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Église paroissiale Saint-Jean

Dossier IA42001377 inclus dans Prieuré Saint-Jean réalisé en 2006
Genrede bénédictins
VocablesSaint-Jean
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonMontbrison - Montbrison
AdresseCommune : Bard
Cadastre : 1809 C 157 ; 1986 C 45

La création du village est due à des moines bénédictins qui y fondent un prieuré : le « Locus de Bar » mentionné par les textes en 1218 [Chartes du Forez, n° 310, p. 1]. C´était un prieuré forézien renommé, dépendant de l´abbaye de Manglieu en Auvergne. Possession du Comte de Forez, Guy V, celui-ci donne par testament en 1239, le domaine de Bard et son église à la seigneurie d´Ecotay toute proche. Il semble que le prieuré fut détruit durant la guerre de Cent Ans L´église fut-elle comprise dans cette reconstruction à la fin du 14e siècle ? Il se peut que les murs de la nef et la travée sous clocher datent en partie de cette époque, ou bien lui soient antérieurs. Plus tard, vers 1500, on reconstruit les parties hautes de la nef, le choeur et semble-t-il les voûtes du rez-de-chaussée et de l´étage du clocher. L´accès primitif à l´église, très massif et étroit, en tiers point, est au nord du clocher. Un portail beaucoup plus large et orné a été ouvert côté ouest au début du 17e siècle. Deux chapelles latérales barlongues formant faux transept datent de la même époque ; celle située au nord est éclairée d´une baie du 19e siècle. Il faudra attendre le 17e siècle pour voir de nouvelles transformations ainsi que l´indiquent les inscriptions situées à deux endroits différents du clocher ; la première au rez-de-chaussée sur un contrefort nord : M C PETIT, 1611 ; la deuxième sur la porte d´accès à l´étage : MERP, 1618. Ces dates correspondent sans doute à une reconstruction du beffroi dont la charpente est de 1745. Retirée dans les monts du Forez, il semble que l´église n´eut pas trop à souffrir des évènements révolutionnaires. Au cours du 19e siècle, elle s´avère trop petite et en 1863, on prolonge les deux chapelles latérales par deux autres chapelles formant collatéraux et sans doute remanie-t-on la tourelle d´escalier conduisant au clocher qui devait se trouver à l´intérieur de l´église. La sacristie comportait un second étage où le conseil municipal se réunissait, en 1838, le service paroissial de la fabrique le réclame à son intention. En 1936, l´intérieur subit une réfection générale ; les murs en sont recouverts d´un enduit gris clair, les arcs et supports laissés en pierre de taille apparentes. La même année, la réfection de la couverture de l´église et du clocher par des tuiles plates pour l´église et par une dalle en ciment armé pour la toiture du clocher, ainsi que la restauration de la toiture en dalles taillées de la tourelle d´accès au clocher sont projetés par M. Gapiaud, architecte à Feurs. Le 01 mai 1938, le traité de gré à gré est passé avec M. Béal, entrepreneur à Montbrison. Le 19 novembre 1991, l´église est inscrite à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Une campagne récente de restauration menée par Jacques Porte, Architecte DPLG et Architecte des Bâtiments de France, s´est achevée en 2008

Période(s)Principale : 1er quart 13e siècle
Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : limite 20e siècle 21e siècle
Dates1611, porte la date, daté par source
1618
1791
1863
Auteur(s)Auteur : Jacques Porte architecte attribution par source
Auteur : Béal entrepreneur de maçonnerie attribution par source
Personnalité : Guy V comte de Forez donateur
Auteur : Gapiand architecte attribution par source

Le plan de l´église orientée de Bard se décompose de la façon suivante : un clocher en façade, de plan sensiblement carré, précède une nef encadrée de deux collatéraux plus étroits, tous trois comportant deux travées. Le choeur, surélevé d´un degré et de même largeur que la nef, se termine par un chevet à trois pans ; adossée au mur sud du choeur se trouve une sacristie plafonnée. Les piliers de la nef, rectangulaires et à angles abattus reçoivent en pénétrations les arcades légèrement brisées, arcs doubleaux et ogives prismatiques des voûtes avec clef, le tout formant un faisceau de nervures qui se perd dans les supports ; à l´ouest ces arcs reposent en pénétration sur des colonnes d´angle. De nombreux culots sont ornés de scènes et les clefs de voûtes portent un décor varié. Le choeur, sensiblement de la même hauteur de voûte que la nef, est couvert d´une voûte d´ogives à six quartiers retombant en pénétration sur des colonnettes engagées. Les trois baies du choeur et de la deuxième travée du bas-côté sud, en arc légèrement brisé, ont deux formes et un remplage flamboyant. La baie de la seconde travée du collatéral nord est plus étroite et également en arc légèrement brisé. Tous les murs en moellons équarris et en pierre de taille sont en granite d´anatexie du Forez avec quelques éléments en basalte. Les deux chapelles occidentales ont leurs arcs et voûtes d´ogives en plâtre, de même que les clefs de voûtes et les culs-de-lampe ornés de têtes humaines. Le massif clocher est cantonné de contreforts et percé d´une porte au sud, en arc brisé, et d´un portail à l´ouest à la modénature limitée : voussure d´archivolte mouluré en tore à listel encadrée de deux pilastres prolongés d´un pinacle ; un larmier surmonte l´entrée et relie les deux supports. Deux autres larmiers délimitent les trois niveaux du clocher, successivement en retrait. Le premier étage comporte sur trois faces une paire de gargouilles en remploi, le second abrite la chambre des cloches avec, sur chacune de ses faces deux baies géminées en arc brisé avec abat-son. Le clocher a l´essentiel de son parement en pierre de taille, seules ses élévations nord, sud et est du second niveau ont un mur en moellons équarris avec chaînes d´angles en pierre de taille. Un escalier en vis en pierre, de plan polygonal et adossé au parement extérieur de la première travée du bas-côté nord, a son ouverture ouvrant sur l´extérieur et un toit en pavillon de plan hexagonal coiffé de dalles de pierre. Il conduit au clocher par l´intermédiaire d´une porte haute accédant à un passage aménagé le long de son contrefort nord-est et menant à une porte aménagée dans le clocher au ras de la couverture de la nef. Les matériaux employés pour l´escalier sont la pierre de taille et le moellon équarri pour l´élévation est. Les collatéraux et le chevet comportent une succession de contreforts en pierre de taille, coiffés d´une couverture en pierre et en bâtière avec amortissement, et s´élevant jusqu´au faîte des murs soulignés d´une corniche en pierre à cavet. Un certain nombre de ces contreforts sont noyés dans la maçonnerie des espaces construits postérieurement. Les toitures, longs pans pour la nef, croupe polygonale pour le choeur, appentis pour la sacristie et pavillon pour le clocher, sont en tuiles creuses. Malgré les rajouts du 19e siècle, l´intérieur conserve toutes les caractéristiques esthétiques du gothique forézien : l´unité née de la continuité de la nef et du choeur de même niveau, et de l´égalité de hauteur approximative de la nef et des collatéraux ; un espace largement ouvert dû à une nef et un choeur larges et peu élancés.

Mursgranite
basalte
pierre de taille
maçonnerie
maçonnerie
Toittuile creuse, granite en couverture
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
fausse voûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
appentis
toit polygonal
toit en pavillon
toit à deux pans
croupe polygonale
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
États conservationsbon état
Techniquessculpture
sculpture
sculpture
sculpture
sculpture
sculpture
sculpture
vitrail
Précision représentations

clef de voûte : écu avec trois fleurs de lys et couronne de chêne et gland ; clef de voûte : deux losanges entrecroisés avec feuilles de chou aux extrémités ; clef de voûte : écu dans un quadrilobe avec quatre têtes d'hommes entre les arcs d'ogives ; lavabo avec arc en accolade, pinacles et feuilles de chou ; culot : deux personnages dont un homme tenant une barre ; culot : un homme de face tenant du blé et de la vigne ; remploi : quadrilobe avec quatre lapins en cercle réunis par les oreilles

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1991/11/19

Annexes

  • Extrait du conflit entre le prieur de Bard et les curés et marguilliers de la paroisse de Bard. 1785 (A Privées E. Meunier, Bard)

    Extrait du conflit entre le prieur de Bard et les curés et marguilliers de la paroisse de Bard - Mémoire pour ester en justice - 1785 (A Privées E. Meunier, Bard).

    "Les sieurs curé et marguillers en exercice de la paroisse de Bard, demandeurs, contre le sieur Gaspard Depingon chamarier, comte de Lyon, prieur de ladite paroisse de Bardc défendeur. En réponse aux écritures signifiées de la part de ce dernier le vingt-sixième janvier 1785. Pardevant nous Monsieur le Bailly de Forez [...]. Les dîmes dont l'origine étaient une libéralité de la part des fidèles pour subvenir à l'entretien du culte divin, ceux qui étaient principalement destinés à ce culte n'ayant aucuns biens, et il était juste que l'on leur fit un sort dont ils ne savaient point alors abuser, car après s'être contentés de leur nécessaire avec sobriété, ils distribuaient le surplus aux pauvres [...]. Les prêtres tenant en quelque façon les peuples enchaînés sont parvenus à convertir en redevance ce qui n'était que libéralité. Les dîmes sont bien dans cette nature [...]. La paroisse de Bard fait cette triste expérience, tant que ses habitants l'ont pu, ils ont fait les plus grands efforts pour décorer leur église sans s'adresser au prieur qui jouit de la dîme des fruits de cette paroisse et qui indépendamment a une directe assez considérable. Mais les impôts s´étant accrus et malgré un travail opiniâtre, à peine peuvent-ils se procurer des objets de première nécessité. Quoiqu'il en soit, une visite de la part des supérieurs ecclésiastiques dans leur église a détermine que différents objets devaient être fournis pour le service divin. Il y eut en conséquence une ordonnance du sieur archevêque de Lyon à la date du trente avril mil sept cent quatre vingt-cinq qui détermina les objets nécessaires. Plusieurs sont à la charge de la paroisse et d'autres à la charge du seigneur décimateur, tels par exemple les premier, second, troisième et quatrième de ladite ordonnance, ils constituent premièrement, d'après cette ordonnance, en la fourniture d'une boîte pour l'huile des infirmes, il y est [dit] également que la coupe du ciboire, le croissant de l'ostensoir et la coupe de la pyxide seront dorées intérieurement. Par le second article il est ordonné que le retable du maître autel sera consolidé et redoré partout où besoin sera, et les statues placées sur ledit retable seront réparées ou enlevées. En troisième lieu que le vitrage du coeur qui est à l'est sud sera garni de rideaux et la roue à sonnette placée dans ledit coeur sera enlevée [...]. Ces objets étaient sans doute très modiques, et l'on ne s'attendait pas que le sieur de Pingon, qui jouit d'un prieuré dans ladite paroisse dont les revenus sont considérables, qui est aussi décimateur dans cette paroisse, éleva des difficultés et ne s'empressa point d'acquitter ce devoir [...]"

  • Dépouillement des archives (AD Loire, AC Bard, AP Bard)

    Dépouillement des archives (AD Loire, AC Bard, AP Bard).

    Archives départementales de la Loire, série O : 858, commune de Bard

    - 31 octobre 1838 : "Le conseil municipal de votre commune tient ses séances dans un appartement qui, dit-on, est au-dessus de la sacristie et fait corps avec l'église. La fabrique réclame ce local pour le service paroissial".

    Archives départementales de la Loire, série 1111VT : 9, commune de Bard. Fiche de pré-inventaire, par Louis Bernard.

    Eglise de Bard : restaurée vers 1960, date du début du 16e siècle. St Jean-Baptiste, patron de l'église. Porte principale à l'ouest de 1611. La petite porte au nord est plus ancienne.

    Les voûtes du premier étage du clocher sont détruites. Pas d'escalier ancien : l'escalier (décalé) a été construit en même temps que la chapelle nord au 19e siècle.

    La chapelle sud à une belle grille en fer forgé

    Les inscriptions MC PETIT 1611 sont gravées à la base d'un contrefort du clocher.

    Clocher certainement du début du 16e siècle, de même que les fonts baptismaux (fleur de lys à la croisée d'ogive de leur voûte qui indiquent, dans le Forez, une aide matérielle des ducs de Bourbon, soit datant d'avant 1525).

    Une piscine gothique dans la chapelle sud.

    1611 : date de restauration, ou achèvement du clocher ou de la porte ouest.

    1840 : adjonction des chapelles pour la création de bas-côtés

    1978 : le vieux cimetière est déblayé et destructions des maisons situées côté nord de l'église.

    Archives communales de Bard. Registre des délibérations des conseils municipaux

    - 21 juin 1936 : M. le président expose au conseil que des réparations importantes devaient être effectuées à l'église, si l'on veut maintenir cet édifice en bon état de conservation : réfection d'une partie de la toiture du clocher, recouvrage à taille ouverte de l'église, rejointoiements extérieurs des murs, réfection des [?] du clocher etc. Par arrêté en date du 7 octobre 1935, M. le ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts a classé parmi les monuments historiques l'objet mobilier suivant : une cloche de bronze de l'an 1647.

    - 16 août 1936 : La couverture en tuiles de l'église est en ruine et les eaux de pluie atteignent la charpente et en compromettent la solidité. La toiture du clocher menace ruine également et risque de s'effondrer. La couverture en dalles de la tourelle d'accès au clocher est en mauvais état et doit être maçonnée.

    - 25 octobre 1936 : projet de réparation établi sur la demande antérieure de la commune, par M. Gapiand, architecte à Feurs (devis de 20 000 F). Réfection de la couverture de l'église et du clocher par une couverture en tuiles plates pour l'église et par une dalle en ciment armé pour la toiture du clocher, les réparations nécessaires à la charpente des combles, et restauration de la toiture en dalles taillées de la tourelle d'accès au clocher.

    - 15 août 1937 : plusieurs entrepreneurs régionaux sont susceptibles d'exécuter les travaux de réparation au clocher et à l'église de Bard, d'après le projet dressé le 7 octobre 1936 par M. Gapiand, architecte à Feurs. Considérant la hausse des matériaux et de la main d'oeuvre, la révision du projet en porte le devis à 28 000 F.

    - 1er mai 1938 : le conseil municipal approuve le traité de gré à gré entre le maire et M. Béal, entrepreneur à Montbrison, qui s'engage à exécuter les travaux de réfection de l'église de Bard.

    - 12 juin 1938 : au cours des travaux de réfection, il a été reconnu que les murs du clocher sont en médiocre état et, malgré la réfection des joints extérieurs, ne présentent pas une solidité suffisante pour qu'il soit prudent de les surcharger, ainsi que le prévoyait le projet, par une couverture formant dalle en ciment armé. On pourrait remplacer la couverture actuelle par une couverture identique (charpente en chêne et couverture en tuiles).

    - 23 février 1941 : M. le maire indique au conseil que le règlement des travaux n'est pas encore effectué, tous les travaux entrepris dans les conditions du devis et du cahier des charges n'ayant pas été exécutés.

    Archives paroissiales de la commune de Bard, registre de délibérations de la fabrique de la paroisse de Bard, 3 avril 1842-22 avril 1900. (1 cahier, papier, 22,4 cm).

    - 28 septembre 1848 : le cardinal de Bonald visite l'église

    - 3 avril 1853 : nécessité de crépir le clocher, réparations à l'église, au presbytère et chez les soeurs.

    - 12 avril 1863 : le surplus des recettes doit être employé à l'agrandissement de l'église, devenue trop petite.

    A la suite : les dépenses faites par la fabrique dans le courant de 1863 pour la prolongation des deux nefs collatérales : 2625,50 F, payées par la fabrique et par des dons : Jean-Baptiste Brunel, de Jambin, Gorand, prêtre, Menaide, supérieur de la maison de Saint-François-de-Salles à Vernaison. Les réparations ont commencé le 15 mai et ont été achevées le 20 novembre. Charrois de briques, tuiles, pierre de taille pour le dallage et la croisée, fourniture de bois et gore, par les habitants.

    - 28 août 1864 : reçu de la fabrique de l'église de Bard 80 F pour honoraires d'architecte relatifs à l'agrandissement de l'église, signé A. Favrot architecte.

  • BERNARD, Louis. Fiche de pré-inventaire 42 72 734. 1972.

    Archives Ministère des affaires culturelles. Inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France. Loire. Bard. Eglise. Réf. 42 72 734. Fiche de pré-inventaire. Edifices et monuments, BERNARD Louis, décembre 1972 (révisé 1975-1978) (A DRAC Rhône-Alpes).

    Époques de construction : clocher début 16e siècle, terminé en 1611. Nef, choeur et deux chapelles vers 1530-40. Deux chapelles ajoutées pour créer des bas-côtés et escalier du clocher : 1840.

    Historique : Il y avait à Bard, village de montagne au-dessus de Montbrison, un prieuré dépendant de l'abbaye de Manglieu en Auvergne. Le prieur nommait à la cure.

    On situerait sans problème l'église Saint-Jean-Baptiste de Bard dans la série des églises gothiques des Monts du Forez du premier tiers du 16e siècle, si un des contreforts du clocher ne portait à la base MC PETIT 1611. A mon avis cette date indique seulement une reprise et la terminaison des travaux du clocher : étage des baies et ornementation du portail ouest. Ce clocher construit en façade est la partie la plus ancienne de l'église, probablement vers 1500 avec la porte primitive au nord. D'ailleurs les fonts baptismaux construits dans le mur sud ne peuvent être postérieurs à 1525 car leur petite voûte intérieure en croisée d'ogives est timbrée d'une fleur de lys, ce qui indique traditionnellement en Forez le patronage et l'aide matérielle des ducs de Bourbon, comtes de Forez, dépossédés en 1525 par François Ier sous prétexte d'une "trahison" du duc connétable de Bourbon.

    En 1840, cette église à nef unique, avec deux chapelles nord et sud, a été transformée en église à bas-côtés par l'adjonction de deux autres chapelles. Ce travail d'agrandissement et la construction d'un escalier à vis ont été fait avec une adresse remarquable.

    Jusqu'en 1977, le cimetière désaffecté autour de l'église était resté en l'état. L'an passé il a été nivelé, agrandi par la destruction d'une maison au nord de l'église, et se présente maintenant comme un no man´s land galeux. On a cependant respecté la croix de 1550 mais en massacrant le banc de pierre qui l'entourait. Mars 1978, Louis Bernard.

    Description : L'église bâtie dans un site montagneux est dégagée seulement au nord. Elle était joliment entourée par l'ancien cimetière, qui vient d'être nivelé et agrandi. Il a perdu tout cachet, mais a conservé sa croix en granit de 1550.

    Le clocher de plan presque carré en bel appareil de granit est en façade ouest et constitue la première travée de l'église, voûtée en croisée d'ogives. La porte primitive, très massive et étroite, en tiers point, est au nord. Un portail beaucoup plus large et orné a été ouvert côté ouest au début 17e. Le 1er étage du clocher n'est pas voûté. L'étage des cloches, légèrement en retrait, est ajouré d'une haute baie double sur chaque face. Pas d'escalier ancien.

    A l'intérieur, dans le mur sud du clocher, gracieux fonts baptismaux gothiques début 16e encadrés pas une arcade brisée à choux frisés et des colonnes torses. L'intérieur est voûté d'une minuscule croisée d'ogives avec clef à fleur de lys. Les portes en bois ont été malheureusement supprimées il y a 15 ans lors d'une réfection complète de l'église.

    La nef de deux travées est un peu plus large que le clocher. La seconde travée est plus longue que la première. Elles sont voûtées en croisées d'ogives de section prismatique, sans chapiteau. Sur la deuxième travée s'ouvrent, au nord et au sud, deux chapelles 16e, voûtées de même mais avec des retombées sur culots dont plusieurs sont ornés de petits personnages. En 1840 on a construit fort habilement, à l'ouest de ces chapelles, deux autres chapelles, en les réunissant pour créer des bas-côtés. La chapelle sud 16e a une belle baie à meneau protégée extérieurement par une remarquable grille de fer forgé, et une piscine.

    Le choeur, aussi large que la nef, assez profond, se termine par une abside à trois pans, chacun étant percé d'une grande baie en tiers-point à meneau vertical. La voûte rayonnante est épaulée par les puissants contreforts du chevet, dont l'amortissement est garni de pinacles.

    Le toit de la nef, très plat, a été refait sans goût, en tuiles mécaniques. Mars 1978, L. Bernard.

    (plan chronologique joint).

  • PORTE, Jacques. Commune de Bard. Eglise Saint-Jean. Restauration extérieure. Dossier de consultation. Septembre 2003.

    PORTE, Jacques (architecte DPLG - ABF). Région Rhône-Alpes. Département de la Loire. Commune de Bard. Eglise Saint-Jean. Restauration extérieure. Dossier de consultation. Saint-Germain-Laprade, septembre 2003. Multigr, ill., plans.

    "[...] Si une restauration intérieure a été effectuée dans les années 60 (suppression du mobilier, pierres apparentes et enduit ciment) , l´édifice présente aujourd´hui diverses pathologies issues, pour certaines, d´interventions anciennes comme la suppression de la couverture du clocher ou des modifications du couvrement de la nef.

    [...] Le clocher présente une désorganisation importante de sa partie sommitale : dalle béton remplaçant la couverture, déplacement des claveaux des baies hautes, basculement du beffroi contre une des parois avec une cloche dans un équilibre instable, enduit ciment, paratonnerre obsolète. Les couvertures de la nef et du chevet sont très médiocres et n´assurent plus leur rôle. Tous les points singuliers de la couverture (rives, noues, faîtage) sont très dégradés. De plus les dispositions du couvrement de l´accès au clocher sont maladroites. La création d´une cour anglaise le long du gouttereau nord, dans un souci de lutte contre l´humidité, a eu pour conséquence de décompresser les fondations en les mettant à nu, et créer au contraire une rétention d´eau à cet endroit. L´épiderme général de l´édifice a subi plusieurs reprises au ciment, incompatibles avec la structure des murs anciens. Les raquettes de protection sont absentes des baies, le réseau d´évacuation des eaux de pluie est défaillant.

    - Projet :

    * Drain dans cour anglaise existante, remblaiement partiel.

    * Démolition de l´abri d´accès au clocher

    * Charpente bois avec conservation des poutres diagonales en béton et démolition dalle béton armé, couverture tuiles ‘canal´ artisanales

    * Création abat-son, imposte avec quadrilobe, grillage anti-volatiles

    * Compléments en pierre de pays des épis manquants sur bâtière des contreforts du chevet (3 unités).

    * Démolition de l´étage de la sacristie, et récupération, pour réemploi, des corniches et création d´une couverture neuve tuiles « canal »

    * Levage et restauration des cloches, et réparations du beffroi

    - Plans :

    * 1 Plan d´installation de chantier

    * 2 Plan / état projeté

    * 3 Façade nord / état projeté

    * 4 Façade occidentale / état actuel

    * 5 Façade sud / état actuel

    * 6 Façade sud / état projeté

    * 7 Façade orientale / état actuel

    * 8 Façade orientale / état projeté

    * 9 Coupe A-A / état projeté

    * 10 Clocher / coupe / plans / état projeté'.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série O : 858. Bard. 31 octobre 1838. Le conseil municipal tient ses séances dans un appartement situé au-dessus de la sacristie, que la fabrique réclame pour le service paroissial.

    AD Loire
  • AD Loire. Série 1111VT : 9 (Bard). BERNARD, Louis. Fiche de pré-inventaire de l'église de Bard.

  • A min. des affaires culturelles : Inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France / Loire / Bard / Eglise. Fiche de présentation de l'église de Bard, pour une proposition de protection, BERNARD Louis, mars 1978.

    DRAC Rhône-Alpes
  • A min. Culture : Recensement des monuments anciens de la France / Loire / Bard / Eglise paroissiale Saint-Jean. Avis de l'Architecte en chef des Monuments historiques, Didier Repellin, 15 octobre 1990. Historique et description, Anne Carcel, CAOA, 15 avril 1988 (A DRAC Rhône-Alpes).

    DRAC Rhône-Alpes
  • Archives Ministère des affaires culturelles. Inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France. Loire. Bard. Eglise. Réf. 42 72 734. Fiche de pré-inventaire. Edifices et monuments, BERNARD Louis, décembre 1972 (révisé 1975-1978) (A DRAC Rhône-Alpes).

    DRAC Rhône-Alpes
  • AC Bard. Registre des délibérations des conseils municipaux. Travaux à l'église de 1936 à 1941.

  • AP Bard. Conflit entre le sieur Gaspard Depingon chamarier, comte de Lyon, prieur de Bard et les sieurs curé et marguillers de la paroisse de Bard. Mémoire pour ester en justice. 1785. Multigr.

  • AP Bard. Registre de délibérations de la fabrique de la commune de Bard, 3 avril 1842-22 avril 1900. (1 cahier, papier, 22,4 cm).

Documents figurés
  • Eglise. Aspect sud en 1938. Grille ancienne / Louis Bernard (recenseur Monuments historiques). Photographie de 1938 (?) (AD Loire. Série 1111VT : 9, Fonds Louis Bernard).

  • Eglise. Aspect nord, le clocher n'est pas mitoyen de l'escalier (voir le plan) / Louis Bernard (recenseur Monuments historiques). Photographie de 1938 (?) (AD Loire. Série 1111VT : 9, Fonds Louis Bernard).

  • [Plan de l'] Eglise de Bard, échelle 1/100 / Louis Bernard (recenseur Monuments historiques). 1 dess. : plan chronologique à l'encre noire sur papier, parties coloréés (jaune, vert, rose, marron). 1975. (AD Loire. Série 1111VT : 9, Fonds Louis Bernard).

  • Eglise de Bard [Tourelle à encorbellement qui fait saillie dans la nef au-dessus de la porte du clocher. Une petite tête. Petite tribune. Dessins de culots : personnages, chien, lièvre] / Gras, Louis-Pierre. 1 dess. crayon sur papier. 3e quart 19e siècle (Bibl. Diana, Montbrison. Albums Gras n°3. Carnet 20x13 cm, non paginé).

    B Diana Montbrison
  • [Eglise de Bard, vue de l'escalier et de la porte nord] / 1 photogr. pos. : noir et blanc. 17 x 12,5 cm. Limite 19e siècle 20e siècle (Bibl. Diana, Montbrison. Fonds Brassart, cote 5080).

    B Diana Montbrison : 5080
  • 81. BARD (Loire) - Intérieur de l'église. Cliché Teissaire. Edition J. Rondel, tabac, Bard / 1 impr. photoméc. : carte postale (postée en 1916) (Coll. part. L. Tissier).

Bibliographie
  • Archives départementales du Rhône. Recueil des visites pastorales du diocèse de Lyon aux XVIIe et XVIIIe siècles, Tome I. Visites de 1613-1614. Lyon : aux Archives départementales, 1926

  • CARCEL, Anne. L'église Saint-Jean de Bard. S.d. [1988], pl. Multigr.

  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 34
  • GARDES, Gilbert (dir.). Grande encyclopédie du Forez et des communes de la Loire. T. 4. Montbrison et sa région. Le Coteau : Horvath, 1985

  • MERLE, abbé. Visite pastorale du Diocèse de Lyon par Jean de Talaru (1378-1379). Bulletin de la Diana, t. 26, n°3, 1937

  • PORTE, Jacques (architecte DPLG - ABF). Région Rhône-Alpes. Département de la Loire. Commune de Bard. Eglise Saint-Jean. Restauration extérieure. Dossier de consultation. Saint-Germain-Laprade, septembre 2003. Multigr, ill., pl.

  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 268, 269
  • VACHET, Adolphe (abbé). Les paroisses du diocèse de Lyon : archives et antiquités. Abbaye de Lérins ; Imprimerie M. Bernard,1899. 752 p. ; 27,5 cm.

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