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Maison (chalet) dit grenier La Goupille

Dossier IA73000034 réalisé en 1994

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationchalet
Appellationsdit grenier La Goupille
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonCourchevel 1850 - Bozel
AdresseCommune : Saint-Bon-Tarentaise
Lieu-dit : Bellecôte
Adresse : rue de
Bellecôte
Cadastre : 1993 AC 71, 514

Eugène Claudius-Petit, alors ministre de la Reconstruction et de l' Urbanisme, effectue une visite de la station de Courchevel en chantier, au mois de mai 1952. Il visite le "grenier" que l' architecte Laurent Chappis a fait transporter pour lui-même depuis une montagne au-dessus de Saint-Jean-de-Maurienne, et installé dans le quartier de Bellecôte, sur un terrain pentu. L' année suivante, Eugène Claudius-Petit se décide à se faire construire un chalet du même type (ancien grenier de même provenance, transformé en chalet résidentiel) , contigu à celui de l' architecte. Il s' agit d' un "habitat minimum", espace suffisant pour abriter une famille venant passer quelques jours par an aux sports d' hiver.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1953, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Claudius-Petit Eugène commanditaire
Auteur : Chappis Laurent
Laurent Chappis (1915 - 2013

Architecte et urbaniste français.

Biographie établie par Jean-Pierre Petit (architecte, CAUE 73):

Architecte et urbaniste français né à Aix-les-Bains. D'abord élève de Jean Benoît à l’École régionale d’architecture de Grenoble, il devint en 1936 élève d'Emmanuel Pontremoli et André Leconte à L’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (Matricule 9607). Ses études furent distinguées, entre autres, en 1937 par la Seconde Médaille au Concours Rougevin, son admission au Concours de Rome, et en 1938 par la Médaille de la Société centrale des architectes. Prisonnier de guerre (Croix de guerre 39-45, Médaille des évadés), il fut diplômé en 1944, obtenant en 1945 le Prix du Meilleur Diplôme des Prisonniers ; et par ailleurs diplômé de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Paris avec une thèse portant sur l'aménagement de montagne. Il s'installa à Chambéry, associé avec Roger Berthe dès 1949, puis Pierre Jomain. C'est pendant sa captivité durant la Seconde Guerre mondiale, avec Maurice Michaud qui deviendra un personnage administratif clé pour l'aménagement de la montagne, qu'il a imaginé l'aménagement des Trois Vallées et qu'il deviendra le concepteur de plusieurs stations de sports d'hiver en France et à l'étranger, à commencer par Courchevel en 1946, puis Tignes, Chamrousse, Allos, etc., ou intervenant comme aux Sept-Laux, à Flaine... Son expérience l'amènera aux responsabilités d'architecte urbaniste de la station de Courchevel ; d'architecte conseil du ministère de la Reconstruction à partir de 1955 ; d'architecte conseil des départements de Savoie, Haute-Savoie, Ain et Rhône, mais aussi de l'Épiscopat français, et finalement, expert consultant de l'Organisation mondiale du tourisme, dépendant de l'O.N.U., à partir de 1980. C'est en référence à sa spécialité dans le domaine des stations de sports d'hiver, que dès 1948 Laurent Chappis fut diversement sollicité sur le Revard, pour étudier sa skiabilité, puis la faisabilité d'une station touristique à vocation internationale, puis le plan et les gabarits du lotissement. C'est dans l'esprit de l'Atelier d'architecture de Courchevel, co-fondé avec Denys Pradelle, qu'il fut promoteur d'un style de chalets rationnel dont il créa quelques spécimens au et pour le Revard ; et c'est en tant qu'architecte urbaniste de la station de 1953 à 1962, puis rappelé en tant qu'administrateur de la Société Immobilière du Revard à partir de 1972, qu'il eut son mot à dire sur les nouvelles constructions, mais à cet égard peu entendu.


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architecte attribution par source

Le chalet n'est accessible qu'à pied, les automobiles restant à l' extérieur du lotissement. La construction ne comprend qu'un seul niveau en rez-de-chaussée. Le grenier est construit en bois de mélèze, selon la technique "bois sur bois", au dessus de piliers de maçonnerie ; cette "caisse" (2m de hauteur et 3m20 sur 3m60 à la base) est surmontée de deux pignons supports de la toiture. La toiture type "porte neige" est supportée par quatre pannes placées sur l'étanchéité fixée sur les versants ; la couverture est en bardeau de mélèze. Sur un côté une adjonction est couverte en appentis et une terrasse en bois rachète la pente. La porte d'entrée, seule ouverture d'origine (1m50 de haut), est flanquée de deux fenêtres occultées par un volet se rabattant à l' extérieur pour constituer des tables de repas. Une petite ouverture sous le toit éclaire le niveau de couchage, et une grande baie coulissante est ouverte dans le mur sud-est. Enfin, au nord-ouest, de petites baies placées directement sous la panne sablière, donnent jour à la cuisine. Le chalet ne comprend qu'un espace unique où sont disposés toutes les fonctions : un coin vestiaire ; au centre la table de repas qui se rabat la nuit pour dégager la place pour un lit double ; un autre lit contre la cloison équipée d'un passe-plat et de rangements ; une échelle rangée au-dessus permettant d'accéder au plancher haut. Dans l' adjonction latérale sont disposés la cuisine-couloir et la douche-WC.

Mursbois
calcaire
moellon
Toitbois en couverture
Étagesen rez-de-chaussée
Couverturestoit à longs pans
appentis
Typologiesgrenier-mazot

Le grenier "La Goupille" est aujourd'hui la seule construction du lotissements des Greniers conservée en son état d'origine, toutes les autres ayant subi de nombreuses transformations.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 2006/01/23

Annexes

  • Note et attestation sur le lotissement des Greniers. Courchevel 1850, par Laurent Chappis, urbaniste et architecte coordinateur de Courchevel de 1946 à 1959, 15 février 1995 (A. privées D. Claudius-Petit)

    Le choix du terrain où le Département décida de réaliser ce lotissement fut conditionné par le cadre de nature dans lequel ces typiques petits bâtiments devaient s'inscrire en conservant leur originalité, c'est à dire volume minimum sur simple socle en maçonnerie comme sont construits dans nos montagnes les greniers existants près des chalets de résidence.

    C'est pourquoi, en ma qualité d'urbaniste-architecte coordinateur de Courchevel, mandaté pour ce faire de 1946 à 1959 par le Département de la Savoie, et d'urbaniste de la commune de Saint-Bon, j'atteste qu'à l'origine du lotissement des "Greniers" et sur ma proposition, le choix fut fait par le Département d'y consacrer une grande parcelle n° 67 du cadastre ainsi qu'une minuscule parcelle n° 68 qui s'y trouvait totalement incluse. L'une et l'autre faisaient partie des terrains privés acquis par le Département en novembre 1946 afin d'aménager la nouvelle station de Courchevel.

    Concernant l'implantation des greniers, chacun d'eux devait s'inscrire entre les arbres. C'est pour cela que, outre les courbes de niveau, j'ai fait relever par un géomètre chaque bouquet d'arbres et chaque arbre isolé avec le diamètre de son tronc à 1 mètre du sol. J'ai aussi demandé au géomètre de relever tout ce qui pouvait me servir de point de repère pour implanter les greniers, et ayant moi-même arpenté en tous sens le terrain, j'atteste qu'il n'existait aucune construction en ruine. Je joins à cette attestation la copie de ce relevé dans sa mise à jour du 7 août 1953.

    Ce lotissement avait pour but de satisfaire une clientèle à moindre pouvoir d'achat que celle sollicitée jusque là, clientèle qui attache un grand intérêt à l'environnement, au calme (suppression des voitures) et à l'accès skis aux pieds, entre les bâtiments. C'est pourquoi, pour que les conditions de ce programme soient réunies, j'ai décidé et réalisé l´implantation des greniers en m´attachant aux principes suivants :

    - l´implantation des parcelles et des greniers a été faite en partant du bas vers le haut afin que chacun des greniers dispose du meilleur ensoleillement et dégagement visuel.

    - Sur le pourtour du lotissement constitué du solde du terrain des parcelles nos 67 et 68 confiées par le Département pour cet aménagement, une « zone verte d´encadrement » isole les habitations de la limite du lotissement. Aucune autre construction ne peut y être édifiée, ce terrain étant frappé depuis l´origine du lotissement de « servitude de protection du site ».

    - Depuis chacun des greniers, un cheminement piétonnier aménagé entre les parcelles loties permet de rejoindre la route et le centre commercial de la station.

    - Seuls le réseau de distribution d´eau, d´électricité et le collecteur d´égout peuvent être édifiés sur ces terrains frappés de « servitude de protection du site ».

    En 1952, j´ai rédigé et proposé au Département le « cahier des charges, des devoirs et obligations » de ce lotissement, et j´ai personnellement veillé à ce que, chaque fois que nécessaire, les articles de ce « cahier des charges » se réfèrent à ces 4 principes de l´aménagement du « lotissement des greniers » afin qu´ils soient respectés par tous.

    En même temps que son acte de vente, le Département a remis à chaque acquéreur un exemplaire de ce « cahier des charges du lotissement des greniers.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Savoie. 6J 102. Lotissement "les Greniers", Courchevel, Saint-Bon (1950-1951)

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