deux tours du côté est, avec deux ailes (l´aile nord se termine par une tour de plan circulaire, l´aile sud par un retour au sud, l´extrémité sud de l´aile étant pourvu d´une toiture individualisée à croupes, qui lui donne l´aspect d´une quatrième tour) délimitant une petite cour à l´ouest, ouverte sur une cour de communs fermée au nord-ouest par un corps de bâtiment en L (voir IA42003441). L´accès à cette cour est commandé par un portail avec porte cochère à fronton triangulaire (voir description du décor porté) et porte piétonne, percé dans le mur sud, à l´extrémité du tracé de l´ancien chemin venant du hameau de Morenol. Au nord se trouvent les bâtiments de la ferme (voir IA42003442). Puits à proximité du portail est de la cour de la ferme, à l'extérieur.

Le logis est un bâtiment double en épaisseur, avec, sur jardin, trois pièces en enfilade (du nord au sud : cuisine, salle à manger et salon ; la salle à manger a été subdivisée pour créer un couloir dans l´axe de l´entrée. La cuisine a une cheminée d´angle en granite, à linteau droit (L=158) sur consoles en oblique et piédroits moulurés à cavets), précédées côté cour d´un vestibule (avec des toilettes) encadré de chaque côté du départ des ailes latérales. Une tour d´escalier en vis (en pierre, dernières marches en bois) est implantée sur le gros de mur (ancien mur de façade) séparant le vestibule du salon. L´aile sud est actuellement divisée en quatre pièces d´habitation, plus une pièce dans la tour ; la pièce centrale est pourvue d´une cheminée en granite, à linteau droit (L=250) sur consoles en oblique et piédroits moulurés à cavets (h=188). L´aile nord est une remise. L´étage reproduit une distribution similaire, avec trois grandes chambres et un couloir côté est, un grand corridor le long du côté ouest, une bibliothèque puis une chambre avec garde-robe et cabinet de toilette dans la tour dans l´aile sud, une chambre (extrémité non visitée) dans l´aile nord.

L´édifice est en pisé (visible dans les combles) enduit, avec des encadrements en granite (quelques encadrements en bois : certains encadrements extérieurs de l´aile nord, encadrements de portes intérieures à l´extrémité ouest de l´aile sud, vers la garde-robe et le cabinet de la dernière chambre - assemblage à grosses chevilles rondes - et extrémité est de l´aile nord). Les toits sont à longs pans et croupes, en tuile creuse (tuile écaille sur le retour sud-ouest) ; toits coniques sur les tourelles angulaires et sur la tour d´escalier, avec des pentes diverses, en tuile creuse ou tuile écaille (tours orientales ; génoise pour la tour sud-ouest).

Le parc présente un aménagement très simple, avec quelques bosquets et des allées. Il comprend un chenil, au sud-ouest du château. Il était bordé à l´ouest par une piste annulaire pour l´entraînement des chevaux. Enfin une petite pièce d´eau est creusée au nord-est des bâtiments.

Parties constituantes non étudiéesportail, pigeonnier, jardin, étang, puits, chenil
Dénominationsmaison forte, château
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Savigneux
Lieu-dit : Montrouge
Cadastre : [180  ?] F 61 bis ; 1997 AI 2 (partie)

La maison forte de Morenol n'est pas documentée avant le 16e siècle, mais remonte sans doute au 14e ou au 15e siècle. Le corps de logis flanqué de tours peut remonter au 15e siècle. En 1637, Antoine de Tremeolles vend la maison forte à Jacques Chirat, demeurant à Montbrison, conseiller du roi, élu de l'élection de Forez, seigneur de la Pommière, issu d'une lignée d'officiers royaux en marche vers l'anoblissement. Le site devient un fief qui prend le nom de Montrouge. Jacques Chirat a sans doute commandité l'agrandissement du corps de logis, avec adjonction d'ailes en retour terminées par des tours (la tour nord-ouest était peut-être déjà en place, reliée au corps de logis par un mur), construction du portail sud de la cour et campagne de décor intérieur. Dans le 3e quart du 18e siècle, Jean-Marie Chirat de Montrouge (mort en 1774) aurait fait d'important travaux ; les lambris chantournés et les cheminées en pierre à décor Rocaille qui ornent plusieurs pièces (dont le salon au rez-de-chaussée) ont sans doute été mis en place à cette époque. Les ouvertures ont toutes été remaniées, souvent avec remploi d'encadrements moulurés des 15-16e siècle ou du 2e quart du 17e siècle. Les baies à linteau en plein-cintre du comble ont peut-être été mises en place lors d'une campagne générale de réfection du comble contemporaine de l'agrandissement du 17e siècle. Après le décès d'Albert Chirat de Montrouge, mort célibataire en 1914, le château a traversé une période d'abandon. Il a été racheté dans le 3e quart du 20e siècle par M. Prodon, industriel à Saint-Chamond, qui l'a très largement restauré et remanié ; on lui doit entre autres la réfection des toitures, la remise en place de décors déposés et l'aménagement du parc.

Période(s)Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle

L´édifice est en pisé (visible dans les combles) enduit, avec des encadrements en granite (quelques encadrements en bois : certains encadrements extérieurs de l´aile nord, encadrements de portes intérieures à l´extrémité ouest de l´aile sud et extrémité est de l´aile nord). Les toits sont à longs pans et croupes, en tuile creuse (tuile écaille sur le retour sud-ouest) ; toits coniques sur les tourelles angulaires et sur la tour d´escalier, avec des pentes diverses, en tuile creuse ou tuile écaille (tours orientales ; génoise pour la tour sud-ouest). Voir Description complémentaire.

Murspisé
enduit
Toittuile creuse, tuile en écaille
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
flèche conique
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en maçonnerie
États conservationsremanié
Techniquessculpture
peinture
Précision représentations

Décor du portail sud de la cour : portail en arc en plein-cintre, encadré de pilastres en bossage interrompus par un bandeau et supportant les rampants d'un pignon triangulaire, orné de boules sur ses trois extrémités. Décor sculpté au-dessus du bandeau : écusson armorié (forme a testa di cavallo, armoiries des Chirat : [d'azur], à trois roses d'or au chef [cousu de gueules] chargé de trois étoiles [d'argent]), buché, dans un tore de laurier. Écusson armorié (rapporté au-dessus de la porte d'entrée du logis, côté cour : armoiries des Chirat, buchées) dans un tore de laurier. Ces décors sont en grès houiller. Vestiges d'enduit peint, à faux-appareil, dans les tons de rose, sur les façades sur cour des ailes latérales. (Voir aussi décors étudiés dans la base Palissy)

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Liste partielle des copies de documents conservés au château de Montrouge (A. Privées Montrouge, Savigneux).

    - Trois cahiers sans couverture de copies de documents des archives de Montrouge, intitulés "CM". Copie en 1875.

    - Chemise "Etrangers". Un cahier intitulé M (1875) ; 11 documents volants (copies du 19e siècle).

    - Estat des contrats et vente des fonds dépendant de la maison et château de Montrouge... octobre 1728. Un cahier copié en 1873.

    - Estat des contrats de vente des fonds dépendant du château de Montrouge. Un cahier intitulé "M, 3e cahier". Copié en 1875.

    - cote XLIX. 1675. Quatre feuillets.

    - 23 copies 19e siècle de documents du 14e au 17e siècle.

    - 14 documents ou copies de documents du 19e siècle (1813-1867).

    - Mémoires domestiques de Jean-Baptiste de Montrouge, seigneur de Bellair, conseiller d´épée et pour la Noblesse à Epinal. Un cahier copié en 1909.

    - Mémoires domestiques... Table. Deux cahiers copiés en 1894.

    - Mémoires domestiques... Pièces justificatives. 4. Un cahier copié en 1893.

    - Domaines de Montrouge (feuille de notes, milieu ou fin 19e siècle).

    - 1867. Etat estimatif des immeubles formant la succession de M. Chirat de Montrouge (devait être la légende d´un plan numéroté).

    - Baux divers pour les domaines de Montrouge ou Petit domaine de Morenol (1830-1897).

  • 1760. Procès-verbal de visite de la chapelle du château de Montrouge (A. Privées Montrouge, Savigneux. Cahier de copies de documents des archives de Montrouge, intitulé "CM" (sans couverture), copié en 1875 ; n° 105, p. 348 à 353).

    "Cette chapelle (...) a été édifiée et construite par noble Jacques Chirat sous le titre et vocable de Notre Dame d'Espérance, saint Jacques et sainte Marie Madeleine". La chapelle est attestée en 1644. "Cette chapelle est pratiquée au rez-de-chaussée (...)". Lorsque la messe se dit dans cette chapelle les fêtes et dimanches, ce n'est qu'aux heures portées par les ordonnances, on y admet que les gens de la maison que l'on envoye alternativement a la paroisse, et les infirmes qui peuvent être dans le voisinage, le sieu curé ne s'étant point aperçu que ces messes détournent les fidèles de l'assuidité à la paroisse et aux instructions.

    On n'y va point en pélerinage, il ne s'y fait point de procession, il n'y a point d'apport, on y fait aucune fonction curiale, on n'y confesse pas ; il y a seulement une grille sur la balustrade qui sépare l'autel du fond de la chapelle (...) sur la permission que la mère du seigneur requérant avait obtenu de s'y confesser à cause de son grand âge (...).

    Mobilier cité :

    - autel, gradins, retable

    - "le devant d'autel est d'une tapisserie à points, sur les coutures est une frange d'argent"

    - dix grands chandeliers de bois dorés en entier

    - quatre fleurs artificielle ;

    - deux bustes de saints d'un pied (...) avec chacun son piédestal de même (...) "sont attachés avec des cordons de soie de différentes couleurs plusieurs ossements avec chacun leur étiquette, sur lesquelles on lit au travers des vitres qui sont devant : Sti Gaudentii m. Sti Montemi. m. Sti Exuperii. m. Sti Perpetuae. Sti Teresae. De toutes lesquelles reliques ledit seigneur requérant nous a représenté deux authentiques signées de Monseigneur le cardinal Carpeigne, vicaire général pour lors du Saint Siège et scellées de ses armes, en date des 8 février et 12 juin 1702. Le tout visé par Monsieur de Marclop, vicaire général, de Monseigneur de Saint-Georges, archevêque de Lyon, avec permission d'exposer lesd reliques a la vénération des fidèles dans la chapelle de Montrouge suivant le procès-verbal en date des 27 avril 1702 et 1er juin 1703 (...)".

    - une porte pour entrer dans une petite sacristie

    - il y a deux fenêtres de 5 pieds d'haut sur 3 de large, distante l'une de l'autre d'environ 5 pieds, avec chacune son châssis en verre à la moderne, à grand carreaux, qui rendent la chapelle fort claire

    - tous les murs en dedans d'icelle sont en blanc poli, sur lesquels sont attachés une vingtaine de tableaux de différents saints et des quatre Evangelistes.

    Led seigneur requérant nous a conduit dessus la tribune dont a été fait mention (...) une armoire peinte en blanc et fermant à clef, où nous avons trouvé :

    - des ornements liturgiques, du linge d'autel, quatre breviaires

    - deux burettes en verre et deux en étain

    - un calice représentant tous les instruments de la Passion, dont la coupe est dument dorée ainsi que la patène ; le tout a été consacré et renfermé proprement dans un linge et encore dans une boîte de cuir revêtue d'une étofe verte

    - bénitier de cuivre rouge au rez-de-chaussée, un de fayence dans la tribune

    - il y a encore sur les premiers gradins une sainte Vierge en sculpture tenant l'Enfant Jésus entre les bras, le tout doré en plein

    - lorsque les rideaux sont tirés sur le tableau et reliques, l'on met sur le tapis qui couvre l'autel un Christ en bois doré et peint.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série 1111 VT : 269 (Savigneux). Fonds Louis Bernard. Dossier de recensement du château de Montrouge, n°42.74.1662, novembre 1974. Indique que le château a été restauré par M. Prodon en 1965.

  • AD Loire. Série 145 J. Fonds Chirat de Montrouge. Fonds donné en 2000 par Jean Gonon. Comprend 15 cartons (dont : 145 J 6 : succession de Marie-Marguerite de Bellair de Montrouge ; 145 J 10 : terre de Montrouge, maison forte de Morenols ; 145 J 11 : pièces diverses ; 145 J 12 : domaine de Bel Air).

  • AD Loire. Série 145 J : 10. Fonds Chirat de Montrouge. Carton 10. Etat des contrats de vente des terres, prés, bois, étangs et autres fonds dépendant de la maison et château de Montrouge... fait le mois d'octobre 1728. N° 23. 23 septembre 1627. Cession par Gabrielle de la Barge dame douairière d'Oursis, le Palais, le Chevallard, à Philippe de Tremolles seigneur de Morenols, du cens annuel de 11 sols sous vieux et une éminée d'orge... sur un tènement consistant en maison, grange, cour, jardin, terre, verchère, peschoire, prés entourés d'arbres le tout joignant ensemble, situé au village de Morenols, paroisse de Savignieux, lequel tènement est à présent la maison de Montrouge, joignant au chemin tendant dudit lieu de Morenols à Bullieu de matin, l'autre chemin tendant dudit Morenols au pré du roi appelé le Breuil de vent, la rivière de Vizézy entre deux et joignant à ladite rivière aussi de vent et soir, au prés et rivière de Nizier d'Uzore de bize et jouxte les terres et rivières de feu Robert des Colombons aussi de bize.

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). Mémoires domestiques de Jean-Baptiste de Montrouge, seigneur de Bellair, conseiller d'épée et pour la Noblesse à Epinal (1 cahier, copié en 1909). Contient une généalogie commentée de la famille Chirat (1410-1776).

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). 4 septembre 1505. Contrat pour la prise d'eau de la "maison fort" de Morenols (notaire Tournon) [copie, 4e quart 19e siècle]. Guillaume Pictrat, du village de Morenols, vend à noble Jacques de Puyclamand, conseiller du roi et élu de Forez, un tertre situé le long du bief du Vizézy qui alimente l'étang et moulin de Jacques de Puyclamand. Acte passé à Morenols dans la maison du dit sieur élu. Le document mentionne également les "moulins et étangs desdits de Tournon, Pictrat, Vauberet".

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). 19 mai 1544. Transaction entre noble Pierre de Tremolles, écuyer, seigneur de Mourenolz, et Jean Saulnier, laboureur du lieu de Champs, tuteur de Marie Chicot, des Colombons [copie, 4e quart 19e siècle]. L'acte concerne les moulins des Colombons, alimentés par un béal du Vizézy, administrés par Jean Saulnier pour Marie Chicot

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). 9 octobre 1593. Dénombrement des fonds et héritage de la maison forte de Morenol, dressé par Philippe de Tremeolles, écuyer, seigneur de Vernoilles et de Morenol [copie, 4e quart 19e siècle]. "C'est le dénombrement de la maison appellée château fort de Morenoz (...° laquelle consiste : - Premier, à un château fort situé au dessous du village de Morenoz, tourné de fossés à fond de cuve avec un pont à bascule sous un pouillon [?] couvert de tuile plate, et un corps de logis a trois étages, au milieu de trois tours rondes - Plus une grange au dehors le fossé, consistant en cuisine, four, chambre à double étage, establerie, grange, jardin ; vigne d'environs six journallées - De plus trois étangs, verchères, prés, terres et bois et pasquiers, contenant en tout, savoir : en pré d´environs de XXIII setives, en bois ou pâquiers XX setives, en terre ou étangs XVI seterées ou environ, le tout ci-dessus joint ensemble étant tout autour desdits bâtiments, jouxte le grand chemin qui va de Monbrison a Bullieu de matin et quasi bize, les terres de Champier et Chinillon de vent ; la rivière de Vizézy de soir et vent, le chemin dudit village qui va audit château fort de bize, passant par le millieu desdits fonds. - Plus un chenevier d'environ trois cartonnées, où est situé l'écluse (...) pour prendre l'eau de ladite rivière de Vizézy, avec un bief de six grands pas de large pour conduire l´eau à ses prés et étangs et au moulin dudit sieur, tout du long du village du côté de matin, avec un chemin d'un chart double.

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). Cahier de copies de documents des archives de Montrouge, intitulé "CM" (sans couverture), copié en 1875. 25 octobre 1637. Vente de la maison forte de Morenols par Antoine Trémolles, écuyer, sieur de Vernoilles et Morenolz (fils de Philippe de Trémolles), à noble Jacques Chirat, conseiller du Roy, élu de l´élection de Forez. "Maison fossoyée, colombier, cour, cave, cellier, establerie, vigne, domaine, grange, pré, terre, étangs, bois, pasquiers, aisances et appartenances quelconques ; ledit domaine garni de bestail jusques au nombre de 5 boeuf, 8 grand vaches, cinq pourceaux, (...) oies et poules".

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). Cahier de copies de documents des archives de Montrouge, intitulé "CM" (sans couverture), copié en 1875. 24 mars 1646. Prestation de foi et hommage de Jacques Chirat pour le fief de Montrouge. "Jacques Chirat, sieur de la maison forte de Morenols, autrement de Montrouge, et de la Pommière, conseiller du Roy et élu en l´élection dudit Montbrison... a acquis du sieur de Tremolles la maison de Morenols, en titre de fief", pour lequel il paye la taxe pour le ban et arrière-ban dès 1639.

  • A. Privées Montrouge (Savigneux). 1867. Etat estimatif des immeubles formant la succession de M. Chirat de Montrouge (devait être la légende d'un plan numéroté). Domaine de Montrouge : Parcelle 97, lieu : Grand Etang, nature : pré neuf Parcelle 137, lieu : Petit Etang, nature : pré neuf Parcelle 58, lieu : la Péchoire, nature : étang Parcelle 61, lieu : Montrouge, nature : maison et cour Parcelle 61 bis, lieu : Montrouge, nature : château et cour Parcelles 135 et 136 61, lieu : le Parc, nature : pâture et pigeonnier Parcelles 73, 68, lieu : Morenol, nature : bâtiment et jardin Domaine de Vergnon : Numéro 20, lieu : Vergnon, nature : bâtiment et cour Numéro 36, lieu : Grand Etang, nature : étang Numéro 35, lieu : Petit Etang, nature : étang Domaine d´Azieux, commune de Précieux : Parcelle 120, lieu : Azieux, nature : bâtiment et cour Parcelle 122, lieu : Azieux, nature : mare Parcelle 24, lieu : Grand Péchoire de Verchère, nature : terre

  • 1899. Bail du domaine de Montrouge, pour 9 ans, passé entre Albert de Montrouge, propriétaire, demeurant alternativement à Lyon, rue Saint-Joseph n°17, et à Montbrison, et Jean-Baptiste Accord et Marie Pouillon, demeurant à Chantegrillet. Domaine composé de bâtiments d´habitation et d´exploitation jardin, terres, prés, pâturage, boutasse et prises d´eau, ayant une contenance approximative de 49 ha et bien connu des preneurs... Les prés et pâtures se trouvant dans le parc, au matin et au midi du château ne sont pas compris dans la présente ferme. A durée du bail est de 9 années à dater du 1er novembre 1899. Le prix du bail est fixé à la somme de 2600 f payable à deux termes égaux, moitié au premier novembre de chaque année révolue et, moitié au 1er avril suivant. Contenance approximative de 57 ha. Les semences d´avoine, d´orge et de colza seront fournies moitié par le bailleur et moitié par les preneurs. Les 12 ruches sont à partager. Le pigeonnier n´existe plus.

Documents figurés
  • [Plan-masse du château de Montrouge ; élévations : façade sur cour, façade et portail est, portail nord] / Emile Fayolle (dessinateur). 1 dess. : encre et lavis aquarellé sur papier. Sans éch. 44x59 cm (dimensions approximatives sans cadre). 4e quart 19e siècle, 1891 (Coll. part. Montrouge).

  • [Ensemble de quatre photographies du château de Montrouge] / 4 photogr. pos. : tirages argentiques sur papier citrate (?) collés sur carton, 9x14,2 cm. [s.n.] ; [s.d.], 4e quart 19e siècle (Coll. part. Montrouge). - vue de la façade orientale - vue de la façade sur cour - vue d'étang - vue de la façade orientale depuis le petit étang

  • [Vue du château de Montrouge depuis le sud-ouest]. / Félix Thiollier (photographe). 1 photogr. pos. : tirage argentique moderne d'après un négatif sur plaque de verre. [s.d.], 4e quart 19e siècle (?). Coll. Part. Thiollier-Sénéclauze, n°44-41 (8F5FA).

  • Château de Montrouge, près Montbrison. Edition D. Perroton, Montbrison / Perroton, D. (éditeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

  • 25 - SAVIGNEUX - Château de Montrouge (XVe siècle) Edition J. Flachon, tabacs - Cliché Teissaire / J. Flachon (éditeur) ; Teissaire (photographe). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (envoyée en 1911) (Coll. Part. L. Tissier).

  • SAVIGNEUX (PRÈS MONTBRISON). - CHÂTEAU DE MONTROUGE Edit. Nouvelles Galeries / Nouvelles Galeries (éditeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

Bibliographie
  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 612
  • SALOMON, Emile. Les châteaux historiques : manoirs, maisons fortes, gentilhommières, anciens fiefs du Forez et des enclaves du Lyonnais, du Beaujolais et du Macônnais qui ont formé le département de la Loire ; ill. par le Vicomte Gaston de Jourda de Vaux et Henry Gonnard. Réimpression de l'édition de Hennebont de 1916, 1922, 1926. Marseille : Laffitte, 1979. 3 Vol. (446-464-361 p.) : ill.; 30 cm

    T. I, p. 237-239
  • Savigneux hier et aujourd'hui. LATTA, Claude (dir.). Malesherbes : Maury imprimeur SAS, 2005

    p. 76-77
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 287
Périodiques
  • REVEREND DU MESNIL, Clément-Edmond. Rapport sur l'excursion archéologique faite par la société de la Diana à Moingt, Champdieu, Chalain-d'Uzore et Montbrison, les 6 et 7 juillet 1879, Bulletin de la Diana, t. 1, n°6, 1880

    p. 239-240
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline - Monnet Thierry