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Lumière sur

Bac à traille du Robinet ou bac à traille de Donzère (disparu) ; pile (vestiges)

HISTORIQUE

Le point de franchissement du Rhône dans le défilé de Donzère serait très ancien et pourrait remonter à l'époque romaine ; le pont et la R.N. 86J qui y aboutit coïncident exactement avec une des limites de centuries représentées sur le cadastre d'Orange, dressé vers l'an 77, d'où l'hypothèse d'un pont romain à cet emplacement (Dossier d´inventaire, 1977 ; LAUXEROIS, p. 53).

En 877, Charles-le-Chauve accorde à l'évêque de Viviers le privilège des péages et pontonnages sur le fleuve à Viviers, Donzère et Bourg-Saint-Andéol (COGOLUENHE, livre 1, p. 53 et p. 114).

En 1147, l'empereur Conrad III concède à l'évêque de Viviers le péage sur le Rhône et le village de Donzère (idem, livre 1, p. 54).

À la fin du 18e siècle, les habitants du village réclament toujours le bac qui leur permettrait d'aller commodément en Ardèche. Mais dans les années 1790, le port du Robinet est un lieu de prédilection des "brigands royalistes", qui effectuent en Drôme des actions de pillage. Ils passent, de nuit, au moyen de "barquets", avec la complicité des bateliers de Tousselage (idem, livre 1, p. 56).

En 1804, l'ingénieur en chef du département de la Drôme, un certain Lelage, dresse un plan figurant l'emplacement des deux bacs à traille à établir, conformément aux devis et détail estimatif en date du 19 février (Fig. 2).

Un bac est à mettre en place sur le grand bras du Rhône, joignant le port du Robinet en rive gauche, au lieu-dit Touchelage (parfois Tousselaze, ou encore Touchelage selon les documents ; correspond aujourd'hui à l'île de Tousselage) en rive droite ; un second bac se trouve dans sa continuité pour franchir le petit bras du Rhône parallèle.

Sur ce plan est indiqué l'emplacement de la pile à construire à Touchelage sur la rive droite et l'organeau (anneau de fer utilisé notamment dans le domaine maritime) à sceller dans le rocher sur l'autre rive, juste à l'amont du lieu-dit Le Robinet (AD Drôme, 50S 11 : Chemise Construction, mise en place, An VI-1806) pour le bac du grand bras.

Les plan, coupe et élévation de la pyramide en maçonnerie à élever sur la rive droite sont dessinés par le même Lelage (idem).

Ces documents ont été approuvés par le préfet du département de la Drôme le 19 mars 1804.

Le 15 mai suivant [25 floréal an 12], le même ingénieur rédige un devis des ouvrages à faire pour l´établissement du bac à traille. Ce bac servira à la communication de la route de Lyon à Montpellier en rive droite et celle de Lyon à Marseille en rive gauche (idem).

En 1807, les bacs à traille de Donzère sont signalés dans les documents d'archives comme nouvellement établis sur le Rhône au port du Robinet ; il est fait mention des rampes d'abordage et des fréquentes ruptures de la traille, alors trop longue (AD Drôme, 50S 11 : Chemise Réparation, construction, 1807-1816).

En 1822 est dressé un devis des ouvrages à faire pour la réparation des cales ou rampes d´abordage du bac, ainsi que pour l´établissement d´une plaque en cuivre portant le tarif des droits de passage (AD Drôme, 50S 11).

Dès 1833, des rapports sont rédigés afin de remplacer le bac par un pont suspendu à péage (AC Viviers, non coté, voir annexe n° 1 ; AD Drôme, 3S 42 : Chemise 531 : Projet de pont suspendu à Beauchastel, au Pouzin et à Donzère, Conseil général de l´Ardèche, session de 1833).

Le bac de Donzère apparaît alors comme "le plus important de tout le département" (AC Viviers, non coté, annexe n° 1).

Le 10 juillet 1845, une ordonnance du roi Louis-Philippe autorise la construction du pont suspendu, en remplacement du bac du Robinet de Donzère (AD Drôme, 3S 42 : Chemise 533).

Le bac est supprimé quelques temps plus tard, en 1851 (AD Drôme, 50S 11 : Chemise Rétablissement du bac à traille, 1856).

En 1856, son rétablissement est proposé à la suite de l´enlèvement du pont en fil de fer emporté par une crue du Rhône. Il s´agit d´implanter un bac à traille provisoire pour desservir ce passage en attendant la reconstruction du pont (idem).

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