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Lumière sur

Collégiale Notre-Dame-d'Espérance

La fondation

Le fondateur

La collégiale a été fondée par le comte Guy IV (comte de 1206 à 1241), manifestant à la fois sa piété (son père est mort devant Acre, le laissant à la tutelle de son grand-père puis de son oncle Renaud, archevêque de Lyon ; lui-même s´est croisé) et le désir de renforcer le cadre institutionnel de la capitale du Forez, par l´aménagement d´un nouveau quartier sur la rive droite du Vizézy et la création d´un chapitre de chanoines dont les membres pourraient renforcer l´administration comtale.

La charte de fondation (original perdu ; Chartes du Forez, t. XXI, p. 165) est rédigée le 5 juillet 1223, devant l´église Saint-Julien de Moingt, en présence des évêques de Vienne et d´Embruns et de l´archevêque Renaud de Forez. La genèse du projet est mouvementée : en effet le site prévu pour la construction de la collégiale est sur la paroisse de Moingt et dépend du prieuré de Savigneux et donc de la Chaise-Dieu : or l´abbé de la Chaise-Dieu (et le prieur de Savigneux) ne veut pas d´une nouvelle paroisse qui empièterait sur celle de Moingt. Le prieur de Savigneux intervient donc auprès du pape en rappelant une bulle défendant de faire construire de nouvelle église sur les paroisses dépendant du prieur de Savigneux sans le consentement de l´archevêque de Lyon et de l´abbé de la Chaise-Dieu. L´archevêque Renaud de Forez fait cependant jouer son influence et obtient un bref d´Honoré III, qui prend son parti et somme l´abbé de la Chaise-Dieu de nommer des arbitres pour fixer l´indemnisation du prieuré de Savigneux, en accord avec l´archevêque et sous le contrôle du légat Romain, cardinal de Saint-Ange (La Mure, Histoire des ducs de Bourbon... , note de Barban, p. 218).

La première pierre est posée symboliquement le 23 novembre 1225, par le futur Guy V, âgé de cinq ans, et en présence de l´archevêque Renaud. Guy IV cède la truelle à son fils, dont il guide la main dans la représentation de cette scène sur le vitrail axial de l´abside (par Maréchal, de Metz, vers 1850 ; étudié), en signe d´humilité et de pénitence. Une pierre de fondation rappelant cette date (mais postérieure) est enchâssée dans le mur de l´abside. Le texte de la fondation précise que le comte "a construit" (construximus) la collégiale, et selon la Mure, (Histoire des ducs de Bourbon..., p. 214), le chantier était déjà commencé "depuis plusieurs années" en 1223, hypothèse que reprennent plusieurs érudits du 19e siècle, dont Renon, qui le fait débuter en 1212, ce qui semble cependant peu vraisemblable ; Gabriel Brassart (Notre-Dame...) réfute ces hypothèse et garde la date de 1226 comme véritable début du chantier, après l´achat du terrain à Guichard Verd en avril 1226 (voir aussi Fournial, p. 42).

Une collégiale

La fondation institue 13 chanoines, dont les 4 dignités ou personnats : doyen, chantre, sacristain, maître de choeur. Ces derniers, ainsi que trois autres chanoines, devaient être prêtres et célébrer la messe en principe tous les jours. Ces clercs dévoués, nommés par le comte, étaient également des agents potentiels de l´administration comtale. Pour l´entretien des chanoines, le comte leur donne :

- "son dit château de Moingt, mandement et appartenances, avec toute la domination, seigneurie et autres droits et usages qu´il pouvait avoir, sans aucune réserve"

- les dîmes de Verrières et d´Ecotay

- la grange de Pierre (située à Chazelle-sur-Lavieu ; Latta, 1986)

- 60 livres annuelles sur la seigneurie de Montbrison

- le droit d´acquérir des fiefs et rentes nobles dans le comté sans droit de mutation.

L´emprise du quartier canonial et les immunité dont il jouissait furent fixés en 1229 par Guy IV (Chartes du Forez, t. XXI, p. 247).

Le vocable

L´église est dédiée "en l´honneur de Dieu et de la bienheureuse Marie toujours Vierge" (charte de fondation). Le vocable actuel de Notre-Dame-d´Espérance a pour origine, selon La Mure, une statue "vénérable et miraculeuse" de la Vierge, placée "au derrière et vis-à-vis du milieu du grand autel" sur le piédestal de laquelle était gravé le mot ESPERANCE en "lettres antiques" (Histoire des ducs de Bourbon..., p. 215). La Mure fait de cette statue un don de Guy IV (loc. cit.), certainement pour en accentuer la valeur, mais le qualificatif Espérance est sans doute plus récent. En effet, les Notes de La Mure (Bibl. Diana), décrivent plus précisément le décor du piédestal, orné des armoiries d´Anne d'Auvergne (Anne dauphine), sur le devant, d´un "écriteau en lettres gothiques" avec le mot Espérance du "côté aigle", et d´une bande semée de roses de l´autre côté. Anne d´Auvergne épouse en 1372 Louis II, duc de Bourbon, à qui elle apporta le comté de Forez. Le mot Espérance fait partie des emblèmes adoptés par ce seigneur à partir de 1366 et se retrouve sur les oeuvres données par nouveau couple comtal à la collégiale à partir de 1372 : la statue de Notre-Dame-d´Espérance, et peut-être sur le jubé édifié en 1377 (disparu).

Guy IV fit également des "donations spirituelles" à la fondation de l´église (La Mure, Astrée Sainte ; cité par Renon, p. 15) : des reliques, en particulier "le corps" de saint Aubrin, 28e archevêque de Lyon, soi-disant originaire de Montbrison.

La collégiale a été fondée par le comte en pendant à celle de Lyon ; les premiers sceaux du chapitre portent au revers un agneau pascal, en lien avec le vocable de la cathédrale de Lyon (Histoire des ducs de Bourbon..., note de Steyert, p. 216 ; par la suite les ducs de Bourbon lui donnent un nouveau sceau, comportant les armes des comtes et des ducs de Forez). La collégiale reprend en effet les caractères des églises "lyonnaises" : abside polygonale flanquée d´absidioles à chevet plat, sans déambulatoire, avec un système de contreforts reliés au sommet par des arcs.

Les campagnes de construction

Au terme d´un chantier qui s´étale sur deux siècles et demi, la collégiale reste jusqu´au 19e siècle la plus grande église de la Loire, avec 42 m de hauteur (pour le clocher ; hauteur sous voûtes : 16,85 m dans l´abside, 20 m dans la nef), 67 m de longueur et 33 m de largeur.

La partie orientale de l´édifice est construite en calcaire de Ruffieu, issu d'une carrière située dans la commune de Précieux, et appartenant au comte : selon Rochigneux, cette carrière a servi au 13e siècle exclusivement à la construction d'édifices comtaux de prestige, essentiellement la collégiale, puis le couvent des cordeliers. Les parties plus tardives, à partir du 14e et surtout au 15e siècle, sont en granite, en grande partie extrait des carrières proches de Moingt (Renon, p. 167, cite les lettres patentes du 13 juillet 1431 par lesquelles la comtesse Marie de Berry donne aux chanoines le droit de prendre la pierre à chaux à Ruffieux, et celles du 19 octobre 1443 où le duc Charles permet au doyen de faire extraire des pierres propres à bâtir de toutes les carrières du comté). Le portail, plus orné, est en grès houiller.

Les nombreuses restaurations des parties de la collégiale construites en calcaire de Ruffieux (peu résistant à l´érosion) ont été faites, début 20e, en calcaire de Saint-Maurice-les-Châteauneuf (Saône-et-Loire) et en pierre de Villebois, d´un grain différent et plus résistant : quelques dizaines d´années plus tard, les pierres changées sont devenues très visibles. Les pierres de substitution utilisées pour les travaux entrepris en 2008 seront le grès des Vosges (certainement du grès Schneider), le tuf de Clermont et la pierre de Gourbier (Bourgogne).

A. 1ère campagne : l´abside et le choeur (travée VII)

La première étape de la construction, commencée dans les années 1220, se limite au minimum nécessaire pour commencer le culte : l´abside à trois pans et la travée de choeur, flanquée de collatéraux à chevet plat. Des portes percées dans le mur séparant les collatéraux du choeur, aujourd´hui murées, permettaient la communication entre ces espaces fermés par une façade provisoire.

L´abside présente deux niveaux de fenêtres : sur les trois pans, une grande lancette est séparée d´une fenêtre à deux lancettes et un trèfle par un mur nu ; sur le mur latéral sud, un passage a été créé au 16e siècle, par le doyen Claude de Saint-Marcel, vers la chapelle qu´il aménage à l´extrémité du collatéral ; il ne reste donc plus que la fenêtre haute, et l´extrémité supérieure de la grande lancette. La partie droite de l´abside présente de hauts murs nus, avec un seul niveau de fenêtres hautes à trois lancettes disposées en pointe.

Les supports sont des colonnes fasciculées formées d´une colonne (dans l´abside) ou trois colonnes (travée droite) et deux colonnettes (soutenant la retombée des formerets) d´un seul bloc, séparées par des gorges. Les chapiteaux sont à crochets saillants, avec un tailloir très débordant. Les bases des colonnes ont un profil en assiette renversée ; elles présentent la particularité de dépasser du dé cubique situé au-dessous.

La clef de voûte de l´abside est ornée de feuilles dentelées ; celle de la travée de choeur est sans décor.

Cette partie de l´édifice ne présente pas de marque lapidaire.

En 1889, les boiseries qui couvraient le fond de l´abside sont déposées à la demande du curé Peurière afin de redécorer totalement le choeur. Des restes de peintures murales à décor géométrique ont été retrouvées derrière, 'd´exécution maladroite et irrégulière, mais très colorées' (Jamot, Bull. Diana, 1889 ; étudiées).

Les murs, très épais, sont épaulés au chevet de contreforts angulaires, reliés à leur sommet par un arc. Cette disposition très bien étudiée par Gabriel Brassart et l´abbé Rochigneux (Bull. Diana, 1926), permettait de se passer d´arcs-boutants. Un chemin de ronde passe sous ces arcs, au niveau des fenêtres hautes de l´abside.

A partir de Guy IV (mort en 1241 en Italie, en revenant de croisade), la collégiale devient la nécropole des comtes de Forez. De Guillaume 1er (mort en 924) à Guy III (mort en 1202), les comtes de Forez sont enterrés à Saint-Irénée, à Lyon ; Guy IV avait d´abord élu sépulture à la Bénisson-Dieu, avant de fonder la collégiale et d´y établir un le tombeau dynastique. Jean 1er (mort en 1334), enterré dans l´abbaye de Joug-Dieu (Rhône), fait exception. Le caveau des comtes de Forez se trouvait devant le grand autel. Il a été profané et ses monuments saccagés pendant les guerres de Religion, puis à la Révolution. Seuls subsistent des fragments de dalles funéraires et le gisant de Guy IV (étudié).

G. Brassart (Notre-Dame..., p. 28) précise que les emplacements de cinq inscriptions funéraires sont connues sur les murs du chevet, certaines totalement illisibles, d´autres connues par des relevés anciens (La Mure ou Renon).

B. 2e campagne : 1ère travée de nef et collatéraux (VI). Avant 1236 ?

On constate dans la 1ère travée de nef (choeur actuel) un élargissement qui n´était pas prévu dans le parti d´origine (les pierres d´attente repérées par Brassart et Rochineux (Bull. Diana, 1926) laissaient supposer une poursuite de l´édifice dans les mêmes dimensions). La première travée est plus large et plus haute que le choeur ; pour pallier aux différences de niveaux, des piliers carrés ont été ajoutés côté nef contre ceux du choeur ; les sommets des arcs n´étant plus alignés (arc des ogives, arc formeret et lancette médiane des fenêtres), les fenêtres hautes sont légèrement décalées sur leur travée pour rattraper visuellement ce défaut. A l´extérieur, l´élévation présente encore l´arc joignant les contreforts au-dessus de la fenêtre haute ; les arcs-boutants ont été ajoutés après coup, le système des arcs s´avérant insuffisant (Brassart et Rochineux, Bull. Diana, 1926, font remarquer que ce contrefort est en granite, comme ceux du 15e siècle, et non pas en calcaire de Ruffieux comme les parties anciennes de la collégiale).

Les supports sont constitués de piles flanquées de dosserets à angles abattus d´un cavet, contre lesquels est plaquée une demi-colonne supportant la retombée des doubleaux et des formerets ; entre les dosserets, une colonnette accueille la retombée des nervures. Les chapiteaux, tous différents, présentent une corbeille lisse, légèrement conique, à décor de feuilles disposées sur de deux rangées ; ils ont un petit tore à la base et un tailloir mince.

Les supports situés entre les travées VII et VI témoignent du changement de parti intervenu. Du côté oriental, le chapiteau continu prévoit l´emplacement d´une colonnette pour la retombée des nervures, qui n´a finalement pas été mise en place, et qui n´a pas de base.

Cette partie de l´édifice ne présente pas de marque lapidaire.

La datation de cette campagne de travaux est effectuée par Gabriel Brassart d´après la fondation en 1236 de prébendes des "matutinaires", prêtres qui devaient aider les chanoines lors des célébrations, et qui officiaient sur l´autel dit "de la chanoinie" situé au revers du pilier sud-ouest du choeur. Le texte de cette fondation ne permet cependant pas d´affirmer que cet autel existait déjà bien en 1236 et à l´emplacement qu´il occupe par la suite.

C. 3e campagne : nef et collatéraux, travées V et IV. 2e moitié du 13e siècle : avant 1282 ?

La construction reprend avec de notables changements de parti qui s´intègrent pourtant bien à l´édifice existant. Cette campagne de travaux est datée avant 1282 par G. Brassart (Notre-Dame..., p. 60), d´après les épitaphes insérées dans le mur extérieur nord, en particulier les épitaphes de Guillaume de Châtelus, mort le 12 juin 1282 (travée IV, mur à l´ouest de la porte, au-dessus d´une petite niche qui devait être un bénitier) et de Jacques de Festo (face ouest du contrefort entre les travées VI et V, sous le porche), dont Beyssac situe le décès le 14 octobre 1282. Deux autres épitaphes du 13e siècle sont visibles à proximité : situées sur les murs des chapelles, elles auraient été déplacées lors de la construction de ces dernières :

- Béatrix du Châtelar (ou de l´Aubépin) morte en 1286 : travée VI (mur de la chapelle 8).

- Barthélemy de Mâcon, mort en 1289 : travée V (mur de la chapelle 9).

L´élévation ne comprend plus que deux niveaux, avec une seule fenêtre haute, à trois lancettes, divisée en deux registres horizontaux par une traverse. La disposition des fenêtres a été confondue avec un triforium (Renon, p. 123 et 162), mais il s´agit bien de fenêtres, dont les encadrements ont des moulurations à l´extérieur (sauf pour les travées I et II, résultant d´une 5e campagne de construction), et qui étaient vitrées : lors des travaux de 1930 sur les travées III et IV, et de 1934 sur les travées I et II, on a retrouvé des traces de vitraux (G. Brassart, Notre-Dame... ; cf. infra). Puis ces fenêtres ont été murées, à une date indéterminée (T. Rochigneux propose vers 1440, hypothèse réfutée par G. Brassart).

Il est difficile de savoir quelle toiture couvrait alors les collatéraux. Renon et Rochigneux penchent pour un toit appuyé sur un muret délimitant un chemin de ronde autour de la nef (Rochigneux, Bull. Diana, 1889). Ce système serait dû au changement de style : dans l´abside, on a un haut mur nu, dans le style dépouillé du 13e siècle ; au 14e, l´architecte a voulu ouvrir ce mur mais a laissé une traverse pour marquer le niveau auquel aurait dû s´appuyer le toit, tout en inventant le système du chemin de ronde avec mur bahut pour résoudre le problème de la pente du toit du collatéral. Au 15e siècle, quand on construit les deux dernières travées, ce système est abandonné : il n´y a plus de chemin de ronde, la partie basse des baies est prévue pour être sous le toit des collatéraux (les encadrements n´ont pas de moulurations extérieures ; il y a des bases en bas des meneaux des fenêtres hautes, au-dessus des arcades basses, alors qu´elles étaient tout en bas dans les fenêtres du 14e siècle) et on étend ce système de toiture au reste de l´édifice. G. Brassart (Notre-Dame..., p. 58) pense que les tuiles étaient posées directement sur du remblai sur les voûtes (exemples à l´Hôpital-sous-Rochefort, Pommiers...) ; un chemin de ronde existait mais passait plus haut que l´actuel (abaissé ensuite).

Les supports et chapiteaux restent similaires à ceux de l´époque précédente. Des congés ornés d´une feuille et des enroulements apparaissent sur les bases. Les clefs de voûte sont de forme circulaire : à deux couronnes de feuilles entourant, surmontée d´une tête de personnage côté est pour la travée V (c´est la plus grosse clef ; elle est percée au milieu), à deux couronnes végétales et un motif au centre, surmontée d´une tête de personnage côté ouest pour la travée IV.

Les premières marques lapidaires apparaissent sur les supports et les murs. On constate des similitudes dans les marques relevées sur les travées V, IV et III, et en particulier entre les travées IV et III, qui pourtant relèvent de campagnes de construction différentes.

Lors des travaux sur les voûtes en 1930, des restes d´enduit avec faux-appareil ont été trouvés sur les voûtes des travées IV et V, ce qui conforte G. Brassart dans l´idée d´un arrêt provisoire de la construction à ce niveau (Notre-Dame..., p. 63), qu´il attribue aussi aux conflits entre Jean 1er et le doyen Hugues de Boissonnelle, puis à la guerre de Cent ans à partir de 1337 (dont furent victimes les fils de Guy VII, Louis Ier et Jean II). Quand au testament de Jean Puy, qui demande en 1345 à être enseveli dans son caveau situé sous les columnas magne voute de novo constructe, G. Brassart ne sait à quelle voûte rapporter ce texte.

L´élévation extérieure adopte désormais le système classique des églises à arc-boutant : il n´y a plus d´arc extérieur.

La porte du collatéral nord (travée IV) est dotée d´un porche voûté d´ogives qui retombent sur des culots sculptés (bustes d´hommes à droite, ours à gauche) et sur une colonnette à chapiteau octogonal orné de feuilles de vigne, et d´un tympan sculpté (étudiés) grâce aux largesses de Guillaume de Montverdun, chantre de la collégiale : dans son testament de 1295, il élit sépulture au tombeau de Jacques de Festo, maître de choeur, et "ordonna... que ses héritiers fissent élever une voûte au-dessus de la porte, et y fissent mettre une image, en sculpture..." représentant la Vierge à l´Enfant entourée du donateur et de Jacques de Festo (La Mure, cité par Renon, p. 60, groupe dit "Notre-Dame de bon coeur").

Le porche s´appuie contre le contrefort situé entre les travées VI et V, sur lequel se trouve l´épitaphe de Jacques de Festo (v. supra) ; une plaque est apposée au-dessous, avec une inscription gravée relatant la réfection de cette porte en 1882 (v. infra).

A l´ouest de cette porte, à l´intérieur de l´église, se trouve un petit placard mentionné par Renon (p. 124) comme le placard des Romains et des Saint-jacquers´, où les pèlerins revenus de Rome ou de Saint-Jacques-de-Compostelle rangeaient les insignes qu´ils portaient lors des processions. Il est aujourd´hui dépourvu de porte et servait à présenter des statues. G. Brassart a vu des restes de peintures sur ce mur : un grand personnage à l´ouest de la fenêtre, un décor héraldique au-dessus de la porte nord. Ils ne sont plus visibles.

D. Le premier clocher

L´existence d´un clocher avant l´achèvement des travées occidentales de la nef est connue dans les textes et l´iconographie. En effet en 1442 une bulle d´Eugène IV relate qu´un incendie a détruit le campanile de la collégiale, et dès 1443 le duc Charles 1er fait rechercher des matériaux pour construire les nouveaux clochers (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 40 et suiv.).

Ce clocher aurait été élevé au dessus de la chapelle n°3 (Saint-Claude, puis Saint-Joseph, puis partie ouest de la chapelle de la Vierge). Des fouilles pratiquées en 1885 (Joulin, Rochigneux, Bull. Diana, 1885 ; G. Brassart, Bull. Diana, 1924) ont mis au jour des massifs de fondation à cet emplacement. Lors des travaux de toiture en 1939, G. Brassart identifie dans les combles des vestiges d´escalier en vis demi-hors-oeuvre, en pierre de Ruffieux, à l'aplomb de ces fondations, confirmant son hypothèse (Notre-Dame..., p. 40). Un massif en pierre de taille, légèrement concave, subsiste toujours dans le comble de la chapelle n°3, et peut en effet être interprété comme le vestige de la partie sommitale d'une cage d'escalier en vis.

Par l´étude des prébendes, G. Brassart attribue la fondation de cette chapelle au chanoine Jean de la Forge, connu en 1377-1378.

Une porte, murée en 1844 mais encore visible dans le mur, aurait permis l´accès au clocher depuis l´extérieur de la collégiale ; il semble d´ailleurs qu´à l´origine il n´y ait pas eu communication directe de cet espace avec l´intérieur de l´église. Les moulurations de cette porte renvoient cependant au 15e siècle, bien après la construction de la chapelle et du clocher.

E. Les aménagements du 14e siècle

"L´oratoire des comtesses"

il s´agit d´une ouverture basse, dans le mur du collatéral I sud (h = 226 ; l = 225 ; pr = 136). La Mure la décrit ainsi : 'voûte dans la muraille du beau choeur... vis-à-vis du grand autel et du côté de l´épître, pour s´y enfermer et recueillir et de là entendre le divin service'. Elle aurait été établie pour Alix de Viennois, épouse (1296-1309) du comte Jean 1er. Elle a été transformée par la suite en placard côté choeur (actuellement masqué par les stalles) et en niche pour confessionnal côté collatéral.

Le jubé

"En 1377 fut clos de murs le choeur de l´église de Montbrison... et faite la tribune" (La Mure, Notes manuscrites de la Diana, cité par G. Brassart, Notre-Dame..., p. 63 ). Le duc est alors Louis II de Bourbon. Ce jubé aurait été situé entre la travée de choeur et la première travée de nef, avec à l´extrémité sud l´autel de la chanoinie, puis un autel de Saint-Mathieu, au nord l´autel du Saint-Esprit, et sur la galerie l´autel de Sainte-Croix. Selon Renon, il mesurait 5 m de haut et était orné de sculptures ; il supportait un petit orgue. Le tout a été détruit à la suite de l´institution du culte de la Raison, le 10 novembre 1793 (Renon p. 361). La statue en bois de Moïse tenant les tables de la Loi, placée depuis la Révolution dans l´angle d´une construction rue de l´Hôpital, aurait été au dessus du petit buffet d´orgues du jubé (musée de la Diana).

F. 4e campagne : la travée III. 1396-1403

C´est le chanoine de La Mure (Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 85) qui donne les dates du chantier de la 5e travée de la collégiale : "L´année 1396, il se fit par les aides de sa [de Louis II] libéralité et d´Anne Dauphine son épouse, une notable augmentation au beau vaisseau de l´église collégiale de Notre-Dame de Montbrison, c´est à savoir des deux dernières arcades de la nef et du reste de la voûte d´icelle, dont la construction s´étant commencée en cette année, ne se fit qu´en l´année 1403. Et c´est pourquoi, sur les deux grandes colonnes qui soutiennent lesdites arcades se voient en relief deux écussons de ce duc qui sont à fleurs de lys sans nombre, et sont partis d´avec celui de ladite Anne Dauphine". G. Brassart cite le passage correspondant dans les Notes de La Mure : "se commencea en 1396 et finit en 1403 et se prit partie de la pierre en une perrière à Moingt, le reste acheté à Saint-Bonnet et ailleurs". La Mure donne également le nom du maître d´oeuvre, Pierre Thomas. Les armoiries du couple ducal figurent en effet dans des quadrilobes à redents sur les chapiteaux du doubleau situé entre les 5e et 6e travées, celles de Louis II au sud (écusson semé de lys, un bâton en bande) et celles d´Anne dauphine au nord (parti : au 1, armoiries de Louis II, au 2, armoiries d´Anne : écartelé, un dauphin dans chaque quartier (le dauphin de Viennois et le dauphin du Forez). Il est intéressant de constater que ce n´est qu´après que Louis II ait renoncé au comté de Forez en faveur d´Anne dauphine, en 1395, que se concrétisa cette campagne de travaux dont on peut penser qu´elle était peut-être considérée comme un achèvement de la collégiale.

On constate de légères différences dans l´élévation de cette travée, en particulier dans la forme des lancettes des fenêtres, dont le lobe supérieur est pointu et les deux autres lobes plus fermés, et dans les matériaux de construction, qui introduisent le grès et le granite à côté du calcaire de Ruffieu, matériau utilisé depuis le début de la construction, qui commençait peut-être à manquer (les lieux d´extraction que cite La Mure, Moingt ou Saint-Bonnet, correspondent à des gisements de granite), mais le style reste dans la continuité de l´ensemble. La clef de voûte est ornée d´un quadrilobe dans un carré à angles arrondis avec des fleurons trilobés au milieu des faces ; elle est surmontée du côté ouest d´une tête qui semble une tête de femme (ce que l´on peut être tenté de mettre en relation avec le rôle possiblement joué par Anne dauphine dans la construction de cette travée).

G. Brassart (Notre-Dame..., p. 71) a pu observer l´architecture de cette travée lors des travaux de réfection de la voûte en 1930 et constater que la maçonnerie était de mauvaise qualité : c´était la plus mauvaise des quatre voûtes refaites par les Monuments historiques en 1930 et 1934´.

La lecture des textes conduit aussi G. Brassart à supposer la construction d´une façade à ce stade de l´avancement de l´édifice, que l´on considérait peut-être comme achevé : en effet on trouve dans les notes manuscrites de La Mure : "l´an 1407... fut achevé le portail de l´église : mais les deux dernières piles n´estoient faites" ; le testament de Pierre Colet, prêtre chorier de Notre-Dame, en 1420, élit sépulture ante magnam portam novam et celui d´Odilon Blanc, prêtre chorier également, en 1431, prope magnam portam (BRASSART, Notre-Dame..., p. 71-72 ). Mais cette façade, et son grand portail, ne sont pas décrits (matériau, ornementation...).

G. 5e campagne : travées I et II. 1443-1459

Le chantier reprend cependant à partir de 1443. La collégiale devait présenter au milieu du 15e siècle un besoin de travaux évident, après les destructions dont elle avait été victime. En effet, en 1422, lors du passage de la bande de Salenove, elle subit une ruine et démolition notable en son couvert et bâtiment´ (La MURE, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 139), à la suite de quoi le pape Martin V, sollicité par les chanoines pour aider à la réparation des dégâts, concède en 1423 une bulle d´indulgences aux bienfaiteurs de la collégiale (ad reparationem et conservationem..., Notes de La Mure citées par DURAND, HUGUET, Bull. Diana, 1887). Puis en 1442, un incendie accidentel du clocher, provoquant son effondrement, avait peut-être endommagé la façade et le portail (bulle d´Eugène IV, 1442, v. BRASSART, Bull. Diana, 1924). Le duc de Bourbon Charles Ier intervient dès 1443 et "par ses lettres datées du 19 octobre, commit le bailli et juge de Forez pour aider aux doyens et chanoines du chapitre de Notre-Dame de Montbrison, à trouver des matériaux pour achever entièrement l´édifice de leur dévote église, tant pour la construction du frontispice et grand portail d´icelle que des deux hautes tours y servant de clochers, comme on en voit aux plus grandes églises ; à quoi, depuis, on travailla. En sorte que, de son temps, lesdits portails et frontispice furent construits par les secours de ses pieuses libéralités et de la duchesse, son épouse" (La MURE, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 187-188). En 1457, l´année suivant la mort du duc, une concession d´indulgences du légat pontifical vient relayer la recherche des moyens financiers pour poursuivre le chantier (La MURE, Notes : 1457, concession d´indulgences aux bienfaiteurs de la collégiale par Alain de Coëtivy, légat : in suis structuris et aedificiis reparatione ... ; cité par DURAND, HUGUET, Bull. Diana, 1887), et en 1459 le portail est posé (BRASSART, Notre-Dame..., p. 85).

Le dessin de la ville de Montbrison dans l´Armorial du Forez de Guillaume Revel montrerait donc l´état de la collégiale avant la construction des travées I et II : on distingue bien l´abside et le choeur (travée VII) de la collégiale, puis le décrochement de la nef, qui compte trois travées visibles (travées IV, V, VI), plus la travée III qui doit être cachée par un clocher en bois. Si on accorde un certain degré de précision à la représentation de la collégiale, ce clocher serait donc un second clocher provisoire, rapidement construit en charpente et en hors-oeuvre après l´incendie de 1442 dans le prolongement de la travée III, puis démonté une fois l´étage du beffroi construit et aménagé sur le clocher nord, donc vers 1490.

Les travées II et I semblent former un ensemble cohérent. L´élévation adopte toujours le même parti, avec des modifications stylistiques légères : les encadrements de fenêtres sont à moulurations prismatiques, alors que les nervures continuent d´être à tores (comme les encadrements de baies des travées précédentes) ; les baies du faux-triforium´ (partie inférieure des fenêtres hautes) n´ont plus d´encadrement extérieur. Les chapiteaux des supports de la travée I ont un très haut tailloir à ressauts multiples, alors que ceux de l´est (aux armes de Louis II et Anne dauphine) n´ont pas de tailloir. Les parties basses des maçonneries sont encore en pierre de Ruffieu, mais les parties hautes, les chapiteaux, les nervures et les clefs de voûte sont en granite ou en grès. Les marques lapidaires relevées sur les supports, nervures et arcs de ces travées sont nombreuses et assez homogènes (On constate cependant des similitudes dans les marques lapidaires relevées sur les travées V, IV et III, et en particulier entre les travées IV et III, qui pourtant relèvent de campagnes de construction différentes). On les retrouve jusqu´au 18e degré du premier escalier d´accès au clocher nord. Les deux clefs de voûte présentent une forme comparable : travée II, clef à quatre branches à redents, surmontées à l´est et à l´ouest de têtes barbues et couronnées ; travée I, clef à quatre branches terminées par des fleurons trilobés, surmontée par une tête barbue et couronnée à l´est (côté ouest non vu). La 6e travée, dont les collatéraux supportent les clochers, a été assez modifiée par la construction de la tribune d´orgue en 1840. Le premier niveau des tours-clochers était à l´origine ouvert vers la nef : les arcs ont été murés, et peut-être en partie démontés (il n´y a pas de mouluration visible côté nef), lors de leur fermeture ; le premier niveau de la tour nord était aussi ouvert vers le collatéral de la travée II (restes d´arc mouluré visible). Ces deux travées ne présentent pas d´emblématique signalant l´intervention des Bourbon (le chapiteau de la colonne supportant l´arc ouvrant sur le collatéral sud (côté ouest) porte des armoiries bûchées et illisibles).

La Mure (Notes, cité par BRASSART, Notre-Dame..., p. 54) affirme que Jean II (mort 1487) et Pierre II (mort 1503) "contribuèrent à l´achèvement de la structure de la nef de ladite église appelée aedificium novum", donc postérieurement à la pose du portail. Une inscription est visible sur la colonne engagée qui soutient le doubleau de la nef sur le pilier nord entre les travées II et I, à environ 5 m du sol. Sa lecture est incertaine : peut-être les mots Johannes et Thomas, séparés par un ornement graphique (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 79). On sait qu´un Pierre Thomas est maître d´oeuvre à la collégiale en 1396 ; cette pierre est de toute façon placée ici en remploi, l´inscription étant à l´envers. Une étude archéologique du bâti serait plus probante pour statuer sur la progression du chantier.

H. Le portail

En 1443, le duc Charles Ier (1401-1456, duc en 1434) commet le bailli et juge de Forez pour aider les chanoines à trouver les matériaux nécessaires à l´achèvement de l´édifice, 'tant pour la construction du frontispice et grand portail d´icelle que des deux hautes tours y servant de clocher' (Renon p. 142).

Le portail (étudié), achevé en 1459 (La Mure, Notes), contraste avec l´austérité de la façade. Il occupe tout le pan de façade entre les deux gros contreforts des clochers. La baie centrale comporte une voussure à quatre rouleaux, en arc brisé, surmonté d´un arc en accolade très aiguë orné des armoiries de Charles Ier, avec la ceinture de l´ordre de Notre-Dame-d´Espérance (Renon, p. 162). Le croisement des moulures, les fins remplages et les pinacles à crossettes constituent l´essentiel du décor. Les niches des ébrasements et de la voussure n´ont jamais reçu de statues (l´abbé Renon propose d´ailleurs de les garnir). Au centre du tympan, est placée une statue de la Vierge à l´Enfant (étudiée).

L´oculus au dessus du portail présente un remplage moderne de style roman. Le fronton est une "réparation improvisée, dont la forme circulaire fera bientôt place à celle qu´on attend pour le couronnement de ce genre d´édifice ; il sera donc angulaire" (Renon p. 164 et pl. non numérotée après la p. 168 : "Notre-Dame d´Espérance de Montbrison avec les réparations proposée"). G. Brassart a noté, lors des travaux réalisés sous sa conduite sur les parties hautes de l´édifice, que ce mur était mince, mal bâti, et s´appuyait sans liaison sur les maçonneries des clochers. La rose semble avoir eu au 17e siècle, et peut-être antérieurement, un remplage dessinant la fleur de lys des Bourbon (Vincent Durand a relevé un prix-fait du 23 février 1639 pour "refaire la grande vitre en fleur de lys, ferrures et panneaux de fil d´archal qui est au-dessus du grand portail, avec le corridor au dessous, ladite vitre et le corridor ruinés depuis longues années", Bull. Diana, II, 1884, p. 358. Ce remplage a pu être brisé à la Révolution).

Tout le portail (ébrasements, voussure, tympan) a été restauré (pierres remplacées à priori à l´identique) au 19e siècle ; il a été de nouveau restauré et consolidé en 1994.

L´église est reconsacrée le 13 octobre 1466, par Etienne de la Chassagne, abbé de Belleville et évêque in partibus, suffragant de Lyon (en effet Charles de Bourbon, archevêque de Lyon, était élu mais non sacré). La célébration annuelle de la dédicace de l´église est fixée au dimanche le plus proche de la Saint-Denis.

I. Les clochers

Le clocher nord présente 5 niveaux séparés par des cordons. Les trois niveaux inférieurs sont aveugles (hormis des jours d´éclairage et des portes de circulation pour le chemin de ronde), les deux derniers sont percés de baies géminées. L´accès se fait par un escalier en vis situé dans l´angle sud-ouest du clocher. Aux 36e et 86e marches, des portes donnent accès aux niveaux du clocher. Au 40e degré, une porte ouvre sur le passage situé au-dessus du portail occidental (accès au clocher sud). Au niveau du comble de la nef, cet escalier s´interrompt et la montée continue par un second escalier en vis logé dans le contrefort sud-ouest du clocher. Cet escalier conduit au chemin de ronde et au beffroi, et jusqu´à la couverture du clocher. Les gargouilles de la face nord sont les mieux conservées ; elles sont en forme de lévrier.

Le relevé des marques lapidaires montre que l´élévation de ce clocher s´est faite en plusieurs étapes : dans la partie basse (jusqu´à la 18e marche, soit jusqu´au 2e jour d´éclairage de l´escalier) on lit des marques similaires à celles de la nef et des collatéraux. Les marques reprennent ensuite entre la 33e et la 50e marche, c'est-à-dire dans la partie basse du 2e niveau du clocher. On aurait ainsi deux campagnes pour le 1er niveau, puis deux campagnes pour le second (jusqu´au niveau du comble de la nef), et enfin plusieurs campagnes pour les trois derniers niveaux (BRASSART, Notre-Dame..., p. 90). Les baies géminées du 4e niveau sont ornées d´un écusson armorié qui interrompt leur arc brisé en son milieu. Les armoiries actuellement lisibles sont :

- sur toutes les faces, écusson de la baie dextre (à gauche) : Bourbon (trois fleurs de lys et cotice)

- face ouest, écusson de la baie sénestre (à droite) : parti : au 1, de Bourbon, au 2, Catherine d´Armagnac, duchesse de 1484 à 1487 (un lion dans le quartier supérieur ? le bord inférieur droit est cassé). L´abbé Renon décrit sur cette façade deux écussons de Bourbon : erreur d´observation due au fait que la partie droite de l´écusson était déjà brisée ? Les armoiries de Catherine d´Armagnac sont : écartelé, au 1 et au 4, d´or au lion de gueules armé et lampassé d´argent (Armagnac), au 2 et au 3, de gueules au lion léopardé d´or armé et lampassé d´azur (Guyenne).

- face sud : au 1, de Bourbon, au 2, Catherine d´Armagnac (deux lions au 2 et au 4)

- face est : au centre, trois fleurs de lys barrées d´un bâton, sans délimitation, surmontées d´un chapeau de cardinal et encadrées des cordelières du chapeau (on distingue les vestiges de la traverse d´une croix et peut-être aussi de la tige d´une crosse d´abbé sous le chapeau) : armoiries de Charles de Bourbon (duc en 1488).

- au nord, un dauphin.

Enfin, un écusson très détérioré est inséré les derniers lits de maçonnerie sous le toit : peut-être un dauphin sur les faces ouest et nord, les armes de France sur la face sud, illisible sur la face est ; mais ce niveau du clocher semble avoir été remanié, ces écussons, qui semblent être en grès plutôt qu´en granite, ont pu être placés ou modifiés après l´achèvement de la construction.

La Mure mentionne bien les participations du duc Jean II (La MURE, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 432 : en 1484, Jean II donne 500 £ aux chanoines pour l´achèvement de la collégiale) et de Charles de Bourbon (La MURE, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 405 : contribution de Charles II de Bourbon à la construction de la plus haute tour de la collégiale de Notre-Dame ; un écusson à ses armes est sculpté sur la quatrième fenêtre, du côté du matin) à l´achèvement du clocher. Dans ses notes manuscrites, il précise que "la quatrième fenêtre côté midi" (donc la baie droite du quatrième niveau, si l´on compte de la même façon que pour l´écusson de Charles de Bourbon) porte un écusson en bas-relief aux armes de Jeanne de Bourbon-Vendôme, troisième femme de Jean II (La Mure, Notes, cité par DURAND, HUGUET, Bull. Diana, 1887, p. 234), et non aux armes de Catherine d´Armagnac, qui est l´état que décrivent Renon et G. Brassart. Hormis cette différence, ces deux auteurs donnent un état des lieux similaire à celui d´aujourd´hui (mais ils ne mentionnent pas tous les écussons, en particulier ceux de la face ouest) et précisent que l´écusson supérieur de la face ouest est aux armes du Forez (dauphin). G. Brassart (Notre-Dame..., p. 97) ajoute que le Registre Carra précise que les écussons supérieur sont tous ornés de dauphins du Forez et ont été ajoutés après l´achèvement du clocher. L´abbé Renon (p. 165 et suiv.) dit avoir vu un écusson au dauphin au sommet de la façade est.

Renon décrit avec beaucoup de précision les armoiries de Charles II : "il a pour cimier le chapeau de cardinal sur une croix pontificale ; pour supports, ce sont deux bras sortant de l´écu, ils ont des manipules et tenant une épée flamboyante. Sous l´écusson, la pointe de la croix est portée par un lion et un griffon, qui présentent chacun un petit blason avec le mot CHRISTUS. Le tout est dominé par cette devise N´ESPOIR, NE PEUR" (Renon, p. 165). Mais cette description très précise d´armoiries foisonnantes de détails semble mal s´accorder avec un écusson sculpté dans du granite ou du grès, placé à 30 m de haut et exposé à l´érosion : en fait, le chanoine Renon reprend presque mot pour mot la description du chanoine de La Mure : "il portoit le plein écu de Bourbon, ayant pour cimier le chapeau de cardinal sur sa croix d´archevêque, et pour supports deux bras appuyant ledit écu, ornés de deux manipules pendants et armés chacun d´une épée flamboyante, la pointe de la susdite croix archiépiscopale étant pendante au bas dudit écu, et portée par un lion et un griffon, symboles de l´écu de son église métropolitaine, tenant chacun un petit écusson où est écrit en lettres antiques ce mot : Christus, et au-dessus de tout, pour cri et devise sont mises ces paroles : N´espoir ny peur". Et La Mure précise plus loin ce qui semble être la source de sa description : "cet écu ainsi figuré avec tous ses ornements et inscriptions, se voit encore aujourd´hui imprimé en un vieux missel de velin, revêtu de plaques d´argent, duquel on se sert aux jours solennels dans l´église collégiale. Laquelle reconnaît ce prélat comme un de ses bienfaiteurs, comme ayant contribué à la structure de la plus haute tour qui lui sert de clocher, où, pour cette raison, paraît relevé en pierre, sur la quatrième fenêtre, du côté du matin, ledit écusson de ses armes". Ce "vieux missel" est peut-être le missel imprimé à Lyon par Jean de Neumeister (étudié par Alain Collet). Les armes du cardinal reproduites dans cette ouvrage diffèrent cependant par quelques détails de cette description : en particulier, le mot N´espoir, ne peur en est absent. La Mure interprète aussi à tort les monogrammes CHS, pour Charles, inscrit sur les écussons portés par le lion et le griffon, et qu´il lit CRS, pour Christus. Il est difficile de connaître le degré d´authenticité des armoiries actuellement lisibles, étrangement composées : le chapeau de cardinal est dans le champ de l´écu, les trois fleurs de lys y flottent sans délimitation...

Lors de son entrée à Montbrison, en 1492, Pierre II donne des ordres pour pourvoir à l´achèvement du "grand clocher" (La MURE, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 432), mais il ne reste pas de vestige précisément identifiable de cette campagne de travaux. En 1503, Pierre II donne 500 £, payables en 10 ans, pour employer à "l'édifice du clocher" (le texte des lettres patentes est publié par l´abbé Renon, p. 174 ; voir aussi La Mure, Histoire des ducs de Bourbon..., II, p. 462 et III, p. 221). La Mure rapporte cette mention au clocher nord, mais G. Brassart (Notre-Dame..., p. 93, 94) pense qu´elle concerne plutôt le clocher sud, resté inachevé. Il y a toujours des dépenses pour la collégiale dans les comptes du dernier duc Charles III, entre 1505 et 1511 (BRASSART, p. 102), mais on ne sait à quoi les attribuer. Il est difficile de donner une date précise d´achèvement définitif de la collégiale, mais on peut penser qu´au début du 16e siècle le clocher avait atteint sa hauteur maximale. Les maçonneries des étages supérieurs ont subit plusieurs reprises, en particulier après qu´ils aient été endommagés par la foudre en 1536 (lors de l´entrée solennelle de François Ier à Montbrison) puis en 1815 (AC Montbrison et AD Loire. Série O : 1066 : réparation des dégradations faites au clocher et à la façade principale de l´église Notre-Dame à Montbrison par la foudre tombée de 8 mai 1815), deux moment où la volonté de mise en valeur du pouvoir royal et de l´allégeance du Forez ont pu conduire à placer les écussons aux armes de France et du Forez au faîte du mur. De nouveaux travaux ont été réalisés en 1926, par l´entrepreneur Julien Dubost et sous la direction de Gabriel Brassart, qui ont constaté la médiocrité des maçonneries du clocher (BRASSART, p. 96) peut-être imputables aux travaux du début du 19e siècle. Certains écussons ont pu être refaits, restaurés ou retaillés, et éventuellement modifiés au même moment.

Vincent Durand (Journal de Montbrison), ainsi que Julien Dubost et l´abbé Epinat aussi (Bull. Diana, 1935, p. 115, note), pensent que ce clocher a été couvert d´une flèche en pierre : des trompes de soutènement étaient établies dans les angles des murs, et les contreforts massifs seraient destinés à l´épauler. G. Brassart pense que si l´on a peut-être projeté de construire une flèche au début, l´idée était déjà abandonnée plus quand le 2e étage a été fini : il se termine par une voûte d´ogives et non des trompes. Le dessin de Martellange, 1611, représente déjà le type de toit qui le surmonta jusqu'au 20e siècle, à deux pentes très plates. G. Brassart récuse aussi l´existence supposée (Durand, Rochigneux) d´une balustrade, qui de plus ne figure pas sur le dessin de Martellange. Les deux pierres en forme de triangles isocèles descendues des parties hautes du clocher en 1883, vues par Rochigneux à la cure en 1889, puis employées dans la construction de la "loge" de M. Duclos à Balbigneux, servaient peut-être à faire un garde-corps au chemin de ronde. De toute façon elles ne seraient pas passées dans le dernier escalier en vis.

Les chapelles (15e-16e siècles)

L´étude des chapelles occupe une grande place dans la monographie de G. Brassart, qui s´est plus précisément attaché à lister l´ensemble des autels et des prébendes rattachées à la collégiale. Les prébendes ont été recensées dans divers documents : La Mure donne une liste des autels et chapelles dans ses Notes, publiée par Vincent Durand (Bull. Diana, 1887, p. 228) ; une autre est établie lors de la visite pastorale de Camille de Neuville en 1662 (éditée). G. Brassart a également consulté le Registrum spirituale du chanoine Barthélemy Berthaud (mort 1681 ; Bibl Diana) et le Registre Carra (Bibl. Diana, v. 1713-1733), où est copié un Règlement de l´archevêque de Lyon, Mgr de Saint-Georges, du 5 mai 1695. On trouve encore une liste des prébendes dans le Pouillé de 1752 (publié par Renon, 503 à 538) et l´abbé Prajoux a établi un état des prébendes de 1760 (Bull. Diana, 1890, p. 250). La Mure dénombre plus de 100 prébendes ; le Registrum spirituale compte donne 270 messes (par semaine), le pouillé de 1752 environ 200.

G. Brassart a épluché soigneusement une importante documentation textuelle, mais qui manque de précision en ce qui concerne l´architecture : la mention d´une chapelle n´implique pas forcément son existence physique ni la pérennité de son implantation. Un simple autel peut être appelé chapelle et recevoir une fondation, puis être déplacé, et finalement être établi dans une chapelle matériellement construite 100 ans après sa première mention dans les textes. Ainsi la première chapelle identifiée par G. Brassart, la chapelle Saint-Etienne (G. Brassart, p. 35), citée dans testament du chanoine Clément Rousset en 1294, est en fait le collatéral sud de la travée VII. Son autel est d´abord situé contre le chevet plat de ce collatéral sud, une prébende y est connue avant 1255 ; cet autel est ensuite déplacé contre le mur oriental de la chapelle édifiée avant 1509 par le doyen Claude de Saint-Marcel à l´est du collatéral, contre l´abside. On manque de données archéologiques et les travaux des 19e et 20e siècles brouillent les pistes pour la lecture des élévations.

Les chapelles sont ici rangées dans l´ordre de leur numérotation sur le plan. Les vocables sont donnés dans l´ordre chronologique.

Chapelle 1. Chapelle Saint-Eustache, Saint-Louis (et Saint-François), puis chapelle des morts, avant 1528 (décor étudié)

Construite par le chantre Eustache de Lévis, pour sa sépulture (testament en 1527) et celle de Louise de Bressoles, seconde femme de son père (et veuve du frère de sa première femme). Ce tombeau était dans la "voûte à l´opposite de l´autel" (Renon, p. 560, d´après La Mure), sorte d´enfeu dans le mur ouest de la chapelle. Selon La Mure (Astrée Sainte, p. 310), Eustache de Lévis avait dédié la chapelle aux saints Jean-Baptiste, Louis et Eustache ; on trouve aussi la mention du vocable de Saint-François (Registre Carra, cité par G. Brassart).

En 1808, la chapelle devient chapelle des morts : elle est peinte en noir avec les nervures blanches par le peintre Desbrun ; la barrière, l´autel et "surtout le tableau" réalisés pour cet aménagement déplaisent fortement à Renon (p. 391). Un vitrail est réalisé en 1867 (étudié). En 1870, l´abbé Peurière fait restaurer la chapelle ; la "voûte" du tombeau des Lévis est déblayée et surmontée des armes des Lévis (à trois chevrons), en ciment, mais le tombeau semble ne pas avoir servi (G. Brassart, p. 170). Le tableau de la Descente de Croix (étudiée) était alors placé au-dessus. L´autel-retable en pierre calcaire, orné d´un groupe sculpté représentant la Pietà encadrée de deux anges (étudié), date probablement de cette époque.

Le monument aux morts de la guerre de 1914-1918 s´y trouve maintenant (étudié).

Chapelle 2. Chapelle Saint-Jean-Baptiste et Saint-Pancrace, puis Saint-Louis, puis Saint-Joseph

Construite pour Etienne Renaud, prêtre (Astrée sainte, p. 368). En 1434, Jean de Pommiers, prêtre chorier, y élit sépulture au tombeau de sa mère et y fait faire un vitrail et une grille (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 162) ; le vocable cité est alors Saint-Jean-Baptiste).

En 1816 la chapelle prend le vocable de Saint-Louis (dans le cadre de la restauration monarchique) et est redécorée : l´abbé Renon (p. 392) transcrit le prix-fait passé le 25 février 1816 avec Bernardin Lago, peintre décorateur, pour un décor à livrer le 1er juin 1816 (2800 F) :

"Art. 1. Cette chapelle aura un autel plaqué en marbre blanc et bleu ; la planche qui forme le dessus ainsi que la corniche qui se trouve dessous la nappe sera en bois.

Art. 2. Au-dessus de l´autel il sera élevé un morceau d´architecture en plâtre [retable], recouvert en stuc et peint en marbre... les chapiteaux, bases et ornements seront en ordre ionique, sculptés et dorés or fin.

Art. 3. Entre lesdites colonnes sera placé le tableau de saint Louis [6x5 pieds]... peint à l´huile sur toile.

Art. 4. Toute la chapelle sera boisée à la hauteur de 7 pieds et peinte en marbre.

Art. 5. Ladite chapelle sera carlée [sic] en marbre à la mosaïque à compartiments.

Art. 6. Elle aura une balustrade en fer de 3 pieds 6 pouces de haut, les ornements royaux seront en fer battu ou en fonte.

Art. 7. Tout l´intérieur ainsi que l´extérieur de l´arc sera doré à fresque, et les couleurs ainsi que les ornements seront allégoriques à la chapelle royale de saint Louis ; les principaux fonds seront en bleu de ciel, ornés de lys, et sur la partie extérieure seront peintes les armes de France".

Une inscription peinte sur bois complétait ce décor : DEO VOLENTE, LUDOV. XVIII REGNTE / HOC SACELLUM STO LUDOVO DICATUM / SUB AUSPICIIS ET ADMINISTRATIONE EST EXORNATUM / DNI VICECOMITIS TASSIN DE NONNEVILLE PRAEFECTI, / D. COMITIS LAROCHAIMON, FRANAE PARIS, PRAEFAE GUBERNIS, / D. EQUITIS BOYER DUMONCEL, URBIS RECTORIS, / D. POPULUS, ECCLESIAE PAROCHI. / ANNO DOMINI MV[sic]XXXXVI.

[par la volonté de Dieu, sous le règne de Louis XVIII, cette chapelle dédiée à saint Louis a été ornée sous la surveillance et l´administration de Monsieur le vicomte Tassin de Nonneville, préfet, de Monsieur le comte Larochaimon, Paris, préfet et gouverneurr, de Monsieur le chevalier Boyer Dumoncel, recteur de la ville, et de Monsieur Populus, curé de la paroisse. L´an de grâce 1816.]

Le décor mêlait donc des stucs ou des boiseries peintes en faux marbre à des peintures du style de celles de la Sainte Chapelle de Paris. D'après Cindy Halm, Narcisse, soeur de Bernardin, aurait été associée à la conception de ce décor (Halm, p. 102 ; Bernardin et Narcisse Lago sont répertoriés dans Audin, Vial, p. 472, qui ne connaissent pas l'intervention de Narcisse à Notre-Dame). Il ne subsiste aucun élément du décor porté ; seul le tableau (étudié) est encore accroché dans la chapelle). Le mobilier se compose actuellement d´un autel-retable en calcaire blanc et marbre gris, avec un retable architecturé à niches contenant les statues des saints Louis et François d´Assise encadrant saint Joseph portant l´Enfant (étudié). La chapelle contient également un confessionnal placé sur un degré orné de marqueterie de pierre (trois étoiles à six branches dans des encadrements).

La chapelle est voûtée d´ogives, avec des écussons sans décor sur les clefs (ce voûtement a certainement été refait ou très modifié au milieu du 19e siècle). Le sol a un pavement en mosaïque formant des motifs géométriques polychromes. La fenêtre en arc brisé a trois lancettes polylobées et des jours de réseau en soufflets (verrière étudiée).

Chapelle 3. Chapelle Saint-Antoine et Saint-Claude, dite des Manillier, puis chapelle de la Vierge

La Mure attribue la fondation de cette chapelle à Jean Manillier, bourgeois de Montbrison, et sa femme, en l´honneur de Saint-Claude. G. Brassart situe la fondation de la prébende de Saint-Antoine par Jean de la Forge, chanoine sacristain, dans les années 1370 (Notre-Dame..., p. 156) ; la chapelle aurait été édifiée dans le dernier quart du 14e siècle. C´est au-dessus de cet espace qu´aurait été construit un clocher provisoire (v. supra) incendié en 1442. La voûte est une voûte d´ogives quadripartite à quatre liernes. La clef centrale présente un IHS dans un écusson, entouré de deux carrés à faces concaves disposés en étoile ; les quatre plus longues branches se terminent en fleurs de lys. Les clefs des liernes sont en forme d´écusson sculptés en bas-relief des symboles des Evangélistes : l´ange au nord, l´aigle à l´est, le lion au sud, le boeuf à l´ouest. Elle a une fenêtre à trois lancettes polylobées et des jours de réseau en soufflets et mouchettes. Les culots aux retombées des ogives présentent un écusson vide. La voûte a certainement été très remaniée dans les années 1840 (le décor sculpté date visiblement de cette époque).

Au 19e siècle, la chapelle est placée sous le vocable de Saint-Joseph et confiée à la corporation des menuisiers (Renon). En 1844, on mure la porte ouverte sur l´extérieur (porte du clocher ?) et la fenêtre est garnie d´une verrière de Maréchal, de Metz (date donnée par G. Brassart, Notre-Dame..., p. 155). L´abbé Renon consacre un chapitre spécial aux vitraux, en cours de pose lors de l´achèvement de son ouvrage (p. 428 et suiv.), sans donner de date. Cette verrière comprend 18 compartiments représentant des scènes de l´Ancien Testament 'devraient concorder avec les vitraux précédemment posés à la 1ère fenêtre par M. Thevenot (...) dont l´oeuvre qui n´est pas sans mérite a le malheur d´être éclipsée par celle de M. Maréchal' (Renon).

La chapelle a été profondément modifiée en 1845, lors de sa réunion avec la chapelle 4 pour former la chapelle de la Vierge (v. infra).

Dans les années 1880, l´abbé Peurière demande un plan de réfection, dressé par Rochigneux, conducteur des ponts et chaussées. Dans le sol de l´ancienne chapelle Saint-Claude, deux tombes alignées en longueur sont découvertes, dans un mélange de remblais et d´ossements, ainsi qu´un massif de maçonnerie polygonal, en saillie vers l´intérieur de la chapelle. Vincent Durand propose d´y voir les fondations d´une chaire extérieure, comme à Saint-Lo ; il est considéré ensuite comme une trace du clocher provisoire (v. supra).

Le mobilier comprend actuellement un tableau (Visitation de Jean-Baptiste Suvée, 1782, étudié). Des statues en bois dorées étaient placées dans la niche ménagée dans l´embrasure de la porte murée ; elles ont été déposées dans une sacristie. Une plaque commémorative datée de 1878, en marbre brun, lettres gravées peintes en doré (h. 62,5 ; la. 85 cm) est fixée sous le tableau. Les mots son séparés par deux points sauf en fin de ligne. Relevé de l'inscription : +AD MEMORIAM LUD JAC MAR CROZET+ / QUI HANC B M NOSTRAE DOMINAE / PER XXIX ANNOS REXIT PAROCCIAM / DILEXIT ET PARTIM SUPELLECTIL (?) DITAVIT / LUGDUNI NECESSIT ANNO MDCCCLXXVIII / IN PRIMATIALI CANONICUS ECCLESIA / LXXXIV ANNOS NATUS / SIT IN PACE LOCUS EJUS. Les archives de la paroisse conservent deux projets pour cette plaque (avec un texte différent de la plaque existante, en deux versions : lettres romaines ou lettres onciales) réalisés en 1879 par Claudius Jamot.

Chapelle 4. Chapelle Sainte-Catherine et Saint-Roch, dite chapelle des Papon, puis chapelle de la Vierge

La "chapelle", ou l´autel, a été fondée par le chanoine Clément Rousset dans son testament en 1294, contre le mur qui sépare le choeur du collatéral sud. L´autel fut ensuite déplacé, peut-être à cause de l´ouverture de l´oratoire des comtesses, donc avant 1309. Le doyen Pierre Joël y élit sépulture en 1456, mais on ne sait pas à partir de quand on peut considérer que la chapelle occupe son emplacement actuel. Louis de la Vernade, chantre en 1459, doyen de 1490 à 1499, la fit reconstruire ou remanier (La Mure, Astrée Sainte, 368) pour y établir sa sépulture. Elle était dédiée à la patronne de sa mère. Ses armes sont représentées sur la clef de voûte centrale (écusson entouré de feuilles de chêne et de glands, dans un médaillon circulaire), sur les consoles à la retombée des ogives du côté sud (dans un cartouche) et au niveau de l´imposte de l´arc d´entrée dans la chapelle, des deux côtés : elles ont été repeintes en 1844 (G. Brassart, p. 150, d´après le Journal de Montbrison, 29 juin 1844). La voûte est une voûte d´ogives quadripartite à quatre liernes ; les clefs des liernes sont en forme d´écusson sculptés en bas-relief de symboles mariaux (Litanies de la Vierge) : un ciboire au nord, un autel à l´est, une rose au sud et une tour à l´ouest. Ce décor a visiblement été posé sur les clefs de la voûte vers 1845. Les culots à la retombée des ogives côté nord présentent un écusson vide, signe probable d´une reprise dans les années 1845. La fenêtre présente trois lancettes polylobées et des jours de réseau en soufflets et mouchettes. La famille Papon élit sépulture dans cette chapelle au 16e siècle : lorsque le chanoine Louis Papon demande à y être inhumé, en 1545, son frère Jean y repose déjà. Le vocable de saint Roch est alors mentionné. La famille Papon, ou de Goutelas, resta propriétaire de la chapelle jusqu´à la Révolution. En 1743 le vitrier Cluzel répare la fenêtre et peint 6 écussons. En 1787, les chanoines font 'détruire l´ancienne chapelle sous le vocable de la sainte Vierge adossée à un des piliers du choeur de notre église, qui faisait une difformité dans le collatéral du côté droit, et l´avons transporté dans la chapelle de Saint-Roch, qui appartient à la maison de Goutelas, que nous avons fait décorer' : la voûte est blanchie, les vitraux réparés et dotés d´une grille extérieure, le sol "recadeté" (carrelé ou pavé de dalles de pierres) ; un nouvel mobilier est installé : autel, lambris de revêtement, clôture de chapelle ("balustre en fer") (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 153-154, d´après V. Durand, Rev. Foréz., 1869, p. 74-76).

Un vitrail de Thévenot (étudié), de Clermont, daté de 1840 et 1841, est placé le 27 août 1842 (Renon, p. 416). Il est composé de trois lancettes divisées en cinq compartiments accueillant les 15 mystères du Rosaire (cinq mystères joyeux, cinq mystères douloureux et cinq mystères glorieux).

Dans les années 1844-1846, lors de la campagne de travaux menés dans les chapelles du côté sud par Crosa, (Devis estimatif des ouvrages à faire pour la réparation de l´église Notre-Dame, 26 000 F, 8 janvier 1846, AD 42, O 1066), l´arcade de séparation avec la chapelle voisine à l´ouest est ouverte pour former une vaste chapelle dédiée à la Vierge. Renon (p. 153) donne pour cette réunion la date de 1845. Lors des travaux, des peintures murales sont dégagées, en particulier une litre funéraire (Journal de Montbrison, 19 avril 1845, avec une autre litre à Ecotay). Les arcades et les supports ont dû être retaillés à cette occasion (bases à moulurations prismatiques simples). La chapelle est le siège de la confrérie du Rosaire, qui la fait richement meubler. Une verrière est commandée à Maréchal, de Metz. L´autel-retable, dessiné par Bossan, s´orne d´un décor sculpté par Fabisch (étudié), avec en particulier un retable architecturé à niche avec les statues de la Vierge du Magnificat et des saintes Catherine et Cécile. Un lambris de demi-revêtement à hauteur d´appui, en bois vernis, à décor d´arcatures gothiques (lancettes polylobées, quadrilobes) recouvre le bas des murs. Le sol est recouvert d´une mosaïque (autour de l´autel : décor de filet, palmettes aux angles, rosace).

En 1877, des projets de sol coloré en carreaux de céramique et en pierres lithographiques sont dessinés par Jamot. Si ce sol a effectivement été mis en place, il a été détruit par les travaux entrepris par l'abbé Peurière en 1885, pour cause d'humidité. Le sol actuellement en place est d'un modèle beaucoup plus simple.

Chapelle 5. La salle capitulaire, puis nouvelle chapelle Saint-André

Les premières mentions de la salle capitulaire sont liées à celles des reliques de saint Aubrin. Celles-ci étaient en effet présentées dans une grande châsse de bois posée sur des poutres "attachées dans la muraille du chapitre au-dedans de l´église vis-à-vis la chapelle saint Georges" (Procès-verbal de 1677, cité par Renon, p. 248 et suiv.) D´après divers textes cités par La Mure (Histoire ecclésiastique du diocèse de Lyon, 1671, p. 284) et Renon, la châsse occupait déjà cet emplacement au début du 15e siècle. La salle capitulaire a été refaite par le doyen Claude de Saint-Marcel (doyen de 1505 à 1509), "entre ladite chapelle de Berri et celle de Sainte-Catherine" (La Mure, Astrée Sainte, p. 372). Elle était fermée côté église par un mur avec une petite porte (Renon, p. 180).

Après la Révolution, la confrérie des Pénitents du Confalon s´y installe. Ils l´abandonnent le 4 février 1844 pour réinvestir leur ancienne chapelle (étudiée) (Renon, p. 423). L´ancienne salle capitulaire fait alors l´objet d´importants travaux, pour la transformer en chapelle dédiée à saint-André. La voûte est reconstruite, le mur nord abattu et percé d´une grande arcade (une partie de ces travaux utilise la brique, visible par endroits), le mur sud et les contreforts reconstruits dans l´alignement des autres chapelles ; une nouvelle fenêtre est posée, à trois lancettes polylobées et jour de réseau à soufflets et mouchettes (garnie en 1846 d´un vitrail de Mauvernay et Pagnon, étudié), et une porte est percée. Son encadrement est peut-être un remploi (moulurations du style du 15e ou du 16e siècle) ; il est surmonté d´un cartouche avec un médaillon en bas-relief aux armes du chapitre (dauphin sur un semi de fleurs de lys barré).

La chapelle est confiée en 1847 à la corporation des plâtriers et maçons (Renon, p. 401).

Chapelle 6. Chapelle Saint-Jérôme, Christophe, Jean et Yves, dite chapelle de Berri, puis des Paparin (étudiée)

Selon l´anecdote rapportée par La Mure (Histoire des ducs de Bourbon, p. 369-371), la chapelle aurait été fondée à la suite du meurtre, en 1488, de Jean Berri, secrétaire du duc-comte de Bourbon, châtelain de Montbrison et Lavieu, lors d´un complot auquel aurait participé le "grand bâtard" Mathieu de Bourbon (fils naturel du duc-comte Jean II). En repentir de son crime, Mathieu aurait fait bâtir à ses dépens une chapelle, sous le vocable des saints Jean (patron du défunt) et Yves (patron de sa profession), pour la donner à Valentine Manillier, mère de Jean Berri. Mathieu de Bourbon y fonda deux prébendes et élit sépulture au bas des degrés de la chapelle ; mort en 1504, il y fut enterré sous une grande table de cuivre avec sa représentation en relief au naturel. Toujours selon La Mure, la plaque aurait été arrachée par les Huguenots mais on voyait encore son écusson au bas du pilier qui soutient les arcades de cette chapelle, et deux anneaux servant à attacher ses trophées militaires dans le mur en face. La verrière de cette chapelle portait les armes du duc Jean II.

G. Brassart a retrouvé l´acte de fondation de la chapelle par Valentine Manillier, en 1490, sous le vocable de saint Jérôme et saint Christophe, et dont elle cède ses droits de collateur à son neveu par alliance François Paparin (AD Loire, G 4, pièces 6 et 7 ; G. Brassart, Notre-Dame..., p. 140). La fondation par Mathieu de Bourbon serait donc une légende ; il aurait seulement fondé deux prébendes dans cette chapelle pour calmer ses remords.

La chapelle présente une voûte sexpartite dont la retombée médiane du côté nord est soutenue par une colonne. La retombée des ogives se fait sur des colonnettes engagées surmontée d´un petit tailloir polygonal. La fenêtre géminée a deux lancettes en arc brisées contenant chacune deux lancettes polylobées avec jour de réseau à soufflets et mouchettes à l´ouest et soufflets à l´est. Le 27 août 1842 des vitraux de Thevenot sont mis en place, représentant 12 épisodes de la vie du Christ (étudié) (Renon p. 416). La voûte menaçant ruine, elle a été refaite, ainsi que la fenêtre, par Jamot en 1885 (Rey p. 85, cité par G. Brassart, Notre-Dame..., p. 148). La clef de voûte porte cependant encore les armes des Paparin soutenues par deux anges. Un sol en mosaïque a été mis en place à cette occasion, à décor de rinceaux, filets, filets ondulés et petits motifs en semi, avec une inscription devant l´autel : premier cadre : QUICUMQUE CERTUM QUAERITIS / REBUS LEVAMEN ASPERIS ; deuxième cadre : AD COR RECLUSUM VULNERE / AD MITE COR ACCEDITE, et une devant la fenêtre : (quadrilobe) SAC. REAED. ET ORN. AN. MDCCCLXXXV / D. PEURIERE PAR. D. IAMOT ARCH. [chapelle réédifiée et ornée en 1885 par M. Peurière curé et M. Jamot architecte]. Une belle grille en fer forgé ferme les deux arcades vers le bas-côté (étudiée). La chapelle est garnie d´un autel-retable en pierre calcaire blanche (table d´autel supportée par des colonnettes, retable en forme de gâble à redents), avec une statue du Sacré-Coeur encadré d´anges portant des phylactères, et d´un confessionnal. Un Mémoire des travaux de menuiserie du 28 juillet 1888 (A. paroissiales) fait état d´une boiserie en chêne placée dans cette chapelle.

Chapelle 7. Chapelle saint Etienne, puis saint Roch, dite chapelle de Claude de Saint-Marcel (étudiée)

La chapelle construite contre le mur sud du choeur et le mur est du collatéral sud est due à Claude Raybe de Saint-Marcel d´Urfé, curé de Grésolles, prieur commendataire de L´Hôpital-sous-Rochefort entre 1497 et 1509, chanoine de Lyon et acteur de la fondation du couvent des Clarisses, initiée par Pierre d´Urfé (1496, bulle d´Alexandre VI). Après avoir refusé cette distinction en 1496, il devient doyen de la collégiale de Montbrison de 1505 à 1509. Après l´achèvement de la chapelle de Berry, il continue l´aménagement de cette partie de l´édifice en faisant construire une chapelle, lieu de sa sépulture, puis une sacristie (infra) collée contre cette chapelle et le mur oriental de la chapelle de Berri. Afin de relier plus directement le choeur et sa chapelle (mais aussi la sacristie), il aurait fait percer une grande arcade dans le mur sud de l´abside, à l´emplacement de la fenêtre sud partiellement obstruée par la nouvelle construction (La Mure, Astrée Sainte, p. 371, cité par G. Brassart, Notre-Dame...). Il fait également réaménager le chapitre (voir chapelle 5). L´autel de saint Etienne, l´un des plus anciens autels secondaires de la collégiale, fut alors déplacé sur le mur oriental de la nouvelle chapelle (il prit ensuite le vocable de saint Roch). Le lavabo placé à côté date certainement de l´autel primitif. Le tombeau de Claude de Saint-Marcel (étudié) forme un enfeu encastré dans le mur de l´angle nord-ouest de l´abside.

La chapelle était éclairée, à l´est, par une verrière à trois lancettes en plein cintre, avec remplage en accolade et jours de réseau. Le "portrait de ce pieux seigneur représenté à genoux, avec les mains jointes, devant la crèche du divin enfant Jésus (...), ayant le surplis et faisant porter près de soi l´aumusse et montrant en bas une soutane rouge" (La Mure, Astrée Sainte, p. 372) était représenté sur le vitrail détruit à la Révolution, remplacé actuellement par une verrière à losanges ornée de motifs végétaux stylisés. Cette baie a été partiellement occultée au 19e siècle par la construction du bâtiment accolé au nord de la sacristie (v. infra).

Claude de Saint-Marcel aurait également doté la collégiale d´objets du culte précieux, dont rien ne subsiste, en particulier "la garniture d´une tapisserie pour le choeur et un beau tabernacle d´argent massif pour l´autel du Saint-Sacrement. Il meubla encore le clocher de cette église, dès l´année après son avènement au doyenné, d´une nouvelle cloche, à laquelle il donna son nom de Claude, et sur laquelle il fit graver ces paroles évangéliques : JESUS AUTEM TRANSIENS PER MEDIUM ILLORUM IBAT (Luc c. 4 v. 30)" (Astrée Sainte, l. III, ch. 24).

Dans le passage entre abside et sacristie, un autel (étudié) a été fondé par André Vende, chanoine (entre autres) de Montbrison et protonotaire du Saint-Siège (encore en vie en 1521), exécuteur testamentaire de Claude de Saint-Marcel.

Chapelle 8. Chapelle Sainte-Cécile, puis Saint-Honoré (chapelle de Jacques Robertet ; étudiée)

Chapelle fondée à partir de 1515 par Jacques Robertet, fils de Jean Robertet (v. infra), chanoine et sacristain de Notre-Dame nommé en 1483 (il était déjà prieur de Saint-Rambert, chanoine à Notre-Dame de Paris et à Saint-Paul de Lyon, protonotaire du Saint-Siège). En 1515, il devient évêque d´Albi (par résignation de son frère Charles) : il fait alors ériger dans la collégiale une chapelle sainte Cécile (patronne de la cathédrale d´Albi), qui n´est pas terminée à sa mort en 1519 (Renon, p. 187).

La chapelle est éclairée, au nord, par une verrière à trois lancettes polylobées avec jours de réseau à coeurs et mouchettes. Le vitrail daté 1524 représentait des scènes de la vie de sainte Cécile, avec donateur en rochet et camail agenouillé devant l´image de la Vierge et présenté par saint Jacques, avec ses armoiries (La Mure). La Mure attribue la réalisation de ce vitrail à Florimond Robertet, trésorier de France, frère de Jacques, mais celui-ci est mort en 1522. Il restait des débris de ce vitrail en 1847, en particulier la scène du mariage de sainte Cécile (Renon, p. 191). Il a été remplacé en 1856 par un vitrail de Maréchal de Metz (étudié).

La chapelle abritait la sépulture du coeur de Jacques Robertet : Renon raconte "Nous avons été assez heureux pour le retrouver, enveloppé dans un morceau d´étoffe de soie, et renfermé dans un coeur de plomb soudé et marqué d´une croix. La pierre qui le recouvre aujourd´hui porte toujours les traits que l´ancienne avait primitivement, un écusson, un coeur et une croix" ; elle est encore visible dans le sol. Au 17e siècle, la chapelle passe aux Girard de Vaugirard, qui s´y font inhumer et la redécorent de plaque de marbre avec des inscriptions. Au 19e siècle, la chapelle est confiée aux boulangers et prend le vocable de Saint-Honoré (Renon, p. 187). L´épitaphe ressemblait à celle de son frère : ISTA ROBERTETI CINERES TEGIT URNA JACOBI / QUEM VIGILEM EXPERTA ET ALBIA PONTIFICEM / CORPORIS AC ANIMI PRAECLARIS DOTIBUS AUCTUM / ANTE SUUM RAPUIT SORS TRICULENTA DIEM.

Chapelle 9. Chapelle Saint-Michel, puis Sainte-Madeleine (chapelle de Jean Robertet ; étudiée)

Chapelle construite pour Jean Robertet, secrétaire de la chambre des comptes de Forez et grand maître des Eaux et forêts du duc-comte, mort vers 1492. Il fut reçu à la cour royale dans l´entourage du duc de Bourbon, et devint dès 1469 le premier greffier de l´ordre de Saint-Michel nouvellement créé par le roi Louis XI ; le vocable de la chapelle de la collégiale dérive certainement de cette dignité. C´est la première chapelle construite contre le collatéral nord.

La chapelle, très étroite, est divisée en deux pièces voûtées d´arêtes. Le premier espace est ouvert sur le bas-côté par une grande arcade et éclairé par une fenêtre en arc brisé à deux lancettes trilobées, jour de réseau à soufflet et mouchettes. Selon La Mure (Bull. Diana, IV, 1887, p. 233), deux écussons aux armes du duc Jean II (mort en 1488), avec le collier de Saint-Michel, étaient peints sur le vitrail, ce qui permettrait de placer la construction de la chapelle avant 1488. Le deuxième espace forme une sorte de petit oratoire ouvert sur le bas-côté par une petite porte à décor sculpté. La chapelle semble avoir été surélevée après coup d´un petit étage de comble dont l´accès n´est pas visible et la fonction inconnue. Au début du 19e siècle, elle prend le vocable de Sainte-Madeleine (Renon, p. 370 note)

En plus des chapelles (au sens architectural du terme) édifiées hors-oeuvre, certaines travées de bas-côté sont identifiées comme des 'chapelles' par les textes anciens, en raison des fondations d´autels et de prébendes qui y ont été faites, parfois accompagnées de décor et de mobilier. Ce terme a été repris par G. Brassart dans son étude, sur laquelle se basent la plupart des renseignements historiques des paragraphes suivants.

Travée I, collatéral nord. Chapelle Saint-Antoine, puis chapelle de la Vierge (sur le plan : a)

Fondée par le chanoine Florimond de la Forge, connu de 1459 à 1482. Son testament évoque une capellaque nova per ispum testatorem constructa et demande que cette chapelle soit achevée par la pose d´un pavement, d´un autel et d´une verrière. Il ne reste rien de ces aménagements.

Cet espace a servi, dès la fin du 19e siècle ( ?), de sacristie : les arcades ouvrant vers l´intérieur de l´édifice ont été murées, le volume divise en deux horizontalement par un plancher. Un escalier en vis en bois permet de monter à l´étage créé. Le niveau inférieur a été transformé en salle de trésor, ouvert sur le collatéral par une grille (aménagement réalisé par l´association des Amis de la collégiale). Le niveau supérieur sert de sacristie annexe et de dépôt d´objets.

Travée I, collatéral sud. Chapelle Saint-Sébastien et Sainte-Marthe (b)

On trouve avant 1453 la trace de prébendes fondées sur l´autel de saint Sébastien par le chanoine chantre Michel Brochet (mort en 1453). Au 17e siècle, la famille Henrys établit sa sépulture dans cet espace. G. Brassart (Notre-Dame..., p. 177) mentionne l´épitaphe de Claude Henrys (mort en 1662), écrite sur un papier collé à la boiserie (le texte a été relevé par Louis-Pierre Gras, Rev. Foréz., IV, 1870, p. 85), puis gravée en 1786 sur une plaque de marbre noir ornée de pilastres et d´un fronton armorié, et également transcrite sur le crépis extérieur. Il ne reste rien de ces aménagements, détruits en 1793. Au milieu du 19e siècle, il restait encore "quelques mots [de son épitaphe] à l´extérieur", vers la porte nord, à gauche : HIC JACET QUI NUNQUAM PRO PUBLIC JACUIT, / CLAUDIUS HENRYS MONTBRISONNENSIS, IN SEGUSIANA : CURIA PATRONUS REGIUS, VIR SIMPLEX ET TIMENS DEUM, / THEMIDIS ORACULUM, CUJUS MENS, SCIENTIARUM : OFFICINA, CONSILIO CLARUIT ; HOMO DEUX, / DE QUO MIRA SCRIPSIT, VITAM EJUS CORONAVIT ANNO MDCLXII : SIC RENOVATUM ANNO MDCCLXXXVI (Renon, p. 231).

Les ouvertures de cette chapelle vers l´intérieur de l´église sont bouchées, elle est transformée en dépôt d´objets de grande taille (tableaux de confrérie, abat-voix de la chaire), avec une mezzanine en bois pour augmenter la capacité de stockage, et actuellement en régie avec tableaux de branchements électriques pour les concerts. Contrairement à l´espace symétrique au sud, sa fenêtre est garnie d´un vitrail.

Travée II, collatéral nord. Chapelle Notre-Dame-de-Pitié et autel de Sainte-Geneviève (c)

G. Brassart a établi que l´autel de Sainte-Geneviève se trouvait vers l´angle nord-ouest de cet espace, où se trouve encore une console supportée par un ange en vol qui présente un écusson armorié. Les armoiries ont été bûchées, mais une coquille est encore lisible en chef. G. Brassart reconnaît les armoiries des seigneurs de Vinols (d´or au cep de vigne de sinople, au chef de gueules chargé de trois coquilles d´or), et a discerné des ceps de vigne et des coquilles dans des entrelacs rouge dans les vestiges de peintures murales visibles sur le mur nord. Le lien entre l´autel de Sainte-Geneviève et la famille de Vinols est établi par le Verbal de l´inventaire des reliques de 1677 (publié par Renon), qui mentionne le reliquaire d´argent donné par Michel de Vinols en 1536 pour les reliques de sainte Geneviève, titulaire de la chapelle de sa famille. Ce Michel de Vinols est prêtre chorier en 1504 (d´après un acte cité par G. Brassart). On peut noter la proximité de style entre l´ange de cette console et ceux sculptés dans la chapelle 7 pour Claude de Saint-Marcel au tout début du 16e siècle.

La chapelle du Sépulcre ou de Notre-Dame-de-Pitié est citée par La Mure, en particulier dans l´Astrée sainte (p. 367) où il décrit sa verrière "la vitre de la chapelle du saint Sépulcre, à présent nommée de Notre-Dame-de-Pitié, où ce juge [Louis de la Vernade] est dépeint à genoux, auprès de saint Louis, son patron, et son épouse, qui fut Catherine du Crozet, auprès de sainte Catherine, sa patronne". Louis de Vernade, juge du Forez au milieu du 15e siècle, est le père du doyen homonyme dont les armes sont encore visibles dans la chapelle 4, où il fonda un autel dédié à la sainte patronne de sa mère.

En 1887, un décor peint paraissant de la fin du 18e siècle est dégagé à cet emplacement (Durand, Huguet, Bull. Diana, IV, 1887, p. 227). Il figurait un portique dorique à fronton et colonnes cannelées jumelées sans base, encadrant une statue dorée peinte en trompe-l´oeil, une femme à gauche, qui semblait tenir une croix et une palme, un homme barbu à droite, tenant une hampe. Ce décor, qui devait entourer un autel (autel de Notre-Dame-de-Pitié, ou de Saint-Denis) a été supprimé. A l´époque de Renon, il était masqué par les fonts baptismaux devenus nécessaires dans l´église après la Révolution et implantés à cet endroit. Renon les décrit ainsi : un "retable grec de marbre gris turquin de France et blanc veiné" et signale leu prochain remplacement par "un travail plus en harmonie avec le style du monument dans lequel ils figurent" (p. 152). C´est peut-être à l´occasion d´un projet pour l´installation de ces nouveaux fonts baptismaux, qui ne seront achevés qu´en 1895 (étudiés), que les peintures sont réapparues.

Travée VII, collatéral nord : chapelle Sainte-Madeleine et Saint-Eloi, puis Saint-Aubrin (d)

G. Brassart suppose qu´un autel de Sainte-Madeleine a été fondé à l´extrémité du collatéral nord dès le 13e siècle. Contre le mur nord est édifié le tombeau du chanoine Pierre du Vernay (étudié), chanoine dès 1323, juge de Forez, qui testa en 1362. La Mure en décrit le gisant, vêtu en sous-diacre et les pieds reposant sur un lion (Astrée sainte, p. 353). Mutilé certainement en 1793, le gisant a été restauré en 1844 : le lion est remplacé par une levrette ; une inscription est placée sur le sarcophage (Journal de Montbrison, 17 août 1844) qui donne 1373 comme date de sa mort. Cette partie de l´édifice ayant été plusieurs fois remaniée, il est difficile de savoir à quelle date le mur est du collatéral a été percé pour agrandir cette chapelle et la doter d´une absidiole ou d´un oratoire construit en hors-oeuvre contre le choeur. On ne connaît pas les dispositions de cette construction. Au 17e siècle, cette chapelle est en mauvais état. Le chapitre demande à Melchior de Saint-Priest, seigneur de Fontanès, qui la possède alors, de la réparer ; il refuse et abandonne ses droits. Les chanoines concèdent alors la chapelle à Jacques Chirat, sieur de la Pommière, à charge de réparation. Avant 1656, il fait donc refaire le couvert, le dallage, les verrières, blanchir, poser un retable avec tableau, placer une clôture de chapelle en noyer et percer une porte dans le mur du choeur avec une fermeture en noyer. Cette porte forme une arcade en anse de panier déformée, qui passe au-dessous de la baie 1, devant laquelle est actuellement présenté le gisant de Guy IV ; elle a été murée en 1902 par les MH (en pierres de Saint-Maurice visibles de l´extérieur) (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 200). En 1677, lors de l´inventaire des reliques, la grande châsse de saint Aubrin et sept bustes (des saints Jacques, Denis, Clair, Sébastien, Pancrace, Marguerite, François de Salle, et deux saints Innocents) de bois doré 'nouvellement faits' y sont installés.

Cette chapelle a été détruite en 1837 : elle est alors remplacée par une chapelle dédiée à Saint-Aubrin (AD Loire, O 1067, 27 novembre 1835. Rapport de l´architecte du département Trabucco sur les travaux exécutés et sur ceux restant à exécuter pour réparer l´église Notre-Dame de Montbrison, cf infra), dont Renon donne le plan. Son absidiole à pans coupés, plus haute que le bâti de la chapelle précédente, obstruait le bas de la baie 1. Elle a été démolie en 1901-1902-1903, avec rétablissement du chevet plat.

Les autels

D´autres autels étaient appuyés contre des piliers de la nef, comme l´autel de saint Jean l´Evangéliste contre un des piliers entre les travées III et IV.

La zone du choeur et du jubé était particulièrement bien dotée en autels : au fond de l´abside se trouvait l´autel du Saint-Sacrement, de Saint-Clair et de Saint-Aubrin. Des reliques de saint Aubrin se trouvaient peut-être dans cet autel à la fondation de la collégiale (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 126). En 1656, une nouvelle armoire à reliques, dont celles de Saint-Aubrin, est fabriquée et placée sur cet autel ; elle est transférée en 1677 dans la chapelle Sainte-Madeleine. Au sud de la pile sud-est de la travée VI était situé l´autel de la Chanoinie (supprimé en 1787), le premier autel annexe fondé dans la collégiale (mentionné en 1236), avec comme symétrique du côté nord l´autel de sainte Marguerite mentionné dès le 13e siècle. Entre l´oratoire des comtesses et la petite porte du choeur se trouvait l´autel de Saint-Georges, au-dessus duquel étaient peintes les effigies des chanoines Odoard (mort en 1435) et Audin Clepier (mort avant 1393), conseillers de Louis II. Sous le jubée sont mentionnés les autels du Saint-Esprit, au nord, et de saint Mathieu, au sud. Sur le jubé était établi un autel de la Sainte-Croix. Enfin, un autel dédié à Saint-Etienne, accompagné d´un lavabo orné d´un petit décor d´arcatures datable du 13e siècle, se trouvait à l´extrémité du collatéral sud. Il a été déplacé lors de la modification de cette partie de l´édifice par Claude de Saint-Marcel (voir chapelle 7).

Au total, on comptait 25 autels au 18e siècle.

La sacristie

La Mure attribue à Claude de Saint-Marcel l´établissement d´une sacristie à côté de la chapelle qu´il venait de faire construire (chapelle 7). Elle est desservie par une petite porte à encadrement mouluré à tore. Sur la vue de Montbrison en 1611 dessinée par Etienne Martellange, la partie est du bas-côté sud semble légèrement plus large (on croit voir un débord de toit), ce qui pourrait correspondre à cette première sacristie dépassant de l´alignement des chapelles ; elle serait cependant située trop à l´ouest, mais le dessin du chevet de la collégiale est inexact : il manque la travée de choeur et sa fenêtre haute plus large. G. Brassart pense que la mention de travaux qu´il a lue dans l´Inventaire de tous les titres... de Notre-Dame-de-Montbrison de 1753 (Bibl. Diana, p. 20, II : ordonnance de 1702 qui autorise en substance à extraire des pierre des carrières de Moingt "pour la bâtisse de l´église de Notre Dame de Montbrison") se rapporte à un agrandissement de la sacristie. Celle-ci a été totalement reconstruite, et certainement agrandie, à la fin des années 1830 (Renon, p. 401. "il restait à rebâtir la sacristie... ces détails furent complétés dans les années 1837, 38, 39."). La nouvelle sacristie forme alors un L joignant le prolongement du collatéral sud à un corps de bâtiment perpendiculaire, plaqué contre la chapelle 7 (chapelle de Claude de Saint-Marcel), déjà visible sur le plan de 1839 (Médiathèque du patrimoine, 1440). Ce bâtiment, désigné comme sacristie sur le plan de 1839, et qui a une porte vers l´extérieur, est ensuite appelé école. Il est accolé à la sacristie située dans le prolongement du collatéral, au niveau du rez-de-chaussée (cette partie-là pourrait donc être antérieure aux travaux de 1837-1839), alors que l´étage des deux bâtiments semble construit en même temps.

Les aléas de l´histoire : la collégiale du 16e au 19e siècle

Le premier quart du 16e siècle marque l´achèvement de la collégiale avec celui de ses deux dernières chapelles (chapelles de Claude de Saint-Marcel - 7 et de Jacques Robertet - 8).

Hormis la visite de François Ier, l´événement marquant du 16e siècle est le sac de l´édifice par les Protestants le 14 juillet 1562. L´occupation de Montbrison est cependant de courte durée. Le 14 septembre 1562, le culte catholique reprend dans l´édifice : après la première messe, le doyen Pierre Paparin fait constater les dommages causés à l´édifice par le lieutenant particulier au baillage de Forez, Jacques Paparin (la copie de ce document est insérée dans un registre de la chambre des comptes, AD 42 B 2122 p. 472, 1605-1612). Dans l´église, les Protestants on brisé toutes les images, dérobé les parements et décors de métaux ou tissus précieux. Ils ont forcé les portes du chapitre et pris "le grand coffre appelé du trésor, où lesdits [chanoines] du chapitre tenaient le meilleur et le plus précieux qu´ils eussent" ainsi que "les archives étant dans ledit chapitre, sauf quelques papiers et registres laissés épars à terre". Ils ont également pillé la sacristie et le "revétoir" où ils ont dérobé les vases sacrés et les ornements. Enfin, les Protestants se sont attaqués aux sépultures, pour en détruire les figures ou pour récupérer le plomb. Selon La Mure, les tombeaux des ducs-comtes de Forez ont ainsi été saccagés et la tombe en cuivre de Mathieu de Bourbon aurait disparu. Pour le reste, l´église a été gardée en bon état, d´autant plus que les Protestants y ont célébré le culte, selon le témoignage de Jean Perrin, châtelain de Montbrison, dont les Mémoires ont été utilisées par La Mure (Trésor des preuves, ms. 25, BM de Montbrison). Le gros bouleversement a concerné les reliques, dont tous les reliquaires ont alors été perdus.

Lors des guerres de la Ligue, la collégiale a également été endommagée par les Ligueurs qui ont tenu Montbrison pendant quelques années. Selon le Registre Carra (Bibl. Diana ; extraits de dépositions de témoins, en 1587 ; cité par G. Brassart, Notre-Dame..., p. 109) : les Ligueurs ont établi un corps de garde dans la collégiale et endommagé des maisons du cloître en particulier la maison du doyenné. Peu après, le doyen Mathieu Girard (1610-1665) a fait refaire le dallage de la collégiale et racheter des ornements pour le culte (Renon, p. 228).

Par la suite, les seuls travaux de maçonnerie concerneront la chapelle Sainte-Madeleine (extrémité du collatéral nord), remaniée par les Chirat de Montrouge avant 1656, et la sacristie, peut-être agrandie au début du 18e siècle (cf. supra). Pour le 18e siècle, on ne connaît que des interventions mineures, comme le "crépissage général" en 1775 (G. Brassart, Notre-Dame..., p. 110) ou la suppression de "l´ancienne chapelle sous le vocable de la sainte Vierge adossée à un des piliers du choeur de notre église, qui faisait une difformité dans le collatéral du côté droit", en 1787 (G. Brassart, p. 153).

Enfin, le portail est modifié, certainement, comme dans d´autres églises, pour faciliter le passage des processions. Le trumeau est supprimé, ainsi que la partie basse du linteau. De nouveaux vantaux (étudiés) en bois sculptés de motifs rocaille sont mis en place, datés de 1783 et signés Desbrun fils.

A la fin du 18e siècle (ou au début du 19e ?), la toiture de la nef a été exhaussée, afin que la charpente ne pèse pas sur les voûtes. Les murs gouttereaux de la nef ont été surélevés, avec des aérations en forme de trèfle. Les toitures des bas-côtés ont peut-être été modifiées à la même époque.

La Révolution a été particulièrement dramatique pour les églises montbrisonnaises. La collégiale, utilisée pour les assemblées et les fêtes révolutionnaires, a été conservée, mais elle a été totalement vidée de son mobilier.

La principale source d´information pour cette époque devient les registres de délibérations de la nouvelle municipalité.

Un an après l´expulsion des chanoines du cloître (délibération du 13 janvier 1791 : adjudication de la location de leurs maisons), la collégiale est désaffectée, en mars 1792, avant de servir de caserne d´infanterie et de cavalerie en octobre 1792 (Renon). Le 18 frimaire an II (8 décembre 1793), une délibération ordonne la descente de toutes les cloches des églises paroissiales de la ville, sauf la plus grosse cloche de la collégiale, Sauveterre (étudiée), pour servir de timbre à l´horloge (il y a donc dès cette époque une horloge à la collégiale ; une délibération du 28 pluviose an III (16 février 1795) évoque d´ailleurs une somme allouée à un certain Pichon pour la remonter) ou pour appeler aux assemblées populaires. Selon Renon, la collégiale comptait alors 10 cloches ; en 1793, une autre de ses cloches a été épargnée, Bourbon (étudiée), destinée à servir de contrepoids à Sauveterre. La descente des cloches est adjugée à Desbrun, dit architecte et sculpteur. Une délibération du 13 nivôse II (2 janvier 1794) ordonne la destruction par le feu des objets religieux. Le 12 prairial (31 mai 1794), une autre délibération organise la fête de l´Être suprême : 'les frères de la société populaire se sont (...) empressés de le [la collégiale] réparer (...) de supprimer le jubé ou séparation formant la clôture du ci-devant choeur et qui obstrue à la vue toute l´étendue du vaisseau central' ; les matériaux provenant des démolitions doivent être mis en réserve pour resservir (mais on n´en a pas de trace). Diverses fêtes révolutionnaires sont célébrées à la collégiale : fête de la Vérité, de la Reconnaissance, de la Jeunesse, de la Vieillesse... le 23 brumaire III (13 novembre 1794), cependant, le conseil municipal décide que les fêtes se célèbreront dans la salle de la Société populaire en hiver, car la collégiale n´a plus de vitraux. Selon Renon, ceux-ci auraient été brisés dès 1792 ou 1793 pour en récupérer le plomb. Enfin, en novembre 1794 (délibération du 21 nivôse an III, 10 janvier 1795), les ornements des églises de Montbrison sont vendus (la vente rapporte 9 090 £ 5 sols à la municipalité ; voir Présentation des objets mobiliers).

Quelques mois plus tard seulement, le 15 thermidor III (2 août 1795 ; cité par Renon, p. 362), une pétition demande que l´ancienne collégiale, rendue au culte catholique, soit remise en état. Les pétitionnaires réclament le transport dans la collégiale d´un autel en marbre de l´église Saint-André, "église non réservée pour le culte, et employée aujourd´hui à la fabrication du salpêtre", et de six lustres en cristal et quelques tableaux qui avaient été transportés dans la chapelle des Pénitents, ce qui leur est accordé. Ils pourront également prendre à Saint-André des dalles de pierre ("cadettes") pour réparer le pavage de Notre-Dame. On trouve encore dans les objets conservés à la collégiale un Règlement de la confrérie du Rosaire de l´église paroissiale Saint-André (texte manuscrit de la 2e moitié du 18e siècle, texte imprimé à Montbrison en 1825).

Le 25 vendémiaire VII (16 octobre 1798), une fête décadaire est prévue dans l´église ; on constate à cette occasion que la voûte menace ruine à cause de nombreuses gouttières. La municipalité demande un secours au ministère de l´Intérieur. Le citoyen Desbrun est chargé des décors de cette fête et de réaliser les "statues, figures ou signes mentionnés dans la lettre du ministre de l´Intérieur" (25 ventôse VII, 15 mars 1799).

Le 2 mars 1803, après le Concordat, une cure de 1ère classe est créée à l´ancienne collégiale (le 4 germinal XI, 25 mars 1803, Vachet, p. 673) et un inventaire de son mobilier est réalisé en vue de sa remise aux prêtres nommés par le cardinal-archevêque de Lyon. Dès le 5 mars selon l´abbé Renon (p. 373 ; 25 septembre - 2 vendémiaire XII pour G. Brassart), un curé est donc nommé pour cette nouvelle paroisse, Marie-Dominique Populus. La paroisse Saint-Pierre n´est créée qu´en 1826 (cure de 2e classe). Selon une délibération du 23 germinal XI (13 avril 1803), les édifices destinés au culte ont été réparés et sont en bon état. En 1805, un tableau demandé par le conseil épiscopal juge 'l´église grande, belle et en bon état, à part les chapelles qui sont encore en partie dans un état de dégradation' ; le maître-autel n´est pas encore rétabli (A. arch. 2 II 44, cité par C. Halm, p. 94).

Dans le premier quart du 19e siècle, le curé Populus se consacre surtout à remeubler et décorer l´église, où il ne dispose à son arrivée que de quelques dépouilles provenant de l´ancienne église paroissiale Saint-André. En 1806, il commande un nouveau maître-autel à Augustin Somaino et François Buteilion, sculpteurs marbriers demeurant à Lyon, maison Basset, rue Saint-Dominique. Le prix-fait du 3 février 1806 (cité par Renon, p. 385), détaille précisément l´ouvrage, livrable à Pâques, pour 1850 £ : l´autel aura 12 pieds de long, 2 pieds 10 pouces de large tablette comprise, et 3 pieds 3 pouces de haut jusqu´au gradin, le gradin aura 1 pied de haut et 1 pied de large, le tabernacle 3 pieds 2 pouces de haut, 22 pouces de large et 1 pied de profondeur dans oeuvre. La tablette derrière le gradin sera en marbre rouge ou noir plaqué sur de la maçonnerie, avec des marches pour y accéder de chaque côté. L´autel sera placé sur un degré de 5 marches en marbre rouge ou noir, avec un parquet de bois dur sur la dernière marche avec une étoile ou une croix. Les marbriers pourront démolir l´autel de l´église Saint-André et en réutiliser les marbres, ainsi que des marbres 'étant dans les différents dépôts qu´ils ont vus avec l´administration' ; ces marbres pourront servir aux parties visibles de l´arrière de l´autel ; s´il n´y a pas de marbres convenables, les marbriers devront faire un enduit plâtre colorer imitant le marbre. Des pierres brutes étant dans ladite église de Notre-Dame´ serviront à la maçonnerie. La porte du tabernacle sera en bois dur plaqué de cuivre doré, avec une serrure pourvue d´une clef argentée ; l´intérieur du tabernacle sera en bois garni de satin ou damas cramoisi. Les marbriers devront aussi faire une crédence de marbre noir et rouge d´un pied carré contre un pilier. Les autres matériaux nécessaires, dont les marbres, seront fournis par les marbriers : ils sont détaillés sur un plan chiffré fourni par les marbriers et signé par les deux parties (le tabernacle à 2 pilastres doit être en "blanc d´Italie", son couronnement en "broucaste d´Espagne", le gradin et le "tombeau" en marbre de Sicile encadré de "blanc d´Italie", le degré en "gris de Suisse"). Un avenant du 13 avril 1806 précise que l´arrière de l´autel, visible depuis les bas-côtés, sera plaqué de marbre comme le devant (une peinture faux-marbre aurait déparé) ; le tabernacle aura un socle en marbre rouge de Tournus avec une guirlande de marbre blanc ; la porte sera en bois doré et non en cuivre. Le devis augmente de 950 F, avec un délai de 40 jours supplémentaires (livraison la Pentecôte). Renon juge durement cet autel de "style grec", qui doit disparaître pour "faire place à une oeuvre digne de la majesté et de l´unité qui dominent dans notre église". Cet autel était certainement situé dans la travée VII, en arrière du choeur actuel, et semble être encore en place en 1889 (Jamot, Peurière, Bull. Diana, 1889).

Par la suite, le curé Populus fait réaménager certaines des chapelles, dont les vocables sont tous renouvelés : en 1808, Desbrun peint la nouvelle chapelle des morts (chapelle 1) et en 1816, la chapelle Saint-Jean-Baptiste et Saint-Pancrace devient chapelle Saint-Louis et reçoit un nouveau décor (voir chapelle 2).

A son décès en 1829, le curé Populus lègue à la fabrique "tous les effets mobiliers à usage du culte qui lui appartenaient" en propre : des burettes et plateaux en argent, chasubles, étoles, aubes, surplis et linge, d´une valeur totale de 600 F (délibération du conseil de fabrique du 22 novembre 1829, cité par C. Halm, p. 102 ; voir aussi Sommaire objets mobiliers).

Les seuls travaux de maçonnerie de cette époque portent sur le clocher, touché par la foudre en 1815. Ils sont pris en charge par la municipalité : un rapport et un devis sont dressés par l´architecte Halstoin les 7 avril et 9 mai 1815, puis l´adjudication des travaux d´après un devis de l´architecte voyer Trabucco est autorisée le 28 mars 1819 (délibérations des 20 août 1818 et 28 mars 1819). Les travaux sont réalisés par les frères Daphand et Faure, en pierre de taille de Moingt, chaux de Sury-le-Comtal et sable du Vizézy (C. Halm, p. 100). Peu après, deux nouvelles cloches sont fondues pour le clocher : Bourbon (refondue) et Marie Thérèse Charlotte.

Les travaux des 19e-20e siècles

A. Période 1830-1850

En septembre 1829 arrive un nouveau curé, Jacques-Marie Crozet, qui entreprend la restauration du bâtiment. La toiture est en mauvais état et demande des travaux immédiats, pour lesquels le conseil municipal demande un secours au ministre de l´Intérieur, qui a déjà accordé une allocation en 1832 et promis une subvention sur le fonds des Beaux-Arts (1D9, délibération du 21 novembre 1833). Le conseil municipal vote un budget de 11 000 F, soit l´équivalent de la subvention de l´Etat, et une souscription en réunit 12 000 (Renon, p. 400 ; 10 000 seulement selon le Rapport de l´architecte du département Trabucco sur les travaux exécutés et sur ceux restant à exécuter pour réparer l´église Notre-Dame de Montbrison, AD Loire, O 1067, 27 novembre 1835). L´état des lieux et le devis détaillé sont dressés par l´ingénieur Rolland Deravet (AD Loire, O 1067). Les travaux se chiffrent à 33 250 F. Des plans relatifs à cette campagne de travaux sont conservés à la Bibliothèque de la Diana (22 octobre 1833 : plan général, plan du dallage, comble et charpente, plan, élévation et coupe de la chapelle Saint-Aubrin, vitraux de la nef, des chapelles Saint-Louis et Saint-André ; 16 janvier 1835, vitrail du choeur, rosace, ainsi que d´autres plans et relevés de détail). Plusieurs devis, en particulier de maçonnerie (11 025 F) et vitrerie (10 678 F) sont mis en adjudication l´année suivante (Journal de Montbrison, 7 juin 1834, cité par G. Brassart, Notre-Dame..., p. 119). Les 7 juin 1834 et 13 février 1835, les travaux sont adjugés au sieur Levelut (AD Loire, O 1067). La chapelle Saint-Aubrin fait partie des construction les plus délabrées : une lettre du curé au préfet du 17 mai 1833 signale que la voûte est lézardée et qu´un contrefort extérieur a perdu son aplomb ; en 1834, un mur est démoli (AD Loire, O 1067). L´architecte du département, Trabucco, suit les travaux. Il rédige en novembre 1835 un mémoire (AD Loire, O 1067, 27 novembre 1835, cité ci-dessus ; voir aussi délibération du conseil de fabrique du 24 mai 1835, cité par C. Halm, p. 95) selon lequel les travaux les plus importants sont presque achevés : réparation de la charpente du comble et couverture de tout l´édifice à taille ouverte, restauration et "grisaillement de tout l´intérieur du vaisseau", confection de vitraux pour toutes les croisées de la nef et du choeur, rétablissement de la chapelle Saint-Aubrin, réfection du pavement. Les deux derniers points (chapelle Saint-Aubrin et dallage) sont achevés dans les années suivantes. Renon raconte qu´un revêtement en asphalte de Seyssel a été envisagé, avant d´opter pour un traditionnel dallage en pierre de taille, achevé en novembre 1836. 450 m² sont refaits avec les débris de l´ancien pavement (les dalles funéraires subsistantes sont alors disposées au hasard et parfois à l´envers ; la pierre tombale représentant le doyen Jean de Vigènes, avec inscriptions et armoiries aux quatre coins, est alors déplacée derrière le maître autel côté sud, Renon, p. 115, emplacement qui a été refait en carreaux de ciment par la suite), et 1 100 m² de pierres neuves des carrières de Saint-Etienne, Moingt et Volvic sont posées en 1836 (Renon, p. 401). Le rapport de Trabucco liste enfin les travaux à effectuer : rejointoiement des façades extérieures, réfection des chenaux, fabrication de vitraux pour les fenêtres des chapelles, avec barreaux et grillage, rétablissement de la chapelle Saint-André, 'nouvelle sacristie des pénitents', agrandissement des sacristies actuelles. La sacristie et la chapelle de saint Aubrin sont ainsi reconstruites et la chapelle Saint-André (chapelle 5) aménagée entre 1837 et 1839, formant la nouvelle entrée latérale de la collégiale. Enfin, Le gisant de Guy IV est installé en 1837 dans la nouvelle chapelle Saint-Aubrin, en face du tombeau de Pierre du Vernay, et posé sur un haut socle moderne (inscription : MEMORIAE PII COMITIS FORENSIS ET NIVERNENSIS GUIDONIS IV HUJUS TEMPLI IN HONOREM VIRGINIS DEIPARAE FUNDATORIS ANNO MCCXXIII. ET CUJUS LAPIDUS TUMULARIUM AEVO NEF´ MUTILATUM ET ABJTUM ADMINISTRATORES ECCLESIAE PALUDENTE JUVANTEQUE PAROCHIA DUM AEDEM TOTAM REFICERE CONANTUR INSTAURAVERE ANNO MDCCCXXXVII). En 1840, 54605,61 F ont été dépensés, et les dépenses restant à faire sont évaluées à 66000 F. Le curé Crozet se rendit à Paris pour solliciter un secours supplémentaire du député Lachèze fils : en vertu de l´intérêt particulier de cette église, monument du gothique forézien et lieu des grandes cérémonies publiques du département, il obtint 8 000 F, qu´il compléta d´un emprunt et de dons de particuliers (Renon, p. 402).

En 1840, la collégiale est inscrite sur la première liste de classement au titre des monuments historiques. Malgré l´attribution de plusieurs secours par le Ministère de l´Instruction publique et des Cultes (obtenus avec l´appui du député Lachèze), une souscription est lancée en 1844 pour continuer les travaux, en particulier dans les chapelles, sous forme d´une loterie organisée par les dames paroissiennes Crozet et de Daunant qui mettent en jeu des objets qu´elles ont confectionné ainsi qu´un un sac et un coussin envoyés par la reine Marie-Amélie (et brodés de sa main ; Journal de Montbrison, 14 février 1844, cité par C. Halm, p. 97). Des travaux aux dallages, voûtes, toits, murs (avec ouverture de croisées), vitrage et grillage de toutes les chapelles du côté sud sont adjugés à Crosa pour 26 000 F (Devis estimatif des ouvrages à faire pour la réparation de l´église Notre-Dame, 8 janvier 1846, AD 42, O 1066). De nombreuses commandes de mobilier suivent, et mobilisent des artistes de renommée nationale, comme Bossan qui dessine la tribune d´orgue formant narthex, achevée en 1841 (étudiée), l´autel-retable de la chapelle de la Vierge (étudié), ou Fabisch qui sculpte l´autel-retable de la chapelle de la Vierge et ses statues (étudiés), et plus tard la Piéta du nouvel autel de la chapelle des morts (chapelle 1, étudié) et le tympan du portail nord (étudié).

Les verrières forment une part importante des dépenses : entre 1842 et 1846, de nouvelles verrières historiées (étudiées : baies 0 à 2, 6, 8 et 10) sont posées dans les chapelles 3, 4, 5 et 6, ainsi que dans le choeur (premier niveau), oeuvres de Thévenot de Clermont-Ferrand, Maréchal de Metz et Alexandre Mauvernay de Saint-Galmier. Vers 1845, sous l´impulsion du député Lachèze, l´Etat dote la collégiale de deux tableaux de Marquet, L´Assomption d´après Poussin et La Prédication de Saint Jean Baptiste (étudiés).

Au milieu du 19e siècle, la réparation de la collégiale est quasiment terminée. Elle est parachevée par la réfection du mobilier du choeur. Le maître autel établi en 1806 est alors considéré comme totalement démodé : un nouveau maître autel est dessiné par Bossan (1853, étudié). En 1857, le choeur est clos par une barrière en pierre (étudiée ; disparue), par les mêmes artistes que l´autel. En 1865, les stalles (étudiées) en chêne sculpté viennent compléter l´ensemble.

Le curé Crozet est remplacé en 1858 par l´abbé Antoine Chatelain (Vachet, p. 673), dont la bibliographie et les sources concernant la collégiale ne font pas mention. Lors du transfert de la préfecture de Montbrison à Saint-Etienne, en 1855, des voix s´élevèrent pour demander la création d´un évêché à Montbrison. Il est intéressant de noter que sur le plan cadastral de 1809, la mention église-cathédrale´ est portée sur la parcelle de la collégiale, montrant comment était perçu cet édifice, lieu des grande célébrations d´Ancien Régime, de la Révolution puis de la République jusqu´en 1855. Le diocèse de Loire (qui n´était pas séparé de celui de Lyon) ne fut cependant créé qu´en 1966, avec comme siège Saint-Etienne.

B. Période 1860-1910

En 1864 est nommé un nouveau curé, l´abbé Claude Peurière. Celui-ci poursuit l´oeuvre de son prédécesseur Crozet en matière de mobilier, et montre un intérêt tout particulier pour l´histoire et 'l´archéologie' : il suit les travaux réalisés par l´architecte Claudius Jamot et publie dans le Bulletin de la Diana, avec l´aide des architectes Joulin et Rochigneux, conducteur des Ponts et Chaussées, plusieurs articles rendant compte des découvertes réalisées au cours des travaux

Les commandes de verrières continuent : pour la chapelle des morts en 1867 (chapelle 1, verrière d´Alexandre Mauvernay, étudiée), pour la chapelle Saint-Louis/Saint-Joseph en 1871 (chapelle 2, verrière de Pagnon Déchelette, étudiée).

A l´extérieur, une barrière formée d´une grille métallique scellée dans un muret de maçonnerie vient entourer la collégiale entre 1877 et 1879. Les archives paroissiales conservent plusieurs plans de Jamot (entre 1877 et 1879), avec un dessin d'élévation de la grille correspondant à l'état actuel dès 1877 (c'est l'implantation sur la chaussée qui a dû donner lieu à des tractations avec la ville, voir la note ajoutée sur la feuille n°1), et des mentions de crédits affectés à cette entreprise (1877, 2000 F pour la construction de la barrière autour de l´église dessinée par Jamot architecte à Lyon ; 20 avril 1879, Construction d´une barrière autour de l´église, 1900 F). Inscription sur la grille : PALLEY SERRURIER / GRANDE RUE 28 / MONTBRISON (LOIRE)). La réfection du portail nord est achevée en 1882. Le porche est restauré et le tympan orné d´un nouveau bas-relief réalisé par Fabisch (étudié).

L´abbé Peurière commande ensuite des travaux de réparation de la chapelle de la Vierge, en particulier dans sa partie ouest qui était humide. En faisant refaire le sol, on découvre les fondations présumées du clocher provisoire (Fouilles dans la chapelle de la Sainte Vierge..., Bull. Diana, 1885-1886). En 1887, on découvre des peintures dans l´ancienne chapelle de Notre-Dame-de-Pitié (travée III, collatéral nord ; v. supra), peut-être à l´occasion de l´installation des nouveaux fonts baptismaux (étudiés), dont l´un des projets est donné par Jamot, avant leur réalisation définitive sur un dessin de l´architecte Louis Antoine Benoît en 1895.

Puis l´abbé Peurière s´attaque à la réfection du choeur, 'partie de l´église, qui doit, en effet, être la plus riche et la plus élégante' (Réparations exécutées..., Bull. Diana, 1889). Il demande à Jamot un projet de boiseries pour les pans coupés du choeur (étudiées), en harmonie avec les 'belles stalles actuelles'. Jamot les fait exécuter à Lyon, par le même maître menuisier que le 'lambris' (plafond) sous la tribune d´orgue à Notre-Dame, et que la chaire et les stalles de Champdieu. L´abbé Peurière fait alors enlever l´ancien autel et les vieilles boiseries (en même temps que celles de la chapelle de Saint-Aubrin : A. paroissiales, Mémoire de l´abbé Peurière), derrière lesquelles on découvre des peintures (étudiées), en mauvais état, qui auraient précédé la pose de la pierre de fondation ; elles sont relevées avant la pose du nouveau lambris. Les murs et les voûtes du choeur sont nettoyés à cette occasion, ce qui permet de redécouvrir une épitaphe du 13e siècle, placée au-dessus de l´arc percé dans le choeur par Claude de Saint-Marcel (et certainement déplacée à cette occasion ; Rochigneux, L´épitaphe d´Etienne de Bar, Bull. Diana, 1889). Enfin, le curé Peurière fait déblayer le dessus des voûtes dont sont enlevés 400 tombereaux (soit 550 tonnes) de déblais divers.

Dans les années 1890, de nouveaux achats de mobilier prestigieux viennent enrichir la collégiale : une chaire (étudiée) en 1891, qui remplace une chaire de style Louis XVI, grâce à un don de la famille Puy du Rozeil (qui avait déjà offert six grands lustres et une niche d´exposition), dont Peurière demande le dessin à l´architecte lyonnais Benoît, et dont l´installation dans l´église est salué par plusieurs articles et opuscules ; des fonts baptismaux (étudiés), également dessinés par un Benoît.

Une lettre adressée vers 1900 au président du conseil de fabrique (A. paroissiales) dresse la liste des travaux réalisés : les chapelles de la Vierge, des morts et de Saint-Joseph ont été grandement réparées, ainsi que les boiseries du choeur ; un plafond d´un beau style´ a été placé sous le porche de l´église, une barrière monumentale en fer forgé, par Jamot architecte à Lyon, entoure le monument, la nouvelle chaire et les fonts baptismaux de Benoît de Lyon ont été installés.

Le clocher fait également l´objet de travaux à la fin du 19e siècle. En 1883, le plancher inférieur et le beffroi sont consolidés avec des poutres métalliques par Rochigneux, conducteur des Ponts et Chaussées et Palley, entrepreneur de serrurerie à Montbrison, sur un devis de 4000 F de Girardon, ingénieur de l´arrondissement, commandé par la fabrique (C. Halm, p. 100). En 1891 Jamot donne un projet de restauration du clocher nord, dont seul un dessin nous est parvenu, et qui prévoyait la création d'un couronnement à pinacles et garde-corps ajouré, et peut-être une large reprise des murs (hachurés en rouge) ; il montre l'écusson du Forez en haut de la façade occidentale. La tempête de 1896 cause des dommages à la maçonnerie (chute de blocs et de pinacles) ; l´ensemble de la tour, lézardée depuis le début du siècle (AC Montbrison, délibération du conseil municipal, 1er décembre 1896) doit être reprise. Dans leur état actuel, les écussons qui timbrent les fenêtres ont été largement remaniés (la reprise de maçonnerie est visible à l'intérieur).

Dans les années 1890, les voûtes de la collégiale montrent des signes de faiblesses dues aux intempéries et aux contreforts en mauvais état du côté sud. Les réparations sont urgentes pour la conservation de l´édifice et la sécurité publique (AC Montbrison, délibération du 1er décembre 1896). Il faut reprendre les voûtes, et démolir la chapelle Saint-Aubrin (travée VII, collatéral nord, v. supra), de construction pourtant récente (1837), mais "de mauvais style et avec des sculptures qui partent en morceaux", afin de rétablir le chevet primitif (délibération du conseil de fabrique, 22 avril 1900 ; cité par C Halm, p. 98). Louis Sauvageot, qui vient d´être nommé architecte en chef du gouvernement pour le département de la Loire, propose un projet de travaux ; en 1899, il effectue une visite de l´église et y prend des mesures (AC Montbrison, délibération du 14 novembre 1899). Vers 1900, le curé, qui craint pour la grande voûte et les toitures du clocher, en appelle même aux architectes lyonnais Jamot et Franchet. En août 1900, l´Etat autorise enfin les travaux les plus urgents : réparation de la voûte de la chapelle à l´extrémité du collatéral sud et restauration de la chapelle Saint-Aubrin, à condition que la fabrique les finance (27 866,15 F) (Cahier des charges pour l´exécution des travaux de restauration de l´église Notre-Dame de Montbrison, 15 octobre 1900 ; cité par C. Halm, p. 98). Le 23 octobre 1900, un certificat de payement (A. Paroissiales) est donné pour les travaux sur la chapelle terminale du bas-côté sud et la 'salle d´école' attenante, petit bâtiment accolé à la sacristie et au collatéral nord, dont il masque la fenêtre orientale (baie 4 ; local actuellement à usage de chaufferie).

Au début de l´année 1902, les travaux se poursuivent sur le chevet, qui présente un aspect lamentable´, avec de mauvaises réparations de fortune au ciment, dont Sauvageot a envoyé des photographies au ministre de l´Instruction publique et des Beaux-Arts (A. paroissiales, lettre du président du conseil de fabrique au ministre de l´Instruction publique et des Beaux-Arts, mars 1902). Le curé Peurière s´engage à financer ces travaux (29 804,37 F) mais décède peu avant qu´ils n´aient été votés ; ceux-ci semblent finalement avoir été faits, par l´entreprise Robin frères, Société de travaux publics à la Clayette (Saône-et-Loire). Peu de temps après, la fenêtre nord de l´abside (baie 3, étudié), auparavant partiellement occultée par l´ancienne chapelle Saint-Aubrin, est dotée d´un nouveau vitrail, réalisé par Lucien Bégule en 1904.

La chapelle Saint-Aubrin est donc totalement reconstruite et redécorée entre 1900 (devis de Sauvageot, 27 866 F, approuvé le 29 novembre 1900, A. paroissiales) et 1903, toujours par l´entreprise Robin frères, dirigés sur place par Rochigneux, inspecteur des Monuments historiques, et en utilisant du granite de Moingt, de la pierre de Saint-Maurice-lès-Châtelneuf et de la pierre de Villebois. La chapelle est dotée d´un nouveau vitrail (baie 5, étudiée), d´un autel fourni par Jules Robin, entrepreneur à la Clayette (lettre de Jules Robin, 20 août 1901 : il a adressé un croquis d´autel destiné à Saint-Aubrin, de mêmes proportions que celui de la Vierge). Le tombeau de Pierre du Vernay est restauré (voir dossier) et le gisant de Guy IV est déménagé dans le choeur, nettoyé et placé sur un nouveau socle en pierre de Saint-Maurice (voir dossier), devant l´arcade de la porte de communication avec l´ancienne chapelle Saint-Aubrin, qui vient d´être murée. Une plaque est fixée sur le mur sud de la chapelle : LA CHAPELLE DE ST AUBRIN ET L´ABSIDE / DE L´EGLISE NOTRE DAME ONT ETE / RESTAUREES EN 1903 PAR LES LIBERALITES / DE MR CLAUDE PEURIERE CHANOINE DE LYON / CURE DE CETTE PAROISSE DE 1864 A 1902.

C. Les travaux du 20e siècle

Dans le 2e quart du 20e siècle, de gros travaux sont menés sur les voûtes et les toitures, dont Gabriel Brassart est un précieux témoin. En 1926 a lieu une première campagne de comblement des fissures des voûtes de la nef, par l´architecte des Monuments historiques Thomas Rochigneux, l´entrepreneur Julien Dubost et le contremaître Michel (G. Brassart, Les réparations faites à la voûte en 1926. Découverte de vases acoustiques, Bull. Diana, 1926, p. 17-24). Les voûtes de l´abside et de la travée VII, ainsi que celles des collatéraux, sont en pierres de taille appareillées ; les autres sont en blocage (l´extrémité basse des voûtes, entre les nervures, au dessus des piliers, sont néanmoins en pierre de taille. G. Brassart y observe 4 couches de crépi ou de badigeon superposées. Durant les travaux, des vases acoustiques sont découverts dans les voûtes des travées II à VI (en tout sept vases de forme sphériques, plus deux emplacements vides, et trois ouvertures de vases sont repérées ; une bouteille de verre, certainement destinée au même usage, est aussi dégagée). Les vases ont été déposés à la Diana. Le chanoine Romagny, curé de Notre-Dame, profita des travaux pour faire nettoyer les voûtes et mouler certaines clefs de voûtes (en particulier les têtes qui les ornent).

Entre 1930 et 1936, les voûtes des quatre dernières travées (travées I à IV, ou II à V ?) ont été refaites en brique. Dans un article paru dans le Bulletin de la Diana, G. Brassart fait état des observations menées sur le chantier des travées III et IV (Réparations à l´église Notre-Dame de Montbrison, T. XXIII, 1930, p. 458-462 ; voir aussi Notre-Dame..., p. 80). La voûte de la travée II (5e travée pour G. Brassart) a été démolie le 1er mars 1930 : il constate que les maçonneries des deux voûtes sont minces, en trop petits moellon de granite de mauvaise qualité, avec des ogives en granite et une clef de voûte en grès ; il suppose que ces voûtes ont été refaites au 16e siècle. Des restes de peinture étaient encore visibles : un appareillage assez petit sur la voûte de la travée IV, avec des blasons peints (illisibles) sur ses murs latéraux, de part et d´autre de la fenêtre ; la clef de voûte était polychrome et entourée de peinture rouge, les claveaux des ogives alternativement rouge et jaune ; des ronds jaunes étaient peints sur les voûtains de la travée III, et une litre sur son mur nord, sous la fenêtre. Pendant ces travaux, en 1933, une tuile creuse est découverte sur le toit de la nef, avec la signature de Philippus Chastillon, seigneur du Soleillant, conseiller du duc, lieutenant général du bailli de Forez, connu entre 1488 et 1522 ; Notre-Dame..., p. 76). Par la même occasion, G. Brassart constate la présence de fragments de crochets de scellement de verrières dans les arcatures basses (faux triforium) des fenêtres des travées III et IV, qui étaient donc bien prévues pour être vitrées, de même que celles de la travée II (Notre-Dame..., p. 52). Lors des travaux de réfection des toitures des collatéraux par les Monuments Historiques, en 1939 (Notre-Dame..., p. 51 ; c´est lors de ces travaux que sont découverts les vestiges d´un escalier en vis en maçonnerie dans la chapelle 3), le curé Romagny demande que ces arcades soient démurées, ce qui ne fut pas réalisé. En 1941, avant son départ, Romagny renouvelle sa demande et donne une somme d´argent : les baies sont ouvertes et garnies de vitraux de Coquet (Lyon). Une lucarne par travée dans le toit des collatéraux donnait un peu de jour ; mais les baies ont ensuite été masquées par des plaques de fibro-ciment.

Dans les années 1940 et après guerre, les Monuments Historiques continuent les travaux de restauration et d´entretien : remise en état de la façade extérieure du bas-côté sud en 1944, réfection du dallage du parvis en 1945, remise en état de la façade extérieure du bas-côté nord en 1947, réparation des abat-son du clocher en 1953. L´intérieur est restauré entre 1960 et 1970 : en 1961, installation d'un chauffage dans la 'salle d'école' à l'extrémité du collatéral sud, et en 1964, réfection totale des enduits intérieurs de la collégiale par l'entreprise Comte en 1964 (AC Montbrison, 4W 110 ; voir aussi dossier 42 72 191, établi en février 1972 par Louis Bernard, AD Loire, 1111 VT 128 : fonds Louis Bernard). Suivent en 1990 la restauration de l´orgue et en 1995-1996 la restauration du portail et de la couverture du clocher. Une étude préalable pour la restauration des couvertures est commandée en 2004, mais seule la toiture de la sacristie est refaite en 2006 (ou 2007).

Une importante campagne de travaux doit commencer fin 2008 (chiffrée à 2,4 millions d´euros). Elle concerne l´ensemble des couvertures et les maçonneries des parties hautes, et sera divisée en deux parties : moitié est de l´édifice (abside et choeur, jusqu´à la travée V), puis moitié ouest. La 1ère tranche (2008-2009) concerne les toitures de la moitié est (abside, choeur et nef) et les maçonneries situées en surplomb des collatéraux (afin de prévenir des chutes de pierre sur nouvelles toitures des bas-côtés prévues dans la 2e tranche). La 2e tranche concernera les couvertures des bas-côtés et des chapelles et les maçonneries des contreforts et des arcs-boutants. La pierre de substitution utilisée pour la restauration sera du grès des Vosges (certainement du grès Schneider), du tuf de Clermont et de la pierre de Gourbier (Bourgogne).

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