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Hôtel-Dieu dit hôpital du Pont du Rhône puis hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône, Hôpital général, Grand Hôtel-Dieu

Dossier IA69004029 réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

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Historique

Les origines

La création d´un hôpital à Lyon remonte au milieu du VIe siècle, vers 542, et est attestée par deux textes :

- le 15e canon du concile d´Orléans de 549 rappelle la fondation d´un hôpital à Lyon par le roi Childebert et sa femme Ultrogothe et décrète que les dons faits à l´hôpital ne pourront être détournés par l´évêque de Lyon ;

- une charte transcrite dans la Gallia Christiana mentionne la construction de cet hôpital dédiée à la Vierge (CROZE, p. 4, 5).

Pour les historiens, cet hôpital serait en fait à l´origine de l´hôpital Saint-Eloi (anciennement appelé Notre-Dame de Lyon, ou Notre-Dame du Pont, ou Notre-Dame de la Graineterie, ou Notre-Dame de la Saunerie), construit plus au nord, dans le quartier Saint-Paul et vendu en 1499 (Ibid.).

La fondation de l´actuel Hôtel-Dieu est liée à la traversée du Rhône, l´hôpital remplissant son rôle premier au Moyen Age d´accueil des pèlerins, voyageurs et pauvres errants. Cette traversée se fait d´abord par un (ou plusieurs) bac accostant à la hauteur soit de l´actuelle rue Sainte-Hélène, soit de l´ancienne rue Serpillière (dans le prolongement de l´actuelle rue Paufique). La confrérie du Saint-Esprit, associant commerçants et bourgeois de la Ville, se charge de cet accueil, et possède une maison dite Aumônerie du Saint-Esprit, édifiée dans le tènement d´Ainay, sur les bords du Rhône (mentionnée vers 1129, selon VARILLE, COLLY, ROUSSET).

La confrérie du Saint-Esprit charge les Frères du Pont de la construction du pont du Rhône. Les textes originaux mentionnant la construction du pont et de l´hôpital ont disparu après 1833 et ne sont connus que par les inventaires d´archives.

L´acte le plus ancien est une lettre non datée, mais probablement de 1180-1182 de l´archevêque Jean de Bellesme (grand cartulaire d´Ainay, fol. 65 ; obituaire de l´église de Lyon, p. 179) : à la prière des habitants de Lyon qui avaient la garde de l´oeuvre du pont, les religieux d´Ainay leur concèdent deux emplacements sans construction, l´un dans la paroisse Saint-Michel et l´autre dans la paroisse Saint-Nizier.

Le 5 septembre 1183, une bulle du pape Lucius III conforte l´Oeuvre du Pont dans ses possessions dont une chapelle, un cimetière et une maison pour les pèlerins.

La reconstruction du pont, après son effondrement en 1190, va entraîner de nouvelles donations : entre 1193 et 1226, Renaud de Forez, archevêque de Lyon, donne un nouveau tènement à l´Oeuvre du Pont, autour d´un « hôpital autrefois appelé aumônerie » (cartulaire d´Ainay, charte 75 ; AD Rhône. 10G 815, 1335).

Une bulle d´Innocent IV, adressée en 1243 au doyen du chapitre de Lyon confirme un acte de l´archevêque Renaud par lequel il aurait donné aux Frères de l´Hôpital du Pont du Rhône certaines maisons de l´Aumonerie joignant ce pont nouvellement construit afin de pourvoir à l´entretien de ce pont en bois (DAGIER, p. 31).

Une bulle de Clément IV de 1268 confirme l´existence de l´hôpital (CROZE, p. 11-12)

« ...Clément, ... à nos biens aymés filz les frères establis sur le pont du Rosne de Lyon... Nous mettons sous la protection du bienheureux Pierre et sous la nostre, la maison hospitalière et la chapelle que l´on sait estre bastie à la teste du pont nouveau, pour la garde et la conservation dudit pont, avec toutes les choses que vous possédez... et spécialement la maison de Symon et de Beaunan, l´aumosne du Sire de Villars, la maison de Vienne, la maison d´Avignon, la maison du pont de Lyon..., la maison de Grenne et la terre que Simon de Luxi vous a données en aumosne, tout ce qu´Imbert de Veaux et le comte Ude de Mascon vous a donné,..., et du don du duc du Bourg la maison de Dieu de Marsy, la prébende de Saint Martin d´Anse et dans l´église de Belleville, une prébende dans le monastère de Clugny, et une dans celui de Versetay...»

Au XIIIe s., cette aumônerie serait située à l´emplacement de l´aile sud de l´hôpital actuel ; un petit cimetière lui serait accolé (à l´emplacement de la cour A. Bonnet, où des ossements ont été trouvés) (CROZE, p. 10).

Entre 1308 et 1310, l´archevêque Pierre de Savoie tente une prise en main du pont : il enlève l´Oeuvre du Pont à la confrérie des Frères et la remet à l´abbaye de Hautecombe (Savoie), avec toutes les obligations que cela implique : entretien du pont, maintenance de l´hôpital et de la chapelle à la tête du pont, sans doute pour des raisons financières (l´abbaye a plus de moyens), mais aussi religieuses (cf. texte de 1335 AD Rhône. 10G 815 ; GUIGUE, M.-C. Recherches sur Notre-Dame de Lyon, hôpital fondé au VIe siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe. Origine du grand pont de la Guillotière et du grand Hôtel-Dieu. Lyon : N. Schevring, 1876. 202 p.).

Mais les revenus de l´abbaye ne peuvent suffire à l´entretien, pas plus que ceux de l´Abbaye de Chassagne à qui l´entretien du pont a été remis en 1314 (AD Rhône. 10G 815 : « ... Frater Stephanus, olim pro dicto abbate rector dicti pontis et nunc abbas dicti monasterii Alte Combe coram nobis asseruit quod nos ipsos ab hujusmodi liberaremus... et quictaremus, et ipsum opus et locum alicui alii concederemus et traderemus... quia opus dicti pontis est onus incessabile... »(1314) ; « ... Dictus abbas et ejus abbatia (Alte Combe) nulla habent nemora congrua ponti predicto, quamvis infinita nemora de die in diem sunt necessaria in eodem... » (1314) ; « ...sunt adeo abbas et conventus Chassagne pergravati quod non possunt ullathenus nedum ad refectionem sed nec ad sustentationem dicti pontis operis ipsorum sufficere facultates... » (1335). (DARA, note 29, p. 186).

En 1335, l´archevêque de Lyon partage l´Oeuvre du Pont entre les consuls de la Ville et l´abbaye de Chassagne ; ce texte donne de nombreuses indications sur le patrimoine de l´Oeuvre (AD Rhône. 10G 518, 10G 815 ; GUIGUE, M.-C. Recherches sur Notre-Dame de Lyon, hôpital fondé au VIe siècle par le roi Childebert et la reine Ultrogothe. Origine du grand pont de la Guillotière et du grand Hôtel-Dieu. Lyon : N. Schevring, 1876. 202 p.) :

« Le pont du Rhône avec la chapelle posée dessus, la maison appelée aumônerie située à côté du pont, et leurs dépendances » sont remis à deux représentants des conseillers de la Ville, Barthélémy de Varey et Michel Cytharel, qui assumeront l´administration de l´ensemble et l´entretien du pont ».

« La maison du pont, avec l´hôpital qui lui est adjacent et sa chapelle » resteront à l´abbaye de Chassagne ». Cette deuxième partie se situe approximativement au coin des rues Serpillière et Confort (DARA)

Cette situation va perdurer pendant un siècle et demi, l´hôpital n´étant alors, et depuis son origine, qu´une maison d´accueil pour les voyageurs, en particulier pour les pèlerins et les pauvres, et n´assurant pratiquement aucun soin médical. En 1334, le personnel de l´hôpital ne compte que deux religieux et trois domestiques. Les premiers malades (des pestiférés) seraient accueillis au milieu du XVe siècle, la Ville payant le service de médecins avant même l´acquisition de l´hôpital (CROZE, p. 31).

Au XVe siècle, la ville se développe de façon considérable, après les épreuves (peste, guerres) du XIVe siècle. Lyon a obtenu sa première foire en 1420, puis trois en 1444 et une quatrième en 1464. Les échanges s´intensifient. La Ville ressent le besoin d´un véritable hôpital à son entrée, filtrant les malades et contrôlant les « pauvres errants ».

Les religieux de l´abbaye de Chassagne ne parviennent pas à entretenir l´hôpital qui comprend d´une part l´hôpital et sa chapelle à l´angle de la rue Serpillière, et de l´autre l´ancienne maison du pont entre l´hôpital et le Rhône. En 1478, les bâtiments de l´hôpital menacent ruine, alors que le nombre de malades ou de pauvres passants augmente. Les consuls réclament l´administration de l´hôpital. (DAGIER, p. 59). Le 21 juillet ils achètent l´hôpital à l´abbé de Chassagne (CROZE, p. 33), et le 24 mai 1480 une bulle du pape donne la gestion complète de l´hôpital aux consuls (ibid., p. 37).

Ceux-ci engagent les réparations nécessaires et décident de construire de nouveaux bâtiments (DAGIER, p. 63), avec une chapelle neuve (CROZE, p. 38). Le grand corps est achevé en 1493 (CROZE, p. 39). Les « filles repenties » hébergées à l´hôpital sont chargées du service et de l´entretien des malades ; elles sont à l´origine du corps des soeurs hospitalières (CROZE, p. 39).

L´hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône

A partir de 1507, l´hôpital prend le nom d´hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône (CROZE, p. 39).

En 1517, de nouvelles constructions seraient réalisées par le voyer de la ville Edouard Grand, assisté du maître d´oeuvre Jehan de Salles sur les dessins de Jean Perréal (CROZE, p. 39) ; le mur de clôture de l´hôpital est surélevé afin d´éviter les intrusions (AC Lyon. BB 39).

En 1520, on ouvre une prison pour les « filles repenties qui l´auront méritées » et en 1524-1525, un dortoir pour les filles employées à l´hôpital et des chambres pour les jeunes enfants et les nourrices (CROZE, p. 39).

En 1526, le cimetière de l´Hôtel-Dieu est établi près de l´actuelle rue Grolée (DAGIER, p. 77).

La première description connue de l´Hôtel-Dieu date de 1539 (La police de l´aulmosne de Lyon, p. 46-51 ; annexe 1) : l´édifice comprend alors une grande salle séparée par des piliers et un « treillis », avec hommes et femmes de chaque côté ; cette salle compte six rangées de lits, en noyer, avec des « dessus de tapisserie » blancs, avec en son milieu, une grande cheminée. A l´extrémité ouest de la salle se trouve la chapelle « que tous les malades peuvent veoir de leur couche ». Un second bâtiment, séparé du premier, à deux rangées de lits, accueille les femmes en couches, les enfants trouvés et leurs nourrices. On y trouve également « la bouticque d´appoticaire bien meublée et fornye de drogues et médecines », la boulangerie où l´on cuit le pain, et la salle du bureau « nouvellement édifiée » avec la chambre des archives où se trouve le caisse de l´hôpital « fermant à deux clefs ». Le cimetière se trouve au nord de l´hôpital qui est entouré de murs et un portier assure la garde de la porte.

L´hôpital accueillerait alors environ 80 malades et une dizaine d´enfants par an ; il y a une vingtaine de religieuses et une douzaine de serviteurs, qui tous demeurent à l´hôpital (CROZE, L´hôtel-Dieu de Lyon en 1523).

Le plan scénographique de Lyon daté de 1550 environ en donne une représentation que l´on peut considérer comme fidèle (fig. 1) : l´hôpital fait l´angle de la rue Serpillière au sud et de la rue Confort à l´ouest. Un grand bâtiment est-ouest, de deux étages, couvert d´un toit à deux versants, est le grand corps des malades, avec la chapelle incluse mais surmontée d´un clocher à six ( ?) côtés à l´ouest. Ce bâtiment est flanqué au nord du cimetière entouré d´une galerie couverte, les galeries ouest et est étant surmontées d´un étage, tout comme le corps de porche ouvrant à l´ouest, sur l´actuelle place de l´Hôpital. Des jardins complètent les bâtiments et descendent jusqu´à la clôture élevée directement en bordure du Rhône et percée de deux portes ouvrant sur des degrés descendant au fleuve. Les constructions et jardins à l´est du bâtiment principal correspondent peut-être aux possessions de la confrérie de la Sainte-Trinité que l´hôtel-Dieu annexera pour s´agrandir.

En 1542, on affecte une chambre au traitement des vénériens (CROZE, p.43).

Certains auteurs avancent que les galeries de la cour (ou cimetière) auraient été édifiées vers 1550 aux frais de la confrérie de la Croix ; dans un acte de 1625, les confrères mentionnent simplement qu´ils entretiennent ces galeries.

A partir du milieu du XVIe siècle, les consuls achètent des terrains pour agrandir l´hôpital, en particulier au nord, en 1555-1556, des maisons et tènements nécessaires à la construction de la boucherie (DAGIER, p. 105), achevée en 1579 (AC Lyon. E HD 4, délibérations des 26 octobre 1578, 24 mai et 3 décembre 1579 ; DAGIER, p. 117 ; cf sous-dossier).

Guillaume Roville, imprimeur à Lyon, consul-échevin en 1568, 1573 et 1578, et recteur de l´hôtel-Dieu, a largement participé à la construction de la boucherie et à celle d´un puits qui en est une dépendance. On a fait graver sur une pierre scellée sur la façade d´une maison en face de la fontaine de la place de l´Hôpital l´inscription suivante : 1579 / GUILLELMUS ROVILLIUS/ HUNC PUTEUM IMPENSIS/ SUIS AEDIFICAVIT, MACELLUM/ ETIAM QUOD A TEGO EST, / PUBLICA CIVIUM LUGDUN./ LIBERALITATO COLLECTA,/ FACIENDUM CURAVIT, /DUM ESSET CON. III./ ANNO MDCLXXIX

(« Guillaume Roville a fait creuser ce puits à ses frais, et a donné ses soins à la construction de la boucherie qui est sur le derrière, ayant obtenu, pendant son troisième consulat, de la libéralité lyonnaise, les fonds qu´exigeait cette construction en l´an 1579 »).

Suite à l´inscription est gravée un verset du psaume 112 : NON NOBIS DOMINE, NON NOBIS, SED NOMINI TUO DA GLORIAM. Sur la pierre sont sculptées en relief les armes de Roville : d´azur au chevron d´or, chargé d´une petite coquille de gueules, le tout accompagné en chef de deux croix d´or, et en pointe d´une gerbe d´or ; autour de l´écu, la devise « In virtute et fortuna » (DAGIER, p. 119-120). On ne connaît pas la date de la suppression de cette fontaine et de son inscription.

La boucherie comprend 20 boutiques au nord et 21 au sud qui sont louées le 3 décembre 1579 (AC Lyon. E HD 4), puis 30 de chaque côté à partir de 1581. Les marchands de Saint-Gall, en Suisse, et les marchands allemands donnent les uns 350 livres et les autres 116 écus d´or, pour construire deux boutiques qui porteront respectivement les armes de la ville de Saint-Gall et celles de l´Empire (CROZE, p. 44 ; AC Lyon. BB 107).

Le 1er janvier 1583, le consulat confie l´administration de l´hôtel-Dieu à une assemblée de six notables, le rectorat, nommés par le consulat et renouvelés par moitié, chaque année. A leur nomination, les recteurs doivent avancer l´argent nécessaire au fonctionnement de l´hôpital (CROZE, p. 53).

A partir de 1583, les recteurs font construire de nouveaux bâtiments pour augmenter les capacités d´accueil de l´hôpital, sans que l´on puisse localiser avec précision ces bâtiments : un bâtiment neuf en 1583-1585 (AC Lyon. E HD 5, fol. 63, 79, 157, 181, 228, 291), réalisé par le maçon Etienne Faure et le charpentier Guigo de la Rochette, avec un canal reliant la cuisine au Rhône (AC Lyon. E HD 613) ; une prison avec une porte en pierre de taille, près de la cuisine en 1592-1593 (AC Lyon. E HD 7, fol. 159 ; DAGIER, p.158).

Les prix-faits mentionnent divers bâtiments ou pièces : dans l´un le grand corps des pauvres, le grand corps qui regarde sur la cour de la cuisine, la chambre des passants, la chambre des nourrices, la chambre de la mère, la chambre du bureau, la boutique du barbier, la boutique de l´apothicaire ; dans un autre le grand corps d´hôtel de l´hôpital et la chambre neuve près du four (AC Lyon. E HD 1926).

La grosse cloche est cassée : une convention est passée en 1592 avec François (ou Jean) Deneyron, fondeur à Lyon, pour qu´il la descende et la refonde ; la nouvelle cloche, qu´il replacera dans le clocher, doit avoir le même poids que l´ancienne, et ce pour la somme de 24 écus soleil (AC Lyon. E HD 7, fol. 104 ; DAGIER, p. 158-159).

En 1602, les recteurs font construire sur un terrain joignant l´hôpital Sainte-Catherine (réservé aux filles enceintes) des bâtiments assez vastes pour qu´ils y tiennent plus commodément leur bureau, et qu´ils y placent leurs archives, travaux réalisés par le maçon Abraham Bernard et le couvreur Jean Clerc. Ils font également construire au même lieu deux prisons, l´une pour les hommes, l´autre pour les femmes (DAGIER, p. 192 ; AC Lyon. E HD 630, 631).

L´inventaire des meubles réalisé le 5 mai 1606 donne le dénombrement des pièces de l´hôpital : la grande salle des malades, 12 chambres dont celle des nourrices, celle du chirurgien, celle de l´apothicaire et la chambre chaude des passants, le dortoir des soeurs, le bureau, le réfectoire, les greniers (AC Lyon. E HD 21, fol. 49 ss ; annexe 2).

Les constructions du XVIIe siècle

Mais en dépit de ces agrandissements, les bâtiments restent trop petits face à l´augmentation du nombre des malades qui passent de 80 en 1523 à 258 en 1580 (CROZE, p. 63), en particulier lors des épidémies de peste. Les malades sont souvent trois par lits, et les recteurs sont conscients des inconvénients de cette situation : « bien souvent dans ung mesme lict se trouvent ung mort, l´autre se mourant et l´autre malade, et qu´on est contrainct de les mettre tous peslé et meslé, jaçoit qu´aucungs soient affligez de maladies infectes et si facheuses que pour le bien des ungs et des autres seroit grandement à désirer qu´ilz fussent séparez » (AC Lyon. BB 158. 1621).

En 1608, les recteurs achètent des maisons sur les courtines du Rhône pour agrandir le claustral (DAGIER, p. 203)

En 1609, ils font construire un nouveau bâtiment « pour donner air au grand corps de l´hôtel-Dieu sur la rue du costé du vent » ; ce bâtiment est édifié le long de la cour, « proche la pille », et précédé d´une galerie soutenue par des piliers de pierre de taille. En 1610, le peintre Jehan Pebressin réalise pour ce bâtiment cinq armoiries, et sur la porte du grand corps du côté de la cour une peinture dite Noli me tangere. Les recteurs font également construire des cheminées à la chambre du bureau et à celle des passants (AC Lyon. E HD 22, fol. 44, 46 v°, 50, 59 v°, 64, 70, 91, 97, 100 v°, 102 v°). Ils font ouvrir une porte entre le cloître et le cimetière des protestants au sud, et édifier une galerie pour joindre la chambre des nourrices, construite à l´est vers le Rhône (AC Lyon. E HD 23, fol. 1 v°, 54).

La pharmacie est alors établie dans une maison proche de l´Hôtel-Dieu, la Madeleine (DAGIER, p. 252).

En 1612, on continue d´enterrer les protestants au cimetière qui leur est réservé dans un des jardins de l´hôpital (DAGIER, p. 217). Un autre jardin, près du Rhône, est planté de simples. mais sa surveillance est malaisé, aussi les recteurs l´afferment-ils. Devant les protestations des apothicaires, les recteurs leur cèdent, dans l´enceinte de l´Hôtel-Dieu, un jardin plus vaste et plus sûr (DAGIER, p. 217-218).

En 1614, deux maisons mitoyennes, rue de la Blancherie, sont acquises pour l´agrandissement du claustral, puis de 1616 à 1619, deux jardins rue de l´Hôpital et deux autres maisons rue de la Blancherie (AC Lyon. B HD 1, fol. 255, 353 v° ; DAGIER, p. 223, 240, 243).

En 1621, les recteurs proposent d´aliéner la boucherie de Bourgneuf qui « est inutile comme chascung sçait » pour alimenter les fonds nécessaires à l´agrandissement (AC Lyon. BB 159)

Les Quatre Rangs

Deux recteurs, César Laure, originaire d´Italie, et Antoine Picquet, établissent plusieurs plans et projets pour construire un nouvel hôpital. En 1621, le rectorat sollicite à plusieurs reprises le consulat et le gouverneur de Lyon, pour approbation (AC Lyon. E HD 28, fol. 53, 55 v°, 72 v°, 86, 94 v°, 223). Le 25 janvier 1622, c´est le plan en croix qui est choisi (ibid. fol. 225-227, 229 v°, 232-233 ; annexe 3). Le 20 mars 1622, le prix-fait de cette construction est donné au maçon Jacques Blanc (AC Lyon. E HD 28, fol. 244-249 ; annexe 5).

Ni les délibérations, ni le prix-fait de 1622 ne mentionne le dôme. Le prix fait décrit la construction de deux bâtiments en croix dont les dimensions correspondent aux bâtiments existants : 95 m environ au total du nord au sud et d´est en ouest (si l´on rajoute les 10 m de l´extrémité est détruite lors de la construction du bâtiment Soufflot), 10 m 90 dans oeuvre en largeur et 3m 08 de large pour les galeries. Le bâtiment nord-sud part au sud de la « muraille du grand corps soubz les cloistres de présent en nature joignant la porte de la chapelle du sieur de Vauzelles jusques ... [au] coing d´une petite ruette qui regarde le Rosne », celui est-ouest part du Rhône. Les prix-faits ultérieurs indiquent que les galeries de la cour d´honneur actuelles ont été bâties à l´emplacement des galeries du XVIe siècle. On peut donc avancer l´hypothèse que le dôme a été construit à l´angle nord-est du cloître du XVIe siècle et que le corps de bâtiment nord (bâtiment O) a été édifié à la place de la rangée de maisons qui sur le plan scénographique s´étirent des murs du cloître à la petite rue qui descend au Rhône (fig. 1). Une partie des bâtiments est construite sur l´ancien cimetière ; les recteurs ont donc pris le jardin de la maison loué au boucher Anthoine Chady, pour y transférer le cimetière ; celui ci se plaint de la gêne occasionnée car des tombes ont été creusées « mesmes jusques au dessous des fenestres et estiers de la maison » ; il obtient un rabais de sa location (AC Lyon. E HD 28, fol. 37).

Le prix-fait mentionne qu´il y aura des bâtiments à démolir et des caves à « descombrer » tout en gardant les voûtes, mais reste interrogatif sur l´établissement de caves sous les nouveaux bâtiments, « si tant est qu´il s´en faict ». Le prix-fait mentionne la construction d´escaliers, mais sans plus de détail, et indique que l´ensemble des bâtiment sera carrelé en « carreaux de Verdun » (carreaux de terre cuite). Les pierres, tant pour les corps de bâtiment que pour les piliers et arcades des galeries, viennent des carrières de Saint-Cyr-au-Mont-d´Or (AC Lyon. E HD 28, fol. 1 v°, 41 v°, 124 v ). Quant aux cheminées, elles sont faites dans des pierres provenant de Saint-Germain en Bresse (AC Lyon. E HD 28, fol. 41 v°).

Le dôme est mentionné pour la première fois dans le prix-fait de la charpente passé à Jean Piroud, le 24 juillet 1622 (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 7). Ce prix-fait indique que les charpentes seront en sapin, à l´exception du dôme qui sera en chêne, que les galeries seront voûtées d´arêtes et que l´un des corps de logis seulement sera voûté (aujourd´hui seule la partie nord du bâtiment M (salle des Vieux Livres) et le bâtiment O (pharmacie) sont voûtés d´arêtes). Le dôme doit s´élever de 2 m (6 pieds) au-dessus des toitures des bâtiments et être surmonté d´un lanterneau octogonal.

Le 23 octobre 1623, un nouveau prix-fait est passé aux tailleurs de pierre de Saint-Cyr au Mont d´Or pour les « grandes arcades du dosme », l´arcade « qui doibt se faire proche la chapelle du sieur de Vauzelle », ainsi que la porte du bureau « à pillastres aussi accompaignée de son cordon et d´un larmier au dessus » (AC Lyon. B HD 84).

En 1624, les vitres des deux premiers corps de bâtiment sont posées (AC Lyon. B HD 84 ; annexes 9, 10).

Dès le début des travaux, les fonds commencent à manquer. Le 3 avril, les recteurs font une avance de 300 livres chacun, Mathieu Gaillat faisant don de sa participation, suivi bientôt par ses collègues (AC Lyon. E HD 28, fol. 252 ; DAGIER, p. 275, 286).

Le 12 janvier 1625, Jean (ou Pierre ?) Charrier, trésorier général de France, et M. Lentillon offrent de faire construire à leurs frais les deux grandes galeries sud (« le long du vieux corps de logis où sont à présent les pauvres ») et ouest, sous réserve de pouvoir y apposer leurs armoiries, à l´emplacement des anciennes galeries qui doivent être démolies (ACL. E HD 29, fol. 11-12 ; B HD 84 ; DAGIER, p. 287-288). Le prix-fait est passé au maçon Jacques Blanc (annexe 11).

Le 19 mai, les recteurs assemblés évoquent la nécessité de faire couvrir le dôme dont la charpente est achevée depuis deux mois. Ils ont choisi de faire faire la couverture en plomb, plutôt qu´en ardoise ou en fer blanc (AC Lyon. E HD 29, fol. 59-60 ; annexe 13). Le 8 juin, le recteur Louis Bouiller offre 7500 livres pour achever le dôme : la chapelle basse qui doit être consacrée à Notre Dame de Grâce (actuels bureau du vaguemestre et vestiaire du personnel, voûtés en berceau à pénétrations ?) est déjà voûtée, il faut la décorer, faire l´autel qui doit être sous le dôme, et couvrir ce dernier (AC Lyon. E HD 29, fol.66 v°-68). Le 9 juin, les recteurs passent prix-fait à François Benoît, maître lanternier, et à Anthoine Pillot, fontainier, pour la couverture du dôme (AC Lyon. B HD 84 ; DAGIER, p. 289 ; annexe 7). Ces deux artisans étant reconnus « incapables de faire la couverture », les recteurs chargent leur confrère Pellot de trouver un artisan parisien et passent prix-fait à Claude Le Mière, maître plombier, de Paris (AC Lyon. E HD 29, fol. 100, 103, 123-125). Mais ce dernier tombe malade et subroge son prix-fait à son compagnon plombier Guillaume Houchard. Après sa mort survenue fin octobre-début novembre, les recteurs engagent le maître plombier Louis Louchière (AC Lyon. E HD 29, fol. 104 v°, 112).

Le 28 janvier 1626, les recteurs font dresser le toisage des bâtiments construits par le maître maçon Jacques Blanc (AC Lyon. B H 84 ; annexe 16) :

- la galerie contre le vieux corps de logis joignant l´église (bâtiment R), avec la fondation des murs de ce vieux corps, du côté de l´est, joignant le « vieux bureau » (la porte à l´extrémité est du bâtiment R serait-elle celle de ce « vieux bureau » ?) ;

- la surélévation de 3m 80 (11 pieds de Lyon) du mur de ce vieux corps de logis ;

- la « muraille traversière portant la voûte cave joignant la petite porte qui entre à la cour dudict Hostel Dieu » (il s´agit sans doute du mur pignon sud du bâtiment M, avec le passage voûtée en berceau vers la cour de l´Arbre) ;

- quatre « murailles traversières » dans ce bâtiment, donc 4 salles basses (actuellement il ne reste que deux grandes pièces, la salle du Conseil et la salle des vieux livres séparées par un vestibule) ;

- à l´étage jusqu´au dôme, une grande salle de 40 m de long (118 pieds 6 pouces) ;

- le bâtiment qui aboutit à la rue (bâtiment Q) : ce bâtiment compte six chambres en rez-de-chaussée.

En janvier 1626, les nouvelles constructions comprennent donc les quatre galeries de la cour d´honneur, les corps de bâtiment M et Q, le dôme, et la surélévation du bâtiment R ; mais il faut encore y faire les escaliers et poser les vitres. Le bâtiment M est complètement achevé en janvier 1627 (AC Lyon. E HD 29, fol. 264 v°).

De nouvelles donations vont permettre de poursuivre l´édification de l´hôpital : le 4 janvier 1626, le recteur Guesdon et son frère Philippe, André Ollier, Jean-Baptiste de Murard et Constance de Murard veuve d´Anthoine Parye offrent 12 000 livres pour construire l´un des deux corps de bâtiment restant à construire, sous réserve d´y apposer leur armes sculptées (bâtiment Q) (AC Lyon. B HD 84 ; E HD 29, fol. 133 v°-134 ; DAGIER, p. 290). Quant au sieur Erard, il offre 9 000 livres pour le corps de bâtiment vers le Rhône (bâtiment L). Le prix-fait de ce bâtiment est donné le 7 juin 1626 à Etienne Michaille, maître maçon choisi par Erard (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 17). Mais ce dernier bâtiment doit s´appuyer sur les murs de la ville qui sont en très mauvais état et dont la restauration est à la charge du royaume et du consulat (AC Lyon. E HD 29, fol. 175 v°). Le consulat autorise les recteurs à s´appuyer sur ce mur, en faisant un passage voûté au-dessus du chemin longeant les courtines, et en ouvrant des jours dans ces dernières pour éclairer le passage (AC Lyon. E HD 29, fol. 178 v°). Les recteurs se tournent vers le gouverneur de Lyon, puis vers le conseiller du roi Troussou, intendant des finances, pour obtenir 4000 livres pour les réparations de la courtine sur le Rhône attendu que l´hôtel-Dieu est bien « l´hospital de l´armée du Roy, vu qu´il y a d´ordinaire grand nombre de soldatz venant de l´armée d´Italie » (AC Lyon. E HD 29, fol. 203 v°). Le consulat autorise cette restauration, tout comme le Roi qui promet 1200 livres (AC Lyon. E HD 29, fol. 238 v° ; E HD 30, fol. 1-3 ; B HD 84 ; DAGIER, p. 292).

La même année le prix-fait du dernier corps de bâtiment (bâtiment O) est passé à Jacques Blanc (AC Lyon. E HD 29, fol. 230).

Des bains et des étuves sont établis pour le traitement des maladies vénériennes (DAGIER, p. 291).

Le 10 janvier 1627, Pellot fait l´avance de 1200 livres et donne 900 livres pour faire les réparations des fortifications et construire la voûte du corps de passage (AC Lyon. E HD 30, fol. 1-3).

M. de Saint-André, trésorier, prend entièrement à sa charge le financement (13 720 livres) du corps de bâtiment ouest (bâtiment Q) (AC Lyon. E HD 29, fol. 264 v°).

Le 30 mai 1627, les recteurs décident de faire reconstruire le portail d´entrée de l´hôpital joignant l´église, et d´y aménager une chambre pour le portier (AC Lyon. E HD 30, fol. 47).

La poursuite des travaux des bâtiments est arrêtée du fait des réparations à faire à la muraille de la ville, et des maisons à acheter pour pouvoir continuer la construction (AC Lyon. E HD 30, fol. 49 v°).

De même la couverture du dôme a été arrêtée du fait de l´abandon du chantier par le maître plombier Louis Le Houcher (ou Huchier) (AC Lyon. E HD 30, fol. 53 v°-55).

En 1627, les recteurs décident de poursuivre Jacques Blanc, maître maçon, en justice pour non respect du prix-fait qui lui avait été passé (AC Lyon. E HD 30, fol. 67 v°, 70). Un accord est trouvé le 26 décembre : J. Blanc doit finir le pavement des bâtiments, nettoyer la chapelle en dessous du dôme, et blanchir les bâtiments (AC Lyon. E HD 30, fol. 126 v°).

Le 2 janvier 1628, il est décidé que le pavement des galeries sera fait en pierre grise de Saint-Cyr-au-Mont-d´Or (AC Lyon. E HD 30, fol. 129).

Des bâtiments ont été construits, du côté de l´est, entre le bâtiment L et le réfectoire non localisé (AC Lyon. E HD 30, fol. 136).

Le 5 mars 1628, la somme de 220 livres est payé à Louis Bourdel, dit Pellègre, pour avoir planter 99 pilotis le long du Rhône pour fonder la muraille qui doit soutenir la façade du corps de bâtiment L (AC Lyon. E HD 30, fol. 155).

Le 23 juillet 1628, les recteurs décident de louer au chirurgien La Coste une partie de l´étage d´un bâtiment donnant sur la rue de la Triperie (AC Lyon. E HD 30, fol. 195 ; annexe 19)

Le 6 janvier 1630, quatre des maisons construites sur l´emplacement des nouveaux bâtiments, sont acquises (AC Lyon. E HD 96 v°-97).

Le 17 février 1630, les recteurs, constatant que le prix-fait des bâtiments n´a pas été respecté, décident de faire construire des caves voûtées sous le bâtiment O, car le rez-de-chaussée du bâtiment est trop malsain (AC Lyon. E HD 31, fol. 128-129 ; annexe 20).

Dans le même temps, les recteurs décident de faire des lits à une place pour l´ameublement du bâtiment L (AC Lyon. E HD 30, fol. 129).

A partir de 1630, les recteurs procèdent à l´aménagement des nouveaux bâtiments de l´hôtel-Dieu : mise en place de l´autel sous le dôme (AC Lyon. E HD 31, fol. 174 ; annexe 21), achat de 30 lits en noyer (AC Lyon. E HD 31, fol. 184, 194, 196 v°), achèvement du réfectoire neuf construit le long du chemin longeant le Rhône (AC Lyon. E HD 31, fol. 202).

En dépit des nouvelles constructions, la place manque toujours : les recteurs décident de rabaisser le plancher de l´ancien corps de logis pour faire une salle pour les malades à l´étage, et au dessous un bûcher (AC Lyon. E HD 31, fol. 28v°-29).

Au cours de l´année 1631, les anciens bâtiments sont peu à peu désaffectés : la cuisine ayant été transférée dans un des bâtiments neufs, l´ancienne servira de buanderie (AC Lyon. E HD 32, fol. 42) ; l´ancien bureau, ainsi que la chambre y attenant et la salle des pas perdus, tout comme la cave située au dessous sont démolis pour donner du jour au nouveau bureau qui sera meublé, « attendu qu´il y a maintenant d´autres caves à suffisance » (AC Lyon. E HD 32, fol. 52, 78 v°).

En 1632, tous les malades sont désormais logés dans les nouveaux bâtiments. Les recteurs décident d´aménager des chambres et salles dans l´ancien bâtiment, derrière l´église, pour servir entre autres, aux convalescents (bâtiment détruit ultérieurement à l´emplacement du choeur de la chapelle ?). Et pour se faire, ils font construire un mur nord-sud, de l´entrée du cloître à la rue de la Tripperie (ou rue Serpillère) (mur formant le chevet actuel de l´église ?), puis décident de ne pas toucher au bâtiment vieux, car des travaux sur les planchers risqueraient de le faire s´ébouler ; par ailleurs un plafond trop bas engendrerait de l´infection. Les anciennes salles seront seulement pavées de carreaux et les murs lambrissés, et l´on construira un escalier en vis pour passer des nouveaux bâtiments aux anciens, dès que les fonds le permettront (AC Lyon. E HD 32, fol. 106v°, 111, 119 ; annexe 24) ; cet aménagement est de nouveau mentionné en 1636 (AC Lyon. E HD 34, fol. 114).

Le 6 juin 1632, les recteurs font fermer la ruelle, à l´extrémité nord du bâtiment O, allant de la rue Grolée au Rhône, le long du cimetière où l´on enterre les protestants, car les bouchers y jettent des immondices (AC Lyon. E HD 32, fol. 137). Cette mention tendrait à situer le cimetière dans l´actuelle cour de la Pharmacie, plutôt que dans la cour du Magasin où on le situe traditionnellement. Le mois suivant, les recteurs font fermer de barreaux de fer, la galerie du bâtiment O, aboutissant à la boucherie (ACL. E HD 32, fol. 145 v°).

En 1632, Jean Pierrot, maître couvreur plombier, de Dijon, répare le couvert du dôme (AC Lyon. E HD 34, fol. 76)

En 1633, Boniel termine son rectorat et fait faire à ses frais une balustrade en fer ouvragé autour du grand autel, sous le dôme (DAGIER, p. 321)

Le plan scénographique de Simon Maupin (1635) donne la représentation du bâtiment nouvellement achevé (fig. 2).

En 1636, les recteurs font des travaux à l´église : ils font abattre la tribune qui était au sud, et le remplace par une nouvelle tribune construite dans l´angle nord-ouest de la chapelle, et de plain pied avec la galerie située « au dessus du cloistre pour aller au corps d´hostel neuf des malades », soit vraisemblablement la construction antérieure à la galerie du bâtiment R. Ils décident également de fournir une pièce pour les consultations de chirurgie, et une pour le rangement du matériel (AC Lyon. E HD 34, fol. 155 ; annexe 25).

De nouveaux aménagements sont réalisés : une chambre chaude pour sécher le linge « en la vieille salle basse au dessoubz le logement des petitz enfans, et aboutissant du costé de bize à la buanderie, en laquelle salle sera construict un mur de clôture du soir au matin », et un logement pour les enfants « au vieux corps d´hôtel d´en bas servant autrefois à loger les malades et à présent de bûcher, ayant vue du costé d´orient sur la cour de la vieille cuisine » (AC Lyon. E HD 34, fol. 157-158, 164). Ces travaux (la boutique de chirurgie, la chambre des chirurgiens et apothicaires, la chambre chaude, la chambre des nourrices et la tribune de l´église) sont payés le 14 décembre aux maîtres maçons François Regnaud et Pierre Burnand (AC Lyon. E HD 34, fol. 165).

Les travaux aux nouveaux bâtiments, tout comme leur ameublement doivent beaucoup à la générosité des recteurs et des bourgeois lyonnais. Les mentions de ces dons sont consignés dans les archives de l´hôpital :

Puget, maître des comptes à Paris, donne 1000 livres pour acheter des meubles ;

le recteur Rovière donne également 1000 livres pour l´achat de six lits complets ;

Claude Pellot père, recteur en 1608, et son fils, conseiller du roi, trésorier général de France en la généralité de Lyon, recteur en 1625, donnent 12 000 livres pour contribuer aux nouvelles constructions, sous réserve que leurs armoiries soient placés au premier corps de bâtiment ;

Jean Rosne, marchand cartier, donne un lit complet à ses armoiries, et une rente annuelle de quatre livres pour son entretien ;

Plusieurs recteurs en fin d´exercice font également des dons : l´ancien consul Navernon donne 600 livres pour quatre lits garnis, Hérard donne 6 000 livres, Chapuis 500 livres et abandonne les fournitures qu´il a faites pour la pharmacie et les 700 livres avancées pour les travaux ;

En 1630 enfin, les recteurs décident que les nouveaux bâtiments ne seront meublés que par des lits à une place (DAGIER, p. 293, 296, 298, 299, 300, 309).

La construction des Quatre Rangs achevée en 1632 a coûté la somme totale de 143 313 livres 19 sols et 9 deniers, se répartissant en 23 961 livres pour l´acquisition et la démolition des maisons, 113 745 livres 12 sols pour les matériaux et la main d´oeuvre, et enfin 8 607 livres 7 sols et 9 deniers pour l´ameublement (DAGIER, p. 319).

Description de l´hôtel-Dieu en 1646

Le règlement de l´hôtel-Dieu établi en 1646 donne une description des bâtiments (transcription dans CROZE, p. 86-90).

Les corps de bâtiment des Quatre Rangs (infirmeries) avaient chacun une grande cheminée « au milieu contre une des murailles... A l´extrémité et aux costez, il y a de belles fenestres à vitres avec les armes de ceux qui les ont fait faire... » Dans chaque corps de bâtiment, il y a deux rangées de lits, distants d´environ 1m 35. Si le nombre des malades augmente, on ajoute une rangée de lits au milieu. Il y a quatre servantes pour chaque infirmerie.

Le dôme est couvert de plomb, et sous le dôme se trouve l´autel, entouré d´une grille, visible par tous les malades. La messe y est célébrée tous les jours à 5 heures. Au rez-de-chaussée du dôme se trouve une autre chapelle voûtée.

Dans l´un des corps de bâtiment se trouve l´escalier desservant les infirmeries et les greniers [escalier du bâtiment O]. Il y a également dans ce bâtiment la cuisine, le garde-manger et le réfectoire « avec une pompe ».

Dans un autre corps (bâtiment M) se trouve la salle des archives voûtée, à côté la « chambre où l´on reçoit et compte les deniers », puis le bureau où s´assemblent les recteurs chaque dimanche et mercredi, puis la « chambre appelée des pas perdus où le chirurgien et la sage-femme visitent les malades et femmes grosses pour les présenter au bureau ; de plus il y a une chapelle où pour l´ordinaire on baptise les enfants ».

Au rez-de-chaussée d´un autre corps de bâtiment (bâtiment L ?) se trouvent les chambres de l´économe, des prêtres, des pharmaciens et des chirurgiens, une « chambre pour panser et saigner les malades venant du dehors et qui ne sont pas receus, et pour visiter ceux qui se présentent tous les jours », une autre chambre « où sont enfermés les drogues et médicaments plus précieux », puis la boutique du pharmacien et deux petites chambres pour préparer les potions et conserver les huiles et onguents, et enfin un « lieu aéré où se font les médecines... dans de grands vases d´étain bien travaillez et garnis de cuivre... »

Au rez-de-chaussée d´une autre infirmerie (bâtiment Q), il y a deux chambres pour les diettes, et le grenier à blé. Au dessous de ce bâtiment il y a une cave voûtée.

L´actuelle cour d´honneur était un jardin de plantes médicinales, avec au milieu une croix sur un autel construit par la confrérie de la Sainte-Croix. Une autre cour (actuelle cour de la Pharmacie ?) servait de jardin potager, la 3e de cimetière (cour du magasin ?) et dans la dernière se trouvait le bûcher, un hangar pour les tonneaux, et à côté le cimetière des protestants.

Il y avait également à côté de la grande entrée la loge du portier.

Un autre corps de bâtiment servait d´accueil pour les « passants » (vagabonds), avec une chambre pour les hommes et une pour les femmes ; ils pouvaient y dormir une nuit avant d´être conduits hors de la ville. Il y avait également au rez-de-chaussée de ce bâtiment une pièce pour les malades soupçonnés d´être contagieux. Au-dessus se trouvait le logement des enfants, avec deux grandes chambres et une cheminée au milieu, « entourée de barreaux de fer pour empescher que les enfans se chauffant ne tombent dans le feu... », ainsi qu´une pièce aérée pour les enfants malades. Au 2e étage, se trouvait la chambre des femmes enceintes et des nourrices.

Un grand corps de logis le long du Rhône abritait l´atelier du charpentier, la boulangerie avec son four, et quatre chambres basses pour les « incensez furieux ». C´est dans ce bâtiment que se faisaient les lessives deux fois par mois dans des pièces avec des cuves, des cheminées et des fours qui servaient auparavant de cuisines.

A l´étage se trouvaient des chambres pour les militaires.

L´hôtel-Dieu ouvrait sur le Rhône par des portes permettant d´y aller faire la lessive, ou d´y faire entrer les denrées (blés, bois, farines). Ces portes ordinairement fermées n´étaient ouvertes qu´en présence de l´économe ou d´un responsable afin d´éviter toute « évasion de ceux qui sont dans le dit Hostel Dieu ».

La reconstruction de la chapelle

Une fois les bâtiments des malades achevés, les recteurs décident de reconstruire l´église vieille de plus de 200 ans et trop petite, d´autant que Barthélemy Honnorat qui avait financé la balustrade entourant l´autel de la chapelle du dôme, souhaite que le surplus soit affecté à la construction de l´église. Le recteur Anthoine Mey en a dressé un plan et modèle sur papier qu´il présente au rectorat le 7 janvier 1637 : l´église sera construite à la place de l´ancienne, agrandie d´autant, à l´est du vieux corps de malades ; le choeur, à lest, pentagonal, aura 32 pieds de large et 25 de long, avec deux fenêtres au nord, et deux au sud, avec une sacristie de 20 pieds de long et 13 de large, de chaque côté. Un arc doubleau de 30 pieds de large le séparera de la nef, longue de 75 pieds dans oeuvre et large de 30, qui ouvrira sur la rue. De chaque côté de la nef, il y aura quatre chapelles. L´ensemble sera voûté d´arêtes en bois recouvertes de plâtre. L´ancienne église ne sera pas démolie, avant la construction du choeur (AC Lyon. E HD 34, fol. 175 ; DAGIER, p. 329, 330 ; annexe 26).

La pose de la première pierre a lieu le 23 décembre 1637, en présence du marquis de Villeroy, d´Alphonse-Louis de Richelieu, cardinal-archevêque de Lyon, des doyens et comtes de l´Eglise de Lyon, des prévôts des marchands et échevins, des recteurs. On y lit :

ANNO SALUTIS 967 XXX67. / URBANO VIII PONTIF. MAX. / LUDOVICO XIII REG. FRANC. ET NAVAR. / ALPHONSO LUDOVICO DE RICHELIEU / CARDINALE, ARCHIEPISCOPO NEC NON SUMMO GALLIAE ELEEMONE / CAROLO DE NEUFVILLE LUGD. PROREGE., / ERECTO CHRISTI MEMBRIS HOSPITIO, / HANC AEDEM EJUS VISCERIBUS (B. MARIAE VIRGINI COMMISERATIONIS) SACRAM PRO VETUSTATE ET ANGUSTIA A SOLO RESTITUENDAM ET AMPLIANDAM FUNDAVIT SPES, PERFICIETQUE CHARISTAS, CAPUT, PRINCIPIUM ET FINIS. P. O. M.

(AC Lyon. E HD 35, fol. 66 v°-67 ; DAGIER, p. 332).

Guillaume Ducelles, maître architecte et sculpteur suit les travaux réalisés par les maîtres maçons François Renan et Pierre Bournan (prix-fait reçu Gajan notaire à Lyon, le 13 décembre 1637).

Les soubassements des murs nord et sud de l´église, de l´arc doubleau, des piliers du choeur et de ceux des deux premières chapelles à partir du choeur, sont construits en pierre de Saint-Cyr au Mont d´Or, fournies par le tailleur de pierres François Nicolas Ponson, dit de Vaulx (AC Lyon. E HD 36, fol. 74)

Le 7 décembre 1639, il reste à faire la voûte et la couverture du choeur (AC E HD 36, fol. 77). Mais les travaux sont arrêtés pendant plus d´un an suite au décès de l´architecte et du maître maçon. Un nouveau prix-fait est passé à Simon Le Rupt et Claude Chana (ou Chanal), maîtres maçons, le 22 août 1640 (acte reçu Jean Gajan, notaire à Lyon). Le 20 février 1641, les recteurs décident de transformer leur projet : les tribunes du choeur seront ouvertes en arcades et non par une plate-bande, et l´église voûtée en pierre. Mais pour cela il faut renforcer les murs du choeur par quatre arcs-boutants (AC Lyon. E HD 36, fol. 174 ; annexe 28).

Une nouvelle transformation est arrêtée le 8 décembre 1641 : le projet prévoyait une triple entrée en façade ; elle est ramené à un seul portail, en adéquation avec la nef unique. Le clocher prévu au sud sera ramené au nord de façon à être plus facilement accessible depuis l´hôpital (AC Lyon. E HD 37, fol. 14 v° ; annexe 29).

La chapelle est consacrée le 6 janvier 1645, bien qu´elle ne soit pas achevée.

Le prix-fait de la construction du portail et de la façade de l´église est donné en 1646 à Simon Le Rupt et Claude Chana, devant Gajan, notaire royal à Lyon (AC Lyon. E HD 38, fol. 113).

Le grand autel et son retable sont réalisés en 1647 par le sculpteur Georges Hanicq, natif de Mons en Hainault (AC Lyon. E HD 38, fol. 144) ; le peintre Guillaume Perrier, de Lyon, fait un tableau en 1648 pour une des chapelles (AC Lyon. E HD 38, fol. 197 v°) ; et le recteur Girardet offre de faire faire à ses frais la statue de Notre-Dame-de-Pitié qui doit être posée au-dessus du portail (AC Lyon. E HD 39, fol. 134).

En 1653, les recteurs font un emprunt pour achever et couvrir les deux tours du clocher.

Le 6 janvier 1677, la statue de Notre-Dame de la Paix qui était sur le pont de pierre de la Saône est transportée dans l´église de l´hôtel-Dieu, dans la chapelle de Mathieu de Serre (AC Lyon. E HD 43).

La construction du bâtiment S sud

Barthélemy Honnorat avait financé la construction d´une balustrade autour de l´autel de la chapelle du dôme. Cela ne s´est pas fait par la faute du serrurier. Honnorat donne la somme prévue à l´hôtel-Dieu ; en 1638, les recteurs décident de faire construire un logement permettant de séparer les blessés des malades et fiévreux, et ce « aux membres aboutissans du costé d´occident à la galerie du cloître... qui sont sur les bouticques tendant de la grande porte et entrée dudit hostel Dieu à la boucherie le long de la rue... » (AC Lyon. E HD 35, fol. 92 ; annexe 27).

La surélévation du dôme

En 1654, sans que l´on sache pourquoi, le dôme est surélevé : les maîtres maçons Pierre Renaud et François Rousset doivent surélever les murs de deux pieds (environ 70 cm) et réaliser 4 arcades de pierre « routte », pour servir de décharge à la surélévation ; les charpentiers François et Henri Anselme doivent démonter entièrement la charpente, la voûte en plâtre sur liteaux de bois (voûte à cannes), et les toits en pavillon des quatre tourelles et la remonter. Ils doivent construire une galerie extérieure. La couverture de plomb est remplacée par une couverture en tuiles plombées et vernissées (AC Lyon. B HD 84, prix-faits de la reconstruction du dôme, 15 juin 1654-25 juillet 1655 ; annexes 30, 32, 33).

Des vases en cuivre doré décorés de fleurs de lys sont réalisés par Alexandre Corbenschlacq pour être placés autour du dôme, ainsi qu´au clocher nord de l´église (AC Lyon. E HD 40, fol. 60, 157).

Les ornements en pierre (pilastres, corniches, encadrement des fenêtres) sont réalisés en pierre de Saint-Fortunat au Mont d´Or (« banc du Vas et Pellatu »), taillée par les frères Antoine et Claude Boisson, dit Gorin, et Etienne et Claude Perret

Le corps de logis des convalescents

Ce corps de logis est construit à partir de 1658, du côté du Rhône, entre le corps de logis des « fébricitantes » et les triperies de la boucherie (bâtiment N ?), par le maître maçon Claude Chana (AC Lyon. B HD 84, 6 janvier 1658 ; annexe 35). Le prix-fait des planchers et des couverts est passé au maître-charpentier Henry Anselme, le 4 juillet 1660, remplacé le 20 février 1661 par les charpentiers Etienne Guillermet et François Sacquin (AC Lyon. B HD 84, 4 juillet 1660, 20 février 1661). La construction se fait très lentement ; en 1661, les recteurs se plaignent de la lenteur des travaux auprès du maçon (AC Lyon. B HD 84, 27 mars, 18 mai 1661 ; annexe 36). Le bâtiment achevé et béni le 27 mai 1663 est très important : le prix-fait de la menuiserie passé aux maîtres menuisiers Jean de Fillion et Pierre Barille mentionne 124 fenêtres. Il est orné des armoiries de la Ville par Jacques Mimerel au-dessus de la porte du grand escalier du côté du jardin, et de celles du roi, du duc de Villeroy, gouverneur de Lyon, de l´archevêque et de la Ville, par Nicolas Bidault, au-dessus du portail faisant face au quai du Rhône. Des vases en cuivre rouge, par Alexandre Corbenschlacq, avec pommes et fleurs de lis, sont posés sur les pavillons (AC Lyon. E HD 43, fol. 53 v°, 55, 182 v°, 216)

A cette date, l´hôtel-Dieu, qui comprend 216 lits pour les malades et quatre « chambres basses ou cachots pour les insensés », reçoit entre 300 et 400 malades, sans compter les femmes en couches, les petits enfants et les aliénés. La dépense annuelle se monte à 100 000 livres pour un revenu stable de 20 000 livres (AC Lyon. E 1993, extrait des règlements de l´hôtel-Dieu, 9 novembre 1661).

En 1675, les recteurs font percer la muraille du cloître pour établir une communication avec l´église (AC Lyon. E HD 12).

En 1677, les recteurs projettent de construire une nouvelle cuisine, dans la cour dite des charpentiers, du côté du Rhône (AC Lyon. E HD 12), projet repris en 1678, puis 1679 (AC Lyon. E HD 43).

La visite de l´hôtel-Dieu du 29 juin 1690 mentionne un « grand réfectoire » sans préciser son emplacement (AC Lyon. E HD 11).

Le plan d´extension de l´hôtel-Dieu dressé au XVIIIe s. donne l´état des bâtiments du XVIIe s. (fig. 3)

Les travaux du XVIIIe siècle

Dans la première moitié du siècle, les recteurs entreprennent plusieurs agrandissements de l´hôpital.

En 1700, ils décident de faire construire un bâtiment pour les enfants ; ils en font dresser les plans par les architectes Antoine Bénard et Delengrené (AC Lyon. E HD 743).

Le 24 janvier 1700, ils passent prix fait à l´architecte lyonnais François Dondain pour la construction des maçonneries du corps de logis ouvrant sur la rue de la Triperie (AC Lyon. B HD 14, fol. 223 v°) ; les pierres seront fournies par Pierre Dupin et Jean Ponson, maîtres tailleurs de pierre de Saint-Cyr au Mont d´or (AC Lyon. B HD 11, fol. 226, 27 janvier 1700), celles des encadrements par Pierre Fontbonne, maître tailleur de pierre de Pommiers en Beaujolais (AC Lyon. B HD 11, fol. 234 v°, 10 mars 1700). Le bâtiment est achevé en 1702 (AC Lyon. B HD 11, fol. 346 v°, 23 août 1702).

En 1706, un nouveau portail est réalisé, place de l´hôpital, sur le dessin de l´architecte Jean Delamonce, en collaboration avec son fils Ferdinand. ELEVATION

Le portail est réalisé en pierres d´Anse fournies par les tailleurs de pierre Georges Rivier et Benoît Horsel (AC Lyon. B HD 16, fol. 40, 41 r°), et construit par les maîtres maçons Gabriel Gourra et Pierre Brunet : le prix-fait est passé le 21 juillet 1706 pour les fondations nécessaires à « la nouvelle arcade qu´il faut faire eu égard au portail que les dits sieurs font construire dans le dit hôpital, comme encore celle qu´il faudra pour les murs de face, de refans et ambrasure qui accompagnent le dit portail, construiront et monteront les dits entrepreneurs les dits murs le tout des épaisseurs, profondeur et hauteurs que le sieur de La Monce architecte et conducteur dudit portail leur ordonnera, poseront les tailles venant de St Cir au Mont d´Or tant de la dite arcade que des deux arcs doubleaux, feront les carrelages et briquetages nécessaires, couvriront les couverts et plâtriront les murs qu´on leur indiquera... » (AC Lyon. B HD 17, fol. 17 v°). L´entrée, prévue d´abord en arc surbaissée, est finalement réalisé en plein cintre (AC Lyon. E HD 743).

En 1708, Jean Delamonce et son fils, architectes à Lyon, donnent quittances aux recteurs pour le prix fait et la conduite des travaux du portail de l´hôtel-Dieu, tout comme le sculpteur Simon (AC Lyon. E HD 753). Le sculpteur et doreur Louis Novel a fait les roses et les fleurs de lis du portail et de la voûte, et le menuisier Chrestien l´huisserie sculptée (AC E HD 753).

Quant aux quatre cheminées fournies par le tailleur de pierre Antoine Berger pour les « appartements à côté du portail », peut-être reste-t-il celle de l´ancien appartement de l´aumônier ? (fig. ).

Dès 1712, les recteurs prévoient des travaux permettant de séparer les blessés et les fiévreux, et leur procurer des chambres bien aérées (AC Lyon. E HD 12).

Le 4 septembre 1712, ils passent prix fait aux architecte et entrepreneur Simon Aînez et Jean Poyet pour construire un bâtiment dans la cour où est la cuisine (AC Lyon. B HD 16, fol. 368).

Le 22 novembre 1718, ils chargent l´architecte de la Ville, Antoine Bénard, de construire un corps de logis sur la rue de l´Hôpital. Les travaux semblent achevés en 1721 (AC Lyon. B HD 87).

En 1716, la confrérie des Pénitents de Notre-Dame de Lorette établie à Lyon sur les courtines proche de la porte du Rhône veut reconstruire sa chapelle qui est trop basse et enterrée « à cause du pavé de la ville qu´on a élevé au devant de l´endroit où elle est construite ». Les recteurs sollicitent l´emplacement de la chapelle pour agrandir l´hôpital. Les pénitents acceptent de vendre cet emplacement, consistant en chapelle, cours, appartements et dépendances, acquis des mariés Charles et Dumas par contrat reçu Papielon le 3 avril 1659, confinant à la rue tendant de la voûte de l´hôpital au pont du Rhône à l´est, au cimetière ou place, cour et maison de l´hôpital au nord, à la maison des héritiers Baley appartenant à l´hôtel-Dieu à l´ouest, et des côtés sud et ouest à diverses maisons et jardins (AC Lyon. B HD 18, fol. 161 ; fig. )

En 1724, les recteurs entreprennent la construction des immeubles sur l´actuelle rue Marcel-Rivière (corps S nord) : à la place de « cinq vieux bâtiments ... situés depuis les six premières boutiques de la boucherie de ce nom du côté du vent jusqu´au mur mitoyen de la pharmacie... », ils font construire trois corps de logis « solidement bâtis » suivant les plans et élévations de l´architecte Bénard : la pierre grise est fournie par Pierre Grand, tailleur de pierre de Saint-Fortunat [Saint-Didier au Mont-d'Or], et les travaux réalisés par Jean Labitant, maître maçon et entrepreneur de Lyon (AC Lyon. B HD 20, fol. 371ss).

En 1725, les recteurs font lambrisser et orner de sculpture la salle du bureau (salle du Conseil, bâtiment M ; AC Lyon. B HD 84 ; E 770, 778).

Le 8 juillet 1731, ils commandent cinq tableaux et huit dessus-de-porte au peintre Daniel Sarrabat (AC Lyon. B HD 84 ; annexe 38).

La même année, la séparation des missions et prérogatives des deux grands hôpitaux de Lyon est fixée par une ordonnance du maréchal de Villeroy, gouverneur de Lyon : l´hôtel-Dieu s´appellera désormais Hôpital général de Notre-Dame de Pitié et grand hôtel-Dieu de Lyon, l´hôpital de la Charité prenant le nom d´Hôpital général de la Charité et Aumône générale de la ville de Lyon (DAGIER, t. 2, p. 88).

Le corps de bâtiment des blessés

En 1733, les recteurs décident d´agrandir l´hôpital.

Ils doivent pour cela acquérir ou obtenir l´expropriation de treize maisons situées sur les courtines du Rhône et dans les rues Serpillière et Bourchanin, maisons qui seront effectivement démolies en 1739 (AC Lyon. Inventaire HD).

Le 23 mai 1737, le consulat autorise les recteurs de l´hôtel-Dieu à « faire clorre et fermer toutes les issues de la rue Serpillière à la charge que l´écoulement des eaux ne sera jamais interrompu et que le passage des gens de pied puisse être rendu libre au cas d´incendie ou autres accidens imprévus... ». Les habitants des rues Bourgchanin et de l´Hôpital se plaignent de cette fermeture qui leur coupe l´accès direct au Rhône en passant sous une voûte construite de temps de Camille de Neuville entre l´hôpital et la chapelle de Lorette. Les recteurs rétorquent que le parapet du quai est trop élevé pour permettre un accès direct au Rhône ; de plus le nouveau quai du Rhône va être surélevé afin de diminuer la pente au débouché du pont ; la porte de la ville sera repoussée à la deuxième arcade du pont ; les maisons seront reconstruites afin de dessiner une place en quart de cercle à l´extrémité de la rue de la Barre qui en sera désengorgée ; enfin les recteurs feront construire une fontaine accessible aux habitants du quartier (AC Lyon. B HD 87).

Le 29 décembre 1739, le consulat confirme l´arrêté du 1737 sur la fermeture de la rue de la Serpillière, à charge pour les recteurs de construire un réservoir, et d´établir une fontaine à l´usage du public, contre le nouveau bâtiment qui sera fait à l´entrée de la dite rue et à côté du portail de l´église.

Le premier bâtiment que souhaite construire les recteurs est celui des blessés. Les fondations de ce bâtiment sont établies entre 1738 et 1740. Le projet était un bâtiment très simple, sans ornement d´architecture extérieur, dont les plans sont établis par l´architecte Ferdinand Delamonce. Mais le consulat souhaite un projet d´embellissement de la ville, avec une façade ornementale le long du nouveau quai à établir le long du Rhône, le quai de Retz (nom attribué le 1er septembre 1740), entre le pont de la Guillotière et le boulevard de Saint-Clair.

Il décide que les recteurs feront construire le quai du pont de la Guillotière à la rue Blancherie qui suit immédiatement le pont des Bouchers, sous l´inspection de Berthaud, intendant des fortifications, en se conformant au procès-verbal donné par Fayolle, ingénieur du roi, en juillet 1736

Il charge Jacques-Germain Soufflot de dresser un plan que les recteurs devront appliquer ; mais cela représente une augmentation de coût de 150 000 livres que l´hôtel-Dieu ne peut assumer. Le consulat promet de participer à ce surcoût.

Dans le même temps, les recteurs font dresser un autre projet par un architecte parisien Bon, sans que l´on en connaisse encore la raison (fig.)

Le 12 juin 1738, Camille Perrichon, prévôt des marchands, donne l´alignement des nouveaux bâtiments : «...Bâtissant sur les dites courtines, ils avanceront jusques à l´angle de l´ancien bâtiment donnant sur le nouveau quay, en sorte que le passage au-dessous de la voûte sera entièrement murré pour en jouir par ledit hôpital ; duquel angle sera prolongé la ligne extérieure dudit ancien bâtiment jusqu´au coin de la salle de Lorette du côté du pont... » (AC Lyon. B HD 87).

La première pierre du bâtiment est posée le 3 janvier 1741, « à 4 pieds dans terre dans le mur faisant face sur le quay, vis-à-vis la rue Serpillière et Confort, ou plutôt dans l´angle du grand avant-corps du milieu du côté du pont » (AC Lyon. B HD 85, 91 ; fig. ).

Les recteurs passent convention avec M. de Chaumont pour l´exploitation pendant cinq ans de la forêt de la montagne de l´Epine pour les travaux du bâtiment ; les bois sont chargés au port de la Forêt en Savoie (AC Lyon. E HD 1929).

Dès le mois de mai 1742, les recteurs commencent à faire travailler au bâtiment : à la fin de 1745, une grande partie en est achevée.

Le 10 février 1745, les recteurs annoncent par lettre au duc de Villeroy, qu´ils ont l´intention de faire sculpter les armes du roi au tympan du fronton de l´avant-corps du milieu, celle du duc sur l´avant-corps de droite, et celle de la Ville sur celui de gauche (AC Lyon. E HD 338).

Le 13 octobre, ils payent 415 livres à Michel Perrache pour les sculptures (chapiteaux, draperie, feuilles de chêne) qu´il a réalisé en façade (AC Lyon. B HD 93).

Cette même année, 15 boutiques sont ouvertes en rez-de-chaussée sur le quai (AC Lyon. B HD 93).

Enfin, le 27 juillet 1746, les recteurs passent convention avec le maître charpentier Joseph Sève pour « ... faire le couvert tant à tuiles vernies qu´à tuiles creuses sur les cinq premières arcades du bâtiment neuf de l´hôtel-Dieu devant la boucherie, sur le pan coupé et sur la rue Blancherie suivant les pentes, formes et constructions de celui de la partie près de la salle de Lorette qui est commencé... et de poursuivre le restant dudit couvert fait de la même manière jusques à l´avant-corps aussitôt que les murs seront élevés... » (AC Lyon. B HD 93).

Le 15 juin 1747, le maître serrurier de Lyon, Antoine Brazier, est chargé de faire la rampe du grand escalier du bâtiment neuf, selon le dessin fourni par J.-G. Soufflot (AC Lyon. B HD 87).

Le 7 juillet 1748, J.-G. Soufflot s´engage à fournir les plans du rez-de-chaussée et du premier étage des bâtiments « tant vieux que nouveaux dans lequel sera compris le plan du degré qui doit former la communication des sales du vieux bâtiment au nouveau...» (AC Lyon. B HD 87).

Les recteurs ne peuvent poursuivre les constructions faute de moyens. En 1754, ils sollicitent de nouveaux secours auprès du consulat pour les poursuivre (AC Lyon. B HD 85 ; annexe 39)

Les nouvelles salles construites manquent toujours d´aération. Pour pallier cet inconvénient, les recteurs souhaitent achever la construction du dôme prévu sur le quai et chargent l´architecte Loyer de faire le lien avec Soufflot désormais installé à Paris (AC Lyon. B HD 91).

La construction de la charpente du dôme qui doit avoir 62 pieds de long sur 49 de large est donnée à François Hugant, maître charpentier sous la conduite des architectes Munet et Loyer, en février 1758 (AC Lyon. B HD 102 ; annexe 40).

Plusieurs artistes participent à la décoration du dôme, tant intérieure qu´extérieure, réalisée en 1762-1763 : les sculpteurs Clément Jayet, de l´Académie Saint -Luc de Paris, pour des angelots, des têtes de lion et une statue de la Religion (annexe 41), Gabriel Allegrain et Louis Philippe Mouchy pour quatre statues : la Charité et la Douceur qui doivent être placées au dernier niveau et exécutées en pierre blanche, et celles du roi Childebert et de la reine Ultrogothe placées au 2e niveau et également en pierre blanche, Antoine- Michel Perrache pour une statue de la Prudence et les deux lions placés sur la balustrade qui couronne la façade du côté du pont du Rhône, Marc Chabry pour les anges du couronnement (annexes 41, 42), et Dessard pour la décoration intérieure, roses, guirlandes, chapiteaux... (AC Lyon. B HD 91).

Le carrelage du dôme est réalisé par Henry Doret, maître marbrier, réalisé en marbre noir de Suisse et choin blanc de Fey entre 1763 et 1765 (AC Lyon. B HD 85).

En 1768, des témoins sont installés dans la partie méridionale du bâtiment qui semble avoir bougé (AC Lyon. E HD 1909. Etat de l´inspection des bâtiments neufs).

En 1770, un rapport sur la situation financière de l´hôpital est dressé afin de justifier l´écart entre ses recettes et ses dépenses (annexe 43).

Dans la nuit du 26 au 27 août 1793, lors du siège de Lyon, l´hôpital est bombardé, ce qui occasionne des dégâts assez importants au grand dôme. Des travaux de restauration sont immédiatement entrepris : maçonnerie, réfection complète du pavement de l´étage du dôme (choin rouge, marbres blanc et noir, pierre noire, choin blanc, pierre noire polie), réfection des ornements en pierre du dôme (AC Lyon. E HD 1634, 1635 ; B HD 91).

Les travaux du XIXe siècle

Des dons permettent la restauration de l´église en 1802-1804. En 1807, l´autel du grand dôme est enlevé et la chapelle transformée en salle de malades.

Le 22 juillet 1809, le préfet transmet à la commission une instruction du ministère de l´Intérieur demandant plans et devis pour l´achèvement de l´hôtel-Dieu. Durand, architecte de l´hôpital, dresse un projet (1810) ; mais des embarras financiers en retardent l´exécution. Le 11 juillet 1811, le conseil d´administration prend une délibération explicative : le nombre des malades a tellement augmenté que les corridors sont transformés en salles ; malgré les 1200 lits de l´hôpital, les malades sont souvent à deux dans un lit d´une personne. Il est nécessaire de construire 3 bâtiments pour achever le bâtiment sur quai : la partie sud-est jusqu´à la rue de la Barre, coût estimé 574 668 fr ; le retour sur la rue de la Barre et la suite des salles adjacentes, coût estimé 603 247 fr ; la partie intermédiaire au nord du dôme, coût estimé 668 475 fr ; soit un total de 1 846 391 fr, plus 120 000 fr pour le mobilier. Le projet reste en attente.

En 1817, un administrateur sortant prend la dépense du rétablissement des statues du roi Childebert et de sa femme, la reine Ultrogothe, à sa charge et la confie aux sculpteurs Prost (Childebert) et Charles (Ultrogothe). Les statues sont inaugurées en 1819.

Le 15 septembre de la même année, un rapport est présenté au conseil d´administration pour la construction de la partie au nord du dôme, entre l´avant-corps le plus septentrional et la boucherie (bâtiment N est). Le conseil donne un avis favorable, avec instruction de se conformer strictement au plan de Soufflot. L´architecte Durand prévoit la démolition des vieux bâtiments intermédiaires, et dresse un devis conforme aux plans de son illustre prédécesseur. Le duc d´Angoulême promet une contribution de 50 000 fr. La façade à construire présente une longueur de 52,93 m, consistant en un rez-de-chaussée composé de boutiques donnant sur le quai, 2 étages pour les salles des malades, avec à l´arrière de la salle du second, un vaste grenier de toute la longueur du bâtiment, de 8 m de largeur et de 4, 42 m de hauteur. Le cahier des charges daté du 28 septembre 1820 souligne que les nouvelles constructions doivent se rattacher symétriquement avec les nouveaux bâtiments déjà construits, et s´élever, si l´alignement est correct, sur les fondations des anciennes maisons. La pierre provient des carrières de Villebois, de Seyssel, de Tournus ou de Lucenay, la maçonnerie est en moellons de Couzon. Le bois, sapin, chêne ou noyer, provient des forêts de Montréal, de Mérial et de St-Sulpice. Le 1er mai 1821, la première pierre est posée par le duc de Bellune, délégué par le duc d´Angoulême. Durand est mort au début de l´année 1821 ; les travaux sont alors dirigés par Barthélémy Antoine Tissot. De 1821 au 22 novembre 1824, jour de l´inauguration des salles, les vieux bâtiments en façade sont abattus et les onze travées du corps septentrional sont élevées. Les travaux sont achevés en 1824 et ont coûté 487 102 fr. L´architecte Durand est également l´auteur, en 1821, d´une coupe de l´aile sud.

Le corps de raccordement entre le grand dôme et la façade ouest de la cour des Cuisines est construit de 1824 à 1827 par l´architecte Tissot, pour un coût de 139 678 fr (bâtiment I). Les tailleurs de pierre Nodet, Rigollet, Vivet et Cie fournissent la pierre de Villebois.

Le 25 mai 1825, les vitraux au réseau de plomb des salles du grand dôme et de la façade au sud de celui-ci sont enlevés et remplacés par M. Perret par des croisées de fenêtres en bois de chêne à grands carreaux, et en verre double. Les anciens sont jugés trop vétustes, trop épais, obscurcissant les salles et laissant passer l´air froid et l´humidité. C´est en outre une façon d´harmoniser les menuiseries des salles anciennes avec celles nouvellement construites.

En mai 1825, Tissot dresse le devis d´une fontaine (très probablement celle de la cour de l´Arbre). La fin des paiements au tailleur de pierre Nodet, au maçon Paret, aux ferblantiers Gaillard et Vergniette ainsi qu´au maître-serrurier Dufour se fait en 1830.

La conservation des baux de location des boutiques et de leur inventaire permet de s´en faire une idée très précise. Ainsi, en 1827, une boutique ouvrant sur le quai du Rhône (et non sur le passage de l´Hôtel-Dieu) se compose d'un rez-de-chaussée avec cave et entresol. L´accès à la cave voûtée se fait par un escalier en pierre à rampe droite avec un petit caveau sans fermeture ; le sol est en terre battue. La boutique, dallée de pierre, est pourvue d´une cheminée en pierre avec plaque en fonte au contre coeur marqué Hôtel Dieu, d´un évier en pierre avec grille en plomb cimenté, d´un cabinet d'aisances ; dans le fond est une soupente avec appui à balustres en sapin mi-plat. L'escalier qui monte à l'entresol est en pierre composé d'un limon chantourné en S avec marches ; la rampe d'appui est en fer rond, le

premier montant surmonté d'une pomme en fer. L´entresol est voûté, le sol est revêtu de carreaux de terre cuite ; il est composé d´une pièce et d´une grande alcôve, et pourvu d´une cheminée avec contre coeur garni d'une plaque en fonte marquée hôtel Dieu, d´une paire de volets intérieurs, de petits placards et d´un balcon en fer.

L´architecte Tissot fait élever de 1827 à 1828 le corps de bâtiment reliant le réfectoire au nouveau bâtiment I (côté ouest de la cour des Cuisines). La cour des Cuisines est agrandie et sa colonnade passe de deux à six colonnes. Parmi les entrepreneurs ayant participé aux travaux, on peut citer Benoit Feuillat, maître menuisier, Boissonnet, sablonnier au faubourg St Clair (il a fourni dix bateaux de sable), Verdellet, qui a fourni la chaux, Bouteille, marchand de tuiles sur le quai Bon-Rencontre et Dufour, maître serrurier.

Ce ne serait qu'en 1827 qu'on installe des tambours et des cloisons vitrées dans les salles des malades de l'aile Soufflot qui n'étaient pas chauffées.

Dubuisson de Christôt, architecte des Hospices, dessine en 1828 l´élévation du passage de l'Hôtel-Dieu, remplaçant ainsi la boucherie sur une partie de la rue de l'Hôpital et la rue Childebert. En effet, le nord de l´hôpital abritait les boucheries depuis 1578, soit un abattoir et des boutiques. Avec la création de l´abattoir de Perrache et pour des raisons d´hygiène, on transforme ce lieu en un passage couvert d´une verrière, haut de 15 m avec 2 rangées de magasins. Il faut pour cela

reprendre en sous-oeuvre les anciens murs construits sans fondation. L´ensemble revient à 407 000 fr. Mais, dès 1841, les boutiques sont louées et assure à l´hôpital un revenu annuel de 50 000 fr. Le passage sera détruit en 1959.

La croix de la cour d´Honneur est restaurée par le marbrier Raymond payé de son travail en 1834. Elle le sera à nouveau en 1844. Le même marbrier intervient en 1837 dans le réfectoire des Soeurs. En 1838 l´escalier St-Jean (G1) St-Paul (B2) est pourvue d´une rampe en fer par Baudier et Guirard, en 1839 Charvet pose une main courante à l´escalier des salles d´Orléans [non située] et St-Bruno (bâtiment des fous).

Le budget de 1839 prévoit de poser des cloisons vitrées de la salle des 4 rangs. Celle-ci est plafonnée en 1857 par la Vve Badaracco.

On doit à Florin la construction d´un escalier dans la nouvelle lingerie (actuelle cour de la pharmacie ?) en 1839.

Le 20 janvier 1836, le conseil des Hospices décide l´achèvement de la façade côté Rhône, conformément au plan de Soufflot. Le 27 avril, le ministre de l´Intérieur donne son accord. Les 3 maisons subsistant quai de l´Hôpital et rue de la Barre sont démolies. La pose de la 1ère pierre [non localisée] a lieu le 7 mars 1838 ; des

pièces de monnaie y sont encastrées. Les travaux sont conduits par l´architecte des hôpitaux Dubuisson de Christôt secondé par Duboys architecte-adjoint ; les travaux de maçonnerie et charpente sont exécutés par Collombier, ceux de menuiserie par Perrier, ceux de serrurerie par Dazon, ceux de ferblanterie par Villard, ceux de

plâtrerie, vitrerie, peinture par Groboz, et Ducy établit un étendage dans le grenier. Les travaux sont achevés en 1841 et ont coûté 229 933 fr.

La construction de l´aile méridionale conduit en 1839 à la restauration complète de la façade centrale qui portait encore toutes les dégradations dues au siège de 1793.

Des années 1830 aux années 1890 et pour des raisons d´hygiène, le planchéiage ou parquetage de l´hôtel-Dieu est souvent à l´ordre du jour afin de remplacer les carreaux de terre cuite, poreux, effort mis à mal par les inondations de 1840 qui détériorent de nombreux parquets. On notera entre autres artisans Morel (salle Montazet S, 1837, une lingerie, 1841), Jourdan (infirmerie des sœurs I, 1839), Florin (nouvelle lingerie, 1839), Collombier pour la partie neuve de l´hôpital due à Christôt et Bonhomme pour un grenier sur la cuisine en 1840, Vautrin et Gianoly (salle Saint-Louis, B 1er étage, 1843), Dufour (1846), Dusciaux et Sogno (salle St-Charles, 1847), Deloge (L et M, 1er étage, 1857, O et Q, 1er étage, 1858, Saint-Paul B 2e étage en 1858-59), salle Sainte-Anne (A) en 1876, Bienix (ou Biétrix) (partie élevée par Pascalon,1890), Sainte-Marthe (S 1893), Sainte-Anne (A, 1894), Delangle (sous la salle St-Bruno, 1894), salle Saint-Martin (C 2e, 1894).

En 1841, Rochon installe des latrines salle d´Orléans (?) et St-Charles (K 2e étage sud)

Les appartements des aumôniers font l´objet de petits travaux (1841 Ducy, 1842 Chaujat) ainsi que leurs cheminées (1852- 1853 Plaisance fumiste).

En 1842, L. Vergniette établit une pompe le long de la façade de l´hôtel-Dieu sur un devis de 1841.

En 1843, le sculpteur parisien Carl Elschoët livre pour l´attique de la façade, au-dessus des deux avant-corps et de chaque côté du grand dôme, le groupe du midi : Notre-Dame de Pitié soutenant le Christ mourant, encadrée par un vieillard symbole de l´indigence et une mère allaitant son enfant. Le groupe du nord représente les armes de la Ville dans un écusson, le Rhône à droite et la Saône à gauche. Dunoyer fournit 18 m cube de pierre de Seyssel. En 1843 Elschoët livre 4 lions, Mangin

fournit la pierre de Seyssel.

En 1841, on décide de construire un promenoir pour les convalescents le long de la rue Bourgchanin (actuelle rue Bellecordière). En 1844, 16 maisons s´élevant du côté est de la rue sont abattues et le promenoir est achevé et séparé de la rue par une grille (travaux exécutés par Martel cessionnaire Richard, Moutarde, Lefort et Pradinaud). Des arbres y sont plantés par Humon en 1844 puis 29 platanes sont fournis par Collomb en 1857. Le promenoir est divisé en 3 par un mur de 2m de

hauteur, séparant les hommes, les femmes et la communauté. Sur le terrain dégagé, on établit également des dépendances et les offices pour la cuisine (Ballet entrepreneur).

La décision de construire une école de médecine rue de la Barre est arrêtée fin 1839. Le bâtiment s´élève derrière et contre celui du midi construit sur le quai, à l´emplacement de 4 maisons à démolir rue de la Barre, pour lesquelles la Ville devait payer 16 000 F de loyer par an. Les maisons sont démolies en 1841, les travaux débutent l´année suivante et durent jusqu´en 1847. Le projet de construction est signé Christôt et Duboys, 1844 (Pénelon et Mouraud entrepreneurs, Morel pour le dépôt des morts, Fouillaud pour les lits en pierre du dépôt et de l´amphithéâtre de dissection). En 1851, la mise en place d´un hangar pour le corbillard est confiée à Morel.

En 1845 est attestée l´existence d´une chambre de vaporisation pour y déposer tous les bois de menuiserie et de charpente avant leur emploi dans les différents travaux menés par les Hospices civils dans ou à proximité de l´hôtel-Dieu.

La grande baie de l´élévation ouest du réfectoire est ouverte par le maçon Rochon en 1845 pour y amener clarté et salubrité.

En 1846, Dufour pose un tambour au dortoir des cuisines.

En 1847-48, la façade côté rue du bâtiment F, qui s´appuyait autrefois sur les maisons démolies et ouvrant désormais sur le promenoir, est percée de 22 fenêtres (Pénelon et Mouraud entrepreneurs).

En 1848, Verguin fournit 2 calorifères pour la salle St-Charles.

Cette année-là, Morel remplace la porte cochère du passage débouchant sur la cour Ste-Marie (actuelle cour de la Pharmacie) par une grille en fer afin que la vapeur émise par la lingerie s´évacue facilement.

En 1850-1851 est réalisé l´éclairage au gaz du passage de l´Hôtel-Dieu, de la façade sur le Rhône et du passage Bellecordière voisin par Dalbis.

En 1855, des plaques de marbre rendent hommage aux bienfaiteurs des hospices : F. Roty y inscrit 40 noms.

En 1856, la salle St-Sacerdos (K1er étage sud) subit de grosses réparations.

En 1858, Rochon est l´auteur d´ouvrages en maçonnerie dans l´actuelle cour du Magasin.

La même année, Lapierre Lucien et Cie pose des dallages en pierres lithographiques dans l´aire de la pharmacie (bât S ?).

Comme suite à la chute d´un fragment des ornements extérieurs du grand dôme en 1858, un certain Cornet effectue des réparations à la façade quai du Rhône, Gustini répare 2 groupes placés sur les frontons, et Robert des sculptures de la façade. L´intérieur du grand dôme est restauré par Rochon, Berthelier, Robert, Latournerie et Luneteau, Cornet.

En 1859 Latournerie et Luneteau font des réparations à la lanterne du petit dôme. Un budget de 6000 frs pour la réfection du petit dôme est prévu en 1886 mais les pages du registre restent vides.

En 1860 et 1861, divers travaux sont réalisés dont un lavoir avec 5 colonnes en fonte (cour actuelle de la Pharmacie ?).

La statue d´Amédée Bonnet due à Guillaume Bonnet est inaugurée le 2 juillet 1862. Le piédestal est dessiné par l'architecte Charvet.

Dans la deuxième partie des années 1860, plusieurs salles de malades sont « exhaussées » et restaurées par un certain Jamot (Ste-Marie, salle de la clinique (lieu non précisé) A, Ste-Marthe B pavillon 2e étage, St-Maurice G 2e étage).

En 1867, la Ville décide l´élargissement de la rue de la Barre, qui conduit à l´expropriation de 8 maisons par jugement du 22 juin ; 7 de ces maisons appartiennent aux Hospices. Un traité est signé entre les Hospices, la Ville et l´Etat : les premiers obtiennent 160 000 fr de dédommagement. Ils rachètent à la Ville la maison Charron rue

Bellecordière et deviennent propriétaires de tout l´îlot.

L´Ecole de Médecine, récemment construite, devait être démolie en 1869, mais le projet de la Ville est ajourné. Des études pour l´achèvement de l´hôtel-Dieu sur la rue de la Barre dressées par l'architecte Perret de la Menue en 1869 sont conservées dans le fonds des Hospices civils déposé aux Archives municipales de Lyon. Mais ce n´est que le 1er avril 1883 que l´Ecole de Médecine est transférée dans la nouvelle faculté quai Claude-Bernard, transfert achevé en 1885. Le 11 novembre 1886 est signé un traité entre la Ville et l´Etat d´une part, la Ville et les Hospices de l´autre : les Hospices démolissent la façade existant rue de la Barre et la mettent à l´alignement voulu par la Ville ; ils reçoivent 300 000 fr pour la cession à l´Etat des 123 m² nécessaires à l´élargissement de la rue, ainsi que les frais de

démolition et le règlement du compte des travaux de 1867. Les plans et la direction des travaux, qu´il est d´usage d´appeler l´achèvement de l´hôtel-Dieu, durent de 1887 à 1893 et sont confiés à l´architecte des HCL Paul Pascalon avec construction d´un troisième dôme (dôme Pascalon). Leur coût est de 2323 474 fr. Participent à la construction Dorel ingénieur, Perrin architecte, Patiaud ingénieur, Gigodot, Rochon, maçonnerie, Savarian frères charpente, Janin et fils pierre de taille, Taton frères maçonnerie, Faye charpente, Fanfingue frères maçonnerie, Pansu menuiserie, Ancel plomberie, Faure ferblanterie, Privat fumisterie, Vve Janin et fils pierre de taille, Seguin serrurerie, Peillon ferblanterie, Talon, Pichot pour des articles de fonte, Valles pour deux têtes de cheminée, Breton L. Pivot sculpture (15 400 fr),Grobon serrurerie quincaillerie, Thorand béton de gravier et ciment, Darfeuille menuiserie, Boch frères dallage céramique, I. Grouville chauffage et ventilation, P. Lamain pour trois ascenseurs, Thorand dallage céramique et carrelage, Jamin pour un ascenseur hydraulique, Pasiand Lagarde et Cie pour un ciel vitré, Foraz pavage, Gaget Pérignon

installation des eaux, Berlic installation du gaz, Tournier pour des travaux en fer et fonte de gré à gré, Réveilhac fumisterie, Vve Duret et Revol pour deux cheminées.

En 1870, un devis estimatif de la dépense à faire pour diviser la salle Saint-Sacerdos (K1) en deux parties avec courant d'air au centre et un entresol du côté de la cour Saint-Louis, soit un amphithéâtre, un cabinet pour le professeur, un cabinet pour la sœur et une souillarde, est dressé par l'architecte des Hospices. Le carrelage est à refaire et un soubassement en ciment est prévu dans les corridors.

En 1877-78, le grand escalier nord (bâtiment K) est exécuté par le maçon Rochon tandis que la rampe en fer et fonte est due à Villard et Tournier.

En 1896, Mora père et fils réalisent des mosaïques (non localisées) et A. Pavy le dallage des galeries.

L´un des escaliers de la partie sud de l´hôtel-Dieu est construit en 1888-1890 par les entreprises Gigodot maçonnerie, Grobon serrurerie, Rochon maçonnerie, Vincendon plâtrerie, Pansu menuiserie, Savarian frères charpente, Pansu menuiserie et Doublier charpente.

Janin et Barthélémy Comparat réparent en 1889 le socle du grand dôme.

L´année suivante, Verchère charpente assure la réfection en tuiles vernies du petit dôme et du grand dôme.

En 1897, Gaget, Pérignon et Cie réalisent pour un coût important divers travaux dans la salle des professeurs de la salle d´autopsie (Salle des Pendus, bâtiment A ?).

Les locaux de la rue de la Barre non affectés aux Hospices sont loués à l´administration des Postes et Télégraphes pour 30 ans à compter du 1er janvier 1893.

Les travaux du XXe siècle

En 1900, Giessner pose du carrelage en grès uni blanc et gris dans la salle du Conseil.

Entre 1900 et 1903, la salle St-Jean (G 1er étage) dédiée à la médecine (34 lits hommes) est équipée de l´eau chaude, du chauffage central, de salles d´isolement, salles à manger et lavabos pour les malades, les salles sont isolées des cuisines. De 1904 à 1908, les salles St-Pierre et St-Sacerdos (K1), la clinique chirurgicale du professeur Jaboulay, la clinique médicale du professeur Teissier bénéficient également d´équipements modernes.

En1904, la pharmacie (S ou Q) est transformée, le service d´alibiles réorganisé.

En 1909, les salles Saint-Louis B1, Saint-Paul B2, St-Joseph B1 sont attestées comme services chirurgicaux hospitaliers : les deux premières doivent être divisées et des salles d´opération et de pansements placées au centre.

En 1920, des baraquements pour femmes en couche sont installés cour St-Martin. Ils provoquent l´indignation de certains.

En 1926, le chauffage central est installé dans les dortoirs des soeurs rue de l´Hôpital : le risque d´asphyxie disparaît et les soeurs gagnent du temps puisqu´elles n´ont plus besoin d´entretenir le chauffage dans la journée alors que leur service est quai Jules-Courmont.

Au cours du XXe siècle, l'hôpital ne fait pas l'objet de constructions importantes, mais subit de nombreux aménagements pour répondre aux besoins de l´évolution de la médecine. C'est ce qui entraîne un programme de réhabilitation à partir de l'année 1978 dans le cadre plus général d´humanisation des hôpitaux. Il est partiellement réalisé avec, en particulier, l'aménagement des services de réanimation, des maternités et des consultations.

Pourtant, le projet de désaffectation de l'hôtel-Dieu est régulièrement l´objet de débats depuis la fin du XIXe siècle, son principal défenseur étant le professeur Jules Courmont (le destin, pour le moins facétieux, fait que le quai, qui longe l´hôpital dont il a souhaité la démolition, porte son nom). L'architecte Tony Garnier dessine en 1905 une perspective des bâtiments vue depuis la place de la République à 60 mètres de hauteur projetant un nouveau quartier à l´emplacement de l´hôtel-Dieu. Tony Garnier ne garde des 3 dômes que celui de Soufflot, une partie de cette grande aile, aère le claustral par de puissantes percées, enlève également la chapelle mais somme les nouveaux immeubles de coupoles à sa façon.

En 1933, à nouveau il est question de désaffectation partielle de l'hôtel-Dieu entraînant le percement de rues et démolitions en respectant, toutefois, les bâtiments de l'Hôtel-Dieu à conserver « comme monuments historiques ».

En 1934-35, une partie du premier étage du bâtiment M est remanié de façon à y abriter les boiseries des salles classées M.H. de la Charité, hôpital voisin démoli pour laisser place à la grande poste de Roux-Spitz. Le musée des Hospices civils est né.

L´élargissement de la rue Bellecordière (1935-1936) entraîne la démolition du mur du promenoir du XIXe siècle et d´une petite partie des cuisines.

L´« infirmerie des fous » est démolie en 1936.

En 1937, les Hospices civils de Lyon cèdent à la Ville, en échange de l´hôpital Edouard-Herriot, divers corps de bâtiments afin, notamment, d´élargir de 20 mètres la rue Childebert et de créer des pans coupés aux angles de la place de la République et du quai Jules-Courmont.

La même année, les WC de la cour du Midi sont transformés en garages (dépendances).

En 1938, l´architecte en chef Paul Gélis refait les toitures en tuiles creuses et restaure les monuments en pierre tendre de l´aile Soufflot.

Trois arrêtés de classement protègent en 1939, 1941 puis 1944, une grande partie des bâtiments au titre des Monuments historiques.

Le bâtiment D est réaménagé en 1941 afin d´y organiser des concours en chirurgie (rez-de-chaussée : autopsie, salle du jury, garçon d´amphithéâtre ; 1er étage : salle des candidats).

Le 4 septembre 1944, le grand dôme de l'hôtel-Dieu flambe après une fusillade engagée par des miliciens. En 1945, les pans de mur encore debout sont protégés par une couverture provisoire.

L´aménagement du musée est poursuivi : des vitrines pour faïences sont projetées en 1945 par Copier directeur du service architecture.

En 1946, les menuiseries métalliques des baies du grand dôme et les menuiseries de l´aile Soufflot sont restaurées.

Les copies de vitraux qui sont actuellement en place dans le réfectoire sont exécutées en 1947 pour évoquer ceux qui ont été détruits par l´explosion des ponts du Rhône lors de la libération de Lyon en 1944.

En 1951 ou 61, l´architecte des Hospices Escoffier dresse un avant-projet de pharmacie (cour actuelle de la Pharmacie au nord-est de l´établissement) rendu possible par le déplacement de la chaufferie.

La bibliothèque de l´Internat est aménagée au rez-de-chaussée et à l´entresol du bâtiment F en 1950-1952 par Copier. Le garde-corps de la mezzanine est dessiné et fourni en 1951 par les Ets Terrisse 156bis rue Moncey Lyon (constructions métalliques, serrurerie, menuiserie métallique). Barnasson et Cie Doucet proposent un avant-projet d´aménagement de salle d´exposition en 1974.

En 1955, le projet de reconstruction du grand dôme est remis à l´ordre du jour par A.J. Donzet, architecte en chef des monuments historiques. Celle-ci débute en 1957 mais est interrompue plusieurs fois pour de longues périodes. En 1957, la corniche de l´attique du grand dôme est remise en état.

L´architecte en chef Thévenot confie les travaux d´exécution à l´entreprise Pascal de Grenoble (ossature portant les caissons en béton pré-contraint et armée de câbles raidis - charpente sur laquelle sera posée la couverture de tuiles).

En 1955 et 1956, les salles Andrée-Lumière (à côté St-Sacerdos) et Ste-Claire sont réaménagées par Copier.

C´est à Eugène Selva rue Claude Veuron Lyon 7e que l´on doit l´escalier en colimaçon monté salle des sociétés savantes en 1956.

Le 7 juillet 1959, les HCL cèdent à la Ville la tranche sud du passage de l´Hôtel-Dieu afin d´élargir la rue Childebert et d´y construire sur sa rive sud de nouveaux immeubles. L´élévation sur le quai est ainsi tronquée de 4 baies.

Lors du ravalement des galeries de la cour d´Honneur, une pierre sculptée d´environ 45 cm par 25 est découverte dans le mur sud-est entre deux plaques de marbre des bienfaiteurs (1961). Elle est conservée au musée. Parallèlement, une pierre portant une inscription gothique difficilement lisible est localisée dans le même secteur : elle est à gauche de la porte munie d´une fenêtre à barreaux au sud-est du cloître.

En 1963, l´architecte en chef AJ Donzet conduit les travaux de réfection de la balustrade du bâtiment de Soufflot (aile nord) sculptée dans du calcaire de la région lyonnaise de médiocre qualité sensible à la maladie de la pierre ; de nombreux remplacements ont déjà été effectués au XIXe siècle avec de la pierre provenant des carrières de Saint-Paul-Trois-Châteaux ; il est prévu de la remplacer entièrement par de la pierre de Brauvillers, résistante au gel.

A cette occasion, l´architecte remédie à une malfaçon observée dans le comble de l´avant-corps nord (jonction des bâtiments K et N).

Le cloisonnement et la modernisation de la salle Saint-Sacerdos (bâtiment K) et ex-stomatologie sont menés par Escoffier, directeur du service Architecture des HCL la même année.

En 1964, le service de porte est réorganisé par Copier directeur du service architecture des HCL. La pharmacie est agrandie (bâtiments N, O, P).

La Sécurité sociale s´installe rue de la Barre en 1965 pour un bail de 9 ans (J. Issantier et R. Vaine arch (2Np14)).

En 1966, Donzet, architecte en chef des Monuments historiques, remplace les pots-à-feu du grand dôme. Les précédentes interventions connues datent de 1894-95 (remplacement des urnes en fonte par des urnes en cuivre, Gaget Pérignon et Cie, V. Averly fils, L. Grobon).

En 1971-1972, le groupe sculpté des trois angelots est installé en haut du grand dôme ; il est l´oeuvre des Etablissements Bourgeois, du sculpteur Bizette Lindet et des entreprises Sté Hexa Limbourg, Selva, M. Roques.

L´élévation de l´aile Soufflot côté Rhône est ravalée de 1973 à 1975.

Les deux groupes sculptés réalisés en 1843 par Carl Elschoët placés sur l´attique des avant-corps de l´aile Soufflot sont déposés pendant les travaux de réfection de la façade sur le quai Jules-Courmont : ils ne réapparaissent pas.

En 1977, les châssis du grand dôme sont remis en état.

La modernisation et la rénovation du self-service du personnel (bâtiment G) sont amorcées par l´architecte en chef des Monuments historiques Jean-Gabriel Mortamet et la société SLETTI en 1978.

Modernisation et rénovation de la maternité sont réalisées dans les années 1980.

La remise en état des façades et galeries de la cour d´Honneur a lieu en 1982 et 1983. Le déplacement des plaques commémoratives des deux Guerres mondiales dans la cour de l´Arbre se fait à cette occasion, avec création d´une plaque pour les guerres postérieures à 1945. La croix de la cour d´Honneur est restaurée.

C´est en 1981 que la remise en état de la cour Amédée-Bonnet est opérée par Vidal/Manhes/ Sletti/BETSE Caillaud sous la conduite de Mortamet.

Le centre du couple et de la famille, santé de l´homme, est agrandi et rénové de 1982 à 1984.

En 1983, une nouvelle chaufferie est construite sur la façade ouest. L´hôpital est alors raccordé au chauffage urbain.

En 1983, lors de fouilles archéologiques réalisées sur 400 m2, la partie arrière de 5 des 16 maisons détruites en 1843 est mise au jour. La première occupation du site remonte à la seconde moitié du 1er siècle après JC. Un important mobilier céramique et de verrerie de la fin de l´époque médiévale est collecté.

L´ancienne chambre mortuaire qui comportait seulement quatre emplacements est démolie à la même époque. Ce simple dépôt est remplacé par une vraie morgue, dont la capacité est plus que doublée ; un laboratoire anaphate (dissection, autopsie) est ajouté.

L´ancien réfectoire des soeurs est transformé à partir de 1983 en salle polyvalente par JG Mortamet.

Le même effectue en 1984-1985 la restauration intérieure du grand dôme et de son dallage.

La remise en état des façades sur le quai est mise à l´étude en 1990. La même année, la cour de la Chaufferie est ravalée.

Vient le tour de la cour des Cuisines en 1993-1996. Les anciennes ouvertures de la façade sud condamnées par l´ascenseur sont peintes en trompe-l´oeil tandis que les baies obturées de la façade ouest, derrière la colonnade, bénéficient du même artifice.

Les travaux du XXIe siècle

Le bâtiment D qui abrite le service d´anatomie-pathologie est réhabilité (D. Vigier architecte ?) en 2000.

L´année 2001 et les suivantes voient le transfert du service de dermatologie de l´hôpital de l´Antiquaille, sur le point de fermer, à l´hôtel-Dieu dans une partie des bâtiments E et F.

Entre 2003 et 2005, un escalier de secours métallique en acier galvanisé est installé dans la cour des Aumôniers pour sécuriser le musée des Hospices civils.

La désaffectation de l'hôtel-Dieu, amorcée au printemps 2009 dans le cadre de la resctructuration des Hospices civils de Lyon, est achevée en décembre 2010.

Enfin, l'hôtel-Dieu est classé au titre des Monuments historiques en totalité le 22 novembre 2011, sols des cours et sous-sols compris, avec l´accord des Hospices civils de Lyon, propriétaire depuis 1802. Cette protection complète les arrêtés de classement antérieurs et vise à faciliter la gestion de l´édifice bientôt voué à de nouvelles fonctions.

En guise de conclusion

S´il est bien connu que l´hôtel-Dieu de Lyon a accueilli nombre de malades, de médecins compétents et inventifs, de soeurs hospitalières dévouées, si le dossier d´Inventaire s´est attaché à démontrer l´importance urbaine, architecturale et historique de cet imposant édifice, la longue (mais néanmoins partielle) liste des travaux déroulée ci-dessus témoigne indirectement du rôle économique joué par l´hôtel-Dieu en étant, sans aucun doute, l´un des premiers employeurs et/ou commanditaires de la ville dans le secteur du bâtiment. Les registres de dépenses révèlent également, mais c´est un autre sujet, les sommes colossales et constantes consacrées à l'alimentation (plus de 3300 kg de pâtes sèches fournies par Rivoire et Carret en 1869), au linge et à l'habillement, à la pharmacie, au matériel médical ... postes importants s'il en est pour la bonne marche d´un hôpital.

Appellations hôpital du Pont du Rhône puis hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône, Hôpital général, Grand Hôtel-Dieu
Destinations hôpital
Parties constituantes non étudiées cour, boutique, chapelle, musée
Dénominations hôtel-Dieu
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 2e
Adresse : 1 place de l' Hôpital , rue Marcel-Gabriel-Rivière , 58-74 quai Jules-Courmont , 7-9 rue de la Barre , rue Bellecordière
Cadastre : 1999 AL 5

L´hôtel-Dieu est situé sur la rive droite du Rhône dans le centre historique de la ville de Lyon entre les débouchés de l´ancienne rue Confort (actuelle rue du Professeur-Louis-Paufique) et du pont de la Guillotière. L´origine de l´édifice remonte à la fin du XIIe siècle. Elle est liée à la construction du pont de la Guillotière vers 1180, l´hôpital étant attesté en 1193. Il s´agit alors d´une maison d´accueil pour les voyageurs, pèlerins et pauvres. Les premiers malades (des pestiférés) seraient accueillis au milieu du XVe s. A cette époque, la ville se développe de façon considérable, notamment grâce aux foires. La Ville ressent alors le besoin d´un véritable hôpital à son entrée, contrôlant ainsi les « pauvres errants ». En 1478, les échevins achètent l´hôpital et entreprennent immédiatement les travaux nécessaires achevés en 1493. Parallèle à la rue Serpillière qui prolonge la rue Confort jusqu´au Rhône, l´hôpital comprend un grand corps de bâtiment rectangulaire séparé en deux dans la longueur, un côté étant attribué aux femmes et l´autre aux hommes ; une chapelle est aménagée dans la partie ouest donnant sur la place de l´Hôpital. En 1507, l´hôpital prend le nom d´hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône. En 1583, le consulat confie l´administration de l´hôtel-Dieu à une assemblée de 6 notables, le rectorat. Les 21 bâtiments composant aujourd´hui l´hôtel-Dieu s´organisent en trois grands ensembles, construits du XVe au XXe siècles, et ponctués par autant de dômes. Ils s´articulent autour de 10 cours reliées par des galeries et des passages couverts. I - Les Quatre Rangs : une puissante composition du XVIIe s´appuyant au sud sur l´hôpital du XVe siècle L´augmentation continuelle du nombre de malades pousse les recteurs à concevoir l´agrandissement de l´hôpital. Il est dû aux recteurs César Laure, originaire d´Italie, et Antoine Picquet. Cet agrandissement s´appuie dans un premier temps au sud sur l´hôpital du XVe siècle. Il reste de ce dernier aujourd´hui un mur gouttereau percé de baies en arc brisé, vestige important qui mériterait une étude archéologique du bâti (bâtiment R). Les Quatre Rangs (bâtiments M, O, Q et L) forment le coeur de l´hôtel-Dieu. Cet ensemble du XVIIe siècle commencé en 1622 est composé d´un corps central, où était logée la chapelle visible de tous les malades, couvert d´un dôme (dit le petit dôme), cantonné de tourelles d´angle et de corps de bâtiments disposés en croix. Ce plan a l´avantage de dégager ainsi des cours et permet la séparation aisée des sexes et celle des blessés et des fiévreux. Si ce plan en croix est déjà adopté dans d´autres pays d´Europe (Italie, Espagne), l´hôtel-Dieu de Lyon paraît être le premier en France où est mise en oeuvre cette disposition. Les travaux sont attribués au maçon Jacques Blanc. Le dôme, essentiel à l´évacuation des miasmes des 4 ailes de dortoirs, confère un aspect monumental à la chapelle par ses proportions imposantes. Alors que sous le dôme est aménagée une chapelle permettant aux malades d´assister à la messe sans sortir du dortoir, les recteurs décident en 1637 la reconstruction de la chapelle ouvrant sur la place de l´Hôpital. Elle se dresse à l´emplacement de l´hôpital du XVe siècle dont n´est conservé qu´un mur gouttereau. Résolument tournée vers le quartier, elle se signale aux paroissiens par deux élégants clochers. Son emplacement s´explique sans doute par la présence de la chapelle occupant la partie ouest de l´hôpital du XVe siècle. Commencés par le choeur (dessins dus à Anthoine Mey, recteur, Ducellet, architecte et Regnan, maître maçon), les travaux de la façade ne débutent qu´en 1646 (Le Rupt et Chanal (ou Chana) maçons). Le long de la rue M.-G.-Rivière se dresse l´ensemble de bâtiments S, fruit de plusieurs campagnes de construction (la partie sud date de 1638) : il conserve de nombreux éléments intéressants (salles voûtées d´arêtes, escaliers des XVIIe et XVIIIe siècles, vestiges dans les caves, ...). Il est à signaler que la partie ouest du bâtiment N comporte des vestiges du XVIIe siècle. En 1706, un élégant corps de porche est réalisé, place de l´Hôpital, sur le dessin de l´architecte Jean Delamonce en collaboration avec son fils Ferdinand. Il assure ainsi la liaison entre les Quatre Rangs, la chapelle et les bâtiments annexés de la rue M.-G. Rivière. II - Le projet Soufflot : agrandissement de l´hôpital et embellissement de la ville en un siècle de travaux Le deuxième ensemble de bâtiments dépend de la longue façade sur le Rhône dominée par le grand dôme qui abritait à l´origine la chapelle des malades ouverte au nord et au sud sur les salles de malades. Il est communément appelé aile Soufflot. Il est envisagé dès le début du XVIIIe siècle dans le souci unique de construire des bâtiments simples à l´usage des malades. Puis le consulat projette de construire un nouveau quai (achevé en 1749) du pont de la Guillotière au quartier Saint-Clair associé au projet d´embellissement de la ville. Il charge alors l´architecte Soufflot de dresser le plan de l´hôtel-Dieu. Celui-ci dessine, ainsi que ses prédécesseurs du XVIIe siècle, quatre grandes salles de malades, mais au lieu de les disposer en croix, disposition qui a le désavantage de ne pas présenter de façade monumentale sur l´extérieur, il les aligne 2 par 2 de chaque côté d´une chapelle coiffée d´un dôme majestueux, permettant ainsi de déployer une longue façade sur la rive droite du Rhône : il dote ainsi la ville de Lyon d´une porte d´entrée monumentale s´ouvrant sur le Dauphiné et la route d´Italie. La rue Serpillière est englobée dans l´hôtel-Dieu et disparaît au cours de cet agrandissement. La première pierre est posée en 1741. Fin 1745, une partie seulement en est achevée. Le dôme, toujours jugé nécessaire à l´évacuation des miasmes, est édifié sous la conduite des architectes Loyer et Munet, élèves de Soufflot « monté » à Paris ; Munet en modifie la silhouette au grand dam de Soufflot. Plusieurs bâtiments sont construits perpendiculairement au bâtiment sur le quai : les bâtiments G (réfectoire des sœurs et escalier d´accès aux étages du dôme, terminé en 1747) et E (escalier monumental et grande salle ornée d´une colonnade) font partie du projet de Soufflot. La première moitié du XIXe siècle verra l´achèvement progressif, conformément au plan de Soufflot, de la longue façade sur le Rhône (295 m) prévu dès 1809 : 1821-1824 par les architectes Durand et Tissot pour le bâtiment K puis 1838-1841 par l´architecte des hôpitaux Dubuisson de Christôt pour le bâtiment A. En reconstruisant le bâtiment I (1824-1827), l´architecte Tissot dégage la vue depuis la cour sur le grand dôme. Il prolonge la colonnade au chevet de la chapelle. III - La fin du XIXe siècle : Pascalon et les structures métalliques D´autres corps de bâtiment conquièrent la partie sud-ouest sur la rue de la Barre et la rue Bellecordière. Cependant, la décision de la Ville de Lyon d´élargir la rue de la Barre, mise en oeuvre à partir de 1886, conduit rapidement à leur destruction puis à la troisième grande campagne de construction de l´hôtel-Dieu. Elle est menée de 1887 à 1893 par l´architecte Paul Pascalon et ponctuée d´un troisième dôme (dôme Pascalon). C´est la structure métallique qui distingue surtout ce dernier. Au cours du XXe siècle, l'hôpital ne fait pas l'objet de constructions importantes, mais subit de nombreux aménagements pour répondre aux besoins de l´évolution de la médecine. En 1934-35, une partie du bâtiment M est remanié afin d´y abriter les boiseries des salles classées M.H. de la Charité, hôpital voisin récemment démoli : le musée des Hospices civils est né. Trois arrêtés de classement protègent en 1939, 1941 puis 1944, une partie importante des bâtiments au titre des Monuments historiques. - Classement par arrêté du 3 janvier 1939 : le grand dôme de la façade principale et le petit dôme du cloître. - Classement par arrêté du 8 décembre 1941 : la chapelle - Classement par arrêté du 27 juin 1944 : les 4 travées de baies situées à droite et à gauche de l'entrée de la chapelle, rue de l'Hôpital, le grand réfectoire et son entrée, les façades, toitures et galeries des bâtiments entourant la grande cour, la cour Saint-Louis, la cour de l'entrée, ainsi que le sol des 3 cours, les façades, toitures et galeries du rez-de-chaussée du grand bâtiment donnant sur le quai Jules-Courmont, les galeries intérieures du grand dôme. Ces protections présentent cependant plusieurs lacunes : le libellé concernant l´entrée de Delamonce est erroné (il ne s´agit pas de 4 travées situées à droite et à gauche de la chapelle mais de 7 travées situées entre la chapelle et le bâtiment S), celui de la « grande cour » est imprécis (il s´agit de la cour de la Cuisine, la cour de l´Entrée étant la cour d´Honneur). Hormis les 2 premiers dômes, la chapelle et le réfectoire, seules les façades et toitures des Quatre Rangs et de l´aile Soufflot sont protégées. Le bâtiment O des Quatre Rangs ainsi que le corps de bâtiment E avec son très bel escalier XVIIIe et sa colonnade ne bénéficient pas de protection. En outre, au milieu du XXe siècle, le patrimoine du XIXe n´est pas encore pris en compte. Or, l´hôtel-Dieu de Lyon est également un témoin de l´architecture hospitalière de cette époque. Le 22 novembre 2011, l'hôtel-Dieu est classé en totalité, sols des cours et sous-sols compris. Enfin, le grand dôme flambe en 1944 : il n´est reconstruit qu´à partir de 1957 avec une coupole et une charpente en béton mais en reprenant le dessin de Soufflot que ses élèves avaient modifié. Conclusion L´hôtel-Dieu est l´un des édifices les plus emblématiques de Lyon tant pour son intérêt historique qu´architectural et urbain. Hôpital de la ville pendant plus de cinq siècles, il s´est développé grâce à la générosité des habitants qui ont financé presque entièrement la construction des bâtiments jusqu´au XIXe siècle. Il l´est dans l´histoire de la médecine par le nombre important de découvertes et d´innovations qui y ont vu le jour. Outre ses qualités de construction remarquables (stéréotomie, soin apporté au décor sculpté et à la ferronnerie), l´hôtel-Dieu tient une place non négligeable dans l´architecture hospitalière française et européenne en adoptant un plan en croix dès 1622. Alors que beaucoup d´hôtels-Dieu en France sont dotés de façades simples et de chapelles peu ou sobrement signalées, celui de Lyon dresse fièrement vers le ciel le dôme du XVIIe siècle, les deux clochers de la chapelle ouvrant place de l´Hôpital et le grand dôme terminé en 1764. Une quatrième chapelle est même projetée (mais jamais construite) par Soufflot à l´angle du quai et de la rue de la Barre : elle est probablement prévue en remplacement de la chapelle élevée à l´entrée du pont de la Guillotière. Enfin, le dôme Pascalon signale la dernière campagne de construction d´envergure. Par sa situation et l´ampleur de sa façade principale ouvrant sur le Rhône, l´hôtel-Dieu marque depuis 1741 l´entrée de la ville au sud et à l´est.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Laure César, maître de l'oeuvre, attribution par source
Auteur : Picquet Antoine, maître de l'oeuvre, attribution par source
Auteur : Delamonce Jean, architecte, attribution par source
Auteur : Delamonce Ferdinand,
Ferdinand Delamonce (30 juin 1678 - 30 septembre 1753)

architecte, peintre, dessinateur et graveur. Né en Bavière, a voyagé en Italie et fait une partie de sa carrière à Lyon.


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architecte, attribution par source
Auteur : Soufflot Jacques Germain, architecte, attribution par source
Auteur : Pascalon Paul, architecte de l'entreprise, attribution par source
Murs calcaire
calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile creuse, tuile en écaille
Plans ensemble concerté
Étages sous-sol, 2 étages carrés
Couvrements voûte d'arêtes
coupole
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
dôme carré
toit à longs pans brisés
croupe
lanterneau
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, suspendu
États conservations bon état
Techniques sculpture
ferronnerie
Statut de la propriété propriété d'une personne morale
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 2011/11/22

Annexes

  • Pour citer ce dossier :
  • Description des bâtiments, Maryannick Chalabi

    Description

    Situation et composition d´ensemble

    Côté ouest (côté ville), trois petites rues desservent l´hôpital. Depuis l´ouest, la rue Louis-Paufique prolonge la rue Confort. C´est la traversée ancienne de la presqu´île, qui se prolongeait jusqu´au Rhône par la rue Serpillière. Du côté nord, la rue Marcel-Gabriel-Rivière longe l´hôpital et la façade de l´immeuble d´habitation du XVIIe siècle annexé à l´hôpital.

    Du côté sud, la rue Bellecordière reprend également un tracé ancien, modifié à l´est par les démolitions liées à l´extension de l´hôpital au XIXe siècle. Des entrées secondaires (entrées de service) sont ouvertes vers la cour de la Chaufferie et la cour de l´Internat et par un passage couvert sous le bâtiment D vers la cour du Midi.

    La rue Bellecordière débouche dans la rue de la Barre, voie également ancienne, au débouché dans la ville du pont de la Guillotière, mais qui a été élargie au XIXe siècle, en particulier lors de la construction des bâtiments sud de l´hôpital.

    La construction, à partir du milieu du XVIIIe siècle, de la grande façade de l´hôpital (295 m) sur le quai du Rhône, à la place du mur d´enceinte, a fait basculer l´appréhension de l´édifice, qui n´est plus tourné vers l´intérieur de la ville, mais vers l´est, les quais du Rhône devenant alors à la fois axe de circulation et lieu de promenade. Deux passages couverts sont ouverts dans cette façade, au nord vers la cour de la Pharmacie, et au sud vers la cour Bonnet. De plus, la grande porte centrale ouvre sur un vestibule traversant. La transformation des quais de la rive droite en 4 voies rapides au milieu du XXe siècle a, malheureusement, changé cette perception ; c´est de la rive gauche du Rhône que l´on apprécie le mieux désormais l´architecture de l´hôtel-Dieu, mise en valeur la nuit par l´éclairage de la ville.

    L´entrée « historique » et la cour d´Honneur

    L´entrée « historique », dessinée par Jean Delamonce, se trouve place de l´Hôpital, dans un bâtiment formant corps de passage, flanqué de deux ailes, symétriques en façade, dissymétriques en plan. L´angle sud-ouest du dôme des Quatre Rangs est aligné dans la perspective de l´entrée du bâtiment. Elle ouvre sur la cour d´Honneur, par un corps de passage couvert d´une coupole. Côté rue, l´architecte a su tirer parti d´un emplacement étroit et resserré pour développer une entrée recherchée sans être ostentatoire : le plan incurvé permet de dégager un avant-corps classique, avec le portail flanqué de colonnes et surmonté d´un important fronton architecturé. Le tympan en bois du portail (par le sculpteur Simon Guillaume) est sculpté en bas-relief de la scène de Jésus guérissant les malades.

    Côté cour, le corps de passage est marqué par un avant-corps, à chaînes d´angle en bossage ouvrant en rez-de-chaussée par une arcade plein-cintre ponctuée d´un angelot à la clef. A l´étage, la fenêtre est feinte, avec garde-corps à balustres de pierre, double encadrement mouluré et pilastres avec chapiteau à feuille d´acanthe. L´avant-corps est surmonté d´un fronton sculpté d´un AM au-dessus d´un coeur, le tout dans des nuées rayonnantes.

    Ce corps de porche et ses deux ailes sont couverts d´ardoises en écaille.

    Ce corps ouvre de chaque côté sur les galeries de la cour d´Honneur, par un arc en plein cintre mouluré.

    La cour est entourée sur chacun de ses côtés par une galerie voûtée d´arêtes, portées côté cour par des piliers carrés reposant sur un mur bahut.

    Sur les murs des galeries se trouvent appliquées des plaques de marbre avec le nom des donateurs, installées au XIXe siècle :

    dans l´angle nord-est, contre le mur du bâtiment M, 1er nom de donateur : 1482.

    De chaque côté de la porte centrale du bâtiment M (accès aux salles du Conseil et des Vieux Livres, inscription gravée sur le linteau : SALLE DU CONSEIL DE 1626 A 1937, une plaque avec couronne de chêne ; côté nord, angle est, la dernière date est 1911, angle ouest, la dernière date est 1932.

    Sous la galerie sud, contre le bâtiment R, est apposé le médaillon en relief d´Antoine Charial, administrateur de l´hôtel-Dieu, 1925-1965, signé P. Penin et sous la galerie nord, contre le bâtiment Q, celui de François Rabelais, signé L. Rousselon.

    Au centre de la cour, une croix sous deux magnolias porte l´inscription côté sud-ouest (en face de l´entrée) : L´AN M.DCCC.XIII.LES ADMINISTRATEURS / REUNIS AUX BIENFAITEURS DES HOSPICES / PARMI LESQUELS ON DISTINGUE LA SOEUR OLARD / FIRENT ELEVER CE MONUMENT A LEURS FRAIS

    La cour est fermée vers l´intérieur par des grilles en fer forgé au sud-est vers les cours de l´Arbre et de la Cuisine et au nord-est vers la cour de l´Arbre.

    La cour d´Honneur est entourée de quatre corps de bâtiments : au nord et à l´est, deux corps des Quatre Rangs (bâtiment M et Q), au sud, le corps R, vestiges de l´hôpital des XVe et XVIe siècles ; à l´ouest le corps S construit au milieu du XVIIe siècle.

    Les façades donnant sur la cour présentent des fantômes de plaques (peut-être les armoiries de donateurs bûchées à la Révolution ?).

    Bâtiment R, au sud de la cour d´Honneur

    Ce bâtiment, simple en profondeur, présente sur la cour d´Honneur une façade différente (fenêtres des 1er et 2e étages) des bâtiments des Quatre Rangs.

    Il est accessible depuis la galerie sud par deux portes, dont une porte architecturée, à l´extrémité est de la galerie. Cette porte conserve en remploi sur sa gauche, une pierre gravée d´une inscription gothique, bûchée et pratiquement illisible.

    Cette porte ouvre aujourd´hui sur un local de ménage communiquant avec une cour très étroite séparant le bâtiment R de l´élévation nord de la chapelle, cour également accessible par la porte ouest sous la galerie. Cette cour est en grande partie occupée par l´escalier de secours du musée.

    Derrière cet escalier, au fond de la cour, une porte ouvre sur un couloir ouest-est débouchant sur une courette. Ce couloir (passage ?) est voûté en berceau sous un faux-plafond : 2 départs de voûtes côté passage et retombées contre le mur nord du local ménage sont visibles. A l´extrémité est de ce passage une porte (grille métallique doublée) ouvre dans la galerie faisant communiquer la cour d´Honneur et la cour de la Cuisine, par un degré de 3 marches.

    La porte ouest sous la galerie du bâtiment R ouvre sur un passage, distribuant un dessous d´escalier à droite, et des pièces à gauche, actuellement débarras, carrelées en carreaux de terre cuite (carreaux de Verdun). Les portes sont à huisseries à tables.

    Face à la porte de la galerie, de l´autre côté de la cour, est percée l´entrée latérale de la chapelle.

    A droite, un escalier extérieur, à trois volées (5-8-8 marches), en pierre, à limon chanfreiné, avec dessus des marches en bois, et garde-corps en métal (XVIIe ou XVIIIe siècle) conduit à une galerie construite le long du bâtiment R. La galerie a un sol de carreaux de terre cuite et un garde-corps en métal (XIXe siècle).

    Plusieurs portes ouvrent sur la galerie :

    de l´ouest vers l´est, une porte en arc brisé, à large ébrasement chanfreiné, avec une reprise au-dessus pour un encadrement rectangulaire mouluré ; l´huisserie date du XVIIe s. ; une autre porte également en arc brisé à large ébrasement chanfreiné, avec une huisserie XIXe à gros gonds.

    La 1ère porte ouvre sur une pièce, éclairée par deux fenêtres ouvrant sur la cour, communiquant à l´ouest avec une pièce dotée d´une cheminée en marbre veiné gris rose. Au fond (côté nord-ouest), une porte condamnée (communication avec la pièce voisine du corps de porche décrite ci-dessous). Cette pièce est éclairée de 3 fenêtres.

    La 2e porte (à l´est) ouvre sur deux pièces cloisonnées : à l´ouest, une pièce avec placard côté galerie installé dans une ancienne porte dont subsiste le revers de l´huisserie en bois, avec grosses ferrures ; et une seconde pièce à l´est, avec parquet à chevrons ; au fond, côté galerie, placard aménagé dans une ancienne porte en arc brisé.

    Toutes les pièces de la galerie ont un plafond à grosses solives enduites.

    A l´extrémité de la galerie subsiste un petit corps de bâtiment en pan de bois et briques, sur 2 étages (brique marquée Vve Maï [e ou b] / Limonest (R[hône]), ouvrant sur la galerie ; la partie est dépend du musée.

    Le mur de la galerie se poursuit à l´extrémité du bâtiment M, où l´on retrouve deux portes en arc brisé.

    Au niveau du 2e repos de l´escalier, une volée de 9 marches en pierre part vers l´ouest ; vers le sud, montée d´escalier étroite vers la chapelle (vers le clocher et le triforium).

    L´escalier débouche sur un palier en pierre distribuant une porte à l´ouest. La porte ouvre sur un appartement de 3 pièces. Les 2 premières pièces, en enfilade, ouvrent sur la place de l´Hôpital, par des fenêtres à grilles à barreaux losangés enchâssés à mi-fer et non scellés dans l´appui de fenêtre ; la 3e ouvre sur la cour d´Honneur.

    Les pièces côté rue de l´Hôpital ont sans doute un parquet sous le linoléum ; elles sont couvertes par de fausses voûtes en arc-de-cloître avec fortes solives, le tout enduit. Dans la première pièce, éclairée par une fenêtre, se trouve une cheminée à hotte saillante formant trumeau. Le manteau de la cheminée est en pierre, couvert d´une planche de bois ; le manteau mouluré est orné d´un motif de cartouche à l´avant ; les piédroits semblent avoir été surhaussés en leur milieu (interruption des moulures). La hotte est moulurée en tables sur les côtés et ornée sur le trumeau d´un médaillon avec tête d´homme de profil en demi-relief (Louis XVI) entouré d´une guirlande tombant en chute. L´ensemble est empâté par une épaisse couche de peinture.

    La cheminée est complètement plaquée dans l´angle de la pièce : peut-être une construction réutilisant une ancienne hotte au moment de la construction du corps de porche et du raccord avec les anciens bâtiments de l´hôpital ? La surélévation de la cheminée pourrait correspondre à l´abandon du foyer, remplacé par un poêle (la hotte est actuellement bouchée avec seulement un orifice pour un tuyau de poêle).

    A gauche de la cheminée, un grand placard occupe tout le reste du mur : placard à 2 portes, l´une à 1 battant, la seconde à 2 battants, corniche largement saillante ; la porte à 2 battants conserve une entrée de serrure et une clef XVIIIe.

    La 2e pièce est éclairée par deux fenêtres. De chaque côté de la porte d´entrée se trouvent deux encoignures.

    Le fond de la pièce est occupé par un placard en saillie sur le mur, avec porte à 2 battants ; le mur au fond du placard épouse la direction du corps de porche.

    Cette pièce communique avec la pièce côté cour par une porte avec loquet XVIIIe ; le seuil est en pierre dorée.

    La pièce côté cour a été cloisonnée dans un aménagement récent. Le mur gauche épouse la direction du corps de porche. La partie de cette pièce ouvrant sur la cour d´honneur conserve un parquet en marqueterie.

    Au-delà du palier distribuant l´appartement ci-dessus, l´escalier continue en bois, vers une galerie également en bois, avec garde-corps (escalier et galerie) à barreaux en bois tourné. L´escalier compte une volée droite de 5 marches, 2 tournantes, une volée de 7 marches, 3 tournantes, un repos et une volée de 5 marches. Au niveau du repos, la galerie est soutenue par un corbeau en pierre dorée, ave marque de tâcheron H.

    Au 2e étage, le long de la galerie : 3 pièces en enfilade avec des placards du XIXe siècle ; la 3e porte conserve des ferrures XVIIe au revers.

    Le 2e étage sur la place de l´Hôpital est un étage de combles ; un couloir côté place passe au-dessus du corps de porche. La pièce au-dessus du corps de porche est éclairée par deux oculi de part et d´autre d´un ressaut dessinant le corps de porche.

    Bâtiments S, à l´ouest de la cour d´Honneur

    C´est un ensemble complexe, car il est composé de deux bâtiments distincts : au sud, un bâtiment construit pour l´hôpital au XVIIe siècle, et au nord, d´anciens immeubles d´habitation achetés par les recteurs de l´hôtel-Dieu et reliés au bâtiment nord par des constructions transformées plusieurs fois. L´ensemble a une façade alignée sur la rue Marcel-Gabriel-Rivière.

    A droite du porche, un escalier intérieur métallique, en vis, conduit au 1er étage encore occupé par un bloc opératoire.

    Le rez-de-chaussée sous la galerie ouest accueille la bibliothèque, puis le bureau des entrées (refait).

    Dans les locaux occupés par la stomathérapie reste une salle voûtée d´arêtes retombant sur 2 colonnes centrales à chapiteau et base toscans. Des plans anciens indiquent 4 colonnes en carré, les 2 autres situées plus au nord, ont peut-être été détruites lors de la construction de l´ascenseur du bâtiment S, entrée C. Les bases de ces colonnes se retrouvent dans la cave de ce bâtiment (cf. ci-dessous paragraphe Caves).

    A l´extrémité nord, l´entrée du bâtiment en bout de galerie débouche sur un espace entièrement refait, mais qui conserve au nord-est une salle voûtée d´arêtes, la salle Saubier.

    Etages du bâtiment S côté sud

    1er étage : du nord au sud : entrée par l´escalier moderne du corps central, puis le bloc opératoire, puis une salle avec plafond à solives apparentes

    2e étage : une arcade ouvre sur les locaux de l´ophtalmologie

    3e et dernier étage : l´aile traversante cour d´Honneur rue Rivière communique avec le dernier étage du bâtiment Q (désaffecté).

    Bâtiment nord

    En milieu de bâtiment, les étages sont desservis par un escalier tournant à retours sans jour, dit escalier de la Cloche, à deux volées, à mur noyau plein, se terminant en arrondi au niveau des repos et des paliers.

    Une arcade plein cintre supporte le palier du 1er étage au départ de l´escalier. Au niveau des repos couverts de voûtes à pénétration, une grande arcade supporte le palier supérieur côté mur de cage. Les paliers sont voûtés de deux travées d´arêtes.

    Cet escalier dessert les deux corps de bâtiment nord et sud. Il ouvre sur une cour intérieure côté sud, occupée par des constructions au rez-de-chaussée et au 1er étage, cour intérieure de l´immeuble d´habitation annexé.

    2e étage : côté nord, un couloir (carrelé en noir et blanc) tourne autour de la cage d´escalier et de la cour intérieure, et donne accès par trois marches descendantes à l´aile nord du bâtiment S, desservie par un couloir longitudinal (sud-nord) avec plafond à grosses poutres et solives apparentes distribuant une succession de pièces ouvrant à l´est.

    Au bout de ce couloir, au sud, un escalier en vis en pierre, dans une cage aveugle, mène vers les bureaux de l´assistante sociale. C´est l´escalier dit de la Corde, dont le départ se situe au 1er étage du bâtiment Q.

    Au 3e étage : même disposition de couloir et de pièces.

    Au 4e étage : porte avec ferrure ancienne, garde-corps en pierre pour le dernier palier de l´escalier.

    Les Quatre Rangs

    L´hôpital du XVIIe siècle est composé d´un corps central plus élevé et couvert en dôme, cantonné de tourelles d´angle et de quatre corps de bâtiment (Q, O, M et L).

    Les bâtiments d´origine comprennent 3 niveaux : rez-de-chaussée, étage carré et étage de comble ; à l´exception du bâtiment M, l´étage carré a été recoupé.

    Le dôme des Quatre Rangs

    Le dôme est cantonné de tourelles d´angle couvertes de toits en pavillon. Au rez-de-chaussée, les tourelles sud sont ouvertes et forment passage ; le rez-de-chaussée de la tourelle nord-ouest est fermé et intégré dans le bâtiment Q ; en outre, une cage d´ascenseur lui a été accolée ; une cage d´escalier a également été accolée à la tourelle nord-est. Au dernier étage, le dôme est entouré d´une galerie qui traverse les tourelles.

    Le dôme et les tourelles sont couverts de tuiles écailles vernissées. Les tourelles sont sommées d´épis de faîtage et le dôme est couronné d´un lanternon surmonté d´une croix.

    L´entrée du dôme se fait au sud, à partir de la galerie reliant la cour d´Honneur à la cour de l´Arbre, par un passage couvert (sol et plafond refaits).

    Le vestibule au départ de l´escalier (base de la tourelle nord-est) est couvert d´une voûte en berceau plein cintre à pénétration : à gauche s´ouvre une porte en bois doublée d´une grille en métal. Inscription à la craie : ATELIER EVRA(M...] ; côté cour de la Pharmacie, l´arcade qui ouvrait le rez-de-chaussée de la tourelle sur l´extérieur est fermée d´une vitre.

    L´atelier est une petite pièce voûtée en berceau, très cimentée.

    Sous l´escalier : petit local ouvrant côté ouest par deux portes murées.

    L´escalier desservant le 1er étage est tournant à retours sans jour, à 2 volées (15-15 marches) ; murs de la cage à décor de table ; garde-corps en fer forgé, qui a été reconstruit hors-oeuvre et qui se poursuit à partir du 1er étage par l´escalier en vis d´origine, avec un jeu de trompes.

    Les deux premières volées de l´escalier sont éclairées par une baie en arc segmentaire du côté est, et deux baies jumelées en arc segmentaire du côté nord.

    Au mur du repos de l´escalier est inséré un tableau en carreaux de terre cuite émaillée, oeuvre de Myriam Bros (1918-2003) réalisée en 1954. Signé daté M BROS 54, c´est un don du professeur Jean Favre-Gelly, professeur d´hématologie clinique, C. A. HCL, 13/10/2004.

    1er étage du dôme

    Au premier étage, l´escalier débouche dans le bâtiment L (petit vestibule aménagé desservant à l´ouest le dôme).

    Sol carrelé noir et beige. Grandes arcades en anse de panier en grande partie murées sur chaque face : ouvertes par des portes rectangulaires vers le nord (bâtiment O), l´ouest (bâtiment Q), et l´est (arrivée de l´escalier), par une porte rectangulaire à huisserie et encadrement en bois sculpté au sud (bâtiment M). Les demi-étages établis dans les bâtiments O et Q sont éclairés par une baie vitrée donnant sur le dôme.

    Au-dessus de la porte du musée inscription Musée Archives. Tympan en bois sculpté en haut-relief : livre ouvert, croix, branche d´olivier, palmes. Dans l´angle nord-est, bénitier en marbre (brèche), à cuve à godrons.

    Une plaque en marbre, rapportée contre le mur, est à la mémoire du professeur Mathieu Jaboulay.

    Au centre se dresse un autel biface en marbre sur une estrade de 2 marches, le tout entouré d´une grille en fer forgé, à main courante de laiton. Cet autel a été reconstitué. Après la Première Guerre mondiale, il était entreposé dans les caves. Il a été restauré par les Amis de l´Hôtel-Dieu (renseignement Ch. Rousset).

    2e niveau du dôme : 3 baies sur chaque face, au-dessus d´une large table flanquée de guirlandes et de chutes de lauriers, baies en anse de panier à encadrement mouluré orné de roses.

    3e niveau du dôme : coupole avec lanternon : 3 baies à agrafes moulurées (XVIIIe siècle), chutes de végétaux (chêne, laurier...). Au-dessus de la baie centrale, médaillon ovale à rubans noués.

    A la base du lanternon, l´intrados est orné d´une guirlande de chêne cantonnée d´écoinçons où se logent fruits et feuilles d´acanthe se prolongeant en chutes végétales ; l´intérieur du lanternon octogonal présente un décor de tables verticales.

    Les 2e et 3e niveaux sont peints (peinture très écaillée).

    L´accès à la galerie et à la charpente du dôme

    L´escalier en vis est construit dans la tourelle d´angle nord-est et éclairé par une fenêtre vers la cour de la Pharmacie à l´est.

    Développement de l´escalier : une volée de 15 marches, un repos, une porte condamnée vers le bâtiment O, 8 marches, une porte vers le musée, une petite baie rectangulaire verticale vers l´est, une baie rectangulaire horizontale vers le nord, 21 marches, une porte vers le bâtiment Q, 3 marches, un repos, 4 marches, une porte vers le dernier étage du bâtiment L, une fenêtre rectangulaire verticale vers l´est, une semblable vers le nord, une petite fenêtre carrée vers l´ouest, 21 marches, un repos, une porte avec 3 marches ouvrant à l´ouest sur le toit du bâtiment O, une fenêtre au sud sur le toit du bâtiment L, une fenêtre vers l´est et une vers le nord, 27 marches.

    En haut de l´escalier en vis, une fenêtre ovale vers l´est et une vers le nord ; 2 portes en angle, une à l´ouest et une au sud. La porte sud ouvre sur la galerie entourant le dôme et conduisant à la tourelle sud-est.

    Les fenêtres du 3e niveau du dôme sont des fenêtres à petits carreaux, à encadrement métallique, chaque carreau étant maintenu par des clavettes en métal. Des inscriptions de pose sont gravées sur les encadrements : F I, F II, F III, F IIII ; E I ... ; D I ...

    Tourelle sud-est : sol en carreaux de Verdun, 2 fenêtres ovales vers l´est et le sud. L´encadrement de la porte vers la galerie sud porte des marques de tâcherons.

    Au sud même type de fenêtre avec inscriptions S 1, S 3 (à l´envers) ; B III ; A II, A IIII ...

    Tourelle sud-ouest : mêmes marques de tâcherons, même sol en carreaux de Verdun, mêmes fenêtres ovales au sud et à l´ouest. Une échelle en bois descend vers une petite pièce en dessous, éclairée par une grande fenêtre barlongue au sud et à l´ouest ; une échelle en bois descend vers une pièce encore au-dessous.

    Galerie ouest : même type de fenêtres et d´inscriptions : L 3, L 4 ; K III, K IIII ; J III, J IIII

    Tourelle nord-ouest semblable : fenêtres ovales à l´ouest et au nord. Echelle en bois vers une pièce en dessous éclairée par une fenêtre au sud, à l´ouest et au nord.

    Galerie nord : même type d´inscriptions I III, I II ; H III, H IIII ; G III (à l´envers)

    Depuis la galerie est, une porte en bois surélevée conduit à la charpente du dôme.

    1er niveau de charpente = charpente du dôme intérieur 2e niveau de charpente = charpente du dôme extérieur, avec au centre le lanternon construit en pierre et habillage brique et bois enduit de plâtre.

    Le lanternon octogonal est recouvert de graffitis, entre autres : côté sud, en cursive, REPUBLIQUE / FRANCAISE / 1878.

    Bâtiment Q, au nord de la cour d´Honneur

    Le rez-de-chaussée du bâtiment est occupé au nord-est par la salle d´attente des urgences dentaires, salle avec lambris de hauteur moulurés et sculptés. Une cheminée en marbre rouge et blanc (brèche), à manteau chantourné, mouluré, avec feuille d´acanthe au centre, occupe le mur nord. Elle conserve sa plaque de cheminée en fonte, chantournée, moulurée, à décor en demi-relief fondu : deux colonnes surmontées d´une fleur de lys, une tête de femme de chaque côté, une fleur de lys en haut, au milieu ; inscription : 1764 / . / HOTEL / DIEU

    Un P est fondu en creux dans la plaque en fonte de l´ébrasement droit.

    Le conduit de la cheminée est muré.

    Cette pièce communique au nord avec le rez-de-chaussée de la tourelle d´angle nord-ouest du dôme des Quatre Rangs : rez-de-chaussée voûté d´arêtes, avec une arcade sur 3 côtés, sauf vers la salle aux boiseries.

    Ce rez-de-chaussée était probablement ouvert sur les côtés ouest et nord ; la cage d´ascenseur y a été accolée. Côté est (galerie du bâtiment O) se trouve une grande arcade fermée (ouverte à l´origine ?).

    Autrefois, la pharmacie occupait le rez-de-chaussée du bâtiment Q.

    1er étage : (stomatologie + bloc opératoire) refait

    2e étage (ophtalmologie) ouvre à l´est sur le dôme. Refait

    3e étage refait

    Bâtiment O, entre la cour du Magasin et la cour de la Pharmacie

    Le bâtiment O est mitoyen avec deux bâtiments en rez-de-chaussée, le bâtiment P à l´ouest, et une aile en retour sur la cour de la Pharmacie à l´est ; il communique au rez-de-chaussée avec ces deux bâtiments ; il est également mitoyen au nord avec l´immeuble d´habitation rue Childebert.

    La façade occidentale est repercée d´une rangée de fenêtres au niveau de l´entresol. Au-dessus de la porte nord, côté cour de la Pharmacie, il y a une plaque gravée PHARMACIE.

    Un petit corps d´un étage (cage d´escalier) a été construit dans l´angle du bâtiment et de la tourelle nord-est du dôme.

    Ce bâtiment est longé au sud par une galerie qui relie la cour d´Honneur à la cour de l´Arbre, et ouvre au nord sur le passage d´accès à l´escalier des Quatre Rangs ; et à l´ouest par une galerie qui le sépare au rez-de-chaussée du bâtiment Q, et relie la cour d´Honneur et la cour du Magasin côté ouest, ainsi que la cour de la Pharmacie par un passage couvert côté est (la pièce ouvrant sur ce passage est refaite). Cette galerie est voûtée en berceau à pénétration dans la partie sud, et voûtée d´arêtes au nord

    Le rez-de-chaussée est occupé par une pièce (actuellement cloisonnée) voûtée en berceau à grande pénétration, éclairée par deux fenêtres jumelées et biaises à petits carreaux et barreaux losangés emboîtés, l´une au sud (actuel vaguemestre), l´autre à l´ouest. Le mur oriental est également percé d´une baie rectangulaire plus élevée, avec le même barreaudage, d´une porte de cave avec degré descendant de 3 marches et linteau sur coussinets, et d´une fenêtre rectangulaire verticale à petits carreaux.

    Le mur occidental de la galerie supporte les retombées de la voûte : côté nord, très large retombée (145 cm) avec marques de tâcherons (un X dans un H).

    Trois pierres tombales provenant du cimetière de la cour P ont été fixées contre le mur ouest :

    au nord, pierre tombale d´Elisabeth Temple, 1736 ;

    au centre, pierre tombale d´Elisabeth Dandy, 1786 ;

    au sud, pierre tombale DvB dans un écusson, XVIe s. ( ?)

    Entresol et 1er étage refaits, escalier moderne

    Etage d´attique : accès par l´escalier en vis du musée (condamné).

    Etage de comble : charpente et lanternon ; à mi-bâtiment au nord-est, petite pièce voûtée en berceau longitudinal. L´extrémité nord du bâtiment conserve un plancher à chevrons et une charpente apparente (réserves du musée).

    Bâtiment M, à l´est de la cour d´Honneur

    Bâtiment construit entre la cour d´Honneur et la cour de l´Arbre, cour surélevée, sans doute créée au moment de la construction du bâtiment sur le quai ; le rez-de-chaussée de la façade orientale est précédé d´un dégagement pavé relié à la cour de l´Arbre par un degré extérieur.

    Les baies du 1er étage de cette façade ont été modifiées lors de l´aménagement du musée : fenêtres en plein cintre à chaque extrémité, rectangulaires de taille différente au centre (aménagement du musée) ; ces fenêtres conservent une vitrerie à petits carreaux, huisserie métal et poignées extérieures.

    La tourelle sud-est du dôme, ouverte sur 3 côtés, ouvre sur la salle des Vieux Livres par une porte rectangulaire.

    Contre le pignon sud est élevé le monument à Marcus Panissod, mort en 1737.

    L´entrée dans le bâtiment se fait par un vestibule refait.

    A droite, la salle du Conseil, lambrissée avec pilastres et chapiteaux ; le plafond est à grosses solives apparentes.

    Entre cette salle et la galerie sud, débarras avec demi arcade contre le mur ouest.

    A gauche se trouve la salle des Vieux Livres : quatre voûtes d´arêtes reposent sur une colonne centrale ; la voûte d´arêtes nord-est est à lunette. La fenêtre nord ne s´intègre pas harmonieusement à la lunette (repercée ?). Les voûtes reposent sur cinq culots rectangulaires et quatre culots d´angle.

    1er étage : salles du musée, accessibles par l´escalier du dôme :

    du côté ouest, aménagement d´un long couloir qui débouche au sud sur l´extrémité du bâtiment R : la dernière pièce de ce couloir est aménagée dans l´angle du bâtiment R (bureau du conservateur) ; elle est close, coté sud, par le mur subsistant du XVe siècle (cf bâtiment R) : porte en arc brisé ouvrant sur des toilettes (bâtiment en pan de bois sur la cour de R), plafond à poutres apparentes, sol revêtu de linoléum.

    Ce mur se poursuit vers le nord : une porte en arc brisé ouvre sur le vestibule d´un escalier en bois aménagé à l´extrémité du bâtiment R (corps de bâtiment en pan-de-bois). Le mur se termine par un angle massif et dessine un petit couloir d´accès à la tribune de la chapelle, par un degré de 4 marches.

    Au-delà, un petit corps de bâtiment en pan-de-bois, entre deux courettes.

    Au-delà, une pièce avec, côté sud, une grande arcade aménagée au-dessus d´une fenêtre ouvrant à l´extrémité de la galerie de I.

    2e salle du musée, salle Lacassagne : aménagée pour recevoir les boiseries de la salle du Conseil de l´hôpital de la Charité (classées MH), réalisées en 1744-1745 par Sébastien Tardy, cheminée par Michel Perrache sculpteur (1686-1750). Quatre fenêtres refaites côté cour de l´Arbre. Parquet en point de Hongrie.

    3e salle refaite pour accueillir la salle des Archives de l´hôpital de la Charité (boiseries réalisées en 1741-1742 ; classées MH) : 2 fenêtres refaites côté cour de l´Arbre ; parquet en marqueterie.

    4e salle : apothicairerie de la Charité (classée MH)

    2e étage : sol et plafond refaits

    Tour d´angle sud-est du dôme, sur la cour de l´Arbre : voûtée d´arêtes. Marques de tâcherons A M sur les encadrements de fenêtres ; dalles gravées I F au sol.

    Bâtiment L, entre la cour de l´Arbre et la cour de la Pharmacie

    Ce bâtiment est plus court que les trois autres bâtiments des Quatre Rangs, car il a été tronqué à l´est lors de la construction du bâtiment sur le quai.

    Il est construit entre la cour de l´Arbre au sud et la cour de la Pharmacie au nord.

    Les plaques commémoratives des guerres sont apposées sur la façade sud.

    La façade nord ouvre sur la cour de la Pharmacie ; un puits à à balancier est construit contre cette façade.

    Le rez-de-chaussée est accessible par la cour de la Pharmacie : il a été refait.

    Le 1er étage est accessible par l´escalier du dôme.

    Musée : la salle Mathieu Varille conserve son volume d´origine, avec fenêtres hautes en plein cintre de chaque côté et plafond à grosses solives soutenues par des consoles ; elle est dotée d´un parquet à l´anglaise.

    Contre le mur ouest (anciennement ouvert sur le dôme), passage avec porte au rez-de-chaussée et au niveau de la tribune construite contre le mur sud vers le bâtiment O.

    Dans cette salle, côté nord, remontage du meuble de la pharmacie de l´Hôtel-Dieu, en noyer sculpté.

    2e étage : contre le dôme, extrémité de la ferme contre le mur pignon ; escalier moderne.

    Bâtiment N, sur le quai du Rhône, à l´est de la cour de la Pharmacie

    Bâtiment contigu au porche d´entrée nord sur le quai, ouvrant à l´ouest sur la cour de la Pharmacie, mitoyen au nord avec l´immeuble construit après la démolition du passage de l´Hôpital.

    Le bâtiment N et sa jonction avec le bâtiment K sont complexes. Le bâtiment N comporte deux corps de bâtiments accolés : côté ouest un bâtiment du XVIIe siècle dont la façade a été repercée au XIXe, côté est sur le quai, l´extension du bâtiment K. Alors que côté quai, le passage couvert est intégré dans l´avant-corps du bâtiment K, côté cour, il fait partie du bâtiment

    Le rez-de-chaussée du bâtiment N, côté cour (pharmacie), accessible par une porte nord, est voûté d´arêtes. Il correspond côté quai au rez-de-chaussée des boutiques 41 à 38. Au nord, un escalier moderne conduit aux étages ; le bâtiment communique à l´ouest avec l´aile nord du bâtiment O.

    Au sud, une porte ouvre sur un escalier tournant à retours sans jour, à deux volées (12-13 marches), à mur-noyau plein, aux paliers et repos voûtés d´arêtes. Les marches sont refaites.

    A l´entresol, les pièces côté cour sont refaites. Un couloir nord-sud partage le bâtiment ; les pièces côté quai sont accessibles par deux degrés de 3 marches (limite entre les corps de bâtiment ouest et est).

    Le 1er degré conduit à l´entresol des boutiques n° 39 et 38, voûté d´arêtes. Au-dessus de la boutique 38, la voûte retombe sur une console marquant l´angle du corps de porche. Le revers de l´angle arrondi du porche donne sur une pièce aveugle. Pièce voûtée d´arêtes au-dessus du corps de porche ; une porte condamnée donne sur le bâtiment K.

    Le 2e degré donne sur les entresols des boutiques 40 et 41 également voûtés d´arêtes.

    De nombreuses baies d´entresols des bâtiments N, K et B conservent des garde-corps en fer forgé.

    1er et 2e étages refaits.

    L´escalier rampe sur rampe monte jusqu´au 2e étage, puis se poursuit par une surélévation.

    Au 3e étage, la partie nord est un grenier ; la partie sud est encore affectée à des services de consultations, accessibles par une autre entrée.

    Au 4e étage, côté cour, le comble est occupé par un système de ventilation et de chauffage GENIN SA.

  • Description des bâtiments des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, et des caves, Maryannick Chalabi

    Les bâtiments conçus par l´architecte Soufflot, dits aile Soufflot

    Les bâtiments alignés le long du quai du Rhône se composent de plusieurs corps de bâtiment, symétriques par rapport au dôme central (H) : de part et d´autre du dôme, les corps identiques B et K et aux extrémités, les corps A et N qui se répondent sans être exactement semblables.

    Les bâtiments B, H, K, quoique érigés en plusieurs campagnes de construction, correspondent au projet de Soufflot ; les extrémités A et N suivent la ligne générale de la façade, mais s´éloignent dans la conception architecturale du projet d´origine : rez-de-chaussée en bossage continu sur toute la longueur du bâtiment ; baies surmontées de draperies et de guirlandes pour le bâtiment central (B, H, K).

    Ces bâtiments sont tous longés sur leur façade occidentale par une galerie voûtée d´arêtes.

    Bien que l´on parle d´aile Soufflot, plusieurs corps de bâtiment perpendiculaires sont également conçus par l´architecte du XVIIIe siècle.

    Le dôme Soufflot ou grand dôme (bâtiment H)

    Le dôme qui marque le centre du bâtiment sur le quai s´élève sur trois niveaux, surmontés du dôme couronné d´un lanternon.

    La façade orientale est naturellement la plus ornée : étage ponctué de colonnes, mise en valeur de la travée centrale.

    Les statues de Childebert et d´Ultrogothe rappellent la tradition avancée depuis le XVIIe siècle de la fondation de l´hôtel-Dieu par le roi mérovingien et son épouse, le fronton aux armoiries royales la condition d´hôpital général de l´hôtel-Dieu au XVIIIe siècle, et la protection de la famille royale pour la poursuite des travaux en 1820.

    La façade occidentale ouverte sur la cour de la cuisine reçoit naturellement une décoration plus sobre, mais tout aussi soignée.

    Enfin le dôme est entouré de pots à feu et le lanternon surmonté de trois angelots.

    Le bâtiment ouvre sur le quai par une porte monumentale (actuellement condamnée) qui dessert un vaste vestibule formant passage vers la cour de la Cuisine.

    Le passage est couvert d´une voûte d´arêtes soulignées de moulures plates, retombant sur des colonnes renflées, dégagées du mur, à chapiteau toscan et base dorique. A chaque angle, une architrave relie la colonne aux pilastres des murs, et une arrière-voussure en anse de panier assure la liaison avec les murs.

    Le sol est en marbre et pierre polie. Une bande noire marque le passage entre la travée d´entrée côté quai et le vestibule ; le sol de l´entrée est en losanges sur pointe.

    La porte, côté quai, est composée de tables pleines dans la partie inférieure, vitrées dans la partie supérieure. Les parties vitrées sont protégées à l´extérieur par des grilles en losange dont les croisillons sont masqués à l´extérieur par des motifs ornementaux ; elles se ferment par un système d´espagnolette, repercée d´un coeur. Les parties pleines pouvaient-elles s´ouvrir à l´origine ? Elles sont actuellement maintenues par un système d´écrous

    Le tympan de menuiserie est ouvert par une baie rectangulaire oblongue vitrée, protégée à l´extérieur par une grille en losange. Il est maintenu par des pentures sur les côtés et en retour.

    Les gonds sont maintenus par trois pentures chantournées et repercées. Les pentures du haut et du bas se retournent le long des traverses, et se terminent, à chaque extrémité par un motif de fleur de lys repercé.

    Le système de fermeture est quadruple : une double serrure, une targette en-dessous sur le battant de gauche, une espagnolette à tige verticale sur le battant de droite, un loquet en haut de la porte. L´espagnolette du battant de droite, repercée en fleur de lys, se bloque par une serrure plate placée au-dessous, la tige passant dans un crochet rectangulaire. La tige est maintenue dans des bagues à moulures cordées.

    Les clefs de cette porte sont conservées au musée des Hospices civils.

    L´ébrasement de la porte est retaillé pour recevoir l´ouverture du portail, et des cavités permettent le placement des serrures et des boutons de la targette et de l´espagnolette

    Le vestibule s´ouvre par trois autres portes :

    Côté ouest (grande galerie et cour de la Cuisine), l´ébrasement est fermé par un briquetage fortement enduit ; l´encadrement de la porte et celui de la table au-dessus sont en bois. L´espace de l´ébrasement est occupé par des placards de chaque côté, et au-dessus par un vide sanitaire ( ?) : ouverture et grille côté salle. Aménagement d´origine ?

    Les portes côté nord et sud (vers pièces 10 et 12) ont un encadrement architecturé, surmonté d´une grande table moulurée, avec cinq gouttes en pendentif de chaque côté, et larmier mouluré. Les huisseries sont à tables moulurées confortées de pentures chantournées

    Côté nord, le vestibule ouvre sur une pièce (pièce 10 actuelle), voûtée de 3 travées d´arêtes, la 1ère travée côté ouest coupée par une cloison séparant la pièce du vestibule d´entrée couvert d´un faux-plafond. Du côté du quai (est), large ébrasement de fenêtre voûté en plein cintre.

    Le sol est en en dalles de pierre, plusieurs sont gravées d´initiales (marques de tacherons) : B + (2 fois), R, FP (4 fois), D (5fois)

    Côté sud, la porte vers la pièce voisine (12) est condamnée. Pièce refaite.

    Les étages du dôme sont accessibles par un escalier tournant à retours construit dans le bâtiment G.

    L´étage du dôme accueillait à l´origine la chapelle ouverte sur les salles de malades au nord et au sud.

    C´est là que se concentre la plus grande partie du décor existant de l´hôtel-Dieu, décor d´origine ou refait à l´identique après la Révolution et après le bombardement de 1944.

    Le dôme se partage en hauteur en une salle à deux niveaux, surmontée d´une galerie construite au bas de la coupole, percée d´un oculus ovale en son sommet.

    L´accès à la galerie du dôme se fait par le dernier étage de l´escalier du bâtiment G. Du palier, une porte ouvre sur un escalier en bois qui conduit aux combles du bâtiment B.

    Par le comble, on accède d´une part à la galerie extérieure côté cour du dôme, et d´autre part à la galerie intérieure, qui ouvre côté Rhône sur un balcon. De cette galerie, un escalier construit dans le mur ouest donne sur la charpente en béton armé du dôme, et sur l´accès à l´oculus sommital. Un escalier métallique conduit au lanternon.

    Bâtiment B, sur le quai du Rhône, à l´est de la cour de la Chaufferie et de la cour Amédée-Bonnet

    Ce bâtiment contigu au porche d´entrée côté sud sur le quai ; il ouvre à l´ouest sur la cour de la Chaufferie et la cour Bonnet, et est mitoyen au nord avec le bâtiment H (grand dôme), à l´ouest avec les bâtiments G et E, et au sud avec le bâtiment A.

    A l´extrémité sud du bâtiment, un avant-corps ornementé accueille l´entrée sud de l´hôpital par un corps de passage.

    Les portes du rez-de-chaussée côté quai sont condamnées ou transformées en fenêtres.

    Le rez-de-chaussée du corps de bâtiment ouvre, côté galerie, sur le service du scanner, refait (porte 13-15). La porte 14 ouvre sur un escalier tournant à retours, suspendu, à une volée. L´entresol présente des voûtes en berceau et à pénétration côté ouest et des voûtes d´arêtes côté est. Le bureau du responsable des services techniques au nord conserve trois travées voûtées d´arêtes entre le quai et la galerie, avec large arrière-voussure pour la baie sur le quai. Les entresols de la porte 14 correspondent aux boutiques 20 à 24 (numéros gravés sur les arcades du quai).

    La porte 16 est condamnée.

    La porte 17 (Direction) donne sur un escalier des années 1940, à garde-corps en métal ; à l´extrémité nord, une porte murée. L´entresol est voûté d´arêtes et correspond aux boutiques 19 à 16.

    Les portes 18, 19 et 21 sont consacrées à la génétique et correspondent aux boutiques 15 à 11. Au rez-de-chaussée, des corbeaux supportent les plafonds côté quai et côté couloir. Derrière la porte 18, même type d´escalier qu´à la Direction (porte 17). Au-dessus de la boutique 13, l´entresol est plus large ; la baie n´est pas centrée par rapport à la voûte. La porte 20 ouvre sur un vestibule desservant un ascenseur (vers bureaux génétique) et des placards.

    Porte 22 est installé le PC sécurité. Sur le côté droit, un escalier tournant, autour d´un massif en bois (récent) : marches en pierre ; colonne en fonte à décor en bas-relief au départ de l´escalier, garde-corps en métal, dessert l´entresol de la boutique 11 (actuellement génétique).

    Le corps de passage entre le quai et la cour Amédée-Bonnet est fermé par une grille en fer forgé ; un puits subsiste de chaque côté de l´entrée.

    Les étages du bâtiment B sont accessibles par l´escalier du bâtiment G, par celui du bâtiment E et par le bâtiment A.

    Le 1er étage a été partagé par un plancher intermédiaire.

    Les étages sont marqués par les alignements de piliers soit dégagés, soit masqués par les travaux ultérieurs.

    Ces piliers servaient peut-être également de gaines de cheminées : traces de colmatage sur les piliers ; ouvertures sur le faîte du toit correspondant aux souches de cheminées visibles sur les cartes postales anciennes

    Les hautes fenêtres du côté ouest sont à arrière-voussure concave ; les fenêtres côté Rhône sont plus basses.

    A l´extrémité nord, sortie sur un palier voûté d´arêtes (uniquement accessible par l´ascenseur pour ce 2e étage créé). Côté quai, les salles ont été refaites. Au 3e étage on remarque un plafond et un oculus à l´extrémité vers le grand dôme. Le 3e étage est composé d´un alignement de 9 piliers, celui du nord plus large, rectangulaires à grandes tables saillantes, et angles abattus à congé. A l´extrémité nord, accès aux tribunes sud du grand dôme. A l´ouest, ouverture sur l´escalier de G. Côté sud, salles d´opération. Côté ouest, accès au bâtiment A condamné.

    Bâtiment A, sur le quai du Rhône, à l´est de la cour du Midi

    Depuis le couloir à l´extrémité sud de la galerie Soufflot, une porte côté ouest ouvre sur un escalier : une volée droite accolée à la façade ouest du bâtiment A (traces de baie murée). Du côté sud, une porte ouvre sur une grande cave partagée par une arcade en arc segmentaire ; au fond de la cave, côté rue de la Barre, traces de reprises (mur cassé pour l´installation d´un ascenseur, et autres démolitions plus anciennes ?).

    Le rez-de-chaussée du bâtiment A est percée d´arcades de boutiques aujourd´hui condamnées, à l´exception de celle de l´angle qui sert d´entrée aux locaux qui y sont aménagés.

    La porte 21 est sous la galerie et sous le passage couvert. S´y trouve un escalier suspendu, tournant à retours, garde-corps en métal et en bois, à balustres plats pour la dernière volée. A l´entresol, bureaux aveugles, sans ouverture sur le quai.

    Portes 24, 25, 26 (accidents du travail). Le rez-de-chaussée est refait, avec escalier moderne vers l´entresol. A l´entresol, 3 bureaux éclairés par les baies en plein cintre sur le quai, baies sans garde-corps ; le 3e bureau est voûté d´arêtes, les autres présentent un faux-plafond. Sol en carreaux de Verdun peints.

    Le rez-de-chaussée du bâtiment A côté ouest abrite des bureaux ; un atelier est éclairé par de grandes baies vitrées sur la cour du Midi. Du côté est, accès aux bureaux des portes 24-26. Au sud, accès aux bureaux avec entrée rue de la Barre, et mezzanine entièrement refaits.

    Un escalier moderne dessert les étages du bâtiment A. Au niveau de la mezzanine, grande arcade murée côté ouest.

    Les 3 étages supérieurs sont aménagés en bureaux.

    Au 3e étage se fait l´accès à la terrasse sur la cour du Midi. Le 4e étage est un étage de combles avec charpente métallique côté Rhône. Côté ouest, des baies, dont une porte en plein cintre, ouvrent sur le couloir côté cour, couvert d´une charpente en bois. Il y a une marche de dénivelé entre le couloir et la travée orientale.

    Une poutre en bois à encoches régulières est suspendue par de gros crochets en métal, aux fermes de la travée orientale, en son milieu et servait à l´étendage du linge. La même poutre se retrouve contre le mur ouest.

    Les murs sont couverts d´un enduit de ciment griffé.

    Sol en carreaux de Verdun ; 2 trappes de ventilation sont aménagées dans le sol.

    Les trappes sont fermées par deux portes en bois à anneau de métal, et trois charnières également métalliques, se rabattant sur deux cavités avec croisillons en bois.

    Dans le comble, à l´angle sud-est, on accède à une salle dite des Pendus en raison de la présence de crochets au plafond ; une tribune entourant la salle sur quatre côtés (avec chiffres gravés et peints dans l´enduit des murs) permettait peut-être aux étudiants en médecine d´assister à des dissections. On note cependant qu´aucune arrivée ni évacuation des eaux n´est visible.

    Le grand escalier sud, situé dans le bâtiment A entre la galerie ouest du bâtiment et le corps de passage vers la cour du Midi est suspendu, tournant à retours avec jour.

    L´entrée du bâtiment A sur la cour du Midi, par un perron de 3 marches et une porte bâtarde, ouvrant sur une volée droite, moderne ou refaite, de 8 marches, dessert les bureaux de la rue de la Barre.

    L´inscription suivante est gravée au-dessus de la porte d´entrée : 8 OCTOBRE 1906 / LA SOCIETE DES ANCIENS INTERNES / A POSE CETTE PLAQUE EN SOUVENIR DE L´ANCIEN BATIMENT / DIT LE TIERCELET / OU FURENT LOGES LES INTERNES DE L´HOTEL-DIEU / JUSQU´EN 1887

    Bâtiment K, sur le quai du Rhône, à l´est de la cour de l´Arbre

    Bâtiment contigu au porche d´entrée nord sur le quai ; ouvrant à l´ouest sur la cour de l´Arbre, mitoyen au nord avec le bâtiment N, à l´ouest avec les bâtiments L et I, et au sud avec le grand dôme.

    Depuis le quai, sous le porche, une première porte ouvre sur un local (cagibi ?), avec un puits, mécanisme d´une pompe et un bassin en plomb portant l´inscription dans un cartouche : VERGNIETTE POMPIER / A LYON 1842. Cette pompe alimentait une fontaine située sur le quai, dans l´angle nord du passage couvert : traces de la fontaine et de sa bouche murées. Dans ce local, on note également les traces d´un escalier muré sur la gauche.

    A la suite, vers l´ouest, une petite porte fermée par une grille et un cadenas ouvre sur un couloir voûté ( ?).

    Une dernière porte donne sur un débarras à linge.

    De l´autre côté du porche, depuis le quai, une porte ouvre sur la lingerie, également accessible à l´arrière de l´escalier G : pièce non voûtée, éclairée sur le quai par deux grandes baies vitrées.

    L´extrémité nord du bâtiment K est occupée par cet escalier, construit dans une très vaste cage rectangulaire, dont le jour central est occupé par l´ascenseur. Le départ de l´escalier, au garde-corps en fonte, est soigné, avec une tête de lion en bois sculpté. A l´étage, le palier, couvert d´une voûte étroite à pénétration, est ouvert sur la cage d´escalier par une arcade moulurée retombant sur des culots à gouttes.

    Les étages de ce bâtiment toujours occupés ont été en grande partie refaits. Dans le service Saint-Clair (hôpital de jour), le couloir conserve un aménagement des années 50.

    Les pièces au-dessus du porche sont éclairées par des oculi.

    Rez-de-chaussée du bâtiment K ouvrant sur la galerie :

    Porte 4 se fait l´accès à l´escalier central du bâtiment, tournant à retours avec jour dans une vaste cage rectangulaire, avec beau garde-corps.

    La porte 5 est condamnée.

    Les portes 6, 7, 8, 9 ouvrent sur la radiologie. Dans le local 9, escalier en bois, tournant à retours à 3 volées

    Au-dessus des portes 5 à 9, l´entresol est voûté d´arêtes ; côté cour, voûte en berceau ; une fenêtre à l´entresol au niveau de I.

    Bâtiment I, entre la cour de l´Arbre et la cour de la Cuisine

    Le bâtiment I se compose d´un corps de bâtiment est-ouest et d´une aile en retour côté sud-ouest comprenant la colonnade de la cour de la Cuisine, ouvrant sur le réfectoire G. Ces deux bâtiments en L sont à la jonction, côté ouest, de la cour d´Honneur et de la chapelle.

    Il est couvert d´un toit à croupe.

    La cour de la Cuisine communique avec la cour d´Honneur par une galerie voûtée d´arêtes construite entre le bâtiment I et le bâtiment R. De nombreuses inscriptions sont peintes en noir, à l´extrémité nord de cette galerie, à la croisée avec la galerie ouest-est le long du bâtiment I, et vers le bâtiment R : marques de tâcherons pour la taille des pierres de l´hôpital ? ex. ho A1

    Au rez-de-chaussée à l´ouest du passage couvert entre les cours, l´une des portes de la pharmacie de vente au public est surmontée de l´inscription SALLE PASTEUR.

    La pharmacie est entièrement refaite.

    L´escalier tournant est à retours sans jour, à mur noyau évidé, et palier supporté par des consoles.

    Vers le 1er étage, l´escalier est à quatre volées.

    Au 2e repos, une porte ouvre sur un cagibi voûté en berceau à lunettes ; côté nord une cloison recoupe la voûte.

    Le 1er étage accueille deux services : côté est accès à l´unité Saint-Sacerdos (bâtiment K), côté ouest : la médecine du travail, parquetée ; au bout du bâtiment I est visible une très grande cheminée en pierre peinte, bouchée avec trace de raccord sur le manteau, vers le milieu (un décroûtage serait le bienvenu), la tablette (chanfrein renversé) et l´ensemble du manteau sont moulurés (quart-de-rond), le pied est galbé.

    Au-dessus de la colonnade à l´ouest de la cour de la Cuisine, un couloir conduit à gauche aux combles, après un degré de cinq marches. Au début de ce couloir, une porte donne vers les combles de la chapelle, bas-côté nord : la charpente est refaite et surbaissée, elle mord sur les portes en plein cintre percée dans les murs de refend. Le sol est pavé de carreaux de Verdun.

    Dans ce couloir, à gauche, est aménagé un placard et sous le placard départ d´un escalier descendant, tournant en fer à cheval, en bois (17 marches) qui conduit au niveau inférieur à la tribune nord de l´église, et à droite à un local (fenêtre fermée par du contreplaqué donnant sur la cour du bâtiment R).

    Le couloir est fermé par une porte double en menuiserie à crémone et grosses pentures, qui donne accès à l´étage au-dessus de la colonnade de la cour de la Cuisine. Au fond, bibliothèque du personnel éclairée par des baies côté est.

    Accès au 2e étage par un escalier à deux volées. Sur le palier du 2e étage, côté nord, salle de détente du personnel, avec plafond à poutres apparentes.

    Au 2e étage, accès à l´unité Paul Santy (bâtiment K).

    Escalier vers le 3e étage : au niveau du repos, accès aux cabinets médicaux du bâtiment I

    Au 3e étage, accès à l´unité Saint-Charles (bâtiment K).

    Galerie de la cour de la Cuisine

    Cette galerie nord-sud longeant le bâtiment J est voûtée d´arêtes.

    De nombreuses inscriptions peintes en noir sont visibles à l´extrémité nord de cette galerie, à la croisée avec la galerie ouest-est le long du bâtiment I, et vers le bâtiment R : s´agit-il de marques de tâcherons pour la taille des pierres pour l´hôpital (ex. ho A1) ?

    Les deux colonnes sud (XVIIIe siècle ?), légèrement renflées, ont des tambours moins hauts que les colonnes nord, galbées du bas (XIXe siècle, élevées par Tissot).

    La galerie ouest-est, au sud du bâtiment I est voûtée d´arêtes : une travée correspond à la grande galerie nord-sud, quatre travées voûtées d´arêtes, et une travée voûtée en berceau, le long du bâtiment I.

    Bâtiment G, entre la cour de la Cuisine et la cour de la Chaufferie

    Devant l´élévation ouest se dresse une croix en pierre calcaire et fonte ; le motif gauche est cassé.

    Le grand réfectoire des soeurs occupe le rez-de-chaussée et est précédé d´un vestibule.

    Ce dernier, dallé de pierre et plafonné, est éclairé à l´ouest et à l´est par une grande baie fermée par un vitrail en verre blanc, avec au centre les armes parti de la ville de Lyon et parti de l´hôpital (Vierge de Pitié) en verre de couleur. Le vitrail ouest ouvre sur une petite pièce au repos de l´escalier du bâtiment J.

    Contre les murs latéraux, au-dessous des vitraux, est encastré un grand lavabo en marbre noir mouluré, reposant sur trois consoles elles-mêmes moulurées avec écoulement à l´intérieur de la console centrale. Au-dessus, le bassin en fonte alimenté en eau inséré dans le mur, est pourvu de cinq robinets en laiton.

    Une porte en menuiserie, à deux battants, imposte en menuiserie et tympan vitré, sépare le vestibule du réfectoire. Huisserie à tables moulurées grand cadre ; fermeture du battant droit par une tige à bouton, actionnée par une espagnolette repercée (motif de fleur) et à bouton pliant. La fermeture du battant gauche a été remplacée par un bec de canne. Du côté vestibule, la poignée est au centre du battant gauche, en laiton ciselé, motif de feuillage.

    Le réfectoire est une grande salle formée de 5 travées de voûtes d´arêtes, la travée centrale étant plus large. Le sol est en dalles de pierre, rectangulaires sur les côtés, en carré sur pointe au centre. De nombreuses dalles portent des marques de tacherons : BM, HM, IC, BC, E, F, IB.

    Des lambris de hauteur en chêne, moulurés petit cadre et chantournés, habillent tout le pourtour de la salle (h = 200 cm).

    Contre le mur sud s´élève une chaire à prêcher dont l´escalier a disparu.

    A chaque extrémité de la pièce, un buffet desserte (« dressoir à pierre » cf. meubles du Lyonnais et du Dauphiné) en noyer, à dessus en marbre gris veiné, chantourné, mouluré, débordant ; corps chantourné, mouluré grand cadre ; socle chantourné mouluré ; angles sculptés de feuilles d´acanthes et d´enroulements. Deux placards à deux battants et faux-dormant sur les grands côtés (h = 98 ; l = 293 ; la = 132).

    Le réfectoire conserve 5 grandes tables en noyer (l = 358 ; la = 87 ; h = 77,5).

    Dans le réfectoire, 3 tableaux de Sarrabat, de 1731, non classés Monuments historiques (Moïse sauvé des eaux, 1731 ; La Guérison de la belle-mère de Pierre ? ; Le Bon Samaritain); ces tableaux avaient été commandés par l´hôtel-Dieu pour la salle du Conseil (à l´origine, il y avait 2 tableaux et 2 dessus-de-porte, cf AML Hôtel-Dieu B 84, commande du 8 juillet 1731).

    La façade ouest a été percée de trois grandes baies du sol au plafond, occupées par un vitrail de Daniel Octobre et Jean Coquet : vitrail en verre transparent plus ou moins bulleux, incolore, gris, vert, rose ; bande ocre en pourtour ; doublé à l´extérieur d´un verre armé. Au centre, une Vierge de pitié dans un halo de rayons. En dessous, des phylactères évoquent les hôpitaux dépendant des HCL : à gauche Debrousse / Antiquaille ; au centre Croix-Rousse / La Charité / Grange-Blanche : à droite Pont du Rhône / Guillotière. Les inscriptions, les croix du décor et le visage du Christ sont peints. Vitrail daté et signé à gauche du panneau de gauche : DANIEL OCTOBRE INVT / JEAN COQUET EXCT / 1966.

    Des vitraux contemporains, sans doute de Jean Coquet, ferment les baies latérales : 5e travée sud : le Pélican ; 5e travée nord : 2 rois de profils (ou Childebert et Ultrogothe ?) ; 2e travée sud : lion issant et pots à pharmacie ; 1ère travée sud : combat du coq et du serpent ; les vitraux des 1ère et 2e travées nord sont occultés, pris dans la maçonnerie de l´escalier du bâtiment J : 1ère travée : 1 pilon et 2 soeurs ? ; 2e travée : un personnage (une soeur ? Rabelais ?).

    Devant le vitrail, table de communion en fonte, à décor de grecques, et appui en laiton.

    Contre le mur sud, dans la travée centrale, copie sur verre, dans des caissons lumineux, des vitraux provenant de la Charité, installés à l´hôtel-Dieu après la destruction de la Charité et détruits en 1944, copies réalisées d´après des autochromes des vitraux originaux faits par Marcelle Girandier, avant la démolition de la Charité, et conservés au musée des HCL. Au-dessus, un crucifix.

    Quatre tapisseries provenant également de la Charité sont accrochées aux murs nord et sud.

    L´escalier est du bâtiment, tournant à retours avec jour (XIXe basique) n´est pas monumental et donne pourtant accès au grand dôme H. Il ouvre sur un grand vestibule, situé à l´extrémité nord du bâtiment B.

    Le 1er étage du bâtiment G qui abrite le self-service ne présente aucune caractéristique.

    Le 3e étage abrite l´unité Sainte-Marie.

    Sur le palier du 3e étage, une porte ouvre sur un cagibi, puis sur un escalier tournant à retours avec jour en bois (A 474993), et donne accès au comble de G, communiquant avec B : le sol est en carreaux de Verdun ; belle charpente avec des marques de flottage.

    Bâtiment E, entre la cour de la Chaufferie et la cour Bonnet

    Au rez-de-chaussée, la porte correspond à la stérilisation centrale. Y sont installés aussi le transformateur et la centrale électrique.

    Au rez-de-chaussée de la tour d´angle nord-ouest est aménagé un petit local avec contrefort intérieur.

    Le grand escalier K, réalisé selon le projet de Soufflot, ouvre au sud sur la galerie du bâtiment E, dont il est séparé par un degré de quatre marches, et à l´est sur la grande galerie nord-sud. Il est construit contre l´arcade de cette galerie. Il est tournant à retours avec jour, en partie suspendu, avec rampe en fer forgé.

    Le vestibule est composé de grandes dalles, dont certaines sont gravées d´initiales : IB (hauteur des lettres 11 cm).

    Le dessous de l´escalier est fermé par une grande porte moulurée, cloutée, à ferrures chantournées. La porte est condamnée (accès par la cour de la chaufferie, cf. ci-dessus).

    Les dessous des marches et des paliers sont travaillés en tables.

    L´accès au 1er étage se fait par trois volées (21 / 5 / 20 marches), à départ gironné.

    Le palier du 1er étage est voûté d´arêtes ; une grande arcade supporte le palier du 2e étage.

    L´inscription gravée sous la 3e volée (FINIT EN. 1830. PAR LE SCE DE / JARNAC. ET LE SCE DE JOURS) ne laisse pas d´étonner : l´escalier date bien du XVIIIe siècle (dessin, garde-corps en fer forgé) et aucune source consultée ne mentionne des travaux de cet escalier en 1830 ni de service de Jarnac.

    L´accès au 2e étage se fait par quatre volées suspendues (19 / 5 / 19 / 7 marches). Le dernier niveau (volée de 7 marches) correspond à une surélévation du palier (changement de niveau des salles de malades ?) ; le palier d´origine était plus large.

    Au dernier étage, contre le mur du bâtiment B, est apposée une plaque commémorative :

    SALLE AMBULANCIER P. BERTRAND / TUÉ PAR LES ALLEMANDS / EN SERVICE COMMANDÉ / 26 AOÛT 1944.

    Le 1er étage du bâtiment E s´ouvre par un vestibule moderne qui donne sur un escalier moderne distribuant le 2e étage.

    Sur la droite, grande salle en longueur avec colonnade : 5 colonnes à chapiteau toscan supportent des arcades ; la dernière à l´ouest retombe sur un pilier.

    Du côté nord, un chapiteau marque les retombées des grandes baies en plein cintre de la façade nord.

    A l´extrémité nord-ouest, des toilettes sont aménagées dans la tour hors-oeuvre.

    Du coté sud se fait le passage vers le bâtiment F

    Un demi-étage sur une partie du bâtiment est couvert d´un faux plafond.

    Reste une baie à encadrement mouluré (boudin) et linteau délardé, ouvrant sur la cour Bonnet (bureau de l´allergologue).

    Au 2e étage se tient l´école de sage-femme, subdivisée en hauteur avec escalier moderne :

    Au 1er niveau les salles de cour, au 2e, l´administration, correspond aux arcs en plein cintre des grandes baies, sur la cour de la Chaufferie ; cet étage est refait, avec un faux-plafond.

    Bâtiment F, entre la cour Amédée-Bonnet et la cour de l´Internat

    Construit à l´ouest de la cour Bonnet, il fait la jonction entre les bâtiments E et C.

    Un hommage aux deux guerres mondiales est matérialisé contre le pignon nord du bâtiment sous la galerie : à gauche de la porte de la bibliothèque des internes, la guerre de 1914-1918 est rappelée par deux plaques en marbre gris clair veiné, les inscriptions sont gravées en creux, peintes en doré, fixées sur un support en pierre (ciment ?). Entre les deux plaques, une palme gravée, peint doré.

    A droite de la porte, une simple plaque en marbre évoque la guerre de 1939-1945, gravée.

    Au rez-de-chaussée, la salle de lecture de la bibliothèque de l´Internat conserve son aménagement d´origine : tables, lampes, bibliothèque.

    Un escalier moderne en métal conduit à la bibliothèque en mezzanine.

    Pas d´accès depuis la bibliothèque au 1er étage.

    Le 1er étage, refait, est accessible par le bâtiment E au nord, et par l´escalier de C au sud.

    Les adjonctions conçues au XIXe siècle

    Bâtiment J, entre la cour de la cuisine et la rue Bellecordière

    En partie aile en retour du bâtiment I

    L´accès se fait par la colonnade, à l´ouest de la cour de la Cuisine. La colonnade abrite 4 portes, du nord au sud : porte en métal ouvrant sur la cour entre le bâtiment R et la chapelle, porte de la sacristie de la chapelle, les 3e et 4e portes donnent sur les cuisines et les revers sont à serrures et pentures.

    Au rez-de-chaussée, la cuisine est moderne.

    Côté sud (vers G), l´escalier tournant à retours avec jour date du XXe siècle.

    Au 1er repos, une porte donne sur un local ouvrant au sud par le vitrail du vestibule du grand réfectoire.

    Au 1er étage, à droite, grande pièce cloisonnée, voûtée d´arêtes, ouvrant au nord sur le passage entre la chapelle et le bâtiment J (ancienne rue Serpillière). Donnant sur ce passage, une fenêtre de la chapelle murée et percée d´une porte haute (correspondant à la tribune, 4e travée de la nef vers l´est).

    Accès au toit terrasse du corps du bâtiment J occultant ce passage au rez-de-chaussée.

    Dans l´angle N-E du bâtiment J, un massif en corolle avec terrasse au sommet, contre le retour O du bâtiment I correspondrait-il à l´ancien support d´une galerie extérieure ?

    Toutes les pièces du bâtiment J ouvre sur la rue Bellecordière.

    Un escalier à 3 volées conduit au 2e étage.

    Bâtiment C, entre la cour du Midi et la cour Bonnet et le dôme Pascalon

    L´entrée se fait par la cour Amédée-Bonnet et la sortie à l´extrémité de la galerie nord-ouest.

    Au rez-de-chaussée, côté sud, un corps de bâtiment a remplacé une terrasse (larges piliers et décrochement de la façade encore visibles de nos jours depuis l´intérieur).

    Au 1er étage (entrée par l´escalier ouest), on remarque deux larges arcades transversales et pilier à angles abattus et tailloir en quart-de-rond ( ?).

    Le dôme Pascalon

    Au 4e étage, la salle des Archives et ancienne salle de malades (sol en carreaux de Verdun, charpente métallique, avec au nord, huit poutrelles marquées CREUZOT) mène vers le dôme Pascalon dont l´accès se fait à partir d´un vestibule éclairé par des fenêtres hautes.

    Un escalier tournant à retours avec jour (une seule volée pour 2 étages actuels), avec marches et pierre et rampe en fonte, conduit à un palier revêtu de carreaux de terre cuite (carreaux de Verdun). Au 1er étage, le centre de la pièce est occupé par un escalier en vis en métal s´enroulant autour d´un noyau creux (cheminée d´aération, pas de vue du niveau du rez-de-chaussée). Le plafond en planches est soutenu par un croisillon de barres métalliques et par deux poutres est-ouest, en treillis, boulonnées, et reliées de part et d´autre de l´escalier par deux poutrelles boulonnées.

    Le mur sud est percé d´une grande arcade surbaissée ouvrant sur le comble en appentis de l´aile nord-est du bâtiment D.

    Tous les murs sont percés de fenêtres : demi-oculi au 2e niveau et baies rectangulaires (triplets) au 1er niveau des murs est et ouest. Les fenêtres conservent les fermetures d´origine.

    Les murs sont enduits, mais laissent apparaître la pierre de taille dans les angles sud-est, sud-ouest et nord-ouest.

    L´aile du bâtiment D est couverte d´un toit en appentis, en mâchefer soutenu par une poutre en métal le long du mur gouttereau.

    Nombreux graffitis sur les murs, au crayon pour les plus anciens (1880, 1894, 1914 ...), gravés pour le dernier quart du XXe siècle.

    Mur est :

    JE LAVE LES VITRES DEPUIS 1880 / 1ER LAVAGE DE CE DÔME EN 1894 / RAMEAU 1903 / DEBUT DU LAVAGE DES VITRES / RF / JALAMION / JE TRAVAILLE A L´HÔTEL-DIEU EN 1875 JALAMION

    Mur ouest :

    1970 / 2001 / 1982

    Mur nord :

    1982 / 97 / 1970 / 2001

    Un décor, non signé, non daté : à droite, 2 mains noires

    [ ?] 1903 / TARTEMPION 3 OCTOBRE 1913 / en haut du mur, inscription gravée : SADIVIAL / 1955 LE 30.11 / PLOMBIER

    Mur ouest « SAS » :

    RAMEAU 1906/1908/1912 / LE PARDOCHEUR / LARDÉ ICI ...SAVONNÉS /

    THE[V]ENOT

    RAMEAU ANDRÉ/CLASSE 1906/MELUN

    RAMEAU 1912

    Une division posée : 113 divisée par 3

    Mur sud « SAS » :

    TOURNIER 1914 / RAMEAU 1908 / FRANÇOIS [fumeur de pipe]

    Contrefort d´angle sud-ouest :

    Multiplications posées, peintes en noir : 5,40 multipliés par 3,50

    2e étage

    Le sol est en carreaux de Verdun.

    L´escalier en vis se poursuit dans une cage métallique octogonale, à poutres et treillis ; l´escalier suspendu y est arrimé régulièrement par des plaques boulonnées verticales. Au niveau du palier, un cercle intérieur en fonte assure la liaison avec l´octogone.

    Au niveau supérieur, l´ensemble est conforté pour le soutien du lanternon.

    La charpente métallique soutient le dôme : des aisseliers doubles en treillis à chaque angle, et simples sur chaque face, sont reliés à la colonne centrale par des entraits et maintenus par des arbalétriers. L´ensemble est boulonné. Les poutrelles portent la marque CREUZOT. Le voligeage est composé d´un quadrillage de poutrelles horizontales en métal (celle à la hauteur de la courbure du dôme plus haute) et de poutres en chêne verticales, soutenant un lattis de planches en chêne horizontales. A sa base, la charpente du dôme se retrousse, supportée par des poutres incurvées.

    3e étage : lanternon

    La base du lanternon est formée par le repos de l´escalier. A ce niveau, côté sud ( ? ouest ?), une porte métallique vitrée (aujourd´hui condamnée) donne accès à la galerie octogonale de la base du lanternon, galerie à sol de zinc et garde-corps en fonte.

    La cage d´escalier est doublée extérieurement d´un bâti en bois. Le dernier niveau de la cage supporte une forte poutre en bois incurvée, formée de huit morceaux assemblés en L jumelés par le petit côté. Au-dessus, un plafond en bois forme le sol du belvédère du lanternon accessible par une échelle métallique.

    Bâtiment D, rue Bellecordière, à l´ouest de la cour du Midi

    Il s´agit d´un corps de bâtiment en U avec un passage couvert au sud duquel est aménagé un local ménage.

    A l´extrémité de la galerie entre F et C, un vestibule ouvre à gauche sur un escalier, et à droite sur un petit bureau donnant au nord sur la cour de l´Internat.

    Le dépôt mortuaire est installé dans le petit corps de bâtiment sur cour reliant C et D.

    1er étage, retour côté nord : au sud, escalier tournant à retour avec jour, 3 volées. Sous l´escalier se fait l´accès à la cave : une grande pièce voûtée en arc segmentaire à pénétrations et une deuxième pièce ; la porte au nord, vers l´ancienne morgue, est murée.

    Bâtiment A´, rue de la Barre, au sud de la cour du Midi

    Il s´agit d´un bâtiment d´un étage ponctué à chaque extrémité de deux corps de deux étages couverts d´un toit en pavillon (le pavillon est est intégré dans les locaux de l´hôpital avec lesquels il communique ; le pavillon ouest et le corps de bâtiment intermédiaire sont actuellement coupés des bâtiments de l´hôpital).

    Petits bâtiments en rez-de-chaussée construits contre la façade nord :

    un bâtiment en pierre, avec entrées à l´est et à l´ouest, 4 baies jumelées horizontales en bordure de toit côté nord ; une série de 7 garages en pan de bois et torchis de ciment donne sur la cour.

    Côté rue de la Barre : un magasin fermé depuis longtemps à chaque extrémité ; entre les deux, des magasins refaits ont accès sur la rue de la Barre, et accès aux caves par des escaliers modernes.

    Le bâtiment A´est accessible depuis l´entrée mitoyenne du pavillon est. Le bâtiment sur rue et le pavillon ouest sont divisés en bureau. Un bel escalier années 30 accessible depuis le rez-de-chaussée du pavillon ouest dessert le 1er étage.

    Le pavillon à l´angle de la rue de la Barre et de la rue Bellecordière n´a pas d´accès extérieur, seulement de grandes baies (vitrines ?) fermées par des rideaux métalliques.

    Les caves

    Il existe sous l´hôpital un réseau de caves creusées à des époques différentes, aujourd´hui souvent utilisées pour les différents réseaux nécessaires au fonctionnement de l´établissement. Ces caves ne communiquent pas entre elles ; elles ne sont apparemment pas présentes sous tous les corps de bâtiments. Un certain nombre est sans doute aujourd´hui inaccessible, comme celle du bâtiment sur le quai : les textes mentionnent que chaque boutique avait sa cave ; or toutes n´ont pas été retrouvées.

    Il existe dans nombre de ces caves des aménagements maçonnés anciens dont on ne connaît pas la destination exacte dans l´état actuel de la recherche.

    En l´absence d´un plan général et précis des caves, il est difficile d´en donner une réelle appréciation. Par ailleurs, vu leur encombrement, les photos en donnent parfois une vision partielle.

    Caves des bâtiments P et S, au nord de la cour du Magasin

    Le bâtiment P est un bâtiment reconstruit au XXe siècle au sud de la cour du Magasin. Il est en rez-de-chaussée et couvert d´un toit terrasse.

    Caves voûtées accessibles par un escalier droit en pierre, depuis la cour du Magasin : bel escalier, avec marches à nez mouluré, largeur d´origine 200 cm, h des marches 15 cm. A gauche une porte donne accès à une salle voûtée en berceau à pénétration qui donne sur les caves du bâtiment S, avec un mur en arrondi à gauche (jonction des bâtiments P et S). Dans une cave voûtée en berceau à pénétration sur la gauche, arrière du mur en arrondi : partie circulaire fermée au-dessus par une fermeture en bois.

    A l´ouest, grande cave voûtée en berceau segmentaire à profondes pénétrations, orientée est-ouest, avec longues banquettes maçonnées à extrémités arrondies : une banquette le long du mur ouest, d´un mur à l´autre (la=58, h=45 ; construite à 73 cm du mur ouest) ; une banquette le long du mur nord-est, à extrémités ouest arrondies (h=42, la=69, située à 40 cm du mur) ; une banquette le long du mur sud-est (h=35, la=67, construite à 75 cm du mur est). Les banquettes sont formées de dalles de pierre de 25 cm environ d´épaisseur, posées sur un soubassement maçonné. Des banquettes semblables sont construites devant le mur est du couloir d´arrivée.

    Cette cave est sous la salle Saubier.

    A l´extrémité sud, salle couverte d´entrevous, correspondant à l´annexe (entrée) du bâtiment S construite dans la 2e moitié du XXe siècle.

    A cet emplacement (ou dans la cour) était aménagé le cimetière protestant d´où proviennent les dalles de la galerie du bâtiment O.

    Caves du bâtiment O

    La cave du bâtiment O est peut-être la plus ancienne des caves conservées (en l´absence de renseignement sur les caves de l´hôpital médiéval), creusées en 1630.

    On y accède par une porte sous la galerie longeant le bâtiment à l´ouest.

    Une descente de cave par 6 marches en pierre donnant sur un palier desservant une descente d´escalier de 7 marches vers le nord, et une de 8 marches vers le sud. Escalier soigné, palier se terminant par une moulure en boudin. Côté est, en face de l´escalier, porte haute murée.

    Côté nord, accès à une cave très basse (sol remblayé ?), voûtée en berceau segmentaire transversal, se prolongeant à l´ouest par des caves en berceau à pénétration ; sans doute sous la cour de la pharmacie.

    Contre le mur est, banquette maçonnée ;

    Contre le mur ouest, grandes dalles de pierre posées sur le sol.

    Entre les deux, sol remblayé : peut-être sol dallé à l´origine ?, dalles supprimées lors de travaux au XXe s. ?

    Aux 2/3 nord, la cave est partagée par trois gros piliers soutenant une dalle monolithe formant linteau ; le pilier du centre repose sur une large pierre bouchardée, à bords en ciselure relevée (dims du pilier : 83 x 66 ; dims du socle l = 187, la = 83 ; h = 14,5).

    Du côté nord, devant les murs est et ouest, des banquettes formées de pierres maintenues par des agrafes en fer ; dans la voûte, 4 gros crochets en fer, à angles droits, alignés ouest-est, sans doute des supports pour une canalisation (trous dans les murs ouest et est à la hauteur de ces crochets).

    Peut-on voir dans cette cave dallée les bains prévus en 1637 ?

    Côté sud, au bas des marches, grand et large couloir voûté en berceau segmentaire nord-sud (sous de la galerie longeant la façade ouest du bâtiment O). Le sol de ce couloir est en gros béton à cailloux roulés.

    Du côté nord, le couloir est traversé par une rigole bordée de briques ; à l´extrémité nord de ce couloir, banquette maçonnée, formée de 2 pierres (la = 67, h = 38 ; h depuis le sol = 45) ; à l´arrière, remblais ; au-devant, bouchon de citerne ou de puits perdu. Devant la banquette, couloir transversal est-ouest : côté est, ce couloir rejoint la cave basse ci-dessus, extrémité murée ; côté ouest, ce couloir rejoint la cave du bâtiment P.

    Du côté sud : à l´est, petite entrée vers une cave voûtée en berceau avec au fond un escalier de 5 hautes marches fermée par une trappe en bois, à la hauteur de la tourelle nord-est du petit dôme ; vers l´ouest, large couloir voûté en berceau segmentaire, avec séparation récente dans le sens de la longueur, se prolongeant par une grande cave est-ouest voûtée en berceau segmentaire ; à l´extrémité ouest, un petit couloir à gauche donne dans un long couloir, plus étroit, voûté en berceau avec pénétrations côté nord et rigole au sol (sous la galerie le long du bâtiment Q). A l´extrémité ouest, on se trouve à l´intersection des bâtiments Q et S : au nord, une porte murée, au sud, un escalier de 18 marches, muré au niveau du rez-de-chaussée.

    La cave se prolonge sous le bâtiment S, le mur ouest suivant l´alignement de la rue Rivière.

    Face à la galerie du bâtiment Q, deux gros piliers à angles abattus sont séparés par un arc segmentaire à congé du côté nord. A l´arrière, côté sud, couloir avec arc en plein cintre vers une cave en retour le long de la rue Rivière (plafond à entrevous).

    Sous-sol de la partie nord du bâtiment S : plusieurs caves dont l´une à l´est comporte de gros piliers soutenant des arcs (correspond à la porte murée ci-dessus). Au nord-est un couloir débouche sur un escalier montant vers le rez-de-chaussée de S (hall d´accueil). A l´ouest, couloir étroit et avec murs latéraux arrondis, correspondant à l´ancien immeuble de la rue Rivière, muré côté ouest. Cet ensemble de caves tourne autour de la cage d´escalier du bâtiment S nord.

    Sous-sol de la partie ouest du bâtiment S : une meule est installée contre la cage d´escalier (la pierre intérieure tourne dans une cuve, mais on ne voit pas d´orifice d´écoulement).

    L´escalier vers le hall d´accueil du bâtiment S à une volée gironnée au départ (les 3 premières marches tournent autour du mur noyau plein, arrondi à l´avant) ; voûte d´arêtes au-dessus du départ de l´escalier ; marches refaites.

    Contre le mur, à l´est de la meule, deux massifs quadrangulaires, anciens supports ?

    Sous-sol de la partie sud du bâtiment S : cave voûtée d´arêtes très plates, avec au centre deux colonnes à base octogonale et chapiteau à échine nue en quart-de-rond. Ces colonnes correspondent à celles du rez-de-chaussée (stomathérapie).

    Au sud, le long de la rue (mur ouest en biais), cave voûtée de deux travées d´arêtes reposant sur de très gros piliers centraux.

    Caves du bâtiment B

    Les caves sont accessibles depuis le quai par une porte métallique au sud du corps de passage sud. Descente par une volée droite en pierre (14 marches).

    Sous le bâtiment, huit caves voûtées en berceau segmentaire transversal (caves est-ouest), avec des pénétrations pour la circulation nord-sud.

    L´escalier débouche dans la 3e cave depuis le sud.

    Au sud (à la limite de l´extension rue de la Barre ?), les vestiges d´un escalier droit en pierre, muré correspondent à un ancien accès depuis une boutique. Sous l´escalier, la petite porte murée (vestiges de gonds) est peut-être la porte d´un puits ?

    Les caves sont construites en moellons de calcaire ocre (moellons de Couzon ?), recouverts de plâtre blanchi.

    Côté ouest est visible une ouverture cimentée vers un petit tunnel nord-sud. Au-delà, vers le sud, cave en parpaings, avec mur de renforcement nord-sud. Nombreux soupiraux côté quai. Dans la 4e cave vers le nord, située sous le passage couvert sud, bases des deux puits.

    Dans la 5e cave, côté est, vestiges d´une large ouverture murée et confortée par un arc en béton (peut-être passage vers le Rhône ?). Les 6e et 7e caves sont cimentées. Dans la 8e cave, les 11 marches de l´escalier en pierre, volée droite vers l´ouest, sont gravées de marques de tâcheron : B C (la=155 cm). Escalier fermé par une trappe en bois au sommet.

    Echelle en bois dans l´angle nord-est, fermée par une trappe en bois.

    Pas de communication vers le nord.

    La longueur des caves, du mur nord au corps de passage fait environ 25 m.

    Caves du bâtiment A

    Le sous-sol, entre A et C, comprend une cave voûtée en plein cintre à lunettes ; à droite, une porte avec l´inscription : PORTE D´ACCES AU TAMPON DE RAMONAGE DES CHAUDIERES DE LA RUE DE LA BARRE.

    L´entrée à l´extrémité de la galerie longeant le bâtiment à l´ouest se fait par une porte donnant sur un large couloir nord-sud.

    Du côté nord, ces caves communiquent avec celles passant sous la cour Bonnet. Un couloir est-ouest, voûté d´arêtes, dessert une série de caves entre la cour du Midi et la cour Bonnet : chaufferie, ateliers, séparés par des arcades en plein cintre murées.

    A l´extrémité ouest, une porte ouvre sur un couloir nord-sud, voûté en berceau à grande pénétration : au sud une salle voûtée en berceau plein cintre à pénétration, avec de grandes arcades segmentaires murées dans les murs nord et sud (côté sud, cette porte donnait dans la cave située sous l´aile sud du bâtiment D, ancienne salle de sport) ; côté ouest, pièce voûtée en berceau, ancienne morgue ; côté nord, escalier en béton à 3 volées ; un 2e escalier débouche à l´extrémité nord du bâtiment D, avec une sortie dans la galerie ouest du corps C.

    Caves du bâtiment I

    On accède aux caves du bâtiment I par la descente de l´escalier principal du bâtiment : escalier tournant à retours sans jour, à deux volées (4-11 marches), éclairé par une fenêtre au niveau du sol, au nord, côté cour de l´Arbre.

    Les caves sont desservies par un couloir est-ouest, voûté en berceau sous la galerie du bâtiment I ; perpendiculairement à ce couloir, côté nord, une série de caves : la 1ère voûtée en berceau, en moellons de calcaire doré, est située sous le corps de passage entre la cour de la Cuisine et la cour de l´Arbre (sous le massif de réseau HTA).

    A partir de la 2e cave, le sous-sol est couvert de 2 travées de voûtes d´arêtes.

    Il n´y a pas de communication apparente du côté ouest.

    La 2e cave est voûtée d´arêtes ; elle est pratiquement circulaire, avec une banquette maçonnée autour, et un escalier de 4 marches au moins, au nord, au dessus de la banquette, sortant dans la cour de l´Arbre

    Les parois est et ouest de cette cave sont très épaisses, maçonnées en fruit. Cette cave est située sous la salle Pasteur.

    Ces caves pourraient-elles correspondre à une étuve ? à une glaciaire ? (écoulement existant au centre de la cave)

    La partie de caves en berceau côté est pourrait être plus ancienne.

    Caves du bâtiment G

    Dans l´angle sud-est de la cour de la Cuisine se trouve l´entrée des caves (porte marquée « Sous-station de chauffage cuisine et self n° 4 » ; en bas de l´escalier, porte blindée marquée SIGAMEF, Paris) : escalier droit en pierre descendant vers un grand couloir est-ouest voûté d´arêtes, avec de larges piliers recevant les retombées des arêtes en milieu de couloir (8 travées d´arêtes). Le couloir est actuellement cloisonné est-ouest. Il n´y a pas de communication de ce couloir vers l´est (ou cachée par l´armoire électrique). Dans ce couloir une plaque en métal émaillé est apposée sur le mur sud : L´ÉQUIPEMENT DE CET ABRI A ÉTÉ ENTIÈREMENT RÉALISÉ / PAR LA / SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE CONSTRUCTION / D´ABRIS ET DE MATÉRIEL DE PROTECTION / S.I.S.A.M.P. / PARIS 34 QUAI DE PASSY / LYON 39 RUE DE LA RÉPUBLIQUE (VICTOR COTTON) AGENT RÉGIONAL.

    En face du dernier soupirail côté cour de la Chaufferie, les caves se poursuivent vers le nord (sous le bâtiment J), avec des tables en pierre contre les murs.

    Les voûtes sont en pierre dorée, avec la base des piliers peinte en blanc. Le sol est en béton de cailloux roulés, avec peut-être une trace de cloison, ou de revêtement devant l´avant-dernier pilier : pierres fines posées sur chant.

    A l´extrémité ouest, table en pierre reposant sur des consoles en pierre, table recreusée avec rigole à l´arrière, mais sans évacuation (l=272, la=85, h=87).

    Devant cette table, deux poutres en bois sont fichées en travers de la voûte, avec de grandes chevilles en bois traversant la poutre de part en part.

    Des tables en pierre sont accolées contre l´avant-dernier pilier de retombées des voûtes : la table côté ouest semble plus ancienne : rebord tout autour, table taillée en pointe à l´extrémité sud avec écoulement ; de ce côté la table est supportée par un pilier arrondi afin de permettre le positionnement d´un bassin en dessous de l´écoulement (l=185, la=91, h=70).

    Contre la cloison (ancienne) de la cave de la travée nord, les tables sont plus brutes, les plateaux non travaillés, les supports droits.

    Du côté ouest, une grande niche accueille un escalier en métal sommaire, mais avec une rampe en fer à extrémité en crossette. L´escalier est fermé par une trappe (il serait intéressant de superposer le plan des caves et celui rez-de-chaussée, ou de trouver le débouché de la trappe : à proximité du réfectoire ?).

    A droite de la niche, contre le mur ouest, tables semblables à celle du côté est, mais sans rebord. Devant ces tables, rigoles d´écoulement vers un puits, ou un regard, actuellement cimenté, et fermé par une plaque en métal, située dans la travée sud devant la table ouest.

    Les caves se poursuivent vers le nord : le pilier nord-ouest a été brisé pour pratiquer une ouverture vers le nord (entre G et J ?) : cf caves du bâtiment J.

    Caves du bâtiment E

    L´accès à la cave se faisait par la porte en menuiserie moulurée grand cadre située sous le grand escalier du bâtiment. Cette porte étant condamnée (et cimentée à l´arrière), l´accès se fait par la porte est sur la cour de la chaufferie, ouvrant sur l´escalier droit en pierre, à mur noyau arrondi, très large : côté sud-est, pièce ouvrant autrefois par la porte sous l´escalier murée ; côté ouest volée droite débouchant sur un couloir voûté en berceau est-ouest (caves du bâtiment E).

    Ce couloir distribue deux caves voûtées en berceau ; la voûte de la deuxième cave a été cassée pour installer un réservoir en béton (ancien réservoir de la chaufferie ?).

    Un couloir moderne nord-sud traverse le dessous de la cour Bonnet ; les locaux de la stérilisation sont aménagés sous cette cour (dalles translucides autour de la statue).

    Ces caves communiquent avec celles des bâtiments A et C, et du bâtiment F.

    Caves du bâtiment F

    Au sous-sol, la grande cave voûtée en berceau avec arcade murée au nord est accessible par une volée d´escalier droite.

    Caves du bâtiment J

    Face à la 3e porte, un escalier descendant tournant à retours avec jour, à deux volées, donne accès à un ensemble de caves voûtées. Côté est, il s´agit de grandes caves voûtées d´arêtes avec tables de cuisine et bacs en pierre.

    Des tables sont disposées autour du pilier central à angles abattus avec du côté sud, une table monolithe (pierre de Villebois ?) avec rebord à l´avant et rigole à l´arrière, une table sur consoles, avec angles avant arrondis et du côté nord, une table monolithe aux quatre angles arrondis, plateau nu, sur deux supports quadrangulaires ; entre les deux, côté est, plateau avec faible rebord à l´avant, reposant sur la console sud et le support nord, côté ouest, même table avec rebord à l´avant et sur le côté nord (l=237,5, h=68,5, la côté nord=110, la centre=61, la côté sud=92,5).

    A l´angle du pilier sud-est, muret en équerre avec sommet arrondi et ressaut à la base dans l´intérieur de l´angle (h=71, l N-S=125,5, l E-O=90 ; la base=16,5, le sommet=10,5).

    Au centre de la salle, vestiges de tables dont il ne reste que les supports.

    Sont visibles également dans l´angle nord-est une table sur supports autour du pilier d´angle et contre le pilier S-O, une table sur console, à angles arrondis, large rigole à l´arrière et sur le côté droit (l=183, la=100, h=68, épaisseur=10 ; la rigole=8).

    Au centre de la travée nord, gros massif maçonné carré avec pierres en parement et centre comblé (ancienne cuve ? 85 x 85, h=55).

    Caves du bâtiment A´

    Depuis le magasin est, un couloir avec sur la gauche, un bel escalier en pierre tournant autour d´un massif en pierre descend vers les caves. Quatre travées de grandes caves est-ouest séparées par de grands arcs segmentaires : côté est les caves sont voûtées d´arêtes. Beaux volumes, peut-être d´anciens ateliers ?

    Maryannick Chalabi, mars 2010

  • Appellations successives des cours et des voies longeant l´édifice, hôtel-Dieu de Lyon

    Appellations successives des cours et des voies longeant l´édifice, hôtel-Dieu de Lyon

    Les cours

    Les appellations servant de référence "actuelle", en gras dans la liste, sont celles usitées dans les années précédant la désaffectation de l'hôtel-Dieu achevée en décembre 2010

    Cour Amédée-Bonnet :

    Cour Saint-Martin [attestée sur des documents de 1833, 1836, 1840, 1853 et 1864]

    Cour de l'Arbre :

    Cour St-Louis (attestée sur des documents de 1828, 1833, 1840, 1853,1864]

    Cour des Aumôniers

    Cour des Prêtres [attestée sur un document de 1827]

    Cour de la Chaufferie :

    Cour des Fous [partie est - attestée sur un document de 1787]

    Cour Sainte-Elisabeth [partie est - attestée sur des documents de 1833 et 1840]

    Cour Saint-Nicolas [partie ouest - attestée sur des documents de 1853 et 1864]

    Cour de la Cuisine :

    Cour des Cuisines [attestée sur des documents de 1833 et 1840]

    Cour Saint-Henry [attestée sur des documents de 1853, 1864]

    Cour d´Honneur [renommée par l´ACMH Mortamet en 1993 lors des projets d´aménagement d´une salle de congrès sous le grand dôme]

    Cour d'Honneur :

    Cour du Cloître [attestée sur des documents de 1833 et 1840]

    Cour de la Croix [attestée sur des documents de 1853 et 1864]

    Cour d'entrée [attestée sur un document de 1930 ?]

    Cour de l´Internat :

    n'existe pas en 1840

    Cour Saint-Nicolas [attestée sur un document de 1864]

    Cour du Magasin :

    Jardin de la Pharmacie [partie nord - attestée sur des documents de 1833 et 1840]

    Sans nom sur des documents de 1853, 1864

    Cour du Midi :

    Cour des Ateliers (attestée sur des documents de 1833, 1840 : configuration différente, pas nommée en 1853]

    Cour de l'Ecole [au moment du projet de construction de l'école de médecine]

    Cour du Dépôt mortuaire ou cour Carnot [attestée sur un document de 1937]

    Cour de la Pharmacie :

    Cour Ste-Marie [attestée sur des documents de 1833, 1853]

    Cour des Machines [attestée sur un document de 1930 ?]

    Cour des Bains [attestée sur un document de 1935 ?]

    Cour non identifiée

    Cour des Charpentiers, du côté du Rhône [attestée par un document de 1677]

    Cour non identifiée

    Cour des Convalescents [attestée sur un document de 1827]

    Cour non identifiée

    Petite cour des Cuisines [attestée sur un document de 1828]

    Cour non identifiée, probablement vestige de la rue éponyme

    Cour de la Serpillière [attestée sur un document de 1827]

    Les rues

    Rue Bellecordière

    rue (de ou du) Bourgchanin [attestée sur des documents de 1820, 1840]

    Rue Blancherie

    du côté de la rue Childebert ? [attestée sur un document de 1746]

    Rue Childebert

    n'existe que par le tronçon Est s'arrêtant à l'intersection avec la rue Grôlée

    rue de l'Attache-des-Boeufs [attestée sur des documents de 1810, 1820, 1840]

    Quai Jules-Courmont

    rue Entredeux et courtines du Rhône

    quai de Retz [attestée sur un document de 1740]

    quai du Rhône [attestée sur un document de 1810]

    quai de l´Hôpital [attestée sur un document de 1820]

    Rue du Professeur-Louis-Paufique

    rue Confort [attestée sur des documents de 1820, 1840]

    Rue Marcel-Gabriel-Rivière

    Grande rue de l'Hôpital [attestée sur des documents de 1820, 1840]

    Rue (de la) Serpillière

    rue de la Triperie [attestée sur un document de 1660]

  • Appellations successives des salles et dortoirs de soeurs, hôtel-Dieu de Lyon

    Appellations successives des salles et dortoirs de soeurs, hôtel-Dieu de Lyon

    Les Quatre rangs

    Bâtiment L

    Détroyat (service Dr Guillemin) 1969

    1er étage 1ère salle des femmes

    salle du musée

    Bâtiment M

    1er étage 2e salle des femmes

    salle Sabran

    salle du musée

    Bâtiment O

    1er étage 4e salle des femmes, (1858)

    2e étage salle sainte-Jeanne [1935 ?]

    salle Chavanne, salle des concours 1941

    salle Charles-Clavel 1969

    Bâtiment Q

    rdc pharmacie

    1er étage 3e salle des femmes (1858)

    2e étage dortoir St-Gabriel, 1926 ou 1941

    Antonin-Poncet, Auguste-Pollosson [vers 1935] 1969

    Bâtiment S sud

    1er étage salle Montazet (1837)

    salle des Sociétés savantes (au débouché de l´escalier en colimaçon, 1956)

    Bâtiment S nord

    1er étage St-Lazare et Ste-Marthe 15 chambres 1925 et [milieu XXe]

    2e étage St-Antoine de Padoue et Ste-Monique 21 lits (19 chambres) id

    3e étage Ste-Blandine et Ste-Philomène 17 chambres (18 lits) id

    4e étage Ste-Clotilde et Germaine Cousin 16 chambres id

    (bât de la Cloche) service consultation Dr Clavel 1959

    Aile Soufflot

    Bâtiment B

    Pavillon sud, 2e étage, salle Sainte-Marthe 1866 1893

    1er étage, salle Saint-Louis 1843 1909

    1er étage, salle Saint-Joseph 1909

    1er étage, Sainte-Marguerite 1978

    1er étage, contre le Grand Dôme, salle Ollier [1935]

    2e étage, salle Saint-Paul 1858-1859 1909

    2e étage, salle Pierre-Bertrand 1978

    Bâtiment G

    1er étage, salle Saint-Jean 1900-1903

    2e étage, salle Saint-Maurice 1866

    2e étage, salle Sainte-Marie 1993

    sans précision d´étage : dortoir de l´école d´accouchement 1926 ou 1941

    Bâtiment E

    1er étage, salle Saint-Augustin

    2e étage, salle Sainte-Elisabeth

    2e étage, clinique médicale du Dr Lépine (1909)

    Bâtiment K

    1er étage sud, salle Saint-Sacerdos 1856

    1er étage, Saint-Pierre et Saint-Sacerdos, clinique chirurgicale du prof. Jaboulay 1904-1908

    1er étage, salle Andrée-Lumière (à côté St-Sacerdos) 1955

    1er étage, salle Saint-Sacerdos est le service du professeur Brette 1988

    2e étage sud, salle Saint-Charles 1841

    2e étage, Saint-Charles et Sainte-Claire clinique ophtalmique du Professeur Rollet 1900-1903

    Bâtiment I

    Rez-de-chaussée, salle Pasteur 1993

    1er étage

    2e étage, salle Jules-Courmont 1993

    Bâtiment A

    1er étage, salle Saint-Philippe 1846

    pavillon 1er étage, salle Sainte-Anne, 1837 1978

    Nouvelle infirmerie de 1787 détruite en 1936

    1er étage, salle des femmes payantes, 1787

    1er étage, salle Saint-Bruno 1842 1858 1894

    1er étage, service hospitalier de médecine 1909

    2e étage, salle Sainte-Marie 1844 1865-66

    Bâtiment J

    2e étage, salle Jules-Courmont attestée en 1981

    Achèvement de l´hôtel-Dieu, Pascalon

    Bâtiment C

    Rez-de-chaussée, salle Carnot service médical hospitalier

    1er étage, salle Saint-Martin service chirurgical hospitalier

    2e étage, salle Gensoul service chirurgical hospitalier

    2e étage bis, salle Caillemer 1978

    1er étage dôme Pascalon, salle Bénédict-Teissier, clinique médicale du prof Teissier

    2e étage dôme Pascalon, salle Saint-Roch, clinique médicale du Prof Lépine

    Bâtiment D

    Locaux de concours en chirurgie 1941 :

    Rez-de-chaussée, autopsie, salle du jury, garçon d´amphi

    1er étage, salle des candidats

  • Mentions de dépendances, localisées ou non, XIXe et XXe siècles

    Mentions de dépendances, localisées ou non, XIXe et XXe siècles

    (source prinicipale : Livres du détail de la dépense des Hospices Civils de Lyon sur les fonds ordinaires et extraordinaires par exercice et par chapitre du budget et par établissement. 1828-1904, AC Lyon. 1 MP 835-957)

    1828 Léon Fleurdelix fournit 152 hectolitres de charbon de terre pour la forge

    1838, bascule pour marchandises

    1838, cabinet qui servait d´entrepôt pour les huiles

    1838, entrepôt des fromages de gruyère

    1838 5 guérites urinoir attestées + 1 en 1839 + 6 cuvettes urinoire en 1841

    1839 reconstruction du bateau à laver

    1839 magasin de distribution des vins

    1839 matelasserie attestée

    1840 construction d´un fourneau à rôtir

    1845 tous les bois avant leur emploi seront déposés dans la chambre de vaporisation placée dans le claustral de l'hôtel Dieu

    1846 ouvrages dans le lavoir du réfectoire

    1846, Vergniette ouvrages dans le pavillon de l´horloge (1 des clochers de l´église ?)

    1857 travaux pour hangar pour abriter les charrettes

    1857 Cornu frères réparation à la toiture du château d´eau

    1877 construction d´un hangar (?)

    1889, constructions provisoires 30 000 fr ! Pascalon architecte, Savariant frères, Pansu, Faure ferblantier, Grobon, Faufingue frères maçonnerie

    [1935] salle des douleurs à côté de la maternité bâtiment A angle

    1939 abri des suffoqués

  • Mentions de travaux apportant le progrès technique au sein de l´hôtel-Dieu, XIXe-XXe siècles

    Mentions de travaux apportant le progrès technique au sein de l´hôtel-Dieu, XIXe-XXe siècles

    (source principale : Livres du détail de la dépense des Hospices Civils de Lyon sur les fonds ordinaires et extraordinaires par exercice et par chapitre du budget et par établissement. 1828-1904, AC Lyon, 1 MP 835-957)

    1838 établissement d´une buanderie avec machine à vapeur, Ballet et Marau

    1839 construction d´un séchoir à vapeur dans le claustral

    1839 budget prévoyant des conduits pour l´éclairage au gaz

    1842 travaux pour distribuer l´eau dans les salles et les infirmeries, Dufour, Rochon maître-maçon, 1846 travaux complémentaires

    1844 ouverture de fenêtres et remplacement d´un plancher dans le bâtiment des bains, par Vergniette ferblantier-plombier, nouveaux appareils, cabinets

    1847 deux calorifères dans la salle St-Charles, crédit ouvert mais lignes vierges

    1850 Morel (charpentier ?), construction d´un séchoir à air chaud

    1852 Lorrin, réservoir pour les bains

    1855 Milner, mécanisme à ascension pour monter le linge dans les séchoirs

    1855 Milner, cylindre chauffeur pour le service des bains

    1855 Rochon, ciel vitré de la deuxième chaudière à vapeur

    1857 Brunet mécanicien, Mangavel fils serrurier, Rochon, Vve Badaracco plâtrier : établissement de bains russes

    1857 Delrieux-Bergonhoux, fourneaux séchoirs

    1860-61 établissement d´un lavoir, 7 000 fr ; corps de métier impliqués : serrurerie, ferblanterie, maçonnerie, bitume, pierre de taille, colonnes en fonte, charpente, pavage, éclairage, peinture, menuiserie, chaudronnerie, 1863 : 2 hydro-extracteurs, étuve à côté du séchoir, fourniture pour turbine et hydro-extracteurs

    1865 9 baignoires

    1882 latrines salles Saint-Louis, Saint-Paul, Saint-Jean

    1882 installation d´un réservoir principal (non localisé)

    1884 établissement de lavabos, latrines, canal (non localisé)

    1889 budget supplémentaire pour l´installation d´une étuve à désinfection, 8 000 fr, lignes vierges

    1890 divers et acquisition d´étuves : 52 430 fr ; corps de métier impliqués : maçonnerie, fumisterie, bitume, tuyauterie, serrurerie, menuiserie, chaudronnerie, charpente, plomberie, plâtrerie ; 1 thermomètre avec avertisseur, 1 appareil à stériliser

    1894 Chargnioux, installation d´un réseau téléphonique reliant les services de l´hôtel-Dieu

    1894 Bugnod et Garnier, chauffe-linge métallique à gaz

    1895 installation d´un 4e service de chirurgie, 40 000 fr, lignes vierges

    1895 Lamain, installation d´un ascenseur

    1896 Chargnioux, installation de sonneries électriques

    1896 Gaget, Pérignon et Cie ferblantiers-plombiers-zingueurs, installation du bain électrique

    1897 Maury, installation d´une ligne électrique dans le service du Dr Gayet

    1909 le service central des bains et des douches vient d´être transformé ; il sert aux malades, au personnel et à toute la population

    1941 les dortoirs des soeurs, situés à proximité des escaliers de la Cloche et de la Corde, sont transformés en chambres

    1948 offre par les Kiosques Renzi à Villeurbanne de bacs de développement en granito armé et poli pour le service de radiologie

    1949 bacs de radiographie, SALUBRA 92 rue Grange-Rouge Lyon 7e

  • Rapport sur la visite à Lyon de l´hôtel-Dieu en passe d´être complètement désaffecté , Pierre-Louis Laget, mars 2010

    Rapport sur la visite à Lyon de l´hôtel-Dieu en passe d´être complètement désaffecté

    Pierre-Louis Laget, Conservateur du Patrimoine, responsable de la mission Hôpital de l´Inventaire général, Service de l´Inventaire du patrimoine culturel, Région Nord-Pas-de-Calais. Mars 2010.

    Le site de l´hôtel-Dieu fut fort anciennement occupé et la fondation d´un hôpital en ce lieu tire son origine de la construction d´un pont franchissant le Rhône en ce point précis. Une grande salle des malades dont subsisterait une partie d´un des deux murs gouttereaux, fut édifiée à la fin du Moyen Âge. Nous en avons une représentation dans les plans cavaliers de Lyon dressés au XVIe siècle et savons par une description de 1539 que cette salle était divisée en deux vaisseaux par une file de piliers et qu´elle renfermait des lits disposés sur six rangées avec une répartition des hommes et des femmes de part et d´autre de la ligne de démarcation formée par cet alignement de piliers. Malgré cette apparente commodité pour la séparation des sexes, les salles de construction d´époque médiévale divisées en deux vaisseaux paraissent avoir été plus rares que celle formées d´un vaisseau unique, ce qui semble aller de soi, mais les exemples subsistants pourraient laisser supposer qu´elles étaient également plus rares que les salles à trois vaisseaux qui se rencontrent même dans des établissement pourtant relativement modestes tel l´hôtel-Dieu de Montreuil-Bellay. Ainsi, à ma connaissance, seuls l´hôtel-Dieu d´Amiens, celui de Brie-Comte-Robert et très vraisemblablement celui de Compiègne présentaient une division en deux vaisseaux.

    A partir de 1622, on entreprit une extension de l´hôtel-Dieu en entamant la construction de nouvelles salles de malades immédiatement au nord de l´ancienne selon une disposition en croix avec une chapelle monumentale établie à l´intersection des quatre ailes renfermant les salles. Peut-être en raison de la proximité immédiate du fleuve et du risque toujours possible d´inondation, ces salles furent établies au-dessus d´un rez-de-chaussée. Par la date du projet de construction, l´hôtel-Dieu de Lyon paraît être le premier en France où fut mis en oeuvre un plan en croix qui rencontrerait un certain succès dans les édifices hospitaliers au cours des deux siècles suivants. Ce plan présentait l´avantage d´opérer une séparation aisée des sexes tout en introduisant une séparation supplémentaire entre blessés et fiévreux ou malades relevant de la médecine et ceux relevant de la chirurgie, sans multiplier pour autant inutilement les autels où serait célébré l´office de la messe. L´ensemble des malades alités serait ainsi en mesure d´entendre et d´assister à la messe célébrée en un autel unique.

    Ce plan cruciforme était originaire d´Italie septentrionale et l´on a cru longtemps que la première réalisation en était l´hôpital majeur de Milan commencé en 1457 sur les plans du fameux architecte Antonio Filarete, mais achevé seulement au XVIIe siècle, lequel offre effectivement une double disposition en croix, une pour les hommes et une autre pour les femmes. A défaut d´avoir été à l´origine de la formule cruciforme, cet hôpital est peut-être le premier où pareille disposition fut projetée dès le projet initial. Sinon, cette formule serait née de l´agrandissement d´un hôpital avec adjonction successive de salles de malades à une salle préexistante en passant par un plan en I ou en L, puis un plan en T comme étapes intermédiaires. Ce serait à l´hôpital Santa-Maria-Nuova de Florence que ce type d´agrandissement aurait été opéré pour la première fois, entre les XIVe et XVe siècles dans la section attribuée aux hommes, pour finir, deux siècles plus tard, par donner un plan en double croix où chacun des sexes était isolé dans la sienne.

    Ultérieurement quantité d´établissements hospitaliers furent ainsi agrandis au coup par coup selon ce processus de greffe sur une distribution préexistante. Le plan actuel en T de l´hôtel-Dieu de Tournus procède ainsi d´une construction de salles de malades en trois étapes successives, celui de plan similaire de Belleville-sur-Saône, en deux étapes. On peut présumer en outre que ce mode de construction présentait l´avantage pour les administrations hospitalières de disposer rapidement d´un espace clos où l´on pouvait accueillir les malades dans des conditions tout à fait satisfaisantes bien avant l´achèvement du plan d´ensemble qui se ferait en fonction des disponibilités budgétaires et de l´évolution des besoins locaux.

    En France, peu après le début de la reconstruction de l´hôtel-Dieu de Lyon en 1622, fut fondé en 1634 à Paris un édifice qui, une fois achevé, présenterait lui aussi un plan en croix qui est ici double, comme à l´hôpital majeur de Milan : c´est l´hospice des Incurables baptisé à la fin du XIXe siècle hôpital Laennec. Toujours au XVIIe siècle, l´hôpital du petit bourg seigneurial d´Hautefort fut édifié selon un plan cruciforme avec deux niveaux de salles, ce qui en fait l´exemple bien conservé le plus proche de l´hôtel-Dieu de Lyon, mais il lui est légèrement postérieur puisque sa fondation se situe en 1669.

    Sinon ce plan se diffusa beaucoup plus tôt en Espagne qu´en France. Ainsi à l´hôpital des rois catholiques (hostal de los Reyes católicos) de Saint-Jacques-de-Compostelle érigé à partir de 1501 par le grand architecte Enrique de Egas, les quatre ailes formant les bras de la croix s´inscrivent dans un quadrilatère. Un autre hôpital de conception similaire, celui de la Sainte-Croix (hospital de Santa Cruz), fut bâti à Tolède entre 1504 et 1514 et les plans en sont attribués à Enrique de Egas. Ici cependant, des contraintes topographiques ont empêché de circonscrire les quatre ailes en croix à l´intérieur d´un quadrilatère. Un troisième hôpital disposé en croix, à Grenade, celui-là bien inscrit dans un quadrilatère régulier, dut son édification à partir de 1511, comme les précédents, à une initiative des rois catholiques.

    Cette inscription dans un quadrilatère permettait de dégager quatre cours, pouvant servir à la promenade, tout en autorisant la formation de façades monumentales sur les faces extérieures de l´édifice. La saillie des bras de la croix tel qu´on peut l´observer à Hautefort, constituait en effet un écueil à la création d´une certaine monumentalité en façade et ce fut sans doute la raison pour laquelle le corps de logis principal disposé en croix se trouvait parfois derrière un corps de logis secondaire de plan longitudinal abritant l´administration et les services généraux, comme on pouvait le voir à l´hôpital de Gray avant la démolition récente des ailes abritant les salles de malades. Sinon les architectes lui préférèrent les plans en I ou en T qui ne présentaient pas cet inconvénient. Le parti adopté par Soufflot à l´hôtel-Dieu de Lyon d´aligner quatre grandes salles de malades en les superposant deux à deux de part et d´autre d´une chapelle monumentale avec laquelle les quatre salles communiquaient directement, obéissait à l´évidence à ce désir d´ostentation sur l´espace public.

    Ce fut le même désir d´ostentation que l´on sait avoir été imposé au bureau de l´hôtel-Dieu par les échevins lyonnais, qui détermina l´architecte à établir une colossale coupole à pans qui saillait fortement au-dessus du niveau des toitures environnantes. Ce parti architectural reprenait de surcroît celui du bâtiment en croix érigé au siècle précédent dont la chapelle se trouve elle aussi coiffée d´un dôme particulièrement imposant. Pareille magnification de la chapelle placée à l´intersection des ailes formant les bras de la croix ne ressortissait pourtant pas de l´archétype constitué par l´hôpital de Milan où un simple lanterneau en marquait l´intersection.

    D´ailleurs, à l´hospice des Incurables de Paris, de conception chronologiquement très proche de l´hôtel-Dieu de Lyon, aucune saillie ne signale la présence, à la jonction des deux corps de bâtiment en croix, d´une chapelle dont la destination est simplement matérialisée par un autel. Au surplus aucun décor porté ne venait magnifier l´emplacement de ce lieu de culte. L´ampleur donnée à la chapelle centrale s´inspire sans doute aussi de modèles italiens postérieurs à Milan, l´hôpital du Saint-Esprit à Rome. En cet hospice des Incurables, si les chapelles visibles depuis les salles de malades se réduisant à un autel, un grande chapelle, complètement indépendante, se dresse, au centre du terrain d´assiette, interposée entre les deux corps de bâtiment en croix hébergeant respectivement les hommes et les femmes.

    Une telle chapelle formant un bâtiment indépendant au sein d´un édifice hospitalier, tel qu´il se voit à l´hôtel-Dieu de Lyon, est en fait relativement rare avant le XIXe siècle (cette disposition allait devenir quasiment la règle dans les asiles d´aliénés) hormis dans les hôpitaux généraux et les Charités où le caractère valide de la majorité des pensionnaires (il ne s´agit pas en l´occurrence de personnes malades) ne justifiait aucunement la communication de la chapelle avec leurs dortoirs. Ainsi, tant à la Charité de Marseille, à l´hospice de la Salpêtrière de Paris ou encore à l´hôpital général de Montpellier, une chapelle d´une certaine ampleur se dresse au centre de la composition, ouvrant même directement sur la rue dans le cas de Montpellier, comme cela s´observe à Lyon.

    Cette indépendance de la chapelle dans le cas d´un véritable hôpital de malades se rencontre aussi à Rouen où, lors du transfert, au milieu du XVIIIe siècle, de l´hôtel-Dieu dans l´édifice destiné originellement à servir à la mise en quarantaine des pestiférés, le bureau de l´hôtel-Dieu décida, après l´achèvement complet des travaux d´aménagement des locaux pour les malades, de leur adjoindre une vaste chapelle. Celle-ci communique aussi directement avec la rue et présente surtout une ampleur inaccoutumée. Toutefois, à Rouen, l´hôpital des pestiférés se dressait dans un faubourg non desservi par un lieu de culte et l´on peut donc supposer que l´intention des autorités locales était d´y pourvoir en raison de l´extension de la ville de ce côté. De fait, cette chapelle, qui par son implantation et son orientation s´inscrit davantage dans le plan d´urbanisme de ce faubourg que dans le plan général de l´hôtel-Dieu, remplit, sans doute depuis son origine, la fonction d´une paroisse de quartier.

    A Lyon, les raisons expliquant la construction d´une grande chapelle, pourvue de surcroît de deux tours en façade, après l´achèvement des travaux du corps de bâtiment en croix restent à élucider d´autant que, dans les projets dressés par Soufflot au XVIIIe siècle, l´on prévoyait d´en établir une autre au sud de l´immense façade donnant sur le Rhône. La perpétuation d´un lieu de culte préexistant paraît constituer le motif de l´inclusion d´une seconde chapelle dans le projet de Soufflot dont la réalisation aurait fait de l´hôtel-Dieu de Lyon un cas unique en Europe, ce qu´il est déjà avec trois espaces monumentaux affectés au culte.

    Hormis ces trois lieux de culte, le réfectoire est sans conteste la salle la plus spectaculaire au sein de l´ensemble des locaux de l´hôtel-Dieu. Ses vastes proportions et surtout sa grande hauteur ne sont pas sans surprendre dans un hôpital. Il faudrait connaître le nombre de membres du personnel qui y prenaient leur repas à l´époque de sa construction ainsi que les traditions locales de prise en commun ou non des repas par le personnel. En effet, lorsqu´une communauté religieuse assurait la desserte d´un établissement, les membres de cette communauté possédaient un réfectoire dont les dimensions n´excédaient pas forcément celles de la salle à manger d´un grand hôtel particulier, comme on peut le constater à l´hospice Comtesse de Lille où la salle à manger de la communauté de soeurs subsiste avec son décor intérieur. En pareil cas, les membres du personnel non religieux possédaient leur propre réfectoire. A Lyon, du fait de l´absence d´une véritable communauté religieuse où les soeurs prononçaient de voeux perpétuels, celles-ci étaient peut-être confondues avec le reste du personnel lors des collations.

    Ce qui ne laisse pas d´étonner est que, à partir du XVIIe siècle, le surdimensionnement des locaux d´habitation dans les hôpitaux comme d´ailleurs dans les monastères contemporains tendit à disparaître en raison de l´émergence d´une recherche de plus de confort. Il est vrai que, lors des grandes reconstructions des bâtiments monastiques aux XVIIe et XVIIIe siècles, l´on mit encore en oeuvre des réfectoires hors de proportion avec les besoins de la communauté qui l´utilisait quotidiennement. Ainsi les majestueux réfectoires de l´abbaye du Bec-Hellouin et de l´abbaye aux hommes à Caen, celui disparu après la Révolution de l´abbaye de Cluny, celui de l´abbaye de Clairvaux (actuellement chapelle du pénitencier) s´apparentent encore par leur longueur, sinon par leur hauteur, aux réfectoires monumentaux édifiés à l´époque gothique, dont subsistent encore de spectaculaires exemples.

    Si les escaliers paraissent bien modestes en comparaison des espaces grandioses dont nous venons de parler, la chose n´est guère étonnante car, dans un hôpital, les escaliers étaient multipliés de manière à faciliter la desserte et éventuellement l´évacuation des salles en cas d´incendie. Ainsi, à l´hôpital général de Valenciennes, l´un des chantiers hospitaliers majeurs de la France du XVIIIe siècle après celui de l´hôtel-Dieu de Lyon, les corps de logis principaux forment un vaste quadrilatère avec un escalier logé dans chacun des angles. Or malgré la qualité de leur mise en oeuvre, l´on ne peut qualifier aucun d´entre eux d´escalier monumental. Le colossal escalier d´honneur de l´hôtel-Dieu de Carpentras, l´un des plus grandioses de toute la France, constitue très certainement une brillante exception dans le domaine de l´architecture hospitalière où, à partir de l´époque classique, chez les concepteurs, le seul morceau de bravoure tendit à se limiter à l´espace intérieur de la chapelle toujours bien sûr avec les façades visibles depuis l´espace public qui sont rarement sacrifiées au principe d´économie, et ce malgré les admonestations réitérées des hygiénistes de l´ère pasteurienne.

    Pour le reste, il est bien difficile de se prononcer en l´absence de plans légendés identifiant de façon formelle l´usage primitif de telle ou telle pièce. Ainsi, même si des documents précisent que les combles des bâtiments étaient, dans les hôpitaux, couramment utilisés pour l´étendage du linge en hiver, ceux que nous avons pu examiner n´autorisent pas avec certitude pareille identification.

  • Description de l'hôtel-Dieu. Extrait de La police de l´aulmosne de Lyon, 1539

    Description de l'hôtel-Dieu. Extrait de La police de l´aulmosne de Lyon. Lyon : Sébastien Griphe, 1539, p. 46-50

    ...Le personnel

    Pour servir les pauvres malades, il y a dix-huict ou vingt religieuses, tant repenties que aultres, qui sont la dedens rendues pour l´honneur de Dieu, et pour servir les pauvres, et sont receues par lesdictz conseillers, lesquelles sont nourries et habillées aux despens dudict hostel Dieu ; d´où il y en a une qu´on nomme la mère qui est la maistresse dessus les aultres, et à laquelle toutes les aultres obéissent, et ont leur reffectoir où elles mengent toutes ensemble, et leur dortoir où elles couchent, qui est séparé et serré...

    Et quand elles ont donné à disner et soupper ausdictz pauvres, se retirent en la chappelle là où elles dient graces...

    Le dict Hostel Dieu est grand et y a une séparation par le mylieu avec grandz pilliers et treillis ; dens lequel y a six rancs de couches d´un bout à aultre ; les chaslictz de noyer, le dessus de tapisserie, tous nectz, blancz et bien accoustrez ; d´un costé sont les hommes et de l´aultre sont les femmes, qui se voyent tous sans qu´ilz fréquentent les ungs parmy les aultres. Et au mylieu a une grande cheminée où lesdictz pauvres se chauffent quand il faict froid ; les hommes de leur costé et les femmes de l´aultre.

    Et en l´ung des boutz dudict hostel Dieu a une chappelle que tous les malades peuvent veoir de leur couche, où le prebstre dict chaque jour messe...

    Il y a audict hostel Dieu ung autre corps et bastimant expressement édiffié séparé de l´aultre, où il y a deux rangs de couches, où l´en retire les pauvres femmes enceinctes, et sont là dedans nourries jusques elles sont deslivrées et relevées. Et aussi tous les petis enfans orphelins trovés et exposés, lesquelz là dedans sont par les nourrisses allaictez et nourrys jusques ilz sont d´aage pour les faire apprendre...

    Il y a aussi dans ledict hostel Dieu une bouticque d´appoticaire bien meublée et fornye de drogues et médecines, que les espissiers et appoticaires de la dicte ville de Lyon fournissent et entretiennent à leurs despans, et pour l´honneur de Dieu, charité et aulmosne ; et lesdictz conseilliers y tiennent un appoticaire homme de bien aux gaiges dudict hostel Dieu...

    Le boulengier a sa boulangerie dans le dict hostel Dieu lequel a charge de faire et cuyre le pain nécessaire pour ledict hostel Dieu.

    Le portier a charge d´ouvrir et fermer et se donner garde qui entre et sort dudict hostel Dieu.

    Tous les dictz serviteurs et officiers ont leur chambre où ils mangent et couchent tous ensemble qu´est aussi séparée des autres.

    Lesdictz seigneurs conseilliers et échevins, ou du moyns quatre diceulx, se treuvent toutes les dimenches à mydy audict hostel Dieu en la salle au bureau nouvellement édifié, pour illec tenir le bureau, où se treuvent tous les dictz serviteurs et officiers, pour rendre compte et reliqua de tout ce qu´ilz ont administré toute la septmaine... Deux desditcz conseillers... sont entre eux esleuz et commis pour estre quessier et trésorier pour deux ans. Lesquelz serrent lesdictz deniers dans la quesse fermant à deux clez dont chascun en a une, qu´est dans la chambres des archives dudict bureau...

    Il y a aussi en ladicte ville de Lyon une confrérie de la Saincte Trinité, où ilz sont grand nombre de confrères, lesquelz des deniers de la dicte confrérie ont achapté ung jardin joignant audict hostel Dieu, où ils ont faict édiffier et bastir un beau bastiment où il y a force chambre ; et s´il advient au temps de la dicte peste que l´ung ou plusieurs des dictz confrères soient pestiféreux ou infectz sont retirés ausdictes chambres, là où ilz sont serviz comme les autres. Et est à noter que pour nectoyer les infectz y a deux grans jardins là joignantz audict hostel Dieu, desn lesquels y a plusieurs chambres et cabanes, où l´en retire lesdictz infectz pour quarante jours, et après on leur baille habillemens nectz et leur donne congé ...

  • 1606, 5 mai. Inventaire des meubles de l´hôtel-Dieu

    1606, 5 mai. Inventaire des meubles de l´hôtel-Dieu, (AC Lyon. E HD 21, fol. 49 ss).

    En la grand salle où sont les pauvres malades, y a soixante quatorze lictz à collounes de noyer comprins ung petit, garnis chacun de sa palliasse, coultre et deux chevetz de pleume, troys couvertes, six vingtg douze linceulx pour tous les dits lictz garnis de franges de fustaine sauf sept qui sont de toille.

    A la chambre où se solloit faire diette, ayant son entrée par la dite grand salle, six chalictz, une coultre, deux cussins, deux linceulx et deux palliasses.

    Chambre appellée des officiers joignant la susdite et ayant son entrée par la petite cour, ung buffet servant à deux armoires de noyer, deux hautz de noyer, deux chaises aussy bois noyer, deux coffres boys sappin, ung coffre boys noyer, ung coffre à bahut.

    A la salle du bureau, une table boys noyer avec deux tréteaux, ung banc à doucier de noyer, deux coffres bois noyer, ung petit dressoir de noyer, deux chaises de noyer, sept escabelles de noyer, ung petit banc de noyer, deux grandz chenetz de cuyvre qui ont esté comprins à l´inventaire de la cuisine avec la veysselle.

    A la chambre proche la dite salle, une table de noyer avec son marchepied, ung coffre à bahut.

    A la salle du réfectoire, plusieurs bancz de noyer faisant le tour de la dite salle, avec leurs courniches, aulcungs d´iceulx fermant à clef, troys grandes tables avec leurs tréteaux boys noyer, deux aultres tables rondes, l´une soubstenue par ung pillier de boys noyer, l´aultre carré, le dessus de noyer et le bas sappin fermant à clef, ung buffet boys noyer attaché ausdits bancs avec armoires fermant à clef, deux chaises à doucier boys noyer, deux petitz bancz noyer pour se asseoir, huict tableaux, trois pièces de toille peinte.

    A la petite chambre proche la dite salle, une table noyer avec son marchepied, une chaise boys noyer, et dans ung buffet de sappin a esté trouvé deux tasses d´argent que la seur Benoiste a dict appartenir l´une à elle et l´aultre à la seur Claude, que la feue mère leur avoit donné, néaulmoingtz ont esté inventoriées comme les seurs servantes n´ayant rien de propre à elles audit hostel dieu, et laissées au mesme lieu, comme aussy une cuiliere d´argent trouvé au mesme buffet que la dite seur Benoiste a dict estre à elle.

    A la buanderie, deux grandz cuves à faire lecive, deux moyennes.

    A la bollengerie, vingt-quatre sacz à porter bled et farine, deux patières, ung passoir que le sieur Vincent Richard feit faire en l´année qu´il estoit recteur.

    A la chambre chaulde où couchent les passants, huict chaslictz, scavoir sept de noyer et le huictiesme de sapin, et plusieurs aultres desmontés, dix palliasses, dix huict chevetz, dix mettelatz, une coultre, six couvertes, une vieille table sappin, une chaise sappin, une chaire à porter les mallades.

    A la chambre de la soye, dix lictz, scavoir neuf de boys sappin et ung de noyer dont celluy de noyer et six de sappin sont garnis de leurs palliasses, coultres, chevetz et de douze couvertes sans linceuls, le dit lict de noyer garny de franges et rideaux de toille, une table de noyer avec deux trateaux, deux coffres sappin, ung buffet boys noyer vieulx, une escabelle noyer.

    A la chambre des nourrices, dix chaslictz garnis de leurs coultres, de deux cussins, de deux couvertes, et de dix linceulx en chacun lict avec la palliasse, vingt-quatre croussons avec quelques arçons, deux baptistaires cosés, deux crespes, deux douzaines drappeaux vieulx, une couverte d´enfant sarge verte, cinquante lenges bons et meschans, le reste peu de valleur.

    Dans le grand dourtoir où couche les seurs servantes, dix lictz boys noyer, dont il y en a cinq garnis de leurs pentes et rideaux de toille, deux avec pentes et rideaux sarge rouge, ung aultre avec les pentes et rideaux sarge bleu et jaulne, ung aultre avec pentes de tapisserie d´Auvergne et rideaux sarge rouge, ung aultre avec les pentes et rideaux futaine vert figuré, tous les dits lictz ayant chacun deux coultres de plume, deux chevetz, une palliasse et troys [pour trente] couvertes, dont il y en a vingt-sept de Catheloigne, asscavoir six rouges et vingt-une blanche et troys fasson d´Auvergne ; trois matellatz de layne ; dans ung banc à lict noyer, s´est trouvé troys petits cussins et ung chevet de lict, une couverte Catheloigne blanche et ung devant de fourneau toille blanche ; six tabouretz couvertz en cuyr rouge et ung petit tabouret de boys ; ung buffect noyer où s´est trouvé quelques confitures ; ung coffre sappin où sont les habitz des enfans ; une garde robbe boys noyer où a esté trouvé huict robbes blanches pour les seurs servantes, des franges de fustaine pour garnir deux lictz de la chambre de la mère, avec dix pièces pour la garniture des rideaux desdits lictz de toille, deux aultres garnitures d´aultres deux lictz du grand dourtoir du mesme fustaine avec leurs rideaux et pendants de toille ; dix linceulx ; une robbe de chambre toille rayée doublée de pelisse ; ung tappis rouge peu de valleur ; cinq paires de presses ; ung coffre noyer où y a trente-trois linceulx ; ung buffet où n´y a que des confitures ; ung coffre à bahut où n´y a que quelque petit fatras et boittes ; ung petit coffre boys noyer où n´y a rien dedans ; une table boys noyer avec ung banc et troys petites chaises basses du mesme boys noyer ; troys coffres scavoir ung bahut, ung de noyer et ung de sappin où sont les besougnes de la seur Benoiste ; cinq coffres où sont les besougnes de la mère, scavoir quatre de noyer et ung de sappin ; ung coffre sappin où sont les besougnes de la seur Phildeberte ; troys coffres scavoir deux à bahut et ung de noyer de la seur Claude.

    A la chambre de l´appoticquaire, deux lictz boys noyer garnis de leurs pentes et rideaux toille blanche, de deux coultres, deux chevetz, six couvertes, asscavoir cinq de Catheloigne dont il y en a une verte, une rouge et troys blanches, et les troys aultres fasson d´Auvergne ; une petite table ronde ; une chaise ; troys escabelles noyer ; deux buffectz vieulx ; ung coffre sappin ; ung andier de fer.

    Dans la gallerie estant près la dite chambre, une table noyer avec son banc à doucier.

    Dans le grand grenier y a esté trouvé ce que s´en suict :

    scavoir du costé de vent, huict mattelatz ; dix -uict coultres à fleynes rayées toutes neufves garnies de plume avec neuf chevetz garnis de mesme ; une fleyne de coultre et deux chevetz sans plume ; dans ung coffre à bahut a esté trouvé deux cappes drap ou sarge noir ; quatre paires chausses à la Pollognoise ; ung caraquin sarge ; deux corps de robbe sarge ; un bas demy ostade pour femme ; une vieille robbe longue drap avec les manches de burat ; troys pavillons, l´ung de fustaine, l´aultre de sarge rouge, l´aultre de laine coulleur [blanche], franges rouges et jaulnes ; dans ung grand coffre seize douzaines serviettes, troys douzaines panemains, une nappe prime grain à petite veuse, une nappe roussette, une petite nappe, une meschante serviette, trente serviettes neufves pour le service des malades, quinze petitz cussins de plume, dix fleynes neufves pour les petitz enfans sans plume, deux couvertes d´oreiller sans plume, l´une neufve et l´aultre usé, vingt-quatre rideaux toille blanche comprins quatre portes, trente-cinq toillettes blanches usés grandes et petites qui ont servy aultreffois de tour de lict, six pands de franges toille dont y en a troys fort usés et les deux bons, deux pièces tapisserie de Flandre servant à la turbine, deux pièces Parguame servant à l´églize, quatre aultres tappisseries d´Auvergne scavoir une binne et troys fort usés ; dans ung aultre coffre audit grenier quarante quatre pands de frange toille bons et meschans ; dans ung aultre coffre quarante troys linceulx ; dans ung aultre coffre boys de chesne ung matellatz servant à la grange de Charly et estant prins à l´inventaire de la dite grange ; une meschante couverte ; sept pinces à pincer cheveux ; une fleyne de coultre toille roussette.

    Dans le grand coffre de sappin où sont les linceulx de réserve, deux cent quarante-troys linceulx neufs ; dans ung coffre audit grenier cent huict linceulx courantz ; dans ung aultre coffre sappin dix-sept drappeaux toille desifant ; quarante coffres de diversses sortes bons et meschantz et la plus grand part vuydes ; dans deux coffres noyer soixante-six linceulx, une douzaine franges de lict de tappisserie aux armoiries de Mr le général Camus, deux de Cadis de pellisary, deux de tappisserie d´Auvergne, huict fustaine figure usés, vingt neuf franges usés, onze de franges sarge bleu et jaulne de Messieurs de Gadaigne.

    Nota que aujourd´huy cinqiesme may mil six cens six, la lecive se faict, où y a cent soixante-quatorze linceux, vingt-cinq servietes, huict nappes, douze panemains, quinze linceulx aux lictz des nourrices, le tout bon que mauvais.

    Du costé de bize, en l´aultre corps de grenier, a esté trouvé trente-ung coffre de plusieurs sortes de peu de valleur et presque tous vuydes ; quarante-deux cussins bons garnis de plume, trente-neuf coultres de mesme ; dans ung coffre à bahut cinquante-deux pièces de vieulx tours de lict toille usé, huict servietes pour les mallades, environ huict aulnes et demy toille roussette ; dans ung aultre coffre à bahut six chemises roussettes, treize vieulx linceulx, huict eschaveaux fil retors ; dans ung aultre coffre neuf rideaux toille blanche, quatorze pands de franges, dix linceulx usés, troys servietes usés, dix-huict linceulx toille my blanche, deux cottes drap bleu, ung dernier et devantier toille noire, une coultre et deux cussins de plume usés, deux petits oreillers avec leur plume ; plusieurs ferramentes et habits que fault vendre ; quelques papiers estant dans ung coffre qu´il faudra veoir.

    Dans le réfectoir, et en l´ung des marchans des banctz noyer a esté trouvé une pièce toille neufve à faire nappes, vingt linceulx ; dans ung aultre banc sept pellissons pour les petits enfans, quatre pièces entières fleynes à faire coulture ; dans ung aultre banc troys nappes et dix servietes ; dans ung aultre banc, une petite pièce à faire hariteaux, ung cadenas avec sa clef.

    Dans ung coffre boys noyer estant à la court a esté trouvé, trente deux nappes, troys petites nappes, seize servietes usés à frotter les malades, troys tenailles à mettre sur le buffect du réffectoir, vingt une servietes, troys paires bissaches, deux douzaines panemains, ung petit coffre sapin où n´y a que quelques estouppes.

    A la chambre des serviteurs estant dans la grand court, une table boys noyer ayant ung buffet dessoubz fermant à clef.

    En une aultre chambre estant sur l´esglize où couche le prebtre, ung lict boys noyer, avec deux coultres, deux chevetz, troys couvertes et deux linceulx, avec des courtines et rideaux de toille, une table, deux bancz, troys chaises, ung coffre, ung buffet, une escabelle, le tout boys noyer.

    A la chambre d´Amy, pourvoyer et despencier du dit hostel dieu, ung chaslict sappin, deux bancz noyer, ung meschant coffre.

    A la chambre sur l´esglize où couche le cirurgien, son garçon et le chapuis : troys chaslictz à collonnes boys noyer garnis chacun de leur coultre et cussin de plume avec pentes et rideaux de toille blanche, ausquelz lictz y a neuf couvertes asscavoir quatre de Catheloigne blanche, et les aultres cinq fasson d´Auvergne, une petite table boys noyer, ung vieulx buffet noyer, une vieille chaise aussy boys noyer, deux coffres, une à bahut et l´aultre boys sappin.

    En une aultre chambre joignant la susdite où couche le dit Amy de Poissy et le bolengier : une petite table boys noyer, troys lictz dont il y en a deux à collonnes, et l´ung d´iceulx seulement garny de pentes et rideaux de toille, ayant chacun desdits lictz une coultre et cussin de plume, troys couvertes dont il y en a sept de Catheloigne fort vieilles, ung loudier de toille picqué et une fasson d´Auvergne.

    Nota que la seur Benoiste a six linceulx, la seur Claude quatre, la seur Marguerite quatre, la Loyse quatre.

    Dans un petit coffre à bahut y a une douzaine devantiers qui servent aux dames servant les pauvres aux festes de Penthecoste, troys chemises ; deux petits coffres noyer où n´y a rien dedans ; une petite garde robbe sappin peincte et vuyde ; une chaise noyer où y a des besougnes de la mère ; ung coffre noyer dans lequel y a trente une nappe bonnes et vingt-deux douzaines servietes, troys servietes de collation dont la pince est toute rompue, quinze panemains.

    Dans le petit dourtoir : ung lict sappin garny de franges de toille, troys coultres, deux cussins, deux couvertes Catheloigne, l´une rouge, l´aultre blanche, ung coffre sapin où y a quelques besougnes de la seur Marguerite ; deux coffres à bahut où sont les habits et menu linge de la seur Benoiste ; dans un petit coffre à bahut rompu sans serrure a esté trouvé une couverte Catheloigne rouge, quatre pentes de rideaux, ung tour de lict franges le tout usé ; une table boys noyer avec son buffet, une garde robbe sappin où y a quelques tasses de terre, de verre et fioles ; troys coffres sappin de la seur Marguerite ; la garniture de fustaine de deux lictz et les pendans ou rideaux de toille dans ung coffre à bahut trouvé ouvert ; un petit bahut et deux de sappin de la seur Claude ; ung coffre de sappin de la seur Philiberte ; dans un coffre sappin y a soixante troys linceulx ; ung coffre sappin de la Loyse avec ung de noyer et ung bahut ; y a coffres tant plains que vuydes vingt.

    Ornements de l´Hostel Dieu trouvéz en l´esglize (fol 59) :

    premièrement une chasuble de satin rouge figure de jaulne avec son estolle et manipulle ensemble le parement bas et haut de l´aultel semblable ; une chasuble de damas vert et rouge avec son estolle et manipulle et tout le parement avec lezs rideaux et pentes de l´aultel semblable ; une autre chasuble de satin blanc avec la croix de satin bleu accompaignée de l´estolle et manipulle ; une chasuble de damas figure jaulne paille avec le devant de l´aultel semblable coulleur ; une chasuble vellours rouge avec la croix vellours viollet, estolle et manipulle ; une chasuble toille d´or en broderie avec la croix d´or et d´argent avec son estolle et manipulle ; une chasuble de satin rouge de Bourges vieille avec estolle et manipulle ; aultre noyre vieille de demy ostade ; aultre de vieille demy ostade rouge ; deux banderolles de damas, l´ung blanc, l´aultre rouge ; un vieux parement d´autel de cuyr ; quatre aulnes moings un tiers vellours jaulne ; deux oreillers de pièces de vellours rapportées ; deux aultres oreillers couverts de fleyne de toille ouvrées à poinct de Flandre ; une toillette d´argent avec des pointes d´or ; troys autres petites toillettes argentées ; une autre toillette crespe blanc ; vingt-quatre chandeliers de léton ; deux chandeliers argentez et dorez ; six bassins cuivre jaulne ; quatre petits rideaux toille de Turquie pour parement de l´hostel ; ung ciel damas rouge avec les armoiries de la ville pour porter sur le St Sacrement de l´autel ; deux tableaux faicts à l´esguille, l´ung grand où il y a ung crucifix et l´aultre petit où y a une Annonciation ; neuf aultres petits tableaux dorés ; ung encenssoir de cuivre ; deux parements d´aultel vellours noir avec la croix satin blanc ; deux aultres parements damas noir que Monsieur Vauzelles a donné ; deux parements d´autel demy ostade ; troys oreillers de layne ; une chasuble vellours canello avec sa croix en broderie ; quatre cussins couvertz de vellours noir dont deux ont la croix satin blanc et l´aultre jaulne doré ; une croix d´argent avec son crucifix ; un parement de satin blanc d´autel ; deux calices d´argent avec les platines ; troys calices d´estaing garnis de leurs platines ; une custode de cuivre où repose le St Sacrement de l´autel ; deux chaisnettes d´argent ; deux parements d´autel cuir doré ; deux corporaliers grands et cinq petits ; ung petit coffre d´ivoire où est ung petit coffre d´argent lequel y a de la croix de Notre Seigneur... ; une bourse vellours noir pour tenir les corporaliers avec sa croix du gallon d´argent.

    Dans le grand corps, un coffre de noyer fermant à clef, pantes d´un tour de lict trouvées audit coffre avec les cierges de cire blanche et jaulne pour le service de l´hostel dieu.

    Veriffié pour les deux douzaines et demy de nappes où s´en est trouvé une petite de plus ; vingt-sept serviettes tant bonnes que usés ; ung aultre coffre boys noyer. Vériffié l´article des dix-sept aubes avec leurs amictz qui s´y sont trouvés ; douze frotises ou surplis ; deux rideaux de toille servant aux deux costés de l´aultel de caresme ; ung pardevant de toille pour mettre au devant de l´aultel ; deux toilles pour servir lors de la communion ; ung parement d´une nappe à mettre devant l´aultel ; une aultre petite nappe pour la communion ; quatre-vingt-deux cierges de cire blanche avec deux flambeaux desquels il y en a environ ung quart qui ont esté allumés ; sept vases terre blanche ; une nappe ; ung graduel, ung matutinal, ung vesperal, tous troys du planchant pour servir à l´hostel Dieu ; ung messal du concille ; deux romains, un baptistaire à l´usage de Lyon ; deux chaisnettes estaing, une petite clochette fonte ; la légende des saints laissée en la présence du vicaire.

    Meubles de cuisine (fol 62) :

    ung crochet de fer pour sortir les seaulx ; quatre armeroles cuivre à couvrir ; les quatre marmittes de léton ; deux grandes conches d´estaing ; une romaine et ung crochet servant à peser la chair ; troys mortiers de pierre ; un mortier de fonte avec le pislon rompu ; une platine fer à fermer le fourneau des marmittes ; huict chauffettes tant bonnes que mauvaises ; ung couteau chapleur avec ung petit aultre ; une esguière appartenant à Loyse cuisinière, ensemble une [fourchette], une tasse et une escuelle d´estaing.

    Ce qu´on a trouvé en la petite despense (fol 62v°) :

    six lanternes fer blanc ; deux aiguières ; troys foullettes et une demy ; deux simaises rondes ; troys tasses d´estaing, deux basses et l´aultre haulte ; ung pot d´estaing ; une petite tartière de cuyvre ; six cuillières léton ; ung petit bénitier ; deux bassins neufs léton ; quatre couvercles leton ; cinq couvercles de fer ; cinq petites escumoires de fer.

    Au réfectoir :

    ung chandelier de chambre de cuivre ; une assiette ; deux cuillières de fer ; une tasse blanche ; deux chandelliers de cuivre sur le buffect servant à l´esglize ; deux escuelles estaing.

    Au dortoir :

    un petit seau de cuivre ; une paire d´andiers de fer.

    Un seau de cuivre vieil au grenier de la lecive.

    A la chambre des morts :

    troys tasses blanches léton ; une tasse fusoire fer.

    Deux andiers au bureau.

    Deux andiers en la chambre de la diette fer.

    A la chambre des nourrices :

    une grande bassine léton ; deux conches de cuivre ; deux chandelliers leton ; troys pots d´estaing ; une esguière d´estaing ; ung moustardier d´estaing ; une esguière de léton rompue ; deux tasses blanches grandes ; une petite tasse blanche ; ung bassin leton ; une tasse à frire ; deux pots de fer ; dix escuelles d´estaing ; une cuillière de fer ; une escumoire de fer.

    A la chambre des enfans :

    deux andiers de fer ; ung couvercle ; une tasse à frire ; une palle de fer ; une oulle fer ; une paire de douzelles ; quatre gobelets d´estaing ; ung seau de boys ; ung bassin léton ; ung cuillier de fer.

    En la chambre proche du réfectoir :

    une esguière d´estaing ; quatre foullettes d´estaing ; deux greillons ; une escuelle de consommé avec son couvercle ; une escuelle à oreilles ; une demye foullettes ; ung goubellet d´estaing ; deux grandes hastières de fer ; une foullette qui est à la seur Marguerite.

    En la chambre de la mère :

    ung paire andiers de fer ; une pallette de fer ; des mouchettes ; ung couvre feu ; ung paire andiers de cuyvre ; une diette de cuyvre ; ung petit cocquemard ; ung bassin ; ung chandellier ; ung mortier de fonte ; ung benetier.

    Un paire d´andiers de fer en la chambre du prebtre.

    Ung autre paire d´andiers de fer avec ung couvarcle en la chambre des servants.

    Dans les deux chambres de la mère :

    Nota que le reste de l´inventaire de la mère a esté parachevé par les dits sieurs Guinand et Raucques les 3 et 4 janvier 1607 comme est cy après contenu.

    deux lictz boys noyer garnis l´ung de la grand chambre de sa palliasse, deux coultres plume fleyne barrée, ung chevet et troys couvertes de Catheloigne blanches le tout des franges tapisserie et rideaux fustaine figure, l´aultre garny de sa palliasse, matelas, coultre, chevet et couverte Catheloigne rouge sans linceulx avec les franges et rideaux de sarge rouge usé ;

    deux tables boys noyer carrées ; ung grand cheze noyer près desdits lictz servant de table ; deux buffectz noyer fermant à clef ; troys chezes deux boys noyer et une garnye de peau rouge ; ung grand coffre boys noyer ; deux toilles peintes pour mettre en ung tableau ; ung tableau toille peint à huille entourné de liteaux de sapin ; ung tabernacle de Care peincte pour mettre sur l´aultel ; quatre escabelles ; quatre aultres petits tableaux assez vieulx ; une chaise boys noyer ; ung petit coffre à bahut où y a dix chemises usées de la defuncte mère ; quatre paires de presses à plier le linge ; deux petites chaises l´une noyer, l´aultre sappin.

    Dans une petite chambre du petit dourtoir occupée du vivant de la mère (fol 67) :

    ung chalict boys noyer à collonnes, ciel de lict, franges de fustaine, rideaux de toille avec les pommellles dessus dorées, une couverte Catheloigne blanche, deux coultres plume, ung gros cussin, deux petits oreillers, ung matelas ; deux chaises noyer couvertes de peau ; ung petit lict boys noyer avec ses franges de fustaines et trois rideaux toille blanche, une coultre, ung matelas, ung cussin et une couverte Catheloigne rouge et les pommelles dorées ; ung buffect boys noyer avec une pante fustaine blanc au dessus dans lequel buffect ont esté trouvé neuf fiolles dans lesquelles y a diverses canes, deux liettes où y a quelques menus fatras qui pour le peu d´importance n´ont esté inventoriés par le menu ; une haucque boys noyer où y a deux liettes dans lesquelles s´est trouvé troys petits troncz de tocque d´or et une d´argent de deux aulnes de longueur ; Les aphorismes d´Hipocrate faictz admirables, deux livres demy fil blanc et rousset, et quelques aultres menues choses non inventoriées ; ung coffre à bahut duquel pour n´avoir trouvé la clef a esté faict lever la serrures ; il y a esté trouvé troys paires soulliers à liège neuf dont la seur Philiberte niepce de la deffuncte mère en a prins une paire disant estre à elle ; une nappe toille plaine ; soixante-huict bandons de la mère ; une serviete à petit grain d´orge et quelque aultre menu linge peu de valleur, non inventoriés par le menu comme chaussettes, chaussons et aultres ; ung pot à [bugnes] d´estaing ; deux paires presses ; ung passoir à pouldre.

    [suit la suite de l´inventaire des biens de la mère, puis celui des denrées].

  • 1622, 25 janvier. Présentation des plans d'agrandissement de l'hôtel-Dieu

    1622, 25 janvier. Présentation des plans d'agrandissement de l'hôtel-Dieu, (AC Lyon. E HD 28, fol. 225-227).

    ... En conséquence des résolutions cy devant prinses de faire quelque bastiment audit hostel Dieu, pour le plus grand soulagement des pauvres malades d´iceluy. Et en suitte d´en faire faire plusieurs desseings, lesquelz jusques à présent seroient demeurés sans aucung commencement. Mais voyant les dits sieurs que la chose ne se pouroit dittayé plus longtemps vu que la nécessité les pressoit de faire travailler à cause du grand nombre des pauvres malades qu´ils avoient maintenant sur les bras et qui s´augmentoit journellement en telle sorte que le grand corps de logis auquel ils estoient à présent logés n´estoit plus capable d´en tenir davantage. C´est pourquoy ilz se seroient résolus (attendu l´importance de l´oeuvre), et avant que de l´entreprendre, de l´advis de Messieurs les prévost des marchands et eschevins, recteurs primitifs du dit hostel Dieu, de faire une assemblée sur le lieu, pour prendre résolution sur les desseings projettés, lequel d´iceux devra estre suivy pour la plus grande commodité. A laquelle assemblée ayant esté suppliez de se treuver les cy après nommez ; scavoir

    Illustrissime et révérendissime Monseigneur Denys Simond de Marquemont, archevesque et comte de Lyon, primat des Gaules

    Monseigneur d´Alincourt, gouverneur et lieutenant général pour le Roy en la ville de Lyon, pays de Lyonnois, Forestz et Beaujolloys, sénéchal dudit Lyon

    Monsieur Ollier, conseiller de Sa Majesté en son conseil privé et d´Estat, surintendant de la justice et police de la dite ville et ressortz du dit Lyonnois

    Messieurs de Serre, seigneur de Montelly, conseiller de Sa Majesté, président en la Sénéchaussée et siège présidial dudit Lyon et parlement de Dombes, prévost des marchands

    Jean Guignard, aussi conseiller du Roy, avocat général du [taillon] en Lyonnois

    Claude [Nanergnon]

    Bonnaventure Michel

    Et Louys Vandon, conseiller du Roy esdits siège et sénéchaussée, assistez du sieur Grolier procureur général, Rougier recepveur et Decouleur secrettaire de la dite ville.

    Et encore les sieurs Anthoine Picquet et Cézard Laure, et autres bourgeois de la dite ville, tous lesquels ayant prins le peyne de se transporter audit hostel Dieu, et veu la nécessité extrême qu´il y avoit de bastir, attendu la grande quantité des pauvres malades estant dans le susdit grand corps, dignes de pitié et commisération à cause des grandes incommoditez qu´ilz souffroient pour estre quatre et cinq dans ung lict, dont quelques fois il y avoit ung mort entre troys malades, les autres à l´agonye, sans avoir aucung moien de les soulager faulte d´avoir lieu propre pour les loger plus au large, ce qu´il estoit impossible de pouvoir faire sinon en faisant quelque bastiment. D´ailleurs que le dit grand corps estoit fort mal sain pour n´estre assez aéré, ny construict avec la méthode requise pour ung hospital.

    Et ayant lesdits seigneurs traversé ledit grand corps seroient entrez dans les cloistres et cimetière. Et veu les plancz et desseings faictz au subject des dictz bastimens en diverses façons, desquels l´explication auroit esté baillé par les dits sieurs Picquet et Faure qui avoient prins la peyne d´y travailler à la prière desdits sieurs recteurs, et après avoir sur le tout meurement delibéré et [arresté] ; Sur tous lesdits plans et desseings celuy faict pour bastir en croix auroit esté treuvé par la dite assemblée le plus propre et commode, d´autant qu´il sera plus grand et spacieux que nul autre desdits desseingz, et pourra contenir plus grande quantité de lictz. D´ailleurs qu´estant bien aéré, les pauvres y seront beaucoup mieux. Et néantmoings attendu la nécessité urgente et pressante qu´il y avoit de bastir pour le plus grand soullagement desdits pauvres, ladite assemblée se remettoit auxdits sieurs recteurs de suivre celuy desdits desseings qui leur sambleroit plus convenable, et que la nécessité de leurs affaires leur pourra permettre d´entreprendre, et au meilleur mesnage que faire se pourra, en conservant néantmoings ledit grand corps et autres membres et offices qui se pourront conserver en leur entier jusques à ce qu´ilz auront suffisamment faict bastir pour tirer les mesmes commodités qu´ils tirent des dits bastimens vieux, avant que les faire desmolir. Qu´estoit tout ce que ladite assemblée pouvoit dire au subject cy dessus. Et après avoir esté remercyée par les dits sieurs recteurs, se seroit retirée.

    Ce faict, lesdits sieurs recteurs estant entrés dans leur bureau et délibéré entre eux du moyen qu´ilz avoient à tenir pour bailler commencement à une si saincte oeuvre, suivant l´advis de la dite assemblée, se seroient résolus de suivre le desseing faict en croix, mais ayant considéré qu´à cest effect ilz avoient besoing (avant que de rien entreprendre) d´avoir le consentement desdits sieurs prévost des marchands et eschevins comme recteurs primitifs dudit hostel Dieu, et à ces fins sur le champ ont commis et député lesdits sieus Gaillat et Bernardon pour se transporter jeudy prochain au Consulat pour requérir acte portant consentement desdits sieurs prévost des marchands pour faire commencer ledit bastiment.

  • 1622, 5 février. Assemblée des notables de la ville

    1622, 5 février. Assemblée des notables de la ville, (AC Lyon. E HD 28, fol. 232-233).

    ... La dite assemblée auroit esté unanimement d´advis de suivre le plan et desseing faict en croisade comme estant le plus propre et commode que nul autre des dits desseings à eux représentez. Et le construisant de largeur suffisante, il pourra tenir troys rangs de lictz, et par conséquent l´on y pourra loger plus grande quantité de pauvres, lesquels y seront beaucoup plus sainement, d´aultant que telle forme de bastimens sera bien aérée de tous costez et plus que de nulle autre façon qu´on le scauroit bastir.. Sur lequel advis ayant les dits sieurs recteurs meurement délibéré, ont résolu et arresté de suivre et observer le dit desseing de la croisade en bastissant, et pour ce ont prié lesdits sieurs Picquet et Laure qui ont prins la peyne de travailler auxdits desseings de faire des devis des particularitez des oeuvres faicts de massonnerie et charpenterie ainsi qu´ils verront estre nécessaires pour en passer les prix faicts conformément aux dits desseings d´en croisade paraphé par le sieur Gaillat.

    Esté que Messire Jacques Blanc fera des plans dudit desseing pour bailler à la maison de ville...

  • 1622, 20 mars. Prix faict de la massonnerie du nouveau bastiment de l´hospital

    1622, 20 mars. Prix faict de la massonnerie du nouveau bastiment de l´hospital, (AC Lyon. E HD 28, fol. 244-249 ; B HD 84).

    ... Par devant Claude Guérin notaire tabellion royal, gardenotte héréditaire demeurant audit Lyon, noble Martin Gaillat, seigneur de Chana, conseiller du Roy, trésorier général de France en la généralité de Lyon, MM André Bernardon, docteur es droictz, advocat es cours dudit Lyon, Guillaume Noyrat, Claude Decouleur, François Dumas, Benoist Voisin, Jérosme Lantillon, Nicollas Serre et Alexandre Fleurin, tous recteurs et administrateurs dudit hospital, ... ont baillé et baillent... à prix faict à honneste Jacques Blanc maître masson au dict Lyon... Assavoir toute l´oeuvre de massonnerie nécessaire pour la construction et perfection du nouveau bastiment dudict hospital, au lieu et endroict à cest effect désigné, et suivant le plan et desseing faict en croisade par les dicts sieurs Picquet et Laure ; laquelle croisade commencera à la muraille du grand corps soubz les cloistres de présent en nature joignant la porte de la chapelle du sieur de Vauzelles à construire jusques à la maison de [blanc] qui faict le coing d´une petite ruette qui regarde au Rosne ; contenant deux cens huictante pieds de longueur, pied de ville ; et de l´autre costé la croisade commencera au bord du Rosne et continuera jusques à la maison de [blanc], qui sera de mesme longueur de deux cens huictante pieds susdits. Lesquelles murailles et massonnerie le dit preneur sera tenu faire comme il promect des longueurs et hauteurs qui luy seront ordonné par lesdits sieurs, et de largeur scavoir pour le corps de logis de trente deux pieds dans oeuvre, et le reste en offices et services comme luy sera désigné et ordonné...

    A quel effect il sera tenu fournir tous les matériaux nécessaires pour la perfection de la dite massonnerie, comme pierre routhe, chaux, sable, graviers, bricques, carrons de Verdun, façons, journées de manoeuvres ... excepté la pierre de taille qu´il y conviendra employer, laquelle sera fournie par les dits sieurs recteurs...

    Toutes lesquelles murailles le dit sieur preneur sera tenu de faire de l´espesseur, scavoir pour les maistresses murailles de troys piedz en fondation, et pour les moyennes de l´espesseur de deux piedz aussi en fondation, le tout jusques hors terre, et depuis hors terre jusques au couvert de l´espesseur de deux piedz pour les dites maistresses murailles, et pour les autres d´ung pied et demy ; lesquelles fondations il proffondera jusques à terre ferme. Le tout moyennant le prix amiablement convenu et accordé entre les parties de dix livres tournois pour chacune thoise de muraille, thoisé de ville réduction faicte, scavoir celles qui seron de plus d´espesseur que d´ung pied et demy seront réduittes à ung pied et demy, et celles qui seront de moindre espesseur comme les voultes et autres seront comptées pour thoise courante... Toutes lesquelles murailles ledit preneur sera tenu de plastrir, esparuir dedans et dehors, de fonds en cime, blanchir le dedans et carteler les enchamps, portes et fenestres, mesmes les arcades et tailles s´il est besoing...

    Item sera tenu le dit preneur de carronner des susdits carrons de Verdun... Comme aussi sera tenu de faire toutes les formettes et gaines de cheminées et latrines... et lesquelles [cheminées] il plastrira et esparvuiera dedans et dehors, le tout sur le prix accordé de six livres pour thoises susdites...

    Item sera tenu ledit preneur à battre à ses propres frais et despens tous les platfondz des cloistres es endroictz où il conviendra, et les pièces de pierre de taille qui sont posées sur les pilliers des dits cloistres et qui portent les dits platfondz, moyennant les prix de douze sols tournois pour chacune pièce, tant dudict platfondz que de celles qui le portent posées sur les dits pilliers, lesquelles pièces comme aussi les pilliers, il conservera le mieux qu´il lui sera possible affin qu´elles ne se rompent ; et pour les dits pilliers, codières echappiteaux, ledit preneur sera tenu les mettre par terre gratis, toutes lesquelles pièces tant desdits platfondz, codières, pilliers, chappiteaux que aura tailler ledit preneur, sera tenu les ranger dans le cimetière, à l´endroict le moings incommode qui luy sera monstré pour estre conservé pour le service dudit hostel Dieu.

    Item sera aussi tenu ledit preneur faire tous les trous des angons, gaches et autres qu´il conviendra pour le plombage de toutes les ferrures et fermetures nécessiares, lesquels il sera tenu faire sur le susdit prix de dix livres pour thoise de massonnerie, en fournissant lesdits sieurs bailleurs le fer et plomb nécessaire tant seulement. Item sera tenu le dit preneur de descombrer à ses despens tous les marreins des vieilles murailles et terres des fondations dsdits bastimens, excepté des voultes des caves si tant est qu´il s´en faict,