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École normale d'institutrices, puis institut de formation des maîtres, actuellement collège

Dossier IA69004500 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

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    Lyon 1er, Croix-Rousse, 80 boulevard de la Croix-Rousse

A - SYNTHESE HISTORIQUE

La loi Guizot du 28 juin 1833 généralise pour les hommes la mise en place d´écoles de formation d'instituteurs (« Tout département sera tenu d'entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins. » Article 11) ; l'ordonnance du 23 juin 1836 en étend le bénéfice aux femmes.

Victor Duruy porte en 1867 la scolarité des futurs enseignants à trois ans au lieu de deux. De plus, chaque commune de 500 habitants doit désormais compter une école de filles, ce qui doit entraîner la création de 8 000 écoles et démultiplier les besoins en personnel. L'Eglise ne peut former autant d'institutrices ; il s'agit d'une incitation supplémentaire à la formation d'enseignantes laïques.

Mais c'est la loi du 9 août 1879, dont Paul Bert, alors ministre de l'Instruction publique, est à l'initiative, qui institue définitivement un réseau départemental d'écoles normales afin de former des institutrices. Un délai de 4 ans est accordé aux Conseils généraux pour la généralisation de ces écoles. Il est prévu de construire entre sept et dix écoles normales de garçons et 70 de filles car « l'instruction primaire [...] est de première nécessité lorsque cette nation est un Etat démocratique, régi par le suffrage universel » (Narjoux, 1880, p. 2). Une volonté de laïcisation de l'enseignement féminin est en marche. La loi du 16 juin 1881, dont Jules Ferry est l´instigateur, instaure la gratuité de l'école publique. Dans la décennie 1880-1890, environ 64 écoles normales d´institutrices sont construites. Enfin, la loi du 19 juillet 1889 (loi Fallières, alors ministre de l´Instruction publique) fait des instituteurs et institutrices des fonctionnaires d'Etat et donne la personnalité civile aux écoles normales. Parallèlement, Gabriel Compayré développe le principe d´une pédagogie concrète, dont les écoles annexes sont les lieux d'application.

Dans le département du Rhône, dès 1832, anticipant la loi Guizot, l´école normale d'instituteurs est installée à Villefranche-sur-Saône, puis à Limas jusqu´en 1881. Depuis 1844, l'éducation des futures institutrices est déléguée à une congrégation enseignante, les soeurs de Saint-Joseph, installée rue des Chartreux à Lyon, dans le voisinage du « clos Champavert ».

En 1878, est entérinée la construction de deux écoles normales primaires à Lyon ; un décret du président de la République, Jules Grévy, en date du 24 novembre 1879, déclare d'utilité publique cette installation (AD Rhône, 1 N 136) et permet d'engager rapidement les opérations. L'Etat subventionne à hauteur de 200 000 francs les écoles normales lyonnaises, sur trois annuités (Arch. dép. Rhône, 1 N 136). Un concours pour les deux établissements est lancé le 7 juin 1880, les architectes pouvant déposer leur projet jusqu'au 1er novembre 1880 (Arch. dép. Rhône, 1 N 138).

Il est décidé d'édifier les deux écoles normales à peu de distance l'une de l'autre, dans le quartier de la Croix-Rousse, rattaché en 1852 à Lyon. Le déclassement des fortifications en 1865 y a libéré des terrains. De plus, ce choix d'implantation se porte sur une des « collines catholiques » de la ville qui était occupée sous l'Ancien Régime par de nombreux couvents et qui voit une « restauration religieuse » (J. Barre) dès les années 1810, autour des Chartreux. Il est également déterminé par la volonté de placer les écoles au sein d'un quartier ouvrier emblématique, ainsi que par des préoccupations hygiénistes, dans un lieu dominant la ville, exposé « aux circulations d´air ». Enfin, ces édifices publics permettent de monumentaliser le vaste boulevard de la Croix-Rousse, créé en 1866, et de marquer ce nouveau quartier de Lyon par d'importants édifices publics.

Dans un premier temps, il est envisagé d'attribuer à l´école normale d'institutrices les terrains du « clos Fayet » et un projet est commandé à l'architecte André Bellemain (Arch. dép. Rhône, 1 N 142), mais cet emplacement est finalement choisi pour la construction de l'école normale d'instituteurs et le « clos Champavert » pour celle d'institutrices. L'école d'instituteurs, nécessitant des espaces dévolus à l´agriculture, investit ainsi le terrain le plus vaste.

Outre le « clos Champavert » déjà en partie démantelé, sont achetées en 1879 les parcelles Pervilhac, Guérin et Gagnère (Arch. dép. Rhône, 1 N 135), mais non la propriété Duquaire située au sud, rue de la Tourette, acquisition qui aurait permis, comme le souhaitait l´architecte départemental Antonin Louvier, de créer un véritable jardin (Arch. dép. Rhône, 1 N 137).

Dès 1874, il avait été envisagé de dédoubler le lycée (actuel lycée Ampère) en créant un externat et un internat séparés sur le terrain du « clos Champavert », à la suite d'une proposition du régisseur d'immeubles Chausson, montrant les avantages de ce terrain alors estimé à 20 000 mètres carrés doté de 250 mètre de développement sur le nouveau boulevard et bénéficiant d´une bonne exposition au sud-ouest (Arch. mun. Lyon, 477 WP 009). Mais sans qu'aucune suite ne soit donnée à ce projet.

En 1825, le « clos Champavert » est considéré comme « entièrement déclos et ouvert » (Arch. mun. Lyon, 321 WP 006/1). Il est occupé par une demeure de plaisance, le « château de la Tourette », entourée d´un domaine semi-agricole. D'après E. Salomon, la propriété est mentionnée dès le 14e siècle. En 1591, elle est achetée par le seigneur de Rochebonne, transformée en 1602 en demeure fastueuse par Jacques Teste et entre par mariage dans la famille Mazuyer dans le premier tiers du 17e siècle, famille dont les armes figurent sur le portail encore existant. La propriété est acquise en 1793 par Champavert, dont le clos prend alors le nom, jusqu'à sa cession au Département en 1878.

Dès 1879, l´école normale d'institutrices est installée sur ce site puisqu'un rapport préfectoral, en date du 24 juin 1881, explique qu´elle « a été établie provisoirement dans un immeuble dépendant du clos Champavert situé Boulevard de la Croix-Rousse, 70 et rue de la Tourette 1, et acquis par le Département le 7 décembre 1878 devant le tribunal civil de Lyon » auprès des descendants et ayants droit Champavert (Arch. mun. Lyon, 922 WP 034-8). La rentrée est prévue en octobre 1879 (mais il semble qu´elle ne se soit faite qu´à l´automne 1880) et le mobilier est alors fourni par César Pompée, « auteur et propriétaire des types proposés » (Arch. dép. Rhône, 1 N 136).

L'emplacement occupé couvre plus de 8 000 mètres carrés, auxquels s´ajoutent près de 600 mètres carrés, en comprenant les terrains achetés à la Ville. Un échange est en effet effectué pour faciliter également une rectification de la voirie et de « permettre [ainsi] de donner aux constructions projetées l'aspect monumental qu´elles comportent » (15 avril 1881). La rue de la Tourette est élargie pour atteindre 12 mètres de large jusqu´au n°10 et l´angle aigu « disgracieux » formé avec le boulevard est remplacé par un pan coupé de 10 mètre. La délibération du conseil municipal du 24 juin 1881 adoptant le principe de cet échange (avec une partie achat) de terrain entre la Ville et le Département, ayant pour objet cette rectification grâce aux délaissés, est entérinée définitivement le 4 août 1882 (Arch. mun. Lyon, 454 WP 037). Après radiation d'une inscription hypothécaire, le Département dispose définitivement des terrains du clos en septembre 1883. La démolition du « château de la Tourette » intervient à partir de 1884 (Arch. dép. Rhône, 1 N 144 et 1 N 145).

Durant les travaux, le Conseil général loue pour quatre ans (1883-1887) un immeuble situé 9 montée des Génovéfains à Saint-Just dans les anciens bâtiments du pensionnat Guillard afin d'y transférer les futures enseignantes (Arch. dép. Rhône, 1 N 144 et 4 N 11).

Philibert, dit Philippe Geneste, est choisi définitivement en 1882 (Arch. dép. Rhône, 1 N 445) comme maître d'oeuvre de la construction de l'école normale d´institutrices, les architectes César Pompée et Jules Cumin ayant notamment également été en lice (Arch. dép. Rhône, 1 N 142 et 1 N 445). Geneste met à profit l´année 1882 pour visiter des établissements d'enseignement aussi bien à Paris que dans les grandes villes de province et soumet en avril 1883 à la commission départementale neuf plans et deux rapports indiquant la répartition des fonctions au sein des bâtiments, le projet définitif devant être présenté à la session suivante avec un début de travaux au printemps 1884 (Arch. dép. Rhône, 1 N 143). 90 places sont alors prévues dans l'établissement, mais un membre de la commission soulève la question de cet effectif : avec le développement de la laïcisation, cette capacité sera-t-elle suffisante ?

Les travaux sont adjugés en mars 1884, pour un achèvement du chantier prévu alors de manière peu réaliste à la fin de l´année 1885 (Arch. dép. Rhône, 1 N 148). Le coût de la construction ne doit pas dépasser le million de francs mais le montant total s'élève finalement à 1 083 000 francs. La Semaine des Constructeurs de 1894 donne le nom des entrepreneurs, dont Day pour la maçonnerie et les terrassements, Paperne et Henry pour la charpente. En juillet 1886, le rapport de Geneste à la commission départementale indique qu'environ la moitié des dépenses a été engagée et celui de mars 1887 que tous les bâtiments sont achevés, hormis la galerie elliptique de l´amphithéâtre (Arch. dép. Rhône, 1 N 148 et 151). Demeurent les aménagements intérieurs qui ne sont pas encore terminés à l'été 1887 (Arch. dép. Rhône, 1 N 152), ni même en mars 1888 (Arch. dép. Rhône, 1 N 153). A l'été 1888, le mobilier reste à mettre en place et les cabines des dortoirs sont en cours de construction ; le bâtiment peut être livré pour octobre 1888 (Arch. dép. Rhône, 1 N 154). Une réception provisoire de travaux a lieu le 2 octobre 1888 (Arch. dép. Rhône, 1 N 156) et selon la plaque commémorative apposée dans le hall de l´école, le président Sadi Carnot inaugure le bâtiment le 8 octobre suivant. L´architecte-inspecteur Narjoux visite également les lieux et suggère quelques améliorations.

En 1908 et en 1937, les appartements de la directrice sont rénovés, ainsi que les dortoirs, les réfectoires et les salles de classes et d'études en 1909 ; douze alcôves de dortoirs sont aménagées (Arch. dép. Rhône, 4 N 11 et 4 N 13). A l'été 1932, certains dortoirs sont divisés et entresolés (la hauteur sous plafond était auparavant de 7 mètres), doublant le nombre de « chambres », de 60 à 120 (Arch. dép. Rhône, 1 T 1271 et 1273, 4 N 13).

En 1937, l'architecte départemental Pierre Verrier aménage une salle de gymnastique avec tribune, pouvant servir de salle des fêtes et comprenant une cabine de projection cinématographique. Les préaux de gymnastique sont à cette occasion clos. En 1938, les écoles d'application (qui regroupent primaire et maternelles) se substituent aux écoles annexes ; aussi les locaux dévolues à ces dernières sont transformées en salles de sciences naturelles, physique, chambre noire, enseignement ménager, récréation et musique (Arch. dép. Rhône, 1 T 1271).

En 1990-1991, les écoles normales primaires sont remplacées par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) à la suite de la loi Jospin du 10 juillet 1989. En 2008, leur suppression est décidée ; à partir de 2010, l'institut de formation des maîtres de Lyon situé au « clos Champavert » est reconverti en collège de 800 élèves, regroupant les collèges Scève et Truffaut, pour une ouverture programmée à la rentrée 2013. Le cabinet isérois « Atelier Bernard Paris & Associés », installé à Vienne, a été choisi afin de mener à bien cette restructuration.

B - DESCRIPTION

L'année du concours des écoles normales lyonnaises (1880), Félix Narjoux, architecte et inspecteur de l´éducation nationale, fait paraître un ouvrage consacré à la construction et à l'installation des écoles normales primaires. Il y prône la simplicité dans la mise en oeuvre de telles architectures mais sans la confondre avec la sécheresse et la pauvreté (p. 310). Il y définit également les différentes fonctions (ou « services ») constitutives des écoles normales : l'enseignement, l'habitation des élèves, celles des maîtres, directrices et serviteurs, les services annexes (chapelle, gymnase, préau couvert...) et les services extérieurs (cours, jardins..). Hormis la chapelle qui ne fait pas partie du programme lyonnais, ces différentes fonctions sont bien identifiées dans le projet de Geneste.

Narjoux réserve le rez-de-chaussée aux salles d´enseignement et le premier étage à la fonction de logement (p. 262). Même si le Département du Rhône et Geneste avaient souhaité appliquer les préconisations de Narjoux, celles-ci ne sont pas transposables directement en raison de la forte déclivité du terrain choisi, situé sur les pentes de la Croix-Rousse. Du fait de cette inclinaison, l'école lyonnaise d'institutrices comporte un étage de soubassement, généralement qualifié d'étage des préaux et donnant sur quatre cours. L'étage des classes était situé au rez-de-chaussée, au niveau du boulevard de la Croix-Rousse ; il était surmonté par l´étage des dortoirs puis par les combles.

L'école adopte un plan presque symétrique : deux ailes perpendiculaires au boulevard sont réunies par un corps central et sont prolongées à l'est et à l'ouest par deux volumes plus courts et plus bas formant des cours. Seule la cour située à l'ouest est refermée par une aile supplémentaire, sur la rue de la Tourette. Au sud, une galerie elliptique relie les deux ailes au volume de l´amphithéâtre.

L'aile située à l´extrême est, sur le boulevard, accueillait l´école primaire annexe qui était conçue comme une école d'apprentissage où les élèves maîtresses s´exerçaient à mettre en pratique les principes pédagogiques (Narjoux, p. 283). L'étage de soubassement accueillait le gymnase et le vestiaire de l´école primaire, le rez-de-chaussée, les classes. L´école primaire annexe disposait d'une entrée indépendante située directement sur le boulevard. Contrairement aux autres volumes, elle ne comprend qu'un étage carré. Du côté de la cour d'honneur, le pavillon d'angle, plus haut, qui se prolonge en retour vers le sud, accueillait au rez-de-chaussée l´appartement du concierge. L'étage de soubassement et la cour de l'aile en retour étaient dévolus aux préaux de l'école annexe, tandis que le rez-de-chaussée abritait la salle de couture de l'école normale : les maîtresses enseignant à des filles du peuple, elles devaient elles-mêmes savoir confectionner une robe, selon la terminologie de l´époque. Deux niveaux au-dessus, dans les combles, était situé le musée pédagogique. Les autres espaces des ailes est du rez-de-chaussée comprenaient classes et salle d'études. L'aile centrale est marquée par une avancée (portant l´horloge et inscriptions) sur cour et par la présence de l'escalier monumental tournant à volées droites.

A partir de la cour d´honneur, un perron permet d'atteindre le grand vestibule et l´escalier principal. Directement accessibles, à l'est la salle de la commission administrative et à l'ouest, le parloir-salon dans lesquels les parents des futures institutrices pouvaient être reçus et rencontrer les élèves. Dans son prolongement se situait le cabinet de la directrice. Narjoux défend le fait que le logement de la directrice puisse être placé hors de l'école proprement dite, dans un bâtiment séparé car elle peut être mariée, la sous-directrice, célibataire, étant vraiment en contact avec les élèves. Au contraire, à Lyon, a été fait le choix de placer le logement de la directrice au coeur de l´édifice, lui permettant de surveiller les accès de l'école. Mais la configuration est différente de celle envisagée par Narjoux, puisqu´il n´existe pas de sous-directrice mais une directrice pour l´école maternelle.

Le cabinet de la directrice communiquait avec la bibliothèque située dans l´angle ouest perpendiculaire au boulevard, également accessible par une galerie. La bibliothèque était contiguë à la pièce qui abritait les collections d'histoire naturelle, héritières modestes des cabinets de curiosités. Perpendiculairement, face au boulevard, se situaient les appartements de la directrice avec un salon à chaque angle ; en retour sur la rue de la Tourette avait été placé le logement de la directrice de l'école maternelle. La cour était fermée par le logement de l´économe. Symétriquement aux salles d´études, au sud, étaient placées la salle des maîtresses et la salle de dessin.

L'étage des préaux abritait la salle d´asile qui était une école maternelle ou un jardin d´enfants. Elle accueillait les enfants de 2 à 7 ans (dans la réalité de 4 à 7 ans). En raison de la grande amplitude horaire d'ouverture, « satisfaisa[ie]nt à un pressant besoin de la classe ouvrière et réponda[ie]nt à une impérieuse nécessité » (Narjoux, 1879 p. 135), elle fut vite dépassée par son succès. Elle possédait son propre accès par la rue de la Tourette, près de l'angle avec le boulevard, sa cour et ses préaux.

Au sud, donnant sur une cour permettant les livraisons, étaient situés en sous-sol la laverie, la paneterie, les cuisines, l'office et la salle à manger du personnel. Au niveau supérieur cohabitaient le réfectoire, un office, la salle de musique des maîtresses et celle des élèves. Au-dessus du réfectoire et de l'office se trouvaient la salle de dessin et la salle de travail des maîtresses.

Les dortoirs des élèves-maîtresses étaient divisés en « alcôves » isolées par des cloisons et des tentures. Les salles de bain se trouvaient éloignées des dortoirs, elles étaient situées au niveau de l´étage de soubassement et donnaient au sud. Malgré le souci de Geneste de placer les fonctions « polluantes » dans une circulation d´air sur la rue de la Tourette et la cour principale au sud, les gestionnaires des années 1930 mettent en évidence le manque d'ensoleillement de cette cour centrale et son humidité récurrente.

Enfin, l'amphithéâtre est placé à l´extrême sud, le long de la rue de la Tourette, communiquant par une galerie avec l'étage des classes. Il accueillait les cours communs aux trois années, ainsi que les cours de physique et de chimie grâce à deux cabinets spécifiques. Il abritait en sous-sol buanderie, lavoir et séchoir. A l'origine, les galeries étaient délimitées par des balustres en pierre et non par un garde-corps métallique.

A défaut d´une connaissance exacte du déroulement du chantier, les registres de délibération du Conseil général permettent de préciser les pierres utilisées par Geneste, citées partiellement dans les comptes-rendus : pierres de Saint-Cyr et de Villebois et pierre blanche sans précision du lieu d´extraction pour cette dernière (Arch. dép. Rhône, 1 N 151, mars 87) ; du mâchefer est également utilisé en remplissage. En 1885 (Arch. dép. Rhône, 1N148, juillet 1885), Geneste propose que les enduits imitent la pierre de taille, faux appareillage visible sur les photographies du début du 20e siècle, ayant aujourd'hui disparu.

Une galerie est aménagée ultérieurement à l'étage des classes afin de relier l´école normale et l´école primaire annexe. Les préaux de l'étage de soubassement et les galeries situées à l'étage des classes donnant sur l´amphithéâtre sont fermés progressivement. L'entresolement de l´étage des dortoirs effectué en 1932 est réalisé en béton.

[En raison des travaux 2010-2013, les prises de vue depuis le boulevard de la Croix-Rousse, ainsi que d'un parquet, n'ont pas été effectuées.]

Destinations institut de formation des maîtres, collège
Parties constituantes non étudiées cour, école maternelle, salle d'asile, amphithéâtre
Dénominations école normale
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 1er
Lieu-dit : Croix-Rousse
Adresse : 80 boulevard de la Croix-Rousse
Cadastre : 1999 AE 1

A la suite d´un concours lancé en 1880, l´école normale d´institutrices est construite de 1884 à 1888 par l´architecte Philibert, dit Philippe Geneste. Elle occupe l´emplacement de l´ancien « château de la Tourette », domaine semi-agricole dont le portail, arborant les armes de la famille Mazuyer, a été reconstitué boulevard de la Croix-Rousse. L´étage des dortoirs est entresolé en 1932. En 1990-1991, l´école normale devient institut de formation des maîtres ; entre 2010 et 2013, l´établissement est transformé en collège par l´Atelier Bernard Paris & Associés.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Dates 1884, daté par source
Auteur(s) Auteur : Geneste Philibert, architecte, attribution par source
Auteur : Day, entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Paperne, entrepreneur de charpenterie, attribution par source
Auteur : Henry, entrepreneur de charpenterie, attribution par source
Auteur : Paris Bernard, architecte, attribution par source
Personnalité : Carnot Sadi, personnage célèbre
Personnalité : Cambon Jules, personnage célèbre
Murs calcaire
résidu industriel en gros oeuvre
galet
Étages sous-sol, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble

Ancienne école normale d'institutrices du Rhône construite par l'architecte Philibert dit Philippe Geneste en 1884-1888, intégrant le portail de la demeure Mazuyer datant principalement du 1er tiers du 17e siècle et classé au titre des monuments historiques dès 1910.

Statut de la propriété propriété du département
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables portail
Protections classé MH partiellement, 1910/01/22

Annexes

  • République française. Programme pour le concours ouvert en vue de la construction de deux écoles normales à Lyon, Lyon, imprimerie Schneider frères, 1880. AC Lyon. 454 WP 037-1.

    Concours pour la construction d´une école normale d´instituteurs et d´une école normale d´institutrices à Lyon

    Programme du concours

    Nous, Préfet du Rhône,

    Vu la délibération du Conseil général du Rhône, en date du 16 avril 1800 ;

    Vu la délibération de la Commission départementale, en date du 29 mai dernier,

    Arrêtons :

    Article premier.

    Un concours est ouvert pour la construction d´une Ecole normale d´instituteurs, dans le clos Fayet, et d´une Ecole normale d´institutrices, dans le clos Champavert, à Lyon, boulevard de la Croix-Rousse. Les architectes étrangers au département, mais de nationalité française, sont admis au concours.

    Art. 2.

    Les concurrents devront réaliser dans leurs projets les dispositions indiquées ci-après :

    A. - Ecole Normale d´Instituteurs.

    L´établissement comprendra une école normale proprement dite de 96 élèves-maîtres pensionnaires, et un pensionnat primaire annexe de 300 internes et 100 internes.

    Un bâtiment distinct sera affecté à chacune de ces deux parties de l´établissement.

    Les deux bâtiments seront reliés par une construction renfermant tous les services susceptibles, par leur nature, d´être communs à l´école et au pensionnat.

    Les bâtiments seront élevés de deux ou trois étages au-dessus du rez-de-chaussée et construits sur cave dans toutes les portions où le rez-de-chaussée sera occupé par des salles d´étude, de classe ou de collection.

    Aucune condition n´est imposée aux concurrents, en ce qui concerne la disposition des bâtiments dans le clos.

    a. Services généraux communs à l´école et au pensionnat.

    1°.- Conciergerie.

    Une pièce servant de loge et de laquelle l´entrée de l´établissement puisse être surveillée.

    Deux pièces pour le logement du concierge : cuisine et chambre à coucher.

    2°.- Réfectoire, cuisine et dépendances.

    Une cuisine,

    Une office,

    Des caves,

    Un magasin aux provisions,

    Une truiterie,

    Un hangar pour bois et charbon,

    Une remise pour instruments divers,

    Des lieux d´aisances pour les gens de service.

    Un réfectoire divisé en 4 salles distinctes : du côté de l´école, une seule de 130 mètres carrés ; du côté du pensionnat, trois, dont une de 90 mètres carrés pour les grands, une de 100 mètres carrés pour les moyens et une de 120 mètres carrés pour les petits.

    On devra pouvoir se rendre de l´école ou du pensionnat au réfectoire par des corridors, des passages couverts, ou des galeries.

    La cuisine sera à proximité des réfectoires, disposée de manière à ce que le service puisse se faire à couvert.

    La cuisine ne sera pas desservie par les corridors ou galeries de l´établissement ; on y parviendra du dehors à l´aide d´un chemin tracé hors des bâtiments et aboutissant à la loge du concierge.

    3°.- Parloirs et Economat.

    Deux parloirs : l´un pour l´école, de 40 à 50 mètres carrés ; l´autre pour le pensionnat, de 90 à 100 mètres carrés.

    Un cabinet pour le surveillant, de 12 à 15 mètres carrés.

    Les bureaux de l´économat, qui devront être à proximité des parloirs, se composeront d´un cabinet, d´un bureau et d´une salle pour les archives.

    4°.- Direction.

    Le logement du directeur comprendra cinq à six pièces pour son habitation personnelle, savoir : trois chambres à coucher, un salon, une salle à manger et une cuisine avec dépendances, et, de plus, une cave, un bûcher, une chambre de domestique et un grenier.

    Il sera contigu au cabinet du directeur et à la salle de réunion de la Commission de surveillance.

    On pourra disposer le logement du directeur dans un pavillon à rez-de-chaussée et étage, s´ouvrant sur un petit jardin séparé par des murs de clôture du reste du clos ; ce jardin aurait, dans ce cas, une sortie spéciale sur une des rues qui longent le clos Fayet au levant ou au couchant. Dans tous les cas, on devra parvenir à l´appartement du directeur et de sa famille par un chemin réservé hors des bâtiments.

    Le cabinet du directeur sera placé dans le bâtiment de l´école normale proprement dite et aura son entrée dans un des corridors de l´établissement. Il communiquera avec la salle de réunion de la Commission de surveillance et avec le logement personnel.

    Le logement du sous-directeur sera formé de deux chambres, d´un salon, d´une salle à manger, d´une cuisine avec dépendance, d´une cave, d´un bûcher et d´une chambre de domestique.

    Il pourra être pris dans le bâtiment du pensionnat, mais n´aura d´autre communication avec l´intérieur que par une porte donnant sur les pièces affectées au service spécial du sous-directeur, savoir : son cabinet et un magasin renfermant les fournitures scolaires.

    Il aura son entrée principale sur un petit jardin réservé à l´usage du sous-directeur.

    Ce jardin pourra, comme celui du directeur, avoir sa sortie sur une des rues latérales.

    Renseignement essentiel.- Ces deux parties de l´établissement auront le moins possible de fenêtres donnant sur les parties des jardins et des cours réservées aux élèves de l´école.

    Elles seront éloignées des cuisines.

    S´il entrait dans les plans de l´architecte de disposer le logement du sous-directeur dans un pavillon symétrique de celui du directeur, on pourrait ménager, dans ce pavillon, un logement pour l´économe.

    5°.- Lingerie.

    Le service de la lingerie exige :

    Une lingerie proprement dite ; les armoires y seront disposées sur plusieurs rangs parallèles, transversalement à la longueur de la pièce ; elles seront ouvertes en avant ; les fonds seront à claire-voie ;

    Un atelier pour la couture et le repassage ;

    Une salle de dépôt pour le linge sale ;

    Une buanderie et un étendage ou séchoir.

    Tout le service de la lingerie doit occuper un local indépendant du reste de l´établissement et ne communiquer que par l´extérieur avec les bâtiments occupés par les élèves.

    La buanderie sera placée dans un hangar dépendant des cours des cuisines.

    6°.- Infirmerie.

    L´infirmerie comprendra :

    Deux dortoirs, l´un de quatre lits, l´autre de dix ;

    Une tisanerie ;

    Une salle de consultation ;

    Deux chambres d´isolement ;

    Une salle d´étude pour les convalescents ;

    Une chambre pour l´infirmier.

    Les pièces réservées au service général de l´infirmerie seront placées entre les deux dortoirs, dont l´un est destiné aux élèves de l´école et l´autre à ceux du pensionnat.

    7°.- Service de propreté.

    Une salle pour bains de pieds. - 50 bassines ;

    Une salle de bains avec dix cabinets ;

    Une pièce avec chaudière et fourneau pour le chauffage de l´eau.

    8°.- Salles d´enseignement communes aux deux parties de l´établissement.

    Une salle de conférence pouvant réunir tout le personnel de l´école et du pensionnat.

    Cette salle, qui devra servir de musée pédagogique, et pourra être mise à la disposition des commissions d´examen du brevet, du certificat d´études primaires et de la Société de secours mutuels des instituteurs du Rhône et servir aux conférences cantonales des instituteurs de Lyon, devra se trouer à proximité de l´entrée principale.

    Une salle de dessins pour 100 élèves ;

    Une salle de classe pour l´enseignement des sciences physiques et naturelles,

    Une salle de collection de physique et d´histoire naturelle ;

    Un laboratoire de chimie.

    La classe de physique aura 100 mètres carrés de superficie ; les bancs des auditeurs seront disposés en amphithéâtre, et la table du professeur placée devant un fourneau avec ses accessoires.

    Le laboratoire sera au rez-de-chaussée.

    Un gymnase couvert ;

    Un atelier pour travaux manuels : reliure, menuiserie, etc.

    b. Services spéciaux à l´école normale proprement dite.

    1°.- Enseignement.

    Une seule salle d´étude de 150 mètres carrés ou trois salles contiguës de 50 mètres carrés chacune ;

    Une salle de classe pour l´histoire et la géographie ;

    Une salle de classe pour les sciences mathématiques ;

    Une salle de classe pour le français ;

    Une salle de bibliothèque destinée à servir de salle de travail aux maîtres ;

    Une salle de musique de 100 mètres carrés.

    L´une des salles de classe devra pouvoir réunir deux divisions d´élèves.

    2°.- Cours et Préaux.

    Une cour de récréation assez spacieuse pour toute l´école ;

    Cinq cabinets d´aisances et dix urinoirs.

    Les cabinets d´aisances seront placés dans la cour ; ils seront abrités et seront accessibles soit du côté du préau couvert, soit du côté des bâtiments de l´école, par un passage couvert ou par une galerie.

    Un préau couvert.

    3°.- Dortoirs.

    Trois dortoirs de trente-deux lits d´élève chacun, dont les dimensions seront calculées de façon à donner à chaque lit 25 mètres cubes d´air environ.

    La disposition suivante est conseillée : une cloison de deux mètres de hauteur divisera longitudinalement chaque dortoir, en laissant à l´une des extrémités un passage de 1 m 50 pour la circulation et à l´autre la place du lit du surveillant et le passage ; les lits seront adossés par la tête contre la cloison et feront face aux croisées ; on disposera les ouvertures de manière à donner une croisée pour 2 lits ; dans les embrasures des croisées seront placées des tablettes pour deux lavabos, et contre les trumeaux, entre deux croisées, des armoires, deux par trumeau, et par conséquent une par élève, pour lui servir de vestiaire.

    Une salle voisine de chaque dortoir, pour le nettoyage des habits ;

    Une cordonnerie générale, éloignée des dortoirs ; elle pourra être placée dans les combles ;

    Trois chambres pour les maîtres ;

    Trois chambres dans les combles pour les domestiques ;

    Une chambre pour le veilleur ;

    Un petit cabinet pour chaise percée à portée de chaque dortoir.

    4°.- Jardins et accessoires.

    Une partie du clos sera réservée et disposée en jardin potager et fruitier.

    Une remise pour les outils de jardinage.

    c. Services spéciaux au pensionnat.

    1°.- Enseignement.

    Les salles d´étude, les classes et les cours seront distribuées en trois quartiers : celui des grands, des moyens et des petits.

    Premier quartier, celui des grands :

    Deux salles d´étude de 75 mètres carrés ;

    Deux classes de 60 mètres carrés ;

    Une cour avec préau couvert ;

    Cabinets et urinoirs pour 100 élèves.

    Deuxième quartier, moyens :

    Deux salles d´étude de 75 mètres carrés ;

    Deux classes de 70 mètres carrés ;

    Une cour, préau et accessoires pour 120 élèves.

    Troisième quartier, petits :

    Trois salles d´étude de 75 mètres carrés ;

    Trois classes de 70 mètres carrés ;

    Une cour, préau et accessoires pour 180 élèves.

    Les préaux et les cabinets d´aisance seront reliés aux classes et salles d´étude par des passages couverts.

    Une salle de réunion et de travail pour les maîtres.

    2°.- Dortoirs et accessoires

    Six dortoirs de cinquante lits d´élèves chacun, dont les dimensions seront calculées à raison de 20 mètres cubes d´air par élève.

    La disposition suivante est conseillée

    La disposition suivante est conseillée : lits placés sur trois lignes, deux files de dix-huit lits chacune placées contre les murs, et la file du milieu de 14 lits seulement ; lits des lignes latérales placés deux par deux contre les trumeaux des fenêtres et protégés contre les courants d´air par une boiserie de 0m75 de largeur, faisant saillie et suite aux face des embrasures ; lits de la file médiane distants régulièrement de 1 mètre l´un de l´autre, avec passage de 1m50 à l´une des extrémités de la file et place pour le lit du maître surveillant et pour le passage à l´autre extrémité ; l´excès de la longueur totale du dortoir sur l´espace occupé par les lits réservé à un lavabo elliptique élevé au milieu du dortoir.

    Les portes de sortie des dortoirs seront précédées d´un tambour.

    Un vestiaire pour deux dortoirs ;

    Une cordonnerie pour deux dortoirs.

    La cordonnerie sera éloignée autant que possible des dortoirs et distincte du vestiaire.

    A proximité de chaque dortoir, une chambre pour le maître surveillant, une cellule pour le domestique du quartier et un cabinet pour chaise percée.

    B. - Ecole Normale d´Institutrices.

    L´établissement est formé d´une école normale d´institutrices proprement dite de 90 élèves-maîtresses, et d´un pensionnant primaire annexe de 250 internes et de 75 externes, avec salle d´asile.

    Les bâtiments spéciaux à chaque partie de l´établissement sont établis en façade sur le boulevard de la Croix-Rousse et sur le même alignement ; ils seront séparés du boulevard par une bande de terrain de 10 à 15 mètres de largeur. Les services généraux et communs aux deux parties seront installés dans la parte moyenne de l´édifice.

    L´Ecole normale proprement dite occupera la partie orientale.

    Le pensionnat et les annexes, la partie occidentale.

    Les bâtiments seront élevés de trois étages au-dessus du rez-de-chaussée du côté du boulevard. Les sous-sols qui seront au niveau des cours, du côté du midi, pourront être utilisés pour les préaux, les cuisines, les réfectoires, les salles de bain, etc.

    Le programme détaillé ci-dessus pour l´Ecole normale des instituteurs sera suivi sans autres modifications que les suivantes :

    A, a, 2°. Le réfectoire de l´école n´aura que 120 mètres carrés. Il n´y aura qu´un seul réfectoire pour tout le pensionnat ; il aura 300 mètres carrés de superficie.

    A, a, 4°. Le logement de la directrice sera moins complet que celui du directeur ; il sera réduit à deux chambres, un salon, une salle à manger, une cuisine avec accessoire, une cave, un bûcher et une chambre de domestique.

    Il conviendra peut-être à l´architecte de disposer sur le milieu du bâtiment principal un avant-corps s´avançant jusqu´à l´alignement du boulevard. Dans ce cas, l´appartement de la directrice serait placé au premier étage de cet avant-corps et aurait un escalier particulier aboutissant, d´un côté, dans le vestibule d´entrée, et, de l´autre, à l´espace libre entre le bâtiment et le boulevard, espace qui lui servirait de jardin.

    Le logement de la sous-directrice serait réduit à une chambre avec cabinet de travail.

    A, a, 5°. La lingerie serait placée dans la partie du bâtiment occupée par le logement de la directrice.

    A, a, 6°. Il en sera de même pour l´infirmerie.

    A, a, 7°. Salle de bains de pieds réduite à quarante bassines ; même nombre de cabinets de bains que pour les instituteurs.

    A, a, 8°. L´atelier des travaux manuels est à supprimer, il est remplacé par l´atelier de repassage, auquel il conviendra de donner de plus grandes dimensions que celles qu´il aura dans l´autre établissement.

    A, b, 1°. La salle d´étude n´aura que 120 mètres carré, et la salle de musique 80.

    A, b, 3°. Les dortoirs ne contiendront que trente lits d´élèves ; on leur donnera la même disposition et on séparera les lits de la même rangée par des cloisons transversales ayant 2 mètres de long et 1m50 de haut.

    A, b, 4°. Toute la partie du clos laissée libre par les constructions sera transformée en promenoirs ou jardins d´agrément.

    A, c, 1°. Le pensionnat sera aussi divisé en trois quartiers, mais les dimensions des classes, salles d´étude, etc., seront réduites de 1/5e.

    A, c, 2°. Les dortoirs ne contiendront que 42 lits d´élèves et un lit de maîtresse surveillante ; les dispositions adoptées pour les dortoirs du pensionnat de l´Ecole normale d´instituteurs leur seront applicables.

    Enfin, il sera ajouté, à la partie de l´établissement destinée au pensionnat, une salle d´asile composée d´une salle des gradins, d´un préau couvert, d´un réfectoire avec sa cuisine et d´un préau couvert. Cette salle d´asile, disposée pour recevoir 120 à 150 enfants, sera installée au rez-de-chaussée, à l´angle du boulevard et de la rue Tourette. On lui donnera pour préau découvert l´espace laissé libre entre le boulevard et le bâtiment. Elle aura une entrée particulière sur le boulevard, à moins qu´il ne lui soit réservé un passage spécial à côte de l´entrée principale de l´Ecole.

    Art. 3.

    Le caractère architectural des deux édifices sera simple, sans recherche, ni ornementation inutile, mais la construction en sera solide et disposée de manière à éviter un coûteux entretien.

    Tous les frais de construction, de clôture et de soutènement ne devront pas dépasser la somme de deux millions pour les deux établissements.

    Dans ces frais sont compris la canalisation pour l´écoulement des eaux pluviales et ménagères, la tuyauterie et la robinetterie nécessaire à la disposition des eaux dans chaque bâtiment ; cette tuyauterie aura son point de départ, c´est-à-dire son embranchement sur la conduite principale qui s´étend le long du boulevard. On y comprendra encore tous les appareils de chauffage et une somme à valoir, pour dépenses imprévues, égale au moins au vingtième du montant des travaux. Mais on n´y fera pas figurer les honoraires de l´architecte et les frais d´agence pour la surveillance des travaux.

    Art. 4.

    La série des prix de travaux de construction, pour la ville de Lyon, formant une brochure trop volumineuse pour pouvoir être jointe au présent programme, il en sera déposé un exemplaire à la Préfecture (2e division, 2e bureau), où les concurrents pourront en prendre connaissance et faire relever les notes dont ils auront besoin. Ils pourront également, s´ils le jugent à propos, se procurer un exemplaire de la série de prix de la Chambre syndicale des entrepreneurs en s´adressant au secrétariat de ladite Chambre, à Lyon. Il est à remarquer, toutefois, que les prix de cette dernière série sont susceptibles d´une certaine diminution. Les maçonneries de fondation constituant une partie importante de la dépense, les concurrents étrangers à la ville sont informés que le sol résistant sur lequel il convient de fonder les murs des bâtiments est à une profondeur d´environ 3m50 au-dessous de la voie publique.

    Des fondations de 1m30 de profondeur seront suffisantes pour les murs de clôture.

    Art. 5.

    Les deux projets se composeront chacun des pièces suivantes :

    Un plan général des bâtiments principaux et accessoires, des préaux et des jardins, à l´échelle de 0,005 par mètre ;

    Un plan du rez-de-chaussée et de chacun des étages ;

    Une élévation principale,

    Une élévation latérale ou postérieure,

    Une coupe longitudinale,

    Une coupe transversale, L´élévation et la coupe d´un bâtiment accessoires (notamment de la salle d´asile),

    Un texte explicatif et justificatif du projet ; Un détail métrique ;

    Un devis estimatif.

    [Le tout] à l´échelle de 0,01 par mètre.

    Art. 6.

    Aucune des pièces ne sera signée, mais chacune portera une épigraphe ou devise qui sera reproduite sur une enveloppe cachetée et contenant les noms, prénoms et domiciles de l´auteur.

    Les projets complets devront être envoyés à la Préfecture du Rhône avant le 1er août 1880.

    Art. 7.

    Le jury chargé de l´examen et du classement des projets se composera :

    1° De trois membres désignés par le Préfet du Rhône, et pris parmi les principaux fonctionnaires de l´instruction publique ;

    2° De trois membres du Conseil général désignés par la Commission départementale ;

    3° De trois architectes de Lyon choisi par le Préfet.

    Art. 8.

    Conformément à la décision du Conseil général, l´auteur du projet, classé le premier, recevra un prix de 1,500 fr. ; l´auteur du projet, classé le deuxième, un prix de 1,000 fr., et l´auteur du projet, classé le troisième, recevra un prix de 700 fr.

    Les projets primés resteront la propriété du département du Rhône, qui en fera l´usage qu´il jugera convenable, et qui, par suite, se réserve de choisir le directeur des travaux.

    Les projets non primés devront être retirés par leurs auteurs, dans le délai d´un mois, à partir de la publication de la décision du Jury.

    Lyon, le 7 juin 1880.

    Le Préfet du Rhône,

    Oustry.

    Pour copie conforme :

    Le Secrétaire général pour l´Administration,

    Obissier Saint-Martin.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Arch. mun. Lyon. 321 WP 006-1. Préfecture du Rhône. Ouverture, distribution et alignement du clos Saint-Benoît, de la Tourette, des Carmélites : correspondance 1822-1826, 1825.

  • Arch. mun. Lyon. 344 WP 033PCA19080694. Remplacement d'une clôture rue de la Tourette, 1908.

  • Arch. mun. Lyon. 454 WP 037-1. République française. Programme pour le concours ouvert en vue de la construction de deux écoles normales à Lyon, Lyon, imprimerie Schneider frères, 1880.

    p. 11-15
  • Arch. mun. Lyon. 454 WP 037-2. Ecole normale d'institutrices, 1881-1883.

  • Arch. mun. Lyon. 477 WP 009. Préfecture du Rhône. Ville de Lyon. Lycée. Dédoublement de l'établissement. Création d'un internat et d'un externat séparés, Lyon, imprimerie Schneider frères, 1874.

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  • Arch. dép. Rhône. 1 N 134. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1878, 1878

    p. 1041, 1108-1114, 1181, 1253
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 135. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1879, 1879

    p. 302-316
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 136. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août 1879, 1879

    p. 43, 153, 227-229, 743, 851-852
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 137. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1880, 1880

    p. 32-41, 394
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 138. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1880, 1880

    p. 278, 818, 837, 967-969
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 139. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1881, 1881

    p. 283-290
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 140. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1881, 1881

    p. 183 (2e partie)
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 141. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1882, 1882

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  • Arch. dép. Rhône. 1 N 142. REPUBLIQUE FRANCAISE. Rapports de M. J. Massicault, préfet du Rhône et procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1882, Lyon, impr. Schneider frères, 1882

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  • Arch. dép. Rhône. 1 N 143. REPUBLIQUE FRANCAISE. Rapports de M. J. Massicault, préfet du Rhône et procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session d'avril 1883, Lyon, impr. Schneider frères, 1883

    p. 119-121, 473-476
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 144. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1883, Lyon, impr. Schneider frères, 1883

    p. 880, 988, 1465-1470
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 145. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session de janvier 1884, Lyon, impr. Schneider frères, 1884

    p. 81
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 147. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1885, 1885

    p. 22
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 148. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1885, 1885

    p. 395-396
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 150. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1886, 1886

    p. 385
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 151. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1887, 1887

    p. 71-76
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 152. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 188, 1887

    p. 383, 1037-1041
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 153. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril 1888, 1888

    p. 53-57, 106, 165-168
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 154. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1888, 1888

    p. 322-325
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 155. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session avril-mai 1889, 1889

    p. 58, 214
  • Arch. dép. Rhône. 1 N 156. REPUBLIQUE FRANCAISE. Procès-verbaux des délibérations du Conseil général. Session août-septembre 1889, 1889

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  • Arch. dép. Rhône. 1 N 444. REPUBLIQUE FRANCAISE. COMMISSION DEPARTEMENTALE. Procès-verbaux imprimés des délibérations de la Commission Départementale. Session du 17 mai au 9 août 1882, Lyon, impr. Schneider frères, 1882

    p. 148
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  • Arch. dép. Rhône. 4 N 13. Rapports annuels de l'architecte départemental sur les situation des bâtiments départementaux, délibérations du Conseil général. 1919-1939

  • Arch. dép. Rhône. 4 N 13. Etat des bâtiments départementaux : rapport général deTony Garnier sur l'état des bâtiments départementaux, rapports d'architectes, paln, liste des visites départementales, correspondance. 1936

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  • Arch. dép. Rhône. 1 T 1267. Registre de plans et photographies des bâtiments, 1888

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  • Arch. dép. Rhône. 1 T 1272. Travaux d'aménagement. Projet d'une salle de gymnastique : plan du bâtiment, devis, correspondance, 1937

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Documents figurés
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    BM Lyon : Rés 23566(2)
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Périodiques
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  • SALOMON, Emile. L'Ancien fief de la Tourette, à la Croix-Rousse. La République lyonnaise, n°22, 25 avril 1928

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