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Forge Arestan, actuellement Forge Arétan

Dossier IA74001042 inclus dans Paysage du bassin-versant du Fier réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées forge, barrage, bief
Dénominations forge
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Faverges
Hydrographies Ruisseau de Montmin le), Lac d'Annecy
Adresse Commune : Faverges
Lieu-dit : Vesonne
Adresse : 201 chemin de la Forge
Cadastre : 0A 4 1, 427, 424, 428, 429

Plusieurs martinets ruraux à fer du mandement de Faverges sont en activité depuis le Moyen-Age, à Versonne. L´ancienne forge a même donné son nom à un lieu dit. Face à Giez, Le bourg de Vesonne qui borde le nant de Montmin, héberge en 1688 Jean-François feu Nicolas Grandjean ferrier d´Avillars. Certains pensent qu´il est retraité de l´abbaye de Tamié car à cette époque Vesonne, outre ses moulins, dispose de la papeterie Gurral mentionnée en 1635 et encore en activité en 1695. M. le baron de Villette propriétaire des moulins de Versonne va acenser à partir de 1771 une forge, en ce lieu, à Jean-Philibert feu Barthélémy Neyret de Giez puis en 1774 et 1777 à François fils de Joseph Pricaz de Bellecombe en Bauges et aux frères Terrier de Lathuile. Dès 1795, Nicolas feu Jean-Pierre Arestan dénommé serrurier et taillandier de la commune de Faverges, développe l´artifice en y joignant une maison et un moulin. Dans un recensement de 1831, la famille Arestan porte le titre de maréchal et de forgeron, puis de forgeron en 1861. C´est à partir de cette décennie qu´il y a une scission des activités sur le site, puisque l´ancienne forge se tourne exclusivement vers la mouture du blé alors que le clan projette de construire une nouvelle forge en aval. C´est donc par une pétition du 29 avril 1863 que M. Arétan Jean-Pierre a demandé l´autorisation de prendre, au moyen d´un canal de dérivation, et sans construire un barrage, les eaux déjà dérivées du torrent de Montmin pour faire mouvoir un martinet qu´il projette. Par arrêté préfectoral du 2 août 1864, le Sieur Jean-Pierre feu Jean-François maréchal ferrant est autorisé à établir un martinet sur une dérivation du ruisseau de Montmin au hameau de Versonne section du Levant dans la commune de Faverges. Le niveau légal de la retenue est donc porté à 2 mètres 60. Le canal alimentant l´usine est construit sur le canal de fuite de l´usine appartenant à M. Etienne Arétan (ou Arestan). Cette prise d´eau est alimentée par un barrage commun qui a été conçu pour faire mouvoir les roues du moulin. A l´origine un bassin de retenue devait constituer un réservoir suffisant mais le débit du ruisseau est jugé suffisant et un simple canal de dérivation garantit un rendement suffisant à la roue qui met en mouvement l´usine. Messieurs Arétan Etienne et Sigad Charles accordent leur consentement au passage du canal de dérivation sur leurs propriétés.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1635, daté par source
1730
1864

Le torrent de Montmin prend sa source dans la montagne de la Tournette à quatre kilomètres environ, en amont du village de Montmin, et va se jeter dans la rivière de l´Eau morte à un kilomètre et demi en aval du hameau de Vesonne. Avant d´arriver à la confluence, ce torrent est grossi par plusieurs affluents. Ce site situé en rive droite du ruisseau est précédé par la scierie Demaison bordant le route de Vesonne et en aval, le moulin est complété par un autre artifice : l´ancienne forge Arétan (ou Arestan). La dérivation alimentant le moulin se trouve sous le pont qui enjambe le ruisseau au pied de la Scierie Demaison et directement alimenté par le canal de fuite de cette dernière. Cette dérivation comporte un seuil réalisé en pierre de taille avec vannage qui conduit sur une longueur de plus de 220 mètres, les eaux du torrent dans un bief longeant la rive droite du ruisseau de Montmin. Après un long détour au moulin Arétan où le bief se sépare en deux canaux pour faire mouvoir la roue à auget du moulin, le bief descend côté rive droite pour entrer dans la propriété de la Forge. De là, la dérivation s´appuie sur un aqueduc en pierre de taille prolongé suivant un axe nord-sud par un canal aérien en métal, qui actionne la roue métallique à augets d´un diamètre de deux mètres. L´axe métallique de la roue s´appuie sur la façade postérieure de l´usine et sur un muret du canal de fuite formant par la même occasion une digue de défense en cas de crue du ruisseau de Montmin. De plan carré, le bâtiment est contiguë au chemin de la Forge, de plan carré, il se compose d´une succession de trois édifices accolés les uns aux autres d´une longueur de 24 mètres. Adossé au mur pignon nord-est, un préau protege une petite cour intérieure qui ménage une entrée dans le vaisseau principal du bâtiment. Les différentes baies permettent un éclairage de la forge où le four, le marteau pilon Bouhey fabriqué à Paris et les rouages des mécanismes distribuent l´espace. Une extension en appentis prolonge dans la partie sud, ce premier vaisseau, au centre de ce petit espace, une pierre tournante permettait d´affuter les couteux et autres pinces produits dans la forge. De l´extérieur, le site reste facilement identifiable, si côté route, la façade de l´usine reste plutôt austère avec peu d´ouvertures et des murs entièrement maçonnés, côté rivière, le bâtiment laisse entrevoir toutes les transmissions hydrauliques. Composé d´un sous-sol et d´un rez-de-chaussée, le bâtiment reste surmonté par un étage avec piliers en pierres et murs en palissade de bois. Cette remise est éclairée par trois larges baies alors qu´à l´étage en dessous, cinq baies assurent l´éclairage de l´atelier et permettent de contrôler la vitesse de la roue. Protégé par un toit à quatre pans, des ouvertures plus larges restent ménagées pour pouvoir entreposer du matériel au dernier étage.

Murs pierre
bois
ciment
Toit tuile plate mécanique
Plans plan régulier
Étages 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à deux pans
demi-croupe
Énergies énergie hydraulique
Jardins bois de jardin, bosquet
États conservations remanié

Au regard du PLU de Faverges, ce site se trouve en zone Uh qui concerne l'urbanisation des centre de hameaux et accompagnement du centre bourg. Avec les vestiges du four à chaux, la scierie Demaison, le moulin Arétan et la forge Arétan, les trois artifices du hameau de Vesonne constituent un ensemble remarquable assez bien préservé qui mériterait d'être plus documentés au vu d'une inscription ou d'un classement de l'ensemble du site. De par son caractère historique et architectural, ces trois ensembles sont représentatifs du patrimoine artisanal savoyard et devraient être inscrits à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Savoie : 6 S 77. Prise d´eau sur le ruisseau le Nant de Montmin pour servir au fonctionnement d´un battoir à blé et d´une scierie près du hameau du Villard de MM. Lachenal Charles et Gaigollet Georges. 1862.

  • AD Haute-Savoie : 6 S 77 Etablissement d´un canal de dérivation le long du torrent de Vesonne, ruisseau de Montmin, pour faire mouvoir un martinet au lieu dit les Steppes 1863.

  • AD Haute Savoie : 6 S 77, Etablissement d'un canal de dérivation le long du torrent de Montmin, hameau de Vesonne, pour faire mouvoir un martinet au lieu dit les Steppes d'aval par M. Arétan Jean-Pierre. 1863

Documents figurés
  • Cadastre 2011, Conseil général de la Haute-Savoie/ Direction des Affaires Culturelles/ SIG/ BDORTHO® - BDCARTO® - © IGN - copie et reproduction interditesPlan

    CAH Haute-Savoie
Bibliographie
  • ABRY Christian, DEVOS Roger, RAULIN Henri, CUISENIER Jean, Les sources régionales de la Savoie : une approche ethnologique : alimentation, habitat, élevage. Paris : Edition Fayard, 1979, 661 p.

  • BROJEAN Joseph, La Savoie agricole, industrielle et manufacturière. Chambéry: Imprimerie A. Pouchet et Cie, 1863, 172 p.

  • CHAIZE, Les maîtres de forge en Bauges. dans L'Histoire en Savoie, n°129. Chambéry : SSHA, 1998.

  • Garioud N, Histoire et archéologie des mines de fer et des installations métallurgiques du massif des Bauges, Antiquité - milieu XIXe siècle. Grenoble : Université Pierre Mendès-France, 1997.

  • PAJANI Bernard, Faverges et ses environs : un moment de son histoire, 1906, un aspect de sa vie par les cartes postales. Faverges : Pajani, 1982, 166 p.

  • QUELLET Marie-Jeanne, Les formes du terrain et l´hydrographie dans le couloir de Faverges. Lyon : Mémoire de maîtrise, Université Lyon 3, 1975, 126 f.

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