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Hospice de la Charité, hôpital général de la Charité

Dossier IA69007053 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

  • Hôtel des Postes
    Lyon 2e, 2-22 place Antonin-Poncet, 13-18 quai Gailleton, 1-3 rue Charles-Bienner, 1 rue de la Charité

Synthèse

Présentation de l´Aumône générale

L´Aumône générale est créée en 1534 au couvent des Cordeliers dans le but de répondre à la famine qui suit la grande sécheresse de 1529 et 1531. Devant la misère qui règne en campagne, huit mille personnes naviguent sur le Rhône pour rejoindre Lyon. Pour soulager cette misère, la Ville se contente dans un premier temps de créer des institutions chargées simplement de distribuer des secours aux pauvres. Sont ainsi créés à Lyon, en 1534, l´Aumône générale et à Paris, en 1544, le Grand Bureau des pauvres. Or, ces mesures se révèlent insuffisantes. [Regards sur le patrimoine hospitalier apothicairerie, chapelles et mobilier, STRASBERG]

L´Aumône générale souhaite réduire le phénomène de mendicité sur une courte durée. De nombreux mendiants font le déplacement jusqu´à Lyon pour profiter de cette générosité, proposée tout d´abord par le consulat sous la forme d´un don. L´engouement pour l´oeuvre étant important, celle-ci se prolonge dans le temps. A l´époque, la mendicité est punie par la loi. La nouvelle structure permet ainsi de palier ce crime. Le caractère permanent de cette institution est initié par Jean Brocquin, marchand de Lyon et trésorier de l´aumône provisoire, dans le but d´abolir la mendicité dans la ville. Un accord est validé en assemblée générale le 25 janvier 1534.

L´Aumône générale évince tous les ordres mendiants de Lyon et devient le seul maître de la quête jusqu´à la Révolution. Malgré cela, le manque de moyen est évident pendant toute son histoire, les quêtes, les dons, les loteries et les lettres patentes ne suffisant pas.

Les échevins, les notables, les officiers du roi, les marchands étrangers et des membres de l´Eglise vont prendre une décision, celle de retirer les mendiants dans des lieux appropriés et de réaliser des quêtes pour les aider.

Après accord du consulat, l´oeuvre est confiée à des personnes de l´élite spécialement dévouées. Le bureau est fondé par huit commis, un trésorier et un marchand.

En 1612, Louis XIII ordonne la répression de la mendicité.

La volonté de se développer, de centraliser son organisation et de disposer d'un grand espace entraîne l´Aumône générale à décider, en 1581, de la construction de l´hôpital de la Charité. Le 21 septembre 1614, messieurs Cassia et de Silvingès prennent en charge le dessin des terrains disponibles près du Rhône. De nombreux terrains sont disponibles : la Blancherie près de l´hôpital Saint-Laurent-des-Vignes, le Griffon, la rue Vieille-Monnaie ...

Le 21 juin 1581, l´Aumône décide de construire un hôpital sur les vieux fossés de la Lanterne, à la place du temple mais le manque de moyens financiers l´empêche de continuer. La Ville utilise ce terrain par la suite pour construire l´Hôtel de Ville en 1646.

Le deuxième projet est l´agrandissement et la reconstruction de Sainte-Catherine-du-Val. L´Aumône achète une grange contiguë pour créer une cour, un jardin, le bureau et les archives. Sur la porte est conservée la statue de la Charité qui vient des Cordeliers.

Avant de trouver le terrain adéquat, d´autres sont également visités : Saint-Just, Pierre-Scize et Saint-Clair. Finalement, l´institution achète le 2 décembre 1614, avec l'autorisation de Louis XIII par lettres patentes, un terrain sur lequel est construit l´hôpital. Ce terrain se situe entre les quais du Rhône et la place Bellecour. Il porte tout d´abord le nom d´Aumône générale et d´hôpital général de la Charité de Lyon. Puis, à la suite du nouveau règlement, le 24 mai 1786, il prend le nom d´« hôpital général de la Charité, Aumône générale et enfants trouvés de Lyon. »

Parmi les donateurs, on retrouve des personnalités de Lyon comme Jean Brocquin, Tourvéon, Laurencin, Jean Sève de Fromente, Horace Cardon, Jean Kleberg, Symphorien Champier, Jean Sala, Nicolas de Chaponay, Thomassin Gadagne et le marquis de Villeroy.

Le blason de l´Aumône Générale représente la Charité avec trois enfants et un pélican nourrissant ses petits [Inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790, Ville de Lyon, La Charité ou Aumône général, ROLLE et STEYERT]. A la fin du XVIIe siècle, le pélican est remplacé par une flamme et en 1742 y est ajoutée la couronne de la baronnie de Saint-Trivier offerte par Jacques Moyron en 1651.

Devant faire face à l´afflux des mendiants en ses murs, la municipalité de Lyon se résigne la première à décider, en 1614, la fondation d´un hospice destiné à les héberger, désigné sous le nom d´hôpital de la Charité. D´autres villes ne tardent pas à suivre cet exemple en fondant à leur tour un établissement semblable : Orléans en 1642, Marseille en 1643, Toulouse en 1647, Angoulême en 1650, Tours en 1656, Blois en 1657, Riom en 1658, Limoges en 1660. A Paris, après plusieurs tentatives infructueuses du pouvoir royal, le règlement du 27 avril 1656 prescrit la fondation d´une institution analogue à celle de la Charité, appelée ici hôpital général. Cet édit de 1656 ratifié par Louis XIV requiert que les mendiants soient enfermés dans des établissements pour y travailler. L´un de ces premiers établissements en France est la Pitié de Paris, qui va servir de modèle pour les autres. Paris donne l´exemple même si d´autres villes mettent en place des institutions identiques. Cette mesure est étendue à l´ensemble de la province par la déclaration du 14 juin 1662 qui ordonne d´établir un hôpital général dans chaque ville importante du royaume. [Regards sur le patrimoine hospitalier apothicairerie, chapelles et mobilier, STRASBERG]

La construction de la Charité

Selon Steyert, l´hospice de la Charité est le plus ancien et le plus intéressant établissement de ce genre [AC HA 18].

Il se situe sur la presqu´île de Lyon, proche de la place Bellecour, sur les quais du Rhône (actuel quai Docteur-Gailleton) entre la rue de la Charité, la place de la Charité (actuelle place Antonin-Poncet) et l´Hôpital Desgenettes (ancien couvent Sainte-Elisabeth). Ce lieu est choisi pour sa proximité avec le Rhône facilitant les transports, son accès à l´eau et à l´hôtel-Dieu pour y conduire les malades. Par ailleurs, on assiste au XVIIe siècle à une monumentalisation de l´entrée dans la ville de Lyon par le pont de la Guillotière sur le Rhône, grâce, entre autres au développement important des deux grandes institutions hospitalières de l´époque : l´hôtel-Dieu et l´Aumône générale.

L´édifice est construit à partir du début du XVIIe siècle dans le but d´accueillir des mendiants et de centraliser l´Aumône. Les recteurs qui y travaillent sont présents pour deux ans. Par la suite, le bâtiment accueille également les orphelins de l´Aumône générale venant de l´hôpital de Sainte-Catherine-du-Val (1629) et l´hôpital Saint-Martin de la Chanal (1636), les vieillards, les femmes en couches ainsi que les incurables. En 1699 est mis en place le service hospitalier de l´établissement par trois soeurs venant de l´hôtel-Dieu. Elles sont accompagnées de frères hospitaliers qui ont eux aussi voué leur vie aux pauvres et aux malades. Ils n´ont jamais été très nombreux, au maximum une vingtaine. En outre, leurs règles sont plus souples que celles des soeurs. Ils occupent des postes de confiance comme assistant de chirurgie, surveillant des ateliers, économe ou encore commis de comptabilité.

Si l´institution est au départ un refuge pour personnes déshéritées mais saines de corps, elle devient rapidement un « hôpital général », en particulier lors des épisodes d´épidémies.

Depuis le 26 novembre 1626, elle reçoit le second dimanche après Pâques, les enfants de plus de 7 ans qui sont hébergés à l´hôtel-Dieu depuis leur naissance. Les services sont partagés entre l´hôtel-Dieu et la Charité : la boulangerie, la cordonnerie, la taillerie, la lingerie fonctionnent à la Charité, la pharmacie et la boucherie sont à l´hôtel-Dieu. Tout cela disparaît avec les constructions des hôpitaux secondaires, seules la boulangerie et la pharmacie restent communes.

Le plan pour acquérir les fonds est effectué par Jacques Moyron. Il s´est occupé de la demande à la cour du Parlement afin de contraindre les propriétaires à céder le terrain.

Divers projets sont présentés au recteur le 27 août 1615, comme celui de Pierre Pinet.

Les plans sont dressés par le père Martellange de la compagnie de Jésus. Fils d´Etienne Martellange, peintre de Lyon, il est architecte général de l´ordre dans les provinces de Lyon, de Toulouse et même de Paris. Pendant sa carrière, il fournit à un grand nombre d´établissements des plans et mémoires laissés aux entrepreneurs et aux personnes chargées des projets, apportant son aide en cas de difficultés. A Lyon, on peut lui attribuer le monastère de la Visitation, le vaisseau de la bibliothèque du collège de Lyon, le Noviciat rue Sainte-Hélène, peut-être le couvent des Carmes-Déchaussées, l´église du monastère de la Déserte et la chapelle des pénitents de la Miséricorde. Selon Charvet, on retrouve dans les plans de l´hôpital de la Charité la simplicité de composition, la manière graphique de dresser les plans et les arrangements habituels chez Martellange.

Les plans de Martellange n´ont pas été entièrement suivis puisqu´un corps de logis perpendiculaire à la rue de la Charité n´a jamais été construit.

Le plan de la Charité est en damier. La disposition de ce plan sert à la séparation des locaux pour les hommes, les femmes, les nourrices, les infirmes, les « renfermés », les orphelins et des locaux destinés à l´entretien. Ces différentes catégories de population amènent à une multiplication des corps de bâtiment dont la Charité offre très tôt le modèle. Le quadrilatère qui ferme les quatre cours est utile à la promenade.

A Lyon, Martellange présente un premier plan le 2 octobre 1616 au bureau des recteurs. Puis Pierre Picquet (recteur) s´occupe des modifications et de l´exécution avec l´aide de Martellange. Le plan est présenté par MM. Pellot et Picquet avant d´être approuvé par les prévôts des marchands et échevins qui ont promis d´assister l´entreprise. Selon le tome 3 de l'Histoire monumentale de la ville de Lyon [MONTFALCON] le maître architecte lorrain Claude Dubois aurait participé également à l´élaboration des plans « pour le bastiment des pauvres enfermés ». Le plan est gravé par Charles Audran en 1619 et exposé au Temple du Change. La volonté première est de créer un édifice simple en lien avec sa fonction d´accueil des pauvres. C´est avec l´édification des salles du Conseil, des Archives, de la pharmacie et de l´église que l´ornementation s´introduit dans le bâti.

Les fouilles de 1983 sur la place Antonin-Poncet, lors de la création d´un parc de stationnement, et de 1987, pour le métro, ont montré que les murs de fondations étaient en pierres dorées liées par un mortier blanc. Elles nous révèlent la présence d´une cave accolée à la façade nord et d´un sol dallé. Selon les études réalisées, le sol est composé de galets installés sur un remblai, qui correspond peut-être à une surélévation du quartier au moment de la construction de l´hôpital.

Le premier bâtiment est édifié grâce au don de Jean Sève de Fromente, président des trésoriers de France de la Généralité de Lyon. La première pierre de ce bâtiment est posée le 16 janvier 1617, avec l´inscription « Notre-Dame de la Charité ». Le 10 mars 1622, les recteurs tiennent leur premier bureau dans les nouveaux locaux.

De nombreux donateurs permettent à l´édifice entier d´être achevé en 1633. Ainsi la Charité est fondée grâce aux dons de personnalités lyonnaises dont Pierre Picquet (le 7 janvier 1618), recteur ; M. de Saint-André (le 28 janvier 1618), trésorier de France ; Guillaume Charrier ; Jean Kleberg ; Horace Cardon, imprimeur ; le gouverneur de Neuville d´Halincourt ; Jean Sève de Fromente (le 11 février 1619 : clôture entre les bâtiments), un groupe de sept bourgeois lyonnais : André et Philippe Gueston, Jean-Baptiste Murard, André Ollier, Jean Dubois, Constance Murard et Jérôme Lentillon ; Gaspard Dugué (10 juin 1619), conseiller du roi et trésorier de France ; les recteurs Pelot et Poculot (13 janvier 1620) ; M. Blauf (1623 : la paneterie et les fours à partir d´un plan qu´il a fait dresser) ; la corporation des marchands drapiers (février 1619), des négociants allemands et suisses fixés à Lyon.

Le 3 décembre 1615, l´Aumône Générale érige une croix sur le terrain de la Charité, bénie par l´Archevêque Denis de Marquemont à la suite d´une procession.

Le 20 décembre 1615, une chapelle provisoire est élevée par les recteurs sous la protection de Sainte-Blandine.

Le 20 juin 1622, les pauvres quittent l´hôpital de Saint-Laurent-des-Vignes pour rejoindre celui de la Charité. Le 21 mars 1629, les filles de l´hôpital Sainte-Catherine-du-Val intègrent l´hôpital de la Charité et le 14 août 1636 les garçons de l´hôpital Saint-Martin de la Chanal les rejoignent.

On peut dater l´achèvement de l´hôpital de la Charité de 1633, lorsqu´il se présente sous la forme d´un rectangle comprenant quatorze bâtiments.

En 1656, à la suite de la succession de Jacques Moyron, la Charité devient dame de Saint-Trivier, ce qui lui permet d´ajouter la couronne baronnale à ses armoiries.

La place de la Charité est créée à partir du XVIIe siècle sur le lieu où se trouvait le jeu du mail.

En 1672, grâce aux lettres patentes de Louis XIV, la Charité est autorisée à avoir des ateliers.

En 1725, la Charité prend le nom d´« Hospice de la Charité ».

Entre 1744 et 1749, la Charité fait construire deux ponts de bois à Ainay et à Serin afin d´obtenir un droit de passage.

En 1745, l´Aumône générale acquiert le tènement du monastère de Sainte-Elisabeth sur les conseils du cardinal Tencin. Les soeurs sont envoyées dans la communauté des Deux-Amants à Vaise. La Charité ne souhaite qu´une partie du tènement mais elle doit l´acheter en entier jusqu´à la rue Sala. L´acte de vente définitif est rendu le 18 mars 1747 et payé grâce à la succession de Marc Panissod, administrateur de l´hôtel-Dieu et de la Charité. Le bâtiment est ensuite transformé en Bicêtre, c´est-à-dire en dépôt de mendicité puis en hôpital militaire. Le mot Bicêtre vient de l´hôpital de Bicêtre,1634, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Asile pour soldats invalides transformé en un lieu d´enfermement des vagabonds et des mendiants. C´est cette fonction qui donnera le nom de « Bicêtre » aux établissements d´enfermement des pauvres.

Une église orientée, Notre-Dame de la Charité, est construite sur le côté nord-ouest de la parcelle. Elle est rattachée à la paroisse Saint-Michel. La première pierre est posée le 8 décembre 1617. Elle est inaugurée par Messire Crémeaulx recteur, comte et précenteur de l´Eglise de Lyon, mais en réalité, la construction ne commence qu´en 1620. Elle est édifiée grâce aux dons de Denis de Marquemont et des chanoines comtes de Lyon. Le 7 janvier 1621, Antoine Picquet propose une modification du plan primitif, qui comporte une seule nef avec une voûte de grande portée ; il décide de construire des bas-côtés séparés de la grande nef par des arcades supportant galeries et tribunes. Cette modification permet de dissimuler l´irrégularité du plan du bâtiment plus large du côté de l´autel que du côté de l´entrée.

Le clocher, réalisé en 1666 par le maître maçon Jacques Abraham dit « La Liberté », est une tour de plan carré, avec chaîne d'angle en bossage, surmontée d´une haute lanterne de deux étages de forme octogonale, couronnée d´un dôme à huit pans couvert en tuiles écailles vernissées noires et se situe sur le collatéral nord. Il remplace un « clocheton » démoli en 1647 pour cause d´instabilité. Dans le clocher, en 1853, est installée une horloge qui fonctionne encore, munie de quatre cadrans lumineux. En 1953, les cloches de la Charité sont fondues pour la basilique de Fourvière. Aujourd´hui unique vestige de l´hôpital, le clocher sert d´antenne-relais téléphonique.

En dehors du claustral, un tour existe depuis le 8 novembre 1804, pour recevoir les enfants abandonnés à la naissance. Le tour est supprimé en 1858.

Au cours du XIXe siècle, le manque de moyens financiers amène les recteurs à louer les immeubles qu´ils possèdent : dans l´enceinte de la Charité s´installent l´hôtel de Provence et l´imprimerie Chanoine.

Au sein des bâtiments on retrouve également la salle du Conseil et celle des Archives, situées dans le corps de logis formant un angle droit avec la chapelle. Au nord de la salle des Archives se trouve la salle des petites archives.

La salle des Archives avec ses armoiries et ses boiseries sculptées, de même que l´apothicairerie sont classées au titre des Monuments historiques par arrêté du 14 avril 1904.

La restauration et les transformations des XVIIIe et XIXe siècles

Les lettres patentes de septembre 1729 permettent de rétablir la situation financière. Les recteurs entreprennent alors les constructions nécessaires : le grenier à blé (entre 1731 et 1735), le Bicêtre (1745) et les magasins à farine (1751). A la suite de ces constructions, le 23 novembre 1766, les recteurs rédigent un programme d´économie interdisant toute nouvelle construction. Ils installent alors des ateliers, notamment des moulins à soie, et se procurent des ressources en créant des appartements garnis qu´ils louent à l´hôtel de Provence.

Les fouilles archéologiques montrent deux campagnes de construction, la première entre 1731 et 1735 avec un prolongement du côté du clocher, et la deuxième avec un agrandissement à l´est en 1762.

L´hôtel de Provence et des Ambassadeurs date du XVIIIe siècle. Sa façade principale s´édifie au nord de l'édifice, sur la place de la Charité, en 1735. A l'intérieur, une façade donne sur la cour Saint-Honoré.

En 1745, les recteurs de la Charité passent un contrat avec les religieuses du tiers-ordre de Saint-François dites de Sainte-Elisabeth. Leurs bâtiments sont utilisés en vue de l´agrandissement de l´hôpital et de la création d´un Bicêtre. Malgré la politique d´enfermement qui a lieu dans les hôpitaux généraux, le pouvoir est encore confronté aux problèmes de mendicité et de vagabondage. L´arrêt du Conseil d´Etat du 21 octobre 1767 décide finalement la création d´établissements spécialisés, les dépôts de mendicité.

Le 3 août 1764, une ordonnance royale ordonne d´arrêter tous les mendiants. L´intendant de Lyon oblige les recteurs à recevoir les mendiants. Le lieu n´étant pas adapté, ils seront rapidement déplacés à Saint-Laurent-des-Vignes situé à la Quarantaine en 1768. Les mendiants lyonnais sont admis à la Charité et les mendiants étrangers à la Quarantaine.

Le Bicêtre est supprimé par arrêté du Conseil d´Etat le 9 septembre 1783. Le 31 octobre les mendiants sont évacués, tous ne partent pas à la Quarantaine, certains vont être aidés par le Chapitre de Saint-Jean. Les personnes âgées sont transférées au Bicêtre ainsi que les services généraux et certains ateliers. Antoine Jean Terray, conseiller du roi, souhaite récupérer le lieu pour son hôtel des Fermes. Un arrêté du 27 mai 1786 ordonne l´aliénation du bâtiment afin d´y installer un grenier à sel, une douane et l´entrepôt général des tabacs. Les recteurs tentent de se défendre mais cette démarche est considérée comme une rébellion contre le roi.

La Charité connaît son extension maximum entre 1745 et 1783, jusqu´à la rue Sala. Le Bicêtre devient un atelier de dévidage et de moulinage des soies.

Le 26 juillet 1786, M. Colombier répartit dans les locaux les personnes et les ateliers à la suite de la suppression du Bicêtre. Cette suppression est vécue par les administrateurs comme un abus de pouvoir. De nombreuses réclamations sont effectuées pour récupérer ce terrain. En 1799, il est évoqué d´attribuer le Palais Saint-Pierre en compensation et en 1802 de rendre le bâtiment de la nouvelle douane, mais ce projet n´aboutit pas.

Pendant la Révolution, le Bicêtre sert de caserne de cavalerie pour être en 1807 un hôpital militaire provisoire. En 1813, la nouvelle douane est transformée en caserne pour établir un hôpital militaire annexe. En 1831, l´Etat décide d´installer une garnison à Lyon. L´hôpital de l´ancienne-douane devient l´hôpital militaire et s´agrandit en 1835 jusqu´à l´ancien claustral appartenant à la Charité. Il ferme en 1946 pour des raisons de normes.

La proximité de l´édifice avec la place Bellecour et le Rhône lui permet d´abriter des commerces. (cordonnerie, graineterie, blanchisserie, ...). Mais ces installations sont précaires, il n´y a pas de cheminées. En 1809, les locaux des boutiques sont partiellement récupérés.

La réhabilitation du bâtiment de la crèche est retardée à cause des guerres de l´Empire et n´a lieu qu´en 1821.

L´hôtel de Provence se situe à côté des boutiques, sur la place de la Charité. Les réparations continuelles entraînent sa fermeture en 1866. A la place sont installés 97 lits de vieillards.

La construction d´un nouveau bâtiment, non mentionné, est confiée à Barthélemy Antoine Tissot, architecte des Hospices civils. Elle est terminée en août 1823.

En 1825 est décidée la construction du bâtiment dit « de la Porte », en bordure de la rue de la Charité.

En 1835, les travaux de restauration de l´édifice commencent sous la direction de M. Arnaud, adjoint au maire. M. Terme, président du conseil, élève dans la cour Saint-Joseph un pavillon à ciel ouvert, sans toiture, composé d´un lavoir, d´une buanderie et d´une machine à vapeur.

En 1834, la façade du quai n´est pas achevée. Un premier projet a été proposé quinze ans plus tôt, mais faute de moyens, il n´a pas été accepté. Un nouveau devis est déposé en 1834 qui propose la construction d´un bâtiment rendant la façade rectiligne. La probable rentabilité de l´édifice conduit l´administration à le faire construire.

Dans la salle des filles en couche, on établit un ventilateur afin d´y renouveler l´air. Plusieurs salles sont planchéiées, restaurées, tout comme les réfectoires. Plusieurs galeries sont restaurées et plafonnées. Après avoir démoli les cabanes, on enlève les faux planchers. Les arcades sont rétablies. L´escalier longeant la pharmacie conduit à des greniers servant d´amphithéâtre de dissection. N'ayant pas d'évacuation, le sang et l´eau des lavages tombent jusqu´au bas de l´escalier. Ces salles sont supprimées. Toutes les gouttières du toit sont réparées et munies de tuyaux pour la descente pluviale.

A cette période, on déplace le dépôt des morts et des nouveaux locaux sont créés pour les internes.

En 1837, des réparations au clocher sont nécessaires. Elles sont suivies par l´architecte adjoint des hospices Alphonse Duboys qui restaure également l´intérieur de la chapelle.

Entre 1839 et 1841, on place des ventilateurs et des calorifères dans les salles. Le bitume remplace les carrelages des galeries. La salle du Conseil et son vestibule sont entièrement restaurés et parquetés.

Le fronton du portail, détruit pendant la Révolution, est remplacé en 1839 par la sculpture de M. Prost.

En 1840 est installé l´éclairage au gaz dans les galeries et dans les salles. Cette même année, une inondation submerge d´un mètre le rez-de-chaussée et entraîne la fermeture de la boulangerie. Le pain est alors fourni par la boulangerie de l´hôtel-Dieu et des communes voisines. M. Delore, administrateur-directeur, se procure un filtre pour palier le manque d´eau potable. L´hôpital est doté de puits forés dans les cours. En 1806, une pompe à bras renvoie l´eau des puits dans les réservoirs installés à chaque étage. En 1837, la buanderie est dotée d´une machine à vapeur, de canalisations et de réservoirs pour que chaque bâtiment bénéficie de l´eau courante.

Entre 1842 et 1847, on supprime les ateliers de cordonnerie et de taillerie, ainsi que la boulangerie. On démolit les constructions obstruant les galeries et les faux planchers et on rétablit les fenêtres et les arcades bouchées. L´hôpital récupère les voies charretières et les pièces louées au public. Certaines salles changent de fonction. Des ouvroirs sont créés pour les vieillards accueillis la journée. Dans les dortoirs des incurables sont mis en place des séparations de deux mètres reliés par une corniche avec tringles et rideaux. Les enfants varioleux sont séparés des autres enfants. Les salles d´autopsie cadavérique et de dissection sont reléguées sous la voie charretière de la cour de la pharmacie dans un local isolé et aéré. Dans la cour Saint-Joseph, un bâtiment d´un étage est élevé pour la matelasserie et une pièce est construite pour les vieillards qui fument la pipe. Des cuvettes sont appliquées à toutes les latrines ainsi que des lanternes en ventilateurs. La pharmacie est restaurée et parquetée. La distribution des salles est transformée pour plus de praticité. Les cours sont plantées de fleurs et d´arbres. La cour Saint-Nicolas est attribuée aux garçons et la cour Sainte-Catherine aux filles.

Entre 1848 et 1852, la restauration continue. Le rez-de-chaussée du corps de bâtiment de la cour Saint-Honoré contient trente baignoires. La clinique d´accouchement est mise en place pour l´école de médecine à la demande du ministre en 1841. Elle ouvre en 1848. Les ouvroirs sont parfois détournés de leur usage pour accueillir une succursale de l´hôpital militaire ou des enfants trouvés et renvoient alors les vieillards dans leurs chambres confinées. Le département des filles enceintes est le seul qui n´a pas été complètement restauré. Les fenêtres du côté nord n´ont pas été rouvertes, c´est pourquoi les tarares et les conduits d´air pratiqués laissent espérer un renouvellement de l´atmosphère. La mortalité infantile recule avec l´assainissement mais celui-ci est limité par la place prise par la clinique obstétricale (créée en 1841) qui confine à nouveau les enfants. L´établissement est alors doté d´un éclairage, d´un chauffage et de nourriture mieux répartis que dans les meilleurs établissements de l´époque.

En 1853, Polinière, hygiéniste, établit un rapport sur l´état de salubrité de l´hôpital.

Le rapport de sa visite sur les considérations des hôpitaux de Lyon présente l´état de la Charité à cette période. On décrit les infirmeries comme des lieux suffisamment aérés tout comme la salle des vieillards qui se compose de lits peu espacés. Au contraire, la salle des femmes est moins aérée. Le dortoir des enfants élevés par l´établissement est sale et odorante, à l´image des enfants « déguenillés » [AC 1LP 942].

Les cours sont encombrées par des cabanes qui masquent les fenêtres du rez-de-chaussée. Les salles sont dispersées dans les bâtiments. Elles servent d´ateliers, de latrines, d´écuries, de cages à lapins, ... Il y a aussi de nombreux poulaillers dans les vestibules des escaliers. Les galeries ont disparu au profit de cabinets particuliers, de dépôts de linge sale, d´étendages... Pour cela, les arcades et les fenêtres des salles ouvrant sur les galeries sont murées. Les salles deviennent des lieux froids, humides, imprégnées d´une odeur fétide. Les fenêtres restantes sont grillagées. La plupart des salles sont converties en deux entresols, par le moyen d´un faux plancher, on y monte par une échelle.

En 1866, on retrouve dans les boutiques louées un établissement de bain, les bureaux et dépendances de la Compagnie des petites voitures, les bureaux de la Compagnie des Vapeurs du Rhône, un pâtissier, un cafetier et un grainetier.

En 1875 s´ouvre la clinique gynécologique sous la direction du major (personne qui dirige un service ou un pavillon dans l´hôpital). Son logement se trouve dans la cour d´entrée à droite, près de celui des aumôniers et de l´économe.

En 1896-1897, le départ du journal « le Progrès », agrandi depuis 1859 (une boutique et une maison entière) permet de transformer les locaux en dortoirs pour religieuses et sages-femmes. Au premier étage, une lingerie et un établissement de bains sont aménagés. Ces transformations engendrent une nouvelle répartition : on étend le service d´accouchement avec le service de médecine et de chirurgie, une salle des croups est doublée en 1892 et le service de crèche est réorganisé en 1894.

La deuxième moitié du XIXe siècle permet la transition de l´hospice en hôpital. Cette spécialisation infantile et maternelle est intégrée à la politique des hôpitaux lyonnais. Une clinique, un service gynécologique sont créés et le service des enfants malades (initié en 1856) prend de l´ampleur. Sous l´impulsion d´Albertin, médecin, un pavillon gynécologique de deux étages est réalisé. A l'inverse, l´Antiquaille devient centre des vénériens, le Perron, celui des incurables, la Croix-Rousse et l´hôtel-Dieu se partageant les adultes. Malgré cela, les femmes mariées restent à l´hôtel-Dieu et les filles-mères, à la Charité. Le départ des vieillards au Perron ne s´effectue définitivement qu´en 1913, permettant l´extension de la clinique infantile, d´accouchement et de gynécologie.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les cours Saint-Honoré et de l'hôtel de Provence sont réunies pour n'en former qu'une seule.

Durant la Première Guerre mondiale, la Charité est employée comme hôpital de chirurgie militaire puis de chirurgie orthopédique et enfin comme centre d´appareillage de la XIVe région. Le personnel médical étant mobilisé, un personnel de fortune le remplace et fait face à une épidémie meurtrière de diphtérie.

La désaffectation et la démolition de l´hôpital

La désaffectation de l´hôpital de la Charité s´est faite à cause de l´hygiène et de la vétusté des lieux, mais aussi pour endiguer la surpopulation enfantine. Un rapport du docteur Fouille, inspecteur général, adressé au ministre de l´Intérieur présente la situation en 1883 : « Cet hôpital s´éloigne autant qu´il est possible du système préconisé par l´hygiène hospitalière moderne, et on ne peut s´empêcher de désirer qu´un remède efficace soit apporté, un jour ou l´autre, à un pareil anachronisme, par l´éparpillement d´une population trop nombreuse et par l´ouverture de larges brêches dans cet immense cube de pierre de taille » [BOUCHET Alain, Histoire des Hôpitaux lyonnais, 1993].

La revue Lyon médical du 1er novembre 1903 insiste sur la vétusté des deux hôpitaux : « Quant à l´hôtel-Dieu et à la Charité, ils sont un anachronisme, ils sont le type de l´ancien hospice ; ils ne peuvent être transformés en hôpitaux modernes. Leur situation en pleine ville les condamne ; ils seront tôt ou tard appelés à disparaître. Alors, si après la désaffectation de l´hôtel-Dieu, on doit procéder à celle de la Charité, pourquoi faire les frais d´un transfert ! ».

En 1908, à la suite d´une visite à l´hôpital de la Charité, le Maire décide de désaffecter ce lieu pour éradiquer les infections contagieuses et palier le manque d´aération.

Le projet est accepté le 7 juillet 1909 par le Conseil d´Administration des Hospices civils.

Les plans de Tony Garnier sont approuvés le 8 juillet 1911.

Le 26 juillet 1909, lors du Conseil municipal, est votée la désaffectation de l´hôtel-Dieu, approuvée également par les Hospices civils de Lyon. En compensation, la Ville propose aux Hospices la construction d´un nouvel hôpital. La volonté de construction d´un hôtel des Postes dans la ville de Lyon génère un besoin de place en centre ville. En outre, la construction de l´hôpital de Grange Blanche, adapté à la modernité, doit entraîner, avant 1914, la démolition partielle de l´hôtel-Dieu.

Jules Courmont fait partie des personnes qui, entre 1911 et 1914, suggère des projets pour moderniser et éloigner les enfants à la périphérie. Il propose par exemple la construction d´un hôpital d´enfants ou l´utilisation de l´immeuble des Minimes pour éloigner les enfants de la Charité. Toutes ces idées vont être oubliées pendant la guerre.

Ce n´est que lorsque l´hôpital Debrousse est transformé que la Charité va pouvoir réorganiser ses services en 1920.

D´autres facteurs entrent en jeu : l´alignement de la rue de la Charité, mais aussi la rentabilité d´un espace important en centre ville.

Cette désaffectation a aussi d´autres raisons économiques. Le nombre de lits inoccupés ayant augmenté, des frais inutiles sont payés par les hôpitaux. La première mesure qui est prise est l´augmentation du prix de journée. Une étude du professeur Jean Lepine propose de transférer les services hospitaliers d´enfants, médecine et chirurgie à Debrousse ; puis de transférer les scarlatines, rougeoles et diphtéries à la Croix-Rousse.

Le 27 avril 1921, le Conseil Général d´Administration des Hospices désigne une commission pour étudier la désaffectation de l´hôpital de la Charité. A la suite de réunions, le 22 juin 1921, le Maire propose de modifier les plans de l´hôpital Grange-Blanche pour installer les cliniques et les services de la Charité.

La Ville étant prête à aider les Hospices civils, la désaffectation ne reçoit aucune opposition forte.

Lors du conseil général du Rhône du 7 mai 1921, Edouard Herriot institue une commission pour examiner la désaffectation de la Charité.

Le 28 mai 1921, Edouard Herriot explique que pour le moment ce n´est pas une désaffectation totale mais des mesures peuvent être prises rapidement pour libérer de l´espace.

De nombreuses associations de défense de cette structure tentent d´en sauver une partie : la chapelle et son clocher. Pour cela, ils livrent un véritable combat au moyen de pétitions. Edouard Herriot renonce à la démolition du clocher: « Il s´agit, comme on l´a dit, des visages de la ville. Cette haute silhouette relève un peu ce qu´il y a de rectiligne et de monotone dans toutes ces toitures de même niveau ». [AC 1 C 8856]

Après l´étude par le Conseil des Hospices civils de Lyon le 26 octobre 1921, la direction du service des archives propose le transfert de la salle des Archives et de la pharmacie dans le futur Musée-Archives des Hospices.

Le 13 novembre 1922, les plans de l´installation de cinq cliniques pour Grange-Blanche sont remis à Edouard Herriot.

Le 5 juillet 1922, le projet de déplacer un service aux Minimes est abandonné car la moitié des locaux n´est pas entretenue. Ce sera ensuite le tour de l´hospice des vieillards de la Guillotière, le 13 décembre 1922, d'annoncer qu´il ne peut pas accueillir les enfants abandonnés. Deux jours plus tard, l´ancien hôpital Lumière n´accueille plus la maternité de l´hôtel-Dieu puisqu´il se transforme en maison d´étudiants.

Une commission est élaborée pour étudier les diverses questions de la destination des bâtiments de la Charité et d´une partie de l´hôtel-Dieu à la suite de leurs désaffectations. Elle se compose de MM. Lepine, Larrousse, Carle, Chazette et Peillod.

Un premier projet est proposé pour la Charité, le 24 janvier 1923 pendant le Conseil général d´Administration : la municipalité souhaite installer des bains publics.

La question de la désaffectation prenant de l´importance, la société littéraire, historique et archéologique de Lyon commence en mars 1924 à demander que les salles classées Monuments historiques gardent leur place au sein de l´établissement ainsi que la chapelle et son clocher.

Le 5 juin 1930, Edouard Herriot demande aux Hospices civils de Lyon de commencer les contrats entre les deux institutions (Charité et hôtel-Dieu). Une commission spéciale est chargée de ces questions, elle se compose des Administrateurs MM. Delore, Brahm, Lepine, Pic, Larousse, Carle, Peillod, Tavernier, Marro, Garin et Bouget.

MM. Carle et Peillod proposent de transférer à l´Antiquaille les services de l´hôtel-Dieu qui ne vont pas à Grange-Blanche. La maternité de l´Hôtel-Dieu est déplacée dans les locaux de la Clinique obstétricale à la Charité.

Le 19 septembre 1931, M. Guernier, ministre des PTT, vient à Lyon pour inaugurer l´exposition de TSF et se rend à la Charité pour examiner le projet d´hôtel des Postes. Il faut savoir que ce projet d´hôtel des postes était destiné à être installé à la place de l´hôtel-Dieu, suivant les plans de Tony Garnier [Le journal du Foyer n°37, 4e année, août 1933].

Un échange de courrier effectué entre l´archevêque Maurin et le président des Hospices civils en 1931, montre que l'archevêque souhaite garder la chapelle de la Charité pour le culte.

En outre, le maire de Lyon E. Herriot s´est engagé dans la construction d´un nouvel hôpital à l´est de la ville, sur le site de Grange-Blanche.

Le 14 décembre 1931 est adopté le projet de M. Lapeyre, ingénieur voyer principal à la voirie municipale, de conservation d'un bâtiment pour un service d´urgence à l´hôtel-Dieu et de l´édification d´un immeuble de rapport pour les services de l´Administration centrale en remplacement du passage de l´hôtel-Dieu.

L´hôtel-Dieu conserverait, malgré une désaffectation partielle, les services administratifs, la pharmacie, un service d´urgence et une maternité.

La société d´embellissement de Lyon propose un concours pour « la meilleure utilisation des terrains devenant libres par la suppression de la Charité et de Desgenettes » [BOUCHET Alain, Histoire des Hôpitaux lyonnais, 1993].

En 1932, une commission tripartite est désignée pour la construction de l´hôtel des Postes entre la Ville, les Hospices civils et les délégués du ministre du Commerce.

Le 23 janvier 1933 sont décidées la désaffectation totale de la Charité et la désaffectation partielle de l´hôtel-Dieu.

Le transfert des malades pour Grange-Blanche commence le 14 juillet 1933.

Un projet de transformation du quartier de la Charité est proposé par MM. Journoud, Porte et Bellemain. Ils préconisent de déplacer les hospices de la Charité et de Desgenettes afin de créer une voirie qui aligne la rue de la Charité à la place Bellecour. Pour eux, les avantages de ce projet sont : la création d´un quartier au centre de la ville, la suppression des foyers d´infections, l´amélioration du sort des hospitalisés. De plus, la Ville devient propriétaire d´immeubles rentables, elle dégrève l´usufruit perpétuel du terrain de l´hôpital Desgenettes et acquiert une nouvelle voirie.

Le Conseil général d´administration du 10 mai 1933 spécifie qu´un traité avec la Ville a été fait afin que tout ce qui présente un caractère artistique ou historique dans les bâtiments à démolir reste propriété des Hospices et soit à leur disposition.

Le 7 mars 1934, le Conseil des Hospices s´accorde pour céder la Charité à la Ville de Lyon, à la condition que soit adoptée une convention pour l´échange avec Grange-Blanche, effectué le 21 mars 1934.

Le 9 avril 1934, les Hospices civils de Lyon cèdent l´immeuble de la Charité à la Ville de Lyon pour qu´elle en fasse don à l´Etat pour l´hôtel des Postes.

La Ville de Lyon devient acquéreur de l´immeuble dénommé Hôpital de la Charité grâce à l´acte passé par Me Berger et Me Delorme le 4 août 1934.

La salle Sabran de l´hôtel-Dieu accueille les salles reconstituées de la Charité (la salle des Archives, celle du Conseil d´administration et l´apothicairerie) pour créer le musée des Hospices Civils. Le premier à avoir proposé l´idée d´un musée est M. Delore. Quant aux onze vitraux des nefs latérales et la rosace surmontant le portail, ils sont déplacés par les soins de M. Payet dans le réfectoire de la communauté de l´hôtel-Dieu. Certains sont restaurés. Tous les objets ayant un caractère historique sont transférés de la Charité à l´hôtel-Dieu, avant d´être placés dans le musée, dans le vestibule ou encore dans la chapelle. Les boiseries sont déplacées par M. Paul Mollo, entrepreneur de charpente-menuiserie, M. Masson, entrepreneur plâtrerie-peinture, et les équipes de travaux d´entretien et de régie.

La restauration du clocher est prise en charge par l´architecte en chef de la Ville. Il fait appel à M. Lacassagne au sujet de l´inscription de la plaque commémorative de l´Hôpital, mais la validation du texte revient à la Ville. Elle devait à l´origine être en marbre et surmontée de la réplique de la sculpture des pélicans.

Le bas-relief du tympan de l´entrée de la chapelle dû à Prost et sculpté d´un Pélican nourrissant ses petits devait être transféré à l´hôtel-Dieu. Devant l´incapacité de le déplacer sans le démolir, le service technique effectue un moulage du bas-relief, et le remet à l´hôtel-Dieu le 29 mai 1935.

La chapelle, épargnée par la première vague de démolition, est détruite par la suite, faute d´espace pour l´hôtel des Postes de l´architecte Michel Roux-Spitz, mais aussi à cause du tracé de la rue de la Charité. Des solutions avaient pourtant été proposées : reculer la façade d´une travée en ajoutant de la verdure et des sculptures pour la rendre moins austère.

500 à 600 personnalités lyonnaises signent une pétition pour le maintien du clocher sur la place Antonin-Poncet, celui-ci permettant de garder un souvenir des bienfaits de l´Aumône générale.

Les trente-trois plaques de bienfaiteurs sont déposées au rez-de-chaussée de l´hôtel-Dieu, ainsi que tous les objets qui ont un caractère artistique ou historique : plaques, statues, tables, portes...

Le déplacement des salles classées Monuments Historiques a lieu sous la surveillance de M. Gelis, architecte en chef et sous le contrôle de M. Jean Verrier, inspecteur général des Monuments Historiques. Le transport est réalisé par l´entreprise de garde-meubles « Aux professionnels Réunis de Paris » de Lyon. Le transport a lieu le 17 et le déballage le 18 juillet 1934.

Le transfert des enfants contagieux s´effectue vers l´hôpital de la Croix-Rousse, les non contagieux vers l´hôpital Debrousse. Le service des enfants assistés est placé à l´hospice des Vieillards de la Guillotière. A la fin de la construction de Grange-Blanche sont placés la maternité, l´infirmerie de la maternité et l´otorhinolaryngologie.

Dans sa lettre du 24 décembre 1934, le cardinal Maurin, archevêque de Lyon, demande à recevoir les ossements des cardinaux archevêques Denis de Marquemont et de Richelieu pour le caveau de la Primatiale. Or, le cardinal archevêque Denis de Marquemont ayant été inhumé à Rome, sa sépulture n´est pas à la Charité. Quant au cardinal de Richelieu, il a exprimé sa volonté d´être enterré avec les pauvres : « Pauper natus sum, pauper vixi, pauper morior, pauper sepiliri volo ». Il est question en 1935, de transférer son corps à la cathédrale Saint-Jean le 14 janvier à 14h, pendant le conseil d´administration du 11 janvier 1935. Ses restes sont transférés dans la chapelle de l´hôtel-Dieu.

Une donation de 300 000 francs de la part d´un anonyme permet de consolider le clocher.

La démolition de la Charité commence le lundi 6 août 1934. A côté de l'hôtel des Postes conçu par Michel Roux-Spitz, la place Antonin-Poncet devient une grande place rectangulaire, conservant le clocher de la Charité.

Pour la Ville, cette démolition contribue à améliorer la distribution des opérations postales ainsi que la circulation par l´élargissement de la place Antonin-Poncet, de la rue de la Charité et par la création d´une rue nouvelle, prolongement de la rue François-Dauphin.

En 1935, une commission de sept conseillers de la municipalité (MM. Leroudier, Charbin, Bert, Ferré, Grasselly, Burgeot et Julien), de techniciens et d´architectes (MM. Chalumeau, Delaigue, Tony Garnier, Charles Meysson) et de M. Lacassagne, visitent le clocher. À la suite de la visite, cinq conseillers municipaux se prononcent en faveur de sa destruction. M. Charbin argumente sur les reproches des générations futures. Il présente également la liste des architectes, ingénieurs, artistes, élites et lyonnais ayant signé une pétition pour sa sauvegarde.

Selon M. Delaval, [Bulletin de la Société Académique d´Architecture de Lyon, n°13, mars 1935] la solidité du clocher n´est pas remise en question. Son nouvel état transforme la répartition des efforts, mais il n´y a aucune poussée latérale importante.

Lors de ces débats sur le clocher, M. Roux-Spitz propose une réplique du clocher dans son édifice.

Finalement, en mars 1935, Edouard Herriot prend la décision de suspendre la démolition du clocher en attendant plus d´informations.

Actuellement, seul le clocher demeure sur la place Antonin-Poncet comme témoignage de l´hôpital de la Charité.

Anne Mondelain, 2012

Précision dénomination hôpital d´accueil des mendiants, des vieillards, des orphelins, des incurables et femmes en couche
Appellations de la Charité
Destinations place, clocher, hôtel des Postes
Parties constituantes non étudiées cour, chapelle, pharmacie, boutique, hôtel de voyageurs
Dénominations hospice, hôpital général
Aire d'étude et canton Lyon Urgences - Lyon 2e canton
Hydrographies Rhône le
Adresse Commune : Lyon 2e
Adresse : rue de la Charité , quai Docteur-Gailleton , place Antonin-Poncet , rue Sala
Cadastre : 1831 K 135 (feuille n°2) ; 2011 AM (non cadastré)

L´Aumône Générale est fondée en 1534 à Lyon en tant que centre d´assistance. Devant faire face à l´afflux des mendiants en ses murs, la municipalité de Lyon se résigne la première à décider, en 1614, la fondation d´un hospice destiné à les héberger sous l´autorité de l´Aumône Générale. Cet hospice est désigné sous le nom d´hôpital de la Charité. La première pierre des bâtiments est posée le 16 janvier 1617. On peut considérer que l´hôpital de la Charité est achevé en 1633. De nombreuses réparations et réorganisations sont faites au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Au XIXe, l´hôpital connaît un véritable changement : les enfants abandonnés et les vieillards laissent la place à des malades. La démolition de la Charité commence le lundi 6 août 1934, en raison de l´état d´insalubrité de l´édifice et de la volonté de construire à cet emplacement un hôtel des Postes. En mars 1935, suite aux pétitions, Edouard Herriot prend la décision de suspendre la démolition du clocher.

Parties déplacées à Commune : Lyon
Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle
Secondaire : milieu 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1617, daté par source
Auteur(s) Auteur : Picquet Pierre, architecte, attribution par source
Personnalité : Sève de Fromente, Jean de, donateur
Personnalité : cardinal Marquemont, donateur
Personnalité : Picquet, Pierre, donateur
Personnalité : M. de Saint-André, donateur
Personnalité : Charrier, Guillaume, donateur
Personnalité : Kleberg, Jean, donateur
Personnalité : Cardon Horace, donateur
Personnalité : Halincourt, Neuville de, donateur
Personnalité : M. Pelot, donateur
Personnalité : M. Poculot, donateur
Personnalité : M. Blauf, donateur
Auteur : Martellange Etienne Frère, architecte
Auteur : Perrache Antoine-Michel, sculpteur, attribution par travaux historiques

A sa création, l´hôpital comprend un ensemble de 14 corps de bâtiments et 9 cours. La cour centrale est composée de deux étages carrés contrairement aux autres qui n´en comportent qu´un seul. Le plan de la Charité est un plan en damier ouvert au moment de la construction, puis en damier fermé par des corps de bâtiment au XIXe siècle. La communication entre bâtiments s´effectue par de larges galeries couvertes. Une église orientée, Notre-Dame de la Charité, est construite sur le côté nord-ouest de la parcelle. Le clocher, situé sur le collatéral nord, réalisé en 1666 par le maître-maçon Jacques Abraham dit « La Liberté », est une tour de plan carré. Dans les corps de bâtiment M et F, perpendiculaires à l´église, sont aménagées la salle du Conseil et celle des Archives. Enfin, l´apothicairerie ou pharmacie date de la seconde moitié du XVIIe siècle, elle se situe au sud de la cour Saint-Côme. La salle des Archives avec ses armoiries et ses boiseries sculptées, de même que l´apothicairerie sont classées sur la liste des Monuments Historiques par arrêté du 14 avril 1904. Ces deux salles sont aujourd´hui conservées au sein du musée des Hospices civils de Lyon à l´hôtel-Dieu. Inscription : apothicairerie (inscrit) ; salle des archives (inscrit)

Murs pierre
calcaire
pierre de taille
Toit tuile
Plans plan orthogonal
Étages 2 étages carrés
Couvrements charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier intérieur
escalier hors-oeuvre
États conservations vestiges
Techniques vitrail
sculpture
peinture
Représentations pélican scène historique saint Vincent de Paul charité
Précision représentations

Le portail de l'entrée principale est décoré de l'allégorie de la charité. Le portail de la chapelle est orné d´un pélican nourrissant ses petits sculpté en 1665 par Nicolas Le Febvre. La rosace centrale de la chapelle représente l´allégorie de la charité. Les vitraux sur les bas-côtés retracent l'histoire de l'Aumône Générale. Au centre de la cour Saint-Vincent-de-Paul se situe une statue de celui-ci.

Salle des archives, armoires et boiseries sculptées, 18e siècle, inscrite par arrêté du 14 avril 1904. Pharmacie, étagères et boiseries sculptées, 17e siècle, inscrite par arrêté du 14 avril 1904. Ces deux salles ont été déplacées à l'hôtel-Dieu dans le musée des Hospices civils de Lyon.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Historique

    Historique

    L´Aumône générale est fondée en 1534 à Lyon en tant que centre d´assistance. L´oeuvre est située à l´hôpital Saint-Martin de la Chanal dit « hôpital de la Chanal » vers la place Saint-Georges, à l´hôpital Sainte-Catherine-du-Val aux Terreaux, ainsi qu´à l´hôpital Saint-Laurent-des-Vignes. Elle est créée pour répondre à la famine et aux émeutes qui suivent la grande sécheresse de 1529, la peste et la « grande rebeyne » du 25 avril 1530. Pour soulager cette misère, on se contente dans un premier temps de créer des institutions chargées simplement de distribuer des secours aux pauvres. Sont ainsi créés à Lyon, en 1534, l´Aumône générale et à Paris, en 1544, le Grand Bureau des pauvres, mais ces mesures se révèlent insuffisantes.

    En 1614, l´Aumône générale achète le tènement de la Charité.

    L´hôpital de la Charité se situe sur la presqu´île de Lyon, à proximité de la place Bellecour, sur les quais du Rhône (actuel quai Docteur-Gailleton) entre la rue de la Charité, la place de la Charité (actuelle place Antonin-Poncet) et l´hôpital Desgenettes (ancien couvent Sainte-Elisabeth).

    Le terrain choisi pour la construction fait vingt et une bicherées (1293 mètres carrés la bicherée). Le terrain est acheté 500 livres la bicherée, les maisons entre 200 et 1.800 livres. Le coût total s´élève à 14.063 livres.

    Devant faire face à l´afflux des mendiants en ses murs, la municipalité de Lyon se résigne la première à décider, en 1614, la fondation d´un hospice destiné à les héberger. Il est désigné sous le nom d´hôpital de la Charité. D´autres villes ne tardent pas à suivre cet exemple en fondant à leur tour un établissement similaire : Orléans en 1642, Marseille en 1643, Toulouse en 1647, Angoulême en 1650, Tours en 1656, Blois en 1657, Riom en 1658, et Limoges en 1660. À Paris, après plusieurs tentatives infructueuses du pouvoir royal, l´édit du mois d´avril et le règlement du 27 avril 1656 prescrivent la fondation d´une institution analogue à celle de la Charité, appelée ici hôpital général. Cette mesure est étendue à l´ensemble de la province par la déclaration du 14 juin 1662 qui ordonne d´établir un hôpital général dans chaque ville importante du royaume.

    La bénédiction du terrain est effectuée par l´archevêque Denis de Marquemont le 3 décembre 1615. Le 20 décembre 1615, une chapelle provisoire est élevée par les recteurs sous la protection de sainte Blandine.

    À Lyon, Martellange, frère jésuite et architecte, présente un premier plan le 2 octobre 1616 au bureau des recteurs. Pierre Picquet, recteur, s´occupe des modifications et de l´exécution avec l´aide de Martellange. Le plan est présenté par une personne du nom de Pellot et Picquet avant d´être approuvé par les prévôts des marchands et échevins qui ont promis d´assister l´entreprise.

    La première pierre des bâtiments est posée le 16 janvier 1617 par Jean Sève de Fromente président des trésoriers de France en la Généralité de Lyon (inscription Notre-Dame de la Charité). Par la suite, le cardinal Denis de Marquemont, archevêque de Lyon, et les chanoines font construire l´église.

    L´église est inaugurée le 8 décembre 1617, par Messire de Crémeaulx, recteur, comte et précenteur de l´Eglise de Lyon. Sa première pierre est déposée le 8 décembre 1617 mais en réalité la construction ne commence qu´en 1620. Elle est édifiée grâce aux dons du cardinal Denis de Marquemont et des chanoines comtes de Lyon. La première messe a lieu le 19 juin 1622, bien qu´elle soit entièrement terminée et consacrée en 1626.

    Le 20 juin 1622, les pauvres quittent l´hôpital de Saint-Laurent-des-Vignes pour rejoindre celui de la Charité. Le 21 mars 1629, les filles de l´hôpital Sainte-Catherine-du-Val intègrent l´hôpital de la Charité puis le 14 août 1636 les garçons de l´hôpital Saint-Martin de la Chanal les rejoignent.

    Le bâtiment des filles de Sainte-Catherine-du-Val est financé par les drapiers de Lyon.

    On peut dater l´achèvement de l´hôpital de la Charité en 1633 lorsqu´il se présente sous la forme d´un rectangle comprenant quatorze corps de bâtiments.

    Le clocher remplace un « clocheton » démoli en 1647 pour cause d´instabilité. Les maîtres ferblantiers Nicolas Persin et Jean-Baptiste Tisseur ont participé à la réalisation du clocher. La même année, Alexandre Colbenschlag, chaudronnier, réalise la croix de cuivre qui surmonte le dôme.

    Selon Brossette, le dessin du clocher serait réalisé par Le Bernin, lors de son passage à Lyon, à la suite de son voyage pour la restauration du Louvre.

    En 1699 est mis en place le service hospitalier de l´établissement par trois soeurs venant de l´hôtel-Dieu.

    En 1725, la Charité prend le nom d´« Hospice de la Charité ».

    La situation financière est critique, les donations, les quêtes ainsi que les autres entrées d´argent ne suffisent plus à l´Aumône qui s´endette pour élaborer sa mission. Les lettres patentes de septembre 1729 permettent de la rétablir. Les recteurs entreprennent alors les constructions nécessaires : le grenier à blé (entre 1731 et 1735), les magasins à farine (1751) et le Bicêtre (1745). A la suite de ces constructions, en 1766, les recteurs rédigent un programme d´économie interdisant toute nouvelle construction.

    Ils installent alors des ateliers et notamment des moulins à soie, grâce à M. Turquet, négociant dans la soierie, et se procurent des ressources en créant des appartements garnis qu´ils louent à l´hôtel de Provence, situé à côté des boutiques, sur la place de la Charité.

    En 1745, l´Aumône générale acquiert le tènement du monastère de Sainte-Elisabeth sous les conseils du cardinal Tencin, pour lequel Guillaume Coustou a sculpté un buste en marbre blanc. Les soeurs sont envoyées dans la communauté des Deux-Amants à Vaise. La Charité ne souhaite qu´une partie du tènement mais elle doit l´acheter en entier jusqu´à la rue Sala. L´acte de vente définitif est rendu le 18 mars 1747 et payé grâce à la succession de Marcus Panissod. Il est ensuite transformé en Bicêtre, c´est-à-dire en dépôt de mendicité puis en hôpital militaire. Le mot Bicêtre vient de l´hôpital de Bicêtre au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), lieu où se trouve depuis 1634 un établissement. Il a d´abord eu une fonction d´asile pour soldats invalides avant de devenir un lieu d´enfermement des vagabonds et des mendiants. C´est cette fonction qui donnera le nom de « Bicêtre » aux établissements d´enfermement des pauvres.

    En 1714, le maréchal de Villeroy, gouverneur de Lyon, demande à l´Aumône d´enfermer tous les pauvres de la ville. Pour leur venir en aide, l´éclairage de la ville est supprimé en 1716 afin de distribuer les bénéfices aux recteurs.

    En 1761, les recteurs obtiennent une dérogation en leur faveur avec le droit d´aliéner, de vendre, d´échanger, d´acquérir et de posséder toutes sortes d´immeubles. À partir de là, les immeubles des Hospices civils augmentent en nombre pour faire d´eux, au début du XXe siècle, les plus grands propriétaires terriens de Lyon.

    Le 3 août 1764, une ordonnance royale exige d´arrêter tous les mendiants. L´intendant de Lyon oblige les recteurs à recevoir les mendiants. Le lieu n´étant pas adapté, ils seront rapidement déplacés à Saint-Laurent-des-Vignes situé à la Quarantaine en 1768. Les mendiants lyonnais sont admis à la Charité et les mendiants étrangers à la Quarantaine.

    En 1777-1778 sont installés des ateliers au sein du Bicêtre. Il est supprimé par arrêté du Conseil d´Etat le 9 septembre 1783. Le 31 octobre les mendiants sont évacués, tous ne partent pas à la Quarantaine, certains sont aidés par le Chapitre de Saint-Jean. Les personnes âgées sont transférées au Bicêtre ainsi que les services généraux et certains ateliers. Antoine Jean Terray, conseiller du roi, souhaite récupérer le lieu pour son hôtel des Fermes. Un arrêté du 27 mai 1786 ordonne l´aliénation du bâtiment afin d´y installer un grenier à sel, une douane et l´entrepôt général des tabacs. Les recteurs tentent de se défendre mais cela passe pour une rébellion contre le roi.

    La Charité aura connu son extension maximum entre 1745 et 1783, jusqu´à la rue Sala. Le Bicêtre devient un atelier de dévidage et de moulinage des soies.

    En 1783, l´hôpital accueille les filles enceintes et les enfants nouveau-nés.

    En 1785, la Charité prend la fonction d´école. Le transfert du service des filles enceintes permet l´ouverture d´une école de sage-femme. En 1803, les cours deviennent obligatoires par la loi du 19 ventôse an XI, 10 mars 1803, demandant que dans chaque département, un établissement dispense des cours destinés aux sages-femmes. En 1882, des cours de sages-femmes externes sont proposés. L´école d´infirmières ouvre pour répondre à la demande du Conseil supérieur de l´assistance publique. Créée en 1899, c´est la première de ce genre en France. Pendant la Première Guerre mondiale, l´école des visiteuses de l´enfance de la fondation franco-américaine et l´école des visiteuses d´hygiène de la commission Rockefeller de l´institut bactériologique de Lyon et du Comité départemental antituberculeux sont fondées. Ces trois écoles fusionnent le 1er janvier 1923 pour créer une école unique : l´école d´infirmières et de visiteuses de Lyon et du Sud-Est, aujourd´hui école Rockefeller.

    Des cours de chirurgie sont dispensés depuis la fin du XVIIIe à l´« Ecole des Hôpitaux de Lyon ». Un coq en relief est sculpté sur la porte du côté des quais du Rhône, il s´agit de l´emblème du collège royal de chirurgie.

    En 1786, l´hôpital change de nom avec le nouveau règlement et s´appelle « Hôpital général de la Charité, Aumône générale des Enfants trouvés de Lyon ».

    En 1772, un terrain est acheté à la Compagnie Perrache pour rendre le plan plus régulier du côté du quai de la Charité.

    En 1791, tous les octrois sont supprimés. L´Aumône générale est dans l´obligation d´effectuer une demande de secours le 15 août 1792.

    En 1793, lors du siège de la ville de Lyon, les bâtiments de la Charité sont très endommagés.

    La loi du 23 messidor an II (11 juillet 1794) déclare tous ses biens comme nationaux. La Charité va alors dépendre de l´Etat.

    Au XIXe siècle, l´hôpital connaît un véritable changement : les enfants abandonnés et les vieillards sont remplacés par des malades.

    En 1802, l´arrêté de Chaptal, ministre de l´Intérieur, de Nivôse an X, place les hôpitaux réunis de Lyon, renommés Hospices civils de Lyon, sous la direction d´un conseil d´administration présidé par le préfet ou à défaut par l´un des trois maires de la ville et d´une commission exécutive.

    En 1802, l´administration décide d´ériger un nouveau bâtiment pour le logement du personnel administratif et médical. Les plans et devis sont adoptés en 1803. Il se dresse en bordure de la première cour d´entrée de l´hôpital.

    En dehors du claustral, un tour existe depuis le 8 novembre 1804, pour recevoir les enfants abandonnés à la naissance. Il se situe dans l´épaisseur du mur de clôture qui longe la rue de la Charité. Cet instrument est comparable à des portes tournantes, un cylindre de bois qui tourne sur lui-même. Il suffit aux parents de déposer leur enfant et de donner un mouvement de rotation. Une petite sonnette permet de prévenir une religieuse. Cette pratique permet de conserver l´anonymat de la mère ne pouvant pas élever son enfant. Les enfants ne sont pas exposés aux intempéries.

    L´introduction de la vaccine à Lyon se fait à la Charité avec le chirurgien-major Martin Jeune par un rapport présenté le 22 mars 1801. En 1805, la vaccination est obligatoire pour tous les enfants abandonnés. Martin Jeune rassemble ensuite une collection de pièces pathologiques et anatomiques (bassins rétrécis) ainsi qu´un arsenal chirurgical.

    La réhabilitation du bâtiment de la crèche est retardée à cause des guerres de l´Empire et n´a lieu qu´en 1821. La construction d´un nouveau bâtiment est confiée à Barthélemy Antoine Tissot, architecte des Hospices civils de Lyon. Elle est terminée en août 1823.

    En 1825 est décidée la construction du bâtiment dit « de la Porte », en bordure de la rue de la Charité. Le portail de l´entrée principale, réalisé par Legendre-Héral et daté de 1827, est surmonté d´un bas-relief en pierre.

    En 1835, les travaux commencent sous la direction de M. Arnaud, adjoint au maire. M. Terme, président du conseil, élève dans la cour Saint-Joseph un pavillon à ciel ouvert, sans toiture, composé d´un lavoir, d´une buanderie, et d´une machine à vapeur.

    En 1834, la façade du quai n´est pas achevée. Un nouveau devis est déposé par l´architecte Christot en 1834, qui propose la construction d´un bâtiment rendant la façade rectiligne. La probable rentabilité de l´édifice décide l´administration à le faire construire.

    En 1837, des réparations sont nécessaires pour le clocher. Elles sont suivies par l´architecte adjoint des hospices Alphonse Duboys qui restaure également l´intérieur de la chapelle.

    Entre 1839 et 1841, on place des ventilateurs et des calorifères dans les salles. Le bitume remplace les carrelages des galeries. La salle du Conseil et son vestibule sont entièrement restaurés et parquetés.

    Le fronton du portail de l´église, détruit pendant la Révolution, est remplacé en 1839 par la sculpture de Prost représentant un pélican nourrissant ses petits.

    En 1840 est installé l´éclairage au gaz dans les galeries et dans les salles. Cette même année, une inondation submerge d´un mètre le rez-de-chaussée et entraîne la fermeture de la boulangerie. Le pain est alors fourni par la boulangerie de l´hôtel-Dieu et des communes voisines. M. Delore, administrateur-directeur, se procure un filtre pour palier le manque d´eau potable. L´hôpital est doté de puits forés dans les cours. En 1806, une pompe à bras renvoie l´eau des puits dans les réservoirs installés à chaque étage. En 1837, la buanderie est dotée d´une machine à vapeur qui entraîne l´installation de canalisations et réservoirs afin que chaque bâtiment bénéficie de l´eau courante.

    Entre 1842 et 1852, on supprime les ateliers de cordonnerie et de taillerie. Cette décision est prise par une commission composée entre autre de M. Delahante, président, et MM. Rémond et Arnaud. De même, dans un souci d´hygiène et de réorganisation de l´espace, on démolit les constructions obstruant les galeries et les faux planchers et on rétablit les fenêtres et les arcades bouchées. L´hôpital récupère les voies charretières et les pièces louées au public. Certaines salles changent de fonction. De nombreuses modifications s´en suivent.

    Entre 1842 et 1843 le tour est surveillé et le nombre d´infanticide augmente. En 1848, on rétablit le tour vide mais devant le nombre important d´enfants déposés, le tour est de nouveau surveillé.

    En 1853, Auguste-Pierre-Isidore Polinière, médecin et administrateur des Hospices civils de Lyon, établit un rapport sur l´état de salubrité de l´hôpital. Dans le clocher, la même année, est installée une horloge qui fonctionne encore. Elle est munie de quatre cadrans lumineux.

    Une vacherie est présente jusqu´en 1884 avant qu´elle soit transportée à l´asile Sainte-Eugénie.

    En 1867, la désaffectation de l´hôtel de Provence permet d´installer des lits pour les vieillards et les enfants. En 1896-1897, le départ du journal « le Progrès », dont la première édition réalisée dans les sous-sols de la maternité date du 12 décembre 1859, permet de transformer les locaux en dortoirs pour religieuses et sages-femmes. On étend le service d´accouchement ainsi que le service de médecine et de chirurgie.

    La cour Saint-Côme abrite la boulangerie, présente jusqu´en 1867. Une taverne est présente dans le claustral.

    En 1875 s´ouvre la clinique gynécologique sous la direction du major (personne qui dirige un service ou un pavillon dans l´hôpital). Son logement se trouve dans la cour d´entrée à droite, près de celui des aumôniers et de l´économe.

    En 1877, l´usine Lasnier est acquise par les Hospices civils de Lyon afin de l´utiliser comme blanchisserie pour les hôpitaux.

    En 1888 s´ouvre une salle pour les enfants diphtériques. Le service de crèche est réorganisé en 1894. En 1889 est installée une salle de croups (salle permettant de traiter le croup, infection pulmonaire) puis une deuxième en 1892. En 1904 est installé un service de radioscopie et de radiographie. En 1924-25 sont installées provisoirement des salles de médecine générale pour désencombrer l´hôtel-Dieu. En 1922, une consultation pour le service antivénérien est ouverte, puis, en 1926, une salle pour les femmes tuberculeuses enceintes. En 1930, la maternité s´agrandit.

    Edouard Herriot, le maire de Lyon, s´engage dans la construction d´un nouvel hôpital à l´est de la ville, sur le site de Grange-Blanche. A cette période, l´hôpital est présenté comme un foyer d´infections et de contaminations, les spécialistes préconisent de le construire à la périphérie des villes.

    La désaffectation de l´hôpital en 1934 est effectuée au nom des exigences d´urbanisme et de modernité. Sa démolition intervient donc trois siècles précisément après sa construction. Dans le projet de désaffectation de l´hôtel-Dieu et de la Charité de 1903 à 1908, les motifs retenus à l´encontre de la Charité sont les suivants : les vieillards peuvent être déplacés au Perron (aujourd´hui hospice Jules-Courmont), pour leur intérêt ; les maladies contagieuses sont un danger pour les personnes hospitalisées. A l´inverse, la réunion des maternités à la Charité est plus avantageuse pour les médecins et les étudiants. Lors du conseil général du Rhône du 7 mai 1921, Edouard Herriot, maire de Lyon, institue une commission pour examiner la désaffectation de la Charité.

    En 1903, plusieurs rapports de MM. Collon, Joannard et Auguste Lumière, proposent l´évacuation des contagieux de la Charité à Montchat.

    En 1908, à la suite d´une visite à l´hôpital de la Charité, le Maire de Lyon décide de désaffecter ce lieu pour irradier les infections contagieuses et palier le manque d´aération. Ce n´est que lorsque l´hôpital Debrousse est transformé que la Charité peut réorganiser ses services en 1920. Les enfants en bonne santé sont placés à la campagne.

    Le départ des vieillards à l´hospice du Perron ne s´effectue définitivement qu´en 1913, ce qui permet l´extension des cliniques infantiles, d´accouchement et de gynécologie.

    Durant la Première Guerre mondiale, la Charité est employée comme hôpital de chirurgie militaire puis de chirurgie orthopédique et enfin comme centre d´appareillage de la XIVe région (Drôme, Isère, Hautes-Alpes, Rhône, Savoie, Haute-Savoie). Le personnel médical étant mobilisé, un personnel de fortune le remplace et fait face à une épidémie meurtrière de diphtérie.

    En 1921, le processus de désaffectation de l´hôpital de la Charité est enclenché. Le 27 avril, le Conseil Général d´Administration des Hospices désigne une commission pour l´évaluer. A la suite de réunions, le 22 juin, le Maire propose de modifier les plans de l´hôpital Grange-Blanche pour installer les cliniques et les services de la Charité. Le 20 juillet 1921, les dispositions contenues dans les rapports de MM. les administrateurs Lepine et Coste sont adoptées. On prévoit de mettre les enfants contagieux à l´hôpital de la Croix-Rousse, les non-contagieux à Debrousse, les enfants assistés à l´hospice des Vieillards de la Guillotière, les cliniques (obstétricale, médicale infantile, chirurgicale infantile, neurologique, otorhinolaryngologique) à l´hôpital de Grange-Blanche, la maternité de l´hôtel-Dieu dans l´immeuble Lumière, la maternité de la Charité, l´infirmerie de la maternité, l´otorhinolaryngologie à l´Antiquaille. En outre, le Département propose des pavillons de Montchat pour les vieillards, les épileptiques et les anormaux mais l´administration souhaitant se débrouiller par ses propres moyens refuse l´offre du Département.

    Après l´étude par le Conseil des Hospices civils de Lyon le 26 octobre 1921, la direction du service des archives propose le transfert de la salle des Archives et de la pharmacie dans le futur Musée-Archives des Hospices.

    Le 5 juin 1930, Edouard Herriot demande aux Hospices civils de Lyon de commencer les contrats entre les deux institutions (Charité et hôtel-Dieu). Entre l´hôtel-Dieu et la Charité, il est question du transfert de la maternité. Une commission spéciale est chargée de cette problématique. Elle se compose des administrateurs : MM. Delore, Brahm, Lepine, Pic, Larousse, Carle, Peillod, Tavernier, Marro, Garin et Bouget.

    Le 19 septembre 1931, M. Guernier, ministre des PTT, vient à Lyon pour inaugurer l´exposition de TSF. Il se rend à la Charité pour examiner le projet d´hôtel des Postes.

    La démolition de l´hôpital de la Charité s´effectue à la suite du classement partiel de l´hôtel-Dieu en tant que Monument Historique, celui-ci ayant été la première cible de destruction.

    Le 23 janvier 1933 est décidée la désaffectation totale de la Charité et la désaffectation partielle de l´hôtel-Dieu, en maintenant dans ce lieu les services administratifs, la pharmacie, un service d´urgence et une maternité.

    Le transfert des malades pour Grange-Blanche commence le 14 juillet 1933.

    Le 7 mars 1934, le Conseil des Hospices s´accorde pour céder la Charité à la Ville de Lyon, à la condition que soit adoptée une convention pour l´échange avec Grange-Blanche, effectuée le 21 mars 1934.

    La Ville de Lyon acquiert l´immeuble dénommé hôpital de la Charité par acte passé entre Me Berger et Me Delorme le 4 août 1934.

    La démolition de la Charité commence le lundi 6 août 1934. Elle laisse la place à l´hôtel des Postes, édifié par l´architecte Michel Roux-Spitz.

    En mars 1935, Edouard Herriot prend la décision de suspendre la démolition du clocher.

    Une donation de 300 000 francs de la part d´un anonyme permet de le consolider.

    En 1953, les cloches de la Charité sont fondues et utilisées pour la basilique de Fourvière.

    Anne Mondelain, 2012

  • Description

    Description

    A sa création, l´hôpital comprend un ensemble de 14 corps de bâtiment et 9 cours. L´édifice représente un plan en damier, de trame orthogonale. Ces neuf cours de grandeurs diverses permettent de séparer les différents corps de logis. A l´origine, les cours sont toutes ouvertes sur un côté hormis la cour centrale. De nouveaux bâtiments créés en 1827 permettent à l´hôpital d´être enfermé dans un quadrilatère. Chaque corps de logis est bordé par un portique ouvert.

    L´accès à l´établissement s´effectue par deux entrées, l´une sur la rue de la Charité, l´autre sur le quai du Rhône. Selon l´article paru dans le journal « Le Crocodile » en 1934, cette dernière est composée de trois portes dont une cochère : celle du milieu est en plein cintre sans décoration ; celle du côté de l´hôpital Desgenettes au sud est semblable à la première hormis sa clé de voûte sur laquelle est sculpté un coq debout sur un rocher au-dessus duquel se trouve un cartouche et une rangée de fleurs ; la dernière, toujours similaire, dispose d´une clef de voûte épannelée.

    Le portail de l´entrée principale, réalisé par Legendre-Héral, sculpteur, et daté de 1827, est surmonté d´un bas-relief en pierre. Il représentait une femme, allégorie de la Charité, debout, le sein gauche découvert, tendant une main vers l´enfant d´une pauvre femme qui demande l´aumône. De sa main droite, elle donne un pain à un vieillard, également accompagné d´un enfant. Un troisième enfant est assis à ses pieds, la regardant. Les plans de cette porte sont dessinés par l´architecte Pollet.

    Selon Bideau en 1993, en sur l´une des fenêtres de la salle d´accouchement donnant sur la rue de la Charité sont installées deux boules de couleurs différentes. Elles permettent aux étudiants qui se rendent au café de « La Cloche » d´être avertis en cas d´urgence, c'est-à-dire quand la boule rouge est posée [BIDEAU, MURE et al., Les lieux disparus de Lyon, 1993].

    Un cimetière se situe sur la partie nord de l´hôpital. Il est transféré en 1735 au cimetière de la Madeleine près du château de Lamotte qui devient le cimetière de l´hôpital de la Charité et de l´hôtel-Dieu. A la place, des corps de bâtiments sont construits pour les Catherines et les Thérèses.

    Sur la rive droite du Rhône, en face de l´hôpital, se trouvent des moulins flottants et des bateaux pour les lessives (plattes) et pour moudre les céréales appartenant à la Charité.

    La cour centrale est composée de deux étages carrés contrairement aux autres qui n´en comportent qu´un seul. Elle dispose d´une galerie qui se compose de baies en plein cintre séparées par des piliers carrés. Ce portique traverse l´édifice dans toute sa longueur, de la place Antonin-Poncet jusqu´au jardin de l´hôpital Desgenettes. On retrouve aussi dans ce portique deux grandes grilles en fer forgé à deux vantaux avec pilastres, bandeau et couronnement cintré en fer carré et forgé arrondi au marteau de l´époque de Louis XIV qui s´appliquent parfaitement à la voûte du portique.

    La communication entre bâtiments s´effectue par de larges galeries couvertes, dans lesquelles sont installées les tables mentionnant les noms des bienfaiteurs. Ces galeries sont un lieu de passage pour le personnel soignant. Dans chaque bâtiment se trouvent différentes catégories de résidents. Celles-ci sont toutes séparées, afin qu´aucune d´elles n´entrent en contact avec les autres. Les différents patients sont également vêtus différemment et appliquent des règles distinctes. Les résidents valident participent à des ateliers. On les distingue par des rubans de couleur.

    Les filles enceintes travaillent au deuxième étage et cuisinent au-dessus de la salle des Archives.

    La cour Saint-Vincent-de-Paul est ornée d´un jardin à la française composé d´arbres et de buissons. De même, les cours Saint-Nicolas, Sainte-Catherine et la cour du réfectoire des médecins et interne présentent des massifs de verdure, la dernière détenant également deux petits bassins et une vigne. Marcel Colly et Auguste Croze précisent en 1934 que la cour Sainte-Catherine possède un bassin de petite taille ainsi qu´un jet d´eau et une croix de mission ; des tilleuls et des hortensias bleus sont également plantés dans les cours. Une sculpture de Saint-Vincent-de-Paul est érigée en son centre en 1846. Lors de la démolition, elle est déplacée à Grange-Blanche près du service de pédiatrie tout comme la statue de la Vierge. Cette cour est utilisée comme jardin pour la crèche.

    Un grenier à blé, construit grâce à un don en 1633, est considéré comme « l´un des plus beaux de France » [Le crocodile, bulletin de l´internat de Lyon, mars-avril1934]. Il est soutenu par trente deux colonnes de pierres de taille. Marcel Colly et Auguste Croze en donnent en 1934 l´aperçu suivant : sa façade est percée de quinze fenêtres garnies de laiton. On y accède par un perron à quatre rampes. Il est loué en tant qu´entrepôt à la municipalité, à l´autorité militaire ou encore à des particuliers. Il est agrandi en 1662 et 1686 jusqu´à l´emplacement actuel de la place Antonin-Poncet. En 1834, une partie est transformée en séchoir et, en 1842, l´administration installe dans ce lieu une salle de prévoyance ou infirmerie spéciale. Lorsque l´infirmerie n´abrite personne, les vieillards l´utilisent comme ouvroir. En 1873, le grenier est garni d´un plancher. Il est plafonné, cloisonné et change de destination pour devenir maternité. Les mesures d´asepsie et d´antisepsie du XIXe siècle permettent à la maternité de la Charité de garder son importance.

    Au-dessus des bureaux de l´administration, à l´ouest de la cour Saint-Honoré, se trouve un petit clocher à quatre lucarnes.

    Une église orientée, Notre-Dame de la Charité, est construite sur le côté nord-ouest de la parcelle. Le 7 janvier 1621, Antoine Picquet propose une modification du plan primitif, qui comporte une seule nef avec une voûte de grande portée. Il décide de construire des bas-côtés séparés de la grande nef par des arcades supportant galeries et tribunes. Cette modification permet de dissimuler l´irrégularité du plan du bâtiment plus large du côté de l´autel que du côté de l´entrée. Jean Piroud et Louis Pellègre, maîtres charpentiers ainsi que Jacques Blanc et Charles Gay, maîtres maçons, sont les artisans de cette église. Celle-ci est réalisée en pierres de taille de Saint-Cyr-au-Mont-d´Or fournies par Pierre et Jean Pernoud, André Rey, Pierre Delafont. L´église est enduite et peinte par Guillaume Riottier. Elle se compose d´une nef et de deux bas-côtés de six travées, terminés par un chevet plat. Le vaisseau central est éclairé par les fenêtres des bas-côtés et des tribunes. L´office est accessible aux malades par les tribunes. Le vaisseau central est couvert d´une voûte en berceau surbaissée et revêtue d´un enduit peint en 1858 par Beuchot, peintre décorateur à Lyon de 1791 à 1862. Entre la nef et le choeur se situe une barrière de communion à acrotères et des balustres de marbre de couleur. Dans le choeur, à chevet plat, est disposé un retable orné d´un tableau de la Pentecôte attribué à Horace Leblanc, peintre lyonnais. L´amortissement de la voûte est orné d´une peinture murale représentant une étoile à huit pointes avec deux anges de Beuchot. On retrouve un maître-autel en marbre provenant de l´ancienne église des Carmes-Déchaussés offert à la suite des ravages de la Révolution. En 1802, la chapelle est en mauvais état, Marcel Colly explique qu´« il n´en restait que les murs sur lesquels on s´était encore plu à mutiler les monuments qui renfermaient l´expression de la reconnaissance des pauvres envers leurs bienfaiteurs » [Notes de Marcel Colly, archives 1L35]. Un orgue est installé en 1806 dans les tribunes par le luthier Janot. La chaire à prêcher est en noyer peint en imitation marbre, supportée par un culot de feuillage, datant du XIXe et réalisée par Héraut.

    Le portail de l´église, dont le plan est réalisé par Jacques Gentillâtre, maître-architecte, est d´ordre dorique en pierre noire de Saint-Cyr (faciès gris-sombre à noir de la pierre à gryphées extrait dans les anciennes carrières de Saint-Cyr-au-Mont-d´or) et en pierre blanche de Tournus. On retrouve un décor avec des métopes, des triglyphes et des gouttes d´eau. Il est flanqué de pilastres, supportant un entablement et surmonté d´un fronton cintré orné d´un pélican nourrissant ses petits sculpté en 1665 par Nicolas Le Febvre. Détruit à la Révolution, il est remplacé en 1839 par celui de Prost, sculpteur, imitant l´original.

    A. Steyert et F. Rolle précisent en 1874 que l´ornementation des chapelles est constituée de bas-reliefs, de peintures, de bustes et d´inscriptions remémorant les différents bienfaiteurs du site. Le premier office est célébré le 24 juin 1622, jour de la Saint-Jean-Baptiste. À sa suite, les différents corps de logis sont bénis. En 1627, la sacristie est ajoutée ainsi qu´un logement pour le prêtre et un clocher provisoire fourni de quatre cloches fondues par Pierre Recordon, fondeur pour le roi à l´arsenal. Le cardinal Denis de Marquemont lègue de nombreux objets de culte, d´objets d´art ainsi que les reliques de Saint-Jovain, déposées le 14 novembre 1627. Selon J.-B. Martin en 1909, à droite, en entrant dans l´église, se trouve la chapelle de Notre-Dame-des-Vertus, dont l´autel est érigé par une personne dénommée Eléonore de Saint-Laurent et où son corps repose. La chapelle de la Sainte-Vierge possède la sépulture du cardinal de Richelieu, frère du ministre. Tandis que celle de la Croix renferme la sépulture du cardinal Denis de Marquemont. Les fonds baptismaux se situent à l´extrémité sud-est de l´église.

    Chacun occupe une place attitrée dans ce lieu, les frères sont sur les bancs à côté de l´autel, les soeurs dans la chapelle de droite, les garçons dans une chapelle grillagée, les filles dans la tribune, les filles enceintes dans une autre chapelle grillagée, des prie-Dieu sont réservés pour les officiers de la maison et derrière eux sont placés les commis.

    Une série de vitraux présente l´histoire de l´Aumône générale. Le premier montre la famine de 1531, on y distingue les personnes arrivant par bateau et les lyonnais les accueillant. Au fond, on aperçoit l´abbaye d´Ainay. Le deuxième expose la fondation de l´Aumône le 23 janvier 1533 au couvent des Cordeliers avec Jean Broquin. Le troisième représente la mise en place de la croix bénie par le cardinal Denis de Marquemont le 3 décembre 1615, on distingue au fond la colline de Fourvière. Le quatrième présente la pose de la première pierre le 16 janvier 1617, et Etienne Martellange montrant les plans à Jean Sève de Fromente. Le cinquième montre le transfert des pauvres à la Charité le 20 juin 1622. Le sixième présente la première procession du 25 avril 1639, réalisée en l´honneur de Notre-Dame-de-Fourvière pour sa protection à la suite de l´épidémie de scorbut. Le septième représente le testament de Jacques Moyron, baron de Saint-Trivier. Le huitième illustre l´installation des soeurs hospitalières venues de l´hôtel-Dieu le 26 mars 1699. Durant toute leur existence, les rapports entre l´hôtel-Dieu et la Charité sont toujours faits sur le mode de la confrontation. Malgré leur fonctionnement différent, ils cherchent sans cesse à se surpasser architecturalement mais aussi fonctionnellement. En 1729, un différent les oppose au sujet de la dénomination d´ « hôpital général », la Charité tenant le rôle depuis 1533. Finalement, les deux vont posséder le titre et se partager les profits. Le neuvième vitrail représente la visite du pape Pie VII reçu par le cardinal Fesch. Le dixième présente la fondation de l´hôpital Renée-Sabran à Giens le 25 juin 1887.

    La rosace centrale de la façade de la chapelle souligne le lien entre la bourgeoisie et les oeuvres de charité. Elle incarne l´allégorie de la charité : une femme sur un trône attire à elle un vieillard et un enfant, un lion figurant la ville et un génie ailé déroulant le plan de l´hospice. À droite, on retrouve le cardinal de Richelieu, l´archevêque Camille de Neuville et un chanoine comte de Lyon. À gauche sont placés Joannès Fournet, donateur du vitrail, Jean Kleberg et un échevin.

    Une reconstitution couleur des vitraux est réalisée à l'occasion du bicentenaire des Hospices civils de Lyon. Sur dix originaux, cinq sont détruits en 1936 en même temps que l'hôpital, les cinq autres sont détruits le 2 septembre 1944 quand l'armée allemande fait sauter le pont de la Guillotière.

    Le clocher, situé sur le collatéral nord, réalisé en 1666 par le maître-maçon Jacques Abraham dit « La Liberté », est une tour de plan carré. Il est surmonté d´une haute lanterne de deux étages de forme octogonale et d´un dôme à huit pans en tuiles-écailles vernissées noires. Il est construit en pierre de taille et moellons, avec des murs d´une épaisseur de 0,75 mètre au rez-de-chaussée. Le dôme est lui-même surmonté d´un lanternon et d´une croix en cuivre. Les quatre faces de la tour sont percées de deux oculi. Un troisième occlui était disposé sur la façade avant la restauration du clocher. La façade ouest s´ouvre par une porte à pilastres et corniches. Les façades nord et sud sont percées d´une fenêtre en plein cintre. Les pilastres des deux derniers étages sont d´ordre dorique et ionique. La lanterne est percée de deux étages de fenêtres en plein cintre avec agrafe, pilastres angulaires, et corniches marquant les étages. À l´extérieur, on distingue quatre pots-à-feu placés aux angles de la tour. Quant à l´intérieur, quatre trompes permettent de passer du plan carré au plan polygonal. Le beffroi est composé d´une charpente en chêne. Les fondeurs d´Epinal réalisent les cinq cloches situées à l´intérieur. Aujourd´hui, unique vestige de l´hôpital, le clocher est utilisé comme antenne-relais téléphonique.

    Jean Allemand et Fleuri Poitrasson, maîtres-charpentier réalisent la charpente du bâtiment des greniers construite à partir des dons de marchands allemands. Pierre Thève, maître carrier, façonne les pierres du grenier.

    Au centre de la cour Saint-Vincent-de-Paul est disposée une statue de celui-ci réalisée par Marochetti et datant de 1846. Elle est réalisée grâce au don de Rocoffort de Vinière, échevin de Lyon. On retrouve saint Vincent-de-Paul, le genou gauche à terre et un enfant assis sur son genou droit.

    Dans le corps de bâtiment F et M sont aménagées la salle du Conseil et celle des Archives.

    La salle des Archives est exécutée également au XVIIIe siècle (1741-1742) à l´initiative de François Deschamps. Elle est voûtée d´arrêtes. La salle possède trois de ses parois garnies de placards, décorés de sculptures, moulures et surmontés de statues de bois représentant des vertus et des anges tenant des attributs religieux. Ce travail est réalisé en chêne par le menuisier Caminet. Des moulures et des ornements en plâtre, identiques à ceux des boiseries occupent les voûtes d´arrêtes en stuc. Les voûtes sont disposées en pendentifs et fleurons et soutenues par un pilier central boisé comme le reste de la salle. On retrouve des motifs floraux, des coquilles et des volutes ajourées d´époque Louis XV. Au-dessus des placards, on peut distinguer six grands tympans à sculpture florale avec des motifs de coquille ajourée, de roseaux, de nids de pélican... Quant aux ferrures, elles sont exécutées par le serrurier Vial, et les chiffres et les lettres en cuivre qui ornent les armoires sont réalisés par Michel Perrache. Aux angles des placards, on retrouve des statuettes allégoriques du XVIIIe siècle représentant : la Charité, la Prudence, la Force, la Religion, l´Administration, la Fidélité, la Discrétion. Au nord de cette salle se trouve la salle des petites archives.

    Enfin, l´apothicairerie ou pharmacie date de la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle a la même facture que celle de l´hôtel-Dieu. Ainsi, on la date de la même période et on l´attribue peut-être au même artiste. Elle se compose d´un meuble à trois faces, dont la partie centrale héberge une quarantaine de petites niches où se logent pots et chevrettes du XVIIIe siècle. Des colonnes torses avec arcs en plein cintre supportent les rayonnages et les divisent en petites loggias. Les boiseries sont sculptées de guirlandes tombantes, de feuilles et de fleurs, de personnages et d´animaux. Au nord, une grande baie vitrée éclaire la pièce. Un grand mascaron se situe au sommet de la niche. Dans les angles des sculptures en-dessous desquelles se situent des chutes de végétaux et des mascarons, un chirurgien-barbier est représenté enlevant une dent à son patient, un maître apothicaire fabriquant la thériaque en saisissant un serpent, un personnage pieds nus au milieu des vipères avec une corbeille de fleurs sur la tête, un sauvage armé d´un arc portant des fruits sur la tête et un porteur d´oeufs.

    La salle des Archives avec ses armoiries et ses boiseries sculptées, de même que l´apothicairerie sont classées sur la liste des Monuments Historiques par arrêté du 14 avril 1904. Ces deux salles sont déplacées en 1934 au musée des Hospices civils de Lyon à l´hôtel-Dieu.

    Selon Marcel Colly et Auguste Croze en 1934, la salle du Conseil d´administration, aussi appelée salle du bureau est ornée de boiseries en tilleul du XVIIIe siècle (1744-1745) réalisées par Sébastien Tardy. Elle communique avec la salle des Archives par une porte en fer. Michel Perrache édifie la cheminée en marbre gris et le modèle de l´ornementation du plafond. La salle du Conseil est sculptée de rinceaux, coquilles et mascarons. Les fenêtres sont garnies de carreaux en verre de Bohême réalisés par le vitrier Simon. Un grand tableau orne un pan de mur de cette salle : « La Charité » de Victor Orcel, avec la sculpture « Notre Dame de Grâces » d´Antoine Coysevox et le buste en marbre du cardinal Tencin de Guillaume Coustou.

    Anne Mondelain, 2012

  • Appellations successives des cours et des voies longeant l´hôpital de la Charité

    Appellations successives des cours et des voies longeant l´édifice, hôpital de la Charité

    Les cours

    Les appellations servant de référence, en gras dans la liste, sont celles usitées en 1853 dans le plan de Polinière

    Cour Saint-Nicolas :

    Court des Femmes [attestée sur des documents de 1647]

    Cour des petits garçons [attestée sur des documents s.d]

    Cour d´entrée :

    Court Commune [attestée sur des documents de 1647]

    Cour Sainte-Marie [attestée sur des documents s.d]

    Cour Saint-Vincent de Paul :

    Court des Orphelins [attestée sur des documents de 1647]

    Cour de la Madeleine [attestée par le livre de Marcel Colly]

    Cour de La Chana [attestée sur des documents s.d]

    Cour Sainte-Catherine :

    Court des Moulins [attestée sur des documents de 1647]

    Cour des moulins a foyer [attestée sur des documents s.d]

    Cour Saint-Honoré :

    Court Commune [attestée sur des documents de 1647]

    Cour des charpentiers [attestée sur des documents s.d] (réunie avec la cour de l'Hôtel de Provence)

    Cour de l´Hôtel de Provence :

    Court du Cimetiere [attestée sur des documents de 1647]

    Cour des charpentiers [attestée sur des documents s.d] (réunie avec la cour Saint-Honoré)

    Cour Saint-Côme :

    Court des hômes et garçôs [attestée sur des documents de 1647]

    Partagée en plusieurs cours :

    Cour des passants [attestée sur des documents s.d]

    Cour des boucheries [attestée sur des documents s.d]

    Cour de la boulangerie [attestée sur des documents s.d]

    Cour des moulins [attestée sur des documents s.d]

    Cour Sainte-Marthe :

    Court de la Cuisine [attestée sur des documents de 1647]

    Cour du caveau [attestée sur des documents s.d]

    Cour Saint-Jospeh :

    Partagée en plusieurs cours :

    Court des Nourrices [attestée sur des documents de 1647]

    Court des Infirmes [attestée sur des documents de 1647]

    Court des Renfermez [attestée sur des documents de 1647]

    Cour des Vieilles [attestée sur des documents s.d]

    Cour des passantes [attestée sur des documents s.d]

    Hôpital militaire

    Cour des vielux [attestée sur des documents s.d]

    Les rues

    Rue de la Charité [attesté sur des documents de 1647, 1831, 1853, 1863, 1890]

    Quai Gailleton

    Quai de la Charité [attesté sur des documents de 1830, 1863, 1890]

    Place Antonin-Poncet

    Place de la Charité [attesté sur des documents de 1789, 1831, 1890]

    Place Sainte-Hélène [attesté sur un document de 1775]

    Promenoir, Jeu de Mail [attesté sur un document de 1647]

    Rue Sala

    Rue Sainte-Marie [attesté sur un document de 1743]

    Rue de la Rigaudière [attesté sur un document de 1680]

  • Appellations successives des bâtiments

    Appellations successives des bâtiments

    Les lettres servant de référence pour les bâtiments sont tirées du dessin IVR82_12693392_NUD

    Bâtiment A

    n'existait pas en 1646

    Boutiques et ouvroirs [attestée sur un document s.d.]

    Sacristie, conciergerie, petites archives, service des enfants assistés et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Chambre du sacristain, appartement de MM. les aumôniers (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Appartement de M. l´économe, débarras, dortoir d´hospitalières (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Sacristie, magasin loué, hôtel de Provence et des Ambassadeurs, dépendances de l´hôtel [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment B

    n'existait pas en 1646

    Service des bains, école du brevet, serrurerie, menuiserie (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Infirmerie des soeurs et dépendances, dortoir des reposantes hospitalières, dortoir des hospitalières (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalières, dortoir des élèves sages-femmes et lavabos (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Maison appartenant aux Hospices et mise en location, bains pour le service des malades et de la communauté [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment C

    Il n'existait pas en 1646

    Chauffage de la maternité, charbonnier, lavoir, lingerie, repassage et dépendances, triage du linge sale, radiographie et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalières, salle de vieillards hommes et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Maternité et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Escalier conduisant à la salle des vieillards, cabinet des hydro-extracteurs, magasins loués, dortoir des vieillards valides [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment D

    Machines, puits et pompes, générateurs, étuves à désinfection, entrepôt à charbon (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Buanderie, lavoir, cabinet des chaudières et de la machine à vapeur [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment E

    Entrepôt des échelles, cuisine et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Saint-Pierre (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Marguerite, enfants blessés et nourrices (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Magasins loués par l´hôtel de Provence, corridor entre la cuisine et ses dépendances, dépense et boucherie [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment F

    Dortoir des orphelins et orphelines au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Sacristie du linge, bureaux des enfants assistés, archives (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Renée et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalières (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Hôtel de Provence et des Ambassadeurs, dépendances de l´hôtel, archives de la Charité [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment G

    Il n'existait pas en 1646

    Chauffage de la première crèche, matelasserie, fonds baptismaux (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    1er crèche (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Nourrices sédentaires (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Cabinets, souillarde et dépendances de la crèche, cabinets, souillarde et dépendances de la crèche, annexe de l´église de la Charité et chapelles, salle de la crèche [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment H

    Dortoir des orphelins et orphelines au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Clinique obstétricale et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Clinique obstrétricale, accouchées (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Aline et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Bureau pour le placement des enfants, la comptabilité, l´inspection et la tutelle, bureau pour l´accouchement, l´admission, la recherche et la reddition des enfants aux parents, salle du tour, Salle Sainte-Pélagie, filles en couches [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment I

    Vestibules, entrepôts et ateliers divers, magasins de comestibles, école des novices, poste des hommes de peine (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Ecole pratique des novices, dortoir d´hospitalières, noviciat et dépendances, entrepôt du magasin de comestible (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Bâtiment projeté pour l´achèvement de l´édifice [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment J

    Les nourrices et le dortoir des petites filles au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Salle Sainte-Madeleine : consulations et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Madeleine et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Madeleine et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Chapelle des vieillards, Infirmerie des vieillards [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment K

    Greniers a Blez [attestée sur un document de 1646]

    Entrepôt de matériaux, angines et dépendances, atelier de l´électricien, conciergerie, fumoir et atelier des vieillards, bascule, salles des diphtériques et dépendances, charbonnier (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle des vieillards femme et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Infirmerie de la maternité, dortoir d´hospitalière, dortoir de stagiaire, entrepôt des lits (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Magasin, voie charretière et concierge du côté du quai du Rhône, magasin des charbons, salle des vieilles infirmes valides, dortoir des vieilles valides, dortoir des vieillards valides [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment L

    Paneterie [attestée sur un document s.d.]

    Cuisine et le dortoir des petites filles au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Boucherie, école professionnelle d´élèves infirmières (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle d´opérations et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Lit de fondations femmes (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Passage ouvert et courant d´air, escalier de service, cuisine, Infirmerie des frères [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment M

    Bureaux et archives [attestée sur un document de 1646]

    Salle du Conseil, vestibule (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle d´opérations et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Saint-Ferdinand laboratoire et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle du Conseil général d´administration, premier dortoir des sœurs [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment N

    Il n'existait pas en 1646

    Salle de cours, conciergerie, réception des malades (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d]

    Clinique obstétricale, accouchées (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Laboratoire de la clinique obstétricale (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle des nourrices expectantes, loge et cabinet du concierge et des frères de la porte, local cédé au Bureau de bienfaisance, escalier conduisant à la salle de clinique d´accouchements de l´Ecole de médecine, salle annexe de la salle Sainte-Pélagie [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment O

    Dortoir des vieilles femmes et des veuves [attestée sur un document de 1646]

    Infirmerie et dépendances femmes en couches (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Clinique obstétricale, accouchées (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalière, dépôt de vêtement et meubles de vieillards décédés (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Logement du chirurgien-major, escalier conduisant chez M. le premier aumônier, logement de l´économe, salle Sainte-Amélie, salle de la clinique d´accouchements, salle Sainte-Amélie [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment P

    Bureaux et archives [attestée sur un document de 1646]

    Bureaux et locaux de l´économat, porte-pôt (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Saint-Augustin (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Saint-Ferdinand laboratoire et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Cabinet de la sœur de garde à la barrière d´entrée, vinaigre et distribution du vin, cabinet de l´administrateur et du chirurgien de garde, cabinets de l´économe, bureau des employés de l´économat, passage et courant d´air, salle Saint-Isidore [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment Q

    Paneterie, dortoir d´hospitalières, lits de fondations (hommes), entrepôts divers, remise des voitures, bûcher (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Amélie et dépendances, salle Saint-Augustin (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Lit de fondations femmes, crèche Saint-Ferdinand (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Deuxième réfectoire, escalier du logement de MM. les Aumôniers, cave, paneterie, salle Saint-Pierre, salle des femmes incurables [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment R

    Réfectoire des vieillards et du personnel laïque (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Amélie et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Lit de fondations femmes (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Grand réfectoire des vieillards, salle des femmes incurables [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment S

    Dortoir des vieillards et des petits enfants au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Lits de fondations (femmes), dortoir d´hospitaliers (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Infirmerie des hospitaliers, infirmerie des vieillards hommes et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Couloir clos, dortoir d´hospitalières (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Réfectoire des incurables, emplacement du calorifère pour le séchoir à air chaud, entrepôt des poêles et cabinet des hommes de peine ou journaliers, salle des vieillards infirmes ou caducs [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment T

    Tailleurs, cordonniers, tisserands [attestée sur un document de 1646]

    Consultations gratuites (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle de rechange, infirmerie des femmes (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalière, scarlatine et dépendances (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Voie charretière, dortoir des frères, magasin [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment U

    Logement du chirurgien [attestée sur un document de 1646]

    Dortoir des vieillards et des petits enfants au dessus [attestée sur un document de 1646]

    Magasin général (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Lits de fondations (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Rougeoles (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Magasin général, salle des hommes incurables [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment V

    Dortoir des vieilles femmes et des veuves [attestée sur un document de 1646]

    Réfectoire et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Jeanne et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Dortoir d´hospitalières (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Premier réfectoire, réfectoire de la communauté, Salle Saint-Philippe [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment W

    Bucher et charbonnier [attestée sur un document de 1646]

    Salle Sainte-Thérèse et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Thérèse et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Greniers (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Voie charretière, salle des enfants varioleux, magasin loué, salle Saint-Ferdinand [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment X

    Bûcher et charbonnier [attestée sur un document de 1646]

    Salle Sainte-Thérèse et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Thérèse et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Greniers (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Garde-meuble, dépôt des matelas, cave, dépendances du premier réfectoire, salle Sainte-Marie [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment Y

    Moulins a Soie [attestée sur un document de 1646]

    Réfectoire des internes, réfectoire des médecins, réfectoire des pharmaciens, vestibule, laboratoire du pharmacien et dépendances (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Salle Sainte-Jeanne et dépendances (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Taillerie et lingerie, salle Sainte-Adélaïde [attestée sur un document de 1853]

    Bâtiment Z

    Buanderie, fours, Charpente et maçonnerie [attestée sur un document de 1646]

    Pharmacie et dépendances, dépôts des morts (rez-de-chaussée) [attestée sur un document s.d.]

    Bibliothèque des internes, chambre des internes (1er étage) [attestée sur un document s.d.]

    Chambre des internes (2ème étage) [attestée sur un document s.d.]

    Pharmacie et ses dépendances, escalier de service, magasin et bûcher, dépôt des morts et salle d´autopsies cadavériques [attestée sur un document de 1853]

  • Liste des artistes et artisans ayant travaillé à l´hôpital de la Charité

    Liste des artistes et artisans ayant travaillé à l´hôpital de la Charité

    Jacques Abraham, dit « La liberté » : maître maçon, réalisation du clocher actuel

    Jean Allemand et Fleuri Poitrasson : maîtres charpentiers, réalisation de la charpente du bâtiment des greniers

    Charles Audran : graveur des plans

    Giovanni Bernini, dit « Le Bernin » : architecte, dessin du clocher actuel (hypothèse)

    Beuchot : peintre, peinture de la voûte de la chapelle

    Jacques Blanc et Charles Gay : maîtres maçons, réalisation de la maçonnerie de la chapelle

    Louis Caminet : maître menuisier, réfection des pièces réservées aux archives

    Alexandre Colbenschlag : maître chaudronnier, réalisation de la croix de cuivre qui surmonte le clocher

    Guillaume Coustou : sculpteur du roi, réalisation du buste en marbre blanc du cardinal de Tencin

    Antoine Coysevox : peintre, réalisation du tableau « Notre Dame de Grâces »

    Antoine Degerando : architecte de la Charité, réalisation du plan du « Bicêtre »

    Claude Dubois : architecte lorrain, plans (mal définie)

    Alphonse Duboys : architecte adjoint des Hospices, restauration clocher et intérieur de la chapelle

    Bertrand Fargues : serrurier, serrurerie de l´hôpital

    Les fondeurs d´Epinal : réalisation des 5 cloches

    Barthélemy Gaultier : fondeur, réalisation de quatre cloches pour l´horloge de la Charité

    Jacques Gentilliastre : maître architecte, réalisation du plan du portail

    Héraut : menuisier, réalisation de la chaire de la chapelle

    Janot : luthier, réalisation de l´orgue de l´église

    Horace Le Blanc : peintre, tableaux « la Vierge tenant l´Enfant Jésus dans une gloire », « le Mystère de la Trinité », « les Vertus théologales » et d´autres petites toiles

    Nicolas Lefèbvre : sculpteur, réalisation du pélican du portail d´entrée

    Legendre-Héral : sculpteur, réalisation de la sculpture du tympan du portail de l´entrée principale

    Marochetti : sculpteur, réalisation de la sculpture Saint-Vincent de Paul

    Père Martellange : architecte, réalisation du plan primitif

    Victor Orcel : peintre, réalisation du tableau « la Charité »

    Pierre et Jean Pernoud, André Rey, Pierre Delafont : tailleur de pierre, réalisation de la chapelle en pierre de taille

    Antoine-Michel Perrache : sculpteur, réalisation de monuments funéraires

    Michel Perrache : sculpteur, sculptures de la salle des Archives lors de sa réfection, cheminée du bureau lors de sa réfection, lettres en cuivre qui ornent les armoires salle des archives.

    Nicolas Persin et Jean-Baptiste Tisseur : maîtres ferblantiers, réalisation du clocher

    Antoine Picquet : architecte, modification du plan primitif de la chapelle

    Pierre Picquet : architecte, rectification du plan

    Jean Piroud et Louis Pellègre : maître charpentier, réalisation de la charpente de la chapelle

    Pollet : architecte, réalisation des plans du portail de l´entrée principale

    Grégoire Pons : peintre, peinture des quatre montres de l´horloge

    Prost : sculpteur, réalisation du fronton de la porte d´entrée

    Pierre Recordon : fondeur, fondeur des cloches

    Françoise Reynon : peintre, réalisation d´un tableau au pastel dans la salle des archives

    Guillaume Riottier : peintre, peinture de la chapelle

    Simon : vitrier, réfection des fenêtres du bureau

    Sébastien Tardy : maître menuisier, réalisation de la salle du Conseil d´administration

    Pierre Thève : maître carrier, façonnage des pierres du grenier

    Charles Vial : maître serrurier, réfection des pièces réservées aux archives

  • Lors de la visite du clocher (mai 2012), plusieurs inscriptions ont pu être distinguées :

    Lors de la visite du clocher (mai 2012), plusieurs inscriptions ont pu être distinguées :

    photographie n° IVR82_12691454NUC_P : CHESE, A RULE

    photographie n° IVR82_12691455NUC_P : CHANOINE, MORA, MS

    photographie n° IVR82_12691456NUC_P : JACQUES, BA

    photographie n° IVR82_12691457NUC_P : FV (préparé mais pas gravé)

    Inscriptions non photographiées : Pierre NOLO, CHAMEN, JANBO, BIAN, M.A.N., OA...IF, TRI

  • Légende du plan gravé en élévation des bâtiments de la Charité, 1646

    Légende du plan gravé en élévation des bâtiments de la Charité, de 1646 : Archives municipales de Lyon, B 417

    A-Court Commune

    B-Court des Femmes

    C-Bucher et Charbonnier

    D-Court des Orphelins

    E-Court Commune

    F-Court du Cimetière

    G-Cimetière

    H-Court des Moulins

    I-Moulins à Soye

    K-Court de la Cuisine

    L-Greniers a Blez

    M-Court des hômes et garçôs

    N-La Buanderie

    O-Les Fours

    P-Charpentiers et Maçons

    Q-Tailleurs Cordonniers tisserans

    R-Court des Nourrices

    S-Court des Renfermez

    T-Court des Infirmes

    V-Jardin des Chirurgiens

    X-Bucher

    2- Orphelins, et Orphelines au dessus

    3- Bureau et archives

    4- Les Vieilles femmes, et Vefues au dessus

    5- Logement du Chirurgien

    6- Les Vieillars, et Petits enfans au dessus

    7- Cuisines, et Petites filles au dessus

    8- les Nourrices, et Petites filles au dessus

  • Légende du plan de Polinière, 1853

    Légende du plan de Polinière, 1853 : Archives municipales de Lyon, 2 NP 683

    1.Entrée de l´établissement par la rue de la Charité

    2.Loge et cabinet du concierge et des frères de la porte

    3.Local cédé au Bureau de bienfaisance

    4.Escalier conduisant à la salle de clinique d´accouchements de l´Ecole de médecine

    5.Logement du chirurgien-major

    6.Escalier conduisant chez M. le premier aumônier

    7.Logement de l´économe

    8.Voie charretière

    9.Escalier conduisant aux galeries du premier étage

    10.Salle des enfants varioleux

    11.Magasin loué

    12.Garde-meuble

    13.Dépôt des matelas

    14.Cave

    15.Dépendances du premier réfectoire

    16.Escalier conduisant aux galeries du premier étage

    17.Premier réfectoire

    18.Réfectoire de la communauté

    19.Cabinet de la soeur de garde à la barrière d´entrée

    20.Vinaigre et distribution du vin

    21.Vinaigre et distribution du vin

    22.Cabinet de l´administrateur et du chirurgien de garde

    23.Cabinets de l´économe

    24.Cabinets de l´économe

    25.Bureau des employés de l´économat

    26.Passage et courant d´air

    27.Salle du Conseil général d´administration

    28.Archives de la Charité

    29.Bureau pour le placement des enfants, la comptabilité, l´inspection et la tutelle

    30.Bureau pour l´accouchement, l´admission, la recherche et la reddition des enfants aux parents

    31.Salle des nourrices expectantes

    32.Salle du tour

    33.Cabinets, souillarde et dépendances de la crèche

    34.Cabinets, souillarde et dépendances de la crèche

    35.Eglise de la Charité et chapelles

    36.Sacristie

    37.Magasin loué

    38.Hôtel de Provence et des Ambassadeurs, dépendances de l´hôtel

    39.Bâtiment projeté pour l´achèvement de l´édifice

    40.Boulangerie et ses dépendances, souillarde (les divers bâtiments compris sous ce numéro, ainsi que plusieurs dépendances de l´hôtel de Provence doivent être démolis pour l´exécution du projet)

    41.Deuxième réfectoire

    42.Escalier principal, conduisant à tous les étages de l´hospice

    43.Escalier du logement de MM. les Aumôniers

    44.Cave

    45.Paneterie

    46.Taillerie et lingerie

    47.Magasin général

    48.Grand réfectoire des vieillards

    49.Passage ouvert et courant d´air

    50.Escalier de service

    51.Cuisine

    52.Corridor entre la cuisine et ses dépendances

    53.Dépense et boucherie

    54.Magasins loués par l´hôtel de Provence

    55.Maison appartenant aux Hospices et mise en location

    56.Bains pour le service des malades et de la communauté

    57.Buanderie

    58.Lavoir

    59.Cabinet des chaudières et de la machine à vapeur

    60.Chapelle des vieillards

    61.Sacristie de la chapelle

    62.Réfectoire des incurables

    63.Emplacement du calorifère pour le séchoir à air chaud

    64.Entrepôt des poêles et cabinet des hommes de peine ou journaliers

    65.Pharmacie et ses dépendances

    66.Escalier de service

    67.Magasin et bûcher

    68.Dépôt des morts et salle d´autopsies cadavériques

    69.Voie charretière

    70.Dortoir des frères

    71.Magasin

    72.Magasin

    73.Voie charretière et concierge du côté du quai du Rhône

    74.Magasin des charbons

    75.Magasin des charbons

    76.Voie charretière

    77.Escalier conduisant à la salle des vieillards

    78.Cabinet des hydro-extracteurs

    79.Magasins loués

    Au premier étage

    AB. Salle Saint-Ferdinand

    EF. Salle Sainte-Amélie

    MN. Salle Sainte-Marie

    OP. Salle Saint-Philippe

    XY. Salle Sainte-Adélaïde

    QR. Salle Saint-Isidore

    ZA´. Salle Saint-Pierre

    Salle des varioleux (au rez-de-chaussée)

    14 et 15. Salle des mères qui allaitent des enfants atteints de maladies chirurgicales (à l´entresol)

    CD. Salle de la clinique d´accouchements

    8. Salle du travail de l´enfantement (clinique)

    IJ. Salle Sainte-Pélagie, filles en couches

    GH. Salle annexe de la salle Sainte-Pélagie

    Salle Sainte-Thérèse ou des filles enceintes (au second étage, au-dessus de la salle Sainte-Pélagie)

    Deux salles du travail de l´enfantement, au dessus du numéro 1 et de la galerie A´

    KL. Salle de la crèche

    ST. Premier dortoir des soeurs. Les autres dortoirs sont au second étage.

    D´E´. Salle des hommes incurables

    B´C´F´. Salle des femmes incurables

    G´H´. Infirmerie des frères

    L´infirmerie des soeurs est au second étage, au-dessus de la salle Sainte-Amélie

    I´K´. Salle des vieillards infirmes ou caducs

    L´M´. Infirmerie des vieillards

    N´O´. Infirmerie des vieilles

    P´Q´. Salle des vieilles infirmes valides

    T´U´. Dortoir des vieillards valides

    R´S´. Dortoir des vieilles valides

    Les deux ouvroirs où se tiennent pendant le jour les vieillards valides (hommes et femmes), sont au second étage, au-dessus des dortoirs

  • Légende du plan du rez-de-chaussée, s.d. 2 NP 679

    Légende du plan du rez-de-chaussée, s.d. : Archives municipales de Lyon, 2 NP 679

    1-Bureaux et locaux de l´économat

    2-Porte-pôt

    3-Réfectoire et dépendances

    4-Salle Sainte-Thérèse et dépendances (16 lits)

    5-Compteur à gaz

    6-2ème infirmerie et dépendances ; femmes en couches

    7-Salle de cours

    8-Conciergerie

    9-Réception des malades

    10-Clinique obstétricale et dépendances (25 lits)

    11-Chauffage de la 1ère Crêche

    12-Matelasserie

    13-Fonds baptismaux

    14-Sacristie

    15-Petites archives

    16-Conciergerie

    17-Sacristie du linge

    18-Bureau des enfants assistés

    19-Archives

    20-Salle du Conseil

    21-Vestibule

    22-Service des enfants assistés et dépendances (46 lits et 6 berceaux)

    23-Vestibules

    24-Entrepôts et ateliers divers

    25-Magasins de comestibles

    26-Manteau de Saint-Martin

    27-Vestibule

    28-Ecole des novices

    29-Poste des hommes de peine

    30-Entrepôt des échelles

    31-Cuisine et dépendances

    32-Boucherie

    33-Ecole professionnelle d´élèves infirmières

    34-Réfectoire des vieillards et du personnel laïque

    35-Panetterie

    36-Dortoir d´hospitalières (8 lits)

    37-Lits de fondations ; hommes (10 lits)

    38-Réfectoire des internes

    39-Réfectoire des médecins

    40-Réfectoire des pharmaciens

    41-Vestibule

    42-Laboratoire du pharmacien et dépendances

    43-Magasin général

    44-Pharmacie et dépendances

    45-Dépôt des morts

    46-Consultations gratuites

    47-Entrepôt de matériaux

    48-Lits de fondations ; femmes (10 lits)

    49-Dortoir d´hospitaliers (6 lits)

    50-Angines et dépendances (18 lits)

    51-Atelier de l´électricien

    52-Entrepôts divers

    53-Remise des voitures

    54-Bûcher

    55- Conciergerie

    56-Fumoir et atelier des vieillards

    57-Bascule

    58-Salles des diphtériques et dépendances (56 lits)

    59-Compteur à eau

    60-Charbonnier

    61-Sainte-Madeleine consultations et dépendances

    62-Chauffage de la maternité

    63-Charbonnier

    64-Lavoir

    65-Lingerie, repassage et dépendances

    66-Triage du linge sale

    67-Chauffage de la maternité

    68-Radiographie et dépendances

    69-Machines puits et pompes

    70-Générateurs

    71-Etuves à désinfection

    72-Service des bains

    73-Ecole du brevet

    74-Serrurerie

    75-Menuiserie

    76-Entrepôt de charbon

  • Légende de plan du premier étage, s.d. 2 NP 688

    Légende de plan du premier étage, s.d. : Archives municipales de Lyon, 2 NP 688

    1-Ecole pratique des novices

    2-Dortoir d´hospitalières (2 lits)

    3-Anciens dortoirs d´hospitalières

    4-Noviciat et dépendances

    5-Entrepôt du magasin de comestibles

    6-Tribune de la chapelle

    7-Chambre du sacristain

    8-Appartements de M.M. les aumôniers

    9-Infirmerie des soeurs et dépendances (37 lits)

    10-Dortoir des reposantes hospitalières (8 lits)

    11-Dortoir d´hospitalières (8 lits)

    12-Dortoir d´hospitalières (78 lits)

    13-Salle de vieillards, hommes, et dépendances

    14-Salle de vieillards, femmes, et dépendances

    15-Salle de rechange

    16-Infirmerie des femmes (42 lits)

    17-Bibliothèque des internes

    18-Chambres des internes (6)

    19-Lits de fondations, hommes (25 lits)

    20-Salle Sainte-Amélie et dépendances (45 lits)

    21-Salles d´opérations et dépendances

    22-Salle Saint-Pierre (37 lits)

    23-Salle Sainte-Madeleine et dépendances (24 lits)

    24-Infirmerie des hospitaliers (3lits)

    25-Infirmerie des vieillards ; hommes et dépendances (18 lits)

    26-Salle Sainte-Jeanne et dépendances ; nourrices (29 lits et 4 berceaux)

    27-Salle Saint-Augustin (45 lits)

    28-Salle d´opérations et dépendances

    29-Salle Sainte-Renée et dépendances (35 lits)

    30-Clinique obstétricale ; accouchées (25 lits et 25 berceaux)

    31-1ère Crêche (28 berceaux)

    32-Clinique obstéricale ; accouchées (20 lits et 20 berceaux)

    33-Salle Sainte-Thérèse et dépendances (16 lits)

    34-Réservoirs d´eau non potable

  • Légende de plan du deuxième étage et du troisième étage, s.d. 2 NP 689

    Légende de plan du deuxième étage et du troisième étage, s.d. : Archives municipales de Lyon, 2 NP 689

    Deuxième étage :

    1-Appartement de M. l´Econome

    2-Clocher

    3-Débarras

    4-Dortoir d´hospitalières (42 lits)

    5-Dortoir des élèves sages-femmes et lavabos (26 lits)

    5bis- Réfectoire des élèves sages-femmes

    6-Maternité et dépendances (76 lits et 36 berceaux)

    7-Infirmerie de la maternité (30 lits et 6 berceaux)

    8-Dortoir d´hospitalières (2 lits)

    9-Dortoir de stagiaires (6 lits)

    10-Entrepôt des lits

    11-Dortoir d´hospitalières (32 lits)

    12-Scarlatines et dépendances (39 lits)

    13-Chambres des internes (7)

    14-Couloir clos

    15-Dortoir d´hospitalières (30 lits)

    16-Salle Sainte-Madeleine et dépendances (20 lits)

    17-Salle Sainte-Marguerite ; enfants blessés et nourrices (32 lits et 8 berceaux)

    18-Lits de fondations ; femmes (53 lits)

    19-Rougeoles (58 lits)

    20-Crêche Saint-Ferdinand (12 berceaux)

    21-Salle Saint-Ferdinand ; laboratoire et dépendances (35 lits)

    22-Dortoir d´hospitalières (20 lits)

    23-Salle Sainte-Aline et dépendances (29 lits)

    24-Nourrices sédentaires (11 lits et 11 berceaux)

    25-Laboratoire de la clinique obstétricale

    26-Dortoir d´hospitalières (34 lits)

    27-Dépôt de vêtements et meubles de vieillards décédés

    28-Greniers

    29-Dortoir d´hospitalières (28 lits)

    Troisième étage :

    30-Dortoir d´hospitalières (5 lits)

    31-Vestiaire des vieillards

    32-Grenier

    33-Réservoir d´eau potable

  • Compte-rendu de la visite faite à l´Hôpital de la Charité par M. Guernier, ministre des Postes et télégraphes

    Compte-rendu de la visite faite à l´Hôpital de la Charité par M. Guernier, ministre des Postes et télégraphes, le samedi 19 septembre 1931. AC Lyon, 1 LP 1027

    M. le Préfet ayant informé l´Administration que M. Guernier, Ministre des Postes et télégraphes, à l´occasion de sa venue à Lyon pour visiter l´Exposition de T.S.F et de radio-diffusion, se rendrait à la Charité aux frais d´examen d´un projet de construction d´un nouvel Hôtel des Postes sur l´emplacement de cet hôpital.

    M. le Président Delore, suppléant M. le Président Brizon, absent de Lyon, et M. l´Administrateur Carle, Directeur de l´hôpital de la Charité, reçurent le samedi 19 septembre, à 9h30, M. le Ministre, accompagné de M.M. Herriot, maire de Lyon, Valette, Préfet du Rhône, Meysson, architecte de la Ville, et de M.M. les architectes et ingénieurs des P.T.T.

    Conduit dans le cabinet de M. Carle, les salles du Conseil et des archives étant indisponibles en raison du concours de l´internat, M. le Ministre, après avoir pris connaissance du plan de la Charité, expose que, pour la construction de l´Hôtel des Postes projeté, il utiliserait l´emplacement total de l´établissement hospitalier. En conséquence, il demande :

    1) La vérification de l´état des fondations ;

    2) Le délai de livraison de l´emplacement ;

    3) L´établissement du prix du terrain ;

    4) Le droit de la construction projetée.

    M. le Président Herriot estime en premier lieu qu´il conviendrait de s´entendre avec l´archevêché au sujet de la chapelle de la Charité. Il invite donc M. le Président Delore à avoir à cette intention un entretien avec l´Archevêque pour lui demander s´il ne voit aucun inconvénient à la démolition de cette chapelle ou si, au contraire, il en désire la conservation et l´utilisation à la charge de l´autorité ecclésiastique.

    M. le Maire fait ensuite remarquer que l´hôpital militaire Desgenettes, contigu à la Charité, est dans un état de délabrement dangereux pour la sécurité des militaires qui y sont hospitalisés,et qu´il constituera, à côté de l´Hôtel des Postes, une anomalie d´autant plus sérieuse que le centre universitaire et l´école de santé militaire sont transférés à Grangeblanche.

    M. le Maire, après avoir estimé à 3 ans environ la terminaison de l´hôpital de Grangeblanche, l´évocation de la charité et la remise de l´emplacement, retrace en quelques mots les faits relatifs à la construction du nouvel hôpital et à la désaffectation de l´Hôtel-dieu. La Ville construisait Grangeblanche et remettait l´établissement terminé aux Hospices, qui, en retour cédaient à la Ville, l´Hôtel-Dieu et son emplacement. La construction de Grangeblanche a déjà absorbé 180 millions. Si l´on désaffecte la Charité pour construire l´Hôtel des Postes, les Hospices conservent alors l´Hôtel-dieu et la Ville perd tout le profit de la vaste opération immobilière à réaliser sur l´emplacement qui devait lui être livré. La nouvelle opération est donc onéreuse pour la Ville ; toutefois, si l´intérêt général l´exige véritablement, elle consentira ce sacrifice ; mais, en tout cas, il ne semble pas qu´on puisse envisager une cession pure et simple des terrains de la Charité : il y aura lieu de tenir compte des installations et de l´organisation de l´établissement hospitalier.

    M.M. Delore et Carle font à leur tour ressortir la valeur de cette organisation qui ne comprend pas seulement 700 lits de malades, mais encore un nombreux personnel médical et hospitalier ainsi que des écoles professionnelles d´infirmeries et d´accoucheuses. Ils demandent que la question soit étudiée par les commissions hospitalières de Grangeblanche, des Finances et du contentieux.

    M. le Ministre déclare qu´il a l´intention de doter la Ville de Lyon d´un Hôtel des Postes muni de tous les perfectionnements modernes, et estime que pareil établissement vaut bien quelques sacrifices. En conséquence, il préférerait, quant à lui, qu´on lui livrât l´emplacement nu, ne se souciant pas beaucoup des bâtiments actuels qu´il croit ne pas devoir avoir une grande valeur.

    Sur sa demande, M. Meysson, architecte de la Ville, estime que la construction du nouvel Hôtel des Postes coûterait 21 millions. Cette estimation ayant paru insuffisante, M. Herriot croit pouvoir situer le coût de cette construction entre 30 et 40 millions. La contribution de la Ville, au dire du Ministre, serait de 25%.

    Pour terminer M. Herriot fait observer que si le nouveau projet était adopté et la désaffectation de la Charité réalisée, il n´en faudrait pas moins prévoir la disparition de certaines parties défectueuses de l´Hôtel-Dieu.

    Quant aux salles de la Charité, classées comme monuments historiques, (salle des archives, salle du Conseil et Pharmacie) dont la valeur est considérable, la question serait examinée avec toute l´attention qu´elle comporte.

    A 11 heures, M. le Ministre quittait la Charité.

    Le Président de la Commission exécutive. E. Delore

  • Quelques aspects du musée des Hospices civils de Lyon par Marcel Colly, s.d. [1936 ?]

    Quelques aspects du musée des Hospices civils de Lyon par Marcel Colly, article manuscrit. AC Lyon, fonds des Hospices civils de Lyon, s.d. [1936 ?], 1 UP 22.

    (...) De belles salles provenant de l´ancien hôpital de la Charité démoli en 1934 ont été reconstituées au Musée. C´est d´abord la salle du Conseil où les recteurs tenaient autrefois leurs séances, qui s´orne de boiseries Louis XV peintes couleur faux bois. Les panneaux décorés de moulures et d´enroulements en rocailles rehaussés de coquilles, s´étendent entre huit fenêtres à petits carreaux qui empiètent sur le plafond par des ébrasements arrondis. Une cheminée en marbre gris bleu, due au ciseau d´Antoine-Michel Perrache, complète l´ensemble.

    Le visiteur pénètre ensuite dans la salle des Archives, approximativement de même époque, 1741-42, mais plus riche, offrant la somptuosité de ses boiseries en chêne couleur feuille morte finement sculptées et ajourées. De forme carrée, éclairée par deux grandes fenêtres à petits carreaux, la salle est composée de vingt-trois hautes armoires sculptées de coquilles et volutes et surmontées de tympans ornés alternativement de pélicans et de bouquets de chicorée.

    On est charmé par la délicatesse des motifs sculptés, l´élégance des rinceaux, la finesse d´exécution des ferrures, les admirables proportions de l´ensemble. Cette salle qui constitue l´un des monuments d´ornementation les plus remarquables du XVIIIe siècle à Lyon, est citée comme la plus belle salle d´archives de France. Le maître-menuisier Louis Caminet et le serrurier Charles Vial ont accompli là, sous la direction du recteur François Deschamps, une oeuvre remarquable.

    Cette pièce, joyau du musée, ne contient que quelques vitrines où sont présentées des manuscrits et autographes, des lettres patentes portant les signatures des rois de France de François Ier à Louis XVI et de leurs ministres, des bulles de papes.

    Le cabinet de pharmacie

    Aussi riche, aussi précieux que la salle des Archives, classé comme elle parmi les Monuments historiques, le Cabinet de Pharmacie de la Charité, ou Apothicairerie, est de facture plus ancienne, fin Louis XIII. Ses boiseries à galeries de couleur sombre, remarquablement patinées, se présentent sous la forme d´un triptyque.

    La partie centrale des boiseries se compose de quarante petites loggias disposées de part et d´autre d´un pilastre médian. Elles sont limitées par d´élégantes colonnettes torses surmontées d´arcs plein cintre supportant les rayonnages. Chacune de ces loggias est garnie d´une chevrette ou d´un pilulier en faïence du XVIIIe siècle. Vitrines et tiroirs à plantes ornées d´inscriptions garnissent les corps latéraux. Une statue en bois de Galien, datée de 1780, prend place dans une grande niche, dominée par un mascaron au faciès grimaçant, de facture remarquable, qui exprime sans doute la douleur.

    Quatre scènes à personnages, finement sculptées, ornent les sommets du meuble. Dans l´angle de gauche, un chirurgien-barbier arrachant une dent. Il a jeté son chapeau sur une chaise et, debout, davier [ ?] en avant, s´apprête à opérer une jeune lingère (reconnaissable à la paire de ciseaux pendant à sa ceinture) qui, tête en arrière, ouvre la bouche. Sur une étagère, des buires [ ?] et des crânes. Au-dessous, bien en vue, un plat à barbe.

    A l´angle opposé de la boiserie, scène à un personnage : il s´agit d´un apothicaire faisant une démonstration. La main droite levée pour attirer l´attention, il brandit de la main gauche étendue et bout d´une pince une vipère vivante, qu´il va laisser tomber dans le chaudron monté sur pieds où il répare sa thériaque. L´apothicaire a revêtu sous son gilet une longue blouse à plis multiples serrée à la taille.

    A même hauteur, mais sur le cintre des faces latérales, et se faisant pendant, deux autres personnages : l´un à gauche, nu-pieds au milieu de vipères furieuses, est vêtu d´une sorte de toge aux plis harmonieux laissant à découvert sa jambe droite. Il porte sur la tête une corbeille évasée en vannerie, débordante de fleurs et feuillages. En face, un sauvage au torse nu, les reins ceints d´un pagne, muni d´un arc et d´un carquois, porte une corbeille semblable, garnie à l´excès de fruits, pommes, poires, nèfles, raisins. A ses pieds un crapaud se traîne dans l´herbe.

    Ces quatre motifs célèbrent l´art de l´apothicaire et du barbier, les vertus des plantes médicinales classiques et des produits exotiques.

    Il en est un autre, assez curieux, à l´extrémité de la face de droite, le porteur d´oeufs. C´est un enfant jouant du pipeau. Les anses d´un panier sur lequel est écrite en relief l´inscription : « marchan de oeufs » sont passées à son avant-bras gauche. Devant lui, un arbre, au pied duquel picore une poule, tandis qu´une autre est perchée sur la maîtresse branche. Sur la face de gauche, la place manquant, l´artiste n´a sculpté que deux vases à panse arrondie ornée de godrons, portant des fleurs.

    Cinq guirlandes ou chutes de fleurs, feuillages et fruits, sculptés en haut-relief tout le long des pilastres et encoignures, étalent leur magnificence. Elles sont issues de curieux mascarons, tous différents. De gauche à droite, tête d´homme à moustaches, nez proéminent, chef couvert de feuillage ; tête ronde de femme aux joues larges, front et yeux voilés par la décoration ; tête d´homme au nez camus, oreilles décollées taillées en pointe, le chef couvert de feuilles de vigne ; visage ovale de femme, traits contractés, yeux fermés ; enfin tête de femme sereine aux traits fins, encadrée de lourdes nattes pendantes.

    Toutes ces guirlandes ou chutes de feuillage sont de petites merveilles. Elles valent d´être examinées en détail et de près. C´est une découverte à faire pour chaque visiteur. On y trouve entremêlées, des feuilles de toutes sortes, entières, dentées, digitées, entourant roses, marguerites ou giroflées en fleurs et en boutons, reproduites avec une charmante délicatesse ; des pavots, des glands avec des feuilles de chêne et la fine feuille de la vigne recouvrant la grappe gonflée de suc ; puis des noix dans leur coque entr´ouvertes, des noisettes, des cerises tentantes, des poires et des pommes, des amandes et des nèfles. Enfin, grimpant à l´assaut de ces richesses, voici le petit peuple des animaux bien connus qui hantent nos jardins : orvets aux plis sinueux, lézards, salamandres, campagnols ... Les uns rampent et s´insinuent entre les feuilles ; les autres s´y accrochent de leurs pattes fines, frétillent un instant et disparaissent. L´escargot lui-même, le premier parti peut-être, le dernier arrivé sûrement, se traîne aux feuilles inférieures.

    On ne louera jamais assez le charme et l´originalité de ces sculptures. C´est de l´art le plus pur, puisé aux sources fraîches de la nature et de la vie.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon. E1593. Construction d´un nouveau beffroi : Contrat de travail passé entre les recteurs et administrateurs de la Charité et les deux maîtres charpentiers, 1755.

  • AC Lyon. HA 492. JOURNOUD, PORTE, BELLEMAIN. Projet de transformation du quartier de la Charité. 1891.

  • AC Lyon. 1 L 36. Conseil municipal, séance du 26 juillet 1909. 26 juillet 1909.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lettre manuscrite du Préfet du Rhône à M. Le Président du Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon.14 mai 1921.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Commission de désaffectation de l'hôpital de la Charité. 23 mai 1921.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Dossier désaffectation de l'hôpital de la Charité, commission intérieure, rapport de M. Lepine.18 juillet 1921.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lyon Républicain La désaffectation de l'hôpital de la Charité. 13 juillet 1922.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Réunion du Conseil des Hospices civils, commission générale. 15 décembre 1922.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon. 10 janvier 1923.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lettre manuscrite de M. Herriot, maire de Lyon, au Conseil des Hospices. 5 juin 1930.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Commission spéciale de Grange-Blanche. 17 juillet 1930.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. DELORE, E. Compte-rendu de la visite faite à l'hôpital de la Charité par M. Guernier, ministre des postes et télégraphe. 19 septembre 1931.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lettre manuscrite de M. Maurin, archevêque de Lyon, à M. Brizon, président de la commission des Hospices. 24 octobre 1931.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Conseil général d'Administration des Hospices civils de Lyon. 5 décembre 1931.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon. 6 avril 1932.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lettre manuscrite de M. Herriot, maire de Lyon au Président du Conseil des Hospices civils. 6 avril 1932.

  • AC Lyon. 1 L 35. CHAGNY, André. La Vie lyonnaise : La Charité, ses origines historiques, ses richesses d'art. 10 novembre 1932.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal. 23 janvier 1933.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Lettre manuscrite de M. Le Président du Conseil des Hospices civils à M. Herriot, maire de Lyon. 18 mars 1933.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon. 21 mars 1934.

  • AC Lyon. 1 L 35. Le Crocodile, bulletin de l'internat de Lyon, numéro consacré à la Charité. Mars-avril 1934.

  • AC Lyon. 1 L 35. Le Crocodile dossier supplémentaire, bulletin de l'internat de Lyon, numéro consacré à la Charité. Mars-avril 1934.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon. 11 avril 1934.

  • AC Lyon. 1 LP 1028. Lettre manuscrite de l'ingénieur en chef de la Ville à M. Le Président des Hospices civils.15 décembre 1934.

  • AC Lyon. 1 LP 1028. Conseil général d'administration des Hospices civils de Lyon. 26 décembre 1934.

  • AC Lyon. 1 LP 1027. Commission paritaire pour l'échange de l'hôpital de Grange-Blanche contre l'hôpital de la Charité et des parties de l'hôtel-Dieu. 31 décembre 1934.

  • AC Lyon. 1 LP 1028. Lettre manuscrite du Conseil général d'administration des Hospices civils à M. Croze, archiviste des Hospices. 11 janvier 1935.

  • AC Lyon. 1L36. DELAVAL, J. Extrait du bulletin de la Société Académique d' Architecture de Lyon. Le clocher de la Charité. Mars 1935.

  • AC Lyon. 1 L 36. LACASSAGNE. Autour du clocher de la Charité : plaidoyer de M. Lacassagne. 7 juin 1935.

  • AC Lyon. 1 L 36. Lettre manuscrite de Ch. Guillemain à M. Le Président des Hospices civils. 10 juin 1935.

  • AC Lyon. 1 L 36. BENJAMIN, René. Sauvera-t-on le clocher de la Charité ? 14 juin 1935.

  • AC Lyon. 1L36. Lettres manuscrites du docteur Jean Lacassagne à M. Herriot maire de Lyon. Juin 1935.

  • AC Lyon. 1 L 36. La Chronique médicale. Septembre 1935.

  • AC Lyon. 1 LP 1028. Lettre manuscrite de M. le Président du Conseil des Hospices civils à M. Mortamet, architecte. 2 décembre 1935.

  • AC Lyon. 1 LP 1028. Devis Louis Payet, verrier d'art. 1935.

  • AC Lyon. 1 LP 1029. DELORME, BERGER. Conditions de la cession par la Ville aux Hospices de l'hôpital de Grange-Blanche. 21, 23 et 28 décembre 1937.

  • AC Lyon. 1 L 35. COLLY, Marcel. Notes manuscrites. s.d.

  • AC Lyon. HA 411. STEYERT, A. De la date véritable de la fondation de l'hospice de la Charité. s.d.

  • AC Lyon. 1 L 36. Le clocher de la Charité. Visite de la Commission municipale. s.d.

Documents figurés
  • Plan de Simon Maupin de 1625 : détail hôpital de la Charité. [CL. Inv. J.M. Refflé 77.69.177.X]

  • Vue en perspective des bâtiments de la Charité de 1646. 40 x 58 cm. (AML B417).

  • Plan général des bâtiments et cours. S.d. (AML 2NP669).

  • [Hôtel-Dieu et Charité : plans des propriétés des hôpitaux et des propriétés étrangères aux hôpitaux sur le quai de l'Hôpital et le quai de la Charité]. 1833. Ech : 0,001 m.p.m. (AML 2 N P 1055)

  • Plan des bâtiments et des cours. Polinière, 1853. Ech 1/5800e. (AML 2NP673).

  • Projet de transformation quartier de Bellecour, section Charité. JOURNOUD, PORTE, BELLEMAIN, 1891. Calque. (AML 2NP957).

  • Plan avec indication des surfaces. Guizard, 1891. Ech 1/500e. (AML 2NP678).

  • Plan. S.d. Calque. (AML 2NP676).

  • Plan du rez-de-chaussée. S.d. Ech 1/500e. (AML 2NP679).

  • Plan du premier étage. S.d. Ech 1/500e. (AML 2NP688).

  • Plan du deuxième étage. S.d. Ech 1/500e. (AML 2NP689).

  • Plan du bâtiment de la porte d'entrée. POLLET, 1826. Ech 1/172e (AML 2OP682).

  • Projet d'aménagement du clocher de 1935. Ech 1/50e. (AML 2OP692).

  • Plan en élévation du profil du grenier à sel. DEVOUGNY, 1740. (AML B421).

  • Plan en élévation d'un corps de logis pour le receveur du grenier à sel. DEVOUGNY. 1740. Ech 1/100e. (AML B422).

  • Elévation d'une façade latérale sur cour. POLLET, 1826. Ech 1/100e (AML 2OP683).

  • Elévation de la partie à construire pour l'achèvement de la façade sur le quai. CHRISTOT, 12 mars 1834. (AML 2OP680).

  • Elévation de la façade côté Rhône. S.d. Ech 1/171e (AML 2NP668).

  • Elévation de la façade côté place de la Charité S.d. (AML 2NP674).

  • Elévation d'une colonne flanquant la porte côté place de la Charité. S.d. Ech 1/13e (AML 2OP684).

  • Elévation d'une charpente. S.d. (AML 2OP686).

  • Plan en élévation d'une partie de bâtiment. S.d. (AML 2OP688).

  • Projet de réparation du clocher de 1837. Ech 1/20e. (AML 2OP691).

  • Elévation du clocher. S.d. [1er quart du XXe siècle] (AML 2OP690).

  • Gravure de 1816, au second plan l'hôpital de la Charité. Israel, gravure.

  • Vue de situation de l'hôpital de la Charité prise de la tour de Fourvière. Lévy et Neurdein, s.d. (BM fonds cartes postales B01CP6900_0000263)

  • Façade de l'hôpital Desgenettes, ancien bicêtre de la Charité. Jules Sylvestre, vers 1910, photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_SA 15/20)

  • Place et église de la Charité, clocher. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1022)

  • Place Bellecour, église de la Charité. Vers 1906, carte postale (AML 4FI_1023)

  • Eglise de la Charité et son clocher. Vers 1905, carte postale (AML 4FI_1025)

  • Eglise de la Charité et son clocher. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1028)

  • Façade de l'église de la Charité. Jules Sylvestre, vers 1900, photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_SA 16/17)

  • Façade de l'église de la Charité. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 282)

  • Porte d'entrée de la chapelle. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1030)

  • Porte d'entrée. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1031)

  • Entrée principale. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1036)

  • Cour Saint-Honoré. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1037)

  • Cour d'entrée et ses galeries. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1038)

  • Cour Saint-Vincent-de-Paul. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1039)

  • Intérieur de l'église de la Charité. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1033)

  • Intérieur de l'église de la Charité, nef centrale. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1035)

  • Salle des archives. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_1041)

  • Salle d'opération, service du Dr Molin. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3519)

  • Salle Sainte-Madeleine, service du Dr Albertin. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3522)

  • Salle du conseil. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3524)

  • Crèche, service du Dr Chatin. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3526)

  • Le réfectoire des hospitalières. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3527)

  • Salle Sainte-Thérèse, service du Professeur Villard. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3528)

  • Clinique obstétricale, service du Professeur Commandeur. Vers 1910, carte postale (AML 4FI_3533)

  • Salle des archives, détail de la voûte et des boiseries. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 182)

  • Salle des archives, détail du pilier central et des éléments de décor. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre S 2648)

  • Salle des archives, lambris de hauteur, détail du tympan. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre S 2655)

  • Salle des archives, détail du pilier central. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre S 2656)

  • Salle des archives, détail de l'angelot. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre S 2647)

  • Salle des archives, détail de Notre-Dame-des-Grâces. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre S 2654)

  • Apothicairerie. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 181)

  • Vue d'ensemble, démolition, 1934. (AML 2PH/31 numéro 1 à 15).

  • Clocher vu de la place Bellecour. Jules Sylvestre, 23 mai 1936, photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 993)

  • Restauration du clocher de la Charité. Jules Sylvestre, 1936, photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 992)

  • Restauration du clocher de la Charité. Jules Sylvestre, s.d., photographie (BM fonds Jules Sylvestre P0546_S 981)

  • Clocher et place Antonin-Poncet. Combier, s.d. (BM fonds cartes postales B01CP6900_000540)

  • Clocher et place Antonin-Poncet, vue du quai. A. Goutagny, s.d. (BM fonds cartes postales B01CP6900_000539)

  • Reproduction des vitraux à l'hôtel-Dieu. Vincent Serge, 27 novembre 2008, photographie (BM, fonds Vincent Serge P0744_LOT005_I000106)

Bibliographie
  • BEGHAIN, Patrice, BENOIT, Bruno, CORNELOUP, Gérard et al. Dictionnaire historique de Lyon. Lyon : éditions Stephane Bachès, 2009. 1504 p., ill.

    p. 271 à 273 et 823
  • BIDEAU, Daniel, MURE, André, et al. Les lieux disparus de Lyon. Lyon : Editions lyonnaises d'art et d'histoire, 1993. 143 p. : ill.; 23 cm.

    p. 13 à 45
  • BOUCHET, Alain, MORNEX, René, GIMENEZ, Danielle. Les Hospices civils de Lyon : histoire de leurs hôpitaux. Lyon : Ed. lyonnaises d'art et d'histoire, 2002. 208 p : ill ; 30 cm

    p. 49 à 73
  • CABAL, Michel. Hôpitaux, corps et âmes. Paris : Rempart, 2001. 165 p., ill., 35 cm.

  • CHARVET, Léon. Etienne Martellange, 1569-1641. Lyon : Glairon-Mondet, 1874. 236 p., ill., 28 cm.

  • CHARVET, E.-L. G. Histoire et description de l'hospice de la Charité à Lyon. Paris, Editions Plon et Nourrit, 1877.

  • CROZE, Auguste. Les richesses d'art et souvenirs historiques des hospices civils de Lyon. Lyon : impr. Audin et Cie, 1929. 146 p. : ill.; 24 cm.

  • CROZE, Auguste, COLLY, Marcel, TRILLAT, Paul, et al. Histoire de l'hôpital de la Charité de Lyon. Lyon : impr. Audin et Cie, 1934. 442 p. : ill.; 26 cm.

    p. 23-78
  • DAGIER, Etienne. Histoire des deux hôpitaux civils de Lyon, de 1829 à 1840. Lyon : Imprimerie de M. P. Rusand, 1839.

  • KLEINCLAUSZ, A. Histoire de Lyon de 1595 à 1814. Marseille : Laffite reprints, 1978. 433 p. : ill.

    p. 181 à 193
  • MARTIN, J.-B. Histoire des églises et chapelles de Lyon. Lyon : H. Lardanchet, éditeur, 1909. 497 p. : ill.

    p. 109 à 118
  • MONTFALCON, Jean-Baptiste. Histoire monumentale de la ville de Lyon. Paris : Firmin Didot, 1866. 8 vol., ill., 35 cm.

    Tome 3 et 5
  • POLINIERE (baron de). Considérations sur la salubrité de l'Hôtel-Dieu et de l'hospice de la Charité de Lyon. Lyon : Editions L. Perrin, 1853. 232 p. : ill.

    p. 117 à 209
  • ROLLE, F., STEYERT, A. Inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790, Ville de Lyon, la Charité ou Aumône générale. Lyon, 1874-1908. 5 volumes.

    volume 1 et 3
  • STRASBERG, André. Regards sur le patrimoine hospitalier : apothicairerie, chapelles et mobilier. Arles : Actes Sud, 2003. 222 p., ill., 24 cm.

Périodiques
  • BORDET, Julie. Hôpital de la Charité : De l'Aumône à la Charité. La Ficelle, n°41, 2012, p. 10-12

  • BOUCHET, Alain. Histoire des Hôpitaux lyonnais. Mémoire de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, t. 5, 2005, p. 97-112

  • HENRY, Paul. L'histoire de la Charité de Lyon. Comité Centre Presqu'Ile, t. 19, 1993-1994, p. 27-29

  • MATHIAN, Nathalie. Le patrimoine officiel de la Presqu'île. Comité Centre Presqu'Ile, t. 22, 1996-1997, p. 26-28

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