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Institut hydrothérapique d'Evian-les-Bains dit Palais des Bains ou encore Thermes d'Evian-les-Bains, actuellement Palais Lumière, espace culturel

Dossier IA74001084 inclus dans Paysage du bassin-versant du Lac Léman réalisé en 2012

Fiche

Compléments de l'historique :

(Étude en cours).

D´après une légende, le baron de la Rochette souffrait en 1480 d´une maladie mystérieuse. Sur les conseils d´un écuyer, il alla boire à la fontaine d´Amphion dans la commune de Publier. Une fois guéri, il offrit la main de sa fille Béatrix à ce dernier. Ces lieux de pèlerinages devinrent progressivement des espaces de santé et cette histoire est reprise par deux autres villes thermales. A Evian, si l´histoire reste la même, la source miraculeuse n´est plus celle d´Amphion mais la source Sainte-Catherine plus connue sous le nom de son propriétaire : la source Cachat. Cette sympathique légende montre tout l´intérêt porté aux eaux minérales du bassin lémanique.

Une autre légende veut qu'en 1790 le comte Jean-Charles Laizer préfère au hameau d´Amphion, les eaux du village d´Evian. Il fait ainsi la renommée de cette source. Déjà, au XIXème, le hameau d´Amphion est apprécié par le roi Emmanuel II de Sardaigne qui s´y rend régulièrement. Dès 1823, un banquier genevois François Fauconnet séjourne à Amphion avec l´idée d´y développer les activités. Il crée la première société d´exploitation des eaux minérales d´Evian. En 1827, une convention est signée entre la société genevoise et la famille Cachat propriétaire de la source Sainte-Catherine. Raccordé à cette résurgence, le premier établissement des bains est créé. La Société des eaux minérales d´Evian a été fondée le 7 décembre 1858.

En 1892, la ville d´Evian est propriétaire d´un Casino et d'autres sources d´eau minérales. La municipalité souhaite renouveler le bail et la location de ses biens. Par un arrêté en date du 1er avril 1892, le préfet de la Haute-Savoie autorise la location du Casino et des sources municipales d´Evian-les-Bains. La Société des Eaux minérales d´Evian répond à toutes les exigences fixées par le cahier des charges. En outre, elle s´engage à verser une somme de 100 000 francs pour l´aménagement du Casino et l´installation d´un cercle des étrangers. Elle compte aussi verser une somme complémentaire de 200 000 francs pour un bail de 50 ans porté à 75 ans. Une partie en sera prélevée pour financer les travaux municipaux.

Après la signature de la convention de 1892, la Société est tenue de créer un nouvel établissement des bains et d´hydrothérapie pour remplacer les bains du Casino. La réalisation dudit édifice est confiée à l´architecte parisien Ernest Brunnarius, il s´entoure de plusieurs grands noms pour édifier ce bâtiment. Ainsi, Alexandre Bigot conçoit les ornementations en céramique de la façade et des carreaux émaillés se trouvant dans les piscines et les cabines de bains. Louis Charles Beylard sculpte les quatre allégories se trouvant dans le grand hall. Le peintre Jean Benderly réalise les peintures ornant le vestibule. L´ensemble est construit suivant le procédé Hennebique en béton armé dont la maîtrise d´ouvrage est confiée à l´entreprise aixoise Léon Grosse. L´emploi des structures métalliques, du béton permet de les associer aux modénatures les plus extravagantes. Un ferblantier de Vevey, M. Schnetzler-Bauer réalise la coupole en zinc estampe devant surplomber le bâtiment. Les travaux commencent en 1900.

La source Cachat est captée au fond d´une galerie horizontale dans les terrains aquifères. Ces terrains sont protégés naturellement contre les infiltrations superficielles par une couche d´argile bleue imperméable d´une quinzaine de mètres. Le surplus est amené directement à l´institut des bains. Suite à un tragique accident de montagne près d´Alertville, Ernest Brunnarius décède; il est remplacé par l´architecte Jean-Albert Hébrard pour superviser la fin des travaux. L´établissement thermal inauguré en 1902, est situé sur le quai Baron-de-Blonay, et produit une excellente impression par sa grandeur et belle architecture. Aménagé avec luxe, pour suffire à 800 traitements quotidiens, il comprend, avec des piscines, des salles de bains et des douches, toutes les installations nécessitées par la thérapeutique moderne : bains de chaleur, de lumière, traitements par l´électricité à haute tension, mécanothérapie.

Les eaux d´Evian sont conseillées pour traiter les toxémies, les cardiopathies artérielles, la goutte et les manifestations urinaires chroniques. Le captage modernisé en 1910 par M. Cuau, ingénieur civil des mines, se compose d´une chambre dans laquelle l´eau pénètre par des crépines dites « talus naturel d´éboulement ». Un dispositif de trop plein permet de maintenir une pression hydrostatique constante. En 1911, on y donne plus de 600 traitements , représentant une consommation d´environ 400 000 litres d´eau. Une clientèle de 12 000 baigneurs par saison fréquente la buvette Cachat. La convention qui lie la mairie d´Evian à la Société Anonyme des Eaux est renouvelée le 15 avril 1966. Jugé trop vétuste, il est convenu dans ce document de moderniser d´ici 1968 cet édifice et de construire par la suite un nouvel établissement des bains.

En 1970, la Société Anonyme des Eaux Minérales d´Evian fusionne avec l´entreprise Boussois-Souchon-Neuvesel. Dans les années 1980, la société abandonne les thermes pour les remplacer par des bureaux, le dôme en zinc est démonté. Un arrêté préfectoral du 21 avril 1986 entérine l´inscription au titre des monuments historiques de la façade principale, le hall d´accueil et le vestibule de l´ancien établissement thermal.

En 2004, un vaste chantier de reconversion est engagé par la mairie, devenue propriétaire du site. Michel Spitz (mandataire), l´Atelier d´architecture Chatillon (architecte du patrimoine) et l´Atelier Vies - Ages sont maîtres d´ouvrages. L´entreprise Chapuis Structures réalise et conforte les structures, l´entreprise Fluitec et Capri acoustique œuvre sur le bâtiment. Le coût total des travaux s´élève à 13 500 000 HT. Depuis 2006, le Palais Lumière est un espace culturel.

Dénominations établissement de bains
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Evian-les-Bains
Hydrographies la source Cachat Lac Léman
Adresse Commune : Évian-les-Bains
Lieu-dit : Evian-les-Bains
Adresse : 15 quai Charles Albert Besson
Cadastre : AI 1 6, 175

Dès l’Antiquité des légendes entourent l’exploitation des eaux thermales du village d’Evian. Au XIXème siècle, des aristocrates lui confèrent une certaine renommée. Mais c’est aussi à partir de ce siècle que les eaux d’Evian commencent à être exploitées. En 1823, le banquier genevois François Fauconnet s’intéresse à l’exploitation des sources Sainte-Catherine. En 1827, il passe une convention avec Gabriel Cachat qui a développé une petite activité thermale. Le banquier fonde la Compagnie des Eaux Minérales d’Evian et construit cette même année un nouvel établissement des bains. En 1844, la Société des Eaux Minérales d’Evian se crée sur des capitaux genevois. Le palais des bains se transforme. Depuis la seconde moitié du 19ème siècle, développe dans le Grand hôtel des bains de nombreux soins. En 1897, ce dernier devient le Splendide hôtel et le nouvel établissement situé sur l’actuel emplacement de la Buvette Cachat et jugé trop petit. Un nouvel établissement voie le jour sur l’emprise des anciens hospices. Situé face au lac, sur les quais, ce palais des bains est inauguré en 1902. Dessiné par Ernest Brunnarius, le centre hydrothérapique fonctionne jusqu’en 1983.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1902
1960
1983
2004
2006
Auteur(s) Auteur : BRUNNARIUS Ernest, architecte, attribution par source
Auteur : Bigot Alexandre, céramiste, attribution par source
Auteur : BENDERLY Jean, peintre, attribution par source
Auteur : HENNEBIQUE François, entrepreneur), Léon Grosse, attribution par source
Auteur : Schnetzler-Bauer, entrepreneur, attribution par source
Auteur : François Chatillon, architecte, attribution par source
Auteur : Michel Spitz, architecte, attribution par source

(Étude en cours). C´est une façade délicatement ordonnancée qui fait face aux jardins situés sur le quai du Baron Blonay bordant le lac Léman. L´ancien bâtiment des bains se signale au visiteur par la bichromie de sa façade et par d´autres artifices architecturaux qui le rendent tout de suite identifiable. Situé au pied des contreforts des Alpes françaises, cet établissement ouvre sur un amphithéâtre urbain fait de dédales et de ruelles escarpées. Cette situation est justifiée par deux éléments : le griffon de la source Cachat qui alimentait en eau le site se trouve à 238 mètres plus au nord, les anciens quais offrent l´espace nécessaire pour les constructions monumentales. Ici, l´utilisation de la brique, du béton armé selon le procédé Hennebique, des structures métalliques permet de les associer aux modénatures les plus extravagantes. D´une surface d´environ 1 941 m² l´édifice repose sur des fondations coulées en béton. La brique vient conforter certains éléments comme la petite coupole du hall ou les plafonds voûtés. D´une symétrie parfaite, le bâtiment comprend deux ailes disposant chacune de cinq travées surmontées par des lanternons. Le portique est encadré par deux tours d´angle surmontées chacune par une lanterne et un petit dôme. Dominant le portique et l´ensemble de l´édifice, le nouveau dôme couronne un beffroi. Réalisé entièrement en zinc, ce dôme joue sur la transparence de ces baies cintrées pour laisser entrer la lumière dans le grand hall. Le caractère extérieur du bâtiment est déterminé par l´emploi de deux matériaux : la pierre et la faïence. Sur la façade antérieure et les deux façades latérales, le revêtement se compose de carreaux de 5 par 20 cm et de 5 par 10 cm en émail jaune clair formant un briquetage avec jointement lissé au fer. Les trois façades se composent de 176 panneaux vernis représentant une surface de 91,96 m² alternant avec la pierre de Meillerie. Cette bichromie confère à l´ensemble une certaine élégance. L´utilisation de la pierre dure permet de rythmer les façades antérieures et les façades latérales, les corniches, les pilastres, les chaînes horizontales et les larmiers sont taillés dans la pierre. Un soin particulier a été apporté aux corniches ponctuées de modillons. Pour accéder au rez-de-chaussée, il faut emprunter une rampe d´accès longeant toute la façade antérieure avec garde corps ciselé dans la pierre. L´entrée en forme de pronaos encadré par des colonnes corinthiennes constitue un accès ouvert sur le bâtiment. Sur les murs, deux toiles marouflées, œuvre de Jean de D. Brenderly représentent des allégories antiques. Une porte vitrée permet d´accéder au hall d´entrée. Lieu d´accueil, le hall rotonde se caractérise par la noblesse des matières appliquées aux éléments de décoration. Ici, l´emploi de la mosaïque vénitienne alterne avec le marbre, le bois, le verre coloré et la pierre. Disposés à chaque angle, des ronds de bosse représentant les quatre sources d´Evian-les-Bains ont été aménagés dans des niches. Ce sont d´anciennes buvettes. Partant du grand hall, les escaliers, les dégagements conduisent aux anciens salons. De part et d´autre, les galeries amènent aux bains. Réservés aux dames, l´aile ouest est aménagée depuis 2006 en centre des congrès. Les anciennes coupoles surmontant les piscines ont été restaurées. A part, le maintien des anciennes galeries, l´espace intérieur a profondément été modifié. Réservée aux hommes, l´aile ouest accueille les espaces d´exposition. Ici aussi, les coupoles des piscines ont été restaurées. Le changement le plus flagrant s´opère dans les étages. De chaque côté, au dernier étage, deux verrières sont posées permettant d´aménager ces deux étages sur toute la surface. Ainsi, les anciennes baies donnant sur les corps d´îlots n´existent plus, seuls les poteaux en fer peuvent témoigner de cette ancienne physionomie ainsi que les coursives dominant pour chaque niveau, les coupoles des anciennes piscines. Un toit brisé avec bourseau et œil de bœuf sur les versants couronne chacune des façades.

Murs pierre
bois
brique
béton
ardoise
calcaire
marbre
plâtre
enduit
carrelage mural en céramique
Toit zinc en couverture, verre en couverture
Plans plan régulier
Étages 3 étages carrés
Couvrements coupole en pendentifs
Élévations extérieures élévation ordonnancée, élévation à travées
Couvertures toit à deux pans
Énergies énergie hydraulique

La situation du bâtiment est fortement appréciable puisqu'il se trouve sur la promenade d'Evian-les-Bains qui longe le quai du Baron Blonay. Les édifices d'apparat se trouvent le long de cette artère. Ainsi, sur un périmètre restreint, se succèdent d'ouest en Est, le Casino, le Théâtre, la Mairie, le Palais Lumière puis l'Hôtel Beau site. Le Palais Lumière d'une surface de 4 200 m² comprend un espace culturel accueillant sur deux niveaux des expositions prestigieuses, une médiathèque sur trois niveaux ainsi qu´un centre de congrès dévolu aux congrès et séminaires. En 2006 : après dix-huit mois de travaux, Évian inaugure officiellement le fameux Palais Lumière. Dix ans auparavant, la Ville, redevenue propriétaire de l´ancien établissement thermal, avait, après réflexion, programmé sa reconversion en un prestigieux centre culturel et de congrès. Au sud de l'établissement, le tissu urbain ancien a fait l'objet, ces quatre dernières années d'une opération d'urbanisme : des immeubles d'habitations ont été construits. Il ne reste de ce centre ancien qu'un bâtiment datant du Moyen-Age a été conservé: il s'agit d'un ancien moulin hydraulique. Réhabilité, il devient une annexe de l'espace culturel.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
Protections inscrit MH, 1986

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 2 O 946 Construction d´un établissement hydrothérapique : description du projet, devis estimatif, cahier des charges, plans (1894-1899). Projet de reconstruction de l´établissement sur un nouvel emplacement : rapport, emprunt , 1894 1940.

  • AD Haute-Savoie : 2 O 946 Etablissement hydrothérapique d´Evian. Description du Projet, 16 décembre 1893.

  • AP Entreprise Léon Grosse. Dossier n° 146. Evian. Institut hydrothérapique, 1900.

  • AD Haute-Savoie : 2 O 946 Tourisme, hôtellerie, office de tourisme, syndicats d´initiative, classements en stations climatiques, hydrominérales ; établissements thermaux société des eaux : financement, enquêtes et compte-rendu d´exploitation, délibérations communales et des Chambres d´industrie thermale. Evian : chambre d´industrie thermale (1941-1980) ; Société des Eaux minérales, exploitation réclamation, transfert de l´usine (1946 - 1980) , 1941 - 1980.

Bibliographie
  • Conseil d´Architecture d´Urbanisme et de l´Environnement de Haute-Savoie (CAUE), Ville d´Evian, Evian un patrimoine source d´avenir. , Turin : Fotolito Garbero, 2007, 54 p.

  • Guy Charles Désiré Marie Carron de la Carrière, Exposition universelle et internationale de Bruxelles 1910 : section française classe 111-B, section des eaux minérales et stations climatiques. , Paris : comité français des expositions à l´étranger, 1911. 64 p.

  • Société des Eaux Minérales d´Evian, 1859-1959 : centenaire de la société des eaux minérales d´Evian-les-Bains. Paris : L.I.F. [1959]. n.p.

  • Société des Eaux Minérales d´Evian, Evian et la recherche scientifique. Evian : éditée par la société des eaux minérales d´Evian, 1992. 60 p.

  • Société des Eaux Minérales d´Evian, Recueil des conventions intervenues entre la ville d´Evian-les-Bains, la société anonyme des eaux minérales d´Evian et la société du casino municipal d´Evian de 1892 à 1932. Evian-les-Bains : imprimerie Munier, s.d. 79 p.

  • Société anonyme des eaux minérales d´Evian-les-Bains, Sources Cachat, Bonnevie, Guillot, Montmasson et Vignier. S.l. s.d. 8 p.

  • Société anonyme des eaux minérales d´Evian-les-Bains, Action physiologique de l´eau d´Evian sur l´organisme du sportif. Evian : imprimerie Munier, s.d. n.p.

  • Société des Eaux minérales d´Evian, Recueil des conventions intervenues entre la ville d´Evian-les-Bains, la Société Anonyme des Eaux Minérales d´Evian et la société du Casino Municipal d´Evian de 1892 à 1932. Evian-les-Bains : Entreprise Munier, 1932, 79 p.

  • Taberlet. Evian-les-Bains : eaux minérales alcalines naturelles ; coliques hépatiques guéries par les eaux d´Evian source Cachat. S.l. : imp. A. Dubouloz, 1888. 8 p.

  • Ville d´Evian, Mémoire pour la ville d´Evian représentée par M. le baron Ennemond de Blonay, son maire, demandeur et intimé et défendeur en demandes nouvelles, partie de Me Revuz, avoué contre M. Jacob-Adolphe Vignier en sa qualité de président de la société des eaux minérales de Cachat à Evian, approuvée par ordonnance du 28 janvier 1859 et décret impérial du 1er février 1870, défenderesse et appelante de demanderesse nouvelle en appel , partie de Me Ducret, avoué. Chambéry : imprimerie Ménard, 1877. 136 p.

  • Ville d´Evian, Evian-les-Bains : ses eaux minérales, la source Cachat. Evian-les-Bains : imprimerie Munier, 1900. 16 p.

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