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Couvent de carmes déchaussés Notre-Dame-du-Mont-Carmel, puis caserne, pensionnat, archives départementales du Rhône

Dossier IA69007201 réalisé en 2014

Fondé en 1619, le couvent des carmes déchaussés de Lyon compte parmi les premiers établissements issus de la réforme du Carmel établis dans le royaume de France, et les nombreuses fondations monastiques initiées par le mouvement de la Contre-réforme à Lyon. Installé sur la partie septentrionale de la colline de Fourvière, au-dessus des rochers de Pierre-Scize dominant la Saône, cet ensemble architectural marque le paysage urbain et a été fréquemment représenté depuis le 17e siècle. Acheté par le Département du Rhône en 1904, le bâtiment est profondément restructuré par l'architecte départemental Louis Rogniat en 1907-1911 pour accueillir les Archives départementales.

L'ensemble actuellement conservé se compose de six corps de bâtiments disposés en quadrilatère autour de deux cours intérieures occupant l'emplacement de l'ancienne église (IA69007202) détruite en 1907 et du cloître. Entre le cloître et l'église, le bâtiment central accueillant trois vastes salles superposées a été aménagé à partir de la maison du Grand-Thunes, préexistant au couvent (IA69007204). Les bâtiments conventuels, convertis en magasins d'archives (IA69007205), occupent le grand bâtiment nord, dominant la Saône, l'aile sud longeant le chemin de Montauban, et l'aile du réfectoire accolée à l’ouest du cloître. L'aile des cuisines (IA69007207) fait saillie à l'extrémité sud-ouest de l'ensemble. Enfin, le bâtiment sud-est, dit aile des lecteurs (IA69007209), a été construit en 1907 pour l'accueil du public des archives départementales.

De sa fondation au 17e siècle, le bâtiment actuel conserve : le clocher isolé de l'église ; le chœur des religieux ; la galerie voûtée d'arêtes entourant le cloître sur trois côtés et son sous-sol au nord ; le grand escalier rampe-sur-rampe (1650) ; le rez-de-chaussée de l'aile des cuisines (1663) ; la fontaine sculptée déplacée du vestibule du réfectoire ; le sous-sol voûté et l'escalier à quatre noyaux du réfectoire. Des éléments antérieurs au 17e siècle sont préservés dans le sous-sol de l'aile des cuisines (fontaine Renaissance). Des embellissements du 18e siècle subsistent le premier niveau de la façade (1730) et un échantillon du pavement en damier noir et blanc de l'église (1738), ainsi que la fausse-voûte du bureau du directeur (1743). Parmi les aménagements de 1907, il faut signaler l'ordonnance de la grande façade sur Saône, l’escalier suspendu du bâtiment des lecteurs, la grande salle de lecture, la bibliothèque, les escaliers de magasinage en fonte et les pavements en céramique.

HISTORIQUE

Une fondation contrariée

La fondation du couvent des carmes déchaussés de Lyon est l’œuvre du marquis Philibert de Nérestang, premier grand-maître de l’ordre militaire de Notre-Dame du Mont-Carmel créé par Henri IV. Dès 1608, celui-ci se serait engagé auprès du Pape à fonder un couvent de carmes déchaussés sur une de ses propriétés, lorsqu’il avait reçu à Rome les bulles de fondation de son ordre. Son intention première était d’établir cette fondation sur ses terres situées en Forez ou sur sa seigneurie de la Duchère, afin d’éviter les frais d’acquisition d’un terrain, mais les carmes souhaitaient impérativement s’établir en milieu urbain pour pouvoir bénéficier d’aumônes et s’assurer un recrutement satisfaisant. En août 1617, le fondateur et les religieux s’accordent sur le choix des rochers de Thunes, dominant la Saône sur le flanc nord de la colline de Fourvière à la lisière des murs de la ville, et jouxtant le couvent des Capucins.

Le 21 août 1617, Philibert de Nérestang fait l’acquisition du tènement de Thunes, comprenant "deux corps de maison et deux jardins séparés d’une muraille" (Contrat d’acquisition du tènement de Thunes, AD Rhône, 12 H 6), bien visibles sur le premier plan de Lyon de Simon Maupin, en 1625. La maison principale appelée "Grand Thunes" était un bâtiment assez important de deux étages au moins : c'est probablement autour de cet immeuble s'est construit le bâtiment central du couvent. La seconde maison appelée "Petit Thunes" était située à l’extrémité du clos et correspond vraisemblablement au bâtiment appelé plus tard pavillon de l’ermitage, démoli en 1926. Le récit de fondation transmis par les Annales des carmes déchaussés de France de Louis de Sainte-Thérèse insiste sur la valeur déterminante du site, découvert d’abord de loin depuis la côte des Chartreux, sur son adéquation aux besoins d’un couvent, et signale la présence de vitraux proches de l’iconographie carmélitaine dans la maison du Grand Thunes.

De longues négociations s’engagent auprès des institutions municipales, car le Consulat et l’Aumône générale refusent d'abord l’implantation d’un nouvel ordre mendiant susceptible de détourner à son profit une partie de la charité publique. Dans un premier temps, le Consulat n’autorise cette création que sous la condition de présenter des contrats de fondation et de dotation garantissant un financement pérenne de l’institution, ce qui contrevient aux statuts de l’ordre des carmes déchaussés dont les religieux ne doivent rien posséder mais subsister par l’aumône. Philibert de Nérestang obtient du gouverneur royal Charles de Neuville d’Hallincourt de Villeroy l’octroi d’une rente annuelle de mille livres au couvent le 26 janvier 1618 (celle-ci sera remplacée en 1631 par l’attribution du prieuré de Chavanoz en Isère, bénéfice ecclésiastique comprenant onze cures).

Dès lors, le Consulat reconnaît officiellement le couvent, mais l’établissement s’implante dans un climat de forte hostilité locale, émaillé de conflits de voisinage avec les Capucins, et sans avoir reçu la sanction des instances de l’ordre puisque le mode de vie des religieux n’est pas conforme à leurs statuts. La prise de possession du couvent est donc organisée en catimini à la fin février 1618. Il faudra attendre une année pour que les instances de l’ordre reconnaissent pleinement cette fondation malgré l’interdiction de mendier, au chapitre provincial de 1619 : le couvent de Lyon est placé sous le vocable de Notre-Dame du Mont-Carmel et son premier prieur, le RP Maurice de Saint-Georges, est élu. Ce n’est qu’en 1627 que l’autorisation de mendier sera accordée aux carmes déchaussés, après plusieurs intercessions du pouvoir ecclésiastique et royal.

Les premiers aménagements

Les premiers religieux s'installent sur les lieux dès 1618 et commencent des travaux d’adaptation des bâtiments existants grâce au premier versement de leur rente. Les religieux s'établissent dans la maison du Grand Thunes, contre laquelle ils construiront l'église conventuelle sur la face orientale, et le cloître sur la face occidentale. L'étage parait avoir servi de salle commune et de sacristie jusqu'à la construction du grand bâtiment conventuel en 1650. Dès février 1618, une grande croix de bois est plantée à l’extrémité de l’enclos, au coin de la maison du Petit Thunes. Une petite chapelle provisoire est aménagée grâce aux libéralités de la comtesse Jacqueline de Harlay, épouse du gouverneur Camille de Neuville et fondatrice par ailleurs du couvent des carmélites de Lyon. Deux cloches sont installées dans la chapelle et dans le cloître. Au printemps 1618, le prieur fait construire deux confessionnaux dans la chapelle et aménager dix-huit cellules en bois dans un long grenier parallèle à la maison. A partir de la Pentecôte 1619, la chapelle est régulièrement utilisée pour la célébration publique de la messe et le service des confessions. La construction des murailles de clôture, mais surtout de soutènement, commence à partir de 1623. En 1624, un nouveau chemin reliant le parvis de l’église au chemin de Bourgneuf est percé.

Le chantier de l’église, construite en prolongement de la maison du Grand Thunes, est engagé entre 1622 et 1625, sous le priorat du RP Valère de Sainte-Anne. Le financement du chantier est assuré par la concession de chapelles à de riches donateurs qui y élisent sépulture et en assurent la décoration : le chœur accueille le mausolée du fondateur Philibert de Nérestang ; les deux premières chapelles latérales sont concédées à Barthélémy de Lumague, banquier grison, en 1627, et à la veuve de Julien Gratiani, gentilhomme lucquois, en 1635. Lorsque l’église est consacrée le jour de Pâques 1640, la nef, le chœur et les deux chapelles étaient probablement achevées. Les chapelles latérales situées vers l’entrée datent de la deuxième moitié du 17e siècle : elles sont respectivement concédées à Le Jage, marchand et bourgeois de Lyon, avant 1665, et à Jacques Regioli en 1666.

Le second plan de Lyon gravé par Simon Maupin, vers 1659-1674, montre un premier état du couvent antérieur aux grandes constructions du milieu 17e siècle, sans doute approximativement vers 1640 : l'église, inachevée et dépourvue de chapelles latérales, est venue s'accoler à la maison du Grand Thunes et possède une façade percée de deux baies en plein cintre et d'une rose. Un clocheton parait signaler l'emplacement de la chapelle provisoire, à l'est de la maison (angle sud-ouest du cloître actuel). Au nord, le dortoir provisoire en bois est représenté par un long bâtiment parallèle à la nef. En revanche, on n'y voit ni le dortoir construit en 1625, ni le cloître qui est attesté en 1650. La muraille de soutènement et de clôture délimite l'emprise complète du clos, mais elle est curieusement ponctuée de deux pavillons, alors que le plan de 1625 n'en montrait qu'un. A l'ouest, le plan montre une importante muraille soutenant le chemin de Montauban qui effectue une légère courbe. Il est probable que les fontaines et bassins aujourd'hui visibles dans les sous-sols de l'aile des cuisines soient d'anciens aménagements de jardin adossés à cette muraille.

La construction du couvent

La construction du cloître et de l'aile du réfectoire n'est pas documentée, mais il s'agit vraisemblablement des bâtiments conventuels les plus anciens, construits entre 1625 et 1650, sur un étage de soubassement voûté. On peut supposer que le dortoir de 1625 était situé dans l'aile du réfectoire ou dans l'une des ailes du cloître. Par la suite, les travaux sont échelonnés en plusieurs campagnes successives dans la deuxième moitié du 17e siècle, mais paraissent suivre un plan d'ensemble arrêté depuis l'origine. Le prix fait de 1663 fait référence à un "dessein qui est au pouvoir desdits révérends pères", paraphé par le notaire et les entrepreneurs.

Les bâtiments conventuels de l'aile nord (1650)

En 1650-1651, les dortoirs de bois sont remplacés par un nouveau "corps de logis prenant depuis la porte joignant l’église des carmes déchaussés, abboutissant à la muraille séparant l’une des allées de leur cloître d’avec leur sacristie et prenant veüe sur le panchant de la rivière de Saone du coté de bize" (Prix faits du 6 octobre 1650, AD Rhône, 12 H 28). Le nouveau bâtiment est construit par les frères Pierre, Françoys et Sébastien Baillond (ou Bailloud), maîtres maçons et Jean Allemand, maître charpentier. Cette campagne de travaux est financée par un don de 3 000 livres de la part du Consulat, "pour contribuer à l’achèvement de leur cloître et de leur église" (AC Lyon, BB 204 f°265). Elle comprend la construction d'une série de salles conventuelles à l'est dans le prolongement de l'aile nord du cloître (porterie, chambres des pèlerins, sacristie et arrière-sacristie, salle capitulaire) ; la surélévation des deux galeries nord du cloître et la construction d'un grand dortoir à l'étage sur l'ensemble de l'aile nord ; et enfin la construction du grand degré rampe-sur-rampe accolé à la maison de Thunes et desservant à la fois les étages de la maison et les dortoirs. La maçonnerie du bâtiment est réalisée en "bonne pierre de Saint-Romain ou de Couzon, gravier ou sable du Rhône et chaux, avec fondations profondes garnies de betton et quartier de pierres pardedans sans y épargner la chaux", les cloisons intérieures et les arcades du cloître sont construites en tuf ou travertin. Les quinze croisées de la façade nord sont fournies par Aymard Jangot, maître tailleur de pierres à Cheissy-en-Lionnois. Le grand escalier rampe-sur-rampe est construit par François Buy, tailleur de pierre de Saint-Didier et Saint-Cyr. Le plan schématique dressé au milieu du 17e siècle (AD Rhône, 3 Pl 86) montre l'organisation générale du couvent après la campagne de 1650. En 1658, des travaux sont conduits par Sébastien Boyleau, maître maçon, dans un bâtiment isolé aujourd'hui disparu dit "la maison seule" ou "logement de monsieur le Commandeur de Maisonseule" qui servait de logis pour les hôtes de marque.

L'aile des cuisines (1663)

En 1663, l'achèvement du marché de maçonnerie des frères Baillond est confié sur la base des mêmes prix et conditions à Sébastien Baillond seul, qui s'adjoint Estienne Symon, dit Terman (Prix fait du 11 juin 1663, AD Rhône, 12 H 28). Cette campagne de travaux porte essentiellement sur la construction de l'aile des cuisines et des latrines, à l'extrémité sud-ouest du couvent, mais les deux maçons doivent également achever la bibliothèque déjà commencée au-dessus du chœur de l'église. L'aile des cuisines est élevée sur les fondations d'un bâtiment préexistant et conserve en sous-sol des installations hydrauliques (bassins, fontaines) correspondant probablement aux jardins de l'ancienne demeure de Thunes. En 1666, Sébastien Baillond s'associe à nouveau avec son frère Pierre pour construire la muraille de soutènement avec arcades séparant les carmes déchaussés de la maison du Sieur Demoulceau, ultérieurement clos des Sœurs grises dites de la marmite. En 1679, les archives mentionnent une campagne de travaux mal identifiée, qui a donné lieu à un contentieux entre les carmes déchaussés et leurs maçons Jean-Claude Fauve et Pillotte. Elle pourrait concerner la surélévation du bâtiment central pour la création de la grande bibliothèque au deuxième étage ou à la construction de l'escalier à quatre noyaux.

Les dortoirs de l'aile sud (1684)

En 1684, l'aile sud du cloître "entre le chemain et le parterre" est surélevée de deux étages de dortoirs. La construction de ce bâtiment "allant depuis le chœur des Carmes déchaussés jusqu’aux degrés descendans à leur cuisine" est assurée par Claude Bonnet, maître maçon, et François Paquin, maître charpentier (Prix faits du 20 mai et du 20 juin 1684, AD Rhône, 12 H 28). Cette campagne comprend également la création de l'escalier de la bibliothèque dans l'épaisseur du mur est, entre le deuxième et le troisième étage, et l’aménagement intérieur de la roberie, au deuxième étage de la galerie est du cloître, et de la bibliothèque, au deuxième étage du corps central.

Les embellissements du 18e siècle

Au 18e siècle, le couvent bénéficie de revenus plus réguliers grâce au versement d’une rente annuelle de 200 livres par le Consulat à partir de 1723, mais également grâce à l’exploitation de la propriété foncière du couvent sur la frange densément lotie du quartier de Bourgneuf, au pied des falaises. Les travaux documentés alors sont consacrés à l’embellissement et à la décoration de l’église, ainsi qu'à l'aménagement des espaces intérieurs du couvent.

L'achèvement de l'église (1729)

En 1729-1730, la construction d'une nouvelle façade pour l'église est financée par un don de 2 000 livres de la part de la Ville (AC Lyon, BB 293, f°164). La façade est dessinée et élevée par deux architectes de la famille Roche, Jacque ou Jacob Roche dit l'aîné, et sans doute Jean-Baptiste Roche, qui ne signe que de son patronyme (Prix fait du 14 janvier 1729, AD Rhône, 12 H 29). La campagne d'achèvement de l'église comprenait également l'achèvement des voûtes, des socles et chapiteaux manquants ainsi que de la corniche à l'intérieur de l'église ; des réparations à la corniche et au retable, le rétablissement du pavement à l'entrée de l'église et un blanchissage généralisé de l'édifice. Une fenêtre est percée dans la façade ouest des bâtiments conventuels (dernière chambre du grand dortoir, communiquant avec la tribune). En 1732, Jean Pierre la Grave, maître maçon, construit un escalier et perron à trois pans descendant du chemin à l'entrée de l'église, ainsi qu'un mur de clôture achevé par deux pilastres (Prix fait du 22 décembre 1731, AD Rhône 12 H 29) ; alors que Claude et Joseph Rigollet réalisent la menuiserie de la porte de l'église, toujours en place (Prix fait du 26 avril 1732, AD Rhône 12 H 28). En 1738, le carrelage de l'église en damier noir et blanc est complété dans les parties nouvellement construites : les carreaux noirs en pierre de Saint-Fortunat sont fournis par Jacque Berger, maître tailleur de pierres, les carreaux blancs étant fournis par les carmes (Prix fait du 14 janvier 1738, AD Rhône 12 H 29).

Le réfectoire (1730)

En 1730, le réfectoire est doté de boiseries par Claude Ray (ou Rey), maître menuisier, qui assure en même temps le boisage du chœur de l'église (Prix-fait du 20 octobre 1730, AD Rhône, 12 H 29). Ces boiseries sont décrites en 1791 comme "un assemblage de menuiserie en bois de noyer, composé pareillement de pilastres, panneaux, sièges et corniches. Elle porte y compris la porte d’entrée et celle de la chaire du lecteur en longueur ou pieds courants 126 pieds sur 5 pieds de hauteur sans le plafond."

Le chœur d'en-haut (1743)

Le chœur annexe situé au premier étage du bâtiment central était appelé "chœur d'en haut" par opposition au "chœur d'en bas" ou "chœur des religieux" situé au rez-de-chaussée du même bâtiment, communiquant avec l'église. Cette pièce était déjà dotée de boiseries en 1679, puisqu'elles servent de modèle à l'artisan chargé du boisage du chœur d'en bas. Elle fait l'objet d'une campagne de décoration générale en 1742-1743, peut-être à la suite de son agrandissement par la suppression d'un plancher intermédiaire et le transfert de la bibliothèque à l'étage supérieur. En juin 1743, Jacques Rollet, entrepreneur, réalise la fausse voûte du plafond et le décor en stuc (rosace au centre du plafond, corniche au pourtour de la pièce, deux pilastres et douze grands cadres ou panneaux sur les murs), et intervient également sur les baies en œil-de-bœuf et les vitraux du chœur, ainsi que sur les fenêtres du réfectoire (État des ouvrages réalisés en juin 1743, AD Rhône 12 H 29). Le menuisier Claude Ray fournit un grand placard en bois de chêne occupant l'ensemble du mur est du chœur, intégrant un petit autel en marbre, et deux croisées de fenêtres (Prix fait du 3 septembre 1742, AD Rhône 12 H 29). En 1791, les trois autres murs de la pièce portaient une boiserie en noyer avec pilastres, panneaux, corniche, dossiers et sièges. Les cadres ménagés sur ces trois murs accueillaient dix grands tableaux de Daniel Sarrabat représentant les principales actions de sainte Thérèse (Procès-verbal d'estimation des œuvres d'art du couvent des carmes déchaussés, du 25 août au 1er septembre 1791).

La bibliothèque

L’importance de cette bibliothèque, qui comptait 5 550 volumes en 1771, est due au rôle d’enseignement du couvent de Lyon : après avoir accueilli un noviciat dès 1620, le couvent devient la maison de formation des religieux profès pour l'ensemble de la province d'Avignon au cours du 17e siècle, puis accueille le second cycle d'études (cycle de théologie) au siècle suivant. Au milieu du 18e siècle (campagne non documentée), la bibliothèque est dotée de remarquables boiseries en noyer décorées de pilastres cannelés portant armoiries à la base et formant dix-huit tablettes de livres, surmontées de vingt-cinq tableaux représentant les docteurs et les pères de l’Église. Ces boiseries, toujours en place en 1800 au moment où le couvent est transformé en caserne de conscrits, sont ensuite transférées au Palais Saint-Jean à la demande du cardinal Fesch, sans doute avant la mise en vente de la propriété en 1803 (AC Lyon 310 WP 128). Toujours en place, elles reçoivent aujourd'hui la bibliothèque de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.

Dans les espaces de vie du couvent, les descriptions et inventaires révolutionnaires laissent apparaître une réorganisation intérieure visant à attribuer plus d'espace privatif aux religieux qui paraissent moins nombreux qu'auparavant. Dans les dortoirs de l'aile sud, les cellules sont regroupées en appartements de deux chambres ; les novices occupent 14 cellules du grand dortoir de l'aile nord, alors que les quatre cellules restantes ont été regroupées pour former un appartement de surveillant. En revanche, les domestiques sont logés en cellules au-dessus du réfectoire.

Le couvent désaffecté après la Révolution française

En 1790, le couvent de Lyon ne comptait que quatorze religieux (huit prêtres, cinq convers, un oblat), parmi lesquels trois seront victimes de la Terreur : le Père André Blanchard, dernier prieur, et le Père Louis-Ambroise Sireude, conventuel d’Avignon, tous deux fusillés comme prêtres réfractaires le 2 février et le 3 janvier 1794 sur la plaine des Brotteaux, ainsi que Jean-Baptiste-Claude de la Poix de Fairrinville, guillotiné le 7 avril 1794.

A la suite du décret du 13 février 1790 supprimant les ordres religieux à vœux solennels, l’inventaire des biens et revenus du couvent des carmes déchaussés est dressé le 4 juin 1790, puis l’inventaire des biens mobiliers de la communauté les 2 et 3 mai 1791. Les propriétés divisées en quatre lots sont mises en vente à partir de mai 1791 : le 12 décembre, la Ville de Lyon fait l’acquisition du troisième lot comprenant l’église, les bâtiments claustraux, les jardins et la grande terrasse. Le pavillon de l’ermitage, la maison des hôtes et les écuries, appartenant à d’autres lots, passent en mains privées. Avant les ventes, il est procédé à un inventaire et à une estimation plus fine des objets d'art, en vue de sélectionner les œuvres qui doivent être préservées et déposées à l'Hôtel de ville, entre le 25 août et le 1er septembre 1791.

La Ville envisage initialement d'établir une maison de correction ou dépôt de mendicité dans les locaux des deux couvents voisins des carmes déchaussés et des capucins du Petit-Forest et fait dresser à cet effet quatre plans par l'architecte Forobert (AD Rhône, 1 Pl 50-53), mais ce projet était déjà abandonné en août 1794 (Délibérations du district, AD Rhône, 6 V 12). Dès lors, la Ville loue les bâtiments à un particulier, le citoyen Valay, jusqu’en 1800. En 1799, des travaux de réparation sont effectués afin de transformer le couvent en dépôt destiné à renfermer les filles publiques (AN F/16/749). Le 26 pluviôse an VIII (15 février 1800), l'autorité militaire réquisitionne le couvent pour servir de casernement aux bataillons de conscrits arrêtés dans les départements du sud-est et rassemblés à Lyon (AD Rhône, 1 L 889), et fait expulser le locataire. Les autorités municipales cherchent alors à préserver la bibliothèque qui conserve toujours ses boiseries précieuses, mais cette pièce est fortement réclamée par le commandant du dépôt pour lui servir d'appartement. Après le départ des militaires, on envisage le transfert aux carmes déchaussés des détenus de la maison de détention de Saint-Joseph : le 19 brumaire an IX (10 novembre 1800), l’architecte Querville adresse au préfet les plans, élévations, profils et devis du projet, non conservés (AD Rhône, 1 Y 294).

En 1803, la Ville de Lyon vend les bâtiments à Jean-Baptiste Gargot, marchand de chevaux à la Guillotière (État des lieux du 14 ventôse an 11, dressé par Toussaint Loyer, AC Lyon 310 WP 1281). Dès le 21 octobre 1803, la propriété passe entre les mains de Charles-Etienne Rondot, qui loue les bâtiments à l’œuvre du Refuge Saint-Michel de 1809 à 1815. La description et état des lieux du 24 janvier 1809 (AC Lyon, 744 WP 070/1) témoigne des transformations du bâtiment survenues pendant la période révolutionnaire : dans l’aile nord, le bâtiment côté Saône a été entièrement décloisonné au premier étage, formant une seule et unique pièce éclairée par 18 croisées. On ne trouve plus aucune œuvre d’art, à l’exception d’un tableau représentant le Christ conservé dans l’ancienne salle capitulaire, mais les autels des chapelles latérales et les boiseries du réfectoire sont toujours en place, ainsi que deux alcôves au chauffoir et à l’infirmerie. En juin 1815, Rondot propose au préfet du Rhône la location du couvent pour y installer une succursale de l'hôpital militaire (AD Rhône, 6 V 12).

Le 30 juin 1817, André Nouvellet, qui avait reçu la propriété de son beau-père huit mois plus tôt, la vend à cinq anciennes religieuses de la communauté de Sainte-Elisabeth de Lyon qui en restent propriétaires pendant dix ans, sans que l'on sache si le site avait alors une fonction conventuelle ou caritative. Elles le vendent à nouveau en 1837 à un groupement de quatre propriétaires privés. Depuis 1833, le bâtiment était loué à Félix Bon, maire de la commune de Sainte-Foy, qui le transforme en caserne de passagers destinée au logement des troupes en marche : un traité de concession pour la gestion de cette caserne lui est attribué par la Ville de Lyon entre 1842 et 1857 (AC Lyon, 1212 WP 7). La caserne permet le logement de 12.000 militaires dans 600 lits et occupe cinq employés en 1851. En 1848, la caserne est brièvement réquisitionnée pour le logement de la Légion de la garde nationale mobile de Lyon, dont les volontaires sont appelés «Voraces». Des réparations et aménagements décrits comme considérables sont nécessaires en 1833, 1848, puis 1855 : blanchissage généralisé à la chaux, déplacement des lieux d’aisance, subdivision de l’église en cinq ou six compartiments servant de dortoirs.

La restauration des carmes déchaussés

En 1857, la Sœur Marchand, supérieure des Filles de la Charité prend l'initiative d'une campagne de quêtes visant à racheter le bâtiment pour y rétablir un couvent de la congrégation des carmes déchaux de France, restaurée à partir de 1839 par le Père Dominique de Saint-Joseph au couvent du Broussey près de Bordeaux (P. Elisée Alford, Annales brèves des carmes déchaux de France). L'acte de vente est passé le 8 septembre 1859 pardevant Maître François-Félix Berloty pour la somme de 130 500 francs : l'architecte Pierre-Marie Bossan est signataire de l'acte comme représentant de Sernin Moura, acquéreur, prêtre religieux domicilié à Carcassonne (AD Rhône, 4 N 381).

Les religieux s’installent en 1858 et entreprennent une importante campagne de restauration, conduite par Pierre-Marie Bossan et l’entrepreneur Bernard (AP Carmes déchaux, Annales manuscrites des carmes déchaux de France, vol. 1, p. 321 et suivantes). Le couvent, officiellement restauré en 1860, est placé sous la direction du prieur Hermann Cohen (en religion le Père Augustin du Saint-Sacrement), ancien pianiste mondain, célèbre pour sa conversion du judaïsme au catholicisme et ses talents de prédicateur. Pendant l’hiver 1859-1860, les frères aménagent un noviciat au deuxième étage de l’aile nord, qui devient en 1867 le noviciat provincial de la province d'Avignon. Les religieux se réservent les bâtiments de l’aile sud, sur le chemin de Montauban, dont les ouvertures sont modifiées en 1859 (percement de quatre croisées et modification de quatre autres, exhaussement du mur de clôture par l'entrepreneur Bernard, domicilié 5 rue des Bouchers : AC Lyon, 315 WP 67). Un système de chauffage par calorifères est installé. Une chapelle est aménagée au deuxième étage de l'aile des cuisines et décorée de peintures murales par Paul Borel en 1862, notamment L’Adoration des Mages et La Mort de saint Joseph (les trois peintures murales sont conservées en place au moins jusqu'en 1935). Le bâtiment central est agrandi au troisième étage, la bibliothèque s'étendant désormais sur l'ensemble du bâtiment, au-dessus du grand escalier. En 1868, des travaux ponctuels sont conduits dans l'église : construction d'une petite sacristie dans l'intervalle des deux chapelles latérales sud, aménagement d'une chapelle supplémentaire au nord du porche, commande d'un tableau de Claudius Barriot pour l'autel des âmes du Purgatoire.

La chute du Second Empire met un coup d'arrêt à cette tentative de restauration. En septembre 1870, l’église est saccagée par une troupe de volontaires italiens républicains venus soutenir la jeune République dans sa guerre contre la Prusse. A l’issue du conflit, ces dégradations feront l'objet d'une importante compensation financière (92 143 francs). Mais les religieux ne paraissent plus désireux de développer leur couvent de Lyon. En 1874, en accord avec les pères carmes, Léopold Niepce propose l'installation des archives municipales, du musée historique du Vieux Lyon et des archives départementales dans les bâtiments du couvent des carmes déchaussés ("Projet de la création d'un musée historique à Lyon", Revue du Lyonnais, mai 1874). Léon Charvet réalise dès 1874 un relevé des bâtiments (Musées Gadagne, N 493.6) et une esquisse du projet d'appropriation des bâtiments (AD Rhône, 3 PL 534). Le projet est ensuite sérieusement travaillé par l'architecte de la Ville de Lyon, Abraham Hirsch, et l'architecte du Département, Antonin Louvier, qui livrent une série de plans cosignés en 1875 (AD Rhône, 3 PL 536).

En 1880, le décret sur les congrégations religieuses non autorisées entraîne l'expulsion des carmes déchaussés de Lyon et la fermeture de leur église placée sous scellés. En septembre 1882, les religieux louent les bâtiments du couvent à l'enseignant Arthur Hippolyte Savigny qui y installe l'Institut préparatoire au baccalauréat et aux écoles du gouvernement, institution d'enseignement privée apparemment non confessionnelle. Revenus discrètement sur le territoire, les religieux se réservent les bâtiments des cuisines et du réfectoire, qui sont desservis par une entrée propre au 6, chemin de Montauban. En 1886 et 1887, Arthur Savigny fait deux demandes d'autorisation pour obtenir la réouverture de l'église au culte à destination des pensionnaires mais elles sont refusées. En 1904, le directeur déclare avoir réalisé de "grosses réparations" sous la direction de M. Marcoz architecte à Lyon (50.000 F), dont maçonnerie, charpente, aménagement intérieur et installation du gaz (AD Rhône 6 V 86). C'est probablement Arthur Savigny qui a fait supprimer les arcades de la galerie nord du cloître, transformé en gymnase couvert par une verrière.

En 1901-1902, la congrégation des carmes déchaussés est définitivement dissoute en application de la loi sur le contrat d'association et les religieux se réfugient au couvent de Mons en Belgique, avec leur sacristie et leur bibliothèque. Cependant, en 1904, ils louent les bâtiments du couvent à l'enseignant Fernand Robert qui y établit une institution d'enseignement secondaire non confessionnelle, l’École nouvelle, et réalise à son tour des travaux d'aménagement avant d'être expulsé par le Département du Rhône, en juillet 1906 (AD Rhône 4 N 381).

Les archives départementales

En décembre 1904, le couvent est mis en vente publique par autorité de justice dans le cadre de la liquidation judiciaire des propriétés de l'ancienne congrégation des carmes déchaussés. Après deux adjudications infructueuses, le bâtiment est acquis par le Département du Rhône qui projette d’y installer les Archives départementales, le 13 mai 1905, pour la somme de 37 600 francs. Le mobilier courant abandonné par les carmes est vendu aux enchères le 12 juillet 1905.

L’architecte départemental Louis Rogniat est chargé de préparer un projet de restructuration du bâtiment et d'aménagement des nouvelles archives départementales en août 1905. Trois projets sont présentés à la commission spéciale des archives, le 29 août 1906. Le premier projet, qui a été validé et réalisé, prévoit la démolition de l'église des carmes et la construction d'un bâtiment neuf consacré aux fonctions archivistiques sur l'emplacement des chapelles latérales sud. Le deuxième projet, en revanche, proposait de loger l'ensemble des fonctions du programme dans les espaces existants : il préservait en partie l'église des carmes, subdivisée toutefois en deux étages (installation de trois logements au rez-de-chaussée, de la salle de lecture et du bureau de l'archiviste à l'étage) et amputée des chapelles latérales nord, sur l'emplacement desquelles était créée une grande allée conduisant directement à l'escalier rampe-sur-rampe. Enfin, le troisième projet, maximaliste, proposait de conserver et d'aménager l'intégralité des espaces existants, et de construire en outre un bâtiment neuf à l'est du tènement, sur le parvis de l'église, relié au bâtiment principal par une galerie. Le choix du premier projet impliquant la démolition de l'église des carmes est uniquement justifié par la nécessité d'assurer une séparation hermétique entre les dépôts de conservation et les espaces de travail et de logement, pour prévenir les incendies.

Le parti d'aménagement finalement retenu et réalisé s'articule autour de la démolition de l'église, dont seule la partie basse de la façade est conservée et sert de porte monumentale donnant accès à une cour intérieure. Le clocher, isolé au bout de cette cour et simplement relié à l’ensemble par son énigmatique corridor, est vraisemblablement conservé à titre de signal urbain. Le bâtiment central n'est pas modifié : l’ancien chœur des religieux au rez-de-chaussée devient la salle de reliure, le « chœur d’en-haut » au premier étage accueille le bureau du directeur, tandis que la bibliothèque est maintenue à son emplacement au deuxième étage. Conservé sur trois côtés, le cloître dont la verrière est remplacée accueille la salle de tri. Le grand bâtiment conventuel de l'aile nord est dédoublé par la construction d'une aile accolée sur l'emplacement des chapelles latérales nord, et aménagé en un immense dépôt continu équipé de rayonnages sur trois niveaux. Une façade monumentale percée d'imposantes baies à meneaux et double traverse est érigée côté Saône. L’aile des cuisines, le réfectoire et l’aile sud du cloître sont subdivisés en plusieurs niveaux de magasins. Au sud, sur le chemin de Montauban, Louis Rogniat construit un nouveau corps de bâtiment de trois niveaux à l’emplacement des anciennes chapelles latérales et exclusivement dédié aux fonctions archivistiques (locaux techniques en soubassement, salle de lecture et bureaux au premier étage, logements de fonction au deuxième étage).

Le projet de Louis Rogniat était conçu initialement comme une appropriation à moindres frais du bâtiment à ses nouvelles fonctions : il prévoyait d'exploiter autant que possible les structures existantes en logeant des magasins d'archives dans les différents corps de bâtiments sans remanier le plan général du couvent. L'architecte procède par la technique du curetage interne en débarrassant les bâtiments de toutes leurs cloisons et planchers intérieurs pour ne conserver que l'enveloppe extérieure de maçonnerie et de charpente. La coquille vide des grands dépôts est ensuite occupée par une ossature métallique de rayonnages auto-porteurs : chaque épi de rayonnages est composé de poteaux en fers IPN montant de fond et reposant au sol sur des dalles en ciment armé capables de supporter une charge allant jusqu'à 2500 kg par m². Les supports métalliques sont reliés entre eux par des tablettes en bois de sapin, recevant les liasses d'archives, et par des planchers en caillebotis métalliques servant à la circulation. Cependant, un rapport de l'architecte daté du 19 août 1911 indique que la qualité et la résistance des structures anciennes avaient été grandement surestimées au moment de la conception du projet et qu'il a été nécessaire de procéder à des démolitions plus importantes en cours de chantier, justifiant ainsi un considérable dépassement de crédits. La démolition de l'église, contre laquelle les bâtiments conventuels étaient accolés, et la suppression des planchers intérieurs fragilisent les murs extérieurs. Tous les murs extérieurs doivent être repris depuis les fondations (façade nord, réfectoire) ou consolidés par des cerclages ou des tirants métalliques (corps central), et la plupart des toitures doivent être remplacées, en privilégiant les charpentes métalliques ou semi-métalliques par souci de prévention de l'incendie.

La première phase de travaux, réalisée entre 1907 et 1911, comprend les travaux de gros-œuvre sur l'ensemble du bâtiment (démolitions, remaniement des façades, toitures, huisseries et vitrerie), mais seuls les grands dépôts de l'aile nord, le bâtiment neuf des archives et les bureaux installés dans le corps central sont aménagés à l'intérieur. Le cloître, le réfectoire et l'aile des cuisines ne sont pas touchés par cette première campagne d'aménagement. L'aile des cuisines est progressivement équipée de magasins à partir des années 1930. L'ancien réfectoire est équipé de rayonnages avec mezzanine au rez-de-chaussée en 1927 (sous la direction de Louis Rogniat), puis quatre niveaux de magasins soutenus par une armature métallique sont aménagés par l'architecte départemental Pierre Verrier en 1937-1939. En 1976-1977, les vestiges bien conservés de l’aile des cuisines (cheminée, piliers, arcades) sont remis en valeur lorsque ces bâtiments sont transformés en salles d’expositions, et les dispositions du cloître sont rétablies.

Par ailleurs, dans le deuxième tiers du 20e siècle, d'importants travaux de consolidation du terrain sont nécessaires, le sol étant profondément déstabilisé depuis la création en 1875 de la ligne ferroviaire Lyon-Montbrison qui passe sous les jardins du couvent. Le mur de soutènement dominant le quai Pierre-Scize se lézarde subitement et doit être consolidé une première fois au mois de mars 1910. En 1922, le Département est condamné à réparer les dommages causés par l'éboulement de rochers dans la propriété Arène en contrebas, et engage un programme de consolidation des rochers dits des carmes, inspirés des travaux de consolidation du rocher des chartreux conduits par la Ville de Lyon de l'autre côté de la Saône. La méthode adoptée consiste à décaper les couches de rocher altérées par les infiltrations d'eau jusqu'à la roche stable, à retailler la paroi rocheuse suivant un talus régulier à 20% recouvert d'un glacis imperméable au mortier de ciment puis à construire un mur de soutènement formant revêtement de la paroi rocheuse. En raison de la forte visibilité des lieux, les services techniques font le choix d'un mur de soutènement en maçonnerie de moellons grossièrement appareillés plutôt qu'en béton armé, estimant que celui-ci se salissait rapidement. La tour de plan carré appelée pavillon de l’ermitage parce que les religieux l'utilisaient pour effectuer des retraites régulières en dehors de la communauté doit être détruite en 1926. Directement construite sur les rochers de Thunes, à l'extrémité de la terrasse supérieure des jardins, ce bâtiment ménageant au sommet un logement de deux étages couvert en pavillon et percé de fenêtres à meneaux est antérieur à l'implantation des carmes. Il s'agit vraisemblablement d'une partie de la maison dite du Petit Thunes, dont d'autres baies à meneaux, intégrées au mur de clôture de la terrasse, sont visibles sur les photographies anciennes. Le clocher de l'ancienne église doit également être consolidé en 1929.

En 1980, le bâtiment est saturé et le Département doit aménager un second dépôt destiné à accueillir la section moderne des Archives départementales dans le 3e arrondissement de Lyon, rue Servient. La position centrale de ce nouveau bâtiment, proche de la Préfecture et de la Part-Dieu, et la popularité des fonds d’archives modernes relèguent peu à peu le bâtiment des carmes déchaussés abritant la section ancienne au rang d’annexe. En 2014, le Département du Rhône fait construire un nouveau bâtiment dans le quartier de la Part-Dieu, afin de réunir les deux sections (architecte : Bruno Demetier). L’ancien couvent des carmes déchaussés est vendu à l’Institution Sainte-Marie de Lyon qui souhaite le transformer en établissement scolaire avec classes et internat (permis de construire déposé en octobre 2014). La congrégation des Maristes, fondée à Lyon en 1822, a développé ses activités d’enseignement autour de la maison mère située au 4, montée Saint-Barthélémy et possède déjà plusieurs établissements scolaires dans le quartier Saint-Paul (Lycée), et au sommet du chemin de Montauban (école et collège, 28 chemin de Montauban ; classes supérieures, 14 chemin de Montauban).

Genre de carmes déchaussés
Vocables Notre-Dame du Mont-Carmel
Destinations caserne, pensionnat, archives
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Lyon Urgences
Adresse Commune : Lyon 5e
Adresse : 2 chemin de Montauban
Cadastre : 2012 AB 30 ; 1831 R 236

Le couvent de carmes déchaussés est fondé en 1617 par le marquis Philibert de Nérestang qui acquiert deux maisons dites Petit-Thunes et Grand-Thunes, bâties sur les rochers de Thunes, au flanc nord de la colline de Fourvière. Après de longues négociations avec le Consulat, le couvent est officiellement reconnu en mai 1619. En 1618-1619, les religieux aménagent des installations provisoires dans la maison du Grand Thunes et ses dépendances. L’église, construite à partir de 1622, est consacrée en 1640 et prolongée de deux chapelles latérales supplémentaires dans la deuxième moitié du 17e siècle. Les bâtiments conventuels sont construits en plusieurs campagnes entre 1625 et 1684. Entre 1625 et 1650 sont construits le cloître, un dortoir non localisé et vraisemblablement le réfectoire. L'aile nord formant extension et surélévation de la galerie nord du cloître est construite en 1651 par les frères Sébastien, Françoys et Pierre Baillond, maîtres-maçons. L’aile des cuisines est construite en 1663 par Sébastien Baillond et Estienne Simon, dit Terman. L'aile sud est construite en 1684 par Claude Bonnet. En 1729, la façade de l’église est élevée par les architectes Jacob (ou Jacques) et Jean-Baptiste Roche, et d’importants travaux de décoration sont conduits dans le deuxième quart du 18e siècle. En 1791, le couvent nationalisé est vendu à la Ville de Lyon qui envisage d’y établir une caserne, un dépôt de mendicité ou une maison de détention, en tirant parti de sa position quasi fortifiée. Sous l’Empire, les bâtiments sont brièvement réquisitionnés et utilisés comme caserne en 1800. Vendu par la Ville en 1803, le couvent mis en location par ses propriétaires accueille successivement le Refuge Saint-Michel de 1809 à 1815, puis une caserne gérée par concession de la ville de Lyon entre 1833 et 1857. Les carmes déchaussés rachètent leur ancienne propriété en 1857, font restaurer l’église et les bâtiments conventuels par l’architecte Pierre-Marie Bossan et l’entrepreneur Bernard et rétablissent un couvent avec noviciat dirigé par le prieur Herman Cohen à partir de 1860. Des travaux de décoration religieuse sont assurés par les peintres Paul Borel en 1862 et Claudius Barrot en 1867. Après la dissolution des congrégations religieuses, le bâtiment est acheté par le Département du Rhône en 1904 pour accueillir les Archives départementales. L'architecte départemental Louis Rogniat effectue une restructuration complète du bâtiment en 1907-1912. Les travaux sont achevés en 1911 et les archives ouvrent au public en 1912, mais les travaux d'aménagement de magasins se poursuivent pendant tout le 20e siècle. Les magasins de l'aile du réfectoire sont aménagées en 1937 par Pierre Verrier. L'église est détruite à l'exception de la partie inférieure de la façade et du clocher. Un nouveau corps de bâtiment de trois niveaux est construit au sud-est, sur l'emplacement des chapelles latérales de gauche. L'ensemble de l'aile nord, côté Saône, est unifié et transformé en un corps de magasins continus sur trois niveaux, prolongé par une extension sur l'emplacement des chapelles latérales de droite et équipé d'une structure interne de rayonnages métalliques autoporteurs. Le cloître, dont les galeries voûtées sont conservées sur trois côtés, est transformé en salle de tri, puis en cour intérieure. Le réfectoire, l'aile des cuisines et l'aile sud du cloître sont aménagés en magasins. En 2014, les Archives départementales sont transférées dans le quartier de la Part-Dieu et le bâtiment des carmes déchaussés est vendu aux Maristes de Lyon pour la création d’un établissement scolaire avec internat.

Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 3e quart 17e siècle, 4e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 18e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1650, daté par source
1663, daté par source
1684, daté par source
1729, daté par source
1859, daté par source
1907, daté par source
1937, daté par source
Auteur(s) Auteur : Roche Jacob ou Jacque, architecte, attribution par source
Auteur : Roche Jean-Baptiste, architecte, attribution par source
Auteur : Bossan Pierre-Marie, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Rogniat Louis, architecte départemental, attribution par source
Auteur : Verrier Pierre, architecte départemental, attribution par source

L’ensemble se compose de six corps de bâtiments de hauteurs et niveaux inégaux, disposés en quadrilatère autour de deux cours intérieures à l’emplacement de l’église détruite et du cloître. Les bâtiments sont majoritairement couverts de tuiles mécaniques. Vestiges de l'ancienne église : façade scandée par six pilastres corinthiens soutenant une corniche, porte surmontée d’un décor héraldique. Clocher couvert d’un petit dôme en ardoises avec épi de faîtage. Pavement en damier noir et blanc conservé sous le porche, traces de décor visibles dans le mur nord (arcs, pilastres, corniche). Bâtiment central : rez-de-chaussée et deux étages carrés de grande hauteur ; escalier tournant à gauche, à retours à deux volées droites rampe-sur-rampe avec mur-noyau, desservant les salles du bâtiment central par l’intermédiaire d’un couloir construit au-dessus de la galerie est du cloître. Au deuxième étage du couloir, volée d’escalier courbe entre-murs donnant accès au deuxième étage du bâtiment central (bibliothèque). Cloître : galerie voûtée d’arêtes conservée sur trois faces, dédoublée par un couloir aveugle également voûté au sud. Bâtiment sud : quatre niveaux de magasins construits au-dessus de la galerie et du couloir du cloître, dont un étage entresolé. Escalier situé à l'angle sud-ouest du cloître : escalier tournant à retours à trois volées droites avec jour, à quatre noyaux et rampe d’appui en pierre, dans une cage rectangulaire couverte d’une verrière. Aile ouest (ancien réfectoire) : étage de soubassement voûté en berceau, rez-de-chaussée surélevé avec mezzanine en structure métallique, quatre étages carrés (dont un étage entresolé) supportés par des chevalements métalliques. Aile sud-ouest (anciennes cuisines) : fontaine et bassins en sous-sol ; rez-de-chaussée flanqué d'une galerie à arcades voûtée d’arêtes ouverte sur la terrasse (marques de tâcherons), conservant une cheminée monumentale, une pièce voûtée d'arêtes retombant sur des piliers à chapiteaux cubiques, fontaine sculptée en remploi ; quatre étages carrés (dont un étage entresolé). Aile nord (anciens bâtiments conventuels) : grands magasins continus occupant deux vaisseaux accolés couverts de deux toitures à faîtages parallèles, structure intérieure métallique autoporteuse superposant quatre niveaux à plancher en caillebotis métallique (deux étages de soubassement dont un étage entresolé, rez-de-chaussée surélevé et un étage carré) ; façade sur Saône ordonnancée à 19 travées percées d'un rang de grandes baies à meneaux et double traverse, puis d'un rang de baies à meneaux et simple traverse ; double galerie voûtée d’arêtes en soubassement en-dessous de la galerie et du couloir nord du cloître. Aile sud-est (bâtiment neuf des archives) : tour d'escalier, escalier tournant à retours à quatre volées droites avec jour, suspendu, doté d’un garde-corps en ferronnerie ; rez-de-chaussée aveugle, salle de lecture et bureaux au premier étage, appartements du directeur et du gardien au deuxième étage. Escaliers de magasinage reliant les magasins superposés : escaliers en vis en fonte. Jardins en terrasse reposant sur des murs de soutènement anciens à arcades et des murs modernes en béton et parement de moellons : escalier isolé en fer-à-cheval, vestiges d'une ancienne grotte de Lourdes.

Escaliers escalier isolé, escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
États conservations désaffecté
Techniques

Annexes

  • ANNEXE 1 : Récit de fondation du couvent des carmes-déchaussés de Lyon

    Extraits de SAINTE-THERESE, R.P. Louis de. Annales des carmes deschaussez de France. Paris, chez Charles Angot : 1665. 796 p.

    Texte intégral consultable sur Gallica.

    Fondation du couvent de Lyon, 1617 (p. 113-115)

    "L’an 1617 N.R.P. Bernard de saint Joseph Provincial revenant du Chapitre Général avec son compagnon, qui estoit le R.P. Joseph de sainte Marie, premier Profez de nostre Convent de Paris, vint à Lyon et y trouva ledit seigneur de Nerestang, qu’il tascha de porter à faire son establissement en ladite ville de Lyon, luy remontrant qu’en cette grande ville Dieu seroit davantage glorifié, et qu’il s’y feroit plus de Religieux, qu’au lieu par luy designé. Au mesme temps que notre Père sollicitait ce Seigneur par raisons, il taschoit par Oraisons de procurer du Ciel la Fondation en cette ville.

    Un jour ledit Seigneur estant venu voir nostre Pere, qui estoit logé aux Carmes où il avoit esté receu avec la charité ordinaire de Reverendissime Evesque de Damas Suffragant de Lyon, il luy dit qu’il vouloit acheter une maison proche de Lyon appelée la Chapelle saint Ferriol ; autrement la Duchère, et que dans l’enclos on y pourroit fonder notre Convent, et qu’ainsi il le prioit de la venir voir et y dire la sainte Messe, ce qui fut fait ; et comme ils alloient à pied le long de la riviere de Saone qui est du costé des Chartreux, Monsieur de Nerestang montra de l’autre costé de la rivière sur la montagne de Fourviere un logement consistant en deux corps de maison et deux jardins separez de muraille, confinant au jardin des Capucins, qu’on appeloit le petit et grand Tunes, bastie par un Chevalier de Malthe enfant de Lyon, au retour de sa captivité en la ville et Royaume de Tunis. Ce logement est entre la petite rue qui est au bas de la montagne de Fourviere qui va à Pierre Encise, où est la porte de Veze, et le Précipice qui tend à la rüe de Bourg-neuf, sur les roches ou balmes appelées les Roches de Tunes, au pied desquelles et de ladite rüe passe la rivere de Saone, et luy dit qu’il avoit voulu acheter ce lieu : notre Pere ne fit alors grande réflexion sur ce discours.

    Ledit Seigneur et nos Peres estans arrivez à la Duchere, comme il fut question d’y dire la sainte Messe, il ne se trouva point de pierre consacrée, si bien qu’il fallut revenir à Lyon pour la celebrer. Monsieur de Nerestang desira qu’il la dit aux Capucins, en y allant ils passerent par devant ledit logement de Tunes et y entrerent : si tost que nostre Pere fut dedans, Dieu l’inspira de dire audit seigneur : Monsieur, il faut que nous nous establissions ceans : plus nostre Pere voyoit le lieu, plus il le confirmoit en sa pensée, il luy montroit ce qui seroit propre pour l’Eglise, le Chœur, le Refectoir et Dortoir, ce qui fut extrémement gousté par ledit Seigneur, lequel se resolut aussi tost de l’acheter, et le contrat d’achat fut passé le 21 Aoust de ladite année 1617, et aussi-tost Monsieur de Nerestang voulut que nos Peres y allassent demeurer.

    Ce qu’ils firent, sans ceremonie pourtant, et sans y planter la Croix, tant à cause qu’ils n’avoient pas le consentement de la Ville, qu’à cause que nos Supérieurs Generaux n’avoient pas encor accepté ladite Fondation. Nos Peres remarquerent que dans les fenestres du second estage, où on fit l’Eglise, le Chœur, l’Oratoire et la Sacristie, l’Histoire de la Vierge et de saint Joseph estoit peinte aux vitres et que dans icelle il y avoit deux personnages vestus à la manière de nos Religieux qui cheminent, veu que derriere leur Capuce qu’ils avoient en teste, ils avoient un chapeau qui tomboit derriere leurs espaules."

    La cérémonie de prise de possession, 1618 (p. 116-117)

    "Monsieur de Nerestang averty que le jour de la prise de possession, on vouloit exciter une sedition populaire, se resolut de la faire prendre en secret et sans qu’aucun en fut averty, non pas mesme nos Religieux : Il fit acheter secretement deux cloches, une pour sonner les Messes pesant environ quarante livres et une autre de six pour les actes du Cloitre, lesquelles Monseigneur le Suffragant benit en son Convent des Carmes : Il fit faire la Croix longue d’environ cinq canes et épaisse d’environ un pied en carré, et un jour qu’il negeoit bien fort on prit possession Canonique dudit Convent au mois de Fevrier de ladite année 1618.

    Ce jour ce bon Seigneur de Nerestang s’habilla richement, sur le pan gauche de son manteau paroissoit l’armoyrie de Grand Maistre de l’Ordre des Chevaliers de l’Ordre de Nostre-Dame du Mont-Carmel : la Croix de l’Ordre estoit panduë à son col, comme celle des Chevaliers du saint Esprit. Le Revrendissime Robert Berthelot Evesque de Damas et Suffragant de Lyon, qui estant de l’Ordre des Carmes avoit esté élevé à ces dignitez par la piété, merites et grande doctrine, Protecteur singulier de nostre Reforme, vint à nostre maison avec six de ses Religieux et s’habilla pontificalement pour dire la grande Messe dans une petite Chapelle ornée des paremens que Madame la Gouvernante d’Hallincourt avoit donné : deux de ces Religieux estoient habillez en Diacre et Soudiacre et les quatre autres chantoient la Messe, icelle estant achevée et Monsieur de Nerestang ayant communié, on porta une grande Croix de bois sursemée de couleur rouge pour la planter au lie préparé, les quatre Religieux alloient devant, après eux venoit l’Evesque entre les Ministres, puis suivoit la Croix portée par des amis du Sieur de Nerestang, qui de sa main portoit le bout d’icelle, et nostre Fr. Joseph Convers marchoit à costé d’icelle. La Croix portée au coin de la maison du petit Tunes, qui estoit au bout de l’enclos, les Religieux dressèrent ladite Croix, Monsieur de Nerestang y apposant toujours la main jusques à tant qu’elle fut plantée.

    La Procession retournée Monsieur de Nerestang fit un celebre festin à toute la Compagnie, pour tesmoigner la joye qu’il avoit de ce que Dieu avoit beny ses bons desseins : Vespres y furent chantées solennellement et furent suivies d’un excellent Sermon d’un Pere Jesuite, que je crois avoir esté le R. Coton Predicateur du Roy : apres quoy Monsieur de Nerestang alla faire un voyage à Nostre Dame de Mont-Serrat."

    La construction du couvent (p. 117-122)

    "[En 1618] NRP Bernard Provincial arriva de Lorraine avec les RR. PP. Cesar de saint Joseph et Cyrille de saint François : il fit accommoder la maison et fit faire dans la Chapelle deux confessionnaux, où les Peres commencerent à entendre les Confessions la Semaine sainte, au grand contentement et satisfaction de ce quartier de ville, qui estoit destitué de Religieux qui vacquassent aux Confessions. […] le Pere Cesar ayant receu le premier payement de nostre rente fit marché avec un Charpentier pour faire dix-huit Cellules de bois dans un long grenier qui contenoit la longueur de l’Eglise, du Chœur, Sacristie et Oratoire.

    [...] le R. P. Jean Maurice de saint George, qui donna le complement entier à cette fondation, y ayant mis le tres-saint Sacrement et chanté la premiere grande Messe le sacré jour de la Pentecoste de la presente année 1619. auquel jour on commença à dire publiquement l’office divin ; ce qui arriva le 19 May. […] Sous ledit R.P. Maurice de saint George on mit un Novitiat à Lyon, sous la direction du R.P. Urbain de sainte Marie Maistre des Novices, on y receut environ une vingtaine, qui furent élevez comme ceux de Paris et de Charenton [...]

    Quelques années après Monsieur de Vitrey Comte de saint Jean mit la premiere pierre en la nouvelle Eglise avec grande solennité, sous le RP Valère, qui fut le second prieur du Convent ; son bâtiment fut interrompu pour faire le Dortoir ; neantmoins la premierre Messe y fut dite le jour de Pascques 1640 [...]

    L’an 1625 le R. P. Louys de saint François fut éleu au Chapitre Provincial troisième Prieur de nostre Convent de Lyon, si-tost qu’il y fut il commença à bastir le Dortoir nouveau et pendant ce temps arriva qu’un frere convers nommé Frere Noël travaillant à tirer du sable d’une grotte qui estoit fort profonde, la terre croula sur luy, neantmoins le sable se joignant ensemble luy donna lieu de se mettre dessous et se guarantir d’estre estoufé […] Le R. P. Cyrille, outre que le precedent avoit l’intendance du bastiment, ayant remarqué du bas de l’Eglise qu’une pierre de la Corniche n’estoit pas droite, il la toucha avec un petit baston, et aussi-tost neuf pieds de corniches composées de pierres de tailles tomberent sur luy, et fut renversé sur d’autres pierres amassées dans l’Eglise."

  • ANNEXE 2 : Devis estimatif des travaux d'aménagement des archives départementales, 1907 [Extraits]

    AD Rhône, 4 N 381

    Lot 1 : Terrassement-Maçonnerie

    Compartiments des archives [magasins de l'aile nord et de l'aile sud]

    Compartiment n°1 : façade Saône [bâtiment nord-est]

    • Démolition des anciens murs existants, démolition des cloisons séparatrices
    • Démolition d’une cloison en plotets pour la petite chapelle
    • Démolition des voûtes de la petite chapelle
    • Établissement de piliers en plotets de 100 X 100 supportant le plancher supérieur
    • Dallage en béton avec chape en ciment

    Compartiment n°2 à la suite [ancienne salle capitulaire]

    • Démolition des anciens murs, cloisons et carrelages sur 2 niveaux

    Compartiment n°3 à la suite et en retour [ailes nord et est du clôitre]

    • Rez-de-chaussée : démolition du plancher
    • 1er étage : démolition de cloisons, mur, carrelage, parquet et plancher à la française
    • 2e et 3e étage : démolition de cloisons, plancher et carrelage

    Compartiment n°4 [aile sud du cloître]

    • Démolition de cloisons, carrelage, planchers, murettes sur 3 niveaux
    • Reprise en sous-œuvre pour garnissage dans les murs pour prises de sommiers et solives aux 3 planchers
    • Suppression de 15 croisées grillagées sur le chemin de Montauban, remplissage des ouvertures en maçonnerie
    • Façade sur le ciel vitré : création d’ouvertures entre les croisées du 1er étage et celles du 2e étage (démolition des formettes des croisées), suppression de 12 croisées
    • Séparation des casiers en dalles de ciment

    Bâtiment en façade sur chemin de Montauban [bâtiment nord-ouest dit des lecteurs]

    • Démolition du mur existant et des 4 murs perpendiculaires à celui de façade
    • Démolition du mur actuel de chapelle
    • Reconstruction d’un 2e mur à hauteur du niveau de la rue Montauban
    • Reconstruction du mur du côté de la chapelle
    • Raccordement en sous-œuvre des 4 murs perpendiculaires à la façade
    • Murs de cage d’escalier, béton en remplissage
    • Mur en élévation (hauteur à niveau du chemin Montauban) en moellons et chaux hydraulique
    • Murs nouveaux en amorce avec les parties vieilles
    • Dans le mur de la chapelle restant : jambages en pierre de la Grive pour 5 ouvertures, dont ouverture de la reliure
    • Escalier en pierre de Villebois avec paliers
    • 4 têtes de cheminée en plotets avec couronnement et mitrons
    • Colonnes de W. Closets
    • Corniche en ciment

    Cour centrale – Ancienne chapelle

    • Démolition d’une voûte d’arête en tuf dans la nef principale
    • Démolition de la décoration (façade derrière l’autel) composée de bases moulurées, colonnes et astragales et chapiteaux. Piquage des nombreuses moulures de décoration sur le mur du chœur
    • Démolition de boiseries chêne dans les bas côtés du chœur
    • Démolition des confessionnaux existant dans les nefs latérales, des décorations, moulures, colonnes des chapelles latérales, démolition des voûtes de ces chapelles
    • Démolition de la boiserie de tambour d’entrée de la chapelle, du plancher de tribune et galerie garde-corps
    • Descente de 6 sujets religieux placés dans les niches des nefs latérales au-dessus de la corniche
    • Remplissage en maçonnerie de 3 de ces niches et des 2 baies de vitraux, maçonnerie de remplissage entre les deux ouvertures des deux chapelles latérales, remplissage en maçonnerie à l’emplacement de la chaire à prêcher
    • Démolition de la partie de mur à hauteur du bâtiment des archives
    • Établissement de l’entrée et de W. Closet et débarras au rez-de-chaussée
    • Démolition de toute la maçonnerie et décorations de la façade supérieure d’entrée de la chapelle pour permettre la création d‘une terrasse (y compris mur en retour)
    • Dallage étanche pour terrasse
    • Murette garde-corps de terrasse avec enduit au ciment, raccordement en ciment du retour de la corniche
    • Établissement de la fosse pour les W. Closets

    Salle de reliure – ancienne sacristie [bâtiment central]

    Rez-de-chaussée [chœur d'en-bas] :

    • Remplissage en maçonnerie des ouvertures existantes sur la chapelle
    • Percement en sous-œuvre de 2 croisées avec jambage en plotets

    Archiviste (1er étage) [choeur d'en-haut] :

    • Démolition d’une façade de boiserie
    • Remplissage en maçonnerie des deux ouvertures pratiquées sur la chapelle
    • Percement en sous-œuvre de 2 croisées, supplément pour jambage en plotets
    • Rocaillage et remplissage des ailes des fers et couvertes

    Grande pièce au 2e étage au-dessus de l’archiviste [bibliothèque]

    • Démolition du sol
    • Percements de deux croisées avec jambages en plotets

    Petite cour vitrée – Classement [cloître]

    • Démolition du ciel vitré existant et de la charpente de toiture
    • Dallage en béton et chape en ciment
    • Démolition de la maçonnerie dans le soubassement de 6 ouvertures
    • Raccordement et reprise de la maçonnerie pour les 12 jambages de ces ouvertures
    • Reprise dans les murs et garnissage de 12 pièces de charpente, 20 prises des fers de l’ancien ciel vitré.

    Façades extérieures des bâtiments :

    Grande façade sur la Saône

    • Pour l’exhaussement d’une ouverture : démolition et reprise en sous-œuvre d’une partie de maçonnerie, jambages en taille avec feuillures et élargissement formant bandeau de 0.13 de largeur, déplacer et replacer la couverte, meneau en taille de 0.20 d’épaisseur avec 2 élargissement de 0.13, 1 linteau = 3 semblables
    • Transformation d’une ouverture pour l’établir semblable aux autres : démolition et reprise en sous-œuvre, jambage en taille, dépose et repose de la couverte, 2 linteaux, 2 prises dans les jambages pour l’assemblage du 1er linteau = 12 semblables
    • Porte du perron : démolition et exhaussement, jambages en taille
    • A hauteur du 1er étage : démolition du mur pour la reprise et la construction de nouvelles ouvertures de même disposition que celles du rez-de-chaussée, reconstruction et surélévation du mur
    • Taille de ces 18 ouvertures en pierre de la Grive : jambages, couvertes, meneaux comme ceux du rez-de-chaussée

    Façade à la suite en retour et sur cour vitrée [réfectoire]

    • Maçonnerie de remplissage dans les ouvertures
    • Démolition du mur circulaire extérieur servant de cage d’escalier [escalier de la chaire du lecteur]
    • Percement en sous-œuvre des nouvelles ouvertures : 6 sur façade Saône, 4 X 5 sur façade en retour. Jambages en taille, meneaux et linteaux de même composition que les autres pour les ouvertures du rez-de-chaussée

    Façade à droite de la terrasse [cuisines]

    • Maçonnerie de remplissage des ouvertures : 1 porte et 4 châssis
    • Piquage des anciens enduits, enduit à 2 mortiers et badigeon teinté
    • Corniche en ciment avec rocaillages et coins fer pour couronnement dans le haut du bâtiment
    • Couvert en tuiles plates à crochets de Demi-Lune ou Passavant, faîtages et arêtiers posés à bain de mortier, moraines diverses au-dessus des toitures

    Lot 2 : Charpente

    • Démolition de planchers à la française et coupement de sommiers sur compartiments 1 à 4
    • Démolition des toitures y compris lattis et chevrons
    • Échafaudages et étaiement pour travaux de démolition ou reprise en sous-œuvre
    • Pose de toitures neuves

    Lot 3 : Menuiserie

    Pour l'ensemble des bâtiments : fourniture et pose des croisées. Casiers des archives : tablettes sapin.

    Bâtiment des lecteurs :

    • 2 portes en chêne à panneaux à recouvrement avec cadre dormant sur la cour
    • parquet chêne à bâtons rompus dans la salle du public et le bureau
    • parquet chêne à lames droites dans les logements
    • portes sur paliers en chêne
    • escalier : main-courante en noyer
    • 2 charbonniers avec abattant, 2 batteries de cuisine avec tablettes et consoles, 2 égouttoirs verticaux avec tablettes

    Pavillon des Privés : au rez-de-chaussée 4 châssis et portes, au 1er étage vestiaire, lavabos et Privés

    Bâtiment central :

    • Salle de la reliure : 1 porte chêne, 2 revêtements de croisées, raccordement de la boiserie sur la face des croisées
    • Archiviste : 1 porte chêne, 2 revêtements de croisées neuves avec parties à impostes, raccordement des boiseries de cette façade, réparations et raccordement de parquet
    • Grande pièce au 2e étage : tablettes au pourtour de cette pièce, moulure de couronnement sur rive de tablette haute, plinthe dans le bas avec supports en dessous de la tablette, 2 revêtements de croisées sur la façade sur la nouvelle cour, réparation des portes et croisées de cette pièce.

    Lot 4 : Serrurerie

    • Gros fers : fers à plancher IPN pour les hourdis au-dessus des locaux des archives, fers à IPN pour couvertes des ouvertures
    • Un ciel vitré à 4 pentes, fers à T pour vitrage, pannes, faîtages, arêtiers et fermes américaines
    • Quincaillerie : ferrages, serrures, targettes, rampe fer et boule de départ
    • Casiers des archives : fers à U pour les séparations, passerelles, 260 marches d’escalier en fonte avec rampe pour le service des galeries entre les casiers, 8 boules en tête des pilastres des escaliers
    • 21.600 supports de tablettes en bronze (modèle spécial)
    • Barreaudage des croisées sur le chemin de Montauban
    • Volets de tôle ondulée
    • Blindage en tôle de 0.003 d’épaisseur des portes dans les locaux
    • 1 monte charges

    Lot 5 : Plâtrerie, peinture et vitrerie

    Pour l'ensemble des bâtiments : enduits et badigeons

    • Peinture à 3 couches de 260 marches d’escalier avec contremarches et rampe
    • Pavillon de l’entrée : peinture à trois couches sur plafond et murs au-dessus des faïences
    • Archiviste : nettoyer, raccorder et badigeonner le plafond

    Lot 6 : Plomberie, zinguerie et appareils sanitaires

    • 16 postes à incendie avec appareils complets
    • Plomberie pour distribution des eaux dans les privés, lavabos et cuisines
    • Appareils sanitaires : 5 sièges à la turque en faïence grand modèle (y compris réservoirs de chasse et plomberie nécessaire), 4 sièges anglais avec abattant vernis ou cirés, réservoir de chasse et plomberie, 2 urinoirs faïence, 1 lavabo avec robinet et colonne de dégorgeoir

    Lot 7 : Chauffage

    Installation de chauffage à basse pression avec fourniture de machines, tuyautages, radiateurs, etc etc… : bâtiment sur chemin Montauban, salle du public, bureaux et vestibule, escalier, vestiaire et bureaux de l’archiviste. Cube à chauffer : 1520 m3

    • 4 intérieurs tôle avec joue cuivre des cheminées d’appartement
    • 4 cheminées marbre
    • 2 fourneaux de cuisine avec bouillotte

    Lot 8 : Éclairage électrique

    Éclairage électrique avec distribution :

    • dans la salle du public, appareils à T au-dessus des tables
    • dans l’escalier, appareils à tous les étages
    • appareils appliques dans les bureaux, privés, lavabos, vestiaire
    • lustre dans le cabinet de l’archiviste

    Lot 9 : Carrelages et revêtements de faïence

    • Carrelages en carreaux de grès à dessin : privés du rez-de-chaussée, du 1er étage, lavabo et vestiaire, privés des 2 logements
    • Carrelages en carreaux rouges de Marseille : 2 cuisines
    • Revêtements faïence des murs des privés : 3 WC du rez-de-chaussée, au 1er 2 WC et un urinoir pour le public, 2 WC du personnel, 2 WC des logements

  • ANNEXE 3 : Rapport justificatif de Louis Rogniat , 1911

    Lettre de Louis Rogniat au Directeur administratif de la Préfecture pour le règlement définitif des dépenses, 19/08/1911.

    AD Rhône, 4 N 382

    « Ces dépassements portent exclusivement sur le gros-œuvre et ont été occasionnés par l’état de vétusté des constructions existantes ; état que des sondages exécutés sur divers points n’avaient pas permis d’apprécier suffisamment. Au fur et à mesure de l’avancement des travaux, des modifications incessantes dans les prévisions ont du être faites au jour le jour, soit pour la quantité, soit pour la nature des travaux à effectuer. Les mémoires du maçon et du serrurier seuls comportent toutes les augmentations de travaux, tous les autres entrepreneurs ont produit des mémoires concordant avec les prévisions des devis.

    Les principales augmentations sont justifiées par les raisons suivantes :

    1° Démolitions : la découverte successive de murs ou parties de murs de mauvaise nature qu’il a fallu démolir alors qu’ils paraissaient suffisants pour être conservés a fait augmenter dans une notable proportion les cubes prévus pour les diverses démolitions.

    2° Déblais et remblais : par suite des démolitions effectuées, le cube des remblais à transporter a dépassé 6800 mètres cubes. Ces remblais ont servi à l’établissement de la route carrossable desservant l’édifice, route qui n’existait absolument pas et qui était indispensable. Cette route a un développement d’environ 150 m et une longueur moyenne de 6 m.

    3° Canalisations : les devis ne portaient pas de prévisions pour les canalisations, les conduites existantes devant être utilisées mais la plupart de ces canalisations étaient détruites ou bouchées par les racines des végétaux ; il a fallu non seulement en établir de nouvelles, mais faire des recherches assez compliquées pour déterminer tous les points de passage de rencontre et d’arrivée des canaux. Il a fallu en outre créer une canalisation spéciale traversant tous les bâtiments pour conduire les eaux d’une source provenant de la colline et qui s’était fait jour au droit de l’atelier de reliure, inondant les caves du grand bâtiment. Il était indispensable afin d’éviter des difficultés sinon des procès avec les voisins des sols inférieurs d’éviter toute modification dans le régime de répartition des eaux provenant des diverses parties de la propriété.

    4° Fondations du bâtiment des Bureaux : l’existence d’une source et d’un sol perméable sous le bâtiment des bureaux a nécessité des travaux spéciaux de battage de pilotis, de fondations dans l’eau et de reprises en sous-œuvre effectuées dans des conditions des plus difficiles.

    5° Murs en élévation du bâtiment des Bureaux : les murs supportant les contreforts de l’ancienne chapelle et dont les revêtements en stuc avaient empêché de reconnaître l’état de vétusté ont du être complètement démolis, ils n’auraient pas pu supporter le poids de la construction neuve.

    6° Dépôts : dans les dépôts, les murs après enlèvement des planchers ont présenté de telles différences d’aplomb qu’il a fallu, soit en démolir de grandes parties qui étaient prévues comme devant être conservées, soit, pour rétablir la verticalité, superposer des cloisons en briques reliées aux murs par des prises et scellements.

    7° Voûtes du cloître : les voûtes du cloître côté nord avaient eu leurs naissances coupées sur toute la longueur de cette face par le passage dans le mur d’une gaine de calorifère, un effondrement était à craindre ; il a fallu dès que ce vice de construction fut découvert procéder à l’étayage et à la reconstruction de ces voûtes et les rendre solidaires du plancher métallique dont elles sont actuellement le prolongement.

    8° Ancien réfectoire : lorsque les planchers du bâtiment de l’ancien réfectoire ont été enlevés, les murs ont donné des signes évidents de flambage, il a fallu les étayer puis les démolir complètement ; ils ont été sur la face nord reconstruits depuis les fondations et munis de contreforts intérieurs en pierre de taille de façon à obtenir une résistance et une stabilité suffisantes pour résister à la charge énorme des six étages de casiers devant exister dans cette partie des dépôts. Pour les mêmes raisons la charpente et la toiture de ce bâtiment ont été construites entièrement en métal alors qu’elles étaient prévues mixtes et cela afin d’éviter tout risque de flexion et de poussée. Il s’agit d’une pièce de 200m2 sans aucun point d’appui autre que les murs.

    9° Sol des dépôts : dans les dépôts reposant sur des voûtes, il a fallu pour pouvoir supporter les charges de 2500, 2000 et 1500 kilos par mètre carré représentant le poids des casiers garnis, établir des poutres armées pour suppléer à l’insuffisance de ces voûtes très mal construites, en mauvais matériaux et sans aucune cohésion. Dans les dépôts où il n’existe pas de voûtes, le sol a du être remplacé au droit des casiers par des poutres en ciment armé capables de supporter les charges indiquées ci-dessus.

    10° Escalier Renaissance : la toiture de cet escalier n’a pu être conservée, elle a été remplacée par un ciel ouvert vitré et l’escalier a été restauré sur toute sa hauteur.

    11° Galeries au-dessus du cloître : ces galeries ainsi que la toiture qui les recouvre devaient être conservées, mais les bois qui semblaient suffisants au début des travaux se sont rapidement désagrégés au contact de l’air et de l’humidité.

    12° Bâtiment de la bibliothèque : une grande partie des murs de ce bâtiment a du être reprise en sous-œuvre, ces murs étaient ouverts en deux parties dans le sens de leur épaisseur et sur divers points d’inégale épaisseur et en faux aplomb les uns sur les autres ; il a fallu en outre relier la partie supérieure de ce bâtiment, qui s’élève à plus de vingt mètres de hauteur et repose sur des bases formées de vieilles maçonneries de très mauvaise nature par une double rangée de ceintures métalliques et différents blindages. La charpente et la toiture de ce bâtiment qui devaient être conservées ont du être remplacées par un comble métallique afin d’éviter les poussées dans les murs provoquées par le fléchissement des bois mal assemblés en grande partie en mauvais état et menacés d’une destruction rapide, alors qu’à l’aspect extérieur ils avaient semblé susceptibles d’être conservés.

    13° Campanile : le campanile qui d’après les plans anciens était indiqué comme reposant sur le sol était en réalité suspendu sur les reins de la voûte du bas-côté de la chapelle. Cette disposition était dissimulée par les agencements intérieurs. Comme il était intéressant de conserver cette tour, ancienne horloge des mariniers lyonnais, on a du lui créer des fondations et des murs dans la partie inférieure où il n’en existait pas.

    14° Murs de soutènement : au mois de mars 1910, le mur de soutènement séparant les deux parties de la propriété et surplombant les maisons du quai Pierre-Scize se lézarda par suite de l’accumulation des eaux pluviales. Une catastrophe était à éviter. Le mur fut consolidé immédiatement à l’aide de puits remplis de béton de chaux lourde dans lesquels on noya des amarres reliées par des tirants à des lisses métalliques établies sur la paroi extérieure du mur.

    15° Casiers et galeries : d’une façon générale le poids des fers fournis par les usines correspond rarement aux poids indiqués sur les albums des marchands de fers, ce poids par suite du mauvais réglage des laminoirs est souvent supérieur à ce qu’il devrait être, dans les fers fournis aux Archives, cette différence a été fort sensible et a dépassé 10%. Par suite de la mauvaise nature des murs, il n’a pas été possible de leur faire supporter, comme cela était prévu, à l’aide de consoles scellées, les rayonnages placés contre les murs, il a fallu les établir sur bâtis reposant sur le sol comme les casiers isolés, de là une augmentation importante dans la quantité de fers employés. Après expériences faites, il a fallu également à cause de la portée augmenter la force des fers formant les clayonnages des sols des divers étages des galeries. Les trous destinés à recevoir les taquets supportant les rayons étaient prévus espacés de 0.40 ; sur la demande expresse de M. l’Archiviste ces trous ont été percés avec un écartement de 0.05 seulement ce qui a occasionné une plus-value indiscutable et nécessité une modification dans le mode de construction des cloisons séparatives des casiers.

    16° Menuiserie : bien que les devis de menuiserie n’aient pas été dépassés, il a été fait avec les bois provenant des anciennes Archives, 850 m de rayonnages non prévus, et le parquet du cabinet de l’archiviste qui devait être conservé a été refait complètement à neuf en bois de chêne. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône : 12 H 10. Carmes déchaussés de Lyon : Privilèges divers, 1617-1723.

    Autorisation accordée aux carmes de prendre de l'eau dans la fontaine de la Chana et dans la vigne au-dessus du clos des carmes. Autorisation donnée aux carmes d'élever des murailles autour de leur couvent et de faire construire à leurs frais une montée allant de la rue de Bourgneuf à leur église. AD Rhône : 12 H 10
  • AD Rhône : 12 H 28. Carmes déchaussés de Lyon : construction des locaux du couvent et de ses dépendances, de l'église et de la muraille ; réparations aux locaux. 1650-1712.

    AD Rhône : 12 H 28
  • AC Lyon : 1212 WP 007. Casernement des troupes de passage, 1794-1902.

    Caserne des carmes déchaussés : traité de concession (1842-1857), administration des locaux (1848-1855). AC Lyon : 1212 WP 007
  • AD Rhône : 1 Q 473. Biens nationaux : biens de première origine, déclaration et inventaire des biens et revenus ecclésiastiques, 1790-1791. Carmes déchaussés.

    4 juin 1790 : inventaire et description des biens des carmes déchaussés de Lyon - 2 mai 1791 : description des ornements et biens précieux des carmes déchaussés de Lyon. AD Rhône : 1 Q 473
  • AD Rhône : 1 Q 75. Biens nationaux : biens de première origine, paroisse de Saint-Paul. Procès-verbaux d'estimation. 1790-an IV.

    Procès-verbaux d'estimation du clos et cloître des carmes déchaussés : 24 février 1791, 4 octobre 1791. AD Rhône : 1 Q 75
  • AD Rhône : 1 Y 294. Maisons de corrections : première prison de Saint-Joseph, bâtiments. An VIII-an XII.

    Correspondance relative au projet de transfèrement des détenus de Saint Joseph dans la partie de la maison claustrale des carmes-déchaussés précédemment occupée par les filles de mauvaise vie (an VIII-an IX). AD Rhône : 1 Y 294
  • AC Lyon : 744 WP 070/1. Refuge Saint-Michel : location du claustral des Carmes déchaussés, bail, correspondance, 1809-1819.

    24 novembre 1809 : description et état des lieux de l'ancien claustral des carmes déchaussés AC Lyon : 744 WP 070/1
  • AP Carmes déchaux, province d'Avignon-Aquitaine : Annales manuscrites des carmes déchaux de France du XIXe siècle.

    Volume 1, p. 321 et suivantes
  • AD Rhône : 6 V 86. Application des décrets du 29 mars 1880. Dissolution et dispersion des Carmes déchaussés de Lyon. 1880-1887.

    Procès-verbal d'expulsion du 16 octobre 1880. Instance judiciaire contre le Préfet, 1880-1881. Installation de l'école préparatoire au baccalauréat, au volontariat et aux écoles du gouvernement, demande de réouverture de la chapelle, 1880-1887. AD Rhône : 6 V 86
  • AD Rhône : 3 T 47. Déménagement des archives de la préfecture au couvent des Carmes déchaussés. 1875-1925.

    AD Rhône : 3 T 47
  • AD Rhône : 4 N 381. Propriétés départementales : Archives départementales. Acquisition et aménagement de l'immeuble sis 2, 4 et 6 chemin de Montauban. 1904-1908.

    AD Rhône : 4 N 381
  • AD Rhône : 4 N 382. Propriétés départementales : Archives départementales, travaux d'aménagement, 1908-1934.

    AD Rhône : 4 N 382
  • AD Rhône : 4 N 378. Propriétés départementales : Archives départementales, travaux de consolidation du rocher des Carmes, 1923-1929.

    AD Rhône : 4 N 378
  • AD Rhône : 4 N 383. Propriétés départementales : Archives départementales, aménagement de nouvelles salles de dépôt, 1923-1939.

    AD Rhône : 4 N 383
  • AD Rhône : 4 N 380. Propriétés départementales : Archives départementales, travaux de consolidation et réparation du mur de soutènement de la terrasse nord, consécutifs à un éboulement de terrain, 1935-1937.

    AD Rhône : 4 N 380
Documents figurés
  • [Plan du couvent des carmes déchaussés et du tènement de Thunes]. ca 1650-1664. (AD Rhône, 3 Pl. 86).

    AD Rhône : 3 Pl. 86
  • Plan du claustral des carmes déchaussés de Lyon, pour être annexé au procès-verbal d'estimation du 22 frimaire an XI. 1802. (AD Rhône, 1 Pl. 54)

    AD Rhône : 1 Pl. 54
  • Plans des bâtiments claustraux des ci-devant carmes déchaussés et des ci-devant capucins du Grand-Forest, destinés à servir de dépôt de mendicité pour le département du Rhône, dressés par le sieur Forobert architecte à Lyon / Forobert. 1792 ?. 4 dess. (plans). (AD Rhône, 1 Pl. 50-53)

    1 Pl. 50 : plan du rez-de-chaussée. 1 Pl. 51 : plan du premier étage. 1 Pl. 52 : plan du second étage. 1 Pl. 53 : plan du troisième étage. AD Rhône : 1 Pl. 50-53
  • Plan du rez-de-chaussée du couvent des carmes déchaussés, 18 janvier 1873 / Léon Charvet. 1873. 1 dess. (plan) : crayon ; 40,4 cm X 32 cm. (Musées Gadagne, N 493.6)

    Musées Gadagne Lyon : N 493.6
  • Esquisse pour un projet d'installation des archives de la ville de Lyon dans le monastère des carmes déchaussés, janvier 1874 / L. Ch[arvet]. 1874. 2 dess. (plans) : crayon, aquarelle ; env. 40 cm X 60 cm (AD Rhône, 3 PL 534)

    3 PL 534a : plan du rez-de-chaussée ; 3 PL 534b : plan des 1er, 2e et 3e étages AD Rhône : 3 PL 534
  • Monastère des carmes déchaussés, état actuel, 24 juillet 1875 / A. Louvier (architecte du département), A. Hirsch (architecte de la ville). 1875. 4 dess. (plans) : crayon, aquarelle. (AD Rhône, 3 PL 536)

    3 PL 536p1 : plan du rez-de-chaussée ; 3 PL 536p2 : plan du premier étage ; 3 PL 536p3 : plan du deuxième étage ; 3 PL 536p4 : plan du troisième étage AD Rhône : 3 PL 536
  • Transfert des archives départementales : état actuel, plan du rez-de-chaussée / Louis Rogniat [1906]. 1 : 100. 1 dess. (plan) : aquarelle, (AD Rhône, 2 Pl. 59)

    AD Rhône : 2 PL 59
  • Transfert des archives départementales : avants-projets / Louis Rogniat [1906]. 6 dess. (plans) : aquarelle. (AD Rhône, 2 Pl. 61-66).

    2 PL 61 : projet n°1, plan partiel du 2e étage. 2 PL 62 : projet n°2, plan du 1er étage. 2 PL 63 : projet n°2, plan du rez-de-chaussée. 2 PL 64 : projet n°3, plan du rez-de-chaussée. 2 PL 65 : projet n°3, plan partiel du sous-sol. 2 PL 66 : projet n°3, plan partiel du 1er étage. AD Rhône : 2 PL 61-66
  • Projet de transfert des Archives dressé par l'architecte divisionnaire soussigné, 24 juillet 1907 / Louis Rogniat. 1907. 7 dess. (plans) (AD Rhône, 2 PL 67-72)

    2 PL 67a : plan du rez-de-chaussée ; 2 PL 67b : plan du rez-de-chaussée (avec indication des zones à restaurer en première phase) ; 2 PL 68 : plan du 1er étage ; 2 PL 69 : plan du 2e étage ; 2 PL 70 : plan du 3e étage ; 2 PL 71 : façades ; 2 PL 72 : coupes AD Rhône : 2 PL 67-72
  • Archives départementales / [Louis Rogniat]. 1 : 200. après 1912. 4 dess. (tirages de plans). (AD Rhône, 3 PL 96-99)

    3 PL 96 : plan du rez-de-chaussée ; 3 PL 97 : plan du 1er étage ; 3 PL 98 : plan du 2e étage ; 3 PL 99 : plan du 3e étage AD Rhône : 3 PL 96-99
  • Archives départementales, chemin de Montauban, plan du rez-de-chaussée. 1 : 200. ca 1930. (AD Rhône, 3 PL 365)

    AD Rhône : 3 PL 365
  • Lugdunum [dit : Grande Vue] / Simon Maupin del., David van Velthem fecit. 1625. Lyon : Claude Savary et Barthélemy Gaultier, 1626. 1 est. (gravure sur cuivre) ; 63,4 x 123,2 cm (Musée Gadagne. [9] 60.6.1)

    Musées Gadagne Lyon : [9] 60.6.1
  • Description au naturel de la ville de Lyon et paisages à l'entour d'icelle – desseignée sur les lieux par le sieur Maupain voyer de la dite ville / Maupin Simon. 1659. 3e édition corrigée vers 1714. Froment (éditeur) marchand imagier, rue Mercière, Guigout (V.) graveur. Grav. sur cuivre : 8 f.pap. collées en une 1,355 x 0,840. Echelle : 150 toises de roi = 6,30 cm. (AC Lyon. 1 S 171)

    AC Lyon : 1 S 171
  • [Bords de la Saône à la hauteur du couvent des carmes-déchaussés] / Jan Wils. [ca 1650-1666]. (Haarlem, Pays-Bas, Teylermuseum).

  • [Vue des Carmes-déchaussés] / Pierre-Henri Valenciennes. [ca 1790-1819]. Dessin. (Musée du Louvre, Cabinet des Dessins).

    Musée du Louvre
  • Gebouw der voormalige Carmeliter Monniken by Lion / Hendrik Gerrit ten Cate (dess.), Lodewyck Gotlieb Portman (imp.) Ca 1800-1820. 1 est. (Musées Gadagne, N 3506 13)

    Vue de la façade ouest du couvent et du pavillon. Musées Gadagne Lyon : N 3506 13
  • Vue de l'ancien couvent des Carmes-Déchaussés à Lyon / Adèle Laurens. 1818. 1 dess : aquarelle. (AC Lyon, 17 Fi 57)

    AC Lyon : 17 Fi 57
  • Vue de Lyon. Monastère des Carmes déchaussés, sur les bords de la Saône / Pierre-Nicolas Wery (dess.) et Villain (lith.). 1822. 1 est : lithographie. Dans : "Album de la société des amis des arts de Lyon", 1822, n°4. (AC Lyon, 16 Fi 367).

    AC Lyon : 16 Fi 367
  • Vue de l'ancien couvent des Carmes, prise au-dessus de Bourg-Neuf / Nicolas-Marie-Joseph Chapuy (dess.) et Constans (lith.) 1824. 1 est : lithographie. Extr. de "Voyage pittoresque dans Lyon ancien et moderne" (AD Rhône, FG A 84).

    AD Rhône : FG A 84
  • [La Saône près du couvent des Carmes déchaussés. Quai Pierre-Scize, Lyon] / Jean-Michel Grobon. 1828. 1 peint. : huile sur panneau ; 52 X 76 cm (non localisé).

  • Les Carmes Déchaux. 1836 / Paul Saint-Olive. 1836. 1 dess : crayon. (BM Lyon Res Est 152 769 : T1 f°160 pl. 292).

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T1 f°160 pl. 292
  • [Le couvent des Carmes Déchaussés et le quai Pierre-Scize : vue prise à l'angle de la rue de la Vieille] / Paul Saint-Olive. 1838. Dessin. (BM Lyon, Res Est 152 769 : T. 1 f°144).

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T. 1 f°144
  • Ancien couvent des Carmes Des Chaux / Edouard Hostein (dess.), Champin (lith). 1839. 1 est. : lithographie : 30,9 X 41,78 cm. Dans "Album Lyonnais. Vues pittoresques de Lyon et ses environs", 1839.

  • Vue des grands Capucins et des Carmes déchaussés à Lyon / Balthazar-Jean Baron. 1848. 1 est. : taille-douce, eau-forte ; 12,4 X 19,5 cm. (BM Lyon F19BAR001246).

    BM Lyon
  • Les carmes déchaux 7bre 1853 / Paul Saint-Olive. 1853. 1 dess. (BM Lyon Res Est 152 769 : T1, f°167, pl. 306)

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T1, f°167, pl. 306
  • Les grands capucins et les carmes déchaux : vue prise des escaliers de la Muette / Paul Saint-Olive. 1856. 1 dess. (BM Lyon Res Est 152 769 : T.1 f° 150 pl. 279)

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T.1 f° 150 pl. 279
  • Ancien couvent des Carmes Déchaussés. Embarcadère des bateaux à vapeur. Fort Loyasse / Nicolas-Victor de Fonville, dit Fonville Père (dess.), Brunet (imp.). ca 1848-1856. 1 est. : 26 X 33 cm. Extr. de : "L'Histoire de Lyon" (Musées Gadagne, (9)55.47.19)

    Musées Gadagne Lyon : (9)55.47.19
  • Les Carmes Déchaux, vue prise du cours des Chartreux / J. Leymarie, Dr Gabourg. 1856. 1 dess. : lavis. (AC Lyon, 1 PH 509)

    AC Lyon : 1 PH 509
  • Couvent des carmes déchaux 7bre 1858. Vue prise au bas de la terrasse de la promenade des Chartreux / Paul Saint-Olive. 1858. 1 dess. : sépia. (BM Lyon, Res Est 152 769 : T.1 f°147 pl. 276).

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T.1 f°147 pl. 276
  • Couvent des Carmes Déchaussés et quai Pierre-Scize / Paul Saint-Olive. 1858. 1 dess. : sépia. (BM Lyon : Res Est 152 769 : T. 1 f°149 pl. 278)

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T. 1 f°149 pl. 278
  • Intérieur du couvent des carmes déchaux / Paul Saint-Olive. 1859. 1 dess. (BM Lyon Res Est 152 769 : T.1 f° 151 pl. 281)

    Vue des jardins : terrasse inférieure. BM Lyon : Res Est 152 769 : T.1 f° 151 pl. 281
  • La maison de Mascranni, les Carmes Déchaux et les Chartreux / Paul Saint-Olive. 1861. 1 dess. (BM Lyon Res Est 152 769 : T.1 f°158 pl. 290)

    Vue de la façade sud de l'église. BM Lyon : Res Est 152 769 : T.1 f°158 pl. 290
  • Le couvent des Carmes Déchaux : vue prise du jardin du Dr Gignoux / Paul Saint-Olive. 1862. 1 dess. (BM Lyon, Res Est 152 769 : T1, f° 142-143)

    BM Lyon : Res Est 152 769 : T1 f°142-143
  • Le couvent des Carmes-Déchaussés vu du boulevard des Chartreux / Joannès Drevet. 1901. 1 est. (ill.) Dans "Le Lyon de nos pères" / Emmanuel Vingtrinier, p. 270.

  • Le monastère et l'église des Carmes-Déchaussés, vus du pied de la colline / Joannès Drevet. 1901. 1 est. (ill.) Dans "Le Lyon de nos pères" / Emmanuel Vingtrinier, p. 271.

  • L'ancien monastère des Carmes-Déchaussés et le quai Pierre-Scize vus du jardin des Chartreux, dessiné en 1903 / Joannès Drevet. 1903. 1 est. (ill.) Dans "Vieilles pierres lyonnaises" / Emmanuel Vingtrinier, p. 255.

  • Une partie de l'ancien jardin des Carmes-Déchaussés / Joannès Drevet. 1911. 1 est. (ill.) Dans "Vieilles pierres lyonnaises" / Emmanuel Vingtrinier, p. 279.

  • [Couvent des carmes-déchaussés et démolition des terrasses pour la construction de la gare Saint-Paul] / Jules Sylvestre. [187?]. 1 photogr. nég. : sur verre ; 21 X 27 cm. (BM Lyon, P0546 S 205)

    BM Lyon : P0546 S 205
  • [Quai Pierre-Scize et Carmes-Déchaussés] / Jules Sylvestre. [1904] / 1 photogr. : 18 X 24 cm. (AC Lyon 1 PH 00208)

    AC Lyon : 1 PH 00208
  • Carmes Déchaussés (Ecole Nouvelle) / 1905. 1 photogr. : 9 X 12 cm (AC Lyon, 1 PH 00502)

    AC Lyon : 1 PH 00502
  • Archives départementales : travaux de transformation en cours (vue des Chartreux) /1907. 1 photogr. (AC Lyon, 1 PH 00508)

  • Archives départementales du Rhône, 11 vues extérieures et intérieures / Jules Sylvestre. 1920. 11 photogr. : noir et blanc, 18 X 24. (AC Lyon 1 PH 0419/1-11)

    AC Lyon : 1 PH 0019/1-11
  • Colline de Fourvière, vue prise depuis le cours des Chartreux : tour métallique, Archives départementales, quai Pierre-Scize / Pernet. 1925. 1 photogr. (AC Lyon, 1 PH 01266)

    AC Lyon : 1 PH 01266
Bibliographie
  • SAINTE-THERESE, R.P. Louis de. Annales des carmes deschaussez de France. Paris : chez Charles Angot, 1665. 796 p.

  • NIEPCE, Léopold. Projet de création d'un musée historique à Lyon. Revue du Lyonnais, mai 1874.

  • REBOUL (Dr). Projet de construction à Lyon d'une maison médico-chirurgicale de santé aux Carmes-déchaussés de Montauban. Lyon. 1882.

  • GIRAUD, Jules (abbé). Le Couvent des Carmes-déchaussés de Lyon. Bulletin historique du diocèse de Lyon, 1907.

  • MARTIN, Jean-Baptiste. Histoire des églises et chapelles de Lyon. Lyon : H. Lardanchet, 1908-1909. 2 vol., XXVI-372 p.-[5] f. de pl. : ill., 499 p.-[5] f. de pl. : ill. ; 33 cm

    p. 165-172
  • ALFORD, Elisée. Annales brèves des carmes déchaux de France. Avon : Couvent des carmes, 1973-1983. 5 vol.

  • GUYON, Stéphane. Le couvent des carmes déchaussés de Lyon de sa fondation à la Révolution française. Lyon : 1997. 193 p. Mémoire de Maîtrise d'Histoire, sous la direction de Bernard Hours : Lyon 3 : 1997.

  • LONGIN, Cyril. Histoire, fonctionnement et rôle culturel des Archives départementales du Rhône, 1838-1921. Lyon : 1999. Mémoire de Maîtrise d'Histoire : Lyon 3 : 1999.

  • PIOCH, Laurence. Les constructions liées à l'implantation de nouveaux ordres religieux et congrégations à Lyon. Lyon : 2001. 178 p. Mémoire de DEA, sous la direction de Bernard Hours : Lyon 3 : 2001.

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