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Fonderie et martinet de la chartreuse d'Aillon dit "Martinet dessus" puis moulin à farine scierie et martinet Miguet actuellement vestiges

Dossier IA73002859 inclus dans Paysage du bassin-versant du Chéran réalisé en 2013

Fiche

Dénominations fonderie, martinet, moulin à farine, scierie
Aire d'étude et canton Pays de Savoie - Châtelard (Le)
Hydrographies Nant d'Aillon ; bassin-versant du Chéran
Adresse Commune : Aillon-le-Jeune
Lieu-dit : Le martinet
Adresse :
Cadastre : 2009 A 678

Le site est probablement fondé à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle par les moines de la Chartreuse d’Aillon. Il était désigné sous le nom de « martinet dessus ». Il est visible sur la mappe sarde de 1728. A cette date il comporte un martinet (parcelle 2613), une charbonnière (parcelle 2612) et un fourneau 2614). Le minerai provenant de Saint-Georges-d’Hurtières est amené à dos de mulet par le col du Frêne. En 1730, les moines acquièrent le site du « martinet dessous » situé à Aillon-le-Vieux (IA73002849). Ils exploitent les deux sites jusqu’à la Révolution. Confisqué par l’État, l’exploitation du site est confiée dans un premier temps à Jean Baptiste Nicoud. Par la suite, il est acensé, de même que les fabriques des religieux de Tamié (commune Seytenex) et que les établissements de Bellevaux, à Pierre Antoine Marguet, Luc Nicolas Guillermin et Jacques Baile, pour la somme de deux cent mille francs. Le projet de ces trois associés est d’alimenter en fer la manufacture d’armes d’Annecy. Au début du XIXe siècle le site du « martinet dessous » ne semble plus en activité mais celui du « martinet dessus » l’est toujours. Une coulée a lieu en 1803. A partir des années 1805-1806, le site est dirigé par Pierre Antoine Marguet seul qui emploie 12 ouvriers. Dans les années 1820, le site est exploité par Claude François Regaud qui emploie 6 ouvriers. A priori, la dernière coulée du « martinet dessus » a lieu en 1832. En 1838, le site emploie encore 3 ouvriers. Dans les années 1840, l’activité métallurgique d’Aillon cesse définitivement. Le 5 avril 1866, Jean-Baptiste Miguet et ses fils Julien et Joseph obtiennent l'autorisation de maintenir en activité les artifices qu'ils possèdent sur le Nant d'Aillon au « martinet-dessus ». Le site comporte alors une scierie, un moulin à trois paires de meules actionnées par trois turbettes et un martinet. Le procès verbal du 25 octobre 1869, nous apprend que le site est conforme aux conditions fixées par le règlement. Le site du « martinet dessus » apparaît sur le premier cadastre français de 1878. Il appartient au meunier Joseph Miguet. Au début des années 1940, le site du « martinet dessus » n'est plus en activité. A la demande du maire d'Aillon-le-Jeune un nouveau déversoir est réalisé à coté du barrage d'origine car le mauvais état de celui-ci est susceptible de provoquer des dégâts en aval. En 1955, la question de la destruction de l'ancien barrage se pose. Après enquête, celui-ci est finalement maintenu. A cette date, le site appartient à MM.Trepier frères, propriétaires agricoles. De nombreux vestiges sont toujours visibles à l'emplacement du site.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle , (?)
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1730, daté par source
1792, daté par source
1866, daté par source

Le site est implanté le long de la route, en rive gauche du cours d'eau. On y accède par une passerelle. A la Révolution, le site comporte une charbonnière, deux martinets, un haut-fourneau. D’après un rapport d’ingénieur de 1955 concernant le barrage "La construction primitive est trés ancienne, la date 1815 y est gravée, mais doit correspondre à une simple réfection, ses maçonneries en pierres de taille avec redans extérieurs et radiers sont encore dans l'ensemble en bon état". Construit en pierre de taille, le barrage faisait 13 mètres de long et 5,60 mètres de large. Le canal de dérivation était en partie en terre, en partie en maçonnerie et en partie en planche. Un pertuis en maçonnerie composé de deux aqueducs était établi à l'origine de la dérivation. Une vanne permettait de diriger l'eau soit dans un bassin pour alimenter le moulin et le martinet soit dans une dérivation en charpente qui allait jusqu'à la scierie. Actuellement, le barrage n'est plus visible. A l'emplacement du site, de nombreux vestiges sont toujours présents. Plusieurs élévations de murs de pierre laissent deviner l'emprise des bâtiments parallèles au cours d'eau et l'emplacement de la roue verticale. Certains murs comportent des traces de ciment. Par ailleurs, une meule présente sur place témoigne de l'activité du site. Le site disposait d'un bassin de réserve d'eau. Son emplacement est toujours visible.

Murs pierre
ciment
Couvrements
Énergies énergie hydraulique
États conservations vestiges

Le site du « martinet dessus » se trouve dans le PNR des Bauges, le long de la combe qui va de la Correrie au chef-lieu d’Aillon-le-Jeune. Il est trés facile d'accès. Il formait avec le "martinet dessous" (Aillon-le-Vieux, IA73002849) un grand établissement métallurgique dont la qualité de production était très reconnue. En 1775, des clous d'Aillon sont utilisés pour la réfection du château de Chambéry. Dans les Bauges, il existait deux sites de fonderie : celui d'Aillon et celui d’École (voir IA73002794). Actuellement, de nombreux vestiges sont toujours visibles à l'emplacement du site.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection parc naturel régional

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, 43F279, Archives de l'ancien diocèse et de l'archidiocèse de Chambéry, Titres et documents provenant de la Chartreuse d'Aillon, Chartreuse d'Aillon (biens) : état de ses biens vers 1770 ; la terre de Labras dans le Dauphiné, carte, acensements, procès ; acensements de la chartreuse et reçus divers (1550-1792), 1477-1792.

    AD Savoie : 43F279
  • FR.AD073, C1883, Cadastre de 1728, Aillon, 159, Vue 3, 1732.

  • FR.AD073 sous-série 81S6, Service hydraulique. Aillon-le-Jeune, scierie Miguet, 1861-1870.

  • FR.AD073, 3P 7003, Premier cadastre français, Aillon-le-Jeune, Section A, feuille 5, 1878.

  • FR.AD073, 3P 7004, Cadastre rénové, Aillon-le-Jeune, Section A, feuille 5, 1970.

  • FR.AD073 sous-série J1706, Inventaire des moulins de Savoie. Association des amis des moulins savoyards. Nicole Gotteland, Louis Crabières, commune Aillon-le-Jeune, 1999.

Bibliographie
  • N.Garioud, Histoire et archéologie des mines de fer et des installations métallurgiques du massif des Bauges (Antiquité-milieu XIXe siècle), mémoire de maîtrise d'histoire de l'art et archéologie, Grenoble, 1997.

  • Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Les maîtres de forges en Bauges, n°129, mars 1998.

  • F.Gex, La clouterie en Bauges, Revue de géographie alpine, vol.21, 1933.

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