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Église paroissiale Saint-Etienne

Dossier IA42001482 réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

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VocablesNotre-Dame, Saint-Etienne, l'Assomption, Invention des reliques de Saint-Etienne
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Essertines-en-Châtelneuf
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1809 H 109 ; 1986 H 158

L'église est mentionnée, sous le vocable de la Vierge, en 994 dans la liste des possessions de l'église métropolitaine de Lyon, puis de façon plus certaine au début du 13e siècle, dans le testament d'Albert de Thizy (charte du Forez 605, entre 1203 et1215). Le chapiteau à volutes et décor végétal remonté en bénitier dans la sacristie provient peut-être d'un premier édifice roman. L'église actuelle présente plusieurs campagnes de construction. Le massif occidental, clocher et chapelles appuyées contre la travée du clocher au nord et au sud, peuvent dater du 15e siècle. Les décors des culots à la retombée des ogives de la chapelle nord et du porche (côté sud), ainsi que le décor des chapiteaux des baies géminées ouest et sud du clocher semblent indiquer une même campagne de construction. La nef de deux travées, ses collatéraux et le choeur semblent avoir été construits lors d'une même campagne, dans la première moitié du 16e siècle. Le porche pourrait avoir été ajouté à la fin du 16e siècle : il porte à deux reprises la date 1598 (sur le jambage gauche de l'ouverture occidentale : inscription .1598.C.B dans un cartouche ; dates 1598 et 1645). La sacristie semble contemporaine de l'édification de la nef ou du poche (16e siècle ou début du 17e). Les extrémités orientales de collatéraux ont des clefs de voûtes aux armoiries de deux familles possessionnées dans la commune, celle de Saint-Paul, qui possède alors la Guillanche (branche éteinte au début du 17e siècle), au sud, et du Chevallard au nord. Les chapelles jouxtant le clocher semblent avoir été érigées pour les mêmes familles : on retrouve les armoiries de Saint-Paul sur l'enfeu de la chapelle sud (les autres écus sont bûchés). Le Forez pittoresque et monumental fait état d'importants travaux en 1848-1849 : c'est peut-être à cette époque que les murs des collatéraux et du choeur ont été exhaussés (le niveau d'origine est celui des chapelles occidentales). Ils sont couronnés par une corniche en dalles de granite chanfreinées posées sur des modillons. Les corniches du clocher, du porche et des chapelles latérales ne présentent pas de modillons. La façade sud et ses contreforts ont été repris en 1835, le clocher en 1925 et les piliers en 1928. La chapelle occidentale nord a été fermée et transformée en chaufferie au milieu du 20e siècle. Les abords de l'église ont été partiellement dégagés à partir du milieu du 19e siècle : l'aménagement d'une grande place devant l'église est en projet dès 1835 (les premières cartes postales montrent encore des dénivelés rachetés par des murs de soutènement, l'aplanissement du carrefour est postérieur), la façade sud est dégagée vers 1858.

Période(s)Principale : 1ère moitié 16e siècle
Dates1598, porte la date
1645

L'église est implantée sur un terrain en déclivité : le choeur est construit sur un haut soubassement aveugle afin de racheter la pente. Le plan est allongé sans transept débordant. L'espace de la nef de deux travées, flanquée de collatéraux plus étroits, est prolongé à l'est par un choeur d'une travée avec abside à trois pas, et à l'ouest par une travée supportant le clocher, précédée d'un porche et encadrée de chapelles dans le prolongement des collatéraux. Une sacristie voûtée en berceau a été aménagée entre le choeur et l'extrémité du collatéral sud. L'église a deux accès : une porte dans la première travée du collatéral sud, et un portail à l'ouest protégé par un porche en maçonnerie voûté d'ogives, et ouvert sur les côtés ouest et sud. L'église est construite en moellon de granite (avec quelques moellons de basalte), avec des parties en pierre de taille : contreforts, corniche en dalles chanfreinées, chaînes d'angle, presque la totalité du dernier étage du clocher. Les espaces intérieurs sont voûtés d'ogives, avec des clefs de voûte sculptées. Les ogives reposent sur des supports constitués de quatre colonnes et quatre colonnettes sur le fût desquelles se perdent les nervures prismatiques des ogives. Seules les colonnettes du choeur ont des chapiteaux à décor sculptés de frises de feuilles (différentes pour chaque chapiteau) et d'une tête coiffée d'un bonnet et encadrée de feuilles pour le chapiteau le plus au nord (Des. 02, n°10). Les culots supportant les nervures des chapelles occidentales et du porche sont également ornés (têtes humaines stylisées, n°11; prisme, feuille de chou ou feuille stylisée pour les autres). Plusieurs niches à décor sculpté, dont la fonction n'est pas toujours connue avec certitude, ornent les murs de l'église : une dans le mur sud de l'extrémité est du collatéral sud (chapelle de la Guillanche, étudiée ; n°12), une dans le mur nord de l'extrémité est du collatéral nord (chapelle du Chevallard, étudiée ; n°13), une dans le pan sud de l'abside (niche en accolade ; n°15). Un bénitier (décor de feuilles de chêne, fleurs) est sculpté dans le support nord du choeur (n°14). Les chapelles occidentales ont chacune un enfeu creusé dans leur mur ouest (arc à cavet au sud, à tore au nord, avec un écusson au sommet). Le clocher a trois niveaux, le dernier étant percé sur ses quatre faces de baies géminées en plein cintre, séparées par des colonnettes dont les chapiteaux sont ornés de têtes humaines stylisées (faces ouest et sud), ou de feuilles (face nord et est). Les toitures sont en tuiles canal, à longs pans (nef et collatéraux), croupe polygonale (abside), pavillon (clocher), croupe (porche).

Mursgranite
moellon
moyen appareil
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages3 vaisseaux
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
croupe polygonale
croupe
Techniquessculpture
Précision représentations

Décor des clefs de voûte : nef, travée 1 : un IHS (Des. 02, n°1) ; travée 2, un écusson à trois fleurs de lys, posé sur une fleur et encadré d'un hexagone formé par la réunion de volutes (n°2); choeur : un écusson avec un visage d'homme barbu, couronné de laurier et une fleur à la bouche ; l'écusson est encadré de deux phylactères, surmonté d'une tête d'homme barbu et entouré d'une couronne de feuilles et de fleurs (n°3). Collatéraux : travée 1, côté sud, un motif cruciforme dans un losange à faces concaves, dans une couronne tressée (n°4); côté nord, un motif illisible dans une couronne de feuilles (n°5). Travée 2, côté sud, un écusson armorié (parti : au 1, de Saint-Paul : d'azur aux trois pals d'argent au franc canton de sable chargé d´une croix pattée d´argent. La famille de Saint-Paul était seigneur de la Guillanche dès la fin du 14e ; elle disparaît au 17e siècle. Au 2 : d'argent ?) (n°6); côté nord : un écusson armorié (du Chevallard : losangé d'or et d´azur au chef de gueules) encadré de remplages et d'une couronne de feuilles ornée de huit roses (n°7). Chapelles : écussons bûchés (n°8). Porche : une croix (n°9).

Eglise homogène de style gothique forézien.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • L'église d'Essertines est, à l'origine, consacrée à la Vierge, puis à l'Assomption de la Vierge en 1662 (visite pastorale). Le vocable de Saint-Etienne s'impose peu comme vocable secondaire, puis principal au 19e siècle, à la suite de l'abandon de la chapelle Saint-Etienne, autrefois église paroissiale du bourg castral disparu. L'ordo de 1945 donne l'Invention des reliques de Saint-Etienne comme titulaire.

    L'abbé Epinat a établi dans sa revue paroissiale Le Pont (mai à octobre 1948) la chronologie des travaux réalisés par la fabrique au 19e siècle. L'accès au clocher, autrefois une simple échelle passant à travers les voûtes (Le Pont, décembre 1954. Notre église en 1686), puis un escalier en bois, a été établi dans son aspect actuel en 1857. Le dallage de l'église a été réparé en 1848, puis en 1873, date à laquelle est placé le carrelage du choeur (carreaux de ciment noirs et blancs). Le carrelage des chapelles du fond de l´église, alors fermées par des barrières en fonte (supprimées), a été refait en 1848. En 1849-4850 est réparé l'escalier de la grande porte, devant laquelle est placée une grille, commandée à Galland, maréchal à Montbrison, en 1868. La porte de la sacristie a été mise en place en 1862.

    Détails architecturaux:

    - enfeu de la chapelle sud-ouest : h = 152 ; la = 230 ; pr = 45.

    - enfeu de la chapelle nord-est : h = 152 ; la = 280 ; pr = 49. La fenêtre de cette chapelle, au nord, est désaxée et semble avoir été percée dans un second temps. Le mur est montre des traces d'ouverture permettant de passer directement dans le collatéral nord.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série O : 974. Essertines-en-Châtelneuf. 3 janvier 1835. Devis estimatif des travaux d'urgence à exécuter à l'église et au presbytère de la commune d'Essertines-en-Châtelneuf. Dressé par Trabucco, architecte du département.

  • AD Loire. Série O : 974. Essertines-en-Châtelneuf. 6 mai 1835. Lettre du maire au préfet. Transmission du certificat des travaux faits dans l'église et le presbytère de la commune d'Essertines... suivi de la réception par l'architecte du département M. Trabucco.

  • AC Essertines-en-Châtelneuf. Registre de délibérations du conseil municipal. 23 juillet 1843-4 décembre 1887. Délibération du 22 août 1852. Laurent Meunier offre de céder à la commune, moyennant 1875 F, l'emplacement de sa maison au bourg pour servir de dégagement à l'église. La dépense et votée.

  • AC Essertines-en-Châtelneuf. Registre de délibérations du conseil municipal. 23 juillet 1843-4 décembre 1887. Délibération du 7 février 1858. Laurent Meunier, sa femme et son fils ont fait promesse de vente à la commune d'un emplacement pour servir de dégagement à l'église et au presbytère et de jardin à l'école, pour 1300 F. Une souscription des habitants a donné 1380 F. Voté.

  • AC Essertines-en-Châtelneuf. Registre de délibérations du conseil municipal. 17 février 1888-13 décembre 1925. Délibération du 12 juillet 1925. Des réparations sont nécessaires au clocher de l'église. Les travaux auront lieu vers la 2e quinzaine d'août.

  • AC Essertines-en-Châtelneuf. Registre de délibérations du conseil municipal. 17 février 1888-13 décembre 1925. Délibération du 21 octobre 1928. Les piliers soutenant la voûte de l'église nécessitent une réparation urgente. Le curé propose d'en payer la moitié.

  • Bibl. Diana, Montbrison. Procès-verbal de la visite pastorale de Monseigneur Camille de Neuville, 1658-1662. Transcription réalisée par l'abbé Merle, milieu 20e siècle

Bibliographie
  • THIOLLIER, Félix. Le Forez pittoresque et monumental, histoire et description du département de la Loire et de ses confins, ouvrage illustré de 980 gravures ou eaux-fortes, publié sous les auspices de la Diana... Lyon : Imprimerie A. Waltener, 1889 (2 vol.)

    p. 277-279
  • Ordo divini officii recitandi sacrifique peragendi pro anno 1945 (...). Lyon : ex typis Emmanuelis Vitte, 1945

    p. 183
  • DUFOUR, J.-E. Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire. Mâcon : imprimerie Protat frères, 1946.

    col. 311
  • EPINAT, Joannès (abbé). Le Pont. Bulletin paroissial de la commune d'Essertines-en-Châtelneuf. Mai 1948. Rubrique Un peu d'histoire de chez nous : 'Notre église et ses curés'.

  • EPINAT, Joannès (abbé). Le Pont. Bulletin paroissial de la commune d'Essertines-en-Châtelneuf. Juin 1948. Rubrique Un peu d'histoire de chez nous : 'Notre église et ses curés'.

  • EPINAT, Joannès (abbé). Le Pont. Bulletin paroissial de la commune d'Essertines-en-Châtelneuf. Octobre 1948. Rubrique Un peu d'histoire de chez nous : 'Notre église et ses curés'.

  • EPINAT, Joannès (abbé). Le Pont. Bulletin paroissial de la commune d´Essertines-en-Châtelneuf. Décembre 1954. Rubrique Un peu d´histoire de chez nous : 'Notre église en 1686'.

  • PIPONNIER, Françoise. Le château d'Essertines (Loire). Lyon : Association lyonnaise pour la promotion de l'archéologie en Rhône-Alpes, 1993 (Documents d'archéologie en Rhône-Alpes ; 8)

    p. 20
  • GUIBAUD, Caroline, HARTMANN-NUSSBAUM, Simone, JOURDAN, Geneviève, MONNET, Thierry. Montbrison, un canton en Forez. Lyon : Editions Lieux Dits, 2008 (Images du patrimoine ; 251.)

    p. 90, 91
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline - Monnet Thierry