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Le pastoralisme dans le Parc naturel régional du Massif des Bauges

Dossier IA00141285 réalisé en 2010

Fiche

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I) Histoire du pastoralisme dans les Bauges.

A) Une origine préhistorique ?

On a longtemps attribué aux moines le rôle de défricheurs de la plupart des alpages des Bauges, toutefois les travaux de recherche en histoire et en archéologie menés depuis le début des années 2000 mettent en évidence une origine plus ancienne pouvant remonter au Néolithique final (2100-1800 av JC) ou pour le moins à l'âge du Bronze (1800-750 av. J.-C.).

Plusieurs faisceaux de présomptions plaident pour des alpages exploités dès la fin du Néolithique1 :

- des ossements d'animaux domestiques trouvés sur plusieurs sites archéologiques du Néolithique final qui attestent la présence d'élevage sur le territoire à cette période

- de vastes porches ayant servi d'habitat temporaire, placés à proximité de chemins d'accès aux plateaux d'altitude, comme la grotte de Bange à Allèves ou la grotte à Carret à Saint-Jean-d'Arvey, et qui ont pu servir de grottes-bergeries à l'image de ce qui a été démontré à l'abri sous roche de La Balme-de-Thuy dans la vallée de Thônes, à la grotte des Balmes à Sollières-Sardières en Maurienne ou à l'abri sous roche de la Grande-Rivoire à Sassenage près de Grenoble

- des vestiges de bâtiments associés à des enclos de pierre observables dans les alpages sous le Trélod et l'Arcalod, semblables aux enclos pastoraux qui se sont développés au Néolithique final dans les Alpes du Sud

- divers artefacts en silex ou en pierre polie trouvés dans les alpages du Sire et du Revard (Les Déserts), de Coutarse et d'Orgeval (Jarsy), d'Armenaz (Ecole) ou de l'Aulp de Seythenex (Seythenex) témoignant de la présence de l'homme dans nos actuels alpages. L'alpage de Charbonnet (Chevaline), pâturé peut-être dès le Néolithique final.L'alpage de Charbonnet (Chevaline), pâturé peut-être dès le Néolithique final.

Ainsi, bien que probable, l'usage des alpages dès le Néolithique reste à démontrer. En revanche, l'étude des pollens capturés dans la tourbière des Creusates à Saint-François-de-Sales prouve l'existence de pâturages à l'âge du Bronze sur le plateau du Revard2 tandis que l'analyse des sédiments du lac d'Annecy met en avant des déboisements en altitude en lien avec les alpages à la même période3.

Cette origine ancienne des alpages du massif des Bauges n'est d'ailleurs pas une surprise puisque les archéologues ont démontré que les sociétés agropastorales se sont développées dans les Alpes du Nord entre 5 500 et 3 500 avant notre ère. Pour mémoire, dans le massif de Chartreuse, l'alpage de l'Aulp du Seuil sur la commune de Saint-Bernard a révélé une occupation pastorale dès le Néolithique4.

L'alpage des Creusates (Saint-François-de-Sales), pâturé depuis l'âge du Bronze.L'alpage des Creusates (Saint-François-de-Sales), pâturé depuis l'âge du Bronze.

B) L’émergence des ordres monastiques au Moyen Âge.

La première mention écrite connue d'un alpage en Bauges n'apparaît qu'en 1090 et est liée à la fondation du prieuré de Bellevaux au-dessus d'Ecole. De fait, une bonne part des alpages du massif apparaissent dans les textes entre le XIe siècle et la fin du XIIIe siècle à l'occasion de donations de terres par des seigneurs à des monastères5. Mais, conformément aux informations apportées par l'archéologie, les premières sources écrites concernant ces pâturages de montagne évoquent presque toujours des espaces déjà utilisés à cette fin par les éleveurs des villages environnants.

Toutefois, si les moines ne sont pas à l'origine des alpages des Bauges, force est de constater que, du XIIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, ils s'imposent comme les principaux propriétaires fonciers en montagne. La quasi-totalité des plus grands et plus beaux alpages du massif appartient ainsi de façon durable ou temporaire à des monastères du massif (chartreuse d'Aillon, abbaye de Tamié, prieuré de Bellevaux, prieuré de Montailleur) ou de sa périphérie (abbaye du Betton, abbaye de Hautecombe) :

- la chartreuse d'Aillon possède ainsi les alpages du Morbié, du Mont de la Vierge, et de Praz-Gelaz à Aillon-le-Jeune, de la Fullie à Ecole, de Rossane à Aillon-le-Vieux, des Frasses à Saint-Jean-de-la-Porte, de Charbonnet à Chevaline et enfin de Précheret et du Sollier à Bellecombe-en-BaugesL'alpage de Rossane (Aillon-le-Vieux).L'alpage de Rossane (Aillon-le-Vieux).

- le prieuré de Bellevaux possède les alpages d'Armenaz, de la Lanche, de Bottier, du Praz et de Lauzarin, tous sur la commune d'Ecole

- l'abbaye de Tamié possède les alpages de la Bouchasse, l'Aulp de Seythenex et Bonverdan à Seythenex, d'Orgeval et de Coutarse à Jarsy, de la Chèvrerie et du Haut-du-Four à Verrens-Arvey, du Drison à PlancherineL'alpage du Drison (Plancherine).L'alpage du Drison (Plancherine).

- le prieuré de Montailleur possède les alpages de Combaz-Fort et Chamosserand tous deux sur le territoire de Montailleur.

- l'abbaye du Betton possède l'alpage des Arbets à Ecole

- l'abbaye de Hautecombe possède quant à elle les alpages de Chérel à Jarsy et de Margériaz à Aillon-le-Jeune ainsi que des droits de pâture au Semnoz.

Durant le Moyen Âge, les alpages qui ne sont pas acquis par les monastères restent la possession :

- de seigneurs féodaux comme le comte de Savoie qui détient les alpages de Peisse-Bernard à Saint-Offenge et Saint-François-de-Sales ou des Monts du Mollard sous les Rochers de la Bade (probablement l'actuel alpage de la Bottière à Aillon-le-Vieux)

- ou de communautés comme les habitants de Montlardier à qui appartient la Combe de l'Ilette au Châtelard.

Cet accaparement des montagnes par les monastères ne se fait pas sans heurts car les paysans qui jusque-là disposaient de droits de pâture moyennant une taxe au seigneur se voient interdire ou limiter l'accès aux alpages. Les moines choisissent en effet de tirer profit de ce patrimoine foncier en y menant leurs propres troupeaux.

Dans ce contexte les conflits sont nombreux, longs et parfois violents6 :

- au XIIIe siècle, les comptes de châtellenie du Châtelard laissent apparaître des amendes perçues suite à des rixes dans les alpages entre les moines de Bellevaux et les habitants des écarts de la Chapelle (Ecole), Rière-Bellevaux et Carlet (Jarsy)

- en 1215, les hommes de La Compôte, soutenus par des nobles locaux, contestent aux chartreux une partie de la montagne du Charbon. Un compromis de partage est finalement approuvé par le comte de Savoie grâce à la médiation du curé de Doucy, d'un clerc du prieuré de Saint-Jeoire et de trois nobles des environs. En 1238 les hommes de Doucy entrent à leur tour en conflit avec les chartreux à propos de l'accès au même alpage

- en 1216, les moines de Hautecombe sont en désaccord avec les habitants de Jarsy à propos de l'alpage de Chérel. Après une délimitation précise des parties ouvertes aux villageois, le conflit s'estompe mais reprend en 1299 de l'autre côté du col avec le seigneur de Duingt, puis en 1399 avec les paroissiens de Giez. L'affaire traînait encore au XVe siècle.

Toutefois, les conflits n'opposent pas uniquement les villageois aux moines :

- en 1301 des paysans de Marlens se rendent sur l'alpage de l'Alpettaz, sous la Dent de Cons, et s'emparent par la force du matériel et du bétail des gens de Marthod qui utilisent cet alpage relevant des seigneurs de Cornillon, leur suzerain. En 1358 le comte de Savoie rend une sentence donnant raison aux gens de Marthod mais le conflit s'éternise et ne sera résolu qu'en 1827

- dans la combe d'Arclusaz au-dessus d'Ecole, un conflit oppose quant à lui les sœurs de l'abbaye du Betton aux moines du prieuré de Bellevaux de 1251 à 1299. Le mur de pierres levées construit au milieu des alpages semble avoir été édifié à cette période pour marquer la limite entre les deux propriétés. Le mur de pierres levées dans les alpages de la Combe d'Arclusaz.Le mur de pierres levées dans les alpages de la Combe d'Arclusaz.

C) "Maîtres de montagne" et petits paysans dès les Temps Modernes

La propriété du sol

A la fin du Moyen Âge les conflits s'estompent en même temps que les modes de gestion des alpages changent. En effet, les monastères passent d'une exploitation directe des alpages par leurs troupeaux à une exploitation indirecte7 par le biais de contrats passés avec une communauté villageoise ou plus souvent avec un paysan "maître de montagne", parfois appelé "chalezan"8, qui fabrique ses fromages sur place et complète son troupeau avec le bétail d'autres paysans.

Au début du XVIIIe siècle, la mappe sarde, cadastre établi entre 1728 et 1738, donne une première vision précise de l'étendue et de la propriété des alpages, tandis que les textes, plus nombreux, nous renseignent sur les modes d'exploitation.

Pour cette période, on distingue ainsi de grands alpages généralement seigneuriaux, parfois communautaires, et une multitude de petites propriétés paysannes en marge de ces grands alpages ou sur des secteurs de moindre altitude.

Parmi les alpages seigneuriaux beaucoup sont des propriétés ecclésiastiques comme les alpages d'Orgeval à Jarsy (abbaye de Tamié), d'Armenaz à Ecole (prieuré de Bellevaux), de Rossane à Aillon-le-Vieux (chartreuse d'Aillon) ou d'Orisan à Cléry (archevêché de Tarentaise). On repère toutefois quelques grandes propriétés nobles comme les alpages de la Clusaz au Montcel (marquis de Clermont Mont-Saint-Jean), de l'Alpettaz à Mercury (comte de Chevron) ou de l'Abbaye à Viuz-la-Chiesaz (marquis d'Alby). Ils sont exploités par des communautés villageoises comme le Mont de Grésy à Grésy-sur-Isère ou plus souvent par un "maître de montagne" ou "chalezan" comme à Chérel par exemple, voire par quelques consorts ayant chacun un droit de pâture bien défini comme à l'alpage de Chamosserand à Montailleur.L'alpage de la Clusaz (Montcel).L'alpage de la Clusaz (Montcel).

Quelques alpages figurent toutefois comme la propriété de communautés villageoises comme les Grands Chalets ou Chalets de Leschaux qui appartiennent aux habitants de Leschaux ou les alpages de la Combe, du Charbon, du Rosay et du Planay qui appartiennent de façon indivise aux habitants des paroisses de Chevaline, Doussard et Lathuile (cette dernière comprenant encore le village d'Entrevernes). Indépendamment de la propriété foncière, d'autres communautés peuvent bénéficier de droits de pâturage, à l'image des habitants des hameaux de Mont-Bogon, Vesonne et le Villard sur la commune de Faverges qui bénéficient d'un tel droit sur l'alpage du Planay pourtant inclus dans la propriété indivise des trois paroisses de Chevaline, Doussard et Lathuile. Les chalets du Planay (Chevaline) sous la Dent des Portes.Les chalets du Planay (Chevaline) sous la Dent des Portes.

La propriété individuelle non noble en alpage est quant à elle morcelée. Elle est cantonnée :

- aux marges laissées par la grande propriété seigneuriale, comme le secteur des Plans sous le col de Chérel à Jarsy

- aux espaces de moindre altitude où cohabitent pâtures et près de fauche et parfois des champs, comme au col des Prés à Thoiry

- aux espaces en forte pente dévolus à la fauche mais pouvant comporter quelques pâtures, comme Frotte-Cul à La Compôte.

On trouve toutefois quelques exemples d'alpages non morcelés, situés dans des secteurs "alpestres" et appartenant à un riche paysan comme par exemple l'alpage du Villard à Leschaux, propriété d'un paysan aisé du hameau de la Touvière nommé Jean-Pierre Chappet. Les alpages du col du Molard au col des Prés, sous la pointe de la Galoppaz (Thoiry et Aillon-le-Jeune).Les alpages du col du Molard au col des Prés, sous la pointe de la Galoppaz (Thoiry et Aillon-le-Jeune).

Exploitation et redevances

L'étude de la mappe sarde révèle des secteurs alpestres où dominent alors les près de fauche comme le Chargieu à Jarsy ou le Mariet à Arith et où peuvent se trouver des terres labourées comme le Platon à Entrevernes. Par ailleurs, de larges secteurs comme le Plan du Tour à Jarsy ou les chalets de Gruffy au Semnoz, qui deviendront plus tard des espaces pastoraux, sont boisés.

Les redevances liées à l'exploitation des alpages sont généralement payées en fromages selon un accord conclu à l'avance. Ainsi en 1732, les consorts qui exploitent l'alpage d'Orisan paient un loyer de 175 livres de fromages et 75 livres de sérac (fromage fabriqué à partir de petit-lait)9.

A la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, lorsque l'exploitation est communautaire, chaque membre de la communauté paie une taxe indexée sur le nombre de têtes inalpées. Sur place le nombre relativement important de bâtiments de petite taille laisse supposer une gestion par petits groupes familiaux.

Cette gestion collective des alpages ne se fait pas sans difficultés, comme le montre la délibération du 11 février 1805 du conseil municipal de Chevaline10, interdisant aux ayant-droit de monter sur la montagne du Charbon plus de bêtes qu’ils ne peuvent en nourrir l’hiver afin d’éviter un surpâturage ; en effet certains pouvaient être tentés de s’enrichir en prenant en pension des bêtes pâturant sur le bien commun. Évidemment, des conflits naissent lorsque plusieurs communautés de taille très hétérogène bénéficient de droits différents sur un même espace pastoral. Il fallut 65 ans (1772-1837) pour que les communautés de Chevaline, Doussard, Entrevernes et Lathuile ainsi que les habitants des hameaux de Mont-Bogon, de Vesonne et du Villard à Faverges acceptent un compromis sur le partage des alpages de la montagne du Charbon et encore 20 ans pour que cet accord soit définitivement mis en œuvre.

Dans le cas de consortages, le droit de chacun des consorts n'est pas lié à la résidence mais résulte d'un droit acquis par succession ou achat. Le nombre de bête que chaque consort peut inalper est donc dépendant des droits acquis. Ainsi en 1772, les 14 consorts de Combe-Fort à Montailleur mettent fin à un procès en convenant amiablement du nombre de vaches que chacun d'eux a le droit de monter en alpage après avoir fait état de leurs titres établissant leurs droits respectifs11.

Lors de la Révolution française, bon nombre des alpages seigneuriaux sont saisis et vendus comme Biens nationaux. Ils sont généralement acquis par de riches bourgeois des villes environnantes (Annecy, Chambéry, Montmélian...), mais toujours loués aux mêmes "maîtres de montagnes" ou "chalezan", qui les acquièrent plus tard au cours du XIXe siècle.

L'expansion démographique commencée au XVIIIe siècle atteint son maximum au XIXe siècle et la pression foncière sur les alpages devient très forte. Ainsi entre l'établissement de la mappe sarde vers 1730 et la réalisation du premier cadastre français vers 1880 l'alpage des chalets de Leschaux est considérablement agrandi, tandis que l'alpage des chalets de Gruffy, très réduit au XVIIe siècle, occupe désormais l'ancienne parcelle mentionnée comme forêt communautaire en 1730. L'alpage des chalets Dagand (Gruffy).L'alpage des chalets Dagand (Gruffy).

Entre 1738 et 1807, les gens de Jarsy déboisent pour créer ou agrandir les alpages de Curtillet, du Plan du Tour et de la Grande Combe près du col de Chérel12 tandis qu'en 1810 les habitants de Sevrier défrichent illégalement des parcelles de forêt communale à Barbenoire sur le Semnoz pour y construire des chalets, créer des champs de pommes de terre et des pâtures délimités par des murs de pierre sèche13.

Les bâtiments

Que ce soit sur les secteurs de grande propriété seigneuriale comme dans la Combe d'Arclusaz à Ecole, ou de petite propriété paysanne comme au Mariet à Arith, la mappe sarde figure bien moins de chalets d'alpage que les cadastres du XIXe siècle.

Bien sûr, certains secteurs n'ont été défrichés qu'après l'établissement de la mappe sarde, mais il existe aussi des pâturages sur lesquels la mappe ne figure aucun bâtiment. Dans les grands alpages de montagne, il est probable qu’une partie des chalets, de construction vraisemblablement précaire et donc sans incidence sur la valeur fiscale des parcelles, n’aient pas été représentés et ce d'autant plus sur les propriétés féodales exemptées de taille (impôt foncier pour lequel est établi la mappe).

Ainsi, aucune construction n'apparaît aux Arbets (École) alors que les sœurs du Betton y avaient fait réaliser dès 1696 une halle pour loger les bêtes14. De même, aucun bâtiment n’est représenté sur l’alpage de Précheret (Bellecombe-en-Bauges) alors qu’en 1751, la chartreuse d’Aillon achète cette montagne comprenant bois et pâturages ainsi qu’une grange et un chalet15.

Toutefois, dans les secteurs de petite propriété paysanne, il y a également peu de bâtiments sur la mappe sarde alors qu'au Mariet (Arith) ou au col des Prés (Thoiry et Aillon-le-Jeune) les bâtiments aujourd'hui visibles sont construits en pierre et souvent de facture assez ancienne. Il est donc probable que nombre de chalets n'aient été construits qu'au XIXe siècle.

En effet avec la vente des grands alpages seigneuriaux lors de la Révolution française, certains biens ont été divisés et les propriétés nouvelles pouvaient se trouver dépourvues de bâtiments. Ainsi les moines de Bellevaux qui possédaient des chalets au Praz et à Bottier n'avaient probablement pas besoin d'un autre chalet à Lauzarin situé entre les deux. De même l'alpage de Coutarse n'était considéré que comme une partie d'Orgeval et n'avait pas de chalet. Vue d'ensemble des chalets de Lauzarin (Ecole).Vue d'ensemble des chalets de Lauzarin (Ecole).

C'est également au XIXe siècle que les communes construisent des chalets composés d'une habitation avec salle de fabrication, d'une étable et d'une cave séparées, en remplacement de la multitude de petits bâtiments familiaux parsemés sur les alpages communautaires.

Mais c'est surtout l'impressionnante dynamique démographique baujue du XIXe siècle qui explique une pression accrue sur les alpages et une colonisation très forte des espaces pastoraux de moyenne altitude.

D) Apogée, déclin et renouveau (?) des alpages des Bauges

Ainsi, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, lorsque les alpages sont utilisés à leur maximum, cohabitent trois modèles pastoraux :

- celui de la grande montagne de gestion privée utilisée par des "maîtres de montagne" qui y mènent leurs troupeaux augmentés de bêtes prises en pension essentiellement dans les villages des piémonts, à l'exemple d'alpages comme Armenaz (Ecole), le Drison (Plancherine) ou Crolles (Montcel)

- celui de la grande montagne de gestion collective où les habitants mènent collectivement leurs troupeaux et emploient un berger, comme à la Bouchasse (Seythenex), au Rosay (Chevaline) ou aux chalets de Gruffy. Ce modèle s'efface progressivement au cours du XIXe siècle pour aboutir à un mode d'exploitation en gestion privée

- celui de la petite montagne où chaque famille estive son troupeau sur sa propriété dotée d'un petit chalet, comme au pied du col de la Frasse (Entrevernes) au Mariet (Arith) ou au col des Près (Thoiry et Aillon-le-Jeune).

Dans le cas de grandes montagnes, outre le "maître de montagne", la main d’œuvre exclusivement masculine et spécialisée se compose de jeunes garçons et de parents célibataires, ainsi que d'ouvriers recrutés notamment dans le Val d'Aoste16. Les villages de La Compôte et Doucy-en-Bauges sont par ailleurs riches de ces "maîtres de montagne" que l'on retrouve dans tous les secteurs du massif (Revard, Semnoz, Arclusaz, Colombier...)17

Dans le cas de petites montagnes, toute la famille ou presque migre, les enfants font paître les animaux, les hommes fauchent et redescendent parfois moissonner, les femmes fabriquent le fromage. Dans des villages comme Entrevernes, Arith ou Aillon-le-Jeune, entre un tiers et deux tiers de la population migre ainsi en alpage durant l'été18.

Alors que la grande montagne est quasi exclusivement réservée au pâturage, le domaine de la petite montagne, plus bas et au parcellaire morcelé, laisse une place aux cultures et aux fenaisons.

De manière générale, dans les Alpes, le système de la grande montagne se trouve là où les terrains sont secs, les points d'eau rares et l'herbe dure tandis que le système de la petite montagne est l’apanage des terrains humides à l'herbe abondante19.

En Bauges, où l'herbe est partout abondante, il semble donc que ce soit l'histoire particulière liée à la prédominance de grands domaines ecclésiastiques qui explique la coexistence d'un modèle de grande montagne sur les domaines alpestres les plus hauts avec un modèle de petite montagne situé sur les autres espaces d'alpage. Sur la commune d'Arith notamment, les chalets Reguéras et les chalets des Turres, caractéristiques de la "grande montagne" et utilisés comme tel au XXe siècle, sont établis sur des secteurs au parcellaire morcelé et dépourvu de chalets sur la mappe sarde, ce qui laisse penser à une évolution de la "petite" vers la "grande montagne" au cours du XIXe siècle. Vue de l'alpage des chalets Reguéras (Arith).Vue de l'alpage des chalets Reguéras (Arith).

Après la Seconde Guerre mondiale, l'évolution et la mécanisation de l'agriculture entrainent l'abandon de la vie pastorale dans les petites montagnes et l'évolution massive des grandes montagnes d'une vocation d'alpages laitiers en alpages non laitiers sans présence humaine. Depuis quelques années, afin de contrer cette évolution, des efforts importants ont été consentis par les pouvoir publics pour améliorer les accès, le confort des logis et les points d'eau.

II) Les alpages du massif des Bauges au XXIe siècle

Aujourd'hui, sur le territoire du Parc naturel régional du Massif des Bauges, les Sociétés d'Économie Alpestre dénombrent 119 unités pastorales (23 en Haute-Savoie et 96 en Savoie), c'est-à-dire 119 secteurs exploités par un gestionnaire unique, d'une surface minimum de 15 ha et exclusivement destinés au pâturage sans retour au siège d'exploitation pendant au moins 60 jours. D'une surface moyenne de 53 ha, les alpages du massif recouvrent 6 500 ha. Leur altitude moyenne est de 1350 m, avec un dénivelé moyen de 200 m entre le bas et le haut de l'alpage.

La majorité de ces unités pastorales présente un enjeu majeur pour l'environnement, puisque 80 % d'entre elles sont incluses dans une Zone Naturelle d´Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 1, que 50 % sont classées zones Natura 2000, que 12 d'entre elles sont intégrées à la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage des Bauges et que 7 autres sont situées dans la réserve du Groupement Intercommunal de Chasse du Semnoz.

Actuellement, une centaines de fermes, situées majoritairement dans le massif (le Parc compte 220 exploitations), sont directement impliquées dans l'exploitation des alpages des Bauges. Chaque année, environ 1 100 vaches laitières, 250 vaches allaitantes, 2 850 génisses, 1 350 chèvres laitières, 200 brebis laitières, ce qui représente 33 troupeaux laitiers, plus 400 "moutons à viande", quelques dizaines de chevaux, ânes et mulet, ainsi que des porcs sont montés en alpage. La majorité du lait produit en alpage est transformée sur place même si quelques alpagistes descendent leur lait pour le transformer.

65 % des communes du parc sont concernées par des espaces pastoraux, et plus de la moitié de ces communes ont plus de 100 ha d'alpages. Des communes comme Jarsy ou Chevaline comptent plus de 400 ha d'alpage chacune soit plus de 30 % de la superficie communale. Pour les 23 alpages situés sur le département de la Haute-Savoie (2 000 hectares), les propriétés communales représentent 64 % des surfaces tandis que pour les 96 alpages situés sur le département de la Savoie (4 500 ha), les propriétés privées représentent 67% des surfaces. Il existe par ailleurs quelques alpages appartenant à l'Etat, représentant une surface de 560 ha. Au total, 66 % des alpages sont des propriétés privées, 23 % des propriétés publiques et 8 % sont sous d'autres formes de propriétés collectives (sections de communes).

A côté de quelques unités pastorales privées dont le mode de faire-valoir est assuré en direct, de plus en plus d'alpages sont organisés collectivement par le biais de Groupements Pastoraux ou d' Associations Foncières Pastorales.

On dénombre aujourd'hui une trentaine de points de vente de fromages en alpage et huit alpages proposant de l'hébergement.

III) Le bâti d'alpage

A) Les anciens chalets d'alpages

A la fin du XIXe siècle, Laurent Morand20 décrit les chalets d'alpages comme des bâtiments construits en tronc de résineux emboîté. Selon lui, les toits sont recouverts de bardeaux, le sol est nu et le confort rudimentaire. Cette description correspond d'ailleurs à celle faite des chalets du Villard (Leschaux) par Henri Raulin21 suite à son enquête sur l'architecture rurale dans les années 1940. Pour les étables, un devis dressé en 1734 pour reconstruire l'étable des chalets de Chérel (Jarsy) décrit un bâtiment en bois et en longueur reposant sur des blocs de pierres. Le toit à quatre pans est couvert de chaume sauf sur les parties basses où il est en bardeau afin que les vaches ne mangent pas la couverture.

Si la description des étables correspond à ce qu'on observe encore sur de nombreux alpages comme aux chalets du Gros Tilleul (Faverges), des Turres (Arith) ou de la Buffaz (Aillon-le-Jeune), la description faite des bâtiments d'habitation et fabrication ne correspond presque jamais à ce qu'on observe aujourd'hui sur le terrain.

En effet, en dehors de quelques cas comme les chalets de Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune), de la Pesse (Allèves) ou de Précheret (Bellecombe-en-Bauges), le logis est presque toujours, au moins au niveau du foyer, en pierre ou en béton. Par ailleurs, à l’exception de photographies des chalets de la Chèvrerie (Verrens-Arvey) de la Combe (Chevaline) et du Villard (Leschaux), les images anciennes que nous possédons nous montrent toujours des logements en pierre.

Cette différence provient vraisemblablement du fait que les chalets d'alpage, soumis à rudes épreuves par le vent et la neige, sont régulièrement reconstruits et ne sont que rarement antérieurs à la seconde moitié du XIXe siècle. A titre d'exemple, les chalets de Charbon, construits en 1858 par la commune de Doussard, sont reconstruits en 1875 et 1923 suite à des dégâts provoqués par la neige.

B) L'architecture d'alpage

a) Caractéristiques générales

Après la Seconde Guerre mondiale, quelques chalets ont été reconstruits en parpaing de béton comme les chalets des Ecuries-devant (Doucy-en-Bauges), de la Raverette (Bellecombe-en-Bauges) ou du Mollard (Lathuile). Il s'agit là d'une rupture nette avec les pratiques antérieures puisque la difficulté d'accès à la majorité des alpages, interdisant tout charroi imposait de construire presque exclusivement avec des matériaux prélevés sur place.Les chalets des Ecuries-devant (Doucy-en-Bauges).Les chalets des Ecuries-devant (Doucy-en-Bauges).

Dans ce massif forestier où le bois ne manque pas, la majorité des étables et des fenils (couramment appelés granges ou grangettes) est construite en bois, qu'il s'agisse de bâtiments séparés (chalets de Bottier à Ecole, grange du Reposoir à Bellecombe) ou de parties accolées (chalet de la Charbonnière à Entrevernes).

Le principe constructif est souvent simple : une solide charpente autoportante et des planches assez épaisses fixées contre les piliers. Les étables des chalets Ducrey (Aillon-le-Jeune), des Vernettes (Leschaux) ou du Haut-du-Four (Verrens-Arvey) ainsi que les fenils de la Foyère (Saint-François-de-Sales) ou du Chargieu (Jarsy) illustrent bien ce type construction.

Ce même principe est utilisé dans le cas de bâtiments mélangeant l'usage de parois en bois et de parois en pierre comme aux chalets de la Montagne des Varray (Entrevernes), de Berthet (Bellecombe-en-Bauges) ou du Petet (Doussard).

Certains fenils isolés comme les grangettes de la Berlette (Saint-François-de-Sales), de la Revêche (Arith) ou du Plane (La Compôte) sont en revanche construits en madrier assemblé à mi-bois, tandis qu'à Allèves sur les secteurs de la Figlia et du Perchet de nombreuses grangettes sont construites en rondins assemblés de la même façon.

La pierre calcaire est bien sûr l'autre matériau principal de construction. Toutes les caves et la plupart des logis sont construits en moellon de calcaire.

On rencontre toutefois quelques chalets d'alpages intégralement en pierre tant pour le logis que pour les dépendances agricoles malgré la présence d'importantes forêts à proximité, comme les chalets IA73004217 au Mariet-dessus (Arith), IA73004295 au Pré Dondian (Thoiry) ou les chalets Mermet (Saint-Offenge), et d'autres alpages dont l'ensemble des bâtiments est en bois comme les chalets de la Pesse (Allèves), de Précheret (Bellecombe-en-Bauges) ou Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune).

Presque partout, la tôle a remplacé le chaume et le bardeau pour la couverture des toitures. Seuls les chalets du Petet (Doussard) et de la Motte (Faverges) ont conservé quelques traces de bardeau qu'on appelle tavaillons.

Du point de vue de l'organisation architecturale, deux grandes familles de chalets liées aux modèles d'exploitation en "petite montagne" ou en "grande montagne" se distinguent. Les premiers sont majoritairement à bâtiments dissociés (ex : chalets de l'Aulp de Seythenex) tandis que les seconds sont majoritairement à juxtaposition (ex chalet de la Seigneurie à Aillon-le-Jeune). Le chalet de la Seigneurie avec le mont Colombier en arrière-plan (Aillon-le-Jeune).Le chalet de la Seigneurie avec le mont Colombier en arrière-plan (Aillon-le-Jeune).

De toutes les façons, en dehors du cas particulier des fenils isolés, les bâtiments d'alpage regroupent toujours une étable plus ou moins vaste, un logis réduit doté d'un espace de fabrication et une cave qui peut se résumer à un petit recoin.

L'organisation des espaces les uns par rapport aux autres est variable mais le plan est toujours simple, dépourvu de couloirs et de galeries extérieures. Dans le cas de bâtiments à juxtaposition, la communication entre l'habitation et l'étable se fait le plus souvent par l'extérieur. L'accès au comble, où peuvent se trouver des couchages et un fenil, se fait soit par la pente naturelle soit grâce à une simple échelle intérieure mais presque jamais par un escalier. Enfin les ouvertures sont petites et rares, certains logis étant même aveugles.

b) Les fenils isolés

Présents exclusivement dans les secteurs de "petite montagne", où le pâturage voisinait avec les près de fauche voire quelques cultures, ces fenils étaient utilisés pour stocker le foin récolté dans la montagne et redescendu au village durant l'hiver grâce à des luges. Autrefois présents dans les secteurs de "petite montagne" comme le Mariet (Arith) ou les Creusates (Saint-François-de-Sales), ils se rencontrent encore de façon significative sur les marges des anciennes zones de pâturages comme le versant nord-est du Colombier (grange de l'Arpettaz). Dans de rares cas, certains fenils peuvent comporter un logis très réduit comme aux chalets d'Allant à Jarsy ou se superposer à une étable comme à la Cornue à Sainte-Reine.Le fenil de l'Arpettaz à La Compôte.Le fenil de l'Arpettaz à La Compôte. Grange-étable à la Cornue (Sainte-Reine).Grange-étable à la Cornue (Sainte-Reine).

c) Les chalets de "petite montagne"

Les chalets de "petite montagne" destinés à abriter, pendant les mois d'été, la famille, le troupeau et un peu de fourrage, rappellent souvent la maison permanente. Il faut bien sûr mettre de côté les anciennes maisons d'habitation devenues des chalets d'alpage comme au Solliet à Faverges ou à Montorset à Arith.

Selon Philippe Arbos, le chalet de "petite montagne est une maison à disposition simplifiée et à échelle réduite". L'étable reste comparable aux étables du village (chalet de la Charbonnière à Entrevernes), le fenil est de taille moyenne du fait de récoltes peu abondantes (chalet des Côtes à Saint-François-de-Sales), le logis réduit à son minimum est peu éclairé (ex chalet IA73004219 au Mariet-dessus à Arith). Au col des Prés ou sous le col de la Frasse à Entrevernes, la proximité du village et l'accessibilité permirent à de nombreuses familles de continuer d'inalper tout en portant quotidiennement le lait à la fruitière. C'est ainsi que quelques chalets ne gardent pas trace d'espace de fabrication, à l'image du chalet IA73004298 des Côtes Gueulet à Thoiry.

1) Les chalets à juxtaposition

Modèle dominant dans les secteurs de "petite montagne", particulièrement sur les communes d'Aillon-le-Jeune, Arith, Les Déserts, Entrevernes, Saint-François-de-Sales et Thoiry, le chalet à juxtaposition est un édifice de plan rectangulaire avec sa façade principale en mur gouttereau. Il se présente souvent sous l'aspect d'un bâtiment à deux ou trois travées groupant un logis où est également fabriqué le fromage, une grange et une étable, comme le chalet de Chez les Gex (Aillon-le-Jeune). Les toits à deux pans, souvent dotés de croupes ou demi-croupes, présentent de fortes pentes et abritent le fenil comme au chalet du Pradet-dessous (Thoiry). Le chalet du Pradet-dessous à Thoiry.Le chalet du Pradet-dessous à Thoiry.

A l'exception des chambres et du fenil qui peuvent se trouver sous le toit, les différents espaces sont situés en rez-de-chaussée (ou en étage de soubassement), les bâtiments étant généralement construits parallèlement aux courbes de niveau, comme le chalet du Gros Plane à Saint-François-de-Sales (IA73004241). Dans quelques cas toutefois, on peut observer des paliers accessibles de plain-pied permettant d’accéder à des parties en rez-de-chaussée surélevé, comme par exemple le chalet IA73004220 au Mariet-dessus (Arith). La cave se trouve généralement à l'arrière du bâtiment dans une partie adossée au terrain comme au chalet de la Charbonnière (Entrevernes). Au Mariet à Arith, quelques chalets présentent une cave en étage de soubassement sous le logis. Ce dernier est accessible par un escalier extérieur et un palier, comme au chalet IA73004230 au Mariet-dessous (Arith). Chalet avec escalier extérieur au Mariet-dessous (Arith).Chalet avec escalier extérieur au Mariet-dessous (Arith).

L'habitation est souvent sommaire et mal éclairée, certaines pièces pouvant être aveugles comme au chalet de l'Allier (Thoiry). L'espace de fabrication se confond avec le logis et en dehors de quelques objets abandonnés (barattes, potences, moules à fromage...), la transformation laitière a laissé peu de traces architecturales. Le chalet de la Côte à Toto (Saint-François-de-Sales), présente toutefois sur la façade arrière des ouvertures caractéristiques de la présence d'un "freidi", pièce froide destinée à conserver le lait de la veille.

L'étable, comprenant généralement un ou deux rangs, est presque toujours perpendiculaire au faîtage, souvent sous le fenil et séparée de la grange par une simple paroi de bois.

Ces chalets sont construits en moellon de calcaire jusqu'à la toiture (ex. chalet IA73004227 au Mariet-dessous à Arith) et seuls les pignons sont fermés d'un bardage bois (ex chalet IA73004288 au Molard à Thoiry). Toutefois, les chalets d'Entrevernes constituent de ce point de vue une exception notable puisque le bois y est largement dominant, la pierre se réduisant à l'angle du logis où se trouve la cheminée comme au chalet de la montagne des Varrays. Le fenil peut par ailleurs être aéré par des parois en clayonnage, comme par exemple au chalet du Platon. Clayonnage sur un chalet au Thoron (Entrevernes).Clayonnage sur un chalet au Thoron (Entrevernes).

2) Les chalets à bâtiments dissociés

Assez peu répandus dans les secteurs de "petite montagne", les chalets à bâtiments dissociés sont principalement situés sur la commune de Saint-François-de-Sales aux lieux-dits de Gralette et Peisse-Bernard. On identifie en effet sur ce secteur trois groupes de bâtiments composés de deux à trois bâtiments. Bien que relativement dénaturés, ces bâtiments anciens semblent à l'origine s'organiser de la sorte : un édifice comprenant une habitation en rez-de-chaussée sous un comble servant de fenil et éventuellement de couchage, un second bâtiment à usage d'étable et enfin un troisième bâtiment à usage de cave à l'image des chalets IA73004250.

Contrairement aux chalets de "petite montagne" à juxtaposition, la façade principale n'est pas sur le mur gouttereau mais sur le mur pignon.

Les bâtiments d'habitation sont en moellons de calcaire enduits, tandis que les dépendances agricoles peuvent mixer la pierre et le bois qui peut être mis en œuvre sous la forme d'un bardage comme aux chalets IA73004247Chalets à Garlette, Saint-François-de-Sales.Chalets à Garlette, Saint-François-de-Sales. ou de madriers assemblés à mi-bois comme aux chalets de Gralettaz.

Dans d'autres secteurs, comme par exemple aux chalets du Cernay à Aillon-le-Jeune, on observe des étables séparées qui peuvent être des constructions ultérieures faisant suite à des partages ou des agrandissements d'exploitation.

d) Les chalets de "grande montagne"

Selon la typologie établie par Jean Robert, le massif des Bauges se situe dans le domaine des "grandes montagnes" sans remue. On regroupe les différentes fonctions dans un même lieu, généralement proche d'un point d'eau et plus ou moins au centre de l'alpage et à mi-pente. Les animaux sont rentrés à l'étable qui est nécessairement spacieuse étant donné la taille des troupeaux inalpés (120 vaches à l'alpage de Combe-Fort à Montailleur en en 1740, 120 vaches également à l'alpage d'Orgeval à Jarsy à la fin du XIXe siècle).

A l'inverse des "petites montagnes", les chalets de "grande montagne" sont très majoritairement des chalets à bâtiments dissociés et les bâtiments à juxtaposition constituent l'exception.

Destinés avant tout à la production laitière, ces bâtiments offrent peu d'espace au logis, qui est largement encombré par le matériel de production (table d’égouttage, potence et chaudron, baratte...). La cave est soignée et assez souvent isolée. L'étable en forme de grande halle basse est presque systématique.

Les bâtiments sont généralement de construction simple avec peu d'ouvertures, en revanche la charpente est souvent soignée et solide. Ces bâtiments généralement situés à plus haute altitude que ceux de petite montagne sont soumis à plus rude épreuve par les éléments.

1) Les chalets à juxtaposition

Dans le domaine de la "grande montagne", les chalets à juxtaposition représentent un peu moins de 10 % des édifices repérés. Assez proche dans leurs caractéristiques architecturales des chalets à juxtaposition de "petite montagne", ils s'en distinguent par l'absence de fonctions de stockage de récoltes et par des espaces plus clairement dédiés à la fabrication fromagère.

Dans ces secteurs tournés exclusivement vers le pâturage, les bâtiments ne comportent ni grange ni fenil, à l'image du chalet Besson au Châtelard qui juxtapose simplement un logis et une étable sous un comble non exploité. Ce dernier est parfois utilisé comme couchage comme au chalet de la Pesse (Allèves) par exemple. L'espace dédié à l'étable représente facilement les deux-tiers de la surface du bâtiment, comme par exemple au chalet de Rossane (Aillon-le-Vieux), et celle-ci peut être augmentée d’appentis pour les chèvres, porcs ou autre bétail comme au chalet de Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune). Vue d'un chalet à Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune).Vue d'un chalet à Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune).

Le logis est principalement meublé des éléments nécessaires à la fabrication du fromage, comme au chalet de Pré-Tavan (Aillon-le-Vieux), et un "freidi" pour stocker le lait au frais jouxte souvent la pièce principale, comme au chalet des Frasses (Saint-Jean-de-la-Porte).

La cave est généralement située sous ou derrière le logis, dans une partie semi-enterrée comme au chalet de Bornette (Bellecombe-en-Bauges), mais peut être dans certains cas le seul bâtiment dissocié comme au chalet de Précheret (Bellecombe-en-Bauges).

L'habitation est généralement en pierre tandis que l'étable est en bois, comme au chalet du Muret (Aillon-le-Jeune). Dans le cas de bâtiments reconstruits après la Seconde Guerre mondiale, l'étable comme l'habitation est en parpaing de ciment, comme au chalet de la Raverette (Bellecombe-en-Bauges). A l'inverse, le chalet de Praz-Gelaz (Aillon-le-Jeune), présente une étable et un logis entièrement en bois, y compris au niveau de la cheminée.

2) Les chalets à bâtiments dissociés

Les chalets à bâtiments dissociés des alpages de "grande montagne" du massif des Bauges correspondent selon Jean Robert à un archétype. Ils se composent en général de trois bâtiments isolés mais proches les uns des autres. A l'exemple des chalets des Arbets (Ecole), on compte le bâtiment d'habitation et de fabrication, généralement en pierre, l'étable en forme de halle souvent en bois et la cave. Dans certains cas, comme aux chalets de La Combe (Chevaline), la cave est groupée avec la maison d'habitation et fabrication. Lorsque le cheptel est important on peut compter des étables additionnelles et une porcherie, comme aux chalets de Leschaux.

Le bâtiment de fabrication et d'habitation, autrefois en bois, a presque partout été remplacé par un bâtiment en pierre (ou en parpaing pour les plus récents). Facilement identifiable, il se présente le plus souvent sous la forme d'un bâtiment carré ou légèrement rectangulaire couvert d'un toit en pavillon à l'exemple des chalets de la Buffaz à Aillon-le-Jeune.Vue de l'habitation des chalets de la Buffaz (Aillon-le-Jeune).Vue de l'habitation des chalets de la Buffaz (Aillon-le-Jeune). Les plus simples se composent d'un rez-de-chaussée dédié à la fabrication et d'un couchage sous le toit, comme aux chalets du Petet (Doussard). Dans certains cas, en plus des espaces de fabrication, le rez-de-chaussée comprend une chambre comme aux chalets Chaffard (Le Châtelard), voire une cuisine comme aux chalets d'Orgeval (Jarsy). Le freidi, en général situé au nord, est souvent refroidi par un système de jours percés dans la façade, comme aux chalets des Péroudes (Saint-Offenge-dessus) ou par le passage d'un filet d'eau, comme aux chalets d'Orgeval (Jarsy).

L'étable est un bâtiment en longueur composé d'une charpente autoportante sur laquelle sont montées des parois de planches avec couvre-joints. Certaines sont toutefois construites en pierre comme aux chalets de l'Alpettaz (Marthod). Assez grandes, elles peuvent facilement accueillir 100 à 120 bêtes mais rarement plus, et lorsque que le troupeau est plus important, les chalets comptent plusieurs étables, à l'image des chalets du Haut-du-Four (Verrens-Arvey). Dans la plupart des cas, il s'agit d'un bâtiment simple avec une ou deux entrées. Les bêtes sont alignées sur deux rangs séparés par une rigole centrale suivant l'axe du Vue intérieure de l'étable des chalets du Praz (Ecole).Vue intérieure de l'étable des chalets du Praz (Ecole).faîtage comme aux chalets du Praz (Ecole). Certaines étables, d'aspect extérieur comparable, se divisent à l'intérieur en travées perpendiculaires à la ligne de faîtage et comprenant deux rangs chacune, comme aux chalets du Gros Tilleul (Faverges) par exemple. Il n'est pas rare qu'une fosse à fumier soit maçonnée en contrebas de l'étable, comme celle qu'on observe par exemple aux chalets de l'Abbaye (Viuz-la-Chiesaz).

La cave, nécessaire à l'affinage des fromages, est presque toujours en pierre, voutée en berceau et dotée de rayonnages en bois. Certaines sont toutefois composées de plusieurs voûtes reposant sur des piliers comme aux chalets d'Orisan (Cléry). Il s'agit parfois d'une pièce maçonnée semi-enterrée juxtaposée au bâtiment d'habitation-fabrication, comme aux chalets du Rosay (Chevaline), ou d'une pièce située en étage de soubassement, comme aux chalets du Potat (Sainte-Reine). Lorsque la cave est incluse dans le bâtiment d'habitation-fabrication elle est toujours nettement séparée du freidi.

Dans bien des cas, la cave est située dans un bâtiment à part. Il s'agit souvent d'une petite construction enterrée ou recouverte de terre ne laissant apparaître qu'une façade en demi-cercle percée d'une porte centrale donnant sur la voûte à l'intérieur, comme aux chalets de l'Aulp de Seythenex notamment. Dans quelques cas, la cave est un véritable petit édifice maçonné et coiffé d'un toit à quatre pans, solidement charpenté, comme aux chalets des Arbets (Ecole).Vue de la charpente de la cave des chalets des Arbets (Ecole).Vue de la charpente de la cave des chalets des Arbets (Ecole). Lorsque cohabitent de façon significative des productions caprines et bovines, la cave peut être divisée et bénéficier de deux entrées séparées comme celle des chalets de Leschaux.

e) Murs, points d'eau et chemins

Au-delà des édifices destinés à accueillir hommes, bêtes et productions, le pastoralisme a généré ici ou là d'autres constructions ou aménagements à travers la montagne.

Pour accéder à l'alpage on se contenta longtemps de simples chemins muletiers où pouvaient cheminer les hommes et les bêtes. Toutefois, dans les secteurs de "petite montagne" où est stocké du foin pour l'hiver il est nécessaire de pouvoir circuler facilement, ainsi le chemin d'accès aux granges du Semnoz au-dessus d'Allèves est large et empierré,Chemin d'Allèves au Semnoz.Chemin d'Allèves au Semnoz. tandis que le chemin qui mène au Mariet au-dessus d'Arith, également empierré, présente des rainures permettant de guider les luges et les charriots.

D'autres alpages, situés à proximité d'un axe de passage, bénéficient de bons chemins comme les alpages du col des Prés ou les alpage du Morbié (Aillon-le-Jeune) et des Frasses (Saint-Jean-de-la-Porte) de part et d'autre du col de la Sciaz. En revanche, beaucoup restent longtemps difficiles d'accès. L'alpage de la Combe situé sur Chevaline mais appartenant aux habitants de Lathuile depuis le partage de 1837 est situé derrière une paroi rocheuse infranchissable avec un troupeau. Il fallait donc pour y accéder faire un long détour et en 1893 un chemin est taillé dans la roche afin de permettre un accès plus direct à l'alpage.

Malgré d'importantes précipitations, les alpages des Bauges manquent souvent d'eau en raison de la nature des sols ne permettant pas la constitution de stocks, et d'une trop faible altitude pour bénéficier de la fonte des neiges durant l'été. Il faut donc aménager des mares telles qu'on en observe encore entre les alpages du Gros Tilleul (Faverges) et de la Servaz (Seythenex). Dans la même logique les sœurs du Betton font entretenir un étang en bas de l'alpage des Arbets, Canal souterrain maçonné alimentant l'ancien étang des soeurs de Betton.Canal souterrain maçonné alimentant l'ancien étang des soeurs de Betton. et afin d'en assurer l'alimentation font construire en 1734 un canal souterrain maçonné permettant d'apporter l'eau d'une modeste source. Sans prendre d'aspect aussi spectaculaire, de nombreuses sources sont captées pour alimenter des bassins construits à proximité des chalets comme au col de Chérel à Jarsy. Dans de nombreux alpages, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens bassins en bois ont été remplacés par des bacs métalliques qui sont des fonds d'anciennes "marmites" de charbonnier, comme par exemple dans l'alpage de Montermino (Bellecombe-en-Bauges) ou par des bassins en béton comme aux chalets Mermet (Saint-Offenge).

Afin de limiter les conflits liés au pâturage et aux limites foncières, des murs peuvent être édifiés entre les propriétés. Il peut s'agir de petits murets comme dans le secteur de Gralette à Saint-François-de-Sales ou de murs maçonnés plus conséquents comme entre les alpages de Chaffard et Besson au Châtelard. Le mur de pierres levées séparant les alpages de la montagne d'Arclusaz et probablement érigé suite au conflit qui opposa l'abbaye du Beton au prieuré de Bellevaux reste une exception.

Enfin, même si une chapelle était attestée avant la Révolution aux chalets d'Orgeval (Jarsy), il n'y a pas aujourd'hui de chapelle en alpages et la piété s'y fait discrète. Quelques croix ont toutefois été érigées dans les alpages. Il peut s'agir de simples croix en bois comme aux chalets du Golet (Doucy-en-Bauges) ou de croix en métal plus ouvragées comme près du chalet du Fournet (Thoiry). La plupart datent du XIXe siècle ou du début du XXe siècle mais quelques-unes peuvent dater de la fin du XXe siècle ou du début du XXIe siècle, à l'image de la croix d'Orisan (Cléry). Généralement situées sur un site visible pouvant être à l'écart des chemins, il s'agit en général de croix monumentales destinées à manifester la grandeur divine. Certaines sont issues d'un autre site et ont été érigées en alpage dans la seconde moitié du XXe siècle comme la croix de Montermino (Bellecombe-en-Bauges) ou la croix du Roy (Chevaline). Vue de la croix du Plane (La Compôte).Vue de la croix du Plane (La Compôte).En plusieurs endroits, la croix peut être érigée sur un rocher isolé issu d'un éboulement comme pour se prémunir de ce genre d'évènement à l'image de la croix du Plane (La Compôte). Enfin, certaines croix ont une fonction commémorative et sont érigées en la mémoire de personnes décédées en montagne à l'image de la croix de Bottier (Ecole).

f) Alpage et mémoire

Au-delà des croix commémoratives, plusieurs monuments se rencontrent dans les alpages. Comme dans de nombreux massifs montagneux, les alpages du massif des Bauges servirent de refuge aux maquisards de la Seconde Guerre mondiale et quelques sites furent le théâtre de combats ou d’atrocités. Quelques monuments commémoratifs en gardent le souvenir. Il s'agit le plus souvent d'édicules discrets en forme de pierre tombale, comme la stèle des Ecuries (Doucy-en-Bauges), ou de stèle monolithe comme la stèle du Pleyu (Entrevernes), mais il s'agit parfois de véritables monuments maçonnés, comme la stèle de Bornette (Bellecombe-en-Bauges), ou d'un petit mémorial associant une stèle à un cimetière, comme le monument des Frasses (Saint-Jean-de-la-Porte).Vue du mémorial derrière le chalet des Frasses (Saint-Jean-de-la-Porte).Vue du mémorial derrière le chalet des Frasses (Saint-Jean-de-la-Porte).

En revanche, en dehors de "l'autel du curé Quoëx", une pierre gravée en 1795 par le curé d'Arith devant une grotte près du chalet Pernet lors des persécutions révolutionnaires sur le clergé, les autres périodes de troubles n'ont pas laissé de traces matérielles évidentes.

Enfin, quelques familles érigent de petits monuments commémoratifs en l'honneur de personnes fortement attachées à un alpage, à l'image de la stèle érigée près des chalets de Lauzarin (Ecole), ou plus exceptionnellement font aménager leur sépulture en alpage, comme le caveau de la famille Falcy au Gros Tilleul (Faverges).

C) Répartition du bâti d'alpage et altitude des implantations

Comme nous l'avons évoqué plus haut, les chalets de "petite montagne" sont généralement situés à des altitudes relativement modestes, généralement comprises entre 1000 et 1300 m d'altitude. Seul le secteur du Chargieu et d'Allant sur Jarsy se trouve dans une fourchette altitudinale plus élevée (entre 1300 et 1600 m). Les chalets de "grande montagne", situés plus haut, sont généralement construits sur des sites dont l'altitude varie de 1300 à 1750 m. Environ 6 % d'entre eux se situent à des altitudes comprises entre 1100 m et 1300. Ceux situés à une altitude supérieure à 1750 m se comptent sur les doigts de la main. Pour les chalets de grande montagne, le plus bas repéré est celui des Turres (Saint-Offenge),Le chalet des Turres (Saint-Offenge-dessus).Le chalet des Turres (Saint-Offenge-dessus). situé à 1121 m, et les plus haut sont les anciens chalets de Charbonnet (Chevaline), situés à 1830 m.

Les chalets de petite montagne peuvent se regrouper en petits villages d'alpages en ordre lâche, comme le Molard à Thoiry ou la Fressette à Aillon-le-Jeune, mais la règle générale est à l'éparpillement. Les chalets de "grande montagne" sont par nature isolés. Leur implantation tient compte des besoins de l'exploitation plus que du confort des hommes et privilégie des sites abrités des risques d'avalanche ou des vents violents, ce qui n’empêche pas d'établir les chalets sur des cols comme aux chalets de la Fullie (Ecole)Vue d'ensemble des chalets de la Fullie (Ecole).Vue d'ensemble des chalets de la Fullie (Ecole).ou de la Frasse (Entrevernes).

1Pierre-Jérôme Rey. Archéologie du Massif des Bauges du Néolithique à l'âge du Bronze.2Fernand David. Analyse pollinique de la tourbière des Creusates3Charline Giguet-Covex. L'histoire des activités agricoles et des paysages, révélée par un outil en plein essor, l'ADN sédimentaire lacustre.4Pierre-Yves Nicod. Les premières sociétés agropastorales dans les Alpes occidentales. 5Fabrice Mouthon. Moines et paysans sur les alpages de Savoie (XIe-XIIIe siècles) : mythe et réalité..6Fabrice Mouthon. Le règlement des conflits d'alpage dans les Alpes occidentales (XIIIe-XIVe siècles).7Jean-Pierre Dubourgeat. Les alpages de la Haute-Combe de Savoie8Philippe Arbos. La vie pastorale des Alpes françaises.9Jean-Pierre Dubourgeat. Les alpages de la Haute-Combe de Savoie.10Archives Départementales de Haute-Savoie11Jean-Pierre Dubourgeat. Les Alpages de la Haute-Combe de savoie.12Chantal Viviand. Les alpages de Jarsy du XVIIIe à nos jours.13Gérard Détraz. Six mille ans d'histoire rurale, Sevrier, des origines à la Seconde Guerre mondiale. 14Laurent Morand. Les Bauges : histoire et documents. 15Janine Guerraz-Colonel, Pierre Salembier. La chartreuse d'Aillon; La magnifique solitude.16Charles Gardelle. Alpages, terres d'été. Savoie.17Valentina Zingari. Des espaces en récits, parcousr du temps à la Compôte-en-Bauges.18Philippe Arbos. La vie pastorale des Alpes françaises19Philippe Arbos. La vie pastorale des Alpes françaises20Laurent Morand. Les Bauges : hitsoire et documents.21Henri Raulin. L'architecture rurale française. Savoie.
Aires d'études Parc naturel régional du Massif des Bauges

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Références documentaires

Documents d'archives
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