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Immeubles

Dossier IA74000868 réalisé en 2006

Fiche

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Le projet de la station d´Avoriaz repose sur la réalisation de lits touristiques dont l´importance est déterminée par la superficie du lotissement sur lequel est autorisée la construction de 209 000 m2 de plancher sur une superficie de 60 ha. La configuration du plan de lotissement établi par les architectes urbanistes de l´Atelier d´Architecture d´Avoriaz cherche à concentrer les zones de résidences de manière à préserver à l´intérieur de la station les parcours skieurs et les espaces récréatifs et sportifs. Les programmes collectifs sont développés dès le démarrage de la station sous la forme d´immeubles en copropriété ou d´hôtels de dimensions moyennes comprenant plusieurs dizaines de logements, tous édifiés au quartier des Dromonts. La configuration du site en versant Sud conduit les concepteurs à retenir des immeubles linéaires construits parallèlement aux courbes de niveaux, « les immeubles parallèles à la pente en pyramide ». Préoccupés par le lien entretenu entre l´architecture et le site, ils développent des « immeubles tours pyramide en éventail » qui formeront des repères dans le paysage de la station. Ils débutent en 1965 par l´aménagement du quartier des Dromonts qui reposent sur l´expérimentation de ces deux types d´immeubles. À compter du début des années soixante-dix, les programmes immobiliers s´amplifient avec des ensembles de plusieurs centaines de logements devenus des « résidences de tourisme » répondant à une approche plus économique de l´architecture. Plusieurs programmes collectifs sont alors implantés perpendiculairement aux courbes de niveaux développant les « immeubles perpendiculaires à la pente » avec coursive centrale, tandis que des immeubles tours sont simplifiés et deviennent des « immeubles tours circulaires ». La dernière phase d´aménagement de la station à partir de 1987 est marquée par le développement des deux premiers types d´immeubles dont les volumes sont renouvelés et amplifiés en raison de l´ampleur des programmes.

Les immeubles parallèles à la pente en pyramide

- Le principe de « l´immeuble parallèle à la pente » est attaché à la topographie du site d´Avoriaz qui présente un versant d´alpage légèrement incliné et orienté au Sud. Afin de faire bénéficier chaque logement d´une part de la vue sur le domaine skiable et sur les montagnes environnantes et d´autre part d´un ensoleillement maximal, les immeubles sont linéaires et implantés parallèlement aux courbes de niveaux. C´est le principe d´implantation qui guidera le plus grand nombre d´immeubles réalisés dans la station. Les immeubles sont indépendants les uns des autres, édifiés chacun sur les parcelles du lotissement, découpées en fonction des voiries de dessertes à la fois véhicules, piétons et skieurs. La géométrie de l´immeuble est linéaire. Les pieds des immeubles sont desservis à la fois à l´amont et à l´aval, placés ainsi au coeur des dessertes skieurs qui traversent la station, rejoignant les départs des pistes en bas et raccordés en haut aux retours. Selon l´architecte Jacques Labro « l´immeuble linéaire repose sur l´idée d´un écran protecteur contre les vents dominants, renforcé par l´adossement à la forêt, créant pour chaque logement un « espace solarium » avec exposition distincte à la vue et au soleil, grâce à une disposition en éventail et orientée des différentes travées » (Architecture d´Aujourd´hui, n°126 de juin/juillet 1966).

Les travées en éventail et les travées parallèles

- Le parti linéaire des immeubles repose sur une composition en corps successifs de bâtiments accolés les uns aux autres. Les parties centrales sont généralement composées d´un ou plusieurs corps de bâtiments partagés en travées parallèles. Les largeurs varient entre 3,50 m et 3,80 m pour les programmes pionniers (Sosna, Mélèzes, Séquoïa, Hauts-Forts hôtel, Pas du Lac) et se réduisent entre 3,00 m et 3,30 m pour les programmes plus récents (Taïga, Sépia, Douchka, Malinka, Saskia, Tilia, Elinka, Accacia). Chaque extrémité est composée d´un corps de bâtiment formant pignon distribué par des travées placées en éventail. Les angles varient selon la topographie du lot, l´exposition et l´orientation du quartier et les panoramas à valoriser, mais l´angle de 20° est l´ouverture adoptée le plus couramment dans les « immeubles linéaires » (Araucaraya, Hauts-Forts hôtel, Mélèze, Pas du lac, Sépia, Thuya, Kouria, Tilia) comme dans les « immeubles tours » (Sassafras, Sassanka, Saskia). Plus l´angle s´élargit, plus le logement est spacieux et profite d´une situation panoramique plus ouverte. Mais ce ne peut être que des situations exceptionnelles en raison même de la nature des programmes aux surfaces réduites (Yucca et Cédréla avec des angles de 30° et 60°). Par contre l´angle étroit est adapté à des configurations topographiques resserrées (10° pour les logements de la résidence des Hauts-Forts) et à des logements de petites dimensions (8° pour les chambres de l´hôtel des Dromonts). La disposition en éventail détermine également les raccordements entre les différents corps de bâtiments que ce soit dans les parties centrales ou dans les parties latérales. Les angles sont très variables (10, 20, 25, 30, 40 ou 45°), mais ils sont souvent déterminés par la présence d´une distribution verticale à cet emplacement.

Les logements

- La variété des travées, qu´elles soient parallèles ou en éventail, permet de composer des logements tous différents que ce soit en plan ou en volume. Ce sont des logements peu cloisonnés dont le principe d´aménagement repose sur la pièce de vie collective partagée en « coins » multiples : cuisine, repas, cheminée, salon, nuit. Une ou deux chambres et des sanitaires indépendants complètent ces espaces de studios, selon la superficie du logement. Les travées parallèles permettent des logements de plain-pied aménagés dans un espace monorienté. Mais ce peut être aussi des logements en duplex, voire en triplex qui bénéficient de chambres exposées en partie arrière (Mélèze, Sosna, Araucraya Thuya), distribués par des escaliers en demi niveaux ou des escaliers pleins. Les travées en diagonale offrent d´emblée des logements à orientations multiples. Ils sont soit de plain-pied, soit en duplex ou en triplex aménagés alors en partie sous une façade toiture. Les parties sanitaires et cuisines forment parfois un bloc disposé en partie centrale autour duquel s´organise une distribution individualisée des pièces. Tous ces logements intègrent un décalage de niveaux partageant l´espace de vie collective par deux hauteurs de marche de 34 cm traitées en marche pied cylindrique, demi cylindrique ou cubique selon les appartements. Dans les uns, le coin repas est placé en « contrebas » vers la lumière alors que pour d´autres, le coin repas sera aménagé en « contre-haut ». Et ce décalage permettra d´appuyer du mobilier, parfois dessiné par les architectes dans les programmes pionniers (les Mélèzes notamment). Le principe d´un décalage dans chaque cellule concerne les grandes résidences de la première période (Mélèzes, Hauts-Forts résidence, Araucarya, Thuya, Sosna, Sassafra, Sassanka, Cédréla, Yucca, Pas du Lac, Snow). Avec le lancement des grands programmes de résidences « banalisées » à partir de 1975 (Multivacances), les plans des logements sont simplifiés, réduits en superficie. Les duplex et la distribution en demi-niveaux disparaissent au profit des appartements de plain-pied devenu systématiques (Multivacances, Alpage I, Crozats, Fontaines Blanches). Pour le quartier de la Falaise, c´est le groupe Pierre et Vacances qui détermine, préalablement à tout projet nouveau, les cellules types adaptées à la clientèle recherchée. La composition des projets est élaborée sur cette base. En intégrant à nouveau le principe des travées en diagonale et les dispositions en pyramide, les logements se diversifient à nouveau, notamment en installant des duplex dans les parties en pignon, appelés « appartements chalets ».

Entrées, halls, et coursives

- Aménagées de manière très sobre, les entrées des immeubles sont traitées comme de discrets passages protégés, voire dérobés, formant le lien étroit entre l´immensité de la montagne et le dédale de la coursive intérieure. Chaque entrée fait l´objet d´une conception distincte, prolongée par un auvent compris dans oeuvre ou traité hors oeuvre, de conception modeste et fonctionnelle et contribuant à identifier chaque lieu. Les halls sont aménagés à l´origine avec une banque d´accueil tenue par un gardien-concierge dans chaque immeuble, disparue depuis. L´espace est distribué autour de l´accès aux ascenseurs, aux coursives et aux placards à skis qui font l´objet d´une attention particulière (utilisation au Thuya de conduites en ciment, placées verticalement et équipées de portes peintes en vert épicéa). Les coursives sont aménagées comme des parcours sinueux desservant les logements et traversant les résidences. Elles s´élèvent selon les immeubles et les situations par demi niveaux ou par niveaux complets coupés de paliers. Elles bénéficient d´une lumière naturelle et de points de vue sur l´extérieur (Sosna, Thuya, Hauts-Forts résidence) de même pour certaines cages d´escaliers très vitrées (Sassafras). Ce principe des coursives traitées en dédales mystérieux disparaît lorsqu´une réglementation nouvelle autorise le décompte de leurs surfaces dans les droits à construire, si elles sont à l´air libre. Les coursives deviennent alors des galeries traitées hors oeuvre, disposées en parois nord des immeubles. Le principe est inauguré aux Fontaines Blanches en 1979, mais elles sont agencées de manière rudimentaire. Par contre au quartier de la Falaise, les coursives et les escaliers sont placés systématiquement sur la paroi nord qui est aussi en raison de la configuration des lieux, l´une des façades les plus en vues depuis la zone haute d´accueil à la station. Ces galeries sont traitées comme une seconde façade constituée d´une paroi protectrice rassemblant tous les composants de ces circulation (escaliers, limons, garde-corps, rambarde...). La façade est traitée par un « caillebotis bois », fait de pièces de bois aux dispositions multiples (plaqué ou décollé de la structure ou en toiture), aux motifs variés (bois verticaux, horizontaux ou inclinés, bardages continus, ajourés) et aux découpes à géométrie différente (ouvertures circulaires, polygonales, rectangulaires). Ces ensembles sont dessinés par Jacques Labro qui les conçoit comme des paravents sculptés qui masquent à la vue des gens les galeries et les dessertes verticales des logements, laissant seulement passer l´air et le soleil et installant un jeu d´ombre et de lumière sans cesse changeant.

Modelé des façades

- Les façades sont fragmentées. Elles le sont dans le plan horizontal par les travées brisées, placées en redents ou tracées en éventail. Elles le sont également dans le plan vertical avec les dispositions en gradins et les hauteurs variées des silhouettes. Les composants de la façade sont tous identifiés en éléments séparés, limitant les répétitions et permettant les variations multiples. Le modelé des façades profite de la présence obligatoire de balcons ou de terrasses pour chaque logement. Pour chaque immeuble, la disposition des balcons tracés selon des géométries libres basées sur des plans polygonaux s´effectue sans répétition. Réalisés selon des techniques et des matériaux multiples (bois, pierres, béton, métal, verre), ils contribuent à cultiver les variations du modelé des façades. Les menuiseries ouvrantes sont de formats multiples et de géométrie variées (carré, rectangle, cercle). Les parties pleines sont recouvertes de tuiles de bois au format limité qui garantissent les couvrements de dimensions, d´inclinaison et de formats les plus variés. La lumière et le soleil révèlent ces volumétries qui ne sont ni linéaires, ni plates, ni répétitives et dont les principes sont adoptés pour toutes les réalisations du quartier des Dromonts. Pour les grands programmes économiques, les variations s´estompent (le Snow) puis disparaissent (le Multivacances). Les panneaux de façades répétitifs apparaissent. Les tuiles de bois en red-cédar laissent la place aux longues planches d´épicéa recouvertes d´une peinture. Les compositions régulières, symétriques parfois, souvent droites et rectilignes, installent ces réalisations dans une rigidité banale (Fontaines Blanches, Club Méditerranée, Crozats, Portes du Soleil). Les dispositions nouvelles prises pour les immeubles du quartier de la Falaise permettent le redéploiement de modelés souples, malgré des dimensions et des hauteurs de façades jamais atteintes jusque-là (Saskia, Douchka, Falaise, Tillia, Malinka).

Les façades toitures

- Un des principes de composition des « immeubles linéaires » repose sur des espaces de logements aménagés en partie sous toiture, quelque soit le niveau. Dans cet esprit, les premiers projets sont dessinés en gradins, adossés à la pente. La toiture recouvre l´ensemble des constructions, ramenant les pieds des versants de toiture du sommet de l´immeuble jusqu´au niveau du sol, limitant ainsi les effets de hauteurs induits par les façades ouvertes et dressées. Les façades sont traitées en toitures et reçoivent les baies, traitées de manière variée (baies droites, lucarnes, châssis dans le plan du toit...). En période d´hiver, la neige recouvre la construction qui prend alors une autre apparence et se fond avec le sol. Ce principe est systématisé dans les programmes pionniers de l´hôtel des Dromonts et de la résidence des Mélèzes qui sont l´un un « immeuble tour », l´autre un « immeuble parallèle à la pente ». La toiture modèle la volumétrie de l´édifice. Pour la résidence des Mélèzes, les parties hautes sont réservées à des appartements en duplex ou en triplex distribués par des demi niveaux, aménagés à la manière des chalets individuels, bénéficiant d´un volume unique sous toiture, tandis que les parties inférieures sont des studios aménagés derrière une façade inclinée formant toit. Pour des raisons commerciales et techniques, cette approche, envisagée pour les réalisations suivantes, est abandonnée. On développe alors une disposition mixte prévoyant des parties centrales avec des logements de surfaces et de niveaux variés mais éclairés par des baies verticales ouvrantes souvent sur des balcons côté Sud et des parties latérales équipées de façades toitures. En 1968, le premier projet de la résidence Araucarya établi en 1965 de manière comparable à celui des Mélèzes, est abandonné au profit d´un projet comparable dans sa géométrie mais comportant en façade aval du coté Sud, des parois verticales vitrées. Sur les longues façades linéaires exposées au Sud, la toiture fait place à un modelé de parois, de terrasses et de balcons recouverts de tuiles de bois dont les dispositions et les géométries sont étudiées pour ne jamais répéter les mêmes éléments et réduire partout les effets de hauteur. Pour les pignons, les hauteurs sont limitées par des décrochements successifs réalisés par association des travées en éventail et des façades toitures. Ils abritent des logements généralement des duplex, dont au moins un niveau est aménagé sous toiture, proposant là des « appartements chalets » quelque soit le niveau de l´immeuble. Cette disposition contribue à la silhouette en pyramide de chacun de ces édifices, qu´ils soient « linéaires » ou « tours ».

Toiture et silhouette

- La forme pyramidale accompagne la coupe de chaque immeuble linéaire ou de chaque immeuble tour. Mais la silhouette diffère pour chaque réalisation, selon l´échelle des programmes, la déclivité du sol et la géométrie des travées. Le profil de l´immeuble linéaire s´approche généralement du sol à ses deux extrémités, après un parcours fragmenté composé d´une succession de portions élevées formant signal et de parties moins hautes et plus basses. Les toitures sont composées d´un porte neige en planches de mélèze recouvrant par facettes successives les terrasses étanchées. Ces plateaux de bois forment un modelé de la toiture. Leurs tracés géométriques renforcent les lignes brisées des acrotères, dont le rythme est lié aux multiples découpes et décrochements des parties inférieures. Ces dispositions installent un jeu de lumière et d´ombre permanent sans cesse changeant modifiant la perception de chaque résidence selon l´ensoleillement. Au quartier des Dromonts, un nouveau modelé de la butte et de son pourtour est ainsi créé grâce à une harmonie suggérée par la juxtaposition d´un jeu de toitures et de silhouettes semblables sur les principes et différentes dans leurs compositions. Ce travail révèle une maîtrise de la verticalité des immeubles qui ne cessent de s´élever et se rapprocher du sol. Cependant avec la mise en oeuvre des grands programmes économiques des années soixante-dix, le rythme se modifie. Les sommets des immeubles adoptent un profil plus régulier, conforme à des volumétries aux décrochements limités, révélant des dispositions plus standards (Fontaines Blanches, Intrêts, Crozats, Club Méditerranée, Portes du Soleil). Avec la mise en oeuvre du quartier de la Falaise, la fragmentation des toitures et des silhouettes prend une dimension spectaculaire en raison de l´échelle plus importante des programmes qui se dressent sur un quartier dont le sol a été nivelé (Saskia, Douchka, Falaise, Tillia, Malinka). Chaque immeuble est souligné par un profil singulier et associé ensemble, ils forment une « bande » qui installe le quartier et s´expose à la vue de tous.

Les immeubles tours pyramides en éventail (Le Sassanka, le Sassafras, les Hauts-Forts, les Dromonts, le Sirius, le Saskia)

- L´immeuble tour est imaginé dès les premières compositions du plan de masse du lotissement de la station d´Avoriaz par les architectes urbanistes qui souhaitent installer des « volumétrie signal » dans les lots placés aux ruptures topographiques, manière de révéler les lieux et le paysage de la station. En 1965, l´aménagement du quartier des Dromonts est lié à la mise en valeur de la bute des Dromonts sur le rebord de laquelle on prévoit plusieurs immeubles tours formant lisière entre le plateau d´Avoriaz et la falaise qui domine la vallée des Ardoisières et la grenouillère basse des Hauts-Forts (Résidence des Hauts-Forts, Le Sassafra, le Sassanka, l´hôtel des Dromonts). En 1969, pour le quartier des Crozats, on prévoit aussi plusieurs immeubles tours en limite Est du versant (le Sirius), sur le rebord plus abrupt formant lisière entre la station et le domaine skiable, survolé par une remontée mécanique qui relie la station de haut en bas. Et lorsqu´il faut composer le quartier de la Falaise en 1987, on prévoit d´élever ensemble trois immeubles tours (le Saskia) placés à l´extrémité de la composition en amphithéâtre, édifiés en bordure du plateau horizontal et à l´aplomb de la falaise haute de 700 mètres. En fonction de la topographie du terrain, il y a deux modèles d´immeubles tours pyramides en éventail. Lorsque l´immeuble est implanté en pied de versant, la tour réunit deux niveaux décalés de la station par l´aménagement d´une circulation publique verticale et horizontale comprise dans l´immeuble (le Sassanka et la résidence des Hauts-Forts) et la volumétrie signal est en partie adossée au versant. Par contre lorsque l´immeuble tour est placé en rupture de pente ou sur un replat, l´édifice s´élève comme un signal repère dans la station offrant des vues exceptionnelles et spectaculaires sur les panoramas lointains (Sassafra, Sirius, Saskia). C´est le fruit de recherches particulières conduites par le Collectif Architecture notamment à l´occasion d´un projet étudié précédemment pour Val d´Isère. L´immeuble tour est envisagé haut de plus de dix niveaux, avec des superficies plus grandes pour les niveaux supérieurs, et des niveaux inférieurs formant le socle de l´immeuble (publié dans Technique et Architecture, n°4 , 1969, p. 81). À la même époque, lorsque le Collectif Architecture imagine le plan de composition des Crozats, les architectes urbanistes prévoient de construire sur la lisière du versant abrupt, entre station et champs de neige, en esquissant tout le long des « immeubles tours champignons » qui domineront à la fois la station et le domaine skiable offrant des vues panoramiques à chaque appartement (publié dans Recherche et architecture, n°2, 1970, p. 37 et 38). Cependant, quelque soit le type d´ancrage dans le terrain, l´immeuble tour pyramide en éventail est composé de deux ailes accolées autour de la circulation verticale, qu´elle soit unique ou double lorsque l´immeuble est traversé par un passage public. Les travées de chaque partie sont disposées en éventail composant des volumétries distinctes dont les silhouettes rejoignent le sol aux extrémités et s´élèvent ensemble dans la partie centrale autour des circulations verticales et des ascenseurs traités comme un volume distinct. Le volume constitue alors une pyramide dissymétrique aux orientations et décrochements multiples. Les logements sont tous placés sur les façades aval, prolongés par des terrasses aux géométries polygonales et aux garde-corps variés, accompagnant ainsi le modelé des façades, dont le rythme est donné par les décrochés successifs dus aux tracés des travées en éventails. Les logements sont généralement distincts d´un niveau à l´autre, avec alternance de studios de plain-pied parfois décalés à l´intérieur de deux hauteurs de marche et de logements plus grands aménagés en duplex, distribués souvent en demi niveaux dont un se trouve sous toiture. Cette diversité des logements permet des variations dans la composition des façades, alternant « façades toitures », encorbellement, parois verticales recouvertes de tavaillons ou parois vitrées. Les toitures porte neige accompagnent la silhouette de la pyramide avec des versants dressés au-dessus des façades aval exposées au Sud et des versants inclinés vers le sol pour les façades amont exposées au Nord.

Les immeubles tours circulaires (les Ruches)

- Ces immeubles sont conçus pour des programmes d´hébergement économiques. Le principe est imaginé dès les premières esquisses du plan de masse du lotissement d´Avoriaz. Elles sont dessinées sur plans circulaires ou hexagonaux et surnommées les « toupies ». L´implantation prévue dans le quartier des Dromonts varie plusieurs fois et leur réalisation sans cesse repoussée, préférence étant donnée à des programmes moins économiques. Le projet se concrétise en 1972 lorsque les premiers complexes de « para hôtellerie » apparaissent à Avoriaz. Le village des Ruches, placé entre les Dromonts et les Essaveaux, est alors conçu sous la forme de quatre immeubles tours circulaires (11 000 m2 de plancher répartis de manière équivalente en quatre constructions, Collectif Architecture), quasiment identiques et abritant chacune de 75 à 110 appartements, selon des hauteurs variables de 7 à 11 niveaux en fonction de la déclivité du terrain. Le plan est tracé sur une base circulaire de 9,50 m de rayon. Chaque niveau est partagé en douze portions égales délimitées chacune par deux murs de refends dégageant une travée en éventail avec un angle de 30°. Chaque « portion » correspond à un studio d´une vingtaine de m2. Ils sont de plans équivalents, avec au centre, dans la partie étroite, l´entrée et les toilettes, puis la salle d´eau et le coin cuisine. Selon l´orientation, les studios comportent soit une terrasse polygonale côté Sud, soit un bow-window tracé en pointe vers l´extérieur, côté Nord. Les circulations communes sont réduites à minima avec un palier circulaire placé au centre géométrique de l´immeuble à chaque étage et un escalier tournant placé hors oeuvre associé à un ascenseur vertical. Les trois derniers niveaux sont plus profonds et bénéficient d´un encorbellement formant le couronnement de chaque immeuble tour circulaire traité en façade-toiture derrière lesquelles sont agencés des studios, traités en duplex du côté Sud, contribuant à modeler le profil l´immeuble tour. Le principe de l´immeuble tour circulaire est repris et développé par l´architecte Pierre Lombard (associé à l´Atelier d´Architecture d´Avoriaz depuis 1965, puis au Collectif architecture jusqu´en 1973) qui réalise seul en 1975 deux « immeubles ruches » à la station du Pas-de-la-Case en Andorre, après avoir étudié en 1967 pour son diplôme d´architecte, un complexe hôtelier basé sur un principe comparable aux Ruches.

Les immeubles perpendiculaires à la pente (Snow, Multivacances, Alpage I, Alpage II, Pointe de Vorlaz)

- L´immeuble implanté perpendiculairement aux courbes de niveaux du terrain est associé à des programmes résidentiels économiques réalisés au cours des années soixante-dix lorsque les programmes de « multipropriétés » puis de « résidences de tourisme » se développent à Avoriaz (le Snow en 1973 avec 12 000m2 de plancher sur 16 niveaux, le Multivacances en 1975 avec 8000 m2 de plancher sur 16 niveaux, l´Alpage I en 1979 avec 7000 m2 de plancher et 8 à 14 niveaux, l´Alpage 2 en 1980 et la Pointe de Vorlaz en 1984 avec 4000 m2 de plancher). Recherchant la meilleure rentabilité pour ces opérations, les maîtres d´ouvrage optent pour des immeubles plus dense que les opérations développées jusque-là avec les « immeubles parallèles aux courbes de niveaux en pyramide » ou les « immeubles tours en pyramide et en éventail ». Ce mode d´implantation perpendiculaire aux courbes de niveaux permet de doubler le nombre de logements par niveau en les desservant par une coursive centrale, disposant ainsi une moitié du programme sur la face Est, une autre moitié du programme sur la face ouest. Cette disposition est nouvelle à Avoriaz car les concepteurs avaient jusque-là privilégié l´orientation naturelle du versant, adossant les logements au nord et les ouvrant au sud. Les immeubles étant desservis par une coursive amont placée au nord lorsque l´immeuble est implanté parallèlement aux courbes de niveaux, ou par une coursive centrale en cas d´ « immeuble tour pyramide en éventail ». Pour simplifier la mise en oeuvre, les travées sont généralement parallèles avec pour conséquence de banaliser les logements devenus « standard » et de simplifier les modelés des façades. Cette disposition facilite cependant l´organisation des circulations publiques qui sont incorporées à la structure des immeubles, composées d´ascenseurs publics placés en partie aval, parfois panoramiques (le Snow, le Multivacances) et de galeries protégées installées en partie supérieure et éclairées naturellement lorsqu´elles sont placées en façade (le Snow, le Multivacances). Pour garantir la meilleure rentabilité des programmes, les immeubles présentent une forte densité qui se traduit par des hauteurs très élevées dans les parties aval (16 niveaux au Snow et au Multivacances, 8 à 14 à l´Alpage 1) que soulignent des silhouettes régulières et abruptes. Le modelé des façades se limite à des parois répétitives, animées par des balcons souvent identiques. Seules les parties aval sont traitées en aile indépendante dans laquelle les architectes tentent d´exprimer un lien avec les modénatures des opérations précédentes (le Snow, Alpage I, Pointe de Vorlaz).

J.-F. LYON-CAEN/C. SALOMON-PELEN

Aires d'étudesAvoriaz
Dénominationsimmeuble
AdresseCommune : Morzine

Le projet de la station d'Avoriaz repose sur la réalisation de lits touristiques dont l'importance est déterminée par la superficie du lotissement sur lequel est autorisée la construction de 209 000 m2 de plancher pour une superficie de 60 ha constructible. La configuration du plan de lotissement établi par l'Atelier d'Architecture d'Avoriaz cherche à concentrer les zones de résidences de manière à préserver à l'intérieur de la station les parcours skieurs et les espaces récréatifs et sportifs. Les programmes collectifs sont développés dès le démarrage de la station. Les premières réalisations débutent au quartier des Dromonts où sont expérimentés deux types d'immeubles. L'hôtel des Dromonts (1965, Jacques Labro architecte), conçu comme un "immeuble tour pyramide en éventail", est considéré comme un prototype permettant d'expérimenter les principes d'architecture et de construction qui deviendront fondateur des réalisations suivantes. L'aménagement se poursuit jusqu'en 1972 par la construction successive des résidences "pionnières" où alternent "immeubles parallèles à la pente en pyramide" (Séquoïa, Mélèzes, Araucarya, Hauts-Forts hôtel, Thuya, Sosna, Cédréla, Yucca, Pas du Lac) et "immeubles tours pyramide en éventail" (Hauts-Forts résidence, Sassanka, Sassafra). A compter du début des années soixante-dix, les programmes immobiliers s'amplifient, comprennent plusieurs centaines de logements et deviennent des "résidences de tourisme" aux contraintes plus économiques. A l'occasion de plusieurs programmes collectifs, les maîtres d'ouvrage et le Collectif Architecture font le choix de l'implantation perpendiculaire aux courbes de niveaux développant les "immeubles perpendiculaires à la pente" distribués par une coursive centrale (le Snow, le Multivacances, Alpage I, Alpage II, Pointe de Vorlaz), tandis que des immeubles tours sont simplifiés et deviennent des "immeubles tours circulaires" (les Ruches). Les "immeubles parallèles à la pente" sont réduits à des expressions plus banales (Fontaines Blanches, Club Méditerranée, Intrêts, Crozats, Portes du Soleil). La dernière phase d'aménagement de la station à partir de 1987 est marquée par le développement des deux premiers types d'immeubles. Les projets, dessinés par les architectes Jacques Labro et Jean-Jacques Orzoni, expriment un renouvellement et une amplification de l'architecture d'origine de la station, en raison de l'ampleur des programmes développés par le promoteur Pierre et Vacances (Sirius et Saskia pour les "immeubles tours", Douchka, Tilia, Kouria, Elinka, Malinka, Datcha, Epicéa, Falaise hôtel, Néva, Chapka, Sépia pour les "immeubles parallèles à la pente en pyramide").

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Atelier d'Architecture d'Avoriaz agence d'architecture
Auteur : Arodie-Damian agence d'architecture
Auteur : Collectif Architecture agence d'architecture
Auteur : Labro Jacques architecte
Auteur : Orzoni Jean-Jacques architecte

Les programmes collectifs sont développés sous la forme d'immeubles en copropriété et d'hôtels de dimensions moyennes comprenant plusieurs dizaines de logements, tous édifiés au quartier des Dromonts. Préoccupés par le lien entretenu entre l'architecture et le paysage, les concepteurs cherchent à développer une architecture expressive qui contribue à révéler le site de la station. Pour l'architecture, ils souhaitent que « tout se ressemble, mais que rien ne soit pareil », selon l'expression de Jacques Labro. Ils s'inspirent des tracés en éventail permettant d'offrir des vues sans cesse différentes et des volumétries variées avec des niveaux en gradins et des toitures enveloppantes aboutissant à des "façades toitures" et à des silhouettes fragmentées. La configuration du site orienté en versant sud impose aux concepteurs le principe des immeubles linéaires construits parallèlement aux courbes de niveaux qu'ils déclineront en deux types : les "immeubles parallèles à la pente en pyramide" et les "immeubles tours pyramide en éventail", ces derniers devant constituer des repères dans le paysage de la station.£Les Dromonts : 23 immeubles bâtis, 23 repérés, 21 étudiés (13 parallèles à la pente en pyramide, 4 tours pyramides en éventail, 4 tours circulaires) ; les Crozats : 18 immeubles bâtis, 18 repérés, 7 étudiés (3 parallèles à la pente en pyramide, 2 perpendiculaires à la pente, 2 tours pyramides en éventail) ; la Falaise : 12 immeubles bâtis, repérés, 6 étudiés (3 parallèles à la pente en pyramide, 3 tours pyramides en éventail).

Typologiesimmeuble parallèle à la pente en pyramide, circulation latérale, immeuble perpendiculaire à la pente, circulation centrale, immeuble tour circulaire, immeuble tour pyramide en éventail
Décompte des œuvres bâti INSEE 53
repérés 53
étudiés 34
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ecole d'architecture de Grenoble © Ecole d'architecture de Grenoble - Lyon-Caen Jean-François - Salomon-Pelen Catherine